Vlan!

Gregory Pouy

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. [Moment] La canicule et où acheter en France? avec Priscille Beguin

    14 MIN AGO

    [Moment] La canicule et où acheter en France? avec Priscille Beguin

    Priscille Béguin, experte en risques climatiques et ceci est un moment, c'est à dire un extrait d'un épisode plus long dont je vous mets le lien un peu plus bas. Dans ce "moment", je parle avec Priscille de quelque chose qui me préoccupe vraiment depuis que j'ai choisi de m'installer au Portugal : est-ce qu'on prend encore les bonnes décisions quand on choisit où vivre? Parce qu'on raisonne encore avec les données météo d'aujourd'hui, voire d'hier, alors que le sol se dérobe sous nos pieds. Nice à 40 degrés vingt jours par an dans dix ans. Paris avec les températures de Montréal si le Gulf Stream s'arrête. Ce ne sont pas des scénarios de science-fiction, ce sont des modèles sérieux. Et pourtant, les gens continuent d'acheter en bord de Méditerranée comme si rien n'allait changer. J'ai questionné Priscille sur les mécanismes concrets qui expliquent ces bouleversements, sur ce qu'on sait vraiment du Gulf Stream et ce qu'on ne sait pas encore, et sur les outils pratiques pour prendre des décisions immobilières un peu moins aveugles. Elle m'a parlé du portail GeoRisques, un site gouvernemental que presque personne ne consulte avant d'acheter, et de ce que la température extérieure fait concrètement à la qualité de vie et de sommeil. C'est un moment qui donne envie de relire le contrat d'achat de sa maison. Citations marquantes"Dans 10 ans, à Nice, il fera 40 degrés 20 jours par an. Donc on va vivre enfermé deux, trois mois dans l'année." "Paris est à la même latitude que Montréal. Donc s'il n'y a pas cet effet de tirage de l'eau chaude des Caraïbes, on se retrouve avec exactement la même température qu'à Montréal." "On sait pas déterminer réellement la limite qui fait que ça bascule et que ça s'arrête." "C'est pas juste dans 25 ans. Même ne serait-ce que demain, dans 5 ans, dans 10 ans, ce sera déjà pas comme aujourd'hui." "S'il fait 42 degrés 10 jours par an, ces 10 jours par an seront extrêmement pénibles, surtout si la nuit il fait 35." Idées principales1. Le choix de vie est un choix climatique (00:20 à 01:47) On choisit où l'on vit pour le travail, la famille, les amis, la météo. Mais ces critères sont désormais instables : ce qui rendait Nice agréable en 2024 peut en faire un endroit difficile à vivre en 2035. L'idée que le cadre de vie est fixe est une illusion. Anticiper, même à 5 ou 10 ans, devient une nécessité. 2. Le Gulf Stream : une bascule possible, pas encore datée (02:24 à 06:46) Le Gulf Stream, ce courant qui pompe l'eau chaude des Caraïbes vers l'Europe de l'Ouest, ralentit sous l'effet de la fonte des glaces. Une interruption brutale est possible, car ça s'est déjà produit dans l'histoire de la Terre. Résultat potentiel pour la France : les températures de Montréal. On ne sait ni si ça arrivera ni quand, mais les conditions se solidifient. 3. Chaleur globale + refroidissement local : les deux à la fois (06:20 à 07:44) Le paradoxe : la Terre se réchauffe, mais certaines régions d'Europe pourraient se refroidir drastiquement si le Gulf Stream s'arrête. Ce n'est pas contradictoire, c'est la nature d'un climat multifactoriel. On peut avoir des hivers canadiens et des étés à 40 degrés dans la même décennie. 4. L'immobilier est aveugle aux risques climatiques (07:49 à 10:01) Les gens qui "descendent dans le sud" font un pari risqué. Le portail GeoRisques (georisques.gouv.fr) permet de voir les risques à chaque adresse, mais ses données sont partiellement anciennes et ne projettent pas encore le futur climatique. C'est une première lecture, conservatrice, mais déjà révélatrice. 5. La température comme facteur de santé, pas juste de confort (10:42 à 11:28) La chaleur n'est pas qu'une question d'agrément. Elle affecte la qualité du sommeil, la santé, et l'habitabilité des grandes villes du sud qui souffrent d'îlots de chaleur. C'est un critère de qualité de vie primordial, sous-estimé dans les décisions résidentielles. Sujets abordés- En quoi le changement climatique remet-il en question les endroits où on a choisi de vivre?- Le Gulf Stream : c'est une théorie ou une réalité scientifique établie?- Comment fonctionne concrètement ce courant marin et pourquoi est-il menacé?- Peut-on vraiment savoir quand ou si le Gulf Stream va s'arrêter?- Si le Gulf Stream s'arrête, qu'est-ce que ça change concrètement pour la France?- Est-ce qu'on pourrait avoir à la fois des étés très chauds et des hivers très froids en France?- En tant qu'investisseur immobilier, quels critères climatiques faut-il regarder aujourd'hui?- C'est quoi le portail GeoRisques et comment on l'utilise concrètement?- Les données du portail GeoRisques reflètent-elles le futur climatique ou seulement le passé?- La chaleur en ville, c'est vraiment un problème de santé, pas juste de confort?Références citéesPortails / outils - GeoRisques (georisques.gouv.fr) : portail gouvernemental listant tous les risques environnementaux par adresse (inondation, tremblement de terre, risques chimiques, sites Seveso...). Cité à 08:42. Limites : données partiellement anciennes, pas encore intégration des projections climatiques futures.Phénomènes scientifiques évoqués - Le Gulf Stream (courant AMOC) : système de circulation thermohaline reliant les Caraïbes à l'Europe du Nord-Ouest. Expliqué à 02:24. Aucun auteur ni étude précise cités, mais Priscille parle de "plusieurs modèles" et de "données".- Îlots de chaleur urbains : phénomène cité à 11:28, pas de source spécifique mentionnée.Timestamps clés 00:00 Introduction Présentation de l'extrait comme "un moment" marquant d'un épisode plus long. 00:20 Nice dans 10 ans : 40 degrés 20 jours par an Priscille ouvre sur un exemple concret : les critères qui guident nos choix résidentiels sont basés sur un climat qui n'existera plus. Nice, symbole du doux, deviendra difficile à habiter. Les crues violentes vont se multiplier. Acheter là-bas, est-ce encore un bon plan? 00:54 On choisit où vivre avec les mauvaises données Les humains choisissent leur lieu de vie en fonction de leur entourage, de leur travail, et de la météo. Mais la météo change. Gregory vit au Portugal pour la météo. Ce qui était une bonne raison hier peut être invalidé demain. Le changement climatique rend ces choix précaires, même à 5 ou 10 ans. 01:37 Des risques qui peuvent tuer des gens Priscille nomme clairement ce dont on parle : pas juste de l'inconfort, mais des risques mortels. La capacité à faire des choix éclairés est une question de survie, pas de confort. 02:24 Le Gulf Stream expliqué simplement Description complète du mécanisme : eau froide arctique, réchauffement dans les Caraïbes, remontée vers l'Europe. C'est ce courant qui donne à l'Europe de l'Ouest son climat clément. Sans lui, Paris = Montréal. 03:28 La fonte des glaces enraye la pompe La fonte déverse des quantités massives d'eau douce et froide qui perturbent la salinité nécessaire au fonctionnement du Gulf Stream. Ce mécanisme s'est déjà arrêté dans l'histoire de la Terre. Il peut le refaire, et vite. 04:26 Paris à la même latitude que Montréal Le chiffre qui fait réfléchir : sans le Gulf Stream, la France connaîtrait les températures de Montréal. Priscille l'énonce avec une pointe d'humour : "J'ai très hâte de voir ça dans les rues, ça va être très drôle." 05:03 On ne sait pas quand, mais les conditions se solidifient Honnêteté scientifique de Priscille : les données sont contradictoires, on ne peut pas dater la bascule. Mais plus on avance, plus les conditions pour un arrêt total semblent réunies. 07:49 Marseille et l'investissement immobilier Gregory pose la question pratique : tous ces gens qui "descendent dans le sud", est-ce vraiment un bon investissement? Méditerranée en surchauffe, risques d'inondation, accès à l'eau. On revient sur les critères concrets. 08:42 GeoRisques : le portail que tout acheteur devrait consulter Priscille présente georisques.gouv.fr comme premier réflexe avant tout achat immobilier. Adresse par adresse, tous les risques disponibles. Accessible à tous, pas réservé aux experts. Limite : données conservatrices, pas projetées sur le futur climatique. 10:42 La température, facteur numéro un de qualité de vie Au-delà de l'immobilier : c'est quoi vivre dans un endroit trop chaud? La chaleur impacte le sommeil, la santé, l'habitabilité. Les grandes villes du sud, avec leurs îlots de chaleur, cumulent les désavantages. Suggestion d'autres épisodes à écouter : - #367 Où fera t'il bon vivre en France dans 10 ans? (partie 1) Avec Priscille Beguin (https://audmns.com/RiVPxjK) - #367 Où fera-t-il bon vivre en France dans 10 ans ? Partie 2) avec Priscille Beguin (https://audmns.com/yrvNtyK) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    12 min
  2. #396  Le  vrai problème écologique n'est pas l'écologie avec Frédéric Samama

