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Chaque lundi soir, sur lundimatin, une discussion, une rencontre, un débat...

  1. 1 HR AGO

    À la recherche du prolétariat perdu - Taf de Paul Martel aux éditions lundimatin

    Taf, à la recherche du prolétariat perdu de Paul Martel, c'est le dernier livre qui vient de paraître aux éditions lundimatin. Imaginez la littérature prolétarienne d’un Joseph Ponthus mélangée à l’humour caustique de Fabcaro ou bien le travail d’enquête de L’établi de Linhart rebooté en roman d’aventure autobiographique dans le monde des prestataires du béton ou des défilés de mode absurdes. Taf c’est donc à la fois une enquête, un pamphlet, un roman, un manifeste et un manuel de survie dans l’univers impitoyable du BTP. Un livre qu’aurait pu écrire Debord s’il n’avait pas été rentier. Comme il mérite de se vendre par palettes, on a fait une petite présentation histoire d'en expliquer les sous-bassement théoriques et stratégiques : refaire du prolétariat une menace (quitte à redéfinir ce que l'on entend par prolétariat). Il n’y a pas que les bourgeois qui échappent au travail, certains prolétaires en ont même fait une devise « Ne travaillez jamais ! » et c’est une toute autre aventure. Mais que se passe-t-il lorsqu’après des années à fuir l’exploitation par la marge et la débrouille, on se retrouve contraint de retourner taffer ? Chômeur à ses heures, ouvrier dès qu’il ne le peut plus, Paul Martel a enquêté. Comment survivre dans un monde où l’on doit perdre sa vie à la gagner ? Le prolétariat n’est-il plus qu’un mythe ou encore une menace ? Quelles légendes nous faut-il raviver ou inventer pour toujours vivre et lutter ? Taf est le journal quotidien d’un manœuvre irrégulier, un recueil d’astuces pour résister à l’aliénation, un manuel de désertion ouvrière. Paul Martel est née en 1993. Après avoir méthodiquement déserté l’école puis le salariat, il a mené une carrière de semi-délinquant avant de se reconvertir dans le BTP et la littérature. Auteur de très nombreux et remarqués articles lundimatin, TAF, À la recherche du prolétariat perdu est le premier volet d’une prometteuse autobiographie. Disponible dans toutes les bonnes librairies jeudi 7 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : www.lundi.am/livres Vous pouvez en lire la première et excellente recension du livre par Stéphane Bérard dans Sitaudis. Quelques articles de Paul Martel parus dans lundimatin. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    22 min
  2. 1 DAY AGO

    « Si l’école est gratuite, c’est vous qui êtes le produit ! » - Vincent Legeay

    « Si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit ! » et si cette fameuse sentence consacrée aux réseaux sociaux et aux GAFAM pouvait s’appliquer à notre chère éducation nationale ? C’est en tous cas l’hypothèse explorée par le philosophe Vincent Legeay qui s’est plongé dans la genèse de l’école laïque et gratuite française au tournant du XIXe et du XIXe siècle. Ce que l’on découvre en lisant son livre, c’est que l’instauration de l’école gratuite en 1881 n’était pas que le fruit de la charité et de la philanthropie de ce grand homme que fut Jules Ferry mais bien la mise en œuvre d’un dispositif de pouvoir et de gouvernement qui se doit de conscrire et donc produire une population. Regrouper, calibrer, tracer, trier les enfants qu’il s’agira par la suite de mettre à disposition du marché du travail et donc du capitalisme. Une éducation gratuite qui est aussi un investissement dans l’avenir, pour les familles comme pour les patrons. Mais Vincent Legeay ne se contente pas de raconter cette contre-histoire peu flatteuse, il propose aussi de décrypter les mécanismes par lesquels cette grande œuvre de façonnage et de sélection de la population s’est mise en place et a pu perdurer ; le recours arbitraire à un outil mathématique tel que la moyenne par exemple, qui nous semble tellement aller de soi aujourd’hui que plus personne ne s’interroge sur ce qui différencie réellement l’élève refoulé à 9,5 de celui admis à 10. Comme c’est aussi un livre de philosophie, le tour de force de l’ouvrage consiste à appeler Spinoza à la rescousse pour démontrer que ce que produit l’école comme nous la connaissons, c’est la réduction de l’existence et de ses possibles. Soit l’inverse exacte de l’aptitude, c’est-à-dire la disposition à être affecté par le plus grand nombre de choses, d’êtres et de situations possibles, qui est la condition de la joie et de l’intelligence collective (nous résumons très mal, voir la masterclass de Vincent Legay à 37:32). La critique faite, reste à explorer les différentes expérimentations alternatives qui ont accompagné le mouvement révolutionnaire : l’éducation intégrale, les conseils d’élèves et toutes les tentatives démocratiques et anarchistes qui refusent tout principe supérieur et a priori quant à la manière dont les enfants devraient s’éduquer. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    1hr 15min
  3. 27 APR

