Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

  1. 19 HR AGO

    «Ce n'est pas encore le bon moment»: le difficile retour des Soudanais réfugiés en Égypte

    Après trois longues années de guerre et d'exil, beaucoup des 1,5 million de Soudanais réfugiés en Égypte souhaitent désormais rentrer. Si le gouvernement de Khartoum déploie tous les moyens pour rapatrier ses forces vives, le choix reste difficile pour la plupart, tant la situation sur place demeure instable. Reportage de notre correspondant au Caire, Un terrain vague en plein centre du Caire : c'est ce qui sert de parking à une compagnie affrétant des bus pour le Soudan. En ce vendredi après-midi de fin mars, plus d'une heure avant le départ, les voyageurs s'agglutinent déjà autour du véhicule. Comme cette femme, qui patiente, assise sur une imposante valise : « Je suis arrivée environ 20 jours après le début de la guerre. Maintenant, je veux retourner au Soudan. Dieu soit loué, la situation s'est améliorée, ça va, il n'y a plus de problème. C'est pour ça qu'on veut rentrer. Ça suffit, on est épuisés et on a beaucoup souffert. » Pour ce jeune homme, venu accompagner son père, le retour attendra : « Ce n'est pas encore le moment pour nous, il vaut mieux attendre. » Quand on lui demande ce qu'il attend pour quitter l'Égypte et rentrer au pays, il répond : « Que la situation se calme. Que les universités et les écoles réouvrent. Alors, on rentrera si Dieu le veut. » Depuis le petit bureau de la compagnie, une employée remarque un afflux récent de candidats au retour : « Depuis le début du Ramadan, de plus en plus de Soudanais souhaitent rentrer, surtout après que l'armée a repris le contrôle de nombreuses zones. » « Ce n'est pas sûr pour eux de rentrer » Mais ce discours de retour au calme est largement entretenu par le gouvernement soudanais, alors que sur place, la guerre continue et la situation reste précaire pour les civils. Najda Mansour, militante des droits humains réfugiée au Caire, met en garde : « ​​​​​​​Bien sûr, beaucoup de personnes ont fui le pays, donc le gouvernement veut qu'ils reviennent. Mais nous continuons de leur dire que ce n'est pas sûr pour eux de rentrer. » Après la reprise de Khartoum par l'armée régulière en mars 2025, le gouvernement soudanais avait même affrété des trains gratuits pour encourager le retour de la diaspora. « Ce retour volontaire n'a pas fonctionné pour eux. Ils ont trompé les gens en les convainquant de revenir. Mais quand ils ont vu la réalité sur place, beaucoup sont revenus. Le gouvernement a besoin de recruter des gens pour se battre », explique Najda Mansour. Un risque d'autant plus grand que le billet pour Khartoum coûte entre 100 et 150 euros. Et le retour au Caire plusieurs milliers. À écouter aussiÉgypte : au Caire, la communauté soudanaise se retrouve pour défier l'exil

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  2. 1 DAY AGO

    «Nous n'avons aucune nouvelle»: à Gorom, au Soudan du Sud, l'inquiétude des proches de disparus d'El-Fasher

