Dans la presse

Grands titres, éditos, photos et dessins du jour... Nos chroniqueurs passent en revue les Unes de la presse française et étrangère, ainsi que les débats qui l’alimentent. Du lundi au vendredi à 7 h 15 et 9 h 15.

  1. 21 HR AGO

    Guerre au Moyen-Orient : Poutine dit "Spassiba" (Merci)

    A la Une de la presse, ce jeudi 19 mars, la poursuite des opérations israéliennes au Liban, dont la capitale a subi de nouvelles frappes, hier. La guerre qui provoque une flambée des prix de l’énergie, avantageuse pour la Russie de Vladimir Poutine, qui tente toujours de recruter des étrangers pour l'Ukraine. Des révélations sur le fléau de la pédocriminalité au sein de l’Eglise, et des accusations d’agressions sexuelles contre une figure syndicalisme aux Etats-Unis. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, la poursuite des opérations israéliennes au Liban, dont la capitale, Beyrouth, a subi de nouvelles frappes, hier, qui ont fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés. "Et le pire est à venir", écrit L’Orient Le Jour, qui se demande "qui arrêtera cette folie". D’après le quotidien libanais, "Israël fait encore du front iranien sa priorité mais une invasion de grande envergure est sérieusement sur la table" - un scénario conforté par "tous les messages diplomatiques en provenance de l’Etat hébreu (qui) confirment, selon lui, une volonté de poursuivre une escalade militaire sans limites" pour obtenir le "démantèlement total" du Hezbollah. Dans l’immédiat, l’offensive israélienne dans le sud du pays provoque un "choc humanitaire", notamment dans la ville côtière de Saïda, où s’est rendu La Croix. Le quotidien catholique français appelle "l’Europe, trop longtemps mutique face aux violences d’Israël, (à) hausser le ton", en saluant la proposition française d’accueillir des "discussions directes" entre les deux pays. Un plaidoyer que reprendra probablement le ministre des Affaires étrangères français, en visite à Beyrouth, aujourd’hui. Pétrole russe et recrutement de soldats étrangers La guerre au Proche et au Moyen-Orient provoque une flambée des prix de l’énergie, avantageuse pour la Russie de Vladimir Poutine. Après avoir obtenu de Donald Trump un assouplissement des sanctions sur son pétrole, le patron du Kremlin semble vouloir pousser son avantage. The Financial Times, qui montre le navire endommagé Arctic Metagaz actuellement à la dérive en Méditerranée, après une attaque de drones, au risque de provoquer une catastrophe écologique, cite la déclaration, hier, de Nikolaï Patrouchev, le directeur du Conseil maritime russe. Celui-ci affirme que Moscou envisage d'envoyer des patrouilles navales armées pour protéger ses navires, après les attaques ukrainiennes, voire d’armer ces navires eux-mêmes. Signe du grand retour aux affaires de Moscou, la reprise des activités d’Etibar Eyyub, un homme d’affaires azerbaïdjanais présenté par The Wall Street Journal comme "le principal client" de Rosneft, la compagnie pétrolière russe. Chargé de trouver des acheteurs pour les 50 milliards de dollars de pétrole produits chaque année par la Russie, et propriétaire de près d’un tiers des quelque 600 navires transportant du pétrole russe, ce négociateur connaîtrait actuellement "une seconde jeunesse", selon un concurrent. La Russie s’est, par ailleurs, engagée en début de semaine à arrêter de recruter des Kényans pour combattre sur le front ukrainien. Libération fait toutefois état d’études récentes selon lesquelles la politique de recrutement de combattants étrangers, camerounais, indiens, ou nord-coréens, serait "de plus en plus agressive", au point que la Russie engloutirait actuellement près de 2 % de son PIB dans les primes pour attirer de nouveaux soldats. Parmi ces recrues étrangères, des Sud-Africains partis pour la Russie et envoyés sur le front ukrainien après de fausses promesses faites par une filière de recrutement présumée, menant jusqu’à la famille de l’ancien président Jacob Zuma. Les Russes eux-mêmes ne sont pas mieux traités. Dans The New York Times,  Aleksandr Abbasov-Derskhan raconte comment il a cherché, après avoir été emprisonné pour meurtre, un "nouveau départ et la liberté" en s'engageant en Ukraine. Selon lui, les promesses faites se sont, là encore, "révélées illusoires". Il dit avoir été "trompé non seulement sur les objectifs de la guerre mais aussi sur les avantages qu'il recevrait à son retour", et affirme avoir reçu en tout et pour tout un versement unique de 3 800 $ pour sa jambe perdue. Ordre de destruction d’archives Dans la presse également, les révélations de plusieurs médias internationaux sur la façon dont le Vatican a étouffé des affaires de pédocriminalité pendant des décennies. Ces médias, dont El Pais, accusent l’Eglise d’avoir eu connaissance de "milliers d’abus" et de les avoir "systématiquement dissimulés" pendant près de 90 ans. Le quotidien espagnol publie notamment deux documents, l’un datant de 1938, transmettant un ordre de destruction d’archives concernant des religieux impliqués dans des "affaires d’immoralité", pour éviter qu’ils ne tombent entre les mains des nazis, et un autre, de 1986, du cardinal Ratzinger confirmant que le futur pape Benoît XVI avait bien eu connaissance des agissements pédocriminels du prêtre allemand Peter Hullerman dès le début des années 80. "La préoccupation n'était pas le sort des victimes mais la préservation du système", selon un historien. Révélations, aussi, dans The New York Times sur une figure des droits civiques latino-américains, le syndicaliste Cesar Chavez, décédé en 1993. D’après le quotidien, le cofondateur de l’Association nationale des ouvriers agricoles devenu célèbre à-travers le monde entier pour avoir lancé le slogan "Si se puede" (Oui, on peut), qui inspira plus tard le fameux "Yes we can" de Barack Obama - qui fit d’ailleurs du 31 mars un jour férié fédéral en 2014, en hommage à Cesar Chavez - est accusé d’avoir abusé de jeunes filles de son mouvement, là encore, pendant des années. Parmi ces victimes, Ana Murguia, 66 ans aujourd’hui, raconte avoir été agressée sexuellement à plusieurs reprises par Cesar Chavez qui la connaissait depuis l'âge de 8 ans, ce qui l’aurait amenée à tenter de se suicider à plusieurs reprises, avant ses 15 ans. Ici en France, le site d’info Mediapart révèle que deux femmes ont porté plainte contre le chanteur Patrick Bruel, l’une pour viol, l’autre pour tentative de viol. Patrick Bruel réfute toute "violence", "contrainte" ou "menace". On ne se quitte pas là-dessus. Une belle histoire, plutôt, pour terminer, malgré une grosse frayeur. Qui a dit que le romantisme était mort ? Le Huffington Post rapporte qu’à Wiesbaden, en Allemagne, un ado de 15 ans a décidé voler un bus pour conduire sa petite amie au collège, à plus de 130 kilomètres de là. Heureusement, la virée romantique s’est terminée sans accident, mais le joli cœur devra tout de même répondre de ses actes devant la justice, notamment pour vol et conduite sans permis. Ah! Les transports amoureux… Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  2. 1 DAY AGO

