Vlan!

Gregory Pouy

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. [MOMENT]  Les effets de la canicule sur nos corps avec Alice Desbioles

    4 days ago

    [MOMENT] Les effets de la canicule sur nos corps avec Alice Desbioles

    Alice Desbioles est médecin, je l'avais reçu en 2021 sur le sujet de l'anco-anxiété sur lequel elle a écrit un livre dans lequel elle documente, preuves scientifiques à l'appui, les effets de notre environnement sur notre santé physique et mentale. Je l'ai connu à travers ce livre et j'ai adoré cette conversation, pas sur les chiffres de la crise écologique comme la canicule que l'on traverse, mais sur ce qu'elle nous fait, à nous, en tant qu'êtres humains. Ce qu'elle révèle de nos contradictions. Et de notre incapacité collective à nous fixer des limites — alors que ces limites sont, littéralement, la condition de notre survie. Dans cet épisode, nous parlons de l'effet rebond technologique (plus de routes, plus de voitures ; plus de 5G, plus de temps sur l'écran), du sens des limites en médecine, de la métaphore des 24 heures de la Terre, de la liberté mal posée comme argument, de l'éco-anxiété comme signe de solidité psychique, du stress aigu versus chronique, et de la manière de repeindre nos villes en vert plutôt que de les fuir. J'ai aussi questionné Alice sur ce que la science documente sur les effets des forêts sur la santé. La réponse est vertigineuse. CITATIONS MARQUANTES"On est aussi, finalement, des grands enfants. Et là, il n'y a plus personne pour nous fixer de limites. Mais pourtant, ces limites, elles sont indispensables à notre survie."— Alice Desbioles "Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom."— Alice Desbioles "Le progrès, pour moi, c'est maximiser le bien-être. Et le bien-être, ce n'est pas que l'accumulation de technologies et de biens."— Alice Desbioles "L'éco-anxiété traduit déjà un certain courage, une certaine force de caractère, une certaine solidité qui nous permet d'avancer malgré toutes ces informations."— Alice Desbioles "Si on reprend à l'échelle des 24 heures, l'espace des 150 dernières années, c'est même pas un clignement d'œil. On a tout cramé, comme des ados."— Gregory Pouy IDÉES CENTRALES (BIG IDEAS)1. L'effet rebond : la technologie ne résout jamais le problème qu'elle prétend résoudre (00:21)Plus tu rajoutes des routes, plus il y a de voitures. Plus la 5G est rapide, plus les gens passent de temps sur leur téléphone. L'innovation réplique la demande au lieu de la satisfaire. C'est une des lois les moins enseignées de notre rapport à la technique. 2. Le sens des limites comme condition de survie collective (01:03)Alice le constate en réanimation : on va toujours plus loin, parfois contre la volonté des patients eux-mêmes. La même logique du "toujours plus" s'applique à la société entière. Les limites ne sont pas une contrainte : elles sont ce qui rend la vie possible. Les 9 limites planétaires existent pour cette raison. 3. La métaphore des 24 heures : on a brûlé en un clin d'œil ce qui s'est construit en presque toute l'histoire de la Terre (02:53)Si l'existence de la planète = 24h, l'humain est arrivé à la dernière minute et demie. Les énergies fossiles se sont formées pendant les 23h58 où on n'était pas là. Et on les a consommées en quelques secondes à peine. Tout est là. 4. La liberté comme argument mal posé (03:22)La liberté de rouler à 130 km/h sur autoroute opposée à la liberté d'un enfant de grandir sans asthme chronique. Ce n'est pas la même liberté. Et quand on ne le dit pas clairement, le débat est perdu d'avance. 5. L'éco-anxiété comme signe de bonne santé mentale (07:26)C'est une question que je pose et qui mérite d'être posée : est-ce que ne pas être éco-anxieux en 2021, c'est pas un peu inquiétant ? Alice confirme : l'éco-anxiété traduit une solidité psychique, pas une fragilité. C'est le déni qui devrait inquiéter. 6. Stress aigu vs. stress chronique : ce que le corps absorbe et ce qu'il ne peut pas absorber (08:20)Le stress aigu est physiologique, il sert à agir. Le stress chronique, lui, détruit. Et notre société — vitesse, notifications, bruit, pollution — est une machine à fabriquer du stress chronique. 7. Repeindre les villes en vert plutôt que les fuir (12:51)La dichotomie ville-campagne est un faux débat. La vraie question, c'est comment faire entrer la nature dans les espaces urbains : cours d'école végétalisées, mobilités actives, espaces verts. L'OMS et la science le documentent. Les effets sont cardiaques, mentaux, immunitaires. QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW- Est-ce que l'innovation technologique résout vraiment les problèmes qu'elle prétend résoudre ?- Comment as-tu constaté, en médecine, cette incapacité collective à se fixer des limites ?- Qu'est-ce que les 9 limites planétaires nous disent de notre rapport au monde ?- En quoi l'argument de la liberté est-il souvent mal posé dans les débats environnementaux ?- Comment réinventer les récits collectifs pour donner envie de changer ?- Est-ce que l'éco-anxiété n'est pas, finalement, un signe de bonne santé mentale ?- Peux-tu nous expliquer comment fonctionne le stress, physiologiquement ?- Quelle est la différence entre le stress et l'angoisse ?- Est-ce que le meilleur acte écologique reste de vivre en ville ?- Comment intégrer davantage de nature dans nos environnements urbains sans opposer ville et campagne ?RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉPISODEConcepts scientifiques et institutionnels - Les 9 limites planétaires (cadre scientifique de Rockström et al.) — (01:40)- Recommandations de l'OMS sur les espaces verts et la santé — (05:37)- Revue scientifique sur les effets des forêts sur la santé physique et mentale (citée dans le livre d'Alice Desbioles) — (12:03)Politiques publiques - La Convention citoyenne pour le climat (proposition de limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute) — (03:22)- Condamnations de la France par la Commission européenne pour non-respect des seuils de pollution de l'air — (04:33)Références culturelles et linguistiques - Étymologie de "écologie" (discours sur la maison) et "économie" (gestion de la maison) — (02:11)- Citation "Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom" — (03:22)- Les écoles en forêt en Allemagne et dans les pays scandinaves — (13:33)Livre - Le livre d'Alice Desbioles (non titré dans cet extrait, mais mentionné avec bibliographie) — (12:03)À venir dans l'émission - Mention d'un futur épisode avec un expert du low-tech — (06:12)TIMESTAMPS CLÉS (OPTIMISÉS YOUTUBE)00:00 – Introduction du "moment" Greg présente le format : un extrait d'épisode qui a marqué les esprits. 00:21 – L'effet rebond : pourquoi la tech ne résout pas ce qu'elle promet Plus de routes = plus de voitures. Plus de 5G = plus de temps sur l'écran. L'innovation amplifie la demande au lieu de la satisfaire. 01:03 – Alice : le sens des limites, ce que la réanimation nous apprend Témoignage fort : une patiente âgée réanimée contre sa volonté fait scandale auprès du médecin. Jusqu'où va-t-on ? Les 9 limites planétaires posent la même question. 02:11 – Écologie, économie : retour à la racine des mots L'écologie, c'est le "discours sur la maison". L'économie, c'est la "gestion de la maison". Et la maison est mal gérée. 02:53 – La métaphore des 24h : on a tout brûlé en un clignement d'œil Si la vie de la Terre = 24h, l'humain arrive à 1 minute 30. Les fossiles se sont formés pendant les 23h58 où on était absents. On les a consommés en quelques secondes. 03:22 – Liberté vs. limites : le débat mal posé La liberté de rouler à 130 km/h contre la liberté d'un enfant de grandir sans asthme. Ce ne sont pas les mêmes libertés. 05:37 – Redéfinir le progrès : pas plus vite, mais mieux vivre Le vrai progrès, c'est maximiser le bien-être — espaces verts, mobilités actives, contact avec la nature. L'OMS le documente. 07:26 – L'éco-anxiété, signe de bonne santé mentale ? Être éco-anxieux en 2021, c'est regarder la réalité en face. C'est le déni qui devrait inquiéter. 08:20 – Stress aigu vs. stress chronique : ce que le corps supporte ou pas Explication claire et pédagogique : le stress aigu est physiologique et bénéfique. Le stress chronique, lui, détruit — sommeil, digestion, santé cardiovasculaire. 09:56 – Stress vs. angoisse : quelle différence ? Le stress a une cause identifiable. L'angoisse est diffuse, globale, sans objet clair. C'est souvent ça qui la rend plus difficile à traverser. 12:03 – La science des forêts : effets cardiaques, immunitaires, mentaux Des études documentent les effets positifs de la nature sur la santé. Ce n'est pas une intuition — c'est de la recherche. 12:51 – Repeindre les villes en vert plutôt que les fuir La vraie question n'est pas ville vs. campagne. C'est comment faire entrer la nature là où vivent les gens. Suggestion d'épisode à écouter : #167 Comment gérer l'anxiété due au réchauffement climatique avec Alice Desbiolles (https://audmns.com/Wucmnld) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    14 min
  2. #400 Et si aimer était notre mission? Avec Harry Roselmack