    2 DAYS AGO ·  VIDEO

    #396 Le vrai problème écologique n'est pas l'écologie avec Frédéric Samama

    Frédéric Samama est auteur de L'énigme de l'inaction climatique et pionnier de la finance verte et alors que nous vivons un de ces épisodes de canicule aujourd'hui, il m'a semblé essentiel d'essayer de comprendre pourquoi nous savons depuis 70 ans et nous ne faisons rien. En 2009, il a monté le premier centre de recherche mondial sur la finance et le climat, lancé les premiers indices low carbone et créé la première coalition d'investisseurs à la COP21. Et pourtant, son livre ne parle pas de finance. Il parle de cerveau, d'histoire, de philosophie et d'une question qui l'obsède depuis cinq ans : pourquoi, sur un problème que tout le monde connaît, que l'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce, on n'arrive pas à bouger ? Dans cet épisode, nous parlons de neurosciences cognitives, d'inférence bayésienne, de moments fromages dans l'histoire de l'humanité, et du lien entre capitalisme, néolibéralisme et perte de nos réflexes moraux. J'ai questionné Frédéric sur l'overview effect des astronautes, sur Lévinas et la philosophie du visage, sur Jean Cavaillès et la résistance, et sur ce que tout ça dit de notre capacité à réinventer nos représentations du monde face à l'urgence climatique. Citations marquantes- "Sur un problème où tout le monde est au courant, qu'on a créé, et qui nous menace en tant qu'espèce — pourquoi diable, on n'arrive pas à se mettre en mouvement ?" (0:29:00)- "Le capitalisme, c'est comment tu fais vivre des gens ensemble en dehors de règles morales et religieuses. Et maintenant qu'on fait face à un défi moral, qui est le défi du climat, on ne sait plus faire." (0:19:30)- "Face à l'enjeu moral, c'est l'action qui doit prévaloir — et pas la réflexion de est-ce qu'on est optimiste, négatif, et ainsi de suite." (1:06:44)- "On a voulu détendre le lien social. En cas de problème, il n'y a plus personne, et donc il n'y a plus de devoir — on ne demande que des droits." (0:26:30)- "Le climat, ce n'est plus seulement la plus grosse menace. C'est aussi la plus belle opportunité de réapprendre à vivre ensemble, nous, les 8 milliards de personnes sur Terre." (1:12:00) Big Ideas1. Notre cerveau construit des modèles à partir de signaux — et s'y enferme L'inférence bayésienne selon Stanislas Dehaene : le cerveau observe des signaux et fabrique des lois du monde. Agassi qui lit le service de Becker, le bébé qui comprend la gravité, le rat dans le labyrinthe — tous fonctionnent pareil. Le problème : une fois le modèle établi, on arrête de le mettre à jour. On entre en surconfiance. C'est exactement ce qui se passe avec le climat : on sait, mais on ne change pas de modèle. (0:02:37) 2. L'histoire humaine s'est organisée autour de "moments fromages" — et le climat en exige un nouveau Deux grandes ruptures : l'agriculture et la science moderne (accès aux ressources naturelles), puis le néolibéralisme (accès aux ressources humaines mondiales). À chaque fois, l'humanité a réorganisé ses représentations. Le climat est la première fois qu'on nous demande de limiter l'accès aux ressources — un défi sans précédent pour des cerveaux conditionnés à l'expansion. (0:07:43) 3. Le capitalisme a délibérément mis la morale hors jeu Au XVIIe siècle, la grande question était : comment faire vivre des gens ensemble sans passer par la morale ou la religion, qui créent des guerres ? La réponse : l'intérêt personnel. Adam Smith, Montesquieu, Hirschman ont construit un système où l'égoïsme profite à la société. Ça a marché. Mais le climat est un problème moral (les plus faibles meurent en premier) — et on n'a plus les réflexes pour ça. (0:14:55) 4. L'overview effect comme signal de bascule possible Les astronautes dans l'espace deviennent poètes. Ils voient la planète fragile, belle, vivante. Frédéric propose ces trois perceptions comme signal capable de réécrire nos représentations. La fragilité déclenche la responsabilité (Lévinas). La beauté prépare à la morale (Kant). Le vivant nous réintègre dans la nature après des siècles d'extraction. Pas un programme politique — une hypothèse sur comment les cerveaux humains peuvent changer. (0:39:00) 5. Face à un enjeu moral, la question n'est plus l'espoir — c'est l'action Jean Cavaillès, philosophe-mathématicien résistant, incarne la réponse. En mai 1941, zéro espoir objectif. Et pourtant il agit — parce que face à un enjeu moral, la question n'est plus "quelle est la probabilité ?" mais "quelle est mon obligation ?". C'est la même logique que d'appeler les pompiers pour quelqu'un qui fait une crise cardiaque dont on sait qu'elle sera fatale. On agit. Pas parce qu'on espère, mais parce qu'on doit. (1:04:06) Questions posées- Qu'est-ce que l'anecdote d'Agassi et Becker révèle sur le fonctionnement du cerveau humain ?- Quels sont les grands "moments fromages" de l'histoire de l'humanité, et où en sommes-nous aujourd'hui ?- Comment définirais-tu le capitalisme à son origine — et en quoi diffère-t-il du néolibéralisme ?- Pourquoi le néolibéralisme a-t-il dissous le lien social, et quelles en sont les conséquences concrètes ?- Sur un problème aussi connu et aussi grave que le climat, pourquoi l'humanité n'arrive-t-elle pas à se mettre en mouvement ?- Qu'est-ce que l'inférence bayésienne nous apprend sur notre incapacité à mettre à jour nos modèles face au climat ?- Qu'est-ce que les astronautes et l'overview effect peuvent nous apprendre sur comment changer nos représentations collectives ?- Comment Lévinas et Kant peuvent-ils nous aider à repenser notre rapport au problème climatique ?- Qui était Jean Cavaillès, et pourquoi son histoire est-elle une réponse au problème de l'inaction ?- Si le signal qui change nos représentations n'est pas encore arrivé, qu'est-ce qui pourrait en tenir lieu à l'échelle de nos sociétés ? Références citéesPersonnes et penseurs - Stanislas Dehaene — chaire de sciences cognitives, Collège de France (0:04:00)- André Agassi / Boris Becker — anecdote du service et de la langue (0:02:37)- Max Weber — thèse sur la naissance du capitalisme (0:13:00)- Albert Hirschman — économiste, auteur sur l'origine du capitalisme (0:13:00)- Marcel Enaf — sur le commerce pré-capitaliste (0:17:29)- Machiavel, Spinoza, Galilée, Montesquieu, Adam Smith — généalogie du capitalisme (0:15:25)- Milton Friedman — article dans le New York Times sur le néolibéralisme (0:19:54)- Emmanuel Lévinas — philosophe lituanien, "le visage d'autrui" et l'éthique (0:42:44)- Emmanuel Kant — la beauté, le désintérêt et la morale (0:44:30)- Michel Serres — "on mesure l'ampleur d'un problème à la durée qu'il a mise à se former" (0:33:34)- Robin Dunbar — nombre de 150, limite de coordination des groupes humains (0:34:22)- Hannah Arendt et Karl Polanyi — fascisme comme réaction au libéralisme du XIXe siècle (1:07:50)- Henri Bergson — envoyé aux États-Unis pour convaincre Wilson d'entrer en guerre (0:53:43)- Président Wilson — discours d'entrée en guerre au nom de valeurs morales, 1917 (0:54:30)- Jean Cavaillès — philosophe-mathématicien résistant, fusillé (1:02:11)- Raymond Aron — "Si Jean Cavaillès avait vécu, j'aurais dit moins de bêtises" (1:04:06)- Pierre Brossolette, Jean Moulin — résistants évoqués en parallèle (1:05:00)Concepts et événements - Inférence bayésienne — mécanisme cognitif de construction de modèles (0:47:50)- Overview effect — phénomène de bascule perceptuelle chez les astronautes (0:39:30)- Théorie des "moments fromages" — concept central du livre (0:07:43)- Bulle des tulipes — première crise financière spéculative, XVIIe siècle (0:50:23)- COP21 — coalition d'investisseurs créée par Frédéric (0:27:33)- Passage à l'an 2000 (bug Y2K) — contre-exemple de mobilisation rapide (0:30:00)- Protocole de Montréal / couche d'ozone — résolu en 18 mois (0:51:43) Timestamps clés00:00 Introduction — Et si on se réjouissait à nouveau du futur ? Gregory présente Frédéric Semama, pionnier de la finance verte et auteur de L'énigme de l'inaction climatique. 02:37 L'anecdote Agassi / Becker Comment Agassi a découvert le code du service de Becker en s'asseyant dans la foule — et ce que ça révèle sur le cerveau humain. 04:00 Comment le cerveau construit ses modèles du monde Stanislas Dehaene au Collège de France : inférence bayésienne, le bébé, le rat dans le labyrinthe. 07:43 Les "moments fromages" de l'histoire humaine Agriculture, science moderne, néolibéralisme : trois grandes ruptures où l'humanité a réorganisé ses représentations pour accéder à de nouvelles ressources. 13:00 L'origine du capitalisme — bien au-delà de l'argent Comment le capitalisme est né comme solution à la guerre de religion : faire vivre des gens ensemble sans morale ni religion. 20:56 Tout le monde veut un village mais personne ne veut être villageois La concierge qui sauve Frédéric pendant le Covid — et le choc quand il essaie de la remercier avec des cadeaux. 27:00 Pourquoi on n'agit pas sur le climat Trois raisons structurelles : c'est la première limite à l'accès aux ressources, il n'y a pas de signal à hauteur du problème, et nos modèles sont inadaptés. 36:22 La bulle sociétale — on peut savoir et continuer quand même De la bulle internet à la bulle des tulipes : le mécanisme d'enfermement conscient à l'échelle d'une planète. 39:00 L'overview effect — les astronautes comme piste de bascule Fragile, belle, vivante : les trois perceptions que les astronautes rapportent de l'espace — et ce qu'elles activent dans le cerveau. 42:44 Lévinas : le visage d'autrui comme début de l'éthique Quand voir la fragilité de l'autre nous oblige à agir au-delà de notre instinct de conservation. 52:07 La couche d'ozone vs le climat En 18 mois, tous les

