C'est pas du vent

Jamais une espèce vivante n'a eu sur la Terre autant d'impact que l'Homme, pourtant nous n'avons qu’une planète. Aujourd’hui, le monde prend conscience que nos modes de développement ne sont pas durables et que nous allons devoir profondément changer notre rapport à la nature pour préserver la vie sur terre. Anne-Cécile Bras vous propose de rendre compte de cette actualité sur tous les continents, pour décrypter les avancées ou les reculs de nos actions face à notre environnement en devenir. Une émission réalisée par François Porcheron, coordonnée par Caroline Filliette. *** Diffusions le mercredi (pour Le Club de C'est pas du vent), le jeudi et le vendredi vers toutes cibles à 14h10 TU et 23h10 TU. 

  1. -1 J

    Explosion des déchets ménagers : pourquoi tous les pays sont concernés ?

    Parmi les indicateurs qui accompagnent le développement économique d’un pays, il en est un que l’on néglige trop souvent : c’est celui de la production de déchets. L’équation est simple : plus nous gagnons d’argent plus nous consommons donc plus nous produisons d’ordures. Résultat, l’humanité fabrique des quantités toujours plus importantes de résidus à collecter, à traiter, à recycler mais plus souvent à enfouir ou à brûler. L’ONU s’est risquée à donner des chiffres : les déchets ménagers (hors déchets industriels et issus de la construction) devraient passer de 2,5 milliards de tonnes en 2025 à près de 5 milliards d'ici à 2050. Si rien n’est fait pour réduire cette production et développer massivement le recyclage, les pays aujourd’hui en pleine croissance rejoindront, voire dépasseront, les niveaux de déchets des pays les plus riches. Et cette fois, aucun pays ne pourra dire qu’il n’est pas concerné : Nord, Sud, économies émergentes ou déjà industrialisées, nous sommes tous pris dans cette spirale. Nous vous emmènerons dans la partie centrale de la péninsule des Balkans, en Macédoine où la mauvaise gestion des déchets a des conséquences sanitaires et sociale. Un reportage de Louis Seiller en Macédoine. Avec l’éclairage de Charlotte Nithart, experte environnementale et directrice de l'association Robin des Bois. Musique diffusée dans l'émission Kočani Orkestar - Siki, Siki Baba.

    49 min
  2. -2 J

    Écologie, comment sauver notre peau ?

    Aujourd’hui, nous sommes à la Gaîté Lyrique, un lieu de création culturel et d’engagement situé dans le centre de Paris. Nous sommes sur la scène de l’amphithéâtre devant un public nombreux ! Vous connaissez C’est pas du vent, nous allons parler d’écologie avec une question très directe : comment sauver notre peau ? 78% des Européens s’inquiètent de l’impact sur la santé et l’environnement des substances chimiques nocives contenues dans les produits de la vie quotidienne. Et ce n’est pas qu’une angoisse européenne : à l’échelle mondiale, une large majorité de la population partage cette inquiétude, avec plus de deux personnes sur trois qui se disent préoccupées par les risques liés aux produits chimiques dans leur vie de tous les jours. Nous sommes entourés de produits industriels invisibles et nous découvrons, avec le temps, l’ampleur des contaminations qui dégradent notre santé. Il est souvent très difficile de démontrer clairement les liens entre les causes et les effets, mais les signaux sont là : pollution de l’eau, de l’air, des sols… Et derrière, des mots qui font peur : PFAS, chlordécone, pesticides, cadmium, plastique… ce sont des substances qui restent dans notre environnement des dizaines, voire des centaines d’années, et dans nos corps aussi. Le nombre de cancers a doublé dans le monde depuis les années 90, celui du côlon ou du sein ont fortement augmenté ces dernières décennies chez les plus jeunes. Face à cette situation, l’Agence européenne des produits chimiques, l’ECHA, vient de recommander l’interdiction de tous les PFAS, ces « polluants éternels » qui s’accumulent partout. C’est un pas important, mais cela pose une question politique et éthique fondamentale : le principe de précaution ne devrait-il pas être un devoir pour les décideurs, un réflexe, qui les pousse toujours à protéger les biens communs et notre santé avant tout ? Car aujourd’hui, notre système privilégie encore trop souvent le curatif plutôt que le préventif : on soigne après coup, au lieu d’éviter les expositions, les pollutions, les maladies. Alors, comment changer de logique ? Comment reprendre la main sur ces substances chimiques omniprésentes ? Comment sauver notre peau, sans céder à la panique, mais en exigeant des protections à la hauteur des risques ? Émission enregistrée en public à la Gaité Lyrique en partenariat avec l’association Make Sense avec : Fleur Breteau, fondatrice et porte-parole du collectif Cancer Colère) Son ouvrage Cancer Colère, la santé et les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion vient de sortir au Seuil Camille Etienne, activiste pour la justice sociale et climatique Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en philosophie politique de l’université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine) Jean-François Corty, médecin. Il est président de l'association Médecins du Monde depuis juin 2024.