    6 days ago ·  Video

    #400 Et si aimer était notre mission? Avec Harry Roselmack

    Harry Roselmack, journaliste et philosophe. Son dernier essai, L'amour malgré la peur, est une enquête métaphysique sur ce qui constitue vraiment la nature humaine et sur l'amour. Et il m'a semblé que pour un épisode 400 ca faisait vraiment du sens :) J'ai rencontré Harry une première fois et il y a quelque chose que j'aime dans notre façon de parler ensemble : on ne se ménage pas et on s'apprécie vraiment. On a eu une vraie conversation sur ce qui coince dans le monde aujourd'hui à commencer par la peur, l'économie comme fiction collective, la technologie sans sagesse, et puis cette idée que j'ai trouvé centrale qui est que l'on a tous du libre arbitre mais personne ne l'utilise vraiment. Dans cet épisode, nous parlons de métaphysique comme outil pratique et pas comme matière à thèse. J'ai questionné Harry sur ses propres peurs, sur ce qu'il pense de Dieu, sur la mort vue comme changement d'état, et sur son pari un peu fou : dans trois ou quatre générations, la sagesse sera la norme. CITATIONS MARQUANTES- "Le courage, c'est pas de ne pas avoir peur. C'est d'affronter ses peurs — voire d'aimer les affronter."- "On revendique le libre arbitre mais en vérité on ne l'utilise pas. On ne fait que réagir."- "L'économie, c'est un imaginaire. Il n'y a pas d'argent, il n'y a pas d'économie concrètement. Et pourtant cet imaginaire est plus fort que le réel."- "La mort, c'est un changement d'état. Ce n'est pas une chute dans le néant."- "Dieu n'est pas amour. Dieu a choisi l'amour pour faire l'espace-temps."BIG IDEASLa peur n'est pas l'opposé de l'amour — elle en est l'obstacle (~00:26:20)L'amour est transcendant : on ne demande jamais à quelqu'un pourquoi il est amoureux. La peur, elle, est un produit de l'évolution gravé dans nos gènes via l'épigénétique. Elle masque cet amour et l'empêche de rayonner. Diminuer la peur, c'est laisser l'amour exister. C'est la thèse centrale du livre. Le libre arbitre qu'on revendique mais qu'on n'exerce pas (~00:38:53)À chaque stimulus, on réagit instinctivement au lieu de choisir. Harry appelle ça "le grand djihad" des sages musulmans : la guerre qu'on mène dans sa tête avant de la mener dans le monde. C'est là que tout se joue. L'économie est un imaginaire devenu plus puissant que le réel (~00:34:51)On savait depuis 70 ans ce qui allait se passer avec le climat. On a rien fait "à cause de l'économie." Mais l'économie n'existe pas concrètement — c'est une convention. Ce qui est vertigineux, c'est qu'une fiction soit devenue plus forte que la physique du monde. L'humanité est en émergence, pas aboutie (~00:37:00)Harry pense que l'anthropologie génèse n'est pas terminée. L'être humain guidé par la sagesse n'est pas encore là. On n'est plus préhistoriques, mais on n'est pas arrivés. Cette idée change tout : nos comportements actuels ne sont pas notre nature définitive. La mort comme changement d'état (~01:04:00)Les atomes de carbone qui nous composent ont une durée de vie de plusieurs milliards d'années. Ce qui s'arrête à la mort, c'est leur cohérence en tant que "nous." L'information qui fait notre esprit n'a, métaphysiquement, aucune raison de disparaître. On sait pas ce que ça devient — mais ça continue, autrement. Dieu n'est pas amour — il a choisi l'amour (~01:20:59)La distinction la plus radicale de l'épisode. Dire "Dieu est amour" en fait une propriété automatique. Dire "Dieu a choisi l'amour" en fait un acte libre — exactement ce qu'Harry nous demande de faire nous-mêmes chaque jour. QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW- Pourquoi "l'amour malgré la peur" — de quelle peur s'agit-il précisément ?- Toi, tu as peur de quoi ?- Comment convaincre des gens d'aller vers ces valeurs dans une société qui valorise la performance ?- Est-ce que tu ne crois pas que nos comportements sont basés sur des imaginaires plutôt que sur le réel ?- Comment on développe la sagesse collective — faut-il toucher le fond d'abord ?- Comment tu redéfinis le succès, et à quel moment la philosophie est entrée dans ta vie ?- Comment tu distingues harmonie et équilibre — tu utilises les deux mots ?- Est-ce que la mort ne serait pas la plus belle des frictions — celle qui donne le sens à la vie ?- Comment dialogue en toi la partie animale qui a peur et le fragment du divin ?- Qu'est-ce qui te donne envie du futur ?RÉFÉRENCES CITÉESLivres - L'amour malgré la peur — Harry Roselmack — tout au long- Il n'est pas trop tard pour naître — Harry Roselmack (premier essai métaphysique) — ~01:17:30- La Simulation — Loïc H. (s'appuie sur la physique quantique) — ~00:49:15Philosophes / penseurs - Platon et Socrate — la cité gouvernée par des principes — ~00:33:46- Lao-Tseu / Tao Te Ching — "d'une justesse hallucinante" — ~01:16:12- Hegel — la peur de la mort comme moteur de nos vies — ~01:10:13- Copernic / Galilée — l'héliocentrisme, les vérités cachées renversées par la pensée — ~00:52:14- Rousseau — "malheur à celui qui possède tout" (cité approximativement par Grégory) — ~00:43:32- Sartre — aimer pour être aimé en retour — ~01:14:30Références culturelles - Terminator / Matrix — la technologie autonome annoncée par la fiction — ~00:56:31- Physique quantique — principe d'incertitude, matière comme vide — ~00:47:25TIMESTAMPS CLÉS (orienté valeur)00:23:19 — Intro : l'amour comme nature profonde, présentation d'Harry 00:25:01 — Harry arrive après une matinée chaotique — la philosophie à l'épreuve du réel 00:26:20 — Pourquoi "malgré la peur" : la peur inscrite dans nos gènes vs l'amour transcendant 00:27:32 — Les peurs d'Harry : la mort de ses proches, la séparation, le vide 00:29:25 — "Brave" et "gentil" sont devenus des insultes — la réhabilitation des valeurs douces 00:30:37 — Réhabiliter les valeurs collectivement : seul face à des profiteurs, tu perds 00:33:44 — La philosophie peut nous sauver : Socrate, Platon, les principes stables 00:34:42 — L'économie comme imaginaire plus fort que le réel — et le climat ignoré pendant 70 ans 00:37:49 — Pourquoi la philo revient à la mode : on a atteint le zénith d'une façon de penser absurde 00:38:53 — Le libre arbitre qu'on n'exerce pas : réagir vs choisir 00:40:02 — La lutte dans la tête avant la vraie vie — "le grand djihad" 00:41:30 — Le succès redéfini : Harry n'a jamais été impressionné par la notoriété 00:46:28 — Contrôle et émerveillement : pourquoi les couchers de soleil nous touchent 00:47:25 — Monde déterministe mais pas prédéterminé — on peut intervenir 00:49:15 — La théorie de la simulation (Loïc H.) et la réponse métaphysique d'Harry 00:50:42 — Définition simple de la métaphysique : l'étude de tout ce qui existe, y compris l'imaginé 00:55:49 — "Je veux participer à sauver le monde" — assumer l'ambition 00:57:28 — Développer la sagesse aussi vite qu'on développe la technologie 00:59:25 — 70 ans = rien à l'échelle cosmologique — le changement prend des générations 01:02:10 — "Le courage, c'est une histoire d'amour avec l'inconnu" 01:04:00 — La mort comme changement d'état — les atomes durent des milliards d'années 01:08:17 — La quête existentielle n'attend pas la crise : être philosophe quand ça va bien 01:09:33 — La Silicon Valley a supprimé les frictions positives : l'ennui, la perte, la réflexion 01:10:29 — La mort n'est pas notre raison d'être — la relation harmonieuse l'est 01:16:12 — La mission d'Harry : redonner de l'actualité à des savoirs anciens 01:19:43 — Dieu vs religions — décorréler les deux, les dogmes comme problème 01:20:59 — "Dieu n'est pas amour — il a choisi l'amour pour faire l'espace-temps" 01:24:21 — L'amour de soi comme fondation ? Question finale VLAN 01:25:13 — Fin Suggestion d'autres épisodes à écouter : - #291 Redonner du sens à notre existence avec Harry Roselmack (https://audmns.com/iNmFdfO) - [SOLO] Les 5 vérités inconfortables que j'ai apprise pour faire durer l'amour (https://audmns.com/cTiuBky) - [Hors-Serie] Tout ce que j'aurais voulu savoir en amour avec Alain de Botton (partie 1) (https://audmns.com/jiDhQhD) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    1hr 2min
  3. [Solo ] 3 idées essentielles et 3 conseils de vie d'Edgar Morin