    1hr 22min
  3. [SOLO]  La crise de confort et notre corps

    21 MAY ·  VIDEO

    [SOLO] La crise de confort et notre corps

    Gregory Pouy, consultant, conférencier et fondateur du podcast Vlan! Dans ce solo, je lis ma newsletter sur un sujet qui m'obsède depuis un printemps passé à me traîner avec les yeux qui coulent et le nez bouché. Une allergie au pollen. Ça m'a paru absurde à un moment : comment mon corps peut-il traiter la nature comme une menace ? Et de là, j'ai tiré un fil. Un fil qui m'a mené à Paracelse, à l'hormèse, à David Strachan, à Anique de Bruin et finalement à une question beaucoup plus large : et si nos sociétés avaient systématiquement éliminé des résistances qui nous étaient nécessaires ? Ce solo est dans la continuité de mon épisode sur les frictions mais cette fois, je me concentre sur le corps. Sur le système immunitaire. Sur le cerveau. Sur ce que la biologie nous apprend du fonctionnement du vivant depuis 2,4 milliards d'années et que l'idéologie du confort a balayé en deux générations. Dans cet épisode, je parle de l'hormèse et de ses 9 000 modèles doses-réponses documentés, de l'explosion des allergies depuis les années 1960 dans les pays industrialisés, de ce que perdent les enfants nés par césarienne ou élevés loin de la nature et des microbes, de la réserve cognitive et de pourquoi les mots croisés que votre mère fait depuis trente ans ne lui servent à rien neurologiquement, des nudges et des sludges selon la Royal Society Open Science et finalement de ce que ça dit sur notre rapport à l'effort, à la Silicon Valley et à l'intelligence artificielle. Je ne prêche ni pour la souffrance, ni pour le retour en arrière. Je tente juste de poser la question honnêtement : lesquelles des frictions qu'on a supprimées méritaient de rester ? 3. Citations marquantes"Comment puis-je être allergique à la nature ? Comment mon corps peut-il traiter le pollen comme une menace ? Ça n'a aucun sens évolutif." "Supprimer l'effort, c'est supprimer le signal. Et sans signal, pas de réponse adaptative." "Le microbiome infantile n'est pas un risque à gérer mais un entraîneur. Il éduque le système immunitaire en lui présentant une diversité de micro-organismes à dose adaptée, exactement comme un entraîneur qui fait travailler un athlète sur des exercices progressivement plus difficiles." "Ce n'est pas la présence de microbes qui est problématique, c'est leur absence." "Ce qui ne vous tue pas ne vous rend pas automatiquement plus fort. Mais ce qui vous préserve de tout ce qui pourrait vous blesser vous rend certainement plus fragile." 4. Idées centrales (Big Ideas)1. La courbe en J de l'hormèse : le stress optimal n'est pas zéroExplication : L'hormèse désigne une réponse biphasique au stress : une faible dose stimule tandis qu'une forte dose inhibe. Le point optimal se situe juste au-dessus du seuil d'inconfort, pas dans le confort absolu ni dans la souffrance maximale. Paracelse l'avait formulé au XVIe siècle : "C'est la dose qui fait le poison." Ce principe concerne aujourd'hui 9 000 modèles doses-réponses documentés. Pourquoi ça compte : On a construit une culture sanitaire autour du zéro risque, d'une logique de suppression totale (les bains de bouche à l'alcool qui tuent 100% des bactéries, bonnes ou mauvaises). La biologie dit exactement l'inverse. Timestamp estimé : 04:30 - 08:00 2. La variation est le mécanisme, pas l'optionExplication : Que ce soit pour l'exercice, le jeûne intermittent ou la restriction calorique, un stresseur constant finit par devenir le fond sonore du corps. Le corps s'y adapte et cesse de répondre. Ce qui fonctionne, c'est l'imprévisibilité : le stresseur doit varier pour que le signal reste actif. Le fameux effet yoyo des régimes, c'est de la biologie, pas de la faiblesse. Pourquoi ça compte : Ça remet en cause la logique de discipline linéaire ("faites la même chose tous les jours") qui structure la plupart des conseils de santé et de développement personnel. Timestamp estimé : 08:00 - 13:30 3. Les allergies sont un choix politique, pas une malchanceExplication : Le rhume des foins a été décrit pour la première fois autour de 1870. L'asthme infantile a monté en flèche à partir des années 1960. Les allergies aux arachides ont explosé depuis les années 1990. Ces augmentations ne s'expliquent pas par la génétique, elles sont concentrées dans les pays industrialisés et elles suivent exactement la dynamique de l'hypothèse hygiéniste de David Strachan (1989) : un système immunitaire mal entraîné, faute de micro-organismes avec lesquels coévoluer. Pourquoi ça compte : C'est une histoire de choix collectifs : villes sans nature, agriculture chimique, produits ultra-transformés. Et c'est réversible. Timestamp estimé : 13:30 - 17:30 4. Le microbiome infantile s'entraîne ou s'atrophieExplication : Les enfants nés par césarienne n'acquièrent pas le microbiome maternel et présentent des taux d'allergies et d'asthme significativement plus élevés. Les enfants qui ont reçu plusieurs cycles d'antibiotiques dans leurs premières années développent une dysbiose intestinale liée aux maladies auto-immunes. Les souris élevées en environnement stérile développent un système immunitaire hypersensible, incapable de distinguer ami et ennemi. Pourquoi ça compte : La protection maximale de l'enfant peut produire l'effet inverse de ce qu'on cherche. Pas par faute des parents, mais parce que le cadre qu'on a collectivement construit autour de l'enfance élimine l'entraînement immunitaire nécessaire. Timestamp estimé : 17:30 - 22:00 5. La réserve cognitive se construit dans l'inconfort, pas dans la maîtriseExplication : Certaines personnes peuvent avoir des lésions avancées caractéristiques de la maladie d'Alzheimer à l'autopsie tout en ayant présenté peu ou pas de symptômes. Leurs cerveaux étaient malades, leurs esprits fonctionnaient. Cette réserve cognitive se construit en forçant le cerveau à créer des connexions nouvelles : apprendre une langue après 50 ans, jouer d'un instrument qu'on ne maîtrise pas, lire des auteurs avec lesquels on est en désaccord. Les jeux de mots croisés qu'on fait depuis trente ans ne construisent rien : le cerveau les traite en pilote automatique. Pourquoi ça compte : La chercheuse Anique de Bruin (Université de Maastricht) a formalisé ce paradoxe avec le concept S2D2 (Start and Stick to Desirable Difficulties) : on fuit systématiquement les conditions d'apprentissage les plus efficaces parce qu'elles ne ressemblent pas à de la progression. Timestamp estimé : 22:00 - 27:00 6. L'environnement détermine le comportement plus que la motivationExplication : Une étude de la Royal Society Open Science (2023) basée sur 184 expériences et 2,2 millions de participants montre que modifier l'effort (nudges et sludges) produit des effets comportementaux significativement plus forts que jouer sur la motivation ou la perception. Changer la disposition des plats dans une cafétéria fait manger plus de légumes que dix ans de campagnes nutritionnelles. Pourquoi ça compte : Si c'est l'environnement qui nous façonne, la question n'est pas "suis-je assez discipliné ?" mais "qui décide de la friction dans mes environnements ?" Timestamp estimé : 27:00 - 31:00 7. L'hormèse n'est ni éloge de la souffrance ni justification des inégalitésExplication : L'hormèse ne dit pas "souffre plus, tu deviendras plus fort." Elle dit : un stress adapté en intensité, intermittent et suivi de récupération est bénéfique. Un stress chronique, permanent, sans issue possible, détruit. Les études sur la pauvreté persistante et les traumatismes chroniques montrent des effets biologiques documentés : télomères raccourcis, cortisol chroniquement élevé, vieillissement accéléré. La précarité n'entraîne pas, elle écrase. Pourquoi ça compte : Ce concept peut être récupéré politiquement pour glorifier la souffrance ou justifier les inégalités. C'est une perversion complète. La fenêtre d'hormèse suppose que la récupération soit possible. Timestamp estimé : 31:00 - 34:30 5. Questions structurantes de l'épisode- Comment peut-on être allergique à la nature alors que nos systèmes immunitaires ont évolué avec elle pendant des millénaires ?- Qu'est-ce que l'hormèse et pourquoi ce concept reste-t-il quasi absent des discours publics sur la santé malgré 9 000 études documentées ?- À quel moment la réduction de friction devient-elle pathologique pour le corps, l'immunité, le cerveau ?- Pourquoi la variation est-elle le mécanisme central de l'hormèse plutôt que la constance d'un effort sain ?- Dans quelle mesure l'explosion des allergies depuis les années 1960 est-elle le résultat de choix politiques collectifs plutôt que d'une fatalité biologique ?- Qu'est-ce que la réserve cognitive et pourquoi les activités dans lesquelles on est bon ne contribuent pas à la construire ?- Comment distinguer les frictions qu'on a éliminées à juste titre (souffrance inutile) de celles qui nous étaient biologiquement nécessaires ?- Pourquoi notre environnement détermine-t-il notre comportement plus efficacement que notre motivation ou notre volonté ?- Comment l'intelligence artificielle nous force-t-elle à réfléchir concrètement à quelles frictions cognitives préserver intentionnellement ?- L'hormèse peut-elle être récupérée pour justifier les inégalités sociales, et pourquoi c'est précisément l'inverse de ce qu'elle dit ?6. Références citées dans l'épisodePersonnes et auteurs- Paracelse (XVIe siècle), médecin suisse-allemand, fondateur de la toxicologie moderne : "C'est la dose qui fait le poison." — ~04:30- David Strachan, épidémiologiste britannique : hypothèse hygiéniste (1989), première formalisation du lien entre manque d'exposition microbiale et maladies allergiques — ~14:30- Anique de Bruin, chercheuse, Université de Maastricht : concept S2D2 (Start and Stick to Desirable

