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Plongez dans une aventure intellectuelle où les grands récits établis sont déconstruits, et où les voix oubliées reprennent leur place. En se basant sur les conférences de "La Contre-Histoire de la Philosophie" de Michel Onfray, ce podcast vous invite à revisiter les fondations de la pensée occidentale sous un nouvel angle : celui des philosophes marginaux, hérétiques et souvent écartés du canon officiel. Chaque épisode vous propose une immersion dans les idées de ceux qui ont défié les dogmes et pensé en dehors des cadres : des penseurs matérialistes de l’Antiquité aux libertins érudits, en passant par les courants anarchistes et les voix féminines trop souvent mises sous silence. Ici, la philosophie n’est pas une tour d’ivoire : elle est vivante, subversive, engagée — et profondément humaine. 🌿✨ openmindgalaxy.substack.com

  1. 08/23/2025

    CHP16 - 12. Le post-anarchisme expliqué à ma grand-mère 2

    Introd uction Cet épisode poursuit l’exploration du post-anarchisme, en le présentant comme une évolution critique de l’anarchisme historique. Il s’agit d’un courant qui conserve l’idéal libertaire tout en révisant ses dogmes, en tenant compte des mutations sociales et culturelles, et en intégrant des apports théoriques contemporains. 1. Héritage et limites de l’anarchisme classique L’anarchisme traditionnel a produit un héritage riche en luttes et en réflexions sur la liberté, mais il s’est aussi figé dans des positions doctrinaires : rejet systématique de l’État, des institutions et des élections, idéalisation d’un passé révolutionnaire, et incapacité à se renouveler face aux changements du monde contemporain. Certaines figures historiques portent également des contradictions fortes, mêlant idéaux libertaires et préjugés sexistes, racistes ou homophobes. 2. Le post-anarchisme : un aggiornamento libertaire Le post-anarchisme ne renie pas l’esprit anarchiste, mais en opère un « droit d’inventaire » : il conserve ce qui reste vivant et pertinent, tout en rejetant les éléments datés ou réactionnaires. Il s’appuie sur des penseurs comme Foucault, Deleuze ou Derrida pour enrichir l’analyse du pouvoir, des identités et des rapports sociaux, dépassant ainsi la simple opposition État/individu. 3. De nouvelles formes de lutte Contrairement aux formes classiques centrées sur l’insurrection ou la grève générale, le post-anarchisme explore des actions décentralisées, ponctuelles et créatives : occupations, désobéissance civile, réseaux horizontaux. Il s’intéresse aux luttes féministes, LGBTQ+, antiracistes et écologistes, élargissant le champ des causes libertaires. 4. Une pensée en mouvement Le post-anarchisme refuse la clôture doctrinale. Il se nourrit de débats, d’expérimentations et d’hybridations avec d’autres traditions critiques. Sa force réside dans sa capacité à intégrer la diversité des expériences et à se réinventer au gré des contextes. 💡 Conclusion Le post-anarchisme apparaît comme une tentative de revitaliser la pensée libertaire en la rendant plus inclusive, critique et adaptable. Il ne s’agit pas d’abandonner l’anarchisme, mais de l’ouvrir à de nouvelles problématiques et à des modes d’action plus en phase avec les réalités contemporaines. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    1h 5m
  2. 08/22/2025