    Alors que la guerre au Soudan est entrée, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année, nous nous penchons sur l'épreuve traversée par des réfugiés inquiets pour des proches dont ils sont sans nouvelles. C'est le cas d'une famille réfugiée au camp de Gorom, près de Juba, au Soudan du Sud, dont le fils a fui El-Fasher, six jours avant l'entrée dans la ville des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), le 26 octobre 2025. Il n'a plus donné de nouvelles depuis. La mère, les frères et les sœurs du disparu ont fait tout ce qu'ils ont pu pour retrouver sa trace, en vain.  De notre correspondante à Gorom, L'appel à la prière du vendredi résonne à travers le camp de Gorom. Hayat Ali Abdulrahman, 54 ans, est arrivée ici en juillet 2025 après un périple de 25 jours depuis El-Fasher, au Darfour. Avec ses filles, elles ont fui la famine et les bombardements quotidiens des FSR au Soudan, laissant leur père et leur frère là-bas, car c'était trop dangereux pour les hommes de se risquer en dehors de la ville : « Je regrette qu'ils soient restés, mais ils ne pouvaient pas partir à ce moment-là. S'ils étaient partis avec nous, les FSR les auraient capturés et emmenés vers des lieux inconnus. C'est pourquoi mon fils a dit : "Attendons un peu, peut-être que la situation va se calmer, puis nous partirons". Mais un mois après, un obus est tombé sur son père, qui est décédé. Mon fils l'a enterré et est resté quelques semaines, puis il est parti. C'était le 20 octobre 2025. Et jusqu'à ce jour, nous ne savons pas où il est. Il est peut-être allé jusqu'à Garni, où il aurait été capturé par les FSR et emmené vers une destination inconnue. Cela fait six mois que nous n'avons aucune nouvelle de lui. » À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan « Nous voulons une rançon » Depuis son exil au Soudan du Sud et avec l'aide de ses proches, la veuve a tenté d'user de contacts au Darfour pour retrouver son fils de 28 ans qui s'appelle Majdi Adam Ibrahim. Selon les informations qu'elle a pu recueillir, il aurait pu être arrêté par les FSR à la sortie d'El-Fasher puis emmené à Nyala, au Darfour du Sud : « Nous essayons d'obtenir des informations. Nous demandons à nos connaissances de vérifier dans les prisons de Nyala, comme celle de Tagris, mais personne ne peut se rendre à Tagris, absolument personne. Les gens cherchent. Nous demandons à tous ceux que nous connaissons d'effectuer des recherches, mais ils ne l'ont pas trouvé. Personne ne peut circuler là-bas, dans les zones contrôlées par les FSR, car si vous y allez pour chercher quelqu'un, ils vous tuent vous aussi. » Le beau-fils de Hayat, Abdellatif, explique qu'en mars, la famille a reçu une demande de rançon : « Un membre des FSR a contacté mon épouse via Messenger et lui a dit : ''Ton frère est avec nous. Il va bien, il est en bonne santé, nous voulons une rançon''. » Mais le membre des FSR demande alors à la famille de payer avant même qu'elle ait pu s'assurer que Majdi est bel et bien en vie. La famille a refusé et exigé de lui parler avant tout envoi d'argent. Depuis, elle n'a plus reçu aucun message, mais espère encore le retrouver vivant. Ecoutez  aussi l'édion spéciale SoudanLe Soudan, pays brisé par une guerre sans fin

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  3. 2 DAYS AGO

    «Mon père a été tué par les FSR»: au Soudan, se reconstruire malgré les séquelles de la guerre

    Le Soudan entre, mercredi 15 avril 2026, dans sa quatrième année de guerre. Le 15 avril 2023, démarraient à Khartoum, la capitale, les affrontements entre l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR) des paramilitaires. Il y a environ un an, la capitale a été récupérée par les forces armées soudanaises. La bataille a duré des mois et l'occupation de la ville par les FSR a laissé des stigmates durables. Comme dans le quartier d'Omdum, dans la banlieue est de la capitale De notre correspondante à Khartoum, Au fond d'un dédale de ruelles de sable de Khartoum, la capitale du Soudan, se trouve la petite maison de Maria Hassam Ibrahim, ou plutôt ce qu'il en reste. Durant leur occupation, les FSR ont tout pillé : « J'ai retrouvé cette pièce vide. Ils ont pris la cuisinière, la bonbonne de gaz, le mixeur, le frigo. Il ne restait rien. Dans ma chambre, ils n'ont laissé que le passeport de mon mari et mon diplôme universitaire. » En revanche, les livres n'ont pas bougé. « Ils n'ont rien pris de la bibliothèque. Ils n'ont rien pris parce que ce sont des illettrés », souligne-t-elle. Maria Hassam Ibrahim est rentrée à Khartoum il y a une dizaine de jours. Omdum est l'un des derniers quartiers à avoir été libéré. Les voisins de Maria Hassam Ibrahim, eux, sont restés tout au long du conflit. Leur famille en a payé le prix fort. Hassan, 12 ans, le plus jeune fils, confie : « Les FSR étaient partout. On ne sortait pas de chez nous. Un jour, j'étais dans la cour quand ils ont frappé à la porte. Je suis allé chercher mes parents. Les miliciens cherchaient des femmes et il voulait entrer. Mes parents ont refusé, alors ils leur ont tiré dessus. Mon père a été tué et les FSR sont repartis. » Suha Mustapha, la mère d'Hassan, nous accueille chez elle, comme elle le fait pour chaque voisin qui regagne le quartier. Dans son salon, quelques chaises, quatre lits pour les proches et un peu de vaisselle : « Beaucoup de choses ont été pillées, mais aujourd'hui, on a le minimum pour vivre décemment chez nous. De la vaisselle, des ustensiles de cuisine... La vie continue. Je n'oublierai jamais ce qui s'est passé. À chaque fois que je regarde mes enfants, je me souviens qu'ils n'ont plus de père. M'occuper d'eux est une grande responsabilité. Ma maison se répare, mais ,on a perdu notre père. » L'école du quartier a rouvert ses portes récemment. Hassan s'y rend cinq fois par semaine. Quand il sera grand, il sera médecin.  À lire aussi«Un véritable cauchemar»: la chute d'El-Fasher, summum de l'horreur au Soudan

