Secrets de mannequin

Nathalie REY

Devenir Mannequin Facilement

Episodes

  1. 03/13/2021

    Ces mannequins qui inspirent Chanel

    Participer au défilé Chanel ou à une campagne publicitaire est toujours un immense honneur pour un mannequin. Quand on pense à Chanel on peut penser aux mannequins stars tels que Cara Delevingne, Inès de la Fressange, Kaia Gerber…  Aujourd’hui je vous propose de faire un focus sur deux de ses mannequins cabine emblématiques qui ont inspiré et inspirent le studio de création Chanel. Pour cela, nous allons revoir rapidement l’histoire de la maison Chanel, puis après avoir rappelé le rôle du mannequin cabine, nous nous intéresserons à deux muses sélectionnées par Karl Lagerfeld et devenues incontournables : Inès de la Fressange et Amanda Sanchez.  Si Inès reste la plus célèbre, elles occupent toutes les deux depuis leurs débuts une place de choix au sein de la Maison Chanel.    Pour ce nouvel article vous avez le choix : version vidéo, version podcast ou version texte. C’est comme vous préférez!       L’histoire de Chanel        Les débuts   Gabrielle Chanel naît le 19 août 1883 dans une famille très pauvre. Son père est marchand ambulant et sa mère lingère et repasseuse. Sa maman meurt très jeune et son père abandonne ses 5 enfants. Il place Gabrielle et ses soeurs dans l’orphelinat de l’Abbaye d’Aubazine. Gabrielle a alors 12 ans.  Elle cachera ses origines modestes préférera toujours croire et faire croire que son père était parti faire carrière en Amérique.  De son séjour à l’Abbaye, elle gardera un sens du dépouillement, un goût pour le noir et blanc ainsi qu’une fascination pour le baroque donnée par la contemplation des objets liturgiques.  Après cela, elle chante dans un cabaret le soir où elle héritera du surnom de Coco. Elle prétendra que Coco était le nom que son père lui donnait.  La jeune femme à l’allure de garçon, s’habille différemment et s’inspire du vestiaire masculin elle créée des chapeaux plus simples et plus chics qui deviennent vite un succès.    Coco Chanel   Boy capel, un anglais riche et cultivé sera son grand amour. C’est lui qui aide Coco à devenir Chanel et à ouvrir ses premières boutiques à Deauville, Paris et Biarritz.  Gabrielle apporte une vraie révolution dans la mode : elle raccourcit les robes à la cheville, libère la taille, coupe ses cheveux. Elle fait littéralement changer la mode de siècle.  Dès 1918 Coco installe sa boutique et ses ateliers au 31 rue Cambon. L’adresse est aujourd’hui toujours la même.  En 1921 c’est la création de l’emblématique Chanel N°5 qui deviendra plus tard le parfum préféré de Marilyn Monroe.  Gabrielle impose le noir. Cette couleur jusqu’alors réservée au personnel de maison ou au deuil devient la couleur absolue et l’instrument du succès de Chanel avec sa fameuse petite robe noire.  En 1939 durant la Seconde Guerre mondiale, Gabrielle ferme la maison de couture seule la boutique du 31 rue Cambon reste ouverte et continue de vendre parfum et accessoires.    Une légende de son vivant   Chanel décide de rouvrir la rue Cambon, et sa première collection d’après guerre est présentée le 5 février 1954. Gabrielle a 71 ans.  Si l’accueil fait par la presse française est très blessant et moqueur. Elle est en revanche adulée aux États-Unis.  Life, le magazine le plus lu du pays affirme : “À 71 ans, Gabrielle Chanel apporte mieux qu’une mode : une révolution”.  À plus de 80 ans, Gabrielle travaillait toujours, elle s’éteint le 10 janvier 1971. Étant devenu une légende de son vivant. André Malraux déclarera “De ce siècle 3 noms resteront : de Gaulle, Picasso, Chanel”.  Le style Chanel demeure grâce au génie de Karl Lagerfeld et à présent de Virginie Viard.      Qu’est-ce qu’un mannequin cabine?    Les mannequins cabine sont généralement des mannequins de l’ombre qui sont choisis par le directeur artistique d’une maison de couture pour essayer toutes les toiles avant que ces dernières ne deviennent les vêtements définitifs de la collection.  C’est sur ces mannequins que toutes les pièces d’une collection de haute couture ou de prêt-à-porter haut de gamme sont créées.  Mannequin cabine est un métier régulier qui offre une grande stabilité et la possibilité de passer un nombre incalculable d’heures aux côtés de créateurs célèbres.  La particularité chez Chanel est que les mannequins cabine ne restent pas dans l’ombre, ils défilent et participent aux campagnes publicitaires.  