    CAN 2025 attribuée au Maroc : "La blague du siècle !"

    À la Une de la presse, ce mercredi 18 mars, les réactions à la décision de la CAF de déclarer le Maroc vainqueur de la CAN sur tapis vert. La presse internationale, qui revient également sur l’élimination, par Israël, d’Ali Larijani, confirmée par Téhéran. Un ancien diplomate belge bientôt jugé pour son implication présumée dans l’assassinat, en 1961, de Patrice Lumumba. Et le débat autour de l’identité du street artiste Banksy. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… À la Une de la presse, les réactions à la décision de la CAF, la Confédération africaine de football, de déclarer le Maroc vainqueur de la CAN sur tapis vert. "La blague du siècle !": deux mois après la finale, ce nouveau rebondissement met en colère la presse sénégalaise, à commencer par Le Soleil. Le journal accuse la CAF de vouloir "réécrire l’histoire" et annonce que le Sénégal va déposer un recours devant le Tribunal arbitral du sport. Colère aussi du Dakarois, le journal de la capitale, qui dénonce un "scandale". "Tout simplement scandaleux" dit aussi Le Djély, pour qui "la CAN 2025 demeurera à jamais associée à la disgrâce, au pitoyable et au risible même", "l’épopée marocaine" se retrouvant "ternie" par "ce jugement inique", qui découlerait "du chantage et des pressions diverses que les Marocains n’(auraient) cessé d’exercer", selon le site d’info guinéen. Les Marocains, auxquels Wakat Sera propose tout simplement de "refuser ce trophée que la CAF leur donne de force". "Abandonner, abdiquer, arrêter, baisser les bras, capituler, céder, déposer les armes, se désister, donner sa langue au chat, jeter l’éponge, laisser tomber, passer la main, laquelle (de ces expressions correspond au comportement de l’équipe sénégalaise lors de) cette finale de la CAN ?", interpelle le site d’info burkinabé. "Aucun, puisque le match s’est joué jusqu’à la fin !" Au Maroc, Le 360 fait état de "scènes de liesse" à Casablanca, "malgré la pluie battante". Le site d’info publie les explications d’Aziz Daouda, un haut responsable de l’athlétisme marocain. Selon lui, la décision de la CAF marque "la fin d’une culture d’exception", où le foot africain souffrait d’un "mal structurel" : "l’inconstance dans l’application des règlements". Cette figure du sport continental salue une décision "enfin alignée, (et) sans complaisance sur les standards de la FIFA". Téhéran confirme la mort d'Ali Larijani À la Une également, l’élimination, par Israël, d’Ali Larijani, confirmée par Téhéran. La mort du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale est perçue par L’Orient-Le Jour comme "un nouveau tournant" dans le conflit. D’après le quotidien libanais, le régime iranien se trouve désormais "privé à la fois d’un rouage central de son appareil sécuritaire et d’une figure pragmatique appelée à jouer un rôle dans d’éventuelles négociations". Du côté des États-Unis, la démission, mardi, de Joe Kent, en charge de la lutte antiterroriste, au motif que la guerre en Iran ne servirait "aucun intérêt du peuple américain", fait apparaître "les premiers craquements au sein du clan Trump", du clan Maga, selon The Financial Times. Des divisions que risquent d’accroître ces révélations du Guardian sur la façon dont se seraient déroulées les négociations entre Washington et Téhéran sur le nucléaire iranien. Le journal cite le conseiller à la Sécurité nationale britannique, Jonathan Powell, qui a assisté à ces discussions et qui a affirmé que "l'offre des Iraniens était suffisamment importante pour éviter une guerre précipitée". Selon un câble du département d'État consulté par The Washington Post, de hauts responsables israéliens ont déclaré quant à eux que les manifestants iraniens seraient "massacrés" s'ils descendaient dans la rue, "alors même qu'Israël appelle publiquement à un soulèvement populaire". L'ONU appelle Israël à mettre fin à la colonisation en Cisjordanie Israël, que l’ONU appelle à mettre fin à la colonisation en Cisjordanie. Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme demande aussi à l'État hébreu le retour des Palestiniens déplacés, soit plus de 36 000 personnes entre octobre 2024 et novembre dernier : des déplacements forcés que l’ONU craint de voir tourner au "nettoyage ethnique". Dans une lettre ouverte, citée par le Jerusalem Post, plusieurs responsables sécuritaires israéliens à la retraite s’inquiètent de l’intensification des violences contre les Palestiniens de Cisjordanie et de l’inaction des autorités face à ce qu’ils qualifient de "phénomène quotidien, permanent et terrifiant". Un ancien diplomate jugé dans l'assassinat de Patrice Lumumba En Belgique, un ancien diplomate sera jugé pour son implication présumée dans l’assassinat, en 1961, de Patrice Lumumba, le premier dirigeant du Congo indépendant. Le Soir indique qu’Étienne Davignon, 93 ans, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Bruxelles où il sera jugé pour trois crimes de guerre, dont le déni du droit à un procès équitable, et les traitements humiliants et dégradants que des prisonniers, dont Lumumba, ont dû subir. Le journal burkinabé Le Pays parle d’une "victoire d’étape" pour les enfants du leader indépendantiste, le renvoi d’un ex-diplomate devant la justice étant "la preuve, pour ceux qui en doutaient encore du rôle important de l’ex-puissance coloniale belge dans l’assassinat de Patrice Lumumba". L'identité de Banksy révélée dans une enquête Le débat autour des révélations sur l’artiste Banksy, objet d’une grande enquête, il y a quelques jours, de l’agence Reuters, persiste. The Times rappelle que l'identité du street artiste, dont le nom est Robin Gunningham, un Britannique originaire de Bristol, avait déjà été révélée il y a près de vingt ans par le Mail on Sunday. Le journal explique que "bien que sa véritable identité soit connue du public, ce dernier veut qu'il reste anonyme, discret, secret". "On préfère croire que son identité est un mystère plutôt que d'admettre que notre artiste rebelle anti-système préféré est un type myope de Bristol nommé Robin."  Libération juge "l’utilité (des enquêtes sur l’artiste) à la fois relative et regrettable". Pour Libé, un "Banksy non identifié nous permet de fantasmer que tout un chacun peut être ce Zorro intra muros", et c’est bien là "une réelle utilité publique, peu importe son visage". Que va-t-il se passer maintenant ? Banksy pourra-t-il continuer son œuvre ? Tout cela risque-t-il de faire chuter sa valeur sur le marché de l'art, où certaines de ses œuvres se sont vendues pour plus de 18 millions de livres ? D’après The Wall Street Journal, c’est plutôt l’inverse qui pourrait se produire, et "loin de nuire à son aura de mystère, les dernières révélations à son sujet pourraient, au contraire, lui donner un coup de pouce sur le marché de l’art". 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  3. 3 DAYS AGO

