Vlan!

Gregory Pouy

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    [SOLO] On se raconte nos vacances ?

    1er épisode solo de la rentrée solo je vous raconte mon été, celui où je suis parti trois semaines à Stockholm écrire le livre sur lequel je travaille depuis un an et demi.Un livre sur ce que la technologie nous retire quand elle nous facilite tout. Ce départ est né d'une sensation que je traîne depuis longtemps, ce pincement au ventre chaque fois que je demande mon chemin à Google Maps plutôt qu'à un humain, chaque fois que je fais rédiger un texte par une IA, chaque fois que ma vie devient un peu plus pratique et un peu plus vide en même temps. Je me suis imposé une règle : aucune ligne de ce livre ne serait écrite par une machine. Et pour tenir cette règle, il me fallait un endroit où rien ne viendrait m'aider à fuir. Ce que je n'avais pas vu venir, c'est que je partais écrire un livre sur la friction dans le pays qui a le mieux réussi à la faire disparaître. Et que ça allait d'abord me mettre à terre. Dans cet épisode, nous parlons de la première semaine, celle où je n'ai adressé la parole à personne et où la solitude que je croyais désirer m'a serré le ventre pendant sept jours pleins. De l'effet de dévitalisation, ce mot que j'ai fini par trouver pour désigner ce qui nous arrive collectivement. Du papillon qui doit déchirer sa chrysalide lui-même sous peine de ne jamais voler. Du pigeon de Skinner, que je porte en moi chaque fois que j'essaie d'affiner ma routine du matin. De la nuit où j'ai décidé de jeter la moitié de mon manuscrit. Des Suédois qui s'effacent plutôt que de vous contredire, et de ce que ma sœur m'a dit à ce sujet qui m'a scié. Du Rat Park et de la cage confortable qu'on se construit tous. Et du moment où j'ai griffonné mon numéro de téléphone sur un bout de papier, à mon âge, pour le tendre à quelqu'un. Je me suis questionné sur ce que la solitude fait vraiment, sur la différence entre celle qu'on choisit et celle qui nous tombe dessus, sur ce qu'on croit épargner à nos enfants en leur retirant l'attente et l'ennui, et sur ce qui reste d'une société quand elle a poli tous ses angles. C'est un épisode long, personnel, et sans doute le plus intime que j'aie enregistré. Si vous vous êtes déjà surpris à ne pas savoir ce qui vous avait fait sourire ou pleurer dans la journée, il est pour vous. 3. Citations marquantes« Comprendre un piège ne vous permet pas d'en sortir. Vingt ans plus tard, je suis plus accro que jamais. » « Je critique, je rejette, et je reste. C'est sans doute la définition la plus honnête de ma situation, et peut-être de la vôtre. » « J'ai reçu des mails de lecteurs qui me remerciaient pour ce texte que je n'avais pas écrit. Le fait que ça marche m'a prouvé l'efficacité du système et a creusé le vide encore un peu plus. » « Si vous ouvrez le cocon du papillon pour lui simplifier la vie, vous le condamnez : il ne pourra jamais voler. » « On est devenus des athlètes de la certitude dans un monde qui réclamerait plutôt des acrobates de la complexité. » (Bonus si besoin d'un sixième extrait pour les réseaux) « Je suis venu écrire sur ce qui nous arrive quand on retire toutes les frictions d'une vie, et je me suis retrouvé dans un pays qui a fait exactement ça, mais à l'échelle d'une culture entière. » 4. Idées centrales discutées 1. L'effet de dévitalisation≈ 09:30 Les systèmes conçus pour nous retirer les frictions de la vie, l'attente, l'effort, l'ennui, le désaccord, finissent par nous vider de l'intérieur. Ils réduisent notre capacité à décider, nos compétences, jusqu'au sens qu'on donne à notre existence. On devient performants, productifs, et vides. Pourquoi ça compte : c'est le mot qui manquait. Tant qu'une sensation n'a pas de nom, elle existe dans le corps mais pas dans la conversation collective. Nommer permet d'agir. 2. Savoir ne suffit pas≈ 03:10 Vingt ans à connaître parfaitement les mécanismes d'addiction des plateformes, et vingt ans à y céder quand même. La lucidité n'est pas un levier de changement. Pourquoi ça compte : ça disqualifie toute la littérature qui promet qu'il suffit de comprendre pour se libérer, et ça déplace la question du côté de l'environnement plutôt que de la volonté individuelle. 3. Le vivant se renforce par la résistance, pas par le rendement≈ 21:00 La friction est un mauvais élève en ingénierie, on la supprime pour gagner en rendement. Mais un arbre se renforce sous le vent, les valvules du cœur avec le flux du sang, et le papillon a besoin de l'effort qui brise la chrysalide pour que ses ailes se remplissent. Pourquoi ça compte : les designers de la Silicon Valley ont appliqué la logique de la machine au vivant sans vérifier qu'elle s'y appliquait. C'est une erreur de modèle, pas une erreur de morale. 4. Friction n'est pas souffrance≈ 23:00 La souffrance réelle, celle de la maladie, du deuil, de la précarité, ne construit rien, elle épuise et elle diminue, et elle demande de la justice et du soutien. Les frictions du quotidien, elles, font grandir quand on les traverse. Pourquoi ça compte : sans cette distinction, tout le propos bascule dans le discours réactionnaire du « c'était mieux quand c'était dur ». C'est le garde-fou de l'épisode. 5. La bonne solitude a besoin de micro-liens≈ 32:00 Le flot d'écriture n'est pas venu de l'isolement pur. Il est arrivé au moment précis où j'ai commencé à échanger trois mots avec le type de la cantine et la femme de la sécurité. J'avais besoin d'être seul pour écrire et de ces quelques regards pour tenir debout pendant que j'écrivais seul. Pourquoi ça compte : ça renverse le mythe de l'artiste retiré du monde, et ça donne un dosage concret plutôt qu'un idéal. 6. Ce n'est pas la substance qui crée l'addiction, c'est l'isolement≈ 51:30 Le rat seul se tue à la morphine, les rats du Rat Park en consomment jusqu'à dix-neuf fois moins, et ceux qui étaient déjà accros réduisent d'eux-mêmes une fois replacés dans la vie sociale. Pourquoi ça compte : appliqué à nos écrans, ça déplace tout le débat. La question n'est pas de savoir si TikTok est mauvais, mais de savoir dans quelle cage on le consomme. 7. Le désaccord est un muscle qu'on a laissé fondre≈ 42:00 Les Suédois s'effacent plutôt que de vous contredire, et le résultat n'est pas un enfer, c'est doux, propre et sûr. Mais le prix, c'est un lien social qui se dévitalise. Nous suivons le même chemin avec les bulles de filtres et la disparition des lieux où l'on croisait des gens qui ne pensaient pas comme nous. Pourquoi ça compte : c'est la friction dont personne ne parle, parce que tout le monde a envie de s'en débarrasser. Et c'est peut-être celle qui nous manquera le plus. Questions structurantes de l'épisode(Format solo : ce sont les questions que je me pose à voix haute et qui portent le récit. Utilisables telles quelles pour les chapitres, les descriptions courtes, ou comme angles de relance sur les réseaux.) - Pourquoi ma vie devient-elle un peu plus pratique et un peu plus vide en même temps ?- Comment peut-on connaître parfaitement les mécanismes d'un piège et y rester enfermé vingt ans ?- Qu'est-ce qu'une sensation qui n'a pas de mot ? Existe-t-elle vraiment tant qu'on ne peut pas la nommer ?- Que se passe-t-il exactement quand on retire à un être vivant toutes les résistances qu'il rencontre ?- Où passe la ligne entre la friction qui construit et la souffrance qui détruit, et pourquoi les confond-on autant aujourd'hui ?- Est-ce que la solitude qu'on désire est vraiment celle qui nous fait du bien ?- Qu'est-ce qui a changé entre une époque où l'attente était le décor et une époque où elle est devenue une agression ?- Pourquoi cherche-t-on à affiner jusqu'à son repos, et qu'est-ce que ça dit de notre rapport au hasard ?- Que faut-il pour accepter de jeter la moitié d'un travail quand une solution confortable est à portée de main ?- Combien de décisions ai-je réellement prises aujourd'hui, et combien ont été prises pour moi ?- Que devient une société qui a réussi à supprimer le conflit de ses relations quotidiennes ?- Est-ce qu'on protège nos enfants en leur retirant l'attente, l'ennui et l'échec, ou est-ce qu'on les prive de ce qui nous a construits ? Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    [SOLO] On se raconte nos vacances ?
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    #404 Tout ce que j'aurais voulu savoir en amour avec Alain de Botton (partie 2)

