À la Une de la presse ce mercredi 24 juin : la colère après la visite d'une délégation talibane à Bruxelles pour organiser le renvoi de ressortissants afghans ; les réactions aux accusations d'une commission de l'ONU qui affirme qu'Israël "cible" délibérément les enfants de Gaza ; un retour sur l'annonce, par Donald Trump, il y a une dizaine de jours, de la mort du chef d'un gang vénézuélien ; et une tendance (à trous) surprenante observée chez les joueurs du Mondial de football. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… À la Une de la presse, la colère provoquée par la visite, hier, d'une délégation talibane à Bruxelles, pour organiser le renvoi de ressortissants afghans. "L'Union européenne négocie en catimini avec les Taliban" : le journal espagnol El Pais critique la décision européenne d'"emprunter une voie accélérée et controversée pour expulser davantage de migrants". Un choix qui "jette un voile" sur la réalité du pouvoir en place à Kaboul, selon Il Manifesto, qui dénonce "l'hypocrisie" des Européens. Le journal italien rappelle que l'Union européenne (UE) ne reconnaît pas officiellement le régime des Taliban, dont plusieurs membres ont été condamnés par la Cour pénale internationale, "ce qui pourrait valoir des sanctions à la Belgique, même si les membres de la délégation reçus hier ont bénéficié d'un visa d'un jour", selon Il Manifesto. Pour le journal belge Le soir, qui parle d'une "faute politique et morale majeure", le "dialogue" entamé hier "vaut légitimation" pour un régime dont le guide suprême est pourtant poursuivi pour crimes contre l'humanité et persécutions liées au genre, en particulier des privations massives de liberté imposées aux femmes et aux filles. Dans The Guardian, des familles témoignent de "la brutale réalité" du décret imposé le mois dernier par les Taliban, qui non seulement légalise le mariage des enfants et des jeunes filles mineures, mais rend aussi impossible pour les femmes et les filles de quitter des relations non désirées ou abusives, même avec le soutien de leur famille. D'après la presse suédoise, l'invitation de la Commission européenne serait le résultat de pressions de Stockholm. Dagens Nyheter cite le ministre de l'Immigration Johan Forssell, qui se félicite que son gouvernement, qui a bénéficié du soutien de l'extrême-droite, ait "joué un rôle moteur pour trouver une solution" et parvenir à expulser de Suède quelque 200 Afghans condamnés pour viols, crimes liés au trafic de drogue ou tentatives de meurtre. "Voici les hommes violents que la gauche ne veut pas expulser" : le quotidien Expressen, qui diffuse les photos de trois de ces Afghans condamnés, applaudit la démarche du gouvernement, car, selon lui, leurs victimes seraient "obligées de se cacher s'ils restaient en Suède". La démarche suédoise est aussi soutenue par d'autres pays européens, dont l'Autriche et l'Allemagne. Le Frankfurter Allgemeine rappelle que Berlin organise déjà des expulsions vers l'Afghanistan "de manière indépendante". Les dernières en date ont eu lieu la semaine dernière. D'après le gouvernement, sur les 32 Afghans expulsés figuraient plusieurs "criminels condamnés pour viol, homicide, agressions sexuelles sur mineurs, trafic de stupéfiants et extorsion". Dans la presse, également, les réactions aux accusations d'une commission de l'ONU, qui affirme qu'Israël "cible" délibérément les enfants de Gaza. Huit mois après la soi-disant trêve entre Israël et le Hamas, ce rapport, relayé notamment par The New York Times, soutient que l'armée israélienne commet des meurtres délibérés d'enfants dans l'enclave palestinienne, que ces meurtres relèvent d'une stratégie "visant à anéantir l'avenir" des Gazaouis et qu'ils constituent "l'un des éléments clés permettant d'établir l'intention génocidaire des autorités israéliennes". Ces dernières dénoncent une enquête "diffamatoire" et le Jerusalem Post rappelle, quant à lui, que l'ONU considère comme étant des "enfants", le mot est mis entre guillemets, les personnes de moins de 18 ans. Le journal affirme qu'"une part importante" des "enfants", toujours entre guillemets, tués à Gaza, "étaient des combattants du Hamas âgés de 16 et 17 ans, armés et représentant un danger égal pour les troupes israéliennes aux membres du Hamas âgés de plus de 18 ans". Quelles sont les intentions réelles du gouvernement israélien ? Haaretz, le quotidien de gauche israélien, fait état de la convocation, hier, par le nouveau chef du Conseil de sécurité nationale, de hauts responsables de la défense pour réexaminer le plan d'"émigration volontaire" pour Gaza, "actuellement au point mort", malgré le fait que des représentants du Mossad ont réaffirmé "qu'aucun pays d'accueil n'a été identifié" à ce stade. Enfin, un retour sur l'annonce, par le président américain Donald Trump, il y a une dizaine de jours, de la mort du chef d'un gang vénézuélien, figurant parmi les principales organisations criminelles d'Amérique Latine. Le locataire de la Maison Blanche avait annoncé la mort d'Hector Rusthenford Guerrero Flores le 12 juin dernier et précisé que le chef du gang Tren de Aragua, dont le corps n'a pas été retrouvé, avait été tué dans une opération "en étroite coordination" avec les autorités vénézuéliennes. The Guardian se demande si cette opération ne constitue pas une "première étape" pour "préparer l'Arc minier de l'Orénoque, une région au sud du Venezuela, à la frontière avec le Guyana et le Brésil, une région sans foi ni loi mais riche en minéraux, notamment en or, à l'investissement des sociétés minières américaines". Le journal britannique indique que cette zone, actuellement sous la coupe de plusieurs organisations criminelles, dont Tren de Aragua, voit son avenir "plus incertain depuis que l'Administration Trump a capturé Nicolas Maduro et l'a remplacé par Delcy Rodríguez, à laquelle ordre a été donné d'ouvrir les ressources naturelles du Venezuela aux investissements américains". Des nouvelles, pour terminer, du Mondial de football, avec une tendance surprenante observée chez les joueurs. La Repubblica a remarqué que plusieurs d'entre eux, comme les Anglais Jude Bellingham et Bukayo Saka ou encore le Belge Jérémy Doku, apparaissent sur le terrain avec des chaussettes trouées. Effet de mode ou trou dans les budgets ? Ni l'un ni l'autre, selon le journal italien, qui explique que les chaussettes de foot sont très serrées, et exercent une pression inconfortable sur les muscles, et que, donc, même si ça ne change pas grand-chose, ces petits trous offrent un peu plus de liberté. Autant se mettre à l'aise. À ce propos, Le Monde revient sur la révolte, en-dehors des stades, des jeunes salariés français contre les injonctions vestimentaires au bureau par temps de canicule. Selon eux, l'habit ne fait pas le moine, ou plutôt le travailleur. "Être en costume quand on dégouline de sueur parce que c'est la canicule dehors, ce n'est ni seyant ni professionnel", plaide l'un d'entre eux. Qu'on se le dise, 2026 sera l'année du short. Ou de la jupe. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.