Attendu avec une certaine anxiété par les Européens en raison de la défiance du président américain, poids lourd et pilier central de l’Alliance atlantique, le sommet de l’Otan, qui a commencé dans la soirée du mardi 7 juillet à Ankara, se poursuit ce mercredi dans la capitale turque. Et sans surprise, à son arrivée, Donald Trump a fait du Trump. Pas encore d’annonce concrète sur la posture et la présence militaire américaine en Europe, mais toujours ce style, cette façon de se mettre en avant et de distribuer les bons et les mauvais points. Accueilli par le président turc Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump a loué l’alchimie avec son homologue. Il n’a jamais caché son goût pour les dirigeants forts et pour le dirigeant turc au pouvoir depuis une vingtaine d’années en particulier. C’est même pour lui qu’il s’est déplacé au sommet, dit-il, ce qu’il n’aurait peut-être pas fait si cela s’était déroulé ailleurs. Pour le reste, malgré un mot gentil pour la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni avec laquelle il s’est disputé publiquement dernièrement, il s’en est pris à ses alliés européens de l'Otan, répétant entre autres que ce sont les États-Unis qui devraient contrôler le Groenland et non le Danemark et réaffirmant sa déception de leur manque de soutien au moment du déclenchement de la guerre en Iran. Menace de la Russie Les Européens, qui s’y attendaient un peu, sont donc arrivés avec des arguments chiffrés pour montrer qu’ils tiennent leurs engagements - ceux qu’ils ont pris il y a un an au sommet de La Haye, à la demande des États-Unis. L’engagement d’aller, par exemple, vers les 5% du PIB de dépenses en matière de sécurité d’ici à 2035. Cinq pays y seront dès cette année : la Grèce et, sans surprise, les trois pays baltes et la Pologne, directement confrontés à la menace de la Russie qui préparerait une opération contre Varsovie dans le courant de l'année, selon des informations des services américains rapportés par la presse polonaise. Dans l’ensemble, les dépenses de sécurité des membres européens de l’Otan et du Canada devraient atteindre cette année plus de 2,5% de leurs PIB respectifs, contre 2,3% en 2025. Pour arriver à cette augmentation, ces pays investissent et cela se compte désormais en milliards d’euros. Des achats d’armes ont d'ailleurs été annoncés à l’occasion de l’ouverture du sommet. Pour le secrétaire général de l’Otan, le Néerlandais Mark Rutte, il y en a pour plus de 50 milliards de dollars, notamment des achats d’avions qui concernent Airbus et le suédois Saab. À la veille du sommet, le Premier ministre canadien a, quant à lui, annoncé le choix d’une entreprise allemande pour la construction de sous-marins, sans chiffrer le contrat. Missiles anti-aériens pour l'Ukraine Mais le dossier qui est dans toutes les têtes, c’est l’Ukraine, qui ne fait pas partie de l'Otan malgré ses demandes insistantes et qui était à peine mentionnée il y a un an dans le communiqué du sommet de La Haye. Pour Volodymyr Zelensky, qui est présent sur place où il doit rencontrer Donald Trump, il s'agit donc d'un progrès. Objectif pour lui désormais : convaincre le président américain de lui fournir des missiles anti-aériens pour résister aux offensives balistiques meurtrières de la Russie. Mais évidemment, comme d’habitude, comme avant chaque rendez-vous important, comme avant le G7, Vladimir Poutine a appelé Donald Trump pour le convaincre de ne pas pencher trop fort du côté ukrainien comme l’y encouragent les Européens. Et ça semble fonctionner. Malgré la pluie quasi quotidienne de missiles russes sur les villes ukrainiennes, Donald Trump se dit persuadé que les deux dirigeants veulent un accord.