Pour en savoir plus sur le métier de mannequin cabine n’hésitez pas à consulter cet article       Inès de la Fressange        Le lancement d’une carrière   Née le 11 août 1957 Inès est issue de la noblesse et de la grande bourgeoisie. Sa mère d’origine argentine était mannequin.  En 1975, à 18 ans Inès fait ses premières photos pour le magazine Elle.  Elle se démarque par son allure qui contraste avec les autres mannequins de l’époque et par sa personnalité empreinte de fraîcheur. Elle sera d’ailleurs très vite surnommée “le mannequin qui parle”.  Très vite elle défile pour Kenzo, Thierry Mugler, Gaultier… Puis signe un contrat mondial pour les cosmétiques Dior ce qui en fait l’un des premiers top models des années 80.    La mannequin Chanel   Karl Lagerfeld qui vient d’arriver chez Chanel en 1983, apprécie sa ressemblance avec Gabrielle Chanel et lui fait signer un contrat d’exclusivité avec la maison.  Pour l’anecdote la maman d’Inès avait failli devenir mannequin pour Coco Chanel mais avait refusé de se couper les cheveux et avait donc préféré travailler pour Guy Laroche.  Son rôle en tant que mannequin cabine chez Chanel ne se limite pas aux essayages : Inès défile et participe aux campagnes de publicitaires de la maison.  Et la maison de couture lui fait aussi confiance dans d’autres domaines comme elle le confie dans une interview pour Paris Match en 1989 :   “J’assiste maintenant à des réunions marketing, je donne mon avis sur des maquillages, je m’occupe des nouveaux produits, je les présente aux hommes d’affaires. «  «  Je suis en campagne électorale pour Chanel ! «     Tout se passe à merveille jusqu’au jour où on propose à Inès de devenir le buste Marianne.  Karl s’oppose à cette idée avec sa célèbre phrase “Je refuse d’habiller un monument, c’est vulgaire!”,  mais Inès accepte malgré tout et son contrat est rompu après une longue bataille judiciaire.      Après la rupture du contrat   Inès lance sa propre marque qui sera un vrai succès, mais n’ayant que des parts minoritaires dans sa société elle est mise à la porte et n’a même plus en mesure d’utiliser son propre nom!  Dès 2002 elle entre chez Roger Vivier où elle deviendra très vite directrice artistique puis PDG de la marque. Puis elle se lance dans l’écriture et publie une autobiographie et plusieurs livres sur l’élégance parisienne.   En 2009, elle défile à nouveau pour Gaultier et pour Chanel en 2011, symbole de la paix retrouvée avec Karl Lagerfeld. 2011 est également l’année où elle devient égérie L’Oréal.      Amanda Sanchez       Qui est-elle?   Amanda est mannequin cabine pour Chanel depuis 2001. Un record de longévité! Elle a passé un nombre infini d’heures aux côtés de Karl. Voici son parcours : Née au Brésil (São Paulo), Amanda a 16 ans lorsqu’elle quitte le Brésil pour aller étudier un an à Barcelone.  C’est dans cette ville qu’elle débute sa carrière de mannequin. De retour au Brésil elle fait rapidement le choix vivre de ce métier à plein temps. Elle voyage ainsi dans le monde entier durant deux ans (Tokyo, Milan, New York, Sydney, Paris).  Puis elle s’installe à Paris et devient la mannequin cabine au sein du studio de création Chanel aux côtés de Karl Lagerfeld et Virginie Viard. Elle ne quittera plus cette ville qu’elle a appris à aimer malgré l’hiver qui lui semble interminable.  “Il faut du temps pour aimer Paris, mais une fois qu’on commence c’est pour toujours”. Chose rarissime pour un mannequin cabine, Amanda a l’honneur de participer à tous les défilés sans compter qu’elle devient la source d’inspiration de la collection printemps-été 2021 et pose également pour la campagne publicitaire.      Campagne 2021 avec Amanda   Les conseils d’Amanda   Certes, Amanda a des mensurations en or qui lui permettent d’occuper cette place de choix depuis autant d’années. Mais comme vous vous en doutez, le physique ne suffit pas pour réussir une carrière de mannequin. Le mental et l’attitude sont ce qui fait toute la différence.  Voici les 10 secrets  d’Amanda Sanchez dévoilé dans l’excellente interview de Loïc Prigent:  Être souriant.e  Être ponctuel.le  Être enthousiaste  Savoir être curieux.se Être bienveillant.e  Ne pas avoir un égo démesuré  Avoir une bonne hygiène de vie Ne pas être susceptible  Être capable d’autodérision  Être sérieux.se et savoir rester concentré        Connaissiez-vous Amanda Sanchez? Aviez-vous déjà entendu parler du métier de mannequin cabine?  N’hésitez pas à me le dire en commentaire!       Vous aimerez aussi les articles suivants :  Mannequin Cabine  Cindy Bruna : Les clés de son succès  L’article Ces mannequins qui inspirent Chanel est apparu en premier sur Secrets de mannequin.