    Alain de Botton est écrivain et philosophe. Il est également le fondateur de The School of Life, il a écrit Le cours de l'amour, un livre que j'ai lu il y a quelques années et qui m'a franchement retourné, parce qu'il commence là où tous les films s'arrêtent : le jour d'après le mariage.C'est le retour de l'été et ca m'a semblé bien de diffuser cet épisode en cette dernière semaine d'aout. Petite précision avant de démarrer : cet épisode a d'abord été diffusé en anglais. J'ai quand même tenu à le proposer en français, parce que ce qu'Alain raconte sur l'amour me paraît trop utile pour rester réservé à celles et ceux qui sont à l'aise avec l'anglais. Il y a un moment dans la conversation où je me suis vu, moi, dans ce qu'il décrivait. Il explique, statistiques à l'appui, que les enfants d'alcooliques tombent massivement amoureux de personnes qui ont un problème d'addiction. Pas par malchance. Parce que nous ne sommes pas attirés par ce qui nous rend heureux, nous sommes attirés par ce qui nous est familier. Et on peut passer une vie entière à rejouer la même scène en croyant chaque fois faire un choix neuf. Dans cet épisode, nous parlons de l'idéal romantique et de ce qu'il nous fait faire, des papillons dans le ventre et de ce qu'ils cachent vraiment, du complexe d'Œdipe relu comme un manuel pratique, des drapeaux rouges à repérer dès le premier dîner, de la sexualité qui s'éteint dans les couples aimants, du polyamour et des dégâts qu'il laisse parfois, de l'infidélité comme tentative maladroite de se rapprocher, des ruptures et de la manière décente de partir, des enfants qui abîment le couple, et de ce qu'on appelle la folie de l'autre. J'ai discuté avec Alain des questions que tout le monde se pose et que personne n'ose formuler à voix haute : est-ce qu'on peut faire changer quelqu'un, comment savoir qu'on a vraiment tout essayé, pourquoi les hommes hétérosexuels ont si peu de mots pour dire ce qu'ils ressentent, et pourquoi les applications de rencontre ont un intérêt économique à ce que vous ne trouviez personne. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sa réponse finale. Derrière l'argent, la gloire et l'amour, ce que nous cherchons tous, dit-il, c'est le calme que nous avons connu nourrisson. Et il ajoute une phrase que je n'ai pas réussi à me sortir de la tête : le bruit qui est à l'intérieur de nous a d'abord été un bruit extérieur. Bonne écoute. 3. Citations marquantes- « Nous ne sommes pas attirés par ce qui nous rend heureux. Nous sommes attirés par ce qui nous est familier. »- « Il ne s'agit pas de trouver quelqu'un de sain d'esprit, tout le monde est fou. Il s'agit de trouver quelqu'un capable d'explorer sa folie avec un minimum de maturité. »- « Le modèle économique des applis de rencontre repose sur votre échec. C'est une machine à sous : le bonheur, oui, mais pas maintenant, revenez demain. »- « Se déshabiller, c'est intéressant. Mais se mettre psychologiquement à nu, ça, c'est la vraie aventure. Et ça ne devient jamais ennuyeux. »- « Il n'existe pas d'équilibre entre vie pro et vie perso. Tout ce qui vaut la peine d'être fait va déséquilibrer votre vie. »4. Idées centrales discutées 1. Nous aimons dans un décor que nous n'avons pas choisi (≈ 02:35) Alain ouvre sur cette maxime de La Rochefoucauld : certaines personnes ne seraient jamais tombées amoureuses si elles n'avaient jamais entendu dire que ça existait. Nos émotions reçoivent des encouragements discrets de la société qui nous entoure, et l'idéal romantique en fait partie. Pourquoi ça compte : si nos attentes viennent du décor, elles peuvent être révisées. C'est une bonne nouvelle déguisée en fatalité. 2. L'attirance suit le familier, pas le bonheur (≈ 12:52) Le mouvement romantique promettait qu'en suivant son cœur, on choisirait mieux. La psychologie moderne dit l'inverse. Nous rejouons les schémas de frustration de l'enfance parce qu'ils ressemblent à la maison. Pourquoi ça compte : c'est l'explication la plus solide au sentiment de « je retombe toujours sur le même profil » que tant de gens décrivent. 3. Les perversions sexuelles sont des terreurs de l'intimité (≈ 25:39) De l'exhibitionniste au voyeur, Alain lit ces comportements comme des refus de la réciprocité : il faut imposer, ou observer de loin, parce que se regarder dans les yeux est insupportable. Pourquoi ça compte : le même mécanisme, en version douce, explique l'amant qui disparaît le lendemain matin. Le désir de connexion et la terreur d'être englouti cohabitent chez tout le monde. 4. Les applications de rencontre ont besoin de votre échec (≈ 32:06) Leur modèle repose sur une promesse jamais tenue, exactement comme une machine à sous. Alain reste pourtant optimiste sur la technologie : il imagine une IA témoin du couple, qui signalerait ce que nous ne savons pas entendre. Pourquoi ça compte : ça déplace le débat, le problème n'est pas la technologie, c'est le modèle économique qu'on lui a collé dessus. 