    18 Jun ·  Video

    [Solo ] 3 idées essentielles et 3 conseils de vie d'Edgar Morin

    Edgar Morin, philosophe, sociologue, épistémologue, résistant, cinéphile, centenaire. Il est mort le 29 mai 2026 à 104 ans. Son dernier livre s'appelait Leçons d'un siècle de vie. J'avais son contact depuis le début de VLAN. On a des gens en commun. Et je n'ai jamais osé décrocher le téléphone, par peur de déranger. Chaque année, je me disais : non, cette fois c'est trop. Jusqu'à ce qu'il soit trop tard. C'est la leçon la plus bête et la plus douloureuse que je retienne de sa disparition. Cet épisode solo est un hommage. Je me suis plongé dans ses dernières conférences et dans Leçons d'un siècle de vie pour en tirer trois idées fondamentales et trois leçons de vie. Pas des recettes, pas des listes à appliquer. Edgar Morin lui-même aurait détesté ça. Plutôt ce que sa pensée a changé dans ma façon de regarder le monde, l'IA, la complexité, l'amour, et ce qu'on appelle l'avenir. Dans cet épisode, je parle de la pensée complexe, de l'homo demens, de la transfiguration, de la poly-identité, de la navigation dans l'incertitude, et de ce qu'il appelait l'état poétique. J'aborde aussi ce que ça dit de l'intelligence artificielle, de la mondialisation ratée, et du mouvement des Gilets Jaunes. CITATIONS MARQUANTES- "Toute vie est une navigation dans un océan d'incertitude à travers quelques îles ou archipels de certitude où on peut se ravitailler." — Edgar Morin- "Je sens que j'approche des limites de la vie, mais je crois que le sentiment d'essayer d'être utile et de continuer à vivre dans les ferveurs de la poésie, de la vie, tout ceci m'entretient bien." — Edgar Morin- "Ceux qui croient comprendre tous les problèmes humains uniquement à partir de l'économie oublient la religion, la foi, l'amour, qui ne relèvent absolument pas du calcul économique." — Edgar Morin- "La poésie de la vie, suprêmement, c'est l'amour." — Edgar Morin- "En sachant que vous êtes un moment dans cette aventure et que vous y participez. Alors essayez d'y participer de la meilleure façon." — Edgar Morin (à ses ~100 ans, sur comment garder confiance)IDÉES CENTRALES 1. L'erreur n'est pas un bug, c'est le moteur de la pensée (~07:19)Morin défend que toute connaissance est une traduction suivie d'une reconstruction. Il n'y a pas de différence fondamentale entre une perception et une hallucination. L'erreur a trois sources : le malentendu, la partialité et l'idéalisme. Ce troisième type est le plus redoutable : les idées qui finissent par nous gouverner non pas parce qu'on nous les impose, mais parce qu'on y croit sincèrement. Le solutionnisme technologique, la croissance comme valeur absolue, l'économie elle-même sont des exemples de cette servitude volontaire. Ce qui est frappant chez Morin, c'est qu'il distingue les erreurs fructueuses des erreurs stériles, et qu'il les analyse au lieu de les nier. 2. L'humain est un oxymore sur pattes (~11:28)Morin refuse la flatterie envers l'espèce humaine. Il ne parle pas seulement d'homo sapiens mais d'homo demens, homo faber, homo mythologicus, homo economicus, homo ludens. Nous sommes tout ça en même temps, et c'est précisément cette contradiction qui nous permet d'aimer, de créer et d'espérer. Vouloir "optimiser" l'humain pour en retirer la part irrationnelle, comme le promettent certains projets d'IA ou de transhumanisme, c'est aussi retirer ce qui donne envie du futur. 3. La dialogique : deux vérités opposées peuvent être simultanément vraies (~13:15)La mondialisation est la meilleure et la pire chose arrivée à l'humanité. Pour la première fois, tous les êtres humains partagent une communauté de destin. Et ce même processus conduit à des catastrophes écologiques, économiques et démographiques. Tenir cette tension sans la résoudre artificiellement, c'est ce que Morin appelle la dialogique. Dans un monde où les réseaux sociaux récompensent les positions tranchées, refuser de simplifier ce qui ne peut pas l'être est un acte de résistance. 4. La transfiguration : le changement vient de l'intérieur des systèmes (~15:03)Juan Carlos élevé dans le franquisme qui devient garant de la démocratie espagnole. Gorbatchev apparatchik qui se transforme en humaniste planétaire. Le pape François, évêque conformiste qui renoue avec le message évangélique. Morin appelle ça la transfiguration : un travail souterrain de la conscience qui peut surgir brusquement. Dans une époque où l'on a l'impression de ne rien pouvoir faire face à Trump ou Musk, cette idée donne de l'espoir concret. 5. L'état poétique comme hygiène de vie (~24:35)Survivre, c'est respirer et se nourrir. Vivre, c'est conduire sa vie avec ses risques et ses possibilités de jouissance. L'état poétique, c'est cet état second que l'on obtient dans un échange de sourire, devant un paysage, à l'écoute d'une symphonie ou lors d'une conversation qui dure trop longtemps sur une terrasse. Morin disait qu'à 99 ans, il entrait encore en trance dès les premières mesures du premier mouvement de la 9e de Beethoven. La question que ça me pose : est-ce que je me laisse toucher comme ça, dans un monde dopé à la dopamine ? QUESTIONS STRUCTURANTES DE L'ÉPISODE- Qu'est-ce que la pensée complexe et pourquoi les réponses simples à des questions complexes sont-elles des mensonges bienveillants ?- Comment un esprit intelligent peut-il se laisser posséder par une idée fausse ?- Quelle est la différence entre une erreur fructueuse et une erreur stérile ?- Pourquoi l'homo demens, la part de folie humaine, n'est pas un défaut à corriger mais une ressource ?- Qu'est-ce que la dialogique et pourquoi deux vérités opposées peuvent-elles être simultanément vraies ?- Qu'est-ce que la transfiguration et quand est-ce qu'elle se produit dans l'histoire ?- Qu'est-ce qu'une poly-identité et en quoi l'accepter améliore les relations humaines ?- Comment naviguer dans l'incertitude sans verser dans le fatalisme ou le naïf optimisme ?- Quelle est la différence entre survivre et vivre, selon Morin ?- Qu'est-ce que l'état poétique et comment le retrouver dans un monde saturé d'informations ?RÉFÉRENCES CITÉESLivres - Leçons d'un siècle de vie — Edgar Morin (source principale de l'épisode) [~02:52]- L'autocritique — Edgar Morin (sur comment un esprit intelligent se laisse posséder par une idée) [~09:08]Penseurs et citations - La Boétie — concept de "servitude volontaire" [~08:23]- Oscar Wilde — "La vérité pure est simple... elle est très rarement pure et jamais simple." [~29:54]- Karl Marx — "La vieille taupe qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement." [~16:38]Figures historiques citées comme exemples de transfiguration - Juan Carlos d'Espagne [~15:03]- Mikhaïl Gorbatchev [~15:03]- Pape François [~15:03]Références culturelles et artistiques - La Petite Danseuse de Degas (Louvre) — expérience poétique de Morin [~25:56]- 9e Symphonie de Beethoven, premier mouvement (Salle Gaveau) [~25:56]- Marguerite Duras — Morin a habité chez elle à la Libération [~27:16]- Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde — là où Morin a rencontré Sabah, sa dernière femme, à 88 ans [~22:10]Épisode connexe Vlan - Marouane Méry — épisode sur la manipulation et la manière dont on peut être manipulé par ses propres croyances [~09:08]Podcast connexe - VLAN Leadership — le deuxième podcast de Gregory, sur les CEOs qui font les choses différemment [~17:15]TIMESTAMPS CLÉS (YouTube)00:00 — Introduction et regret fondateurJ'aurais dû l'appeler. Depuis dix ans que j'avais son contact, j'ai toujours eu peur de déranger. Il est mort à 104 ans. Cet épisode est l'hommage que j'aurais voulu lui rendre en direct. 02:52 — Qui était vraiment Edgar Morin ?Né Edgar Nahum en 1921, "Morin" est un pseudonyme de résistant. Sociologue, philosophe, cinéphile, amoureux à répétition, il a traversé le krach de 29, le nazisme, le stalinisme, mai 68, le Covid et l'IA. Une vie impossible à résumer mais fascinante à suivre. 04:39 — La pensée complexe expliquée simplementMorin casse l'approche analytique héritée des Lumières. La réalité humaine, une relation, une économie : ça ne se démêle pas fil par fil. Quand on tire sur un fil, les autres bougent. C'est précisément ce que j'essaie de faire sur Vlan depuis le début. 07:19 — L'erreur est inséparable de la connaissanceTrois sources : le malentendu, la partialité, et l'idéalisme. Ce troisième type est le plus dangereux : ce sont les idées qui nous gouvernent parce qu'on y croit sincèrement. Morin lui-même en a été victime à 21 ans avec le communisme. 11:28 — Homo sapiens + homo demensL'humain n'est pas rationnel. Il est aussi fou, créateur de mythes, joueur, voué au profit. Vouloir effacer cette part irrationnelle, c'est le projet de toutes les utopies qui ont dégénéré en dystopie. Et c'est ce que certains projets autour de l'IA rejouent aujourd'hui. 15:03 — La transfiguration : l'espoir vient de l'intérieurJuan Carlos, Gorbatchev, le pape François. Des figures formées dans des systèmes fermés qui, une fois au pouvoir, ont retourné la situation pour l'humanité. Ce travail souterrain de la conscience peut surgir brusquement. C'est peut-être la chose la plus rassurante que j'ai lue depuis longtemps. 17:43 — L'identité est toujours plurielleÀ la question "qui es-tu ?", Morin répondait "un être humain." Il vivait sa poly-identité non comme une anomalie mais comme une richesse. Dans un monde où l'appartenance à un groupe exige l'exclusion des autres, c'est un exemple à suivre. 20:07 — Toute vie est une navigation dans l'incertitudeNé quasi mort-né, orphelin à 10 ans, résistant, exilé... Et à 88 ans, il rencontre sa dernière femme au Festival de Fès par hasard total. Chaque malchance peut devenir une chance. Et chaque chance porte en elle une malchance future. 24:

