Katia Dansoko Touré est journaliste à Libération, collaboratrice de Jazz Magazine, et romancière. Son premier roman, La Solitude des notes bleues, est paru en février 2025 aux éditions JC Lattès. Dans cet épisode, elle revient sur une enfance en perpétuel mouvement. La Bretagne, la Guadeloupe, la Martinique, la Gambie, le Sénégal, la Guinée et sur ce que cela fait à l'identité de grandir sans ancrage fixe, de passer d'une rive à l'autre sans jamais vraiment être d'un seul endroit. En grandissant, elle traverse un renversement radical : d'une enfance privilégiée, première de la classe, polo Lacoste et piano dans la chambre, à une adolescence de grande précarité, un hôtel, deux petits frères à charge, la hypokhâgne à tenir en même temps. C'est dans cet écart que quelque chose s'est construit. L'école comme seule bouée. Une humilité apprise à la dure. Et le refus de laisser les circonstances écrire à sa place. À travers la musique, ses vinyles d'Abdullah Ibrahim, les matins avec The Pharcyde, la poésie de Nikki Giovanni pour rester vivante. Et à travers l'écriture, Katia construit une pensée sur ce qu'elle appelle l'Atlantique noir : cet espace en mouvement entre l'Afrique de l'Ouest, les Antilles et l'Europe, où l'identité se forge sans jamais se figer. Elle parle aussi des femmes-territoires. Ces figures féminines qui portent des mondes entiers, transmettent autant des forces que des fractures, et que son roman refuse de sanctifier. Et d'un panafricanisme qu'elle veut ancrer dans le présent, loin des discours utopiques sur la jeunesse africaine. Une conversation musicale et sans concession, sur ce que cela demande de porter une histoire composite, et de trouver, enfin, sa voix fondamentale. Dans cet épisode, nous parlons de : -Une enfance entre continents et ce qu'elle fait à l'identité -Le basculement de classe : de l'enfance dorée à la précarité radicale -L'école comme ancre, quand tout le reste vacille -L'Atlantique noir comme espace de construction de soi -Les femmes-territoires et la transmission féminine -La musique comme langage premier: Abdullah Ibrahim, The Pharcyde -La Solitude des notes bleues : écrire pour se réapproprier son histoire -Le panafricanisme aujourd'hui, et le refus d'une vision monolithique de l'Afrique Katia Dansoko Touré sur les réseaux sociaux : Instagram : https://www.instagram.com/katiadansoko Twitter/X : https://www.twitter.com/katiadansoko TikTok : https://www.tiktok.com/@katiadansoko