    11 min
  2. 03/06/2021

    L’histoire du débardeur avec déshabillons la mode

    Si vous vous intéressez à la mode, vous connaissez sans doute Annabel, plus connue avec son compte Instagram @deshabillonslamode. Sur Instagram, Annabel nous raconte l’histoire passionnante des vêtements que nous portons. Pour Secrets de Mannequin, Annabel à accepté de nous décrypter l’histoire des pièces indispensables qu’on soit mannequin ou non. Aujourd’hui nous allons parler du débardeur.   Cette interview est disponible en format texte, audio et vidéo pour vous laisser le choix de choisir le support qui vous parle le plus!  Nathalie Rey : Bonjour Annabel   Annabel Laso : Bonjour   Nathalie Rey: Merci d’avoir accepté cette interview   Annabel Laso: Merci à toi   Présentation    Nathalie Rey: Est-ce que tu pourrais te présenter? Annabel Laso : Bien sûr. Je m’appelle Annabel LASO, j’ai 27 ans, je vis en banlieue parisienne. Depuis 10 ans au moins, je suis une grande fan de mode. J’ai donc décidé de faire des études dans le marketing et la communication de mode à Paris. En parallèle de mes études, j’ai eu l’occasion de faire de nombreux stages, notamment dans la presse féminine et pour des émissions tv de mode. J’ai pu donc côtoyer à de nombreuses reprises des mannequins lors de défilés ou shootings. Je travaille actuellement en tant que chargée de communication dans l’innovation et la recherche et particulièrement pour un programme qui s’appelle CARATS. Il vise à accroitre la compétitivité des entreprises de la mode et du luxe grâce à la recherche française.   Déshabillons la mode    Nathalie Rey : Comment t’es venue l’envie de créer déshabillons la mode ?   Annabel Laso : J’ai eu l’idée lors du premier confinement. J’ai toujours été attirée par l’histoire et la sociologie de la mode. J’adore déambuler des heures dans les musées. Nous portons des vêtements tous les jours, mais connaissez-nous vraiment l’histoire ou les anecdotes derrière chacun d’entre eux ? Je propose donc des vidéos courtes de 2min30 à 5min environ qui présente une pièce iconique de notre garde-robe comme le trench, le cardigan ou encore la marinière.   Nathalie Rey : Ton but est aussi de mettre en avant de jeunes marques. Comment est-ce que tu les sélectionnes ? Annabel Laso : Exactement. Il est important pour moi de mettre en avant de jeunes marques françaises, qui produisent en France ou en Europe. Ce sont des petites marques qui méritent d’être plus connues. Je les sélectionne en grande partie sur Instagram. Cela peut être grâce à la visibilité d’influenceuses, mais également grâce à la publicité.  Des amis m’envoient également des idées de marques dont je pourrais parler. Parfois, je regarde aussi des hashtags comme made in France ou Créateurs français.  Je les sélectionne selon les produits qu’elles proposent, par rapport à leurs valeurs, à leurs engagements éthiques, à leur originalité.   L’histoire du débardeur   Nathalie Rey : Pour secrets de mannequin, tu as accepté de décrypter la tenue des mannequins qu’on porte souvent en casting. Et aujourd’hui, tu vas nous parler du débardeur. Est-ce que tu veux nous en dire plus, sur son histoire?   Annabel Laso : Bien sûr. Le débardeur est un vêtement fin, sans manche.  Il a été inventé dans les années 1860 par un manutentionnaire des Halles de Paris qui était à l’époque un marché de vente de gros de produits alimentaires. Un jour, le fameux manutentionnaire arrive avec un pull en laine dont il a découpé les manches. En effet, le fait de porter un pull épais entrave les mouvements comme les manutentionnaires étaient de gros gaillards. Ses collègues manutentionnaires sont séduits et décident également de porter le même vêtement. Le mot « débardeur » vient d’ailleurs du verbe « débarder », qui consiste à décharger des marchandises à quai. Séduit par cette idée, Marcel Eisenberg, propriétaire de la bonneterie Marcel à Roanne, s’est ensuite mis à produire ce maillot de corps, à qui il a donné son nom.  Ce qui est drôle dans cette histoire est qu’elle est très ressemblante à l’invention du cardigan. En effet, James Thomas Brudenell, le comte de Cardigan découpa en 1854 son pull d’un coup de sabre comme il avait trop chaud et se sentait trop à l’étroit. Un soldat ramassa le pull et rajoutera des boutons. Le débardeur est alors un vêtement de dessous. Son élasticité épouse les formes du corps, il absorbe l’humidité donc il est idéal à porter à même la peau. Traditionnellement, le débardeur est 100% en coton, mais il l’est également de nos jours de différentes matières comme en laine, en soie… Le débardeur quitte son statut de sous-vêtement pour devenir un vêtement porté par les soldats, agriculteurs et ouvriers notamment sur le port de Marseille. On se souvient par exemple du film « Les Temps modernes » de Charlie Chaplin où les ouvriers portent des débardeurs. Il est également porté lors de la pratique de sports étant donné qu’il est absorbant et adapté à l’effort. Dans le cinéma, il fut popularisé chez les hommes comme Marlon Brando dans le film « Un Tramway nommé désir », ou plus récemment Bruce Willis dans « Die Hard » pour mettre en avant leur virilité et leurs muscles saillants. On se souvient également de Freddie Mercury qui n’hésita pas à performer en débardeur blanc lors de concerts de son groupe Queen.   