    Municipales 2026 : "Un paysage politique éparpillé façon puzzle"

    A la Une de la presse, ce lundi 16 mars, les réactions, en France, au premier tour des municipales, marqué par une faible participation - 56%, seulement. Les pourparlers les Etats-Unis et Cuba, qui a libéré 14 prisonniers politiques, samedi. La victoire annoncée de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle au Congo-Brazzaville. La grosse boulette d’un espion russe. Et un nouveau sacre pour le pongiste français Félix Lebrun. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse française, les réactions au premier tour des municipales, marqué par une faible participation - 56%, seulement. Le fort recul de la participation à ce qui est pourtant "l'un des scrutins préférés des Français" "illustre encore un peu plus (leur) désaffection et (leur) désillusion à l'égard de leurs élus", selon Les Echos, qui voient aussi dans "la nouvelle progression des extrêmes", RN et LFI, la preuve "que les Français sont prêts à renverser la table". Un signal jugé inquiétant avant la présidentielle de 2027. Forte abstention et divisons à l’issue de ce premier tour : La Croix ne voit pas de "tendance claire" se dégager au niveau national, alors que "la bipolarisation d’antan continue de s’éteindre". Un paysage politique "éparpillé façon puzzle", d’après Le Figaro – qui parle de "décomposition", de "fragmentation", de "polarisation" et de "triomphe du macronisme": "Le président rêvait de dynamiter le paysage partisan; il l’a atomisé. Il a si complètement brouillé les cartes politiques qu’aucun joueur ne peut plus prétendre gagner seul la partie". Même diagnostic pour Libération, pour qui "les promesses faites par Emmanuel Macron en 2016 de remédier à (la) "démocratie confisquée" et à (l’)"entre-soi de la vie politique" "semblent bien loin", au point qu’"après deux quinquennats, la crise démocratique (se serait) aggravée sous son règne". Suspense et tractations A Paris, Lyon et Marseille, le second tour s’annonce très incertain. Dans la capitale, le socialiste Emmanuel Grégoire est largement en tête devant la candidate de droite, l’ex-ministre de la Culture, Rachida Dati. A Marseille, la gauche et le RN sont au coude-à-coude, tout comme le maire écologiste sortant Grégory Doucet face au candidat de droite Jean-Michel Aulas à Lyon. Des résultats qui laissent présager un entre-deux tours plein de suspense et de tractations intenses, l’essentiel des retraits et des alliances devant être décidés d’ici mardi. "L’union des droites sera-t-elle plus forte que les consignes d’appareil ? Les électeurs de gauche feront-ils barrage ensemble, malgré les appels des socialistes à bannir LFI ?", questionne Le Parisien/Aujourd’hui en France. L’Opinion annonce une "bataille des alliances" qui a débuté dès hier soir, avec une droite et une gauche transformées en Adam et Eve dans le dessin de Kak, qui les montre tentés par les pommes de LFI et du RN. Pression sur Cuba Direction à présent Cuba, avec laquelle Donald Trump assure qu’un accord sera conclu "très bientôt". Alors que La Havane a confirmé être en pourparlers avec les Etats-Unis et a libéré 14 prisonniers politiques, samedi, dans le cadre d’un accord avec le Vatican, El Pais rapporte que des manifestants ont incendié, la veille au soir, le siège du parti communiste à Moron, dans le centre l’île. Le quotidien espagnol observe que les protestataires "n'ont même pas été dissuadés par la peur d'être arrêtés ou condamnés à de longues peines de prison, comme ce fut le cas pour des milliers de personnes lors des précédents rassemblements". Les autorités ont annoncé l'arrestation de cinq manifestants et le site indépendant 14ymedio. fait état d’un "important déploiement policier à-travers tout le pays", y compris autour de sa rédaction à La Havane, comme en atteste une photo de Yoani Sánchez, la directrice de 14ymedio, aux côtés d'un agent de la Sûreté de l'État. Cité par le journal espagnol Diario de Cuba, l’écrivain russe pro-Kremlin Zakhar Prilepin se désole de voir la Russie perdre possiblement l’un partenaire historique dans lequel elle a investi "des dizaines de milliards de dollars depuis des décennies, depuis l’époque soviétique" - un investissement qui risque de s’avérer "vain". En attendant, les Etats-Unis poursuivent leur politique de pression maximale sur La Havane, notamment en forçant la main de plusieurs pays d’Amérique latine pour qu’ils mettent fin à leurs accords de coopération médicale avec Cuba, au motif que les célèbres "brigades médicales cubaines" seraient victimes de "travail forcé". Parmi les pays concernés cités par Le Monde: la Jamaïque, le Guyana, le Honduras et le Guatemala. Score soviétique au Congo D’un continent à l’autre. Au Congo-Brazzaville, la victoire de Denis Sassou Nguesso à la présidentielle, dont le premier tour avait lieu hier, paraît acquise. Réélu dès le premier tour lors de la précédente présidentielle, en 2021 avec un score soviétique, plus de 88% des voix, le chef de l’Etat devrait rempiler une fois de plus, après 40 années cumulées au pouvoir - "une victoire attendue", selon le quotidien burkinabé Le Pays, pris de lassitude face à ce "théâtre où la même pièce se joue à l’infini". "Une victoire assurée, sauf éruption du volcan Nyiragongo de la RDC voisine" : pour Wakat Sera, "la seule inconnue de cette élection" est le taux de participation, qui s’annonce faible, et ce que Denis Sassou Nguesso fera de son 5ème mandat, face à des Congolais confrontés à la vie chère et qui ont "soif" de "justice sociale réelle". Un mot, pour terminer, de l’incroyable bévue du patron d’une unité d’espionnage russe, chargé notamment des assassinats ciblés. Une enquête publiée il y a quelques jours par le média russe indépendant basé en Lettonie The Insider, raconte comment l'espion russe Denis Alimov, a été arrêté à sa descente d'avion en Colombie. Cet espion, visé par une notice rouge d'Interpol était depuis 2023 l’un des chefs du Centre 795, la plus récente et plus secrète antenne des renseignements du Kremlin, spécialisée dans les assassinats ciblés - c’est à ce titre qu’il aurait cherché à recruter des agents étrangers, dont un individu résidant aux États-Unis et parlant serbe. Une langue inconnue d’Alimov, qui aurait utilisé google traduction pour se faire comprendre. Une fort mauvaise idée, car les serveurs californiens de l’entreprise sont accessibles au FBI, qui s’en serait donné à cœur joie en suivant les échanges entre les deux hommes, avant d’aboutir à l’arrestation d’Alimov. Pas franchement le couteau le plus affûté du tiroir, comme on dit en bon français. A propos de couteau, bien affûté celui-là : mille bravos au pongiste français Felix Lebrun, alias Phoenix Lebrun pour L’Equipe, qui a remporté son deuxième WTT Champions de sa carrière - c’était hier en Chine, à Chongqing, ce qui fait de lui le premier non-Chinois à s’imposer dans un tournoi dans le pays à seulement 19 ans. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  4. 6 DAYS AGO