5. On ne cherche pas quelqu'un de sain, on cherche quelqu'un de lucide (≈ 19:59) La bonne définition d'une attente réaliste, selon lui : quelqu'un capable d'annoncer sa folie avant de la vivre, et de s'en excuser après. Pourquoi ça compte : ça remplace la quête épuisante de la personne parfaite par un critère observable dès les premiers mois. 6. Le dialogue a une limite, et il faut l'accepter (≈ 49:05) C'est le moment le plus vulnérable de la conversation. Alain vit de l'idée que les mots transforment les gens, et il admet que ce n'est pas toujours vrai : le traumatisme ferme des portes qu'aucun argument n'ouvre. Pourquoi ça compte : certaines des ruptures les plus douloureuses viennent de là, quitter quelqu'un qu'on aime et qui ne peut pas comprendre. 7. La folie de l'autre peut devenir le lieu de l'intimité (≈ 21:28 en germe, développé à 1:20:59) Ce n'est pas la nature du problème qui décide, c'est la manière dont il est porté. Dire « j'ai un problème avec le sexe, aide-moi » peut être plus intime que le sexe lui-même. Pourquoi ça compte : ça retourne complètement la logique des drapeaux rouges. Le défaut avoué relie, le défaut caché détruit. 5. Questions posées dans l'interview- Comment l'idéal romantique de l'âme sœur a-t-il façonné ce que nous attendons de l'amour, et quels sont les pièges de ces attentes ?- Comment prend-on du recul par rapport à un idéal romantique dans lequel nous baignons depuis toujours ?- Que valent les papillons dans le ventre, et que sommes-nous censés ressentir quand nous tombons amoureux ?- Faut-il suivre son intuition en amour, ou s'en méfier ?- Que pensez-vous de l'idée que l'amour dure trois ans ?- Quelles sont les attentes réalistes qu'on peut avoir d'une relation ?- Existe-t-il des drapeaux rouges fiables, et quelles questions faut-il poser dès les premiers dîners ?- Nous vivons dans une société sans friction, Uber, Airbnb, tout doit être fluide. Cherche-t-on aussi un partenaire sans friction ?- Est-ce que les hommes hétérosexuels sont plus démunis que les femmes face à leurs propres émotions ?- Comment accueillir la folie de son partenaire sans se perdre soi-même ?- Peut-on faire changer quelqu'un, et à quelle vitesse ?- Comment garder le désir sexuel vivant dans un couple qui s'aime depuis longtemps ?- Pourquoi tant d'hommes réclament-ils aujourd'hui des relations ouvertes ?- Pourquoi deux personnes qui se sont profondément aimées deviennent-elles des étrangères ?- Peut-on pardonner une infidélité, et comment ?- Comment savoir qu'on a vraiment tout essayé et qu'il faut partir ?- Comment la société devrait-elle évoluer pour améliorer la qualité de nos relations ?- Peut-on faire trop de thérapie ?6. Références citées dans l'épisodeAuteurs et philosophes- La Rochefoucauld (≈ 02:48) : « Il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour. » La citation matrice de tout l'épisode, reprise plus tard à propos du polyamour (≈ 56:47).- Sénèque (≈ 17:34) : « Pourquoi pleurer sur des parties de la vie ? Elle appelle tout entière les larmes. » Cité comme exemple de pessimisme réconfortant.- Nietzsche (≈ 19:44) : pour vivre, nous avons besoin de certaines illusions.- Freud (≈ 33:26) : le complexe d'Œdipe, relu comme modèle des compétences nécessaires à l'âge adulte. Alain note au passage que Freud écrivait mal et qu'il a besoin d'être commenté.- Spinoza (≈ 33:50 et ≈ 42:55) : cité comme exemple de penseur qui ne dit pas le meilleur de sa pensée, puis L'Éthique comme exemple de complexité que nous aimons pour de mauvaises raisons.- Racine, Shakespeare, Tolstoï (≈ 49:05) : convoqués pour dire que même la plus belle éloquence ne fait pas bouger quelqu'un qui est fermé émotionnellement.- Flaubert, Madame Bovary (≈ 59:09) : Emma lit les mauvais livres, ceux qui lui disent que sa vie est ennuyeuse.Livres et créations d'Alain de Botton- Le cours de l'amour (The Course of Love) (≈ 00:33) : cité par moi en intro comme le livre qui m'a marqué.- The School of Life (≈ 00:33 et ≈ 1:27:43) : l'institution qu'il a fondée, sa chaîne YouTube, et le terrain de ses explorations à venir.Livre français discuté sans être nommé- L'amour dure trois ans (≈ 17:34) : je lui soumets la thèse, il répond qu'il ne connaît pas le livre, se félicite qu'il ne soit pas traduit en anglais et refuse d'y croire un vendredi matin à 11h20. [Auteur non nommé dans l'épisode : Frédéric Beigbeder]Cinéma et culture- Éric Rohmer (≈ 59:09) : le cinéaste qui nous apprend la patience des conversations ordinaires.- Gladiator (≈ 59:09) : l'exemple inverse, le récit à l'échelle héroïque qui rend la vie quotidienne décevante.Personnes citées- Esther Perel (≈ 18:20) : mentionnée comme la voix à convoquer sur la du