    49 min
  3. 10 AVR.

    Transport maritime : cap sur la décarbornation

    Aujourd’hui, nous prenons le large pour parler de ce qui fait battre le cœur de la mondialisation : le transport maritime. Chaque jour, des milliers de porte-conteneurs sillonnent les mers, acheminant 90% des marchandises que nous consommons. Mais derrière cette prouesse logistique, se cache une réalité moins visible : émissions massives de gaz à effet de serre, pollution de l’air et de l’eau, impact sur la biodiversité marine. Le transport maritime, longtemps resté à l’écart des débats climatiques, est désormais dans le viseur des scientifiques, des ONG… et des citoyens. Face à ce constat, une idée qui semblait appartenir au passé refait surface avec force : utiliser le vent comme moteur. Les voiliers cargos, hybrides entre technologie de pointe et savoir-faire ancestral, promettent de réduire drastiquement l’empreinte carbone de nos échanges internationaux. Ailes rigides, cerfs-volants géants, mâts intelligents : l’innovation souffle sur les océans, encore faut-il trouver le bon modèle économique. Une loi a été adoptée cette semaine à l’Assemblée nationale française pour développer cette filière. Au programme de cette émission : comment fonctionne le commerce maritime mondial, pourquoi il émet autant, et en quoi ces nouveaux voiliers cargos pourraient changer la donne. Utopie verte ou véritable révolution en marche ? Quels sont les freins, quelles sont les solutions, qui sont les pionniers ? Avec un reportage de Sébastien Farcis et l'éclairage de Fanny Pointet, responsable Transport maritime France de l’ONG européenne Transport et environnement. Musique diffusée dans l'émission Hugues Auffray Santiano.

    49 min
  4. 9 AVR.

    Une seule santé : les humains, les animaux et l’environnement, tout est relié

    Les trois-quarts des maladies humaines émergentes proviennent du monde animal et les pollutions nous rendent malades. Le sommet « Une seule santé « qui s’est déroulé en début de semaine avec 600 scientifiques de 40 pays a exploré ces dépendances... En début de semaine s’est déroulé à Lyon, dans le sud de la France un événement paradoxal : le 9ème One Planet Summit du président Emmanuel Macron, cette fois sur le thème d’une seule santé. Un concept passionnant porté par la recherche depuis une vingtaine d’années qui démontre que la santé humaine, celle des animaux et des écosystèmes sont intimement liées. La pandémie de Covid-19 l’a bien démontré. Lundi, 600 scientifiques d’une quarantaine de pays se sont donc réunis en colloque pour partager leurs connaissances et élaborer 47 recommandations à destination des politiques qui avaient rendez-vous le lendemain. Seulement une vingtaine de ministres et trois chefs d’État ont fait le déplacement. Mais où est le paradoxe me direz-vous ? Et bien, ce sommet a lieu au moment où la France baisse de 60% sa contribution au Fonds mondial de lutte contre la tuberculose, le sida et le paludisme, ces deux dernières maladies incarnent pourtant ce concept d’une seule santé. Autre grand écart : les scientifiques ont insisté sur l’urgence de « repenser l’agriculture et l’alimentation par l’agroécologie », mais cela n’a pas empêché Annie Genevard, la ministre française de l’Agriculture qui a assisté au sommet de présenter ce mercredi une loi d’urgence agricole qui favorise l’agriculture intensive nocive pour la santé de tous. Comme l’ont écrit 700 scientifiques dans une tribune publiée en amont du sommet dans le journal Le Monde : « le déni des réalités mises en évidence par la science semble désormais faire office de solution sur le plan politique ». Pourtant, lors de son discours, Emmanuel Macron a de nouveau insisté sur l’importance d’écouter la science : C’est bien de le dire Monsieur le président, mais c’est mieux de le faire ! Émission autour du One Health Summit qui s’est tenu à Lyon (France) du 5 au 7 avril 2026, à l'occasion de la Journée mondiale de la santé. Avec - Thierry Lefrançois, vétérinaire, il a travaillé sur les maladies infectieuses émergentes en Afrique et dans les Caraïbes tropicales, il est aujourd’hui le conseiller de la présidente du CIRAD - Elisabeth Dibongué, secrétaire générale de PREZODE lancée lors du One Planet Summit sur la biodiversité, en janvier 2021, à l'initiative de trois organismes de recherches français que sont l’INRAE, l'IRD et le Cirad est désormais portée par 200 partenaires d’une vingtaine de pays - Anne-Laure Baniuls, directrice de recherches à l’IRD et spécialiste de la lutte contre l'antibiorésistance - Judicaëlle Brioir, directrice de l’association Une Souris Verte. Et notre chronique mensuelle le Petit Atlas de Maxime Blondeau nous emmènera aujourd'hui au Costa Rica. Les musiques diffusées dans l'émission - Abracadabra - Puerto Limon - Lord Esperenza, Olympe Chabert - Lily Rose.