    34 min
  4. [Moment] Découvrez votre style d'attachement avec Gwenaelle Persiaux

    11 Jun

    [Moment] Découvrez votre style d'attachement avec Gwenaelle Persiaux

    Gwenaelle Persiaux, psychologue. Dans ce moment extrait d'un épisode très écouté, je l'ai invitée à décortiquer quelque chose qu'on croit comprendre mais qu'on applique rarement à soi-même : la théorie de l'attachement. Dans cet épisode, nous parlons des quatre styles d'attachement, de pourquoi les évitants ont les zones aveugles les plus épaisses, et de pourquoi on peut être parfaitement compétent au travail tout en étant un désastre dans l'intimité. J'ai questionné Gwenaelle sur comment identifier son propre style sans se raconter d'histoires, et sur ce que le genre a encore à voir là-dedans. Citations marquantes- "Si je suis dans un couple mais je ne l'investis pas vraiment, j'y suis sans y être, au moins je risque moins d'être blessée."- "Plus on est insécure, plus il y a des défenses, donc moins on a accès à la connaissance de soi."- "Ça ressurgit quand on devient parent. Ça ressurgit dans les grosses crises de couple. C'est là où on est beaucoup plus poreux."- "On peut être sécure au boulot et puis, quand tu t'intéresses à leur vie amoureuse, c'est beaucoup moins sécure."- "Plutôt que de le prendre avec la tête, je préfère toujours laisser parler le corps et la résonance du cœur."Big Ideas1. Les quatre styles ne sont pas des cases, mais des boussoles Sécure, évitant, anxieux, désorganisé : chacun correspond à une stratégie construite inconsciemment pour survivre à ses blessures d'enfance. Ce ne sont pas des étiquettes, ce sont des cartes de navigation intérieure. Pourquoi c'est important : comprendre le cadre avant de se chercher dedans évite les auto-diagnostics bâclés. Timestamp : 00:35 - 06:18* 2. On peut être compétent là où on s'est sécurisé, blessé là où on ne l'a pas fait Un bon soignant peut être complètement dépassé dans son couple. L'expérience professionnelle construit une sécurité fonctionnelle, mais les noyaux traumatiques non résolus ressurgissent dans l'intimité. Pourquoi c'est important : le succès visible masque souvent une fragilité invisible. Timestamp : 06:40 - 08:53* 3. Les évitants sont les champions du déni de leur propre profil Par définition, ceux qui évitent les émotions évitent aussi l'introspection. Leur zone aveugle est la plus épaisse. C'est souvent le regard de l'autre, conjoint ou ami proche, qui crée la fissure dans l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Pourquoi c'est important : l'auto-évaluation seule ne suffit pas. Timestamp : 10:47 - 11:56* 4. Le genre n'est pas neutre dans le style d'attachement Culturellement, les hommes sont encore orientés vers l'inhibition émotionnelle (évitants), les femmes vers l'expression et la demande (anxieuses). Les études restent nuancées, mais l'observation clinique le confirme largement. Pourquoi c'est important : les conflits de couple rejoignent souvent ce croisement évitant/anxieux. Timestamp : 11:56 - 12:08* Questions posées dans l'interview- Peux-tu nous définir les différentes typologies d'attachement ?- Est-ce que le style d'attachement est propre à la personne ou à la relation dans laquelle on se trouve ?- Est-ce qu'on a le même style d'attachement dans toutes nos relations, professionnelles, amicales, amoureuses ?- Comment identifier son propre style d'attachement quand on manque de recul sur soi-même ?- Pourquoi a-t-on tendance à projeter le style de l'autre avant de regarder le sien ?- Comment les défenses psychologiques bloquent-elles la connaissance de soi ?- Quels outils concrets peut-on utiliser pour commencer à identifier son style ?- Quel rôle jouent les personnes proches (conjoint, amis) dans ce travail d'identification ?- Y a-t-il une différence de genre dans la répartition des styles d'attachement ?- Dans quelle mesure la culture influence-t-elle l'expression ou l'inhibition émotionnelle ?Références citéesThéories et concepts - Théorie de l'attachement (cadre général) - mentionnée dès [00:35]- Psychanalyse et notion d'inconscient, défenses psychologiques - [09:23]- Concept de "noyaux traumatiques non résolus" (terminologie clinique) - [08:05]- Notion de "persona" (étymologie grecque, masque) - [07:27]Ressources mentionnées - Vidéos et livres sur l'attachement (non nommés explicitement) - [10:09]Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 - Introduction au "moment" Présentation du format et mise en contexte. 00:35 - Les 4 styles d'attachement Gwenaelle pose les bases : sécure, évitant, anxieux, désorganisé. Une personne sur deux serait sécure. Les trois autres styles correspondent à des stratégies de survie psychologique construites face aux blessures d'enfance. 02:06 - L'évitant : se protéger en ne sentant plus Profil détaillé du style évitant. Ces personnes ont appris que montrer leurs émotions était soit inutile (personne ne répondait), soit mal venu. Résultat : inhibition émotionnelle et distance relationnelle. 03:39 - L'anxieux : seul, je n'y arrive pas Le style anxieux naît d'un environnement où les émotions débordaient sans être régulées. Ces personnes cherchent constamment validation, présence et réassurance. C'est de l'anxiété relationnelle, pas nerveuse. 04:20 - Le désorganisé : le plus rare, le plus lourd Ce style oscille entre évitement total et demande fusionnelle, parfois d'une heure à l'autre. Toujours lié à des traumas lourds : maltraitance ou absence grave de figures parentales. 06:18 - Style lié à la personne ou à la relation ? Le style s'homogénéise avec l'âge. C'est avant tout une manière d'être au monde, construite inconsciemment. Mais des subtilités existent : on peut être sécure au travail et désorganisé dans l'intimité. 08:53 - Comment identifier son propre style ? Trois pistes : s'informer théoriquement jusqu'à ce que ça "résonne", interroger les proches qui nous connaissent vraiment, et si besoin, travailler avec un thérapeute. Les zones aveugles sont inversement proportionnelles à la sécurité. 11:56 - Genre et attachement : les hommes évitants, les femmes anxieuses ? Observation clinique et culturelle : la société valide encore davantage l'expression émotionnelle chez les femmes, et l'inhibition chez les hommes. Ce croisement explique beaucoup de dynamiques de couple. Suggestion d'autres épisodes à écouter : - #245 comprendre les secrets des liens affectifs avec Gwenaelle Persiaux (https://audmns.com/hNGTIqO) - #259 Se sentir mal dans une société malade avec Gwenaelle Persiaux (https://audmns.com/EoyfCSz) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    13 min
  5. #398 Peut-on manipuler avec élégance?  avec Marwan Mery (partie 2)

    9 Jun ·  Video

    #398 Peut-on manipuler avec élégance? avec Marwan Mery (partie 2)

