Pascal Boniface

Pascal Boniface

Le silence sur la situation génocidaire à Gaza interpelle. Comment expliquer le deux poids deux mesures lorsque l’on compare les indignations – légitimes – provoquées par les bombardements russes sur l’Ukraine et l’omerta sur ceux qui visent la population palestinienne civile soumise à un blocus ? Le drame se noue autour d’un cocktail de sentiments de culpabilité, de solidarité culturelle, de peur de l’islam voire d’hostilité contre cette religion, présentée comme un danger sociétal et sécuritaire, de mémoires coloniales mal digérées et d’adhésion au concept de « choc des civilisations ». Dans les médias et la classe politique, un tel mélange suscite un soutien quasi généralisé à l’action du gouvernement israélien. Permis de tuer analyse les motifs et les conséquences de la négation du risque génocidaire. Ceux qui le dénoncent sont qualifiés d’antisémites ou de complices du terrorisme. Pourtant, la réalité est que nous sommes face à une faillite morale ; et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas…

  1. 1D AGO

    Pascal Boniface : "L'heure des choix"

    Alors que le monde est aujourd’hui secoué par de multiples crises, qu’il s’agisse du conflit au Proche-Orient, de la guerre en Ukraine, ou encore du bouleversement des rapports de force à l’échelle internationale, il est l’heure pour l’Europe de faire des choix. En effet, l’Europe fait l’objet de nombreuses pressions. L’arrivée de Donald Trump à la tête de la Maison-Blanche a entrainé une perte de confiance entre le vieux continent et les États-Unis ainsi qu’une remise en question du « monde occidental ». Au-delà des relations diplomatiques, cette méfiance se manifeste également dans les liens économiques et technologiques que l’Union entretient avec les géants du numérique américains (GAFAM). D’autre part, la poursuite d’une guerre aux portes de son territoire souligne la menace persistante que représente la volonté de Vladimir Poutine d’ébranler l’Union européenne. Dans ce contexte instable, un sursaut stratégique européen s’impose, mais peine à se concrétiser.  Dans quelle mesure Donald Trump remet-il aujourd’hui en question le concept de « monde occidental » et quelles pourraient être les conséquences de celle-ci sur l’Europe ? Comment les relations sont-elles susceptibles d’évoluer entre Bruxelles et Washington ? Quels dangers représentent les GAFAM pour l’Europe ? Quel avenir se dessine pour les relations entre l’Europe et la Russie, dans un contexte de tensions prolongées ? Et qu’en est-il des rapports entretenus avec la Chine, acteur incontournable sur la scène mondiale ? Doit-on s’attendre à un sursaut géopolitique européen ? L’unité du continent résiste-t-elle encore à l’épreuve des tensions internationales ?  Autant d’enjeux explorés dans ce podcast avec Alain Juppé, membre du Conseil constitutionnel, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, et auteur du livre « L’heure du choix » aux éditions Tallandier.

    27 min
  2. JAN 16

    Pascal Boniface : Bilan géopolitique 2025

    Cette année 2025 a été particulièrement marquée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, un événement qui bouleverse en profondeur l’ordre international. Son élection constitue une véritable rupture géopolitique : il s’attaque au système international issu de la Seconde Guerre mondiale, remet en cause le concept de monde occidental et l’Alliance transatlantique. Face à ce choc, l’Europe demeure dans le déni et la crainte, tandis que le fossé ne cesse de se creuser entre le "Sud global" et ce qui constituait jusqu’ici le monde occidental.Parmi ceux qui voient dans la victoire de Donald Trump une opportunité figurent Vladimir Poutine, qui voit Washington reprendre quasi au mot près toutes ses exigence dans le cadre des négociations concernant l'Ukraine ; Benyamin Netanyahou, à la tête d’un Israël qui se présente comme vainqueur sur le plan régional mais dont l’image internationale est durablement dégradée ; ainsi que Xi Jinping, qui tire avantage d’une présidence étasunienne dysfonctionnelle et apparaît, par contraste, comme le dirigeant d’un pays stable, respectueux et fiable, notamment en Amérique latine.Quant à l’Inde, la Turquie ou l’Arabie saoudite, ces puissances intermédiaires multiplient les partenariats. Dans le même temps, les conflits persistent sur le continent africain, tandis que l’ASEAN parvient à préserver son dynamisme économique malgré le conflit entre la Thaïlande et le Cambodge.