    Jeux paralympiques : discriminations, politique et dégel

    A la une de la presse ce vendredi 13 mars : un pays dans l'angoisse, des jeux très polémiques et politiques, et un chef dans la tourmente. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… Au Liban, L'Orient-le-Jour se désole ce vendredi et évoque avec désespoir ces frappes israéliennes, qui s’étendent sur le pays. Certaines ont touchées le cœur de la capitale libanaise et non plus la banlieue sud, fief du Hezbollah. Israël, de son côté, menace aussi d’une opération terrestre de grande ampleur au Liban. Le conservateur Jérusalem Post relaie les menaces de Benjamin Netanyahou envers les autorités libanaises les incitant à coopérer avec leurs "opérations antiterroristes". Libération s’interroge sur les buts de l’opération américaine. Avec une tonalité messianique dans les propos de Donald Trump et de son administration. Une guerre pour détruire le "mal" posé par le régime iranien mais dont les objectifs restent flous. Le Parisien nous parle, lui, des Jeux Paralympiques et de la délégation ukrainienne. Cette dernière doit composer avec la guerre et aussi l'intransigeance du Comité paralympiques. Ce dernier a refusé à une athlète ukrainienne le port de boucles d'oreilles arborant le slogan "Stop à la guerre". Des athlètes qui doivent aussi composer, nous dit Libération, avec la méfiance face aux handicaps invisibles. C'est le cas de deux Français qui ont subi discrimination - voire harcèlement. Enfin The Guardian relaie les conséquences d'une enquête du New York Times. Le Chef du restaurant étoilé "Noma" a démissionné après les plaintes de plus d'une trentaine d'employés. Ces derniers dénoncent des violences physiques et psychologiques répétées pendant des années. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  5. 12 MAR

    "Une enquête de l'armée américaine confirme sa responsabilité dans la bavure de Minab"