    40 min
  4. #395 12 bouées pour ne pas se noyer dans le monde qui vient avec Albina du Boisrouvray

    19 MAY ·  VIDEO

    #395 12 bouées pour ne pas se noyer dans le monde qui vient avec Albina du Boisrouvray

    Albina du Boisrouvray est philanthrope, productrice de cinéma et autrice de Naviguer l'existence. Venue d'une bonne famille, elle a donné la quasi-totalité de sa fortune à sa fondation FXB pour sortir 100 000 personnes de l'extrême pauvreté. Je connais peu de trajectoires aussi denses que celle d'Albina. Militante écologiste dans les années 70 quand personne n'écoutait, productrice de cinéma dans un milieu misogyne, candidate aux législatives en 78, et puis surtout : mère d'un fils de 24 ans mort dans un accident d'hélicoptère, celui dans lequel se trouvait aussi Daniel Balavoine. Ce que j'aime chez Albina, c'est qu'elle n'est pas dans la posture. Elle dit qu'elle ne sait pas toujours comment elle a tenu. Elle dit qu'elle a parfois tort. Elle dit que son manque d'études l'a probablement rendue plus libre que si elle avait fait l'ENA. Dans cet épisode, nous parlons de deuil, de sens, de résilience et de cette méthode qu'elle a inventée contre l'avis de tout le monde, "la graduation approach", qui transgresse la doxa du micro-crédit. J'ai questionné Albina sur les bouées qu'elles considèrent comme la colonne vertébrale de toute son existence : ne jamais se pourrir le présent pour un futur qu'on ne peut pas imaginer. Citations marquantes- "La mort aura toujours le dernier mot. Mais qu'elle n'ait pas le dernier mot plus vite qu'elle devrait l'avoir."- "La résilience, c'est apprendre à vivre avec. Pas s'en débarrasser. Vivre avec."- "Quand j'ai vu que les gens à qui on apportait tout ça, leurs yeux s'illuminaient — ça réallumait ma propre capacité à ressentir du bonheur."- "Quand on est convaincu d'avoir raison, il faut aussi questionner ça. Il faut tout questionner."- "Ne jamais se pourrir le présent pour un avenir qu'on ne peut absolument pas imaginer, parce qu'il ne se passe jamais comme on l'a imaginé."Idées centrales 1. La résilience n'efface pas la douleur — elle l'intègre Titre : "Apprendre à vivre avec, pas à guérir" Albina ne dit pas qu'elle a "surmonté" la mort de son fils. Elle dit qu'elle a appris à vivre avec l'amputation. Ce décalage — entre guérir et intégrer — change tout dans la manière dont on traverse les épreuves. Cyrulnik lui a donné les mots. La vie lui a donné la méthode. Pourquoi c'est important : On vend trop souvent la résilience comme une victoire sur la douleur. Albina dit l'inverse : c'est une coexistence. Timestamp : ~07:00–10:05 2. Donner aux autres peut rallumer ce qu'on croyait éteint en soi Titre : "Le bonheur des autres comme carburant personnel" Ce n'est pas de la générosité romantique. C'est une mécanique très précise : quand tu vois les yeux de quelqu'un s'illuminer parce que tu lui as apporté quelque chose, ça rouvre ta propre capacité à ressentir. Albina l'a découvert au Liban en 1987, un an après la mort de François. Pourquoi c'est important : Ça retourne la question du sens — on ne trouve pas le sens en cherchant, on le trouve en faisant. Timestamp : ~20:44–21:46 3. La transgression comme méthode : donner plutôt que prêter Titre : "La graduation approach contre la doxa du micro-crédit" La grande transgression d'Albina : donner des entreprises aux familles au lieu de leur prêter de l'argent, et accompagner ça avec l'accès simultané à tous les droits de base. Les Nations Unies disaient que ça ne se faisait pas. Elle l'a fait quand même. Résultat : 86% de réussite, 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté. Pourquoi c'est important : Quand le consensus est fort, c'est souvent le moment de questionner, pas d'obéir. Timestamp : ~13:20–18:04 4. Penser par soi-même contre les doxas de son époque Titre : "Quitter une réunion d'extrême gauche en 1970 parce qu'on y préparait des attentats" Elle a été militante gauchiste jusqu'au jour où elle a compris que ça menait au terrorisme. Elle a refusé le micro-crédit quand tout le monde le défendait. Elle a soutenu le maintien du nucléaire quand sa famille politique voulait le démanteler. Sa boussole : ses propres valeurs, pas les étiquettes. Pourquoi c'est important : La liberté de pensée n'est pas un droit qu'on reçoit — c'est une discipline qu'on exerce contre soi-même d'abord. Timestamp : ~45:24–48:32 5. Le capitalisme n'est pas le problème. Le capitalisme débridé, si. Titre : "L'offre et la demande ça fonctionne — le problème c'est quand ça sert les actionnaires plutôt que les humains" Elle fait une distinction que peu de militant.e.s de sa génération acceptent : la nature humaine n'est pas totalement oblative, il faut un intérêt pour que ça marche. Ce qui ne fonctionne pas, c'est l'article de Friedman de 1970 qui a scellé l'idée que le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes. Pourquoi c'est important : On ne changera pas le système en le refusant en bloc. On le change en redéfinissant ce qu'il sert. Timestamp : ~36:28–39:16 Questions posées dans l'interview- Tu dis que l'avenir a perdu ses promesses — mais pour ta génération, les 30 glorieuses, c'était le contraire. Qu'est-ce qui a changé, selon toi?- Comment on traverse la mort d'un enfant sans se laisser détruire?- Est-ce que c'est la douleur qui t'a poussée vers l'humanitaire, ou tu l'aurais fait de toute façon?- La graduation approach était une transgression totale à l'époque. Comment tu as eu le courage de contredire le consensus des Nations Unies?- Comment on fait pour ne pas laisser sa famille imposer notre destin — surtout quand on l'aime?- Tu parles de "ne pas accepter les doxas de son époque" — mais comment tu sais que tu n'es pas juste en train de remplacer une doxa par une autre?- La place des femmes — tu dis que rien n'est acquis. Qu'est-ce que tu dirais à une femme jeune aujourd'hui face au retour des religions et du patriarcat?- Comment tu pratiques l'instant présent concrètement? C'est une philosophie ou une discipline quotidienne?- Avec le recul de tes 80 ans, qu'est-ce que tu changerais dans ta manière de vivre?- A quoi tu veux claquer la porte — et où est-ce que tu veux ouvrir?Références citées dans l'épisodeLivres - Naviguer l'existence — Albina du Boisrouvray (fil rouge de tout l'épisode) ~00:29- Indignez-vous! — Stéphane Hessel (résonance sur la capacité d'indignation d'Albina) ~25:04- Livre de Boris Cyrulnik sur la résilience (titre non précisé, mais "ça a totalement résonné") ~07:38Articles / textes - Article de Thomas Friedman (journaliste) sur "l'ère du polysène" — le monde comme système complexe et non binaire ~34:03- Article de Milton Friedman (économiste, NYT, 1970) — le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes aux actionnaires ~35:44- Documentaire Arte sur la violence de l'extrême droite en France et en Allemagne ~54:21Personnes - Daniel Balavoine — mort dans l'accident d'hélicoptère du Paris-Dakar 1986 ~01:03- François, son fils — pilote de l'hélicoptère, 24 ans ~06:55- Bernard Kouchner — mission au Liban en 1987 ~20:44- Professeur Jonathan Mann (Harvard/OMS) — paradigme santé publique, alerte sur les orphelins du SIDA ~11:37- Mohamed Yunus — micro-crédit (admiré, mais insuffisant pour l'extrême pauvreté) ~14:15- Brice Lalonde, René Dumont — militants écologistes des années 70 ~05:04- André Gorz — cité rapidement comme proche des mouvements écolos ~05:03- André Delvaux — réalisateur belge représenté par Albina à Cannes ~48:59- Kim Chapiron — réalisateur français, propos sur la représentation des musulmans au cinéma post-2001 ~53:32- Anne Chirac — avait posé des pots de fleurs sur les Champs-Élysées en réponse aux plaidoyers écologistes ~04:04Organisations - FXB (Fondation François-Xavier Bagnoud) — fondée par Albina ~12:24- Médecins sans Frontières / Médecins du Monde — Albina a été bénévole ~22:59- Banque mondiale, BRAC, Ford Foundation — ont repris la graduation approach à grande échelle ~18:31Concepts - Résilience (Cyrulnik) ~07:38- Graduation approach (méthode FXB) ~15:48- Polysène — ère où tout est imbriqué, plus rien n'est binaire ~34:03- Famille étendue africaine ~13:32- Bouddhisme : "ici et maintenant" ~59:50- Talmud / pil-poul : questionnement constant ~47:07Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 — Introduction VLAN Greg ouvre sur la question centrale du podcast : "Et si on pouvait à nouveau se réjouir du futur?" Présentation d'Albina, de son livre Naviguer l'existence et de ses 12 bouées de sauvetage. 01:55 — Les 12 bouées : pourquoi des bouées et pas des clés "Les clés ouvrent des portes. Les bouées, elles te sauvent dans une tempête." Une distinction qui dit tout sur l'état dans lequel elle perçoit le monde aujourd'hui. 02:05 — L'avenir a perdu ses promesses Retour sur les 40 glorieuses, l'espoir de l'après-guerre, et le moment où tout a basculé. Albina raconte comment elle portait l'alerte climatique il y a 50 ans — et comment personne ne l'écoutait, même dans les réunions politiques enfumées. 06:38 — Bouée #1 : ne pas se laisser détruire par le malheur La mort de son fils François à 24 ans. Comment on tient. Ce que la résilience veut vraiment dire. Cyrulnik lui a donné les mots, la vie lui a donné la méthode. 10:50 — Comment la douleur l'a conduite à l'humanitaire Un an après la mort de François, elle part avec Kouchner au Liban porter des médicaments des deux côtés de la ligne de front. Elle retrouve là, pour la première fois, sa capacité à ressentir du bonheur. 13:20 — La transgression de la graduation approach En Afrique, elle comprend que son modèle occidental ne fonctionne pas. Elle invente une méthode qui transgresse la doxa du micro-crédit et choque les Nations Unies. Elle a raison. 18:04 — 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté 86% de réussite. La méthode FXB reprise par la Banque mondiale et BRAC. Elle a tout dépensé. E

