Hemeria - L’Œil écoute

  1. 07/26/2024

    Podcast « L’Œil écoute » #34 | Paulo Nozolino : surfaces sensibles, profondeurs cachées.

    D’où vient la sensibilité d’un photographe ? Comme se forme son écriture ? L’entretien que le photographe portugais Paulo Nozolino a accordé à Yannick Le Guillanton donne sans doute quelques réponses. Ses images sont des formes poétiques, des formes symboliques, puissantes, radicales. Elles disent la brutalité de l’existence, elles montrent son effroyable banalité. Elles parlent de la même manière des vivants et des morts. Elles sont anguleuses. Elles sont la noirceur sous un soleil de plomb. Elles sont une fente dans laquelle s’engouffrer. L’art photographique est un art du silence, et, dans la contemplation des choses simples, dans la verticalité de l’image, il n’offre aucune échappatoire, aucune ligne de fuite. Rien ne vient contrecarrer sa volonté d’aller à l’essentiel. Vous ne pourrez pas vous attarder sur l’inutile. Inspiré de l’anticonformisme anglais de sa jeunesse à Londres, de la peinture d’un Francis Bacon, d’un Caravage ou du retable d'Issenheim, guidé par les mots d’un Stephan Sweig ou d’un Hugo von Hofmannsthal, et porté par la photographie de son ami Robert Frank, l’art de Paulo Nozolino, fait de noirs charbonneux et de blancs aveuglants, est une plongée vertigineuse vers ce qui nous rattache au monde d’après. La mort est là, qui rôde… « J’ai horreur de ce qui est trop visible, trop évident. J’ai horreur de l’évidence. L’image doit me faire réfléchir, elle doit être ambiguë. Il faut qu’elle pose des questions, qu’elle donne un coup de poing. » — Paulo Nozolino « Et pourquoi les couleurs ne seraient-elles pas soeurs des douleurs, puisque les unes et les autres nous attirent dans l'éternel ? » — Hugo von Hofmannsthal

    Podcast « L’Œil écoute » #34 | Paulo Nozolino : surfaces sensibles, profondeurs cachées.
  2. 04/19/2024

    Podcast « L’Œil écoute » #32 Une collection privée sous le signe d’Eros et Thanatos

    Après avoir rencontré Marie-Ève Bouillon, responsable de la mission photographique des Archives nationales, Caroline Stein, en charge de la collection photographique de Neuflize OBC, et Fiammetta Horvat, responsable de la collection de son regretté père, Frank Horvat, décédé en octobre 2020, nous clôturons cette exploration de la collection avec, dans ce dernier numéro, une incursion au sein de la collection de deux collectionneurs privés qui ont accepté — et nous les en remercions chaleureusement — d’ouvrir leurs portes à Yannick Le Guillanton. Liste non exhaustive des œuvres citées - Jean-Michel Fauquet, Untitled ; 2009 - Joel-Peter Witkin, Waiting for de Chirico in the Artist's Section of Purgatory, New Mexico ; 1994 - Denis Dailleux, Deux frères chez le garagiste de Kom el-Dik, Egypte, Alexandrie ; juin 2002 - Denis Dailleux, Mères et Fils - Raed Bawayah, Série « les veines de la terre », Palestine ; 2012 - Michael Ackerman, Napoli ; 2000 - Reza Aramesh, Action 68 South Vietnamese soldiers show of a Viet Cong prisoner captured near Tan Son Nhut Airbase, May 6; 2009 - Matt Collishaw, Série « Last Meal on Death Row », David Allen Castillo ; 2010 - Jean-Michel Pancin, Pelote P29T ; 2011 - Brian Hubble, Electric Love Seat (or the Love Destroyer) - Bogdan Konopka, Sedletz-Ossarium - Eva Koťátková, Out of Sight ; 2013 - Hicham Benohoud, Half Couple ; 2004 - Pierre Molinier, Série « Mon cul » ; Ca 1965 - Lea Crespi, Lieux - Olivier Valsecchi, selfportrait with bubble ; 2009 - Markus Lupertz, Satyr + Nymphe 1, Mixed media on canvas ; 2014 - Alberto García-Alix, Mi un pelo en la cabeza ; 2007 - Luca Giordano, San Sebastiano curato da Sant'Irene, Huile sur toile ; 1670 - Dieter Appelt, Sans titre ; 1979 - Patrick Faigenbaum, Famille Pallavicini, Rome ; 1987

    Podcast « L’Œil écoute » #32 Une collection privée sous le signe d’Eros et Thanatos