Travelling ‐ RTS Première

RTS - Radio Télévision Suisse

Un déplacement de caméra pour tout connaître de l'histoire du cinéma! Fichiers disponibles durant 30 jours après diffusion. - Pour un usage privé exclusivement.

  1. 6h ago

    SHADOWS, JOHN CASSAVETES, 1958

    Cʹest un film étrange, interpellant, libre, entier, social, vivant : Shadows, de John Cassavetes, sorti en 1959. Tourné par un comédien devenu réalisateur, Shadows bouscule tous les codes en vigueur. Nouvelle vague américaine par excellence, le film est tourné dans les rues de New-York, de nuit avec des comédiens amateurs. Les dialogues sont improvisés sur un canevas donné. Les plans sont inégaux, le montage saccadé, le son naturel. Le thème est le racisme, lʹamour, la jeunesse et le jazz. Lʹhistoire se déroule au cœur de la Beat Génération à New York, dans le sérail dʹune forme artistique bouillonnante. Une fratrie, deux frères et une sœur, métis, afro-américains, côtoient dʹautres jeunes gens. Lʹun des frères est noir, les autres blancs. Un jeune homme blanc tombe amoureux de la jeune femme, mais fuit quand il découvre ses origines pour revenir ensuite, la queue entre les jambes, quêter son amour. Lʹhistoire est simple. Sans réel début ni fin. Les images sʹaccompagnent de la musique de Charles Mingus, pianiste, compositeur et chef dʹorchestre, dont la carrière est guidée par une idée fixe : comment être Noir et Américain ? La même question qui parcourt Shadows. Le film est boudé en Amérique, mais adulé en Europe. Il est primé à Venise. Forcément, en Europe, les lignes du cinéma traditionnel explosent avec le Free Cinema anglais, le Cinéma nova et la Nouvelle vague française. REFERENCES Cassavetes. John Autoportraits, Editions de lʹÉtoile ; Cahiers du cinéma, 1992 L'Avant-scène n° 197 : Shadows, découpage définitif après montage et dialogues in extenso, 1977. John Cassavetes et son cameraman en 1969 John Cassavetes par Thierry Jousse - Blow Up - ARTE

  2. 1d ago

    Bonjour Tristesse, Otto Preminger, 1958

    Bonjour Tristesse est un film dʹOtto Preminger adapté dʹun roman à succès des années 50 sorti en 1958. Enfin un roman…LE roman. Celui de Françoise Sagan sorti en 1954 alors quʹelle nʹa que 18 ans. Cʹest un véritable phénomène littéraire. Car il est le fait dʹune jeune romancière étonnamment mûre, qui écrit avec la liberté de lʹadolescence, son impudeur, son impudence, une histoire dʹune jeune fille égoïste, futile, confrontée au chagrin, à la tristesse, au deuil quʹelle a elle-même provoqué. Et cʹest ce roman, quʹOtto Preminger, le maître du film noir, adapte au cinéma. Il en fait une histoire nostalgique, moins torturée que le roman. Lʹadaptation adopte le point de vue de Cécile, adolescente de 17 ans qui vit une vie oisive avec son père, un adulescent qui multiplie les conquêtes. Mais son père tombe amoureux dʹune femme de son âge, ancienne amie de la mère de Cécile. La vie de la jeune fille en est bouleversée. Otto Preminger retrouve Jean Seberg, sa Jeanne dʹArc, pour jouer Cécile. La comédienne sʹy montre mutine, jalouse, égoïste, absolument parfaite face à Deborah Kerr, David Niven et Mylène Demongeot. Tourné en décors naturels entre Paris et Saint-Tropez, des décors somptueux, sous le soleil de la Riviera, Bonjour Tristesse est un film qui raconte son époque, sans tabous, ni contraintes. Le film connaît en France un joli succès critique et public. Les Etats-Unis le boude. Pas assez français, ou trop français à leur goût. Peu importe, Sagan a dʹautres projets, Preminger aussi. REFERENCES https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i17214461/francoise-sagan-et-les-tabous-de-son-epoque https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i14351721/juliette-greco-a-propos-de-francoise-sagan François Chalais sur le tournage de Bonjour Tristesse, 26.09.1957 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i12103896/otto-preminger-a-propos-de-bonjour-tristesse "Entretiens avec Françoise Sagan", des entretiens avec la romancière, menés dans la bonne humeur par André Halimi, dont nous écoutons le deuxième numéro diffusé la première fois le 2 janvier 1973 sur France Culture. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/francoise-sagan-le-scandale-c-est-le-talent-quand-les-gens-sont-attrapes-directement-par-les-cheveux-et-qu-on-les-frappe-par-une-phrase-8410598 SAGAN, Françoise, Bonjour Tristesse, Julliard, 2014