Concernant le débardeur, chez les femmes. En 1912, lors de l’introduction de la natation pour les femmes aux Jeux olympiques, les nageuses portaient des costumes très similaires aux débardeurs modernes, mais avec une pièce supplémentaire qui ressemblait à un short pour couvrir la moitié supérieure des cuisses. C’était donc une sorte de combinaison avec la partie du débardeur en haut. Le débardeur fut porté par les femmes à partir des années 20. C’est même devenu un vêtement clé dans le combat féministe de l’époque. Lors des années folles, certaines femmes à l’allure garçonne n’hésitaient pas à porter le débardeur sans soutien-gorge et avec un pantalon moulant pour revendiquer leur féminité tout en adoptant le look masculin de l’époque. Le débardeur est à l’origine blanc, non teint comme c’est un vêtement de dessous. C’est à partir des années 70 que les marques s’emparent notamment de couleurs pastels avec du rose, du bleu. Le débardeur prend alors pour la première fois de la couleur. Dans les années 80, suivant la mode de l’époque, le débardeur est teint dans des couleurs vives, flashy. Dans les années 90, il est minimaliste, et dans les années 2000 il est très moulant et plus court. Il peut dévoiler le nombril et devient même un crop top.   Depuis le débardeur est porté à la fois par les femmes comme un vêtement de dessus, en été comme c’est une pièce facile à associer et également par les hommes notamment sportifs. C’est devenu depuis un basique dans la garde-robe.    Des marques inspirantes   Nathalie Rey : Quelles sont les jeunes marques qui ont retenu ton attention pour cette pièce ? Annabel Laso : Il y a bien sûr les Tricots Marcel, la marque qui a donc popularisé le débardeur. En coton Pima, considéré comme le meilleur coton au monde, le débardeur est 100% fabriqué en France. Il est au prix de 39,90€ pour les femmes et les hommes. Il existe aussi une version enfant. La marque allemande Armed Angels, pionnière de la mode éthique propose sinon un modèle en coton bio GOTS.  Pour ceux qui ne connaissent pas, GOTS est la norme la plus élevée en ce qui concerne le coton. Elle assure que le coton est biologique, cultivé sans pesticide et que les conditions de travail sont régulées. Le coton bio, c’est environ 25 fois moins d’eau utilisée que le coton classique donc ce n’est pas négligeable. Le débardeur est 19,90€. J’attends aussi avec impatience le débardeur de la marque Réuni qui sortira normalement en mars. C’est une petite marque française que j’apprécie énormément, car elle propose des pièces co-créées avec nous. Des questionnaires sont disponibles sur leur site tout au long de l’année pour qu’ils puisent proposer des pièces nobles et durables conçues en Europe.    Projets et conseils    Nathalie Rey : Quels sont tes projets à venir? Annabel Laso : C’est une très bonne question. Je n’en ai pas particulièrement, mais je dirais continuer à proposer du contenu instructif et ludique pour Déshabillons la Mode et continuer à travailler en rapport avec la mode, car c’est ma passion donc autant allier l’utile et l’agréable.   Nathalie Rey: Tu as côtoyé pas mal de mannequins dans ton métier. Aurais-tu un conseil à donner à un jeune mannequin qui débute ? Annabel Laso : Effectivement. Il faut croire en soi, ne jamais baisser les bras. Tout le monde a ses hauts et ses bas, c’est vrai, mais il faut y croire, être optimiste et curieux. Je crois vraiment dans La Loi de l’Attraction qui est donc le principe qui consiste à dire que les pensées positives attirent les expériences positives.   Nathalie Rey : Qu’est-ce qui selon toi permet à un mannequin de se démarquer et de faire la différence ? Annabel Laso : Pour moi ce serait la prestance, l’aura qu’il dégage. Kate Moss par exemple n’était pas à l’époque un canon de beauté. Elle était très mince, petite également comparé aux top models des années 90, mais elle avait quelque chose en plus que d’autres n’avaient pas. C’est assez difficile à définir, mais pour moi c’est vraiment quelque chose qui se dégage de la personne, sa personnalité, son aura…   Nathalie Rey : Merci beaucoup Annabel je crois savoir qu’il y a d’autres pièces de la garde-robe des mannequins que tu as p