    12 min
  3. 12/19/2025

    Pascal Boniface : Les Etats-Unis face à Israël, avec Robert Malley

    Malgré la reconnaissance de l’État de Palestine par plusieurs États occidentaux depuis septembre dernier et la signature d’un accord de cessez-le-feu dans le cadre du plan de paix porté par Donald Trump, la réalité sur le terrain demeure inchangée. En Cisjordanie, l’occupation israélienne se poursuit et s’intensifie ; à Gaza, la population reste exposée à des bombardements continus. Quant à la solution à deux États, celle-ci ne semble à ce jour plus envisageable dans les termes formulés il y a quelques décennies et demande à être réinventée. Dans ce contexte, les États-Unis et les Occidentaux adoptent un positionnement contradictoire en n’imposant aucune sanction et pression à l’égard d’Israël. Comment interpréter le positionnement étasunien sur la question du conflit au Proche-Orient ? Observe-t-on des changements d’attitude de l’opinion publique face au gouvernement israélien ? Quels leviers réels existent face à un gouvernement israélien qui rejette explicitement le principe même d’un État palestinien ? Dans ce podcast, Robert Malley, enseignant à l’université de Yale et ancien conseiller des présidents Bill Clinton et Barack Obama sur les affaires du Proche-Orient, revient sur les ambiguïtés régionales et internationales alimentant l’impasse israélo-palestinienne, les limites de la solution à deux États et l’évolution de la position étasunienne face à Israël.

    28 min
  4. 12/15/2025

    Pascal Boniface : Réhabiliter la Realpolitik

    Pourquoi et comment réhabiliter la Realpolitik ? En mettant leurs principes moraux au cœur de leur politique étrangère, les pays occidentaux se retrouvent aujourd’hui mis à mal face à leurs propres contradictions. D’une part, on leur reproche d’appliquer un double standard dans leurs prises de position internationales. D’autre part, leurs choix guidés par des valeurs affichées comme universelles se révèlent parfois déconnectés des rapports de force réels, produisant des résultats contraires à leurs intentions initiales. Loin de renforcer leur légitimité, cette posture morale peut ainsi fragiliser leur crédibilité sur la scène internationale.  De Machiavel à la Realpolitik formulée et pratiquée par Henry Kissinger, en passant par la construction de l’ordre international libéral après 1945, la morale a toujours occupé une place ambiguë dans l’exercice du pouvoir : invoquée comme fondement de légitimité, mais souvent contournée lorsqu’elle se heurte aux intérêts stratégiques des États. Or, dans un monde voyant émerger un nouvel ordre international, l’Occident doit repenser sa stratégie et réhabiliter la Realpolitik, à savoir adopter une vision réaliste de la géopolitique et des rapports de force internationaux, sans pour autant renoncer à ses principes. Quelles sont les conséquences de la realpolitik et de la diplomatie morale ? Le réalisme permet-il de mieux appréhender le monde contemporain que les approches fondées sur la morale, notamment au regard de la rivalité sino-américaine et des conflits en Ukraine et au Proche-Orient ? Dans quelle mesure les instituts de recherche peuvent-ils contribuer à faire évoluer la politique étrangère en collaborant avec les acteurs diplomatiques ?

    26 min

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Le silence sur la situation génocidaire à Gaza interpelle. Comment expliquer le deux poids deux mesures lorsque l’on compare les indignations – légitimes – provoquées par les bombardements russes sur l’Ukraine et l’omerta sur ceux qui visent la population palestinienne civile soumise à un blocus ? Le drame se noue autour d’un cocktail de sentiments de culpabilité, de solidarité culturelle, de peur de l’islam voire d’hostilité contre cette religion, présentée comme un danger sociétal et sécuritaire, de mémoires coloniales mal digérées et d’adhésion au concept de « choc des civilisations ». Dans les médias et la classe politique, un tel mélange suscite un soutien quasi généralisé à l’action du gouvernement israélien. Permis de tuer analyse les motifs et les conséquences de la négation du risque génocidaire. Ceux qui le dénoncent sont qualifiés d’antisémites ou de complices du terrorisme. Pourtant, la réalité est que nous sommes face à une faillite morale ; et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas…

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