    1hr 11min
  5. [Moment] Notre assiette est en train de nous tuer avec Jean-David Zeitoun

    14 MAY

    [Moment] Notre assiette est en train de nous tuer avec Jean-David Zeitoun

    Jean David Zeitoun, gastro-entérologue et auteur, est un des rares médecins à dire ce que les responsables politiques ne veulent pas entendre. Ceci est un passage très très écouté du podcast, c'est la raison pour laquelle nous l'avons sélectionné comme un moment. Dans ce moment, je parle avec Jean David Zeitoun d'un paradoxe qui me frappe depuis longtemps : comment peut-on se féliciter des progrès de la médecine pendant que l'obésité explose, que des cancers touchent des gens de 35 ans, et que la mortalité infantile repart à la hausse en France ? J'ai questionné Zeitoun sur les vrais ennemis de notre santé au XXIe siècle, ces "méchants" que nos dirigeants ne regardent pas encore en face : l'alimentation ultra-transformée et la pollution. On parle aussi de la réaction de Maillard, de NASH, de maladie de Crohn, et de ce qui se passe réellement dans notre corps quand on mange des produits qu'on ne reconnaîtrait pas dans la nature. Citations marquantes"L'espérance de vie, c'est l'indicateur qui se modifie trop tardivement. Quand elle commence à baisser, vous êtes déjà en état de dégradation avancée." "Les méchants typiques du XXIe siècle, c'est l'alimentation et l'environnement. Les leaders politiques résonnent encore avec la mentalité du XXe siècle." "Il y a une quinzaine de cancers en Europe pour lesquels la fréquence augmente plus vite que la démographie, chez des gens entre 35 et 50 ans. On n'en parle jamais." "Les calories ne font pas tout. Vous pouvez avoir à calories égales des aliments beaucoup plus mauvais pour la santé juste parce qu'ils ont été ultra-transformés." "Pour naviguer entre les risques alimentaires, il faut beaucoup de connaissances, beaucoup de moyens et pas mal de temps. Ça veut dire qu'il faut une intervention, sinon ça ne se résoudra pas tout seul." Big Ideas1. L'espérance de vie est un mauvais indicateur de santé publique (~00:45) On se rassure avec l'espérance de vie, mais c'est un indicateur qui réagit trop tard. Quand elle commence à baisser, comme aux États-Unis depuis 10 ans, c'est qu'on est déjà dans une crise profonde. Il faut regarder d'autres signaux, plus précoces et plus révélateurs. 2. Les cancers précoces, un angle mort politique et médiatique (~01:21) Une quinzaine de cancers progressent en Europe plus vite que la démographie chez les 35-50 ans. Personne n'en parle. Ce silence dit beaucoup sur notre incapacité collective à regarder les vrais problèmes en face quand ils n'entrent pas dans les narratifs dominants. 3. L'alimentation est le nouveau tabac, sans la taxe (~02:30) Le XXe siècle a su identifier le tabac et l'alcool comme ennemis de santé publique et agir dessus (lentement, mais quand même). Le XXIe a deux nouveaux ennemis bien identifiés par la science : l'alimentation ultra-transformée et l'environnement chimique. Aucune politique publique sérieuse n'existe encore. 4. Ultra-transformé : l'effet au-delà des calories (~06:48) Pendant des décennies, on a jugé les aliments uniquement sur leurs calories. C'est faux. Un aliment ultra-transformé peut provoquer de l'obésité, des maladies du foie, des inflammations chroniques avec un compteur calorique "normal". La transformation elle-même est un facteur de risque indépendant. 5. La réaction de Maillard : vieillir de l'intérieur (~10:09) Cette réaction chimique naturelle, la caramélisation, est accélérée par certains produits alimentaires. Elle rigidifie les vaisseaux, opacifie le cristallin, abîme les tissus. C'est un mécanisme de vieillissement accéléré que l'on s'inflige sans le savoir. Questions posées dans l'interview- Aujourd'hui, ça ressemble à quoi la santé au XXIe siècle ?- Les cancers précoces en Europe, pourquoi on n'en parle pas ?- La mortalité infantile repart à la hausse en France : quelles causes ?- L'alimentation ultra-transformée, c'est vraiment le nouveau "méchant" dominant ?- La commodification de l'alimentation explique-t-elle qu'on y prête moins attention ?- Le marché alimentaire peut-il se réguler seul ou faut-il une intervention d'État ?- Maladies chroniques, maladies auto-immunes : d'où ça vient, comment ça fonctionne ?- Qu'est-ce qui se passe exactement dans le corps quand on mange de l'ultra-transformé ?- Les laits végétaux industriels et les steaks végétariens, c'est une bonne alternative ?- La réaction de Maillard, qu'est-ce que c'est et pourquoi c'est un problème ? Suggestion d'épisode à écouter : #304  Comprendre et lutter contre les nouvelles maladies de notre civilisation avec Jean-David Zeitoun (https://audmns.com/uZITtSz) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    11 min
  6. #394 Ce que l'on refuse de comprendre avec l'énergie avec Julien Villeret (partie 2)

    12 MAY

    #394 Ce que l'on refuse de comprendre avec l'énergie avec Julien Villeret (partie 2)