    49 min
  5. 3 AVR.

    Big data, big cata : enquête sur l'empreinte écologique des data centers

    Avec le développement de l’intelligence artificielle, du « cloud », du commerce et du divertissement en ligne, le nombre et la taille des data centers ne cessent d’augmenter pour atteindre le gigantisme ! Les géants de la tech les installent partout au détriment de l’environnement et sans le consentement des populations… À chaque fois que nous ouvrons une application sur notre téléphone ou que nous posons une question à un moteur de recherche, nous sollicitons des données stockées dans un data center quelque part dans le monde. Essentiellement aux États-Unis, en Europe et en Chine. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et des cryptomonnaies, le volume mondial de données en circulation augmente chaque année de 40 %! 40 % c’est énorme et les conséquences sont loin d’être virtuelles : utilisation massive de composants, d’énergie, d’eau et de surface au sol car ils sont de plus en plus grands… Nous vous emmènerons aux États-Unis, dans l’État de Géorgie, où des entrepôts géants, des « data centers hyperscale », poussent comme des champignons au détriment de l’environnement et sans consulter les populations. Un reportage signé Edward Maille. Et nous entendrons l'éclairage d'Anne-Cécile Orgerie, informaticienne, directrice de recherche au CNRS à l'IRISA, l'institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires basé à Rennes dans l’ouest de la France. Elle a reçu le prix informatique Lovelace-Babbage de l’Académie des sciences pour ses travaux sur l’empreinte environnementale des outils numériques.   Musique diffusée dans l'émission Damon Albarn - Everyday Robots Georges Ouédraogo - Internet

    49 min
  6. 2 AVR.

    La nécessaire mutation du monde face au changement climatique

    Nous ressentons déjà les conséquences catastrophiques du changement climatique mais nous n’arrivons pas à nous mobiliser pour lutter contre ses causes. Amy Dahan et Stefan Aykut démontrent brillamment dans leur dernier livre l’ampleur de la mutation nécessaire à accomplir. Ils sont nos invités ! Qu’est-ce que nous ne comprenons pas dans cette phrase: « le climat de la planète se réchauffe, cela impacte son habitabilité et donc l’avenir de l’humanité ? »  Je dis que nous ne comprenons pas car cela fait des décennies que les scientifiques alertent, que 195 pays discutent au sein de la convention des nations unies sur le climat et les résultats sont au minimum inquiétants. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont ralenti mais elles continuent d’augmenter. Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz et de charbon. Et dans un contexte géopolitique tendu la question climatique semble même disparaître des radars. Alors que faut-il faire ? Comment s’y prendre ? Nos invités suggèrent de décloisonner le sujet pour le relier à d’autres enjeux concrets comme la santé, le droit au logement, les conditions de travail, la pauvreté énergétique et le cadre de vie. Il faut agir là où c’est possible car l’avenir est déjà dans nos imaginaires. Avec Stefan C. Aykut, professeur de sociologie, titulaire de la chaire Mercator sur les dynamiques sociétales de la transformation écologique et directeur du centre Futures of Sustainability à l'université de Hambourg. Amy Dahan, mathématicienne et historienne des sciences, directrice de recherche émérite au CNRS. Depuis vingt ans, elle co-anime le séminaire de recherche « Changement climatique : sciences, sociétés, politique » à l'EHESS puis à l’ENS-Ulm. Pour leur livre La mutation climatique paru aux Éditions les Presses SciencesPo. Musiques diffusées dans l'émission - Queens of  the stone age - I Wanna Make It Wit Chu - Zion Marley - Stay.

    49 min

À propos

Jamais une espèce vivante n'a eu sur la Terre autant d'impact que l'Homme, pourtant nous n'avons qu’une planète. Aujourd’hui, le monde prend conscience que nos modes de développement ne sont pas durables et que nous allons devoir profondément changer notre rapport à la nature pour préserver la vie sur terre. Anne-Cécile Bras vous propose de rendre compte de cette actualité sur tous les continents, pour décrypter les avancées ou les reculs de nos actions face à notre environnement en devenir. Une émission réalisée par François Porcheron, coordonnée par Caroline Filliette. *** Diffusions le mercredi (pour Le Club de C'est pas du vent), le jeudi et le vendredi vers toutes cibles à 14h10 TU et 23h10 TU. 

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