    A la Une de la presse, ce jeudi 12 mars, la poursuite des la poursuite des révélations de la presse américaine sur la frappe de missile contre une école de Minjab, dans le sud de l’Iran, qui a fait plus de 150 morts, le 28 février. La guerre au Moyen-Orient, qui profite à Vladimir Poutine. Les drones sur tous les terrains. Keir Starmer de plus en plus embarrassé par l’affaire Epstein-Mandelson. Et du foot. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, la poursuite des révélations du New York Times sur la frappe de missile contre une école de Minab, dans le sud de l’Iran, qui a fait plus de 150 morts, le 28 février. Le quotidien américain rapporte que l’enquête militaire en cours confirme que les États-Unis sont responsables de cette frappe de de Tomahawk et que cette bavure est due à une erreur de ciblage de l'armée américaine, qui menait des frappes contre une base militaire adjacente, dont l'école faisait partie autrefois. D’après le journal, la question qui se pose maintenant est de savoir pourquoi "ces informations obsolètes n'ont pas été vérifiées". Selon The Washington Post, "une source proche du dossier", affirme que l’école "avait été identifiée comme une usine et figurait parmi les cibles autorisées", tandis qu’une autre source soutient "qu'un dépôt d'armes était également visé dans le secteur", mais ignore "si les forces américaines ont frappé l'école par erreur" ou si elles ont "mal interprété ces renseignements et confondu l’école avec le dépôt d’armes", ce qui soulève aussi des questions sur "l'utilisation de l'intelligence artificielle par l'armée américaine pour identifier ses cibles". Coût humain... et financier  Outre le terrible coût humain de ces frappes, leur coût financier est vertigineux : près de 11,5 milliards de dollars pour les seuls six premiers jours de guerre, selon le Pentagone cité par The New York Times - une estimation basse, alors qu’aucun signe d’apaisement n’est en vue. D’après l’agence Reuters, citée par le Jerusalem Post, quotidien israélien, une "multitude" de rapports du renseignement américain indiquent que le pouvoir iranien "reste largement intact et ne risque pas de s'effondrer dans un avenir proche". La guerre au Moyen-Orient pourrait en revanche profiter à Vladimir Poutine. D’après Libération, le président russe "fait le plein", "profitant de la flambée des cours des hydrocarbures pour s’enrichir" et "du détournement de l’attention occidentale de la guerre en Ukraine pour se replacer sur l’échiquier international ". Moscow Times cite des analystes qui estiment que la hausse des recettes liée à l’augmentation des cours pourrait toutefois "être de courte durée" et qu'il est "peu probable qu'elle permette d'inverser complètement les difficultés économiques de Moscou". Dans l’immédiat, le site américain Politico fait état d’un autre problème, pour l’Ukraine, lié à la guerre contre l’Iran : le fait que ce conflit "absorbe des munitions de défense aérienne américaines coûteuses dont elle a désespérément besoin, ce qui (pourrait mettre) en péril les livraisons américaines futures et menacer la capacité de Kiev à contrer les attaques de missiles russes". La guerre des drones  L’Ukraine, qui excelle aujourd’hui dans l’interception de drones. Appelée à la rescousse par les pays du Golfe, l’armée ukrainienne continue à perfectionner son savoir-faire, selon The New York Times, qui raconte que les Ukrainiens ont fait de "l'autosuffisance dans la production des drones une priorité", au point de pouvoir désormais fabriquer ces armes "sans aucun composant importé de Chine". Devenus cruciaux sur tous les conflits, les drones sont aussi extrêmement meurtriers pour les civils, de l’Ukraine au Moyen-Orient en passant par Haïti. Le Nouvelliste relaie un rapport de l’ONG Human Rights Watch, publié il y a deux jours, révélant que les attaques de drones explosifs, menées par le gouvernement haïtien, avec le soutien de "sociétés militaires privées", ont tué près de 1250 personnes entre mars 2025 et janvier 2026 à Port-au-Prince, la capitale, dont 17 enfants et 43 adultes n’ayant aucun lien avec des groupes criminels. Les attaques de drones qui ont touché, hier, pour la première fois depuis sa prise par la rébellion de l’AFC/M23 la ville de Goma, dans l’est de la RDC. Au total, trois personnes, d’après l’AFC/M23, dont une humanitaire française de l’Unicef, auraient été tuées dans ces frappes. La Croix raconte que "la bataille pour le ciel de l’Est congolais s’accroît entre l’armée nationale et la rébellion". "La guerre des drones et la technologie antidrones prennent de plus en plus d’importance des deux côtés du champ de bataille", explique un expert, qui évoque l’utilisation de drones turcs, chinois mais aussi estoniens. La Croix précise que l’armée congolaise "n’a pas revendiqué formellement ces frappes", qui se seraient produites à quelques centaines de mètres du domicile de l’épouse de l’ex-président Joseph Kabila, condamné à mort par contumace à cause de ses liens avec la rébellion. Plusieurs sources, notamment au sein de la rébellion, affirment dans le magazine Jeune Afrique que ce dernier se trouve actuellement à Goma. Paris est magique Un mot, enfin, des difficultés de Keir Starmer, après la publication, hier… de documents sur la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis. Ce rapport prévenait de l’existence d’un "risque général pour la réputation" de Peter Mandelson, en raison de ses liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein - un avertissement que le Premier ministre britannique a choisi d’ignorer délibérément, selon The Independent. Keir Starmer, qui se retrouve en pleine cible du missile Mandelson, dans le dessin de Christian Adams pour The Daily Telegraph. En très mauvaise posture également dans celui de Morten Morland pour The Times, rattrapé par l’affaire Epstein alors qu’il se prépare au conflit au Moyen-Orient - cette affaire Epstein dont Trump tente désespérément de détourner l’attention avec la guerre en Iran. Du foot, pour terminer, avec de bonnes nouvelles pour le PSG et le Real Madrid en matchs aller de huitièmes de finale de Ligue des champions. 3 à 0 contre Manchester pour les Madrilènes: "Memorable!", selon Marca, ébloui par le "triplé magique" de Valverde. Grosse joie aussi de L’Equipe face au "réveil en beauté" des Parisiens, qui ont écrasé Chelsea 5 buts à 2. Paris est magique… parfois. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  6. 11 MAR