    Julien Villeret dirige l'innovation du groupe EDF, on s'est retrouvés un jour de pluie, ce qui tombait plutôt bien pour parler d'énergie. Julien est l'un de ces rares interlocuteurs capables de parler du mix énergétique français sans perdre la nuance ni tomber dans le discours institutionnel. Il connaît le sujet de l'intérieur, et il n'a pas peur d'aller là où ça grince. Dans cet épisode, nous parlons de nucléaire, bien sûr, mais aussi de ce qu'on ne comprend pas sur l'électricité en général. J'ai questionné Julien sur les déchets nucléaires (leur volume réel vous va surprendre), sur les compétences qu'on a perdues en arrêtant de construire des centrales, sur pourquoi une voiture électrique en Allemagne, c'est techniquement une voiture au charbon, et sur l'hydrogène, qu'on nous vend comme la grande révolution alors que la réalité est beaucoup plus complexe. On parle aussi de fusion nucléaire, de SMR, de la panne en Espagne, du compteur Linky, de l'IA et de sa consommation d'énergie, et des SAF, ces carburants d'aviation qui permettent de voler à neutralité carbone dès aujourd'hui. Ce qui m'a frappé dans cet échange, c'est la posture. Julien ne survend pas, il ne minimise pas. Il essaie juste de remettre des faits là où il y a trop souvent des fantasmes. CITATIONS MARQUANTES1. "Si on n'a plus d'énergie, on n'a plus de plastique. Et si on n'a plus de plastique, on n'a plus d'hôpitaux." (Julien Villeret, ~0:03:44) 2. "Tous les déchets nucléaires produits par le parc français depuis les années 60, c'est en gros deux piscines olympiques en volume." (Julien Villeret, ~0:17:25) 3. "Une centrale nucléaire, ça ne peut pas exploser. C'est un fantasme." (Julien Villeret, ~0:36:26) 4. "Les plus grandes batteries du monde aujourd'hui, ce sont des barrages." (Julien Villeret, ~0:11:15) 5. "On a arrêté de construire des centrales pour des raisons idéologiques. Les gens qui savaient faire sont partis à la retraite." (Julien Villeret, ~0:26:25) IDÉES MARQUANTES1. L'énergie est consubstantielle à la civilisation, pas optionnelle Timestamp : ~0:02:51 L'énergie n'est pas un confort ou un luxe, c'est le socle de tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle, la vie moderne dans son entier. Le rejet d'une écologie radicale par les populations vient en partie de là : on leur demande de renoncer à quelque chose qui est aussi fondamental que l'air qu'ils respirent. Pourquoi c'est important : tant qu'on ne pose pas ce cadre, on ne peut pas avoir un débat énergétique honnête. 2. L'électricité propre ou sale dépend de comment elle est produite, pas de comment elle est consommée Timestamp : ~0:07:00 Une voiture électrique en France est l'une des plus propres au monde. La même voiture en Allemagne fonctionne au charbon. Ce n'est pas l'usage qui définit l'empreinte carbone, c'est la chaîne de production entière. Pourquoi c'est important : ça remet en question beaucoup de discours simplistes sur la mobilité électrique et force à penser en systèmes. 3. Les barrages hydrauliques sont les plus grandes batteries du monde Timestamp : ~0:10:18 L'eau stockée dans un barrage, c'est de l'électricité en réserve. On ouvre ou on ferme selon le besoin. C'est une batterie géante, naturelle, disponible immédiatement. La France l'utilise pour réguler son réseau depuis des décennies. Pourquoi c'est important : cette réalité physique remet en question l'idée que le stockage d'électricité est un problème sans solution. 4. Les compétences nucléaires se perdent quand on arrête de construire Timestamp : ~0:26:08 La France a arrêté de construire des centrales pour des raisons politiques. Résultat : les ingénieurs et soudeurs spécialisés ont vieilli et pris leur retraite, et les jeunes ne se sont pas formés sur des métiers qu'on disait sans avenir. Aujourd'hui, EDF recrute 10 000 personnes par an pour rattraper le retard. Pourquoi c'est important : les décisions politiques sur l'énergie ont des conséquences industrielles qui prennent des décennies à corriger. 5. Penser l'énergie en statique est une erreur de raisonnement Timestamp : ~0:47:53 Il y a 15 ans, on prédisait que les data centers représenteraient 10% de la consommation mondiale d'électricité. Aujourd'hui on est à 2,2%. Pourquoi ? Parce que les technologies deviennent plus efficaces au fur et à mesure. Tirer la droite et extrapoler lineairement est une erreur systématique dans tous les grands débats énergétiques. Pourquoi c'est important : c'est le même réflexe qu'on applique aujourd'hui à l'IA, et probablement avec les mêmes erreurs de projection. 6. La fusion nucléaire : entre le Graal et la promesse impossible Timestamp : ~1:01:58 La fusion produirait une énergie presque illimitée, décarbonée, peu coûteuse et quasi sans déchets. C'est la centrale nucléaire idéale sur le papier. Sauf qu'on ne sait pas encore si on arrivera à la construire, et que les horizons varient de 2035 (optimistes) à 2070 (scientifiques). Les premières centrales en production : probablement 2080-2100. Pourquoi c'est important : ça relativise les discours apocalyptiques sur l'énergie et rappelle qu'on a des décennies pour construire, pas juste quelques années. 7. L'hydrogène vert : trop cher, trop dangereux pour la mobilité légère Timestamp : ~1:07:41 EDF ne croit pas à l'hydrogène pour les voitures particulières. Trop cher à produire, trop dangereux à stocker sous pression, infrastructure à construire from scratch. En revanche, pour les bus et les camions approvisionnés depuis une station centralisée, ça peut faire du sens. Les avions, eux, se tournent vers les SAF (Sustainable Aviation Fuels), qui sont opérationnels dès aujourd'hui. Pourquoi c'est important : l'hydrogène est massivement sur-promu dans le débat public, et la réalité industrielle est beaucoup plus about de niche use cases que de révolution générale. QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW- Qu'est-ce que les gens ne comprennent pas sur l'énergie, et ce serait bien qu'ils comprennent ?- Est-ce que le rejet de l'écologie radicale vient du fait qu'on demande aux gens d'arrêter quelque chose de consubstantiel à leur vie ?- Comment chez EDF observez-vous l'évolution de la consommation d'énergie, notamment la tension entre développement des usages et efficacité énergétique ?- Quelle est l'intermittence réelle des éoliennes et des panneaux solaires, en chiffres concrets ?- Qu'est-ce que le compteur Linky exactement, et pourquoi a-t-il généré autant de fantasmes ?- Où en est-on de l'innovation sur les déchets nucléaires, et peut-on les recycler ?- La France a-t-elle perdu des compétences nucléaires en arrêtant de construire ? Lesquelles ?- Est-ce que les SMR (Small Modular Reactors) peuvent accélérer le déploiement du nucléaire ?- Est-ce que l'IA et la blockchain vont créer une pénurie d'électricité, ou est-ce une projection trop statique ?- Pourquoi l'hydrogène ne fonctionnera probablement pas pour la mobilité légère, et où peut-il avoir du sens ?RÉFÉRENCES CITÉESSites / Données - Our World in Data (mentionné comme "The World in Data") : site recommandé par Julien pour visualiser l'évolution du bien-être mondial sur 100-300 ans. (~1:16:20)- Agence mondiale de l'énergie (AIE) : citée sur les prévisions de consommation électrique liée à l'IA. (~0:49:30)Institutions / Organismes - ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) : gestion des déchets nucléaires en France. (~0:17:25)- Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) : régulation et surveillance du parc nucléaire français. (~0:17:25)- ITER : projet international de fusion nucléaire basé en France. (~1:03:30)- Enedis : opérateur du réseau de distribution électrique, gestionnaire du compteur Linky (distinct d'EDF). (~0:14:44)- RTE : réseau de transport d'électricité française. (~0:44:12)- ANSI / ANSSI : agence nationale de sécurité des systèmes d'information, mentionnée pour la cybersécurité des infrastructures. (~0:46:45)Projets / Technologies - CIGEO : projet d'enfouissement des déchets nucléaires dans des couches géologiques profondes, mené par l'ANDRA. (~0:18:30)- Flamanville 3 : prochain réacteur nucléaire français, sur le point d'être raccordé au réseau. (~0:21:03)- Hinkley Point C : réacteur en construction au Royaume-Uni par EDF. (~0:28:18)- Sizewell : projet de réacteur au Royaume-Uni. (~0:28:18)- New World (projet EDF) : SMR développé par EDF. (~0:42:17)- SAF / e-fuel (Sustainable Aviation Fuels) : carburant d'aviation bas carbone, obligation réglementaire croissante en Europe. (~1:12:32)Événements - Accident de Fukushima : analysé en détail comme tsunami avant d'être un accident nucléaire, utilisé comme base d'apprentissage mondial. (~0:19:00)- Panne électrique en Espagne et Portugal : analysée comme "orage parfait" lié à la nature analogique de l'électricité. (~0:51:33)- Record d'exportation d'électricité EDF : 90 TWh exportés, record historique. (~0:48:11)Découverte scientifique - Hydrogène blanc : gisement potentiellement record découvert en France, hydrogène naturel présent dans le sol. (~1:06:40)TIMESTAMPS CLÉS (YouTube)00:00 Introduction : et si on se réjouissait à nouveau du futur ? 01:55 Présentation de Julien Villeret, directeur de l'innovation EDF 02:05 L'énergie, c'est quoi au fond ? Ce que les gens ne comprennent pas L'énergie est consubstantielle à la civilisation depuis toujours. Sans électricité aujourd'hui, on perd tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle. C'est le cadre que pose Julien avant d'aborder quoi que ce soit. 04:18 Pourquoi l'écologie radicale ne passe pas dans l'opinion publique Le rejet du discours radical vient d'une réalité simple : on ne peut pas demander aux gens d'arrêter quelque chose d'aussi fondamental que l'énergie. La vraie quest

    35 min
  7. #394 Ce que l'on refuse de comprendre sur l'énergie avec Julien Villeret (partie 1)

    12 MAY ·  VIDEO

    #394 Ce que l'on refuse de comprendre sur l'énergie avec Julien Villeret (partie 1)