    11 min
  3. 01/09/2021

    SEAMS une révolution dans l’univers des mannequins

    Aujourd’hui je vous propose une interview d’une mannequin professionnelle inspirante : Hélène Leduc.  Hélène est à la fois mannequin, assistante sociale et la fondatrice de la plateforme d’aide sociale SEAMS (anciennement M’ASK) qui accompagne les mannequins débutants et confirmés. Une belle initiative que lui a valu d’être la lauréate de la 6ème édition du concours les audacieuses organisé par la Ruche.   Pour suivre cet interview vous avez le choix entre la version audio, vidéo ou texte!     Introduction   Nathalie Rey Bonjour à tous! Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer Hélène, qui est mannequin professionnelle, assistante sociale et fondatrice de SEAMS, qui est un système d’accompagnement et d’aide sociale pour les mannequins. Bonjour Hélène.   Hélène Leduc Bonjour, bonjour.   Nathalie Rey Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview.   Hélène Leduc Avec grand plaisir. Présentation   Nathalie Rey Déjà, dans un premier temps, est-ce-que tu pourrais te présenter?   Hélène Leduc Alors oui, donc moi, c’est Hélène, comme tu disais. Du coup j’ai créé SEAMS, un service social dédié aux mannequins. Cette création vient en fait de mes deux expériences en tant que assistante sociale, de formation et mon métier de mannequin que j’exerce maintenant depuis dix ans et depuis quatre ans à temps plein. Donc, j’ai pu remarquer pas mal de précarité dans le milieu, qui m’a fait réagir sur les besoins et ce que je pouvais apporter grâce à mes connaissances d’assistante sociale.     Hélène fondatrice de SEAMS     Parcours   Nathalie Rey D’accord. Et du coup, en fait, quel a été ton parcours? Tu as d’abord été mannequin? Comment ça s’est passé?   Hélène Leduc J’ai été repérée à 17 ans. J’ai fait le concours Elite en Bretagne, puis finalement, ce concours m’a amenée jusqu’en finale France. Donc, je me suis retrouvée dans les dix finalistes. À l’époque, ce n’était pas encore mixte. C’était que les femmes et après ça, j’ai été prise directement en agence. C’est comme ça que cela a commencé. C’était pour moi, plus une opportunité qui s’est ouverte à moi. Je ne m’étais pas trop intéressée à la mode avant ça. C’était vraiment la mode qui est venue à moi et puis moi, après, qui me suis intéressée à ce milieu-là.   Les études   Nathalie Rey D’accord. Donc tu as commencé très jeune et tu as voulu, du coup, arrêter tes études? Poursuivre tes études?   Hélène Leduc Alors, j’avoue que j’avais pas mal d’appréhension dans ce milieu-là. J’avais un peu peur que ça soit instable, que je ne puisse pas vraiment vivre de ce métier-là. Et comme j’étais encore en études, j’ai voulu quand même terminer mes études, me dire que c’était peut-être bien d’avoir une licence avant de commencer à faire du mannequinat. Je pense que c’était plus la peur de rentrer dans le milieu et je n’étais pas prête, je pense non plus au niveau de ma maturité puisque je pense qu’on est mannequin, il y a aussi un peu de ça. Et du coup, après ma licence, là, je me suis dit OK pendant plusieurs années, je l’ai fait quelques mois l’été pendant les vacances scolaires, et ça marchait plutôt bien. Je me suis dit qu’il ne faut pas louper le coche. Il faut tenter, faut tenter d’y aller à plein temps au moins un an et finalement, ça fait quatre ans et ça marche plutôt bien. Donc c’est une belle expérience.   