    José Antonio Kast et les "fantômes noirs" de la dictature chilienne

    À la Une de la presse, ce mercredi 11 mars, la poursuite de la guerre au Moyen-Orient, avec l’intensification des frappes israélo-américaines contre l’Iran et le Liban. La façon dont la flambée des cours du pétrole et du gaz provoquent un retour en grâce du nucléaire en Europe. L’investiture, aujourd’hui, du nouveau président d’extrême-droite au Chili. Et un pari sportif assez fou. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… À la Une de la presse, la poursuite de la guerre au Moyen-Orient, avec l'intensification des frappes israélo-américaines contre l'Iran et le Liban. Un jour après que le président Trump a déclaré que la guerre sera "bientôt" finie, son secrétaire à la Défense annonce le déclenchement des frappes "les plus intenses" à ce jour. On retrouve cette déclaration à la Une, ce matin, du Financial Times. De son côté, Israël continue à cibler le Liban-sud et la banlieue sud de Beyrouth. "La guerre de Trump est-elle terminée ? Pas pour les milliers d'habitants de la capitale libanaise dont les logements ont été détruits par les bombes". The Independent, le journal britannique, cite le chiffre de l'Onu : plus de 700 000 personnes déplacées par la guerre au Liban. "Si le Liban souhaite mettre fin à la guerre, le désarmement du Hezbollah est le seul moyen d'y parvenir" : voilà pour le message de Washington, d'après L'Orient Le Jour. Pendant ce temps, une vingtaine de pays étaient réunis hier à Paris pour un sommet sur le nucléaire. La flambée des prix du pétrole et du gaz offre un retour en grâce à l'atome - "une bulle nucléaire", d'après Il Manifesto, le journal communiste italien, qui ironise sur la façon dont le lancement de la guerre contre l'Iran "sous couvert de lutte contre le nucléaire militaire iranien, sert d'alibi à la relance du nucléaire civil" en Europe. El Pais rapporte que la patronne de la Commission européenne a qualifié d'"erreur stratégique" la réduction des investissements européens dans le nucléaire et défendu la construction de petits réacteurs modulaires, présentés comme une "initiative technologique majeure de l'UE". Le journal espagnol souligne "l'importance symbolique" du discours d'Ursula von der Leyen, qui a siégé dans presque tous les gouvernements de l'ex-chancelière Angela Merkel, chantre de la sortie de l'Allemagne du nucléaire après la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon. L'accident nucléaire de Fukushima est survenu le 11 mars 2011, il y a exactement 15 ans aujourd'hui. Quinze ans après, Japan Times indique que "l'objectif du gouvernement de prévenir et d'établir le nombre exact de décès indirects liés à la catastrophe semble encore loin d'être atteint", notamment à cause de la complexité administrative pour établir ce lien. D'après le site d'info Mediapart, 15 ans après, "la pollution s'est durablement installée dans le quotidien des habitants de la région" et "beaucoup reprochent au gouvernement d'enjoliver la situation". Pour celles et ceux qui ont dû quitter les environs de la centrale, "le traumatisme perdure". Interrogé par Libération, un psychiatre témoigne des souffrances de ses patients. Selon lui, "beaucoup souffrent de troubles de stress post-traumatique, avec des symptômes caractéristiques comme des flash-back que l'on trouve aussi chez les victimes de maltraitance infantile, d'agression sexuelle ou chez d'anciens soldats". Au Chili, l'investiture du nouveau président José Antonio Kast est prévue aujourd'hui. Le premier président d'extrême-droite depuis la fin de la dictature, qui ne cache pas son admiration pour feu le général Pinochet, a déjà rencontré plusieurs membres des délégations étrangères présents à son investiture, d'après La Tercera - qui rapporte que le président brésilien Lula a finalement annulé sa participation, sans explications. Le Figaro annonce l'arrivée au pouvoir d'un "trumpiste", élu "confortablement" mais qui va devoir gouverner sans majorité au Parlement - pas sûr, donc, que le nouveau président, opposé au droit à l'avortement, puisse mettre en œuvre son "programme d'urgence", axé essentiellement sur la lutte contre l'immigration et l'insécurité. L'opposition, elle, voit déjà revenir l'ombre des années de dictature. La Croix raconte la passation de pouvoir "houleuse" avec l'ancien président de gauche Gabriel Boric, notamment autour d'un projet de câble sous-marin de fibre optique reliant le Chili à la Chine. Sur les vingt-cinq ministres qui formeront le nouveau gouvernement, deux anciens avocats de Pinochet ont été nommés aux ministères de de la Justice et des Droits humains - de quoi raviver les inquiétudes des associations de familles de détenus et disparus de la dictature, dans laquelle la famille de José Antonio Kast - dont le père était un ancien soldat de la Wehrmacht, adhérent au parti nazi - a joué un rôle extrêmement trouble. Une grande enquête à retrouver dans le journal Le Monde. Le Monde revient également sur l'arrestation, la semaine dernière, du chanteur marocain Souhaib Qabli pour "outrage à une institution constitutionnelle" et "diffusion de fausses nouvelles". D'après le journal, ce jeune homme de 20 ans est le troisième rappeur à être arrêté pour le contenu de ses textes depuis l'automne dernier. Ses chansons dénoncent la corruption, l'injustice sociale ou encore la normalisation des relations entre le Maroc et Israël. Le Monde voit dans cette nouvelle arrestation le signe de la "crispation" des autorités depuis le mouvement de protestation de la jeunesse marocaine, porté par le collectif GenZ 212. Un mot, pour terminer d'un projet inédit visant à transformer des sédentaires… en sportifs accomplis. Courir 100 km sans jamais avoir fait de sport avec seulement 18 mois de préparation dans les jambes. C'est le pari, d'un projet baptisé "0 à 100" auquel 20 femmes et 20 hommes vont participer. D'après Le Parisien/Aujourd'hui en France, certains sont d'anciens fumeurs, d'autres en surpoids ou à l'inverse trop maigres et vont devoir s'astreindre, notamment, à des séances de renforcement musculaire et de vélo 5 jours sur 7. "On travaille à la fois sur le moteur et la carrosserie", explique le professeur à l'origine de ce projet, qui promet "de le sueur et de la souffrance". Si vous êtes plutôt canapé-télé, The Guardian vous suggère de vous connecter à la "kakapo cam", la diffusion en direct de la vie fascinante du kakapo de Nouvelle-Zélande, l'un des perroquets les plus étranges et les plus rares au monde. La bestiole, dotée d'un solide appétit paraît-il, a pour principale activité de s'alimenter et de prendre soin de son petit poussin. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  7. 10 MAR

    Guerre en Iran : "Enfin une vraie prise de conscience sur la dépendance au pétrole ?"