    Julien Villeret dirige l'innovation du groupe EDF, on s'est retrouvés un jour de pluie, ce qui tombait plutôt bien pour parler d'énergie. Julien est l'un de ces rares interlocuteurs capables de parler du mix énergétique français sans perdre la nuance ni tomber dans le discours institutionnel. Il connaît le sujet de l'intérieur, et il n'a pas peur d'aller là où ça grince. Dans cet épisode, nous parlons de nucléaire, bien sûr, mais aussi de ce qu'on ne comprend pas sur l'électricité en général. J'ai questionné Julien sur les déchets nucléaires (leur volume réel vous va surprendre), sur les compétences qu'on a perdues en arrêtant de construire des centrales, sur pourquoi une voiture électrique en Allemagne, c'est techniquement une voiture au charbon, et sur l'hydrogène, qu'on nous vend comme la grande révolution alors que la réalité est beaucoup plus complexe. On parle aussi de fusion nucléaire, de SMR, de la panne en Espagne, du compteur Linky, de l'IA et de sa consommation d'énergie, et des SAF, ces carburants d'aviation qui permettent de voler à neutralité carbone dès aujourd'hui. Ce qui m'a frappé dans cet échange, c'est la posture. Julien ne survend pas, il ne minimise pas. Il essaie juste de remettre des faits là où il y a trop souvent des fantasmes. CITATIONS MARQUANTES1. "Si on n'a plus d'énergie, on n'a plus de plastique. Et si on n'a plus de plastique, on n'a plus d'hôpitaux." (Julien Villeret, ~0:03:44) 2. "Tous les déchets nucléaires produits par le parc français depuis les années 60, c'est en gros deux piscines olympiques en volume." (Julien Villeret, ~0:17:25) 3. "Une centrale nucléaire, ça ne peut pas exploser. C'est un fantasme." (Julien Villeret, ~0:36:26) 4. "Les plus grandes batteries du monde aujourd'hui, ce sont des barrages." (Julien Villeret, ~0:11:15) 5. "On a arrêté de construire des centrales pour des raisons idéologiques. Les gens qui savaient faire sont partis à la retraite." (Julien Villeret, ~0:26:25) IDÉES MARQUANTES1. L'énergie est consubstantielle à la civilisation, pas optionnelle Timestamp : ~0:02:51 L'énergie n'est pas un confort ou un luxe, c'est le socle de tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle, la vie moderne dans son entier. Le rejet d'une écologie radicale par les populations vient en partie de là : on leur demande de renoncer à quelque chose qui est aussi fondamental que l'air qu'ils respirent. Pourquoi c'est important : tant qu'on ne pose pas ce cadre, on ne peut pas avoir un débat énergétique honnête. 2. L'électricité propre ou sale dépend de comment elle est produite, pas de comment elle est consommée Timestamp : ~0:07:00 Une voiture électrique en France est l'une des plus propres au monde. La même voiture en Allemagne fonctionne au charbon. Ce n'est pas l'usage qui définit l'empreinte carbone, c'est la chaîne de production entière. Pourquoi c'est important : ça remet en question beaucoup de discours simplistes sur la mobilité électrique et force à penser en systèmes. 3. Les barrages hydrauliques sont les plus grandes batteries du monde Timestamp : ~0:10:18 L'eau stockée dans un barrage, c'est de l'électricité en réserve. On ouvre ou on ferme selon le besoin. C'est une batterie géante, naturelle, disponible immédiatement. La France l'utilise pour réguler son réseau depuis des décennies. Pourquoi c'est important : cette réalité physique remet en question l'idée que le stockage d'électricité est un problème sans solution. 4. Les compétences nucléaires se perdent quand on arrête de construire Timestamp : ~0:26:08 La France a arrêté de construire des centrales pour des raisons politiques. Résultat : les ingénieurs et soudeurs spécialisés ont vieilli et pris leur retraite, et les jeunes ne se sont pas formés sur des métiers qu'on disait sans avenir. Aujourd'hui, EDF recrute 10 000 personnes par an pour rattraper le retard. Pourquoi c'est important : les décisions politiques sur l'énergie ont des conséquences industrielles qui prennent des décennies à corriger. 5. Penser l'énergie en statique est une erreur de raisonnement Timestamp : ~0:47:53 Il y a 15 ans, on prédisait que les data centers représenteraient 10% de la consommation mondiale d'électricité. Aujourd'hui on est à 2,2%. Pourquoi ? Parce que les technologies deviennent plus efficaces au fur et à mesure. Tirer la droite et extrapoler lineairement est une erreur systématique dans tous les grands débats énergétiques. Pourquoi c'est important : c'est le même réflexe qu'on applique aujourd'hui à l'IA, et probablement avec les mêmes erreurs de projection. 6. La fusion nucléaire : entre le Graal et la promesse impossible Timestamp : ~1:01:58 La fusion produirait une énergie presque illimitée, décarbonée, peu coûteuse et quasi sans déchets. C'est la centrale nucléaire idéale sur le papier. Sauf qu'on ne sait pas encore si on arrivera à la construire, et que les horizons varient de 2035 (optimistes) à 2070 (scientifiques). Les premières centrales en production : probablement 2080-2100. Pourquoi c'est important : ça relativise les discours apocalyptiques sur l'énergie et rappelle qu'on a des décennies pour construire, pas juste quelques années. 7. L'hydrogène vert : trop cher, trop dangereux pour la mobilité légère Timestamp : ~1:07:41 EDF ne croit pas à l'hydrogène pour les voitures particulières. Trop cher à produire, trop dangereux à stocker sous pression, infrastructure à construire from scratch. En revanche, pour les bus et les camions approvisionnés depuis une station centralisée, ça peut faire du sens. Les avions, eux, se tournent vers les SAF (Sustainable Aviation Fuels), qui sont opérationnels dès aujourd'hui. Pourquoi c'est important : l'hydrogène est massivement sur-promu dans le débat public, et la réalité industrielle est beaucoup plus about de niche use cases que de révolution générale. QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW- Qu'est-ce que les gens ne comprennent pas sur l'énergie, et ce serait bien qu'ils comprennent ?- Est-ce que le rejet de l'écologie radicale vient du fait qu'on demande aux gens d'arrêter quelque chose de consubstantiel à leur vie ?- Comment chez EDF observez-vous l'évolution de la consommation d'énergie, notamment la tension entre développement des usages et efficacité énergétique ?- Quelle est l'intermittence réelle des éoliennes et des panneaux solaires, en chiffres concrets ?- Qu'est-ce que le compteur Linky exactement, et pourquoi a-t-il généré autant de fantasmes ?- Où en est-on de l'innovation sur les déchets nucléaires, et peut-on les recycler ?- La France a-t-elle perdu des compétences nucléaires en arrêtant de construire ? Lesquelles ?- Est-ce que les SMR (Small Modular Reactors) peuvent accélérer le déploiement du nucléaire ?- Est-ce que l'IA et la blockchain vont créer une pénurie d'électricité, ou est-ce une projection trop statique ?- Pourquoi l'hydrogène ne fonctionnera probablement pas pour la mobilité légère, et où peut-il avoir du sens ?RÉFÉRENCES CITÉESSites / Données - Our World in Data (mentionné comme "The World in Data") : site recommandé par Julien pour visualiser l'évolution du bien-être mondial sur 100-300 ans. (~1:16:20)- Agence mondiale de l'énergie (AIE) : citée sur les prévisions de consommation électrique liée à l'IA. (~0:49:30)Institutions / Organismes - ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) : gestion des déchets nucléaires en France. (~0:17:25)- Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) : régulation et surveillance du parc nucléaire français. (~0:17:25)- ITER : projet international de fusion nucléaire basé en France. (~1:03:30)- Enedis : opérateur du réseau de distribution électrique, gestionnaire du compteur Linky (distinct d'EDF). (~0:14:44)- RTE : réseau de transport d'électricité française. (~0:44:12)- ANSI / ANSSI : agence nationale de sécurité des systèmes d'information, mentionnée pour la cybersécurité des infrastructures. (~0:46:45)Projets / Technologies - CIGEO : projet d'enfouissement des déchets nucléaires dans des couches géologiques profondes, mené par l'ANDRA. (~0:18:30)- Flamanville 3 : prochain réacteur nucléaire français, sur le point d'être raccordé au réseau. (~0:21:03)- Hinkley Point C : réacteur en construction au Royaume-Uni par EDF. (~0:28:18)- Sizewell : projet de réacteur au Royaume-Uni. (~0:28:18)- New World (projet EDF) : SMR développé par EDF. (~0:42:17)- SAF / e-fuel (Sustainable Aviation Fuels) : carburant d'aviation bas carbone, obligation réglementaire croissante en Europe. (~1:12:32)Événements - Accident de Fukushima : analysé en détail comme tsunami avant d'être un accident nucléaire, utilisé comme base d'apprentissage mondial. (~0:19:00)- Panne électrique en Espagne et Portugal : analysée comme "orage parfait" lié à la nature analogique de l'électricité. (~0:51:33)- Record d'exportation d'électricité EDF : 90 TWh exportés, record historique. (~0:48:11)Découverte scientifique - Hydrogène blanc : gisement potentiellement record découvert en France, hydrogène naturel présent dans le sol. (~1:06:40)TIMESTAMPS CLÉS (YouTube)00:00 Introduction : et si on se réjouissait à nouveau du futur ? 01:55 Présentation de Julien Villeret, directeur de l'innovation EDF 02:05 L'énergie, c'est quoi au fond ? Ce que les gens ne comprennent pas L'énergie est consubstantielle à la civilisation depuis toujours. Sans électricité aujourd'hui, on perd tout : la santé, la nourriture, la fabrication industrielle. C'est le cadre que pose Julien avant d'aborder quoi que ce soit. 04:18 Pourquoi l'écologie radicale ne passe pas dans l'opinion publique Le rejet du discours radical vient d'une réalité simple : on ne peut pas demander aux gens d'arrêter quelque chose d'aussi fondamental que l'énergie. La vraie quest

    47 min
  8. [Solo] Incel, masculinisme, Mazan : peut on résoudre cette violence ?

    7 MAY

    [Solo] Incel, masculinisme, Mazan : peut on résoudre cette violence ?