    CHP16 - 11. Pour une psychanalyse non-freudienne

    Introduction Cet épisode propose une réflexion sur la possibilité et la nécessité d’une psychanalyse affranchie du dogmatisme freudien. Il s’agit d’en conserver les outils utiles tout en rejetant ses présupposés idéologiques, ses biais patriarcaux et ses aspects pseudoscientifiques, afin de construire une pratique plus ouverte, critique et ancrée dans la réalité humaine. 1. La critique du dogme freudien La psychanalyse freudienne s’est constituée comme un système clos, protégé par un langage ésotérique et par une orthodoxie institutionnelle qui marginalise toute remise en question. Les concepts centraux — complexe d’Œdipe, libido, refoulement — sont présentés comme universels et intemporels, alors qu’ils reflètent une culture et une époque précises. Cette rigidité freine l’évolution de la discipline. 2. Les angles morts de Freud Freud a bâti une théorie centrée sur la sexualité, souvent interprétée à travers des schémas patriarcaux et hétéro-normés. Il a négligé ou disqualifié d’autres dimensions de l’expérience humaine, comme les contextes sociaux, politiques ou économiques. Sa vision de la femme, de l’homosexualité ou de la masturbation illustre des préjugés plus culturels que scientifiques. 3. Vers une psychanalyse pluraliste Une psychanalyse non-freudienne suppose de puiser dans d’autres courants théoriques — Jung, Adler, Reich, Lacan, mais aussi des approches contemporaines issues des neurosciences, de la psychologie cognitive ou des sciences sociales. Il s’agit de penser le psychisme humain dans sa complexité, sans réduire toutes les problématiques à une causalité sexuelle ou à un seul schéma explicatif. 4. L’importance de la clinique et du réel Pour sortir du dogmatisme, la psychanalyse doit redevenir une pratique clinique attentive aux singularités des patients, fondée sur l’observation et l’expérience plutôt que sur la fidélité à un corpus figé. Cela implique de confronter les hypothèses théoriques à la réalité vécue, d’accepter l’échec comme source d’apprentissage et de rester ouvert aux apports extérieurs. 5. Une posture critique et émancipatrice En se libérant du culte de Freud, la psychanalyse peut redevenir un outil de compréhension et de transformation, capable d’intégrer les évolutions sociales et culturelles. Une telle approche favoriserait la pluralité des interprétations, la prise en compte des contextes, et l’ouverture à des pratiques complémentaires. 💡 Conclusion Rompre avec le dogme freudien ne signifie pas rejeter toute la psychanalyse, mais refonder celle-ci sur des bases plus souples, critiques et interdisciplinaires. Une psychanalyse non-freudienne pourrait ainsi redevenir un espace vivant de réflexion et d’écoute, libéré des contraintes idéologiques qui l’ont figée et plus en phase avec la diversité humaine. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min
  3. 08/20/2025