    Merwan Mery a été négociateur au sein des forces spéciales françaises, fondateur de l'agence ADN et son dernier livre se nomme "L'élégance de la manipulation." Tout un programme :) Je me suis dit depuis longtemps que la négociation, c'était une compétence pour les autres, je me défini moi même comme "nul" dans le domaine, aussi parce que je n'aime pas le conflit. Et puis en lisant le livre puis en discutant avec Merwan je me suis rendu compte que j'avais tout faux. Il est né au Liban en 1975, son père a sauvé sa famille d'un peloton d'exécution par les seuls mots. Et depuis, Marwan a fait de ça une vie entière. Dans cet épisode, nous parlons de pourquoi éviter le conflit, c'est se condamner à perdre, des vrais leviers pour débloquer une négociation, de ce que Trump révèle d'un négociateur piégé par sa propre rhétorique, et de comment sortir quelqu'un d'une emprise sans jamais casser le lien. J'ai questionné Marwan sur les 6 mécanismes universels qui nous rendent tous perméables à la manipulation, sur la différence entre gain réel et gain perçu, sur la technique d'inoculation psychologique pour protéger quelqu'un qu'on aime et évidemment sur la manipulation. Citations marquantes- "Je préfère gérer 100 psychopathes, 200 sociopathes, 400 pervers qu'un passif agressif. C'est pas une blague."- "La clôture d'une négociation ne se fait que sur de la perception. Il n'y a rien de rationnel."- "L'absence de résistance de ta part ne fera qu'augmenter le niveau d'exigence de l'autre."- "On est tous manipulés, on est tous manipulateurs et on est tous manipulables."- "Si vous ne décidez pas pour vous, les gens décideront pour vous. C'est le principe de l'indécision."Idées centrales Idée 1 — La manipulation n'est pas un défaut moral, c'est une nécessité humaine Marwan distingue l'influence de la manipulation par un seul critère : l'intention. Pas l'acte. On manipule tous dès l'enfance, avant même de savoir parler — dès qu'on oriente la réalité pour obtenir quelque chose. Ne pas exercer d'influence sur l'autre, c'est se soumettre à lui. Refuser cette réalité ne protège pas, ça fragilise. C'est pourquoi se réconcilier avec la manipulation, c'est le début de la liberté. Timestamp : 02:17 – 20:30 Idée 2 — Distinguer position et enjeu : la clé de 100% des conflits Derrière chaque position affichée se cache un enjeu réel qui n'a, dans la quasi-totalité des cas, rien à voir avec elle. La prise d'otage de Munich en 1972 ? La position, c'est la libération de prisonniers. L'enjeu, c'est la cause palestinienne. Tant qu'on répond à la position, on ne résout rien. La seule voie, c'est de comprendre ce qu'il y a en dessous — et c'est toujours caché. Timestamp : 09:47 – 11:00 Idée 3 — L'ICP, intérêt commun partagé : transcender le conflit plutôt que l'affronter Quand tout oppose deux parties, le seul levier est de trouver la chose sur laquelle les deux peuvent dire oui. En grande distribution, face à l'hyperinflation : le distributeur et le fournisseur s'opposent sur tout — sauf sur une chose, faire revenir le consommateur en magasin. Ça suffit à créer un espace de négociation là où il n'y en avait plus. Timestamp : 11:00 – 16:00 Idée 4 — Les 6 mécanismes universels de perméabilité Marwan en a identifié six qui s'appliquent à tous, quelle que soit la culture : la mortalité (on agit pour ne pas mourir), l'émotion (qui prend souvent le pas sur la raison), le besoin de croire (donner du sens à ce qu'on ne comprend pas), la dissonance cognitive (les histoires qu'on se raconte pour éviter l'inconfort), le bénéfice supérieur (toutes nos actions sont guidées par lui), et l'économie des ressources (on choisit toujours le chemin le plus court). Ces six leviers font de chacun de nous une cible permanente. Timestamp : 23:39 – 27:08 Idée 5 — Ce qui compte, c'est le gain perçu, pas le gain réel Une négociation ne se clôture jamais sur des faits — seulement sur un sentiment. Quelqu'un qui se bat quatre heures pour obtenir 1% sera plus satisfait que celui qui obtient 20% en claquant des doigts. Le travail du négociateur, c'est de provoquer chez l'autre le sentiment de satiété — lui donner l'impression qu'il a tout arraché, même s'il a tout perdu. Timestamp : 38:02 – 40:41 Idée 6 — L'inoculation psychologique comme outil contre l'emprise Dire à quelqu'un "ton partenaire te manipule, regarde ce qu'il fait" ne sert à rien — le manipulateur l'a préparé à entendre exactement ça. En revanche, si on liste à l'avance les méthodes que le manipulateur va utiliser, sans cibler personne, la personne sous emprise fait elle-même le lien quand ces méthodes apparaissent. C'est l'électrochoc qui ouvre la fenêtre. Timestamp : 1:02:50 – 1:04:36 Idée 7 — L'IA et la société sans friction : ce qu'on est en train de perdre Plus une technologie promet de réduire l'effort, plus on l'adopte silencieusement. GPS, ascenseurs, smartphones — et maintenant l'IA. Le problème : on perd les compétences que ces outils remplacent. Et les générations qui n'ont connu que l'après ne peuvent même plus se poser la question. La friction, c'est ce qui donne de l'expérience. L'enlever, c'est enlever le sens. Timestamp : 28:17 – 36:53 Questions posées dans l'interview- Le titre L'élégance de la manipulation est volontairement transgressif — pourquoi choisir un mot que tout le monde fuit ?- À quel âge commence-t-on à manipuler ?- Qu'est-ce qui t'a amené à en faire une carrière — et quel rôle a joué ton histoire personnelle ?- Comment passe-t-on de quelqu'un qui évite le conflit à quelqu'un qui sait le gérer ?- Comment distinguer position et enjeu dans un conflit — et comment trouver l'ICP ?- Que révèle Trump, lu à travers le prisme d'un négociateur professionnel ?- Savoir qu'on est manipulables, est-ce libérateur ou anxiogène ?- Comment repérer qu'on est dans une bulle de filtre algorithmique — et comment s'en extraire ?- Quels sont les premiers signaux d'une emprise dans un couple, et comment sortir quelqu'un d'une emprise sans briser le lien ?- Face à quelqu'un qui refuse de bouger, quelle est la pire erreur — et quelle question fonctionne vraiment ? Références citéesLivres - L'élégance de la manipulation — Merwan Mehri (livre principal de l'épisode)- The Art of the Deal — Donald Trump, cité pour illustrer la méthode du passage en force (16:11)Événements historiques - Prise d'otage de Munich, JO 1972 — exemple canonique de distinction entre position affichée et enjeu réel (10:30)- Guerre du Liban, 6 décembre 1975 — le père de Marwan sauve la famille par la négociation face à un peloton d'exécution (03:35)Études et données - Étude Universcience sur l'esprit critique : 76% des Français pensent avoir un bon esprit critique, 40% refusent de parler à des gens avec qui ils ne sont pas d'accord (52:28)- Statistiques ONU sur la démographie mondiale : 8 milliards aujourd'hui, 10 milliards en chiffres médians d'ici 2050 (1:05:14)Références culturelles - Stranger Things (Netflix) — mentionné par Marwan pour évoquer la simplicité perçue des années 80 (1:05:14)- Pyramide de Maslow — référencée sur le bonheur dans les sociétés riches (1:10:19)Autres - Fabrice Midal — cité en parallèle, discussion sur la société sans friction et l'expérience (27:08)- Agence ADN — l'agence de Marwan, forme 3 000 à 4 000 personnes par an sur tous les continents (1:14:02)Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 — Introduction : manipulation, un mot qui fait peur Gregory se dit mauvais négociateur, Marwan aussi. Et pourtant. L'épisode s'ouvre sur une tension : pourquoi appeler un livre L'élégance de la manipulation quand le mot lui-même fait fuir ? 02:17 — Manipulation vs influence : tout est dans l'intention Ce qui différencie les deux, ce n'est pas l'acte — c'est l'intention derrière. On peut manipuler positivement et influencer négativement. Le médecin qui te dit que c'est "le seul médicament" te manipule. On l'accepte parce que l'intention est bonne. 03:35 — L'histoire personnelle de Marwan Né au Liban en 1975. Son père a sauvé la famille d'un peloton d'exécution le 6 décembre de la même année, par la seule force de la négociation. C'est là que tout a commencé. 05:48 — Comment se réconcilier avec le conflit Le conflit n'est pas une violence. C'est l'expression normale d'un désaccord. Savoir le gérer, c'est un hard skill comme les maths. Ceux qui savent se battre n'ont pas peur de se promener à deux heures du matin. Ceux qui savent négocier vivent différemment. 09:47 — La distinction position/enjeu : la clé de tout Derrière chaque position affichée se cache un enjeu réel — et dans 100% des cas, les deux n'ont rien à voir. Le mari en retard et la dispute qui s'ensuit : ce n'est pas le retard le sujet. C'est un besoin de respect qui n'est pas comblé. 11:00 — L'ICP : intérêt commun partagé Même quand tout oppose deux parties, il existe toujours quelque chose sur quoi les deux peuvent dire oui. C'est cet espace-là qu'il faut trouver. Distributeur vs fournisseur en pleine hyperinflation : l'ICP, c'est faire revenir le consommateur en magasin. Sans ça, tout le monde perd. 16:01 — Trump analysé par un négociateur des forces spéciales Trump est prévisible dans son imprévisibilité. Il pousse les curseurs au maximum, ça fonctionne face aux faibles. Mais face à l'Iran — qui ne se perçoit pas comme faible et n'a rien à perdre — il se retrouve dans une situation impossible. C'est le syndrome du tigre blessé. 23:39 — Les 6 mécanismes universels de perméabilité Mortalité, émotion, besoin de croire, dissonance cognitive, bénéfice supérieur, économie des ressources. Ces six leviers s'appliquent à tout le monde, partout, toujours. Connaître les 250 biais cognitifs d

    34 min
  6. #398 Peut-on manipuler avec élégance? avec Merwan Mery (partie 1)

    9 Jun ·  Video

    #398 Peut-on manipuler avec élégance? avec Merwan Mery (partie 1)