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  4. 3 DAYS AGO

    Au Tchad, une association de réfugiées soudanaises pour surmonter les traumatismes de la guerre

    Au Soudan, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide s'affrontent depuis 2023. Selon l'ONU, environ 14 millions de personnes – soit un quart de la population – ont dû fuir le pays, qui compte désormais 9 millions de déplacés internes. Enfin, 4,4 millions de Soudanais ont franchi les frontières voisines, pour se réfugier principalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte. Adré est l'un des principaux points de passage des réfugiés soudanais. La ville abrite un camp de plus de 200 000 réfugiés le long de la frontière avec le Soudan dans lequel Zahra Adam Khamis Ibrahim est impliquée dans la vie associative. De notre envoyée spéciale à Adré, Dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, une tente abrite un atelier de couture où des femmes confectionnent des sacs. Elles se présentent comme des survivantes de la guerre. L’association « Des espaces sûrs pour les femmes et les filles » y accueille des femmes en détresse psychologique ou en état de choc post-traumatique. Au milieu de la tente, Zahra, avec son sourire en coin, incarne une forme de résilience. « Je suis Zahra Adam Khamis Ibrahim. Je viens de la capitale de l’ouest du Darfour, je suis désormais réfugiée au Tchad. » Zahra est la présidente et fondatrice de l’association. Avant la guerre, elle était membre de la société civile d’Al-Geneina, où elle aidait les femmes et les enfants victimes de violences. Comme des milliers d’habitants du Darfour occidental, elle a dû fuir en juin 2023. « Entre Al-Geneina et le Tchad, il y a environ 20 kilomètres. Sur la route, les morts jonchaient le sol, on entendait les cris des femmes et des enfants de toutes parts. Ce qu’on a vu sur la route était horrible, jusqu’à ce qu’on atteigne le Tchad. » Zahra a perdu son fils et huit membres de sa famille dans ce périple. Très vite, elle a ressenti le besoin d’agir et de s’impliquer à Adré. « À mon arrivée, j’étais préoccupée par mes soucis, mais certains avaient des problèmes bien plus graves que les miens. Je devais les aider. » Parmi ces femmes, Zainab Ali Abdallah, qui a perdu 23 membres de sa famille à Al-Geneina. Aujourd’hui, elle est la vice-présidente de l’association. « J’ai rejoint l’association pour aider les autres, mais aussi pour guérir mes traumatismes. On a commencé sous un arbre… puis on s’est déplacées d’abri en abri jusqu’à ce qu’on s’agrandisse. Très vite, on a accueilli énormément de monde. On parlait de nos problèmes. Des fois, on pouvait pleurer toutes ensemble pendant trente minutes. Et chaque témoignage était pire que le précédent. » Grâce à la mobilisation, l’association a pu construire une tente pour accueillir tous ses membres. Les premiers dons sont venus des réseaux féministes de la diaspora soudanaise. Trois ans ont passé depuis le début de la guerre au Soudan. Zahra et Zainab disent s’être adaptées à ce nouvel environnement. Elles ont réussi à retrouver un quotidien presque normal, mais le cœur de Zahra reste tourné vers son pays : « J’ai appris à m’intégrer à cette nouvelle société. Mais je pense énormément à mon pays. J’ai un besoin viscéral de retrouver mon chez-moi. Ce manque m’épuise psychologiquement. Il est vrai que mon rôle est d’aider les gens, mais je crois que, moi aussi, j’ai besoin d’un appui psychologique. » À lire aussiSoudan: les attaques se poursuivent contre des installations civiles et de santé