    CHP16 - 09. Les raisons d’un succès - I

    Introduction Cet épisode analyse les raisons du succès mondial et durable de la psychanalyse freudienne, malgré ses fondements contestables et ses résultats cliniques incertains. Ce succès repose sur un mélange de stratégies institutionnelles, d’efficacité rhétorique et d’alliances culturelles qui ont permis à Freud et à ses disciples d’imposer la psychanalyse comme référence incontournable en matière de psychisme. 1. Une rhétorique d’autorité Freud construit une image de savant innovateur, héritier des grandes figures de la science, tout en se positionnant comme un marginal persécuté par l’establishment. Cette double posture — génie visionnaire et victime d’incompréhension — renforce l’attrait de sa personne et donne à la psychanalyse une aura quasi héroïque. Son écriture, oscillant entre style clinique et narratif littéraire, facilite la diffusion de ses idées auprès d’un public cultivé mais non spécialiste. 2. Un récit mythologique La psychanalyse s’appuie sur un récit fondateur fort : la découverte de l’inconscient, présentée comme une révolution comparable à celles de Copernic ou Darwin. Ce mythe scientifique, relayé par ses disciples, confère à la théorie freudienne un prestige intellectuel et une légitimité historique. Les concepts-clés — complexe d’Œdipe, refoulement, libido — deviennent des repères culturels qui dépassent le champ médical pour pénétrer la littérature, l’art et la critique sociale. 3. Réseaux et alliances stratégiques Freud développe un réseau international de disciples et de correspondants influents, notamment dans les milieux littéraires, artistiques et universitaires. Ces alliances permettent d’ancrer la psychanalyse dans les débats culturels de l’époque et d’assurer sa diffusion au-delà du cadre strictement médical. Les appuis éditoriaux et médiatiques jouent un rôle central dans cette expansion. 4. Institutionnalisation et contrôle idéologique La création de sociétés psychanalytiques officielles permet à Freud d’encadrer la formation, la pratique et la diffusion de la discipline. L’accès aux cercles freudiens est strictement contrôlé, garantissant l’orthodoxie doctrinale et limitant les dissidences. Les critiques internes sont marginalisées, tandis que les opposants externes sont disqualifiés comme ignorants ou hostiles à la vérité. 5. Adaptabilité culturelle La psychanalyse se montre souple dans son intégration à différents contextes culturels : elle se présente tour à tour comme science médicale, philosophie de l’esprit, méthode thérapeutique ou outil critique de la civilisation. Cette plasticité lui permet de s’adresser à des publics variés et d’éviter un positionnement figé qui l’exposerait à des remises en cause frontales. 💡 Conclusion Le succès de la psychanalyse ne tient pas seulement à ses contenus théoriques, mais surtout à une combinaison d’habiletés stratégiques, d’efficacité narrative et d’insertion dans les réseaux culturels influents. Cette réussite, souvent attribuée à la seule force des idées freudiennes, apparaît ainsi comme le résultat d’une construction sociale et institutionnelle soigneusement orchestrée. 📚 Philosophes mentionnés * Empédocle (env. 490 av. J.-C. – env. 430 av. J.-C.) — Philosophe présocratique grec, auteur de la théorie des quatre éléments. * Platon (env. 428 av. J.-C. – env. 348 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de l’Académie, figure centrale de la philosophie occidentale. * Aristophane (env. 446 av. J.-C. – env. 386 av. J.-C.) — Dramaturge grec, maître de la comédie ancienne, auteur des Nuées et de Lysistrata. * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe grec, fondateur de l’épicurisme. * Sénèque (env. 4 av. J.-C. – 65 apr. J.-C.) — Philosophe stoïcien romain. * Saint Paul (5 – 67) — Apôtre et théologien chrétien. * Constantin Ier (272 – 337) — Empereur romain, premier à se convertir au christianisme. * Saint Augustin (354 – 430) — Philosophe et théologien chrétien. * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe et mathématicien français. * Immanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand. * Marquis de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe français. * Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 – 1831) — Philosophe allemand. * Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand. * Richard von Krafft-Ebing (1840 – 1902) — Psychiatre et sexologue austro-allemand. * Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse. * Pierre Janet (1859 – 1947) — Psychologue et philosophe français. * Lou Andreas-Salomé (1861 – 1937) — Écrivaine et psychanalyste germano-russe. * William Stekel (1868 – 1940) — Médecin et psychanalyste autrichien. * André Gide (1869 – 1951) — Écrivain français, prix Nobel de littérature. * Alfred Adler (1870 – 1937) — Médecin et psychothérapeute autrichien. * Sándor Ferenczi (1873 – 1933) — Psychanalyste hongrois. * Carl Gustav Jung (1875 – 1961) — Psychiatre et psychanalyste suisse. * Ernest Jones (1879 – 1958) — Psychanalyste britannique. * Guillaume Apollinaire (1880 – 1918) — Poète français. * Max Eitingon (1881 – 1943) — Psychanalyste allemand. * Gaston Gallimard (1881 – 1975) — Éditeur français. * Otto Rank (1884 – 1939) — Psychanalyste autrichien. * Karen Horney (1885 – 1952) — Psychanalyste allemande. * Ludwig Wittgenstein (1889 – 1951) — Philosophe autrichien. * André Breton (1896 – 1966) — Poète et théoricien du surréalisme. * Georges Bataille (1897 – 1962) — Écrivain et philosophe français. * Jacques Lacan (1901 – 1981) — Psychiatre et psychanalyste français. * Jean-Paul Sartre (1905 – 1980) — Philosophe et écrivain français. * Pierre Bourdieu (1930 – 2002) — Sociologue français. * Régis Debray (né en 1940) — Écrivain et penseur français. * Jean-Jacques Antier (né en 1938) — Écrivain et biographe français. * Roland Jacquard (1941 – 2021) — Journaliste et essayiste français. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min
  4. 08/19/2025