    #404 Tout ce que j'aurais voulu savoir en amour avec Alain de Botton (partie 2)
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    #404 Tout ce que j'aurais voulu savoir en amour avec Alain de Botton (partie 1)

    Alain de Botton est écrivain et philosophe. Il est également le fondateur de The School of Life, il a écrit Le cours de l'amour, un livre que j'ai lu il y a quelques années et qui m'a franchement retourné, parce qu'il commence là où tous les films s'arrêtent : le jour d'après le mariage.C'est le retour de l'été et ca m'a semblé bien de diffuser cet épisode en cette dernière semaine d'aout. Petite précision avant de démarrer : cet épisode a d'abord été diffusé en anglais. J'ai quand même tenu à le proposer en français, parce que ce qu'Alain raconte sur l'amour me paraît trop utile pour rester réservé à celles et ceux qui sont à l'aise avec l'anglais. Il y a un moment dans la conversation où je me suis vu, moi, dans ce qu'il décrivait. Il explique, statistiques à l'appui, que les enfants d'alcooliques tombent massivement amoureux de personnes qui ont un problème d'addiction. Pas par malchance. Parce que nous ne sommes pas attirés par ce qui nous rend heureux, nous sommes attirés par ce qui nous est familier. Et on peut passer une vie entière à rejouer la même scène en croyant chaque fois faire un choix neuf. Dans cet épisode, nous parlons de l'idéal romantique et de ce qu'il nous fait faire, des papillons dans le ventre et de ce qu'ils cachent vraiment, du complexe d'Œdipe relu comme un manuel pratique, des drapeaux rouges à repérer dès le premier dîner, de la sexualité qui s'éteint dans les couples aimants, du polyamour et des dégâts qu'il laisse parfois, de l'infidélité comme tentative maladroite de se rapprocher, des ruptures et de la manière décente de partir, des enfants qui abîment le couple, et de ce qu'on appelle la folie de l'autre. J'ai discuté avec Alain des questions que tout le monde se pose et que personne n'ose formuler à voix haute : est-ce qu'on peut faire changer quelqu'un, comment savoir qu'on a vraiment tout essayé, pourquoi les hommes hétérosexuels ont si peu de mots pour dire ce qu'ils ressentent, et pourquoi les applications de rencontre ont un intérêt économique à ce que vous ne trouviez personne. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sa réponse finale. Derrière l'argent, la gloire et l'amour, ce que nous cherchons tous, dit-il, c'est le calme que nous avons connu nourrisson. Et il ajoute une phrase que je n'ai pas réussi à me sortir de la tête : le bruit qui est à l'intérieur de nous a d'abord été un bruit extérieur. Bonne écoute. 3. Citations marquantes- « Nous ne sommes pas attirés par ce qui nous rend heureux. Nous sommes attirés par ce qui nous est familier. »- « Il ne s'agit pas de trouver quelqu'un de sain d'esprit, tout le monde est fou. Il s'agit de trouver quelqu'un capable d'explorer sa folie avec un minimum de maturité. »- « Le modèle économique des applis de rencontre repose sur votre échec. C'est une machine à sous : le bonheur, oui, mais pas maintenant, revenez demain. »- « Se déshabiller, c'est intéressant. Mais se mettre psychologiquement à nu, ça, c'est la vraie aventure. Et ça ne devient jamais ennuyeux. »- « Il n'existe pas d'équilibre entre vie pro et vie perso. Tout ce qui vaut la peine d'être fait va déséquilibrer votre vie. »4. Idées centrales discutées 1. Nous aimons dans un décor que nous n'avons pas choisi (≈ 02:35) Alain ouvre sur cette maxime de La Rochefoucauld : certaines personnes ne seraient jamais tombées amoureuses si elles n'avaient jamais entendu dire que ça existait. Nos émotions reçoivent des encouragements discrets de la société qui nous entoure, et l'idéal romantique en fait partie. Pourquoi ça compte : si nos attentes viennent du décor, elles peuvent être révisées. C'est une bonne nouvelle déguisée en fatalité. 2. L'attirance suit le familier, pas le bonheur (≈ 12:52) Le mouvement romantique promettait qu'en suivant son cœur, on choisirait mieux. La psychologie moderne dit l'inverse. Nous rejouons les schémas de frustration de l'enfance parce qu'ils ressemblent à la maison. Pourquoi ça compte : c'est l'explication la plus solide au sentiment de « je retombe toujours sur le même profil » que tant de gens décrivent. 3. Les perversions sexuelles sont des terreurs de l'intimité (≈ 25:39) De l'exhibitionniste au voyeur, Alain lit ces comportements comme des refus de la réciprocité : il faut imposer, ou observer de loin, parce que se regarder dans les yeux est insupportable. Pourquoi ça compte : le même mécanisme, en version douce, explique l'amant qui disparaît le lendemain matin. Le désir de connexion et la terreur d'être englouti cohabitent chez tout le monde. 