Création de SEAMS   Nathalie Rey Mais du coup, tu as aussi créé SEAMS. Comment ça t’est venu cette idée de créer cette plateforme?   Hélène Leduc SEAMS, ça a pas mal évolué. Au tout début c’était vraiment pour essayer de lutter contre l’isolement que j’avais vraiment ressenti au tout début du mannequinat. Quand j’arrivais sur Paris, avec très peu de connaissances, très peu de liens entre les mannequins et très peu de soutien des agences. Et au final, au fil du temps, je me suis dit en fait, c’est beaucoup plus qu’une question d’isolement. C’est une question aussi de méconnaissance du système français, du statut de mannequin. C’est aussi un manque de transparence entre les agences et les mannequins. Essayer de mieux se comprendre pour mieux travailler ensemble et aussi permettre, du coup, de créer du lien parce qu’il y a pas mal de problèmes de santé qui peut amener aussi dans le mannequinat et de pouvoir faire du lien entre les professionnels. J’ai rencontré des médecins qui ne savaient pas forcément comment orienter une mannequin. Comment faire pour qu’il y ait un suivi entre médecins. C’est pouvoir aussi créer cette plateforme-là, ce lien entre le mannequin et les systèmes de santé en France, qui sont peu connus, surtout pour les étrangères et même les Françaises. Quand on est plutôt jeune on ne sait pas trop où aller et il suffit que nos parents soient un peu loin, au début ça peut être un peu compliqué. Et puis même après, une fois qu’on est installé sur Paris, c’est toujours bon de savoir un peu son statut. Comment se débrouiller… Je pense que SEAMS répond à des questions qu’on peut avoir un peu tout au long de nos carrières. En effet, autant au début qu’au milieu, qu’à la fin. Enfin, vraiment, pour le coup, on essaye d’accompagner les mannequins sur tous ces questionnements-là, personnels et professionnels, qu’on peut avoir pendant notre vie.   A qui s’adresse SEAMS?   Nathalie Rey Et les mannequins que tu accompagnes, c’est à la fois des françaises, mais aussi des étrangères? C’est peut être aussi des mannequins couture et des mannequins commerciaux?   Hélène Leduc Au niveau des profils sur les jobs, en effet, ça va être des mannequins autant très mode, que commerciaux. Il n’y a vraiment pas de profils qui ressortent. Par contre, pour ce qui est de la nationalité, pour le moment, j’ai principalement des françaises, mais sûrement dû à cause du Covid alors que ça a un grand lien vu que les étrangères ne sont pas dans le coin. Je pense qu’en effet, l’intervention auprès des étrangères sera peut-être un peu différente, ça sera plus des accompagnements de bienvenue, d’explications sur pourquoi en France, ça se passe comme ça et pas forcément à l’étranger. Et puis accompagner sur le système de soins à ce niveau-là. Mais pour le moment, c’est vrai que c’est principalement des françaises ou des résidents français. Du coup, des personnes qui ont des droits ouverts en France, un peu plus fort que quand on passe juste en coup de vent pour 2, 3 jobs.       