    CHP16 - 08. Mussolini, Dollfuss, Göring

    Introduction Cet épisode se concentre sur les liens historiques et idéologiques entre la psychanalyse freudienne et les régimes autoritaires du XXᵉ siècle, en particulier le fascisme italien, l’austrofascisme et le nazisme. En retraçant les relations de Freud avec Mussolini, Dollfuss et Göring, il met en lumière la dimension politique implicite dans la diffusion de la psychanalyse et ses compromissions avec des pouvoirs antidémocratiques. 1. Freud et Mussolini : un soutien ambigu Freud, qui se présente souvent comme un adversaire des totalitarismes, entretient pourtant des rapports cordiaux avec Mussolini. En 1933, il lui dédicace Pourquoi la guerre ? avec des mots élogieux et reconnaît son rôle dans la stabilisation politique de l’Italie. Ce geste, loin d’être purement diplomatique, traduit une certaine proximité idéologique autour de la notion d’ordre, de hiérarchie et de discipline. Loin d’une rupture nette avec le fascisme, cette relation révèle l’adaptation pragmatique de Freud aux contextes politiques pour préserver la place de la psychanalyse. 2. Dollfuss et l’austrofascisme En Autriche, Freud ne s’oppose pas au régime autoritaire d’Engelbert Dollfuss, qui supprime les partis politiques et renforce le pouvoir exécutif. La psychanalyse continue de prospérer dans ce cadre, bénéficiant d’une tolérance bienveillante des autorités. Cette absence de critique publique, combinée à une acceptation tacite des restrictions démocratiques, montre que Freud privilégie la survie institutionnelle de sa discipline à un engagement politique antifasciste. 3. Göring et la psychanalyse nazie En Allemagne, après la montée au pouvoir des nazis, la psychanalyse est placée sous le contrôle de Matthias Göring, cousin d’Hermann Göring. Ce dernier purge la discipline de ses praticiens juifs, tout en conservant une partie de la théorie freudienne, expurgée de ses références à la sexualité et à l’inconscient jugées subversives. L’Association psychanalytique internationale coopère partiellement, acceptant des compromis qui assurent la survie de la psychanalyse dans le Reich au prix d’une dépolitisation forcée. 4. La stratégie d’adaptation de Freud Ces exemples montrent un Freud pragmatique, prêt à composer avec des régimes autoritaires, quitte à sacrifier des valeurs démocratiques ou humanistes. Cette attitude interroge la prétention universaliste de la psychanalyse, présentée comme émancipatrice, mais historiquement compatible avec des systèmes politiques oppressifs. Loin d’incarner une opposition de principe aux dictatures, la psychanalyse a su se maintenir grâce à une stratégie de neutralité affichée, mais politiquement orientée. 💡 Conclusion La relecture de ces relations met en lumière les zones d’ombre du récit officiel sur Freud et la psychanalyse. Loin d’être un bastion de résistance face aux totalitarismes, elle a parfois cohabité, voire trouvé un terrain d’entente, avec les régimes fascistes et nazis. Ce constat invite à questionner la neutralité proclamée de la psychanalyse et à reconsidérer son histoire dans ses rapports au pouvoir. 📚 Philosophes mentionnés * Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine. * Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min
  5. 08/18/2025

    CHP16 - 07. Onanisme, phallocratie, homophobie

    Introduction Cet épisode explore trois dimensions centrales dans l’œuvre de Freud — l’onanisme, la phallocratie et l’homophobie — en déconstruisant l’image d’un Freud prétendument libérateur de la sexualité. À travers l’analyse de textes souvent écartés des éditions courantes, il apparaît que Freud adopte une vision conservatrice, normative et profondément critique envers la masturbation, l’égalité des sexes et l’homosexualité. 1. La condamnation de l’onanisme Freud consacre pas moins de onze séances (1910-1912) à dénoncer la masturbation, qu’il considère comme antisociale, simpliste, déréalisante, hédoniste, régressive et antinaturelle. Il reprend sans distance critique les thèses médicales du XVIIIᵉ siècle (Tissot) sur ses prétendus dangers physiques et intellectuels. L’onanisme est associé à l’inceste symbolique (via l’interprétation de l’histoire biblique d’Onan), à l’homosexualité et à la perversion. Freud y voit aussi un obstacle à la sexualité conjugale et « normale », et préconise même des méthodes coercitives comme l’usage du psychrophore. Quelques disciples nuancent son propos en y voyant une sexualité de substitution moins nocive que l’abstinence totale. 2. Phallocratie et essentialisation des femmes Freud affirme que « le destin, c’est l’anatomie » : les femmes sont déterminées par leur corps, réduit à l’utérus, aux ovaires et à l’absence de pénis. Il rejette les thèses féministes de John Stuart Mill, qualifie le corps féminin de « créature mutilée » et considère l’émancipation comme une menace de castration envers les hommes. Selon lui, la sexualité féminine doit passer du plaisir clitoridien — jugé régressif et « masculin » — au plaisir vaginal, seul légitime, liant ainsi la « normalité » au modèle hétérosexuel, monogame et procréatif. Les traits psychologiques qu’il attribue aux femmes (manque de sens de la justice, guidées par les émotions) renforcent l’idée d’une infériorité structurelle. 3. L’homosexualité comme sexualité inachevée Freud décrit l’homosexualité comme une inhibition du développement sexuel, issue d’un choix d’objet « narcissique » plutôt que par « étayage » sur une figure parentale. Il assimile l’homosexualité à une régression vers le stade anal et la considère comme une perversion. L’homosexualité féminine est expliquée par le « déni de castration » et la transformation du clitoris en « pénis de substitution ». Derrière un vernis d’ouverture (comme une supposée signature de pétition pour la dépénalisation), ses écrits véhiculent une vision pathologisante et normative. 4. Déconstruction de la légende freudienne L’ensemble de ces textes, volontairement absents des recueils grand public, montre un Freud anti-hédoniste, hostile à la masturbation, phallocrate et homophobe. Cette lecture s’oppose frontalement à l’image populaire d’un Freud allié des femmes et pionnier de la libération sexuelle. 💡 Conclusion En confrontant les écrits complets de Freud à leur réception idéalisée, cet épisode met en lumière la distance entre la légende et la réalité. Loin d’être un émancipateur, Freud érige un modèle sexuel unique — hétérosexuel, conjugal, procréatif — et marginalise les pratiques et identités qui s’en écartent. Cette relecture invite à dépasser la vulgate freudienne pour interroger ses présupposés idéologiques et ses implications sur la pensée contemporaine de la sexualité. 📚 Philosophes mentionnés * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, figure majeure du siècle des Lumières, auteur du « Contrat social » et influent sur la Révolution française. * Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine. * Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min
  6. 08/18/2025