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  5. 4 DAYS AGO

    Égypte: au Caire, la communauté soudanaise se retrouve pour défier l'exil

    Trois ans de guerre au Soudan ont fait 13 millions de déplacés. Parmi eux, 1,5 million ont trouvé refuge en Égypte. C’est la plus grosse diaspora créée en dehors du pays par ce conflit qui n’en finit plus. Pour la plupart installés au Caire, ces exilés continuent de faire vivre leur culture et leurs traditions.  De notre correspondant au Caire,  Des notes de musique résonnent jusque dans la rue, au pied d’un immeuble du centre du Caire. Au troisième étage se trouve le vaste appartement où l’Union des artistes soudanais a élu domicile. « Je suis venu pour écouter Hadia Talsam, confie Mohannad. C’est un monstre de la chanson soudanaise. » Impossible de se frayer un chemin à l’intérieur tant l’endroit est pris d’assaut par le public. Alors Mohannad et ses copains écoutent le concert sur le palier. « Tous les âges, toutes les générations sont représentés. Le parcours de cette artiste est très long, peut-être 50 ans, explique-t-il. Elle a traversé toutes les générations et tous les publics. C’est pour ça que son public est aussi large et fidèle. » En se faufilant, on rencontre Mohamed Ismaïl, journaliste soudanais venu couvrir l’événement. « Cet endroit est le seul lieu qui réunit les Soudanais dans la capitale, il n’y en a pas d’autre. On ne se sent d’ailleurs pas au Caire, estime-t-il. Nous sommes à Khartoum ce soir. Certains sont arrivés ici avant la guerre, mais la plupart sont arrivés après » À lire aussiAu Soudan, la guerre oubliée du reste du monde et dont personne ne voit la fin Rassembler aussi sur les réseaux sociaux Rassembler les Soudanais, c’est aussi ce qu’essaye de faire Anda Kamal, mais sur les réseaux sociaux. La jeune femme de 27 ans anime depuis quelques mois un podcast où elle fait parler les habouba, les grands-mères. Dans les familles soudanaises, elles sont tout à la fois la mémoire vivante et le lien entre les générations. « À cause de la guerre et du déplacement dans plein de pays différents, la plupart des gens ont perdu leur habouba, témoigne la podcasteuse. La plupart sont restés au Soudan, ils n’ont pas voulu quitter leurs maisons. Alors que les jeunes sont partis, pour le bien de leur avenir. Ce qui a laissé un gouffre. Alors pour eux, les retrouver sur les réseaux, c’était fou. À la base j’avais à peine 1 000 abonnés, maintenant je fais des vidéos qui font plus d’un million de vues. » En ligne sur les réseaux sociaux ou dans des appartements bondés, au Caire, un fragment de Soudan continue de vivre, défiant la guerre et l’exil.  À lire aussiGuerre au Soudan: une mission indépendante d'enquête de l'ONU conclut à des «actes de génocide» à El-Fasher

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  6. 5 DAYS AGO

    En France, la hausse des frais d'inscription pénalise les étudiants africains [3/3]

