T’as pas dix balles ?

Arthur Bouet & Aniss El Hamouri

Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

  1. T’as pas dix sur disques : spécial Kelly Reichardt 

    5D AGO

    T’as pas dix sur disques : spécial Kelly Reichardt 

    « The less money you take, the more freedom you get », déclarait Kelly Reichardt à propos de son neuvième film, The Mastermind, sorti en février dans les salles européennes. Une déclaration qui résonne assez bien avec la philosophie de deux podcasts : d’un côté ceux qui parlent chaque mois de cinéma en fouillant dans sa riche histoire et de l’autre un spécialiste des classements de discographies d’artistes éclectiques. The Mastermind, c’est donc l’occasion de se lancer à trois voix dans ce qui semblait jusqu’ici impossible : classer les films d’une réalisatrice qui a construit toute sa filmographie à côté du grand cinéma hollywoodien, en prônant un cinéma de la mise en espace, de l’économie de moyens et du retour aux choses, aux matières, une manière de reprendre de la distance face au monde qui nous submerge. Le résultat c’est plus d’une heure et demie de débat effréné pour savoir si la radicalité de Meek's Cutoff (2010) vaut davantage que la sublime contemplation des désenchantées de l’Amérique dans Certain Women (2017). Une émission pour les amateur·ices de cinéma américain hors des marges mais pas seulement parce qu’écouter trois gastronomes parler de cuisine donne parfois encore plus envie de passer à table. Et parce que parler de Kelly Reichardt, c’est aussi parler de l’Amérique : de son histoire ethnocidaire, de ce qu’elle a produit, et des traces que cela laisse dans le monde où nous vivons. Et qu’aujourd’hui, ça peut pas faire de mal.

    1h 44m
  2. "La Vie est belle" : dans la boule à neige de Frank Capra

    12/24/2025

    "La Vie est belle" : dans la boule à neige de Frank Capra

    L'année a filé à une vitesse folle et les fêtes païennes, chrétiennes et autres plaisirs d'hiver sont de retour. Et le stress qui va avec. Certain·es se préparent déjà mentalement au débat avec leur cousin droitard du brabant wallon ou autre proche doucement facho sur le grand remplacement islamo-gauchiste de la crèche dangereusement inclusive de la grand place. Quoi de mieux pour se détendre qu'un bon film réconfortant de Noël seul ou accompagné ? Alors libre à vous d'aller au cinéma voir A la poursuite du Père Noël  de James Huth avec Patrick Timsit dans le rôle du father Christmas himself. Mais nous on a plutôt préféré sortir les plaids, les bouillottes et les thés aux saveurs décadentes pour se regarder un grand classique du genre sans bouger de la maison. Traduit en français sous le titre La Vie est belle (et à ne pas confondre avec le film homonyme de 1997 de Roberto Benigni), It's a Wonderful Life de Frank Capra avec James Stewart et Dona Reed est un film de 1946. Malgré un échec initial au box office, ce conte de Noël moderne, basé sur la nouvelle de Charles Dickens The Greatest Gift, est devenu depuis cultissime, réputé l'un des meilleurs Christmas movies jamais réalisé et sacré par le American Film Institute comme l'un des 100 meilleurs films américains jamais tournés. Personnellement, c'est en bons cuistres que nous nous sommes donc installés sous le sapin pour découvrir cette pierre angulaire de l'esprit de Noël hollywoodien : le destin de George Bailey, un homme simple de Bedford Falls. Vous, vous saviez que la plus grande des richesse ce n'était pas l'argent ?

    50 min
  3. "Le Prix du danger" : dystopie franchouillarde, capitalisme et télé-poubelle

    11/19/2025

    "Le Prix du danger" : dystopie franchouillarde, capitalisme et télé-poubelle

    Aaah, la télé-réalité. De vraies gens, qui font de vraies choses, devant l'œil gourmand des caméras, pour le bonheur de nous autres, bons petits soldats du capitalisme n'aimant rien de plus que de nous prélasser devant la mise en boite de la réalité. Tout ça pour oublier à quel point la nôtre, de réalité, est morne, fade, sans saveur. Et pour redonner un peu de piquant, quoi de mieux que de s'installer dans le confort de notre canapé pour regarder des gens survivre – j'en tiens pour preuve le succès jamais démenti de Koh Lanta – ? C'est en tout cas le pari que fait Edgar Wright en livrant une nouvelle adaptation du roman de Stephen King Running Man, dans lequel un homme n'ayant plus rien à perdre participe à un jeu télévisé au principe simplissime : survivre pendant trente jours à une traque aux quatre coins du pays, poursuivi par de redoutables assassins. Mais, au début des années 1980, au moment même où Stephen King imaginait le futur du divertissement télévisé, un réalisateur français bien moins connu échafaudait lui-aussi un récit raillant notre goût du sang et les dérives de la société du spectacle. Il s'agit bien entendu d'Yves Boisset et de son long-métrage sorti en 1983 Le Prix du danger, qui met en scène un jeune Gérard Lanvin parachuté dans une épreuve mortelle retransmise en direct et commentée par un diabolique présentateur incarné par Michel Piccoli. Survivra-t-on à la violence de classes, aux combinaisons fluo, aux coupures pub et à la télé-poubelle ? Réponse dans cet épisode.

    52 min

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Les fins de mois sont difficiles pour Aniss et Arthur. Dans l’incapacité d’acheter un ticket pour les salles obscures, ils fouillent leur filmothèque personnelle à la recherche d’un film en lien avec une sortie qui pique leur intérêt. S’en suit un débat passionné entre amis.

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