    CHP16 - 06. Un pessimisme ontologique radical

    Introduction Cette partie examine la vision foncièrement pessimiste que Freud développe sur la nature humaine, la culture et l’avenir de la civilisation. Inspiré notamment par Schopenhauer, il décrit un univers gouverné par des pulsions irrépressibles, où la paix et le bonheur ne sont que des illusions temporaires. 1. Une nature humaine dominée par les pulsions Pour Freud, l’homme est essentiellement mû par deux forces : Éros (pulsion de vie) et Thanatos (pulsion de mort). Ces énergies fondamentales, ancrées dans l’inconscient, orientent nos comportements bien plus que la raison. L’humanité est ainsi condamnée à un conflit permanent entre désir de construire et désir de détruire. 2. La culture comme source de malaise La civilisation impose des contraintes et des interdits pour contenir les pulsions, mais ce processus engendre frustration et culpabilité. La culture, censée libérer l’homme de la violence, devient paradoxalement un facteur de souffrance psychique, car elle exige le refoulement d’une part essentielle de notre nature. 3. L’illusion du progrès Freud ne croit pas en un progrès moral ou politique durable. Les avancées techniques et sociales ne suppriment pas les pulsions destructrices. Les guerres, les violences et les conflits témoignent de la permanence de notre nature profonde, inchangée par les idéaux humanistes. 4. Une perspective sans salut Il n’existe, dans cette vision, ni rédemption religieuse, ni amélioration définitive par l’éducation ou la politique. L’homme est voué à composer avec ses pulsions, au mieux à les sublimer temporairement. Toute utopie d’harmonie sociale est, pour Freud, une chimère. 💡 Conclusion Le pessimisme radical de Freud inscrit la psychanalyse dans une conception tragique de l’existence : la nature humaine est irrémédiablement conflictuelle, la culture ne fait qu’en masquer les tensions, et le progrès ne change rien à l’emprise des pulsions. Cette anthropologie sombre rompt avec l’optimisme des Lumières et rejoint une tradition philosophique désabusée. 📚 Philosophes mentionnés * Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe, humaniste et moraliste français, auteur des Essais, figure majeure de la Renaissance. * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, auteur du Contrat social, théoricien de l’état de nature et critique de la propriété privée. * Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant du pessimisme philosophique, auteur du Monde comme volonté et comme représentation. * Emmanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand, figure centrale des Lumières, auteur de Qu’est-ce que les Lumières ?. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale et de la culture occidentale, auteur de La généalogie de la morale. * Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, auteur d’une méditation sur le texte de Kant Qu’est-ce que les Lumières ?. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