    A la Une de la presse, ce mardi 10 mars, les réactions aux déclarations contradictoires de Donald Trump, qui assure à présent que "la guerre en Iran va se terminer bientôt". Une confusion qui déstabilise l'économie mondiale et met en lumière la dépendance aux énergies fossiles. Un (nouveau) coup porté à la démocratie en Guinée. Et un drôle d'hommage aux Coréennes du Nord signé Kim Jong-un. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, les réactions aux dernières déclarations de Donald Trump, qui annonce à présent que "la guerre en Iran va se terminer bientôt". D’après le président des Etats-Unis, le conflit serait "très en avance" sur le calendrier prévu initialement - une explication à la Une, ce matin, du Daily Telegraph, le tabloïd britannique, qui montre le président Macron lors de son déplacement hier à Chypre dans le cadre du déploiement militaire français. Terminée la guerre ? The New York Times semble surtout déboussolé par les "zigzags" de Donald Trump - qui dit que le conflit est bientôt fini, tout en soutenant son secrétaire à la Guerre qui déclare, lui, que la bataille ne fait que commencer. En réalité, tranche un édito publié par le journal, "Trump n’a aucune idée de la façon dont il doit finir la guerre avec l’Iran", et ni lui, ni le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou n’ont "un objectif final clair en tête". Enjeux financiers "La panique qui règne à Washington face à la flambée des prix du pétrole" va-t-elle faire reculer le président des Etats-Unis? Cette éventualité inquiète, en tout cas, The Wall Street Journal, qui assure que ce serait là "le vœu le plus cher des ayatollahs qui savent qu'ils sont en train de perdre". Les messages contradictoires de Donald Trump sont probablement liés, aussi, à la complexité des enjeux. D’un côté la guerre coûte cher : The Washington Post rapporte que le Pentagone estime à plus de 5,5 milliards de dollars le coût des deux seuls premiers jours de la guerre - qui risque par ailleurs "de nourrir les inquiétudes du Congrès sur l’épuisement des maigres réserves américaines d'armements de pointe", selon le journal. La guerre coûte cher mais peut aussi rapporter gros, ce qui aiguise pas mal d’appétits, notamment celui des fils Trump, qui après avoir investi dans les cryptomonnaies s’intéressent à présent à la production de drones. D’après The Wall Street Journal, Don Jr et Eric Trump ont investi dans Powerus, une entreprise créée l’an dernier, spécialisée dans le montage de drones et basée à West Palm Beach, à deux pas de Mar-a-Lago. Cette société va fusionner avec une autre entreprise de terrains de golf déjà cotée en bourse et soutenue par la famille Trump, ce qui permettra à Powerus d'être cotée à son tour au Nasdaq et donc d’amasser les capitaux nécessaires pour se lancer dans la production de plus de 10 000 drones par mois - susceptibles de répondre aux commandes du département de la Défense américain. "Pompe à retardement" Les messages contradictoires venus des Etats-Unis font fluctuer fortement les prix du pétrole. Après avoir atteint des sommets sans précédent depuis 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les prix sont retombés à la fermeture des marchés, avant, peut-être, de s’envoler à nouveau. Cette volatilité fait redouter une nouvelle crise économique et alarme les quotidiens français, de La Croix au Figaro, en passant par Libération, qui ironise sur cette "pompe à retardement" et voit Donald Trump "pris au piège de la crise énergétique". Une inquiétude planétaire, de l’Australie au Royaume-Uni, des Emirats arabes unis à l’Espagne, où El Mundo explique comment la guerre au Proche-Orient "secoue" l’économie mondiale. Ces turbulences économiques mettent en lumière la dépendance économique aux énergies fossiles. Pour L’Humanité, "le capitalisme fossile est en panne sèche", alors que "les plus précaires sont les premières victimes de la flambée des prix des carburants", "comme ils le sont du réchauffement climatique lui-même causé par l’extraction record de pétrole et de gaz". "Le capitalisme fossile brûle la planète et creuse le fossé béant des inégalités", accuse le journal – qui juge "urgent de changer de logiciel". La menace d’une nouvelle crise énergétique va-t-elle enfin accélérer la transition climatique ? Pas sûr, d’après Les Echos. Pour le journal, les turbulences actuelles  "rappellent aux économies européennes la nécessité de réduire leur dépendance aux énergies fossiles mais le virage n’a rien d’évident", alors que "les fondations" du Pacte vert européen "n’en finissent pas de trembler à Bruxelles". "Partout en Europe, un air de déjà-vu se fait sentir", mais "les économies européennes ne peuvent se permettre de perpétuer ce cycle", prévient aussi The Financial Times. Le spectre de Sékou Touré En Guinée, le gouvernement a annoncé en fin de semaine dernière la dissolution de dizaines de partis politiques. Courrier International a rassemblé les réactions de la presse ouest africaine, qui voit dans cette décision la "condamnation définitive" d’une démocratie déjà passablement affaiblie par le coup d’État de Mamadi Doumbouya en 2021. Le magazine cite notamment le commentaire railleur d’Aujourd’hui au Faso, relevant que cette annonce est intervenue le jour-même du retour en Guinée du président Doumbouya, qui n’avait plus donné signe de vie depuis le sommet de l’Union africaine du mois dernier. "Il n’y a pas que les flonflons, la fanfare, le tapis rouge, le bain de foule et le pas lesté de l’ex-légionnaire qui auront marqué le retour au pays du président. Ce come-back triomphal (a été) sous-tendu aussi par un fait politique majeur : une quarantaine de partis politiques biffés du paysage national". Une décision qui rappelle les heures sombres du règne de Sékou Touré et qui intervient un peu plus de deux mois avant les législatives, prévues en mai. Le chef de l'opposition en exil, Cellou Dalein Diallo, cité cette fois par El Pais, a réagi en qualifiant l’annonce présidentielle de "déclaration de guerre" et appelé la population à la "résistance directe". Un mot, pour terminer, d’un hommage maladroit à la gent féminine - signé Kim Jong-un, le leader nord-coréen. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, dimanche, le dirigeant de la Corée du Nord a présenté ses compatriotes femmes comme les "solides piliers de la révolution", des êtres "physiquement faibles", mais "dotes de forte volonté". "Leurs visages ordinaires expriment le courage, et leurs rides témoignent de leurs efforts acharnés", a déclaré le cher Leader. Quel poète. Lu dans The Times. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.