  3. 2d ago

    Philadelphia, Jonathan Demme, 1993

    Philadelphia, de Jonathan Demme, sorti en 1993 est un film important. Car il traite de problématiques tragiques : le Sida, lʹhomophobie et lʹexclusion. On lʹa un peu oublié aujourdʹhui, mais dans les années 80 et 90, la communauté homosexuelle masculine, principalement, est atteinte dʹun mal mortifère qui emporte dans la tombe des centaines de jeunes gens. Mais lʹépidémie de Sida va sʹétendre et toucher dʹautres populations par le biais des transfusions sanguines. Il nʹen faut pas plus pour que la panique gagne tout le monde et que le virus progresse rapidement. Ce mal, on en parle tous les jours, à la radio, à la télévision, dans les journaux. Il faut du temps pour que lʹon comprenne comment le virus du Sida fonctionne et quʹon mette en place des campagnes dʹinformation, de prévention, tandis que la science progresse et propose des thérapies. Et cʹest dans ce climat délétère de peur, que Jonathan Demme, réalisateur multi oscarisé pour le Silence des Agneaux, tourne un film de procès qui traite, en sous-main du Sida, mais plus frontalement dʹexclusion. Philadelphia cʹest le premier film grand public qui traite de cette question. Et il va faire date. Certainement grâce aux performances de ses acteurs principaux, Tom Hanks et Denzel Washington, mais principalement grâce à un scénario, inspiré dʹune histoire vraie, un scénario bien ficelé signé Ron Nyswaner. Le film est bien accueilli par le public et la critique. Tom Hanks remporte son premier Oscar du meilleur acteur pour son rôle d'Andrew Beckett, Aujourdʹhui, dans Travelling, cʹest Philadelphia que nous regardons ensemble. Ne tardons pas trop, car le personnage joué par Tom Hanks se lance dans un contre-la-montre contre lʹinjustice dont il est victime. Il en sortira vainqueur avant dʹêtre emporté par la maladie. REFERENCES Philadelphia, un film de Jonathan Demme, notes de productions du film, Tristar, 1993 CBS This Morning interviews Bruce about his Grammy wins for "Philadelphia" on March 2, 1995. Interesting comments about the E Street Band. https://www.youtube.com/watch?v=W5OExj0BakE Duplex Tom Hanks : F2 Le Journal 20H - 04.09.1994 https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab94081912/duplex-tom-hanks Jonathan Demme talks about the cultural context and ambitions of his 1993 film "Philadelphia" June 7th, 2006 https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=OJvEt5nb--8 Les chiffres du Sida en 2002, ONU Sida https://www.unaids.org/fr/resources/fact-sheet

  4. 5d ago

    Les Affranchis (the Goodfellas), Martin Scorcese, 1990

    Parler dʹun film de Martin Scorcese, cʹest toujours un plaisir. Car il est un cinéaste rare à lʹunivers multiple, aux personnages ciselés, aux rites qui leurs sont propres. Ici, cʹest à la mythologie de la Mafia quʹil règle ses comptes en suivant le parcours dʹHenry Hill, un Affranchis. En 1990, Martin Scorcese présente, sur les écrans, The Goodfellas, Les Affranchis. Trente années de crimes, dans une des cinq familles mafieuses de New-York, trafics, règlements de comptes, vu à travers les mots dʹun truand repenti. Se basant sur le best-seller de Nicholas Pileggi, écrit à partir dʹune reconstitution minutieuse des confessions du vrai Henry Mills, alors encore sous protection policière pour avoir dénoncé tous ses petits camarades, le film décrit le parcours dʹun gamin devenu mafieux, un irlando-italien, fasciné par les gangsters, devenant lʹun dʹeux à douze ans jusquʹà sa chute. Petit à petit, ce monde cosmopolite à lʹunivers codé se dévoile. Une société en marge, violente, cynique, spectaculaire. Scorcese scrute les rapports complexes qui le régisse au plus près des personnages. Ceux-ci sont incarnés par ses acteurs fétiches : Robert de Niro, Joe Pesci. Un nouveau fait également son apparition dans le sérail Scorcese : Ray Liotta, extraordinaire en Henry Hill. Lorraine Bracco et Paul Sorvino complètent un casting. Véritable comédie de mœurs, dramatique, à lʹhumour noir et corrosif, à la barbarie fracassante, les Affranchis est un succès public et critique, même si les premières projections vident une partie de la salle. La violence est sans phare et choque. Mais les critiques sont bonnes dans lʹensemble et le film reçoit une pluie de récompenses. Il est nommé 6 fois aux Oscars, obtenant celui du meilleur acteur de second rôle pour Joe Pesci. REFERENCES Ray Liotta sur ses rôles, GQ France https://www.youtube.com/watch?v=VBxV7ZbSrCw Martin Scorcese parles des Affranchis Jim Whaley sits down with Martin Scorsese to discuss his latest film, "Goodfellas" on WPBA-Atlanta's "Cinema Showcase." https://www.youtube.com/watch?v=T2NxJFK3XQ0 Le Making Of du film https://www.youtube.com/watch?v=Ubs0iXviehc SCHICKEL, Richard, Conversations avec Martin Scorcese, Editions Sonatine, NIOGRET, Hubert, Entretien avec Martin Scorcese, Positif