4. Les applications de rencontre ont besoin de votre échec (≈ 32:06) Leur modèle repose sur une promesse jamais tenue, exactement comme une machine à sous. Alain reste pourtant optimiste sur la technologie : il imagine une IA témoin du couple, qui signalerait ce que nous ne savons pas entendre. Pourquoi ça compte : ça déplace le débat, le problème n'est pas la technologie, c'est le modèle économique qu'on lui a collé dessus. 5. On ne cherche pas quelqu'un de sain, on cherche quelqu'un de lucide (≈ 19:59) La bonne définition d'une attente réaliste, selon lui : quelqu'un capable d'annoncer sa folie avant de la vivre, et de s'en excuser après. Pourquoi ça compte : ça remplace la quête épuisante de la personne parfaite par un critère observable dès les premiers mois. 6. Le dialogue a une limite, et il faut l'accepter (≈ 49:05) C'est le moment le plus vulnérable de la conversation. Alain vit de l'idée que les mots transforment les gens, et il admet que ce n'est pas toujours vrai : le traumatisme ferme des portes qu'aucun argument n'ouvre. Pourquoi ça compte : certaines des ruptures les plus douloureuses viennent de là, quitter quelqu'un qu'on aime et qui ne peut pas comprendre. 7. La folie de l'autre peut devenir le lieu de l'intimité (≈ 21:28 en germe, développé à 1:20:59) Ce n'est pas la nature du problème qui décide, c'est la manière dont il est porté. Dire « j'ai un problème avec le sexe, aide-moi » peut être plus intime que le sexe lui-même. Pourquoi ça compte : ça retourne complètement la logique des drapeaux rouges. Le défaut avoué relie, le défaut caché détruit. 5. Questions posées dans l'interview- Comment l'idéal romantique de l'âme sœur a-t-il façonné ce que nous attendons de l'amour, et quels sont les pièges de ces attentes ?- Comment prend-on du recul par rapport à un idéal romantique dans lequel nous baignons depuis toujours ?- Que valent les papillons dans le ventre, et que sommes-nous censés ressentir quand nous tombons amoureux ?- Faut-il suivre son intuition en amour, ou s'en méfier ?- Que pensez-vous de l'idée que l'amour dure trois ans ?- Quelles sont les attentes réalistes qu'on peut avoir d'une relation ?- Existe-t-il des drapeaux rouges fiables, et quelles questions faut-il poser dès les premiers dîners ?- Nous vivons dans une société sans friction, Uber, Airbnb, tout doit être fluide. Cherche-t-on aussi un partenaire sans friction ?- Est-ce que les hommes hétérosexuels sont plus démunis que les femmes face à leurs propres émotions ?- Comment accueillir la folie de son partenaire sans se perdre soi-même ?- Peut-on faire changer quelqu'un, et à quelle vitesse ?- Comment garder le désir sexuel vivant dans un couple qui s'aime depuis longtemps ?- Pourquoi tant d'hommes réclament-ils aujourd'hui des relations ouvertes ?- Pourquoi deux personnes qui se sont profondément aimées deviennent-elles des étrangères ?- Peut-on pardonner une infidélité, et comment ?- Comment savoir qu'on a vraiment tout essayé et qu'il faut partir ?- Comment la société devrait-elle évoluer pour améliorer la qualité de nos relations ?- Peut-on faire trop de thérapie ?6. Références citées dans l'épisodeAuteurs et philosophes- La Rochefoucauld (≈ 02:48) : « Il y a des gens qui n'auraient jamais été amoureux s'ils n'avaient jamais entendu parler de l'amour. » La citation matrice de tout l'épisode, reprise plus tard à propos du polyamour (≈ 56:47).- Sénèque (≈ 17:34) : « Pourquoi pleurer sur des parties de la vie ? Elle appelle tout entière les larmes. » Cité comme exemple de pessimisme réconfortant.- Nietzsche (≈ 19:44) : pour vivre, nous avons besoin de certaines illusions.- Freud (≈ 33:26) : le complexe d'Œdipe, relu comme modèle des compétences nécessaires à l'âge adulte. Alain note au passage que Freud écrivait mal et qu'il a besoin d'être commenté.- Spinoza (≈ 33:50 et ≈ 42:55) : cité comme exemple de penseur qui ne dit pas le meilleur de sa pensée, puis L'Éthique comme exemple de complexité que nous aimons pour de mauvaises raisons.- Racine, Shakespeare, Tolstoï (≈ 49:05) : convoqués pour dire que même la plus belle éloquence ne fait pas bouger quelqu'un qui est fermé émotionnellement.- Flaubert, Madame Bovary (≈ 59:09) : Emma lit les mauvais livres, ceux qui lui disent que sa vie est ennuyeuse.Livres et créations d'Alain de Botton- Le cours de l'amour (The Course of Love) (≈ 00:33) : cité par moi en intro comme le livre qui m'a marqué.- The School of Life (≈ 00:33 et ≈ 1:27:43) : l'institution qu'il a fondée, sa chaîne YouTube, et le terrain de ses explorations à venir.Livre français discuté sans être nommé- L'amour dure trois ans (≈ 17:34) : je lui soumets la thèse, il répond qu'il ne connaît pas le livre, se félicite qu'il ne soit pas traduit en anglais et refuse d'y croire un vendredi matin à 11h20. [Auteur non nommé dans l'épisode : Frédéric Beigbeder]Cinéma et culture- Éric Rohmer (≈ 59:09) : le cinéaste qui nous apprend la patience des conversations ordinaires.- Gladiator (≈ 59:09) : l'exemple inverse, le récit à l'échelle héroïque qui rend la vie quotidienne décevante.Personnes citées- Esther Perel (≈ 18:20) : mentionnée comme la voix à convoquer sur la du