    Merwan Mery a été négociateur au sein des forces spéciales françaises, fondateur de l'agence ADN et son dernier livre se nomme "L'élégance de la manipulation." Tout un programme :) Je me suis dit depuis longtemps que la négociation, c'était une compétence pour les autres, je me défini moi même comme "nul" dans le domaine, aussi parce que je n'aime pas le conflit. Et puis en lisant le livre puis en discutant avec Merwan je me suis rendu compte que j'avais tout faux. Il est né au Liban en 1975, son père a sauvé sa famille d'un peloton d'exécution par les seuls mots. Et depuis, Marwan a fait de ça une vie entière. Dans cet épisode, nous parlons de pourquoi éviter le conflit, c'est se condamner à perdre, des vrais leviers pour débloquer une négociation, de ce que Trump révèle d'un négociateur piégé par sa propre rhétorique, et de comment sortir quelqu'un d'une emprise sans jamais casser le lien. J'ai questionné Marwan sur les 6 mécanismes universels qui nous rendent tous perméables à la manipulation, sur la différence entre gain réel et gain perçu, sur la technique d'inoculation psychologique pour protéger quelqu'un qu'on aime et évidemment sur la manipulation. Citations marquantes- "Je préfère gérer 100 psychopathes, 200 sociopathes, 400 pervers qu'un passif agressif. C'est pas une blague."- "La clôture d'une négociation ne se fait que sur de la perception. Il n'y a rien de rationnel."- "L'absence de résistance de ta part ne fera qu'augmenter le niveau d'exigence de l'autre."- "On est tous manipulés, on est tous manipulateurs et on est tous manipulables."- "Si vous ne décidez pas pour vous, les gens décideront pour vous. C'est le principe de l'indécision."Idées centrales Idée 1 — La manipulation n'est pas un défaut moral, c'est une nécessité humaine Marwan distingue l'influence de la manipulation par un seul critère : l'intention. Pas l'acte. On manipule tous dès l'enfance, avant même de savoir parler — dès qu'on oriente la réalité pour obtenir quelque chose. Ne pas exercer d'influence sur l'autre, c'est se soumettre à lui. Refuser cette réalité ne protège pas, ça fragilise. C'est pourquoi se réconcilier avec la manipulation, c'est le début de la liberté. Timestamp : 02:17 – 20:30 Idée 2 — Distinguer position et enjeu : la clé de 100% des conflits Derrière chaque position affichée se cache un enjeu réel qui n'a, dans la quasi-totalité des cas, rien à voir avec elle. La prise d'otage de Munich en 1972 ? La position, c'est la libération de prisonniers. L'enjeu, c'est la cause palestinienne. Tant qu'on répond à la position, on ne résout rien. La seule voie, c'est de comprendre ce qu'il y a en dessous — et c'est toujours caché. Timestamp : 09:47 – 11:00 Idée 3 — L'ICP, intérêt commun partagé : transcender le conflit plutôt que l'affronter Quand tout oppose deux parties, le seul levier est de trouver la chose sur laquelle les deux peuvent dire oui. En grande distribution, face à l'hyperinflation : le distributeur et le fournisseur s'opposent sur tout — sauf sur une chose, faire revenir le consommateur en magasin. Ça suffit à créer un espace de négociation là où il n'y en avait plus. Timestamp : 11:00 – 16:00 Idée 4 — Les 6 mécanismes universels de perméabilité Marwan en a identifié six qui s'appliquent à tous, quelle que soit la culture : la mortalité (on agit pour ne pas mourir), l'émotion (qui prend souvent le pas sur la raison), le besoin de croire (donner du sens à ce qu'on ne comprend pas), la dissonance cognitive (les histoires qu'on se raconte pour éviter l'inconfort), le bénéfice supérieur (toutes nos actions sont guidées par lui), et l'économie des ressources (on choisit toujours le chemin le plus court). Ces six leviers font de chacun de nous une cible permanente. Timestamp : 23:39 – 27:08 Idée 5 — Ce qui compte, c'est le gain perçu, pas le gain réel Une négociation ne se clôture jamais sur des faits — seulement sur un sentiment. Quelqu'un qui se bat quatre heures pour obtenir 1% sera plus satisfait que celui qui obtient 20% en claquant des doigts. Le travail du négociateur, c'est de provoquer chez l'autre le sentiment de satiété — lui donner l'impression qu'il a tout arraché, même s'il a tout perdu. Timestamp : 38:02 – 40:41 Idée 6 — L'inoculation psychologique comme outil contre l'emprise Dire à quelqu'un "ton partenaire te manipule, regarde ce qu'il fait" ne sert à rien — le manipulateur l'a préparé à entendre exactement ça. En revanche, si on liste à l'avance les méthodes que le manipulateur va utiliser, sans cibler personne, la personne sous emprise fait elle-même le lien quand ces méthodes apparaissent. C'est l'électrochoc qui ouvre la fenêtre. Timestamp : 1:02:50 – 1:04:36 Idée 7 — L'IA et la société sans friction : ce qu'on est en train de perdre Plus une technologie promet de réduire l'effort, plus on l'adopte silencieusement. GPS, ascenseurs, smartphones — et maintenant l'IA. Le problème : on perd les compétences que ces outils remplacent. Et les générations qui n'ont connu que l'après ne peuvent même plus se poser la question. La friction, c'est ce qui donne de l'expérience. L'enlever, c'est enlever le sens. Timestamp : 28:17 – 36:53 Questions posées dans l'interview- Le titre L'élégance de la manipulation est volontairement transgressif — pourquoi choisir un mot que tout le monde fuit ?- À quel âge commence-t-on à manipuler ?- Qu'est-ce qui t'a amené à en faire une carrière — et quel rôle a joué ton histoire personnelle ?- Comment passe-t-on de quelqu'un qui évite le conflit à quelqu'un qui sait le gérer ?- Comment distinguer position et enjeu dans un conflit — et comment trouver l'ICP ?- Que révèle Trump, lu à travers le prisme d'un négociateur professionnel ?- Savoir qu'on est manipulables, est-ce libérateur ou anxiogène ?- Comment repérer qu'on est dans une bulle de filtre algorithmique — et comment s'en extraire ?- Quels sont les premiers signaux d'une emprise dans un couple, et comment sortir quelqu'un d'une emprise sans briser le lien ?- Face à quelqu'un qui refuse de bouger, quelle est la pire erreur — et quelle question fonctionne vraiment ? Références citéesLivres - L'élégance de la manipulation — Merwan Mehri (livre principal de l'épisode)- The Art of the Deal — Donald Trump, cité pour illustrer la méthode du passage en force (16:11)Événements historiques - Prise d'otage de Munich, JO 1972 — exemple canonique de distinction entre position affichée et enjeu réel (10:30)- Guerre du Liban, 6 décembre 1975 — le père de Marwan sauve la famille par la négociation face à un peloton d'exécution (03:35)Études et données - Étude Universcience sur l'esprit critique : 76% des Français pensent avoir un bon esprit critique, 40% refusent de parler à des gens avec qui ils ne sont pas d'accord (52:28)- Statistiques ONU sur la démographie mondiale : 8 milliards aujourd'hui, 10 milliards en chiffres médians d'ici 2050 (1:05:14)Références culturelles - Stranger Things (Netflix) — mentionné par Marwan pour évoquer la simplicité perçue des années 80 (1:05:14)- Pyramide de Maslow — référencée sur le bonheur dans les sociétés riches (1:10:19)Autres - Fabrice Midal — cité en parallèle, discussion sur la société sans friction et l'expérience (27:08)- Agence ADN — l'agence de Marwan, forme 3 000 à 4 000 personnes par an sur tous les continents (1:14:02)Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 — Introduction : manipulation, un mot qui fait peur Gregory se dit mauvais négociateur, Marwan aussi. Et pourtant. L'épisode s'ouvre sur une tension : pourquoi appeler un livre L'élégance de la manipulation quand le mot lui-même fait fuir ? 02:17 — Manipulation vs influence : tout est dans l'intention Ce qui différencie les deux, ce n'est pas l'acte — c'est l'intention derrière. On peut manipuler positivement et influencer négativement. Le médecin qui te dit que c'est "le seul médicament" te manipule. On l'accepte parce que l'intention est bonne. 03:35 — L'histoire personnelle de Marwan Né au Liban en 1975. Son père a sauvé la famille d'un peloton d'exécution le 6 décembre de la même année, par la seule force de la négociation. C'est là que tout a commencé. 05:48 — Comment se réconcilier avec le conflit Le conflit n'est pas une violence. C'est l'expression normale d'un désaccord. Savoir le gérer, c'est un hard skill comme les maths. Ceux qui savent se battre n'ont pas peur de se promener à deux heures du matin. Ceux qui savent négocier vivent différemment. 09:47 — La distinction position/enjeu : la clé de tout Derrière chaque position affichée se cache un enjeu réel — et dans 100% des cas, les deux n'ont rien à voir. Le mari en retard et la dispute qui s'ensuit : ce n'est pas le retard le sujet. C'est un besoin de respect qui n'est pas comblé. 11:00 — L'ICP : intérêt commun partagé Même quand tout oppose deux parties, il existe toujours quelque chose sur quoi les deux peuvent dire oui. C'est cet espace-là qu'il faut trouver. Distributeur vs fournisseur en pleine hyperinflation : l'ICP, c'est faire revenir le consommateur en magasin. Sans ça, tout le monde perd. 16:01 — Trump analysé par un négociateur des forces spéciales Trump est prévisible dans son imprévisibilité. Il pousse les curseurs au maximum, ça fonctionne face aux faibles. Mais face à l'Iran — qui ne se perçoit pas comme faible et n'a rien à perdre — il se retrouve dans une situation impossible. C'est le syndrome du tigre blessé. 23:39 — Les 6 mécanismes universels de perméabilité Mortalité, émotion, besoin de croire, dissonance cognitive, bénéfice supérieur, économie des ressources. Ces six leviers s'appliquent à tout le monde, partout, toujours. Connaître les 250 biais cognitifs d

    45 min
  7. [Solo] Pourquoi sommes-nous si épuisés?

    4 Jun

    [Solo] Pourquoi sommes-nous si épuisés?