  5. 6d ago

    Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, Jean Yanne, 1972

    Cʹest le film, non pas dʹun anar, ni dʹun homme en colère, mais dʹun humoriste critique, dʹun comique qui fait rire jaune, qui tape là où ça peut faire mal. En lʹoccurrence, avec une satire, Jean Yanne sʹattaque pour sa première réalisation, au monde des médias quʹil connaît bien, médias putassiers, coupables de faire de la retape pour avoir plus dʹaudience. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, est une comédie satirique sortie en 1972 et décrivant le monde, pas très rose, de la radio. Cette radio qui est visée, est, dans les années 70, le média le plus efficace du moment. Un média qui soutient le système politique, économique et social et qui définit la société de consommation. La télé sʹimposera dans la foulée. Durant 10 ans, Jean Yanne a été animateur dans différentes radios. Et plusieurs fois viré. Il connaît bien le sujet. Sa radio imaginaire est paroxystique, avec des accents de vérité et en fait une charge efficace. Cʹest cela le comique social, un passage à la limite, un délire logique mais fondé sur une réalité de terrain. Du rire détergent qui lave plus blanc, ou moins noir. A sa sortie, le film ravit le public et ébouriffe les critiques. Cʹest un vrai succès, même si dans les radios où Jean Yanne a travaillé ça grogne beaucoup. REFERENCES DICALE, Bertrand, Jean Yanne , A rebrousse-poil, First Document, 2012 Jean Yanne et lʹhumour, une archive INA https://www.youtube.com/watch?v=sRx4DMJ5cfE Bonus de Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil https://www.youtube.com/watch?v=gpCSyln7dc8 Jean Yanne, sa vie, ses mots https://www.youtube.com/watch?v=tU8dmVKRsQg

  6. Jul 29

    Orfeu Negro, Marcel Camus, 1959

    Les sons du carnaval, une descente aux enfer, Orphée et Eurydice, la mort, la vie, lʹamour, et Rio de Janeiro. La Palme dʹor du festival de Cannes 1959, lʹOscars du meilleur film étranger en 1960, est Orfeu Negro, film musical de Marcel Camus sorti en 1959. Il est adapté d'une pièce de Vinícius de Moraes, Orfeu da Conceição montée en 1956 à Rio. Le film, comme la pièce dʹailleurs, est une adaptation du mythe dʹOrphée. Une thématique ancienne, dépoussiérée par des rythmes entêtants, brulée de soleil, grouillante de vie, dans des paysages extraordinaires avec la mer et le Pain de sucre au loin. Orphée, cʹest lʹhistoire dʹun amour absolu, dʹun musicien qui ira jusquʹaux enfers récupérer sa femme. Lʹadaptation du mythe dans les favelas de Rio, dans le cadre du carnaval est une révolution esthétique. Le film suscite lʹenthousiasme de la critique européenne et américaine, tout en soulevant des critiques au Brésil. Tout enchante : le choix des acteurs, non professionnels à lʹexception de Marpessa Dawn, néanmoins débutante dans le métier, le choix dʹune distribution exclusivement noire, saluée comme courageuse, les mélodies, le tourbillon des couleur, les rythmes. Les thèmes du film composés par Luiz Bonfá et Antônio Carlos Jobim deviennent des classiques de jazz. La bossa nova pénètre dans les cœurs, la samba nous invite à danser. Cʹest un véritable tourbillon des sens que propose Marcel Camus. Un film complètement hypnotique sur lequel nous allons poser, presque 70 plus tard, un regard tendre mais lucide, en le replaçant dans son contexte. Il ne nous reste plus à emboiter nos pas dans ceux dʹEurydice et de débarquer à Rio à la veille de carnaval. REFERENCES Jean-Michel Devésa, " Orphée et le carnaval, entre mascarades et parades. Autour d'Orfeu Negro de Marcel Camus. ", dans Penser le carnaval: variations, discours et représentations, Éditions Khartala,, 2010, 311 p. (lire en ligne [archive]), p. 177-193. Jean de Baroncelli, " "Orfeu Negro" "Al Capone" ", Le Monde,ý 22 juin 1959 Jean de Baroncelli, " Nouveau succès français Orfeu Negro ", Le Monde,ý 14 mai 1959