    #404  Tout ce que j'aurais voulu savoir en amour avec Alain de Botton (partie 1)
  4. 20 авг.

    [BEST-OF] Reprendre goût au futur dans un monde en crise

    Dans cet épisode solo, je parle partage avec vous un moment charnière de ma vie professionnelle et personnelle et qui va modifier Vlan! pour les semaines à venir. Je vous parle de mission. Pas d’un mot creux à la mode sur LinkedIn. Pas d’un slogan de communication. D’une mission intérieure, existentielle, que j’ai mis des années à clarifier. Une mission que j’ai longtemps cherchée, parfois à tâtons, souvent en me perdant. Mais aujourd’hui, je sais. Je veux vous redonner envie du futur. J’ai questionné ces dernières années de fragmentation, d’expérimentations, de tentatives parfois contradictoires : un podcast sur le leadership, une masterclass sur l’IA, un livre sur l’écologie… Tout me ressemble, mais rien n’avait de colonne vertébrale. Je me suis perdu à essayer d’être cohérent. Jusqu’à comprendre que la cohérence pouvait être un piège. Dans cet épisode, nous parlons de ces neuf polycrises qui façonnent notre époque : écologique, technologique, géopolitique, économique, sociale, politique, démographique, sanitaire… J’explore ces forces invisibles qui rendent le futur si difficile à imaginer, et encore plus à désirer. J’ai compris que le problème, ce n’est pas seulement l’ampleur des crises – c’est le brouillard. L’impossibilité de s’orienter. Le sentiment d’impuissance. L’angoisse de ne plus savoir quel rôle jouer. Et c’est là que j’ai décidé de me positionner clairement : je suis un prospectiviste. Mon rôle, c’est de décrypter, d’éclairer, d’anticiper. Pas pour faire peur. Pour réhabiliter notre pouvoir d’agir. Je vous parle aussi d’un concept essentiel : l’optimalisme. Ce n’est ni l’optimisme naïf, ni le fatalisme résigné. C’est une posture exigeante, ancrée dans le réel, qui refuse la paralysie. C’est la conviction que même au cœur du chaos, on peut encore choisir sa manière d’être au monde. Et puis, j’ai voulu partager une autre boussole : la joie rebelle. Pas la joie fake des good vibes marketées. Une joie lucide, incarnée, indisciplinée. Une joie comme acte de résistance. Une joie comme réponse politique à un système qui prospère sur nos passions tristes. Vlan! devient un média de prospective vivant. Chaque épisode explorera une force invisible qui façonne le futur. Je vais continuer à recevoir des chercheurs, des penseurs, des activistes. Mais cette fois, avec une intention claire : comprendre pour mieux agir, ensemble. Ce que je propose, ce n’est pas un nouveau format. C’est une direction. Une mission. Une manière de se tenir debout dans le monde, malgré tout. Une invitation à naviguer ensemble dans la complexité. À cultiver le sens, même sous la contradiction. Si vous êtes fatigués des illusions, si vous refusez la résignation, si vous cherchez à comprendre plutôt qu’à vous rassurer, alors bienvenue. Cet épisode est pour vous. Et cette mission, elle est aussi la vôtre. Citations marquantes- « Je veux vous redonner envie du futur. Voilà. C’est dit. »- « Le désespoir naît de l’incompréhension. »- « Cultiver la joie dans un monde qui nous vend de la tristesse, c’est déjà un acte politique. »- « Je vais cesser d’essayer d’être cohérent. Je vais maintenir du sens sous la contradiction. »- « L’optimalisme, c’est refuser de chercher seul dans son coin. »Idées centrales discutées- Redonner envie du futur➤ J’identifie ma mission comme une réponse existentielle et politique à la perte de sens contemporaine.- Les 9 polycrises systémiques➤ Je décris neuf crises majeures qui s’entrecroisent et façonnent notre époque.- La fin de la méritocratie, l’avènement de l’héritocratie➤ Une explication limpide d’une nouvelle injustice silencieuse.- L’optimalisme comme posture de vie➤ Inspiré de Tal Ben-Shahar, ce concept permet d’agir dans la lucidité sans céder au cynisme.- Maintenir du sens sous la contradiction➤ Une capacité essentielle du XXIe siècle pour ne pas s’effondrer intérieurement.- La joie rebelle comme discipline➤ Résister à l'impuissance et aux passions tristes par la joie consciente.- Vlan! devient un média de prospective➤ Je donne une nouvelle orientation à Vlan! pour en faire un outil de compréhension et d’anticipation.Références citées dans l’épisodeLivres & auteurs - Viktor Frankl – Man’s Search for Meaning (~35 min)- Tal Ben-Shahar – Concept d’optimalisme (~32 min)- René Char – Allégresse consentante (~55 min)- Albert Camus – Le mythe de Sisyphe (~56 min)- Slavoj Žižek – Philosophie de la contradiction (~48 min)Personnalités - Dr. Eliza Filby – Concept d’héritocratie (~25 min) Timestamps clés- 00:00 – Pourquoi je vous parle seul aujourd’hui ?➤ Un moment de vérité : je révèle ma mission.- 06:00 – Avez-vous encore envie du futur ?➤ Une question simple, mais fondamentale.- 10:00 – Les 9 polycrises que nous traversons➤ Climat, IA, géopolitique, économie… tout est lié.- 25:00 – L’héritocratie : la nouvelle injustice silencieuse➤ Le rêve méritocratique s’effondre.- 32:00 – L’optimalisme : entre espoir et lucidité➤ Ma réponse philosophique et stratégique.- 45:00 – Maintenir du sens dans la contradiction➤ La compétence clé du XXIe siècle.- 52:00 – La joie rebelle : une discipline politique➤ Résister aux passions tristes.- 60:00 – Ce que ça change concrètement pour Vlan!➤ Nouvelle ligne éditoriale, formats à venir, appel aux auditeurs. 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    [BEST-OF]  Reprendre goût au futur dans un monde en crise
  5. 18 авг. ·  Видео

    [Best-OF] Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? avec Antoine Foucher (partie 2)