    C'est un épisode tiré de ma newsletter (abonnez-vous) que je n'avais pas prévu de faire. J'ai vu passer une info entre la story d'un anniversaire et une recette de cuisine : 62 millions de visites en un mois pour un site qui enseigne à droguer et violer des femmes. J'ai été choqué, j'ai partagé, et j'ai continué ma journée mais c'était impossible. En qualité d'homme, me taire sur ce sujet ferait de moi un complice. Alors j'ai passé plusieurs semaines à lire des études, écouter des podcasts, regarder des documentaires. Plus d'une vingtaine de sources académiques publiées entre 2021 et 2025, bell hooks, Scott Galloway, Niobe Way, Olivia Gazalé, le rapport 2025 du Haut Conseil à l'Égalité, le podcast "Des mecs solides" d'Arte Radio. Dans cet épisode, je parle du chemin, plus court qu'on ne le croit, entre un garçon de 18 ans seul et sans boussole, et une communauté qui lui enseigne la haine. J'ai questionné ce que ça dit du monde qu'on a construit : on a transformé la condition féminine en quelques décennies sans jamais proposer aux hommes une nouvelle façon d'être des hommes. J'y parle aussi des algorithmes qui exposent un ado à du contenu masculiniste en 9 minutes. De l'amitié masculine qu'on n'a jamais appris à construire. De Marvin, 18 ans, qui s'en est sorti. Et de ce qu'on pourrait faire autrement. Ce n'est pas un épisode pour justifier quoi que ce soit. C'est un épisode pour comprendre, parce que sans comprendre, on ne changera rien. Citations marquantes« La personne la plus dangereuse du monde, c'est un jeune homme seul et sans le sou. Or la société n'en a jamais autant produit. » — Scott Galloway « Les hommes ne sont pas en crise, mais ils font des crises, jusqu'au point de tuer des femmes. » — Francis Dupuis-Déry « On ne peut pas guérir dans l'isolement. Une culture de la guérison qui donne aux hommes les moyens de changer est en train de naître. » — bell hooks « C'est pas de ta faute, c'est la faute des femmes, des féministes, des woke. Une simplification pour répondre à une souffrance qui est, elle, réelle. » — Pauline Ferrari « En réalité, les hommes souffrent et toute la culture leur dit : s'il vous plaît, ne nous confiez pas ce que vous ressentez. » — bell hooks Big Ideas1. On a changé le monde sans changer les représentations masculines La condition féminine a évolué en quelques décennies, une révolution sans précédent historique. Mais les imaginaires masculins, eux, n'ont pas bougé. Des millions d'hommes se retrouvent sans carte pour naviguer cette réalité. Olivia Gazalé le met en perspective : toutes les crises de la virilité se ressemblent, sauf celle-ci — parce que cette fois, les règles du jeu ont vraiment changé. Timestamp estimé : ~10:00 2. Le corps comme seul territoire de contrôle restant Quand l'économie, l'école et les relations affectives paraissent hors de portée, le corps reste le seul endroit où on peut mesurer des progrès. Le fitness explose chez les jeunes hommes — 19 % des 15-24 ans en France pratiquent la musculation, deux fois la moyenne nationale. Guillaume Valet appelle ça le "capitalisme des vulnérabilités" : vendre de la certitude à des gens qui n'en ont plus. Timestamp estimé : ~20:00 3. Les algorithmes exposent un ado au contenu masculiniste en 9 minutes Des chercheuses de Dublin l'ont mesuré précisément : 9 minutes sur TikTok, 17 sur YouTube. Et après 2-3 heures de visionnage, 76 à 78 % des recommandations sont masculinistes. Un adolescent français passe en moyenne 4 heures par jour devant un écran. Il n'a pas besoin de chercher ces contenus. Ils le trouvent. Timestamp estimé : ~35:00 4. L'incel n'est pas né de la haine, mais de la solitude Le terme vient d'une femme, Alana, qui voulait créer un espace bienveillant pour ceux qui peinent à trouver une relation. Le forum a changé de main et de ton. Aujourd'hui l'idéologie incel transforme la frustration en conviction, la conviction en ressentiment, le ressentiment en désignation d'un ennemi. La "blackpill" est son moteur : un déterminisme brutal présenté comme vérité scientifique. Timestamp estimé : ~42:00 5. La vraie crise, c'est l'amitié masculine Niobe Way a suivi des cohortes de garçons pendant huit ans. Ce qu'elle observe est systématique : à 11-12 ans, les garçons ont des amitiés émotionnellement profondes. En grandissant, ils apprennent que ça "fait fille" ou "gay". Ils s'autocensurent, et se retrouvent très seuls sans pouvoir le formuler. Ce vide-là, les algorithmes et les influenceurs masculinistes l'ont repéré en premiers. Timestamp estimé : ~27:00 6. Des sorties existent, et elles passent par la connexion Marvin, 18 ans, s'en est sorti par deux chemins : une première histoire amoureuse qui l'a mis face à ses propres émotions, et une amie fille qui n'a jamais coupé le lien. Pas de déconstruction idéologique, pas de formation. Du lien. Toutes les recherches convergent : la sortie passe par la santé mentale, des modèles issus de la communauté elle-même, et la normalisation des amitiés masculines. Timestamp estimé : ~58:00 Questions posées dans l'épisode- Quelle est ma responsabilité en tant qu'homme face à un phénomène comme celui-là ? Me taire, est-ce être complice ?- Comment expliquer qu'on a transformé la condition féminine en quelques décennies sans proposer aux hommes une nouvelle façon d'être des hommes ?- Pourquoi le corps est-il devenu le premier territoire de reconstruction identitaire pour les jeunes hommes ?- Comment un algorithme peut-il radicaliser un adolescent en moins de 10 minutes sans qu'il l'ait cherché ?- D'où vient le mot "incel" et comment est-il passé d'un espace bienveillant à une idéologie de la haine ?- Quel est le chemin concret qui mène de la solitude à la violence ?- Pourquoi les jeunes hommes les plus exposés au masculinisme reconnaissent-ils en même temps la difficulté d'être une femme ?- Est-ce que comprendre cette radicalisation revient à la justifier ?- Quels sont les modèles d'une masculinité réinventée aujourd'hui — dans la culture populaire, les films, les séries ?- Comment sort-on de l'idéologie incel, et qu'est-ce qui fait vraiment basculer quelqu'un ?Références citées dans l'épisodeLivres - bell hooks, La volonté de changer : les hommes, la masculinité et l'amour (2004) — cité comme fondation théorique sur la socialisation masculine et l'engourdissement affectif- Olivia Gazalé, Le mythe de la virilité — mise en perspective historique des crises de la masculinité- Scott Galloway, Notes on Being a Man (nov. 2025, NYT bestseller) — analyse macrosociale du décrochage masculin- Richard Reeves, Of Boys and Men (2022) — décrochage scolaire et économique des hommes- Jonathan Haidt, The Anxious Generation (2024) — impact des réseaux sociaux sur la génération Z- Niobe Way, Deep Secrets: Boys' Friendships and the Crisis of Connection — évolution des amitiés masculines- Guillaume Valet, La fabrique du muscle — capitalisme des vulnérabilités et fitness- Francis Dupuis-Déry, La crise de la masculinité — politique et genre- David Deida, The Way of the Superior Man — mentionné comme symptôme d'une tendance masculiniste dans l'entourage de GregÉtudes académiques - Rodríguez et al. (2025), Deciphering the incels, Aggression and Violent Behavior- Costello et al. (2025), The Dual Pathways Hypothesis of Incel Harm, Archives of Sexual Behavior- Regehr, C., In(cel)doctrination — progression en 5 étapes vers la radicalisation- Moskalenko et al., Incel Ideology, Radicalization and Mental Health (274 entretiens)- Solea & Sugiura (2023), Mainstreaming the Blackpill: Understanding the Incel Community on TikTok, European Journal on Criminal Policy and Research- Murnen et al. (2002), méta-analyse sur masculinité hostile et agression sexuelle, Sex Roles- Summerell et al. (2025), masculinité et violences conjugales, Aggression and Violent Behavior- Étude de l'Université de Dublin sur les algorithmes (comptes fictifs d'ados sur TikTok et YouTube)Podcasts & médias - Des mecs solides, Louie Média / Arte Radio (2025) — témoignages de Jules, Marvin, Tristan- The Huberman Lab (interview de Scott Galloway, 2026)- Documentaire sur Bertrand Cantat- Johann Chapoulot (historien) dans une story Instagram sur "la banalité du mal"- Pauline Ferrari, journaliste spécialisée masculinisme depuis 7 ans- CNN investigation sur "l'académie du viol mondiale" (avril 2026)- Franceinfo, Campion J. (23 avril 2026) sur les réseaux d'hommes pratiquant les viols conjugaux sous sédatifInstitutions & rapports - Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Rapport 2025- Pew Research Center — données sur le soutien émotionnel dans les relationsChercheurs cités - Audrey Voal (sociologue, CEET) — distinction masculinité / virilité- Carol Gilligan (psychologue) — "rupture de la voix" dès 4-5 ans chez les garçons- Michael Stora (psychanalyste) — musculation comme antidépresseur- Kevin Ditter (sociologue français) — amitiés face-à-face vs côte-à-côte- Dylan Vegara & Angelica Ferrara — concept de "mankeeping"- Caitlin Regehr — ethnographie incel, progression en 5 temps- Sophia Moskalenko (Georgia State University) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    42 min
4.9
out of 5
71 Ratings

About

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

You Might Also Like