    Ils sont des milliers à venir chaque année poursuivre leurs études supérieures dans les universités et écoles françaises, mais depuis quelques années, il faut payer plus cher pour étudier en France. Une multiplication par seize des frais d’inscription en licence, qui passent à 2 895 euros contre 178 euros auparavant, et encore plus en master, à 3 941 euros contre 254 euros pour les ressortissants de l’Union européenne. Les universités françaises, qui sont autonomes, ont la possibilité d’appliquer des frais d’inscription différenciés pour les étrangers extra-communautaires, c’est-à-dire ceux qui ne viennent pas d’un pays de l’Union européenne. De fait, ceux qui sont les plus touchés sont les étudiants en provenance d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, les plus nombreux à choisir la France pour leurs études universitaires. Dans le cadre du programme « Bienvenue en France », une hausse des frais d’inscription pour certains étudiants étrangers est prévue. Lancé en 2019, ce dispositif permet d’appliquer des frais différenciés selon l’origine des étudiants. L’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne fait partie de la dizaine d’établissements français ayant décidé de mettre en œuvre cette mesure, une décision prise il y a cinq mois et qui ne passe pas auprès d’une partie de la communauté universitaire. La présidente de l’université, Christine Neau-Leduc, explique les raisons de cette augmentation : « Une partie de nos étudiants vont contribuer au financement de notre université l’année prochaine, davantage qu’ils ne le font cette année. Pour des raisons budgétaires, nous sommes obligés d’augmenter ces droits. Ces droits sont fixés par un décret de 2019. Nous ne choisissons pas le montant qui est appliqué. C’est le gouvernement qui en a fixé le montant. » À la Sorbonne, les étudiants étrangers ne sont pas tous concernés par cette hausse. Ceux provenant des pays membres de l’Union européenne ainsi que d’une quarantaine d’autres, considérés par l’ONU comme étant moins avancés, en sont exemptés. En revanche, les étudiants originaires d’Égypte, d’Algérie ou du Maroc, comme Rhania, en deuxième année de licence en sciences politiques, devront s’acquitter de ces nouveaux frais. « Si je décide de continuer mon master à Paris 1, je devrai payer 4 000 € par an. Un choix qui est remis en cause quand même. Je galère déjà pour me nourrir, me loger », confie-t-elle. Sur le parvis de l’université, Rhania a rejoint un mouvement de grève lancé à l’appel des syndicats étudiants et enseignants, qui contestent cette décision. Victor, enseignant d’histoire à la Sorbonne, détaille la stratégie adoptée par une partie du corps professoral : « On a voté en assemblée générale le fait de mettre en place une rétention des notes. On corrige nos copies. Les notes, on les attribue. Elles existent, mais on décide de ne pas les transmettre à l’administration afin d’enrayer le bon fonctionnement de l’université. » Cette mobilisation intervient alors que l’université est contrainte par le rectorat de réaliser un plan d’économies de 13 millions d’euros cette année. Si certaines universités appliquent la mesure, d’autres, comme l’université de Rennes 2, refusent de la mettre en œuvre. Son président, Vincent Gouëset, justifie cette position : « Ce n’est pas aux étudiants internationaux, en particulier les moins favorisés d’entre eux, les étudiants africains notamment, de payer ou de subir notre déficit. De toute façon, si on appliquait les frais différenciés, les gains obtenus représenteraient une goutte d’eau face à notre déficit. En revanche, l’effet serait dissuasif pour de nombreux étudiants dont les revenus sont limités. » Dès la rentrée 2026, une autre mesure viendra alourdir la situation des étudiants extracommunautaires non boursiers : la suppression de l’aide personnelle au logement.

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  7. 6 DAYS AGO

    En France, des étudiants africains désireux de rentrer au pays à la fin de leur formation [2/3]

    D'après les chiffres de Campus France, en 2023, plus de cent quarante mille étudiants africains étaient inscrits dans les universités françaises, soit 47,2 % des étrangers inscrits. Contrairement à une idée reçue, un grand nombre de ces étudiants décide de regagner le continent pour se mettre au service de leur pays à l'issue de leur formation. À la Cité universitaire internationale de Paris, rencontre avec ces étudiants qui partagent cette même volonté de venir étudier en France pour mieux rentrer. Un reportage de Diao Habib, Dans sa chambre à la Cité universitaire internationale de Paris, El Hadji Ibrahima Ndiaye, étudiant sénégalais qui termine son master d'histoire, est en pleine discussion avec des compatriotes étudiants. Pour lui, rentrer pour partager son savoir acquis est une évidence. « J'ai décidé, après mes études ici, de rentrer au pays et de contribuer au rayonnement du département d'histoire, détaille le jeune homme. Par exemple, la question d'histoire environnementale n'est pas enseignée. Donc, ce sont des perspectives pour apporter vraiment un niveau assez élevé pour les universités africaines, notamment les universités du Sénégal, que ce soit à Dakar, à Saint-Louis ou à Ziguinchor. Donc, cela a animé mon choix de faire ce parcours-là, c'est-à-dire venir me former, avoir mes diplômes, et apporter ma pierre à l'édifice, on va dire. » Dans la même pièce, Dienaba Ndiaye est étudiante en master de droit. Elle est venue étudier en France pour éviter les perturbations du système universitaire sénégalais. « Tout n'allait pas bien, il y avait les grèves et je me suis dit : pourquoi ne pas aller à l'étranger pour continuer mes études ?, se rappelle-t-elle. Et l'objectif, ça a toujours été de revenir au pays et de faire le concours de la magistrature, inch Allah. Et actuellement, c'est ça que j'essaye de réaliser parce que je suis en fin de master 2 et je dirais, pour bientôt, l'objectif c'est d'y retourner et de servir notre pays. » À lire aussiCes jeunes issus des diasporas qui refusent d'envoyer de l'argent dans leur pays d'origine « Un sacrifice pour le pays qu'il faut faire » Logé dans une chambre à côté, Annouar Mohamed Nour finit aussi cette année son master en droit international. Il compte rentrer dans son Tchad natal, tout en admettant que c'est un pari risqué. « Donner les compétences acquises à l'étranger au service de son pays comporte des risques, explique le jeune Tchadien. Parce que vous allez avoir un salaire très bas, vous allez avoir des conditions de travail assez difficiles. Mais n'empêche, moi, j'envisage vraiment de retourner pour contribuer au développement de mon pays malgré toutes ces conditions. Donc ça, c'est quelque chose qui m'anime beaucoup parce que c'est aussi un sacrifice pour le pays qu'il faut faire en général. » Selon des données de Campus France publiées ces dernières années, environ 50 % des étudiants étrangers repartent dans leurs pays quatre ans après la fin de leurs études. À lire aussiÀ Paris, brassage et rencontre entre étudiants africains [1/3]