    Antoine Foucher est un homme de l’ombre devenu penseur engagé. Ancien directeur de cabinet au ministère du Travail sous Macron, conseiller de Xavier Bertrand et ex-numéro deux du MEDEF, il a longtemps évolué dans les cercles du pouvoir. Pourtant, c’est avec un livre coup de poing — "En finir avec le travail qui ne paie plus" — qu’il vient aujourd’hui dénoncer un dysfonctionnement profond de notre société. Je dois vous dire que j’ai été très surpris, et aussi très curieux, en découvrant son livre. Un “mec de droite” qui remet en cause l’efficacité du travail comme moteur de progrès social ? J’ai eu envie d’en savoir plus. Et je n’ai pas été déçu. Dans cet épisode, nous parlons de sujets brûlants et pourtant trop rarement abordés avec autant de clarté : pourquoi la majorité des gens qui bossent ne parviennent plus à améliorer leur niveau de vie ? Pourquoi, malgré l’explosion de la productivité et l’essor du numérique, le sentiment de déclassement s’accentue ? Pourquoi a-t-on l’impression que nos efforts ne servent à rien, que le travail n’a plus de sens ni de récompense ? J’ai voulu comprendre avec Antoine ce qui coince. Ensemble, nous avons abordé les vraies causes : une fiscalité déséquilibrée, une désindustrialisation massive, un modèle de répartition devenu obsolète.Il m’a aussi expliqué pourquoi le capital est aujourd’hui bien moins taxé que le travail, et en quoi cela façonne une société de rentiers plus que de bâtisseurs.Nous avons parlé retraites, héritage, méritocratie, et surtout, de la nécessité de refonder notre pacte social pour redonner du sens au travail. Ce qui m’a marqué, c’est à quel point Antoine est précis dans ses diagnostics, étayé dans ses chiffres, mais aussi profondément humain dans ses propositions. Il ne cherche pas à cliver, mais à réconcilier. Ce n’est pas un discours partisan, c’est un cri d’alerte lucide sur l’avenir que nous préparons pour les générations futures. Un épisode dense, engagé, mais aussi porteur d’espoir — parce qu’il ouvre des pistes pour sortir de l’impasse. Si comme moi, vous vous interrogez sur l’utilité de vos efforts au quotidien, sur la justice de notre système ou sur ce que signifie vraiment “réussir” aujourd’hui, alors cet épisode est fait pour vous. Les questions que l'on traite- Pourquoi dis-tu que le travail ne paye plus ?- Est-ce que l’immobilier est pris en compte dans tes calculs ?- Où est passé l’argent généré par la productivité ?- Est-ce qu’on aurait dû investir dans l’industrie plutôt que dans l’IA ?- Pourquoi les services peu qualifiés stagnent-ils en termes de salaires ?- Est-ce que l'argent est vraiment parti chez les riches ou les pauvres ?- Comment expliques-tu le creusement entre brut et net ?- Quel rôle jouent les retraites dans cette dynamique ?- Peut-on encore s’en sortir sans héritage ?- Est-ce juste que le capital soit moins taxé que le travail ? Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    [Best-OF] Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? avec Antoine Foucher (partie 2)
  6. 18 авг. ·  Видео

    [BEST-OF] Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? avec Antoine Foucher (partie 1)

    Antoine Foucher est un homme de l’ombre devenu penseur engagé. Ancien directeur de cabinet au ministère du Travail sous Macron, conseiller de Xavier Bertrand et ex-numéro deux du MEDEF, il a longtemps évolué dans les cercles du pouvoir. Pourtant, c’est avec un livre coup de poing — "En finir avec le travail qui ne paie plus" — qu’il vient aujourd’hui dénoncer un dysfonctionnement profond de notre société. Je dois vous dire que j’ai été très surpris, et aussi très curieux, en découvrant son livre. Un “mec de droite” qui remet en cause l’efficacité du travail comme moteur de progrès social ? J’ai eu envie d’en savoir plus. Et je n’ai pas été déçu. Dans cet épisode, nous parlons de sujets brûlants et pourtant trop rarement abordés avec autant de clarté : pourquoi la majorité des gens qui bossent ne parviennent plus à améliorer leur niveau de vie ? Pourquoi, malgré l’explosion de la productivité et l’essor du numérique, le sentiment de déclassement s’accentue ? Pourquoi a-t-on l’impression que nos efforts ne servent à rien, que le travail n’a plus de sens ni de récompense ? J’ai voulu comprendre avec Antoine ce qui coince. Ensemble, nous avons abordé les vraies causes : une fiscalité déséquilibrée, une désindustrialisation massive, un modèle de répartition devenu obsolète.Il m’a aussi expliqué pourquoi le capital est aujourd’hui bien moins taxé que le travail, et en quoi cela façonne une société de rentiers plus que de bâtisseurs.Nous avons parlé retraites, héritage, méritocratie, et surtout, de la nécessité de refonder notre pacte social pour redonner du sens au travail. Ce qui m’a marqué, c’est à quel point Antoine est précis dans ses diagnostics, étayé dans ses chiffres, mais aussi profondément humain dans ses propositions. Il ne cherche pas à cliver, mais à réconcilier. Ce n’est pas un discours partisan, c’est un cri d’alerte lucide sur l’avenir que nous préparons pour les générations futures. Un épisode dense, engagé, mais aussi porteur d’espoir — parce qu’il ouvre des pistes pour sortir de l’impasse. Si comme moi, vous vous interrogez sur l’utilité de vos efforts au quotidien, sur la justice de notre système ou sur ce que signifie vraiment “réussir” aujourd’hui, alors cet épisode est fait pour vous. Les questions que l'on traite- Pourquoi dis-tu que le travail ne paye plus ?- Est-ce que l’immobilier est pris en compte dans tes calculs ?- Où est passé l’argent généré par la productivité ?- Est-ce qu’on aurait dû investir dans l’industrie plutôt que dans l’IA ?- Pourquoi les services peu qualifiés stagnent-ils en termes de salaires ?- Est-ce que l'argent est vraiment parti chez les riches ou les pauvres ?- Comment expliques-tu le creusement entre brut et net ?- Quel rôle jouent les retraites dans cette dynamique ?- Peut-on encore s’en sortir sans héritage ?- Est-ce juste que le capital soit moins taxé que le travail ? Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    [BEST-OF] Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? avec Antoine Foucher (partie 1)
  7. 13 авг.