    Astérix peut-il résister à l’empire Bolloré ? - Un court-bouillon, un lundisoir spécial BD

    Si les effets de la concentration des maison d’édition sont largement connus et s’intensifient de jours en jours, il existe un village éditorial qui résiste encore et toujours aux logiques envahissantes des gros groupes : la bande dessinée…   Enfin, c’est ce qu’on aimerait pouvoir imaginer, d’irréductibles bulleurs, des petits mickeys anticapitalistes repoussant avec force les assauts des grands patrons. Mais la réalité est bien moins réjouissante, et le monde du 9e art est lui aussi mis en danger par la concentration des maisons d’éditions. Rescapés de l’édition industrielle de bande dessinée, Floriane et Quentin ont monté Courts Bouillon, une association qui cherche à commenter l’actualité de l’art séquentiel et encourager la création en dehors des contraintes concurrentielles. Lors de cet entretien, nous allons refaire un tour d’horizon de la concentration des maisons d’éditions en passant par l’édition sans éditeur et le contrôle de la parole, avant de s’attarder sur quelques cas précis tels que l’avenir d’Astérix, aujourd’hui entre les mains de Bolloré et les conséquences directes de la concentration des maisons sur la précarisation des auteurs et autrices de BD. Enfin, Floriane et Quentin présenteront leur initiative, qu’ils cherchent actuellement à concrétiser avec leur projet de revue La lutte des cases, actuellement en financement participatif : leur Ulule Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    53 min
  4. 14 APR

    L'Êtrangère - Eugénie Mérieau en concert au bureau

    Eugénie Mérieau est professeure de droit constitutionnel et politologue, elle a notamment écrit La dictature, une antithèse de la démocratie ? et Géopolitique de l’Etat d’exception : les mondialisations de l’état d’urgence (éditions le Cavalier Bleu). Elle chante aussi L’Êtrangère dont le premier album, Je vous écris en cours de chute, sortira cet été. Nous lui avons proposé de venir jouer quelques morceaux dans nos bureaux. Il neige du phosphore blanc (Le Caire, 2024) Depuis octobre 2023, Israël utilise des bombes au phosphore blanc causant d’atroces souffrances sur des zones agricoles, industrielles et résidentielles à Gaza et au Sud Liban. Le nombre de victimes n’est à ce jour pas connu. Citation anonyme attribuée à un-e gazaoui-e : « Le monde pense que Gaza est occupé par Israël. La vérité c’est que le monde est occupé par Israël à l’exception de Gaza ». Inspirations et fragments :  La zone de désintérêt, Ladislas (publié dans lundimatin) La Terre nous est étroite, Mahmoud Darwich Chanson dans le sang, Jacques Prévert La mort viendra et elle aura tes yeux  (Paris, 2025) Seconde Guerre Mondiale : Duras, Char, Pavese, Aragon, Prévert, et Hô Chi Minh : communistes, anticolonialistes, antifascistes et résistant-es pour qui au milieu de la guerre, la lutte politique est poésie, surgissement de l’amour, de la passion et du désir. Jacques Prévert écrit « Il y a sur cette terre des gens qui s’entretuent ; c’est pas gai, je sais ; il y a aussi des gens qui s’entrevivent : j’irai les rejoindre ». Inspirations et fragments :  La mort viendra et elle aura tes yeux, Cesare Pavese La maladie de la mort, Marguerite Duras Feuillets d’Hypnos, René Char Prose du bonheur et d’Elsa, Louis Aragon La lune et le poète, Hô Chi Minh La vie n’a pas d’âge, Jacques Prévert Mort d’une putain  (Genève, 2005) Années 70 : Grisélidis Réal, poétesse suisse et prostituée, milite à Paris : « La prostitution est un acte révolutionnaire ». Inspiration et fragments :  Cette chanson est une adaptation libre d’un texte de Grisélidis Réal, Mort d’une putain, écrit quelques semaines avant sa mort, avec des ajouts issus de Cantique de l’espoir, toujours de Grisélidis Réal. Elle s’appelait Lou  (Bangkok, 2024) En 2025, l’association Nous Toutes dénombre 165 féminicides en France. Depuis le début de l’année 2026, 36 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Andrea Dworkin écrit « Les femmes n’ont que deux choix : mentir ou mourir. » Inspirations et fragments :  Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas, Andrea Dworkin Les guérillères, Monique Wittig Si rien ne bouge, Bertrand Cantat-Noir Désir Liste des prénoms des femmes mortes par féminicide en 2023, par l’association Nous Toutes. Le chant des ouvriers  (Lyon, 1846) En 1848, on se révolte contre la journée de travail de 12 heures voire plus et les accidents mortels du travail dans les usines les mines et les chantiers. Aujourd’hui, le bâtiment demeure le premier lieu de mortalité en matière d’accidents du travail : 243 personnes sont mortes sur les chantiers en 2025, 55 depuis 2026. Thierry Metz, dans Journal d’un Manoeuvre : « Mes premiers gestes ici : creuser la terre. Ouvrir u Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    23 min
  5. 8 APR