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  8. 9 APR

    À Paris, brassage et rencontre entre étudiants africains [1/3]

    Premier épisode de notre série de reportages sur les étudiants africains qui viennent poursuivre leurs études en France. Une aventure qui permet le brassage culturel continental, car à l'occasion de leur séjour en France, de nombreux étudiants africains font connaissance sur les campus avec d'autres cultures, d'autres traditions, notamment culinaires, et découvrent d'autres parties du continent. Un reportage de Bokar Tall,  Audrey et Maïmouna sont étudiantes en master 2 d'histoire à l'université d'Évry Paris-Saclay. Elles viennent du Cameroun et de Côte d'Ivoire. Cela fait bientôt un an qu'elles partagent la même résidence avec d'autres étudiants africains. « Je me sentais en famille parce que je me disais que j'avais des gens avec qui parler, j'avais des personnes qui, si j'ai un souci, si je suis malade, peuvent appeler les ambulances parce qu'une fois, j'ai chuté ici, c'est eux qui ont appelé l'ambulance, se rappelle Audrey. Donc, déjà, c'est rassurant par rapport à d'autres colocations où les gens ne se calculent vraiment pas. Je pense que cette maison, c'est une grâce. On est vraiment comme des frères, comme des sœurs. » Pour Maïmouna Sylla, cette cohabitation entre étudiants africains permet de découvrir la culture et les réalités d'autres pays du continent, ce qu'elle n'aurait pas pu faire, estime-t-elle, si elle était restée dans son pays : « Je n'aurais pas appris autant de choses que ce que j'ai appris en étant ici, j'ai vu beaucoup de choses, beaucoup de plats, j'ai mangé beaucoup de choses, se réjouit-elle. Tout le monde fait son plat ici et on le mange. On découvre, on parle de la culture de chacun. » À lire aussiLa France, une destination de choix pour les étudiants étrangers selon une étude de Campus France Connaître tout un continent sans se déplacer Domba Aziz est étudiant en master 2 en management du sport à Amos Business School. Il vit à la résidence de la Fondation Lucien Paye de la Cité universitaire internationale de Paris. « Je suis un exemple typique de brassage parce que depuis mon arrivée, j'ai connu pas mal d'Africains, témoigne l'étudiant. Celui que j'ai le plus en mémoire, c'est mon voisin de chambre à Paris, dans le 14ᵉ, qu'on appelait Ousmane Sow. Grâce à lui, j'ai découvert une cérémonie religieuse sénégalaise. Ce qui m'a le plus marqué, c'est que la cuisine était tenue par des hommes. Je me suis rapproché aussi des Béninois et il y a un peuple que j'ai découvert, les Gabonais, côté culturel, musical... Du coup, en venant ici pour les études, ça a été vraiment un package, j'ai pu connaître tout un continent, on peut dire, en partie, sans se déplacer, sans aller dans ces pays-là. » Je souhaite à chacun de vivre cette expérience, ajoute Aziz, car des histoires naissent de ces rencontres entre étudiants africains vivant en France. Un enrichissement sur le plan culturel, linguistique et social qui s'ajoute à l'apprentissage dans les amphithéâtres. À écouter dans Afrique, mémoires d'un continentLa FEANF, emblème d’une jeunesse anticoloniale

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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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