    Ceci est un épisode Solo et donc une lecture de ma newsletter à laquelle vous pouvez vous abonner juste ici - Je vous invite également à participer à ma cagnotte sur Tipeee, c'est juste là.j'ai beaucoup approché ce sujet sans jamais en parler directement alors dans cet épisode, je parle de l'épuisement systémique, pas de fatigue passagère. J'interroge l'incertitude comme carburant silencieux de notre surcharge cognitive, l'accélération décrite par Hartmut Rosa, la pression financière documentée par Antoine Foucher, le capitalisme de la jouissance analysé par Michel Clouscard, la machine à attention qui se nourrit de notre peur, et l'isolement silencieux de nos grandes villes. J'ai questionné aussi le grand mensonge de la productivité, et ce que Viktor Frankl, Pablo Servigne, Byung Chul Han et Olivier Hamant ont chacun à nous dire sur comment traverser ça sans se noyer. Et je finis par trois directions concrètes, pas des solutions miracles, juste des pas de côté qui permettent de ne pas s'épuiser à nager à contre-courant.Citations marquantes - "Notre réponse à l'épuisement est presque toujours la même : on essaie de trouver une méthode pour optimiser. Et c'est là que ça devient pathétique, parce que même ceux qui veulent ralentir adorent une méthode pour le faire rapidement."- "L'amygdale ne fait pas vraiment la différence entre 'un lion va me dévorer' et 'je ne sais pas ce qui va se passer dans six mois avec mon boulot, mon loyer, la géopolitique, l'IA ou le prix de l'énergie.' Les deux produisent de l'épuisement."- "On n'a jamais été aussi optimisé et pourtant on n'a jamais eu aussi peu de temps."- "L'ennui est biologiquement plus proche de l'énergie que de la léthargie. Le vide n'est pas un problème à remplir, c'est une condition nécessaire à la pensée profonde."- "L'épuisement que vous ressentez n'est pas une faiblesse. C'est une réponse rationnelle à un système qui n'est pas conçu pour l'humain." Idées centrales 1. L'épuisement est systémique, pas personnel Ce n'est pas parce que vous êtes mal organisé ou pas assez zen. Nous sommes collectivement victimes d'un système qui n'est pas conçu pour l'humain, avec des ressources inégales pour y faire face. L'individualiser, c'est exactement ce que le système veut qu'on fasse. [~03:00] 2. Notre cerveau est une machine à prédire coincée dans un monde imprévisible Pendant des millions d'années, l'anticipation était une question de survie. Aujourd'hui, cette même mécanique tourne en surchauffe permanente face à des menaces diffuses et globales qu'elle ne peut ni identifier clairement ni neutraliser. C'est là que commence l'épuisement, bien avant le surmenage. [~06:30] 3. Trois accélérations simultanées qui se renforcent Hartmut Rosa distingue l'accélération technique, l'accélération du changement social et l'accélération du rythme de vie lui-même. Nous vivons les trois en même temps, sans jamais avoir le temps de nous adapter à l'une avant que la suivante arrive. [~12:00] 4. La productivité vendue comme remède est souvent une cause supplémentaire L'ennui n'est pas de la paresse, c'est une émotion fonctionnelle qui prépare biologiquement le corps à l'action et ouvre la porte à la créativité. Remplir chaque vide par une stimulation externe, c'est se priver de la condition nécessaire à la pensée profonde. [~22:00] 5. Le contrat du travail est rompu, et on fait semblant de ne pas le voir Pendant les Trente Glorieuses, on doublait son niveau de vie en 15 ans. Aujourd'hui, il faut 84 ans, soit deux vies de travail. Ce n'est pas une opinion, c'est documenté. Et continuer à courir plus vite dans ce contexte s'appelle de l'épuisement par définition. [~17:00] 6. Nager en perpendiculaire plutôt qu'à contre-courant Résister frontalement épuise. Comme dans une baïne, la bonne réponse n'est pas de nager vers la plage mais à la perpendiculaire. Silence, soutien, sens : trois mouvements latéraux qui permettent de sortir sans s'y laisser noyer. [~28:00] Questions structurantes de l'épisode- Pourquoi notre réponse instinctive à l'épuisement est-elle toujours de chercher une méthode pour l'optimiser ?- En quoi l'incertitude du monde contemporain active-t-elle les mêmes mécanismes que la menace physique dans notre cerveau ?- Qu'est-ce que Hartmut Rosa entend exactement par "immobilisme frénétique" et en quoi ça décrit notre condition ?- Comment le passage de la "société disciplinaire" de Foucault à la "société de la performance" a-t-il transformé la domination en auto-exploitation ?- Pourquoi les médias et les algorithmes ont-ils intérêt à nous maintenir dans la peur plutôt que dans la réalité des chiffres ?- Ce que nous avons sacrifié à vivre en grande ville mérite-t-il vraiment qu'on ne le questionne pas ?- L'ennui est-il vraiment une ressource productive que l'on a collectivement décidé de détruire ?- Comment Viktor Frankl trouvait-il du sens dans les camps de concentration, et qu'est-ce que ça nous dit sur notre propre rapport à l'adversité ?- En quoi la "résonance" de Rosa est-elle incompatible avec le contrôle et la performance ?- Qu'est-ce que vous faites parce que vous en avez envie, et qu'est-ce que vous faites parce que vous avez peur de ne pas le faire ?Références citéesPersonnes - Pablo Servigne (chercheur sur l'effondrement, invité de Vlan!) : "La vie danse toujours au bord du chaos. L'inverse du chaos, c'est la mort." [~05:00]- Donna Brothers (psychanalyste américaine) : concept d'"anxiété cartésienne", l'idéal de certitude hérité de Descartes comme source de souffrance [~08:00]- Hartmut Rosa (sociologue et philosophe allemand) : trois formes d'accélération, "immobilisme frénétique", concept de résonance [~11:00 / ~31:00]- Byung Chul Han (philosophe coréen) : "société de la fatigue", dépression et burn-out comme symptômes civilisationnels [~15:00]- Antoine Foucher (ancien directeur général adjoint du MEDEF, invité de Vlan!) : livre "Sortir du travail qui ne paye plus", distinction des trois périodes de progression salariale [~16:00]- Michel Clouscard (sociologue français) : mutation du capitalisme de la répression vers le capitalisme de la jouissance [~19:00]- Rousseau : "Malheur à celui qui n'a plus rien à désirer." [~20:00]- René Girard (anthropologue français) : désir mimétique [~20:00]- Jonathan Crary (chercheur américain) : Le capitalisme est à l'assaut du sommeil (2013) [~22:30]- Reed Hastings (fondateur de Netflix) : "notre plus grand concurrent est le sommeil" [~22:30]- Yohan Hari (auteur, invité de Vlan!) : marché de l'attention [~23:00]- Kenneth Schlenger (fondateur de Opal, invité de Vlan!) : marché de l'attention [~23:00]- Sherry Turkle (professeure au MIT) : Seuls ensemble, trente ans d'étude de notre relation à la technologie [~25:00]- Bruno Marzloff (sociologue de la ville, invité de Vlan!) : plus une ville est grande, plus elle rend seul [~25:00]- Tim Ferris : La semaine de 4 heures comme symbole du mensonge productiviste [~27:00]- Olivier Hamant (biologiste, invité de Vlan!) : robustesse vs performance, l'arbre qui ne transforme que 1% de la lumière [~29:00]- Marc de Smedt (invité de Vlan!) : épisode sur le silence intérieur [~32:00]- Viktor Frankl (psychiatre autrichien, survivant des camps de concentration) : le sens comme condition de survie, déplacement du regard de soi vers l'autre [~34:00]- Sénèque : "Ce n'est pas que nous ayons peu de temps, c'est que nous en perdons beaucoup." [~36:00]Livres - Le capitalisme est à l'assaut du sommeil, Jonathan Crary (2013)- Seuls ensemble, Sherry Turkle- Sortir du travail qui ne paye plus, Antoine Foucher- "Sur la fonction de l'ennui", article de psychologie cité (deux auteurs non nommés)Films - Fight Club : "Nous achetons des choses dont nous n'avons pas besoin..." [~21:00]Sources - Centre d'observation de la société : données sur l'évolution de l'insécurité en France [~24:00]Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 - Le bracelet connecté et le piège de l'optimisation J'ai voulu mieux écouter mon corps. J'ai obtenu un tableau de bord qui me disait si je méritais d'être fatigué. La réponse à l'épuisement est presque toujours la même : trouver une méthode. Et c'est là que tout déraille. 03:00 - L'épuisement n'est pas un problème personnel Ce n'est pas parce que vous êtes mal organisé ou pas assez zen. C'est un épuisement systémique, dont nous sommes tous victimes à des degrés divers. L'industrie du développement personnel, 1.500 milliards de dollars, s'est construite exactement sur ce mensonge. 05:30 - Pablo Servigne et le chaos comme condition du vivant "L'opposé du chaos, c'est la mort." Si c'est vrai, alors nous ne nous épuisons pas du chaos lui-même, mais de l'énergie colossale que nous dépensons à tenter de le fuir. 07:00 - L'amygdale et le lion derrière le rocher Notre cerveau ne distingue pas entre une menace physique et l'incertitude géopolitique, économique ou climatique. Les deux produisent la même mobilisation d'urgence. Répétée sur des années, cette mobilisation s'appelle de l'épuisement. 09:00 - L'anxiété cartésienne de Donna Brothers La pensée occidentale a construit un idéal de certitude. Quand on ne le trouve pas, on ne souffre pas de l'incertitude elle-même, mais de la collision entre ce qui est et ce qu'on croit qui devrait être. 11:30 - Hartmut Rosa et les trois accélérations Technique, sociale, rythme de vie. Elles se renforcent mutuellement et nous n'avons jamais le temps de nous adapter à l'une avant que la suivante arrive. "On court de plus en plus vite pour rester sur place." 16:30 - Le contrat du travail est rompu Pendant les Trente Glorieuses, on doublait son niveau de vie en 15 ans. Aujourd'hui, il faut 84 ans. Deux vies de travail. Ce n'est pas une opinion. C'est la réalité documentée qu'Antoine Foucher résume

    39 min
  8. #397 Pourquoi notre monde devient-t-il si dystopique? Avec Vincent Message