Les agences et les clients   Nathalie Rey Et tu t’adresses donc principalement aux mannequins. Mais tu essayes aussi de toucher les agences et aussi les clients. Si j’ai bien compris.   Hélène Leduc Alors là, pour le moment, on a développé SEAMS vraiment sur un système B to C, c’est à dire entre nous et les mannequins directement, avec des formules payantes auprès des mannequins. Mais le but à moyen terme, c’est que ce service-là soit intégré au sein des agences pour pouvoir permettre aux mannequins de pouvoir y bénéficier grâce à leur employeur, et qui permettent à l’employeur d’avoir aussi la possibilité de se décharger sur l’accompagnement du mannequin au niveau social. De pouvoir faire confiance à des professionnels du social ou de la psychologie. Mais de pouvoir aussi avoir une qualité de service auprès de leurs employés, les mannequins, justement pour renforcer les liens, etc. Enfin de pouvoir le vendre aussi auprès des clients. Et, à l’inverse, les clients, en effet, ils pourraient être preneurs d’organiser certains évènements à leur nom. C’est leur proposer aussi de sponsoriser certains événements SEAMS pour les mannequins par la suite.   Tarif pour les mannequins   Nathalie Rey D’accord, donc, le prix du suivi pour un mannequin à terme, ça serait d’être le moins élevé possible? C’est ça l’idée, plus ou moins ?   Hélène Leduc Oui, c’est ça l’idée. Aujourd’hui, on a des prix dégressifs en fonction des situations des mannequins. Si elle est étudiante, il ou elle bien sûr, Etudiant qui touche le RSA ou non. Si c’est une personne, un mannequin qui travaille plutôt bien, on a quand même une grille tarifaire en fonction des moyens de chacun. Et puis là, on a relancé les ateliers démasqué. Donc, pour le moment, on part sur des ateliers vraiment à prix libre pour pouvoir laisser la possibilité à tout le monde d’en profiter. C’est vraiment des ateliers d’échange sur un petit groupe de mannequins pour pouvoir échanger sur des thématiques spécifiques.   Carrière de mannequin et SEAMS   Nathalie Rey D’accord, et du coup toi, tu gères les deux de front. Tu gères à la fois ta carrière de mannequin et SEAMS quand tu as du temps libre.   Hélène Leduc Oui, alors, aujourd’hui, j’avoue que j’essaye de me mettre un peu plus sur SEAMS. Ça fait deux ans que le projet est quand même en cours. Et c’est vrai que quand on a beaucoup de travail avec le mannequinat, ça peut être un peu compliqué de compenser sur SEAMS. Cette année, les confinements ont fait que j’ai eu beaucoup plus de temps pour pouvoir développer SEAMS. Et à terme, j’aimerais vraiment que SEAMS soit on va dire mon activité principale, et le mannequinat, un plus, un secondaire. J’essaye d’équilibrer un peu les deux. Pour le moment, c’est vrai que je gagne encore ma vie avec le mannequinat plus qu’avec SEAMS parce que pour le moment, c’est encore le début. Mais on verra bien comment ça évolue. Je n’ai pas envie d’arrêter totalement le mannequinat non plus, donc je continue.   Le suivi d’un mannequin par SEA

    19 min

About

Devenir Mannequin Facilement