    [BEST-OF] Atrophie sociale : anatomie d'une manipulation de masse

    Cette newsletter va vous choquer car vous pensez savoir et vous allez réaliser que non. Notre téléphone est ce que nous touchons le plus dans notre vie avant même le corps de nos enfants ou de notre partenaire. Nous vivons une épidémie silencieuse d'addiction technologique, et contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, ce n'est pas de notre faute.Et voici mon tedx : https://www.youtube.com/watch?v=Vhzd2fPtduE&t=18s&pp=ygUJcG91eSB0ZWR4 En 2014, il y a 11 ans, ma petite amie de l'époque m'offrait un livre intitulé « Se débrancher chaque jour pour une meilleure vie ».C'est à peu près à cette même époque que je lisais Eli Pariser et sa bulle de filtre.Bref, cela fait longtemps que j'ai un souci avec les écrans, et c'est évidemment lié à ma nature curieuse mais aussi à mon travail de créateur de contenus par définition (ou au moins, c’est l’excuse que je me trouve). Dix ans plus tard, force est de constater que le problème ne s'est pas arrangé. Bien au contraire. Il s'est développé, infiltrant chaque recoin de mon quotidien avec une efficacité terrifiante.Et les études me prouvent que c’est sans doute pareil pour vous. Le sentiment partagé d'une difficulté à s'en libérer est bien réel mais ce n'est pas un manque de volonté individuelle, mais un problème systémique et culturel, intentionnellement conçu. Comme me le rappelle Johann Hari, que j'ai eu la chance de recevoir récemment sur Vlan!, notre attention a été volée. Les réseaux sociaux sont délibérément conçus pour nous rendre complètement addicts. Parce que je suis de bonne volonté et que regarder les heures perdues sur ces réseaux m’effraient, je me suis mis une limite de temps et après 30 minutes quand je vais sur Instagram, LinkedIn ou TikTok, j'ai ce petit message qui me rappelle que « non Greg, c'est pas bien ».Ça me donne une illusion de contrôle, c'est bien mais inutile en réalité, je le passe d’un mouvement de pouce rapide et ferme.Comme tout le monde, je me suis fait manipuler. Je ne sais pas vous, mais je trouve ça frustrant de le savoir, de comprendre un peu près les impacts - et pourtant de ne pas réussir à reprendre le contrôle. Je n'aime pas cette « faiblesse » que j'observe chez moi. C'est terrible parce que je me vois faire et je peste parce que c'est plus fort que moi.Cette newsletter, c'est ma tentative de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là, et surtout, comment nous pouvons nous en sortir - collectivement. Car il ne s'agit pas que de notre addiction compulsive à notre smartphone et de plus en plus à l'IA, mais de l'impact que cela peut avoir sur notre cerveau, notre Q.I., notre Q.E., notre capacité à réfléchir avec une pensée critique et à fonctionner avec d'autres. Après cette newsletter, vous allez vous observer vos usages de manière différente.La psychotherapeute Esther Perel parle d'une « atrophie sociale » - l'atrophie dans le corps, c'est quand un muscle n'est pas assez utilisé, alors il disparaît.ll semblerait qu'il se passe la même chose pour nous et qu’en réalité, cela va beaucoup plus loin que ça. Ne vous attendez pas à ce que je vous dise de faire çi ou ça ou que je sois vent debout contre les technologies.Je suis - vous l'aurez compris –un usager frénétique de mon mobile et de l'IA. Je serai donc mal placé pour vous donner des conseils que je ne mets moi-même pas en place ou vous dire que la technologie c’est mal.Néanmoins, je vais partager avec vous les pare-feux que j'essaie de mettre en place pour me prémunir de tout ce que je vais vous expliquer. C’est plus qu’urgent ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    [BEST-OF] Atrophie sociale : anatomie d'une manipulation de masse
  8. 11 авг. ·  Видео

    [BEST-OF] Qui façonne notre vision pour demain? Avec Samah Karaki

    Samah Karaki est neuroscientifique et essayiste et son dernier essai "contre les figures d'autorité" est la raison pour laquelle je la reçois de nouveau! C’est la quatrième fois que je reçois Samah. Et à chaque fois, je sens que quelque chose me bouscule profondément. Dans cet épisode, nous parlons de notre besoin presque viscéral de figures d’autorité. Pourquoi nous aimons tant certains visages. Pourquoi nous leur déléguons notre jugement. Pourquoi nous sommes parfois déçus comme si nous avions été trahis personnellement. J’ai questionné Samah sur la naissance historique de la figure du “génie”, sur la Renaissance, sur le mythe du héros, sur le mérite, sur la visibilité, sur les médias, sur les algorithmes. Mais aussi sur quelque chose de plus intime : qu’est-ce que ça fait de devenir soi-même une figure d’autorité ? Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle ne cherche pas à “cancel”. Elle cherche à déplacer le regard. On parle de plagiat, de création collective, d’impunité, de Heidegger, de Bertolucci, d’écologie, de réseaux sociaux, de gourous, de soft skills… et surtout d’utopie. Et si la pensée n’appartenait jamais à une seule personne ? Et si le vrai pouvoir, c’était de négocier le sens ensemble ? Idées centrales1. Le besoin d’autorité est humainNous manquons d’attention. Nous avons besoin de repères.👉 Important car ça évite la culpabilisation individuelle.⏱ ~00:07 2. La visibilité n’est pas le mériteLa reconnaissance circule par halo. Les visibles rendent visibles.👉 Important pour comprendre l’entre-soi médiatique.⏱ ~00:29 3. Le génie est une construction historiqueRenaissance, humanisme, mécénat : naissance de la singularité exceptionnelle.👉 Important pour désacraliser le mythe du créateur solitaire.⏱ ~00:26 4. La sacralisation crée de l’impunitéPlus on idolâtre, plus on pardonne.👉 Important dans le débat sur cancel culture.⏱ ~00:22 5. Nous sommes câblés pour créer des récitsBiais d’intentionnalité : on invente des intentions.👉 Important pour comprendre la narration politique moderne.⏱ ~00:39 6. L’utopie est déjà làDans les classes, les cafés, les discussions réelles.👉 Important pour redonner de l’espoir concret.⏱ ~00:58 Références citéesPersonnes- Heidegger- Bertolucci- Jordan Bardella- Donald Trump- Alice Carabédian- Blanche Sabat- Pénélope BagieuConcepts- Effet de halo- Biais d’intentionnalité- Humanisme- Mécénat- Génie romantique Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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