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  8. 9 MAR

    Mojtaba Khamenei, nouveau Guide suprême de l'Iran : "La légitimité du sang"

    A la Une de la presse, ce lundi 9 mars, les réactions à la désignation du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei. Le spectre d’une "guerre sans fin" au Moyen-Orient, sur fond d’embrasement du conflit. Une bonne nouvelle pour l’audiovisuel public suisse. Et une course… surprenante. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… A la Une de la presse, les réactions à la désignation du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei. "La légitimité du sang" : Al Akhbar, quotidien libanais proche du Hezbollah voit dans cette nomination "un message de cohésion politique et militaire", selon lequel "le pari américano-israélien visant à déstabiliser le régime ou à paralyser ses capacités n'a pas été couronné de succès". Une nomination saluée par "les mouvements de résistance au Liban, en Irak et au Yémen", d’après Tehran Times, qui publie un photomontage sur le réseau social X du fils auprès de son père, et ne trouve rien à redire à cette transmission familiale du pouvoir, dans un régime qui se targuait d’avoir mis fin à la monarchie héréditaire. "L’Iran au fils de Khamenei": La Repubblica, le quotidien italien, parle d’une "victoire de l’aile dure" des Gardiens de la révolution, incarnée par celui qui fut notamment l’artisan de la réélection frauduleuse d’Ahmadinejad en 2009 et de la répression qui s’ensuivit. "Spectre d'une guerre sans fin" The Times, le quotidien britannique évoque, lui, un signe de "défi" envoyé au président Trump. L’entrée en scène d’un homme de l’ombre, qui a lui-même le sien : Ali Ansari, actuellement en fuite en Turquie, d’après L’Opinion. Le quotidien français, qui évalue le pactole de Mojtaba Khamenei caché à l’étranger à 400 millions d’euros, au moins, raconte comment cet homme d’affaires iranien, propriétaire d’un passeport chypriote depuis 2016, est parvenu à blanchir le patrimoine de Mojtaba Khamenei à-travers une multitude sociétés-écrans basées dans des paradis fiscaux, mais aussi dans des banques ayant pignon sur rue, en Allemagne, en Espagne, en Autriche et à Londres. Mojtaba Khamenei, dont la désignation intervient après dix jours de guerre qui ont embrasé le Moyen-Orient. L’extension du conflit fait planer "le spectre d’une guerre sans fin" - d’où le dessin de Kak pour L’Opinion où Trump promet aux Européens qu’il y en a "pour 4 à 5 semaines" - "on dit ça au début", réplique Poutine. Arab News, quotidien saoudien, rapporte que deux personnes, un Indien et un Bangladais, sont mortes et douze autres, tous Bangladais, blessées, dans la chute, hier, d’un "projectile" sur le site d’une société d’entretien et de nettoyage dans le gouvernorat d’Al-Kharj, tandis que d’autres attaques ont touché les Emirats arabes unis et une usine de désalinisation à Bahrein, provoquant la fureur de la Ligue arabe. "Crime de guerre" israélien au Liban ? La guerre avec l’Iran pourrait aussi provoquer l’ouverture d’un autre front anti-Hezbollah en Syrie, d’après Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui fait état de 15 000 soldats déployés par le président Ahmed al-Charaa le long de la frontière syro-libanaise. Au Liban, où une crise humanitaire liée au déplacement de près d’un demi-million de personnes, est redoutée, le pilonnage, vendredi, par l’armée israélienne du village de Nabi Chit, dans l’est du pays, pour retrouver la dépouille d’un pilote disparu il y a quarante ans, a provoqué la mort de 41 personnes, fait 48 blessés, dont une majorité de civils, et viré au fiasco. Libération, qui a retracé la chronologie des faits, indique que "certains aspects" de cette opération "pourraient se rapprocher de la définition d’un crime de guerre", notamment le fait que des soldats israéliens aient porté des uniformes de l’armée libanaise, pour aggraver la confusion et agir plus librement. L’armée israélienne, et des colons ont également tué trois Palestiniens dans un village près de Ramallah, samedi soir, en Cisjordanie. The Guardian, le quotidien britannique, relève que cette attaque meurtrière est la troisième en Cisjordanie en une semaine, "alors que la violence israélienne s'intensifie et que l'attention internationale est focalisée sur la guerre contre l'Iran". "Israël, par le biais de pillards juifs, poursuit l'expulsion progressive des Palestiniens de leurs terres et, ce faisant, pourrait se rendre coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité", condamne Haaretz, le quotidien de gauche israélien. Besoin d’un média public En Suisse, une votation était organisée hier pour une baisse drastique de la redevance, finalement refusée à 62% par les électeurs. Le Temps estime que le rejet de cette proposition de la droite populiste, contre une institution accusée de dérive gauchiste, s’explique en partie, justement, par "le contexte international":  "Face à Donald Trump, le chaos et la forte instabilité qu’il provoque, le besoin d’un média public est vif. Prendre le risque de tout détruire alors que le monde tangue? C’était trop", écrit le journal. L’audiovisuel public, également en proie aux assauts de l’Administration Trump, aux Etats-Unis. Le site de NPR indique qu’un tribunal fédéral a jugé illégale, samedi, la décision de l'agence chargée de superviser les médias publics, d'ordonner une réorganisation d’envergure en 2025, qui avait conduit au licenciement de près d’un millier de journalistes de la radio VOA - la "Voix de l’Amérique", lancée en 1942, pour contribuer à la diffusion de la démocratie à-travers le monde. Un mot, pour terminer, d’une course pour le moins surprenante, qui s’est déroulée hier au Royaume-Uni. Alors que des milliers de manifestants étaient mobilisées à-travers la planète, pour la Journée internationale des droits des femmes, The Times rapporte que des dizaines de personnes ont participé à "la course de portage de femmes" - un événement dont la tradition remonterait à un raid viking en 793 sur une île du nord de l’Angleterre, au cours duquel une église fut pillée et plusieurs femmes enlevées. Il s’agit de porter sa compagne sur son dos sur quelques centaines de mètres. The Times précise que presque tous les participants, dont ces gagnants finlandais, ont opté pour ce que l'on appelle la "prise estonienne", la femme à l'envers sur le dos de l'homme, ses jambes serrées autour de son cou. Je ne sais pas ce que vous en pensez; personnellement, ce genre d’épreuve me donnerait plutôt envie de prendre mes jambes… à mon cou. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). 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Grands titres, éditos, photos et dessins du jour... Nos chroniqueurs passent en revue les Unes de la presse française et étrangère, ainsi que les débats qui l’alimentent. Du lundi au vendredi à 7 h 15 et 9 h 15.

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