    Explorer et inventer les mondes postcapitalistes - Jérôme Baschet & Laurent Jeanpierre

    Une légende voudrait qu’à chaque parution d’un nouveau livre critique du capitalisme, un grand patron fasse un AVC. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que malgré les millions kilomètres de papier sur lesquelles s’étalent les analyses les plus fines des contradictions les plus obscures du capital, les capitalistes n’ont jamais été en si bonne forme. Et si depuis tout ce temps, nous avions pris le problème à l’envers ? Mondes postcapitalistes propose en tous cas de rouvrir la question révolutionnaire depuis ses fins et leurs moyens à travers plus de 70 chapitres qui sont autant d’entrées : monnaie, État, nucléaire, amour, climat, santé, conflits, échelles, transports, rêves, zoonoses, etc. On arpente, non pas des utopies sirupeuses et réconfortantes, mais des pistes plus ou moins escarpées ou aventureuses vers ce que pourrait être un monde par-delà le capitalisme. Forcément, il s’agit de sortir de l’économie et évidemment de décrocher de l’État mais cela à partir d’une attention méticuleuse à tout ce dont nous avons été dépossédés et qu’il va bien falloir se réapproprier, détourner, démanteler ou saccager ; des gros trucs qui détruisent la planète autant que des réflexes infimes qui pourrissent la vie. À travers 900 pages et grâce à 80 contributeurs et contributrices, on ouvre des portes et on tente d’adéquatement déplier les problèmes que l’on trouve derrière. Inutile d’en attendre des remèdes ou des solutions, les idéologues et leurs fidèles se réconforteront ailleurs, c’est un travail d’enquête et toutes les directions pointées restent à expérimenter, contester, affiner. C’est un ouvrage majeur et potentiellement déterminant pour la suite, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il apparaîtra parfaitement anachronique aux plus résignés.  L’entretien ayant essentiellement porté sur la démarche, son cadrage et sa visée, nous publions en bonus dans l’édition de cette semaine, l’un des chapitres du livre : Animaux rédigé par Pierre-Olivier Dittmar. Cela permettra aux lecteurs et lectrices d’imaginer non seulement les menus que proposeront les cantines après la révolution mais aussi la manière dont Mondes capitalistes a été pensé et composé. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    1hr 57min
  6. 24 MAR

    Voleurs de poules de tous les pays, unissez-vous! - Ritchy Thibault

    Lorsqu’il avait 14 ans, Ritchy Thibault est allé sur un rond-point, il est devenu l’une des figures du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, il a été assistant parlementaire jusqu’à se faire bannir de l’assemblée nationale et congédier par son employeur, passé un nombre incalculable d’heures en cellules de garde à vue, fondé le PEPS , propagé pas mal de Zbeul, animé des émissions sur le web, écrit des articles ainsi que trois livres, et se prépare à affronter dans la joie et la bonne humeur trois procès au tribunal judiciaire de Paris qui l’opposent à la crème de ceux qui nous gouvernent (le président lui-même, évidemment mais aussi Bruno Retailleau ou encore Laurent Nunez). Pour comprendre d’où lui vient une telle énergie et pourquoi elle ne se départ par de beaucoup d’humour, il faut livre son dernier livre :  Voleurs de poules, combattre l’antitsiganisme (Libertalia). Cette irréductibilité au pouvoir autant que cette disposition au coup d’éclat, on ne peut la comprendre qu’à partir du récit historique et éthique qu’il fait de l’antitsiganisme et de la guerre livrée depuis toujours par l’État contres les populations Roms, Sinti, Manouches, Gitans, Yéniches et Voyageurs. Des formes de vie, qu’il a toujours fallu surveiller, contrôler, réduire et même éradiquer tant elles incarnent ce petit caillou dans la chaussure d’une civilisation qui ne peut tolérer qu’elle-même. Cette interview est aussi longue qu’elle est intelligente et drôle ; pour s’y repérer, nous l’avons accompagnée d’un chapitrage qui servira tout autant de sommaire. On y parle de l’antitsiganisme et de son histoire évidemment, mais depuis là découle tout le reste, jusqu’aux stratégies nécessaires et adéquats pour lutter contre l’État et le pouvoir sans jamais en accepter les méthodes, les schémas et les armes. Au reste, il s’agit certainement de l’unique occasion que vous aurez de sauver une poule en achetant un livre. Vous aimez ou au moins lisez lundimatin et vous souhaitez pouvoir continuer ? Ca tombe bien, pour fêter nos dix années d’existence, nous lançons une grande campagne de financement. Pour nous aider et nous encourager, C’est par ici.

    2h 51m

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