    2 Jun ·  Video

    #397 Pourquoi notre monde devient-t-il si dystopique? Avec Vincent Message

    Vincent Message est un écrivain bien connu mais j’étais passé totalement à coté. Son dernier roman, La folie océan, plonge dans les entrailles d'une mer qu'on croit connaître et qu'on ignore presque totalement. Mais je me suis surtout intéressé à Vincent pour son roman Défaite des maîtres et possesseurs, dont le pitch m’a vraiment intéressé. imaginez un monde où une espèce supérieure traite les humains exactement comme nous traitons les animaux d'élevage c’est à dire des humains en ferme et domestiqués mais qui vont également à l'abattoir. C'est un miroir tendu vers nos propres comportements et ce qui m'a frappé chez Vincent, c'est sa capacité à porter des convictions profondes sur l'écologie et la cause animale tout en refusant absolument la caricature. Ses romans sont des espaces où la complexité du monde trouve une forme littéraire. Dans cet épisode, nous parlons de la mécanique des bonnes histoires, de ce que ça fait à un auteur de se décentrer radicalement, de la dystopie devenue un genre mainstream parce que notre réalité l'est devenue, de la violence ordinaire au travail, de l'IA comme outil et comme menace silencieuse, et de cette question qui m'obsède : qu'est-ce qui nous donne encore envie du futur ? J'ai questionné Vincent sur son rapport à la joie, sur les limites planétaires, sur le biocentrisme comme seule réponse rationnelle à la crise, et sur ce que la fiction peut faire que l'essai ne fera jamais. Citations marquantes- "C'est de notre vivant qu'on a franchi sept des neuf limites planétaires. C'est de notre vivant que la croissance de la population humaine se met à accentuer de façon dramatique la finitude des ressources."- "On a fait de cette Terre, pour les animaux, un enfer permanent, quotidien, de leur naissance à leur mort."- "La dystopie est devenue mainstream. Et ça en dit long sur la manière dont notre réalité elle-même est devenue dystopique dans ce laps de temps."- "Chaque fois que tu demandes à une IA au lieu d'un ami, tu rates une occasion de renforcer ton bien-être émotionnel."- "Ce à quoi il faut claquer la porte, c'est l'anthropocentrisme. Si nous n'agissons que dans les intérêts humains de court terme, des fractions les plus aisées de la population mondiale, on va vraiment droit dans le mur." Idées centrales discutées 1. Le décentrage comme outil éthique fondamental ~0:11:35 – 0:17:26 Dans Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent inverse les rôles : une espèce supérieure domine les humains exactement comme nous dominons les animaux. Ce n'est pas un gimmick de SF. C'est une expérience de pensée héritée du XVIIIe siècle — le Huron chez Voltaire, Gulliver chez Swift — qui force le lecteur à voir ses propres comportements depuis l'extérieur. Se décentrer, c'est la condition pour remettre en question des systèmes qu'on ne questionne plus parce qu'on les habite. 2. La dystopie est devenue mainstream parce que notre réalité l'est ~0:07:11 – 0:11:35 En 2016, l'éditeur de Vincent refusait le mot "dystopie" car personne ne comprenait ce que ça voulait dire. Dix ans plus tard, c'est une catégorie sur toutes les plateformes. Cette banalisation dit quelque chose de profond sur notre perception collective du futur : on fait face à plusieurs menaces existentielles simultanées — crise écologique, risque nucléaire, algorithmes — et la fiction dystopique en est devenue le langage naturel. 3. La biomasse comme chiffre qui change tout ~0:25:13 – 0:26:22 60% de la biomasse des mammifères : animaux d'élevage. 35% : humains. 5% : mammifères sauvages. En quelques décennies, on a remplacé la faune sauvage par des animaux au service de notre alimentation. Et la masse anthropogénique (tout ce qu'on a construit) pèse désormais plus lourd que toute la biomasse du vivant. Deux chiffres qui décrivent une planète fondamentalement reconfigurée. 4. La violence ordinaire est aussi réelle que la violence visible ~0:41:xx – 1:05:40 Vincent explore deux registres de violence : la violence physique et visible (l'abattoir, les animaux) et la violence insidieuse du quotidien professionnel (harcèlement managérial, perte de sens, spirale du burn-out). Les deux laissent des traces. Et les deux trouvent leur expression dans ses romans. 5. L'IA : outil précieux et déshumanisation silencieuse ~0:56:06 – 1:01:34 Vincent distingue l'usage raisonné de l'IA (documentation, déblocage d'un premier draft) et ce qui l'inquiète : les IA présentées comme des "amis toujours disponibles". Chaque demande faite à une IA plutôt qu'à un ami rate une occasion de renforcer un lien humain. Sur fond de solitude croissante, c'est une forme de déshumanisation lente et consentie. 6. La joie comme condition de l'action écologique ~1:10:53 – 1:13:01 La phrase de Deleuze — "le système nouveau triste, il faut être joyeux pour lui résister" — structure la vision de Vincent. Cette joie ne vient pas d'un optimisme naïf, mais de l'apprentissage, de la curiosité maintenue, de l'action collective. Comprendre la crise écologique, c'est aussi découvrir l'incroyable complexité du vivant. Et ça, c'est une source de joie réelle. 7. Le biocentrisme : seul anthropocentrisme rationnel ~1:13:44 – 1:16:41 Accorder de la valeur aux forêts, aux océans, aux animaux, c'est juste en soi — ils ont un droit à exister. Mais c'est aussi la seule stratégie rationnelle pour garantir que des sociétés humaines survivent dans 500 ans. Le biocentrisme, même vu de façon cynique, est un anthropocentrisme de long terme. Questions posées dans l'interview- Qu'est-ce qui t'a emmené à la littérature, alors que tu aurais pu emprunter une autre voie après Normal Sup ?- Quels sont les meilleurs romans jamais écrits selon toi, et pourquoi ?- C'est quoi les clés d'une bonne histoire — ce qui fait qu'on ne peut pas s'arrêter de lire ?- La dystopie est devenue un genre mainstream. Est-ce que ça dit quelque chose sur notre époque ?- Comment tu vois le film Avatar — utopie, dystopie, les deux ?- Dans Défaite des maîtres et possesseurs, tu crées un décentrage total. Qu'est-ce que ça t'a fait de te mettre dans cette position en tant qu'auteur et en tant qu'humain ?- Comment, avec des convictions aussi fortes sur l'écologie, tu arrives à avoir de la nuance dans tes romans ?- Ton dernier roman porte sur l'océan. Pourquoi ce monde-là spécifiquement ?- Est-ce que tu dois toujours expérimenter le monde que tu décris, ou la documentation suffit ?- Comment tu vis l'arrivée de l'IA en tant qu'auteur — outil utile ou menace ?Références citées dans l'épisodeLivres - Les Frères Karamazov — Fiodor Dostoïevski | Choc littéraire à 18 ans, admiration pour l'imprévisibilité des personnages | ~0:03:xx- L'Homme sans qualités — Robert Musil | Fresque de Vienne en 1913, modernité technoscientifique et malaise social | ~0:03:xx- Défaite des maîtres et possesseurs — Vincent Message (2016) | Dystopie animaliste, point de vue non humain | ~0:07:11- Les Veilleurs — Vincent Message | Premier roman, 630 pages, "livre monde" | ~0:29:59- Cora dans la spirale — Vincent Message | Violence ordinaire au travail, monde de l'assurance | ~1:01:34- Les années sans soleil — Vincent Message (2022) | Confinement Covid, isolement géographique | ~0:45:37- La folie océan — Vincent Message | Pêche et vie marine en Bretagne nord | ~0:32:42- Du côté de chez Swann — Marcel Proust (1913) | Cité pour le paradoxe du format long dans une époque "pressée" | ~0:55:31- Le Décaméron — Giovanni Boccaccio | Littérature d'épidémie, modèle de livre-témoin | ~0:48:16- Le cerveau funambule — Jean-Pierre Lachaud | Recommandé pour comprendre notre rapport aux objets et à l'attention | ~0:51:36Films / Séries - Avatar — James Cameron | Utopie frictionelle, guerre de civilisation, fantasme de changement de corps | ~0:08:46- La Planète des singes | Comparé à Défaite des maîtres, jugé moins radical dans le décentrage | ~0:17:26- Black Mirror | Principe du "et si" : faire bouger un seul élément et observer les conséquences | ~0:30:23Références scientifiques et intellectuelles - Étude Institut Weizmann, Nature (2020) | Masse anthropogénique > biomasse totale du vivant | ~0:23:38- L214 | Vidéos d'abattoirs sorties en 2016, concomitantes avec la sortie de Défaite des maîtres | ~0:19:53- Gilles Deleuze / Baruch Spinoza | "Le système nouveau triste, il faut être joyeux pour lui résister" | ~1:11:11- Marie Peuzet | Clinicienne spécialiste de la souffrance au travail | ~1:03:xx- René Descartes | "Maître et possesseur de la nature" — formule reprise dans le titre du roman | ~1:07:21Timestamps clés 0:00:00 — Introduction : et si on pouvait à nouveau se réjouir du futur ? Présentation de Vincent Message, de VLAN et des thèmes de l'épisode : domination, fiction, violence, biocentrisme. 0:02:29 — Pourquoi la littérature : écrire depuis l'enfance Vincent écrivait dès 7-8 ans. Ses études littéraires n'ont pas précédé l'envie d'écrire — elles l'ont approfondie. Il voulait "passer dans les coulisses" du tour de magie. 0:04:55 — Les clés d'une bonne histoire Une bonne histoire place le protagoniste dans la pire situation possible, crée une tension électrique, et force le lecteur à se demander : qu'est-ce que je ferais à sa place ? 0:07:11 — "Défaite des maîtres et possesseurs" : genèse d'une dystopie Un monde où les humains sont élevés, domestiqués, mangés. Pas de la SF classique : une expérience de pensée sur la cause animale, paradoxalement presque sans animaux. 0:12:41 — Le voyage en Inde qui a tout déclenché Inde 2014, puis Camargue : la catégorisation arbitraire des animaux (aimés, adulés, écrasés) comme déclencheur du projet littéraire. 0:17:45 — Écrire depuis un point de vue non humain La singularité du livre : le narrateur n'es

    1hr 17min

About

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

You Might Also Like