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  7. 08/15/2025

    CHP16 - 05. Un verrouillage sophistique

    Introduction Cette partie analyse la manière dont la psychanalyse freudienne se protège de toute remise en cause en recourant à des raisonnements circulaires et à des stratégies rhétoriques. Ce « verrouillage sophistique » rend le système imperméable à la critique et permet de maintenir sa cohérence interne, indépendamment de la confrontation avec la réalité. 1. L’argument circulaire Les concepts freudiens sont construits de façon à être toujours confirmés : si un patient adhère à l’interprétation, c’est qu’elle est juste ; s’il la rejette, c’est que son inconscient résiste et prouve ainsi sa pertinence. Ce cercle fermé interdit toute réfutation et transforme la psychanalyse en système auto-validant. 2. Le discrédit des contradicteurs Toute personne contestant la théorie freudienne est soupçonnée de refoulement, de jalousie ou de résistance inconsciente. La critique est ainsi disqualifiée d’emblée, sans débat de fond. Cette méthode rhétorique permet de préserver l’autorité de Freud et de ses disciples, tout en marginalisant les voix dissidentes. 3. L’hermétisme du langage Le vocabulaire psychanalytique est technique, polysémique et souvent flou, ce qui rend la discussion difficile pour les non-initiés. Cette opacité protège le système : seuls les « initiés » peuvent prétendre comprendre et donc discuter la théorie, renforçant ainsi l’entre-soi. 4. L’assimilation de toute objection Les objections sont intégrées dans le système en les requalifiant comme preuves indirectes de la validité de la psychanalyse. Par exemple, un échec thérapeutique devient la manifestation d’une résistance particulièrement forte, ce qui justifie de poursuivre ou d’intensifier la cure. 💡 Conclusion La psychanalyse freudienne, par son architecture rhétorique, se rend invulnérable à la critique empirique. Les arguments circulaires, le discrédit des contradicteurs, l’opacité du langage et l’assimilation des objections transforment la théorie en un système clos, plus proche d’une doctrine auto-protectrice que d’une méthode scientifique ouverte. 📚 Philosophes mentionnés * Montaigne (1533 – 1592) — Philosophe, humaniste et moraliste français, auteur des Essais, figure majeure de la Renaissance. * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe genevois, auteur du Contrat social, théoricien de l’état de nature et critique de la propriété privée. * Emmanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe allemand, figure centrale des Lumières, auteur de Qu’est-ce que les Lumières ?. * Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant du pessimisme philosophique, auteur du Monde comme volonté et comme représentation. * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale et de la culture occidentale, auteur de La généalogie de la morale. * Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, auteur d’une méditation sur le texte de Kant Qu’est-ce que les Lumières ?. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min
  8. 08/14/2025

    CHP16 - 04. Les guérisons de papier

    Introduction Cette partie explore la manière dont Freud construit ses récits de guérison, souvent embellis ou déformés pour servir la cause psychanalytique. Derrière l’image d’un thérapeute obtenant des succès remarquables, on découvre un usage stratégique des cas cliniques, où les guérisons sont parfois imaginaires, incomplètes ou simplement inventées. 1. Des récits cliniques romancés Les « histoires de cas » freudiennes sont rédigées comme des narrations littéraires. Freud y sélectionne, réorganise et interprète les faits pour qu’ils confirment sa théorie. Les contradictions, les échecs ou les éléments défavorables sont écartés. Le lecteur se trouve face à des récits convaincants, mais peu fiables sur le plan factuel. 2. Les guérisons incomplètes ou fictives Plusieurs cas célèbres, comme celui de l’Homme aux loups ou de Dora, sont présentés comme des succès alors que les patients ne sont pas véritablement guéris. Dans certains cas, ils abandonnent la cure insatisfaits ou rechutent rapidement. Freud transforme néanmoins ces épisodes en victoires thérapeutiques dans ses publications. 3. Le contrôle du récit En monopolisant la version officielle des faits, Freud empêche toute vérification indépendante. Les patients ne sont jamais invités à donner leur version, et les données brutes ne sont pas publiées. Cette maîtrise totale du discours permet de protéger la psychanalyse de toute contestation empirique. 4. Une stratégie de légitimation Les guérisons mises en avant ont pour fonction principale de démontrer l’efficacité de la psychanalyse et d’asseoir l’autorité de Freud. Les récits deviennent des outils de propagande interne et externe, contribuant à la construction du mythe du fondateur, plutôt qu’à l’établissement d’une vérité clinique. 💡 Conclusion Les « guérisons » freudiennes relèvent moins d’un constat médical que d’une mise en scène littéraire et idéologique. En contrôlant le récit, en enjolivant les résultats et en occultant les échecs, Freud consolide l’image d’une psychanalyse triomphante, au prix d’une distorsion des faits et d’une absence de transparence scientifique. 📚 Philosophes mentionnés * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine. * Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile. Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe

    58 min

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