  7. Jul 28

    Zelig, Woody Allen, 1983

    Zelig est un documenteur comme on dit, cʹest-à-dire un faux documentaire, signé Woody Allen, sorti en 1983. Un canular absolument génial, mêlant fausses séquences dʹactualités, photos truquées et un héros unique, Leonard Zelig, un héros en tel manque dʹamour et de reconnaissance quʹil en devient homme caméléon. Quand on le met en présence dʹun obèse, il devient obèse, quand il est face à un psychiatre, il devient psychiatre, quand il est face à un Indien, il devient Indien. Cʹest un cas pour la médecine et la coqueluche des années folles. Le public adore Zelig que lʹon expose comme un phénomène de foire. Sous hypnose, le personnage avoue sa vérité à sa psychiatre, la seule qui pense pouvoir le sauver de ce mal étrange qui le ronge : " Cʹest plus sûr dʹêtre comme les autres. Je veux être aimé ". Une phrase terrible qui fait perdre toute identité au patient pour absorber celle de lʹautre. La dissolution de lʹêtre en quelque sorte. Mais au-delà de la philosophie, Zelig, cʹest une performance technique. Pas gratuite. Un documentaire au service de la psyché de son auteur. On retrouve, dans ce film très personnel, le malaise dʹun homme qui ne parvient pas à trouver sa place dans le monde. Les thèmes de prédilection de Woody Allen sont évoqués : timidité sexuelle, angoisse métaphysique, impuissance créatrice, existentialisme et psychanalyse. Cʹest aussi la manipulation des images qui est abordée. Dès lors, ne tardons plus et intéressons-nous de plus près au cas Zelig comme le Dr. Eudora Fletcher. REFERENCES Woody Allen on the Culture of Mediocrity and Why He Makes Movies (1979) https://www.youtube.com/watch?v=xRNGeJ8nq9Q Woody Allen et la sensation dʹexister https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i08329054/woody-allen-et-la-sensation-d-exister LAX, Eric, Entretiens avec Woody Allen, Plon,

  8. Jul 27

    Le loup-garou de Londres (An American Werewolf in London), John Landis, 1981

    c'est un des films de lycanthropes les plus cultes de chez culte. Et cʹest promis, après, vous nʹaurez quʹune envie, hurler à la lune avec les protagonistes de cette histoire. Car le Loup-Garou de Londres, An American Werewolf, réalisé par John Landis en 1981, va faire basculer le mythe du loup-garou dans lʹunivers contemporain, en plein cœur de Londres. Un scénario simple, classique, mais avec un sous-texte interrogatif sur la part de monstruosité qui est en nous et surtout avec des effets spéciaux époustouflants pour lʹépoque. Les maquillages et les effets spéciaux sont dus à Rick Baker, ami de longue date du réalisateur, qui recevra lʹOscar du meilleur maquillage. Une première. A sa sortie, le film marque les esprits. Le film fait peur, mais faire rire à la fois. Tout le monde plébiscite les maquillages. Tout le monde adore le fait quʹil nʹy a pas de magie, de prophétie et que ça se passe ici et maintenant et pas dans les Carpates avec dʹautres monstres qui mangent des paysans. Le loup-garou de Londres, cʹest simplement lʹhistoire de deux pauvres touristes américains qui nʹont pas eu de chance, deux touristes qui font une mauvaise rencontre sur une lande anglaise. Après les Blues Brothers, John Landis sʹamuse à nous faire peur en exploitant les codes du genre, en le dépoussiérant, comme son comparse Joe Dante la même année, mais avec lʹhumour chevillée aux crocs de son loup. REFERENCES Paul Davis, Beware the Moon : The Story of An American Werewolf in London, Dead Mouse Productions Ltd, 2016 John Landis on American Werewolf, FilmSchoolarchive. Rick Baker on "An American Werewolf in London" An American Werewolf London 1981 Extras - Making of The creation Director John Landis, Oscar-winning makeup artist Rick Baker, producer George Folsey, Jr., and actor David Naughton explore the making of "An American Werewolf in London" at the Academy's screening on October 9, 2012 at the Samuel Goldwyn Theater, including a look at the werewolf and Rick Baker sculptures by Mike Hill, as part of the series "A Monstrous Centennial: Universal's Legacy of Horror."

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