Merci Merci

Laura Berlingo & Mélanie Popoff

Bienvenue dans Merci Merci, le podcast des gens qui prennent soin.  Si on vous dit soin, vous pensez peut-être à une infirmière qui refait un pansement, ou à un médecin qui prescrit un traitement.  Pour nous, le soin est bien plus vaste. Ici, nous parlons de care.  Prendre soin, c’est aussi s’occuper des enfants, défendre les plus vulnérables, cultiver la terre, se battre contre les injustices, nourrir les imaginaires…  Ce sont toutes les choses, petites ou grandes, qui tissent la toile d'un monde plus vivable. Nous sommes Mélanie et Laura, deux médecins de formation.  Dans ce podcast, nous allons à la rencontre des personnes qui prennent soin d’elles, des autres, du monde.  Nous écoutons leurs savoirs, leurs expériences, leurs doutes et leurs joies. Merci Merci, c’est une façon de dire notre gratitude, car on oublie trop souvent de les remercier, celles et ceux qui font tenir la vie au quotidien. Merci Merci, c’est aussi un lieu où se trouver et se relier, pour se donner de la force et, en chemin, faire communauté.  Laura Berlingo & Mélanie Popoff Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Épisodes

  1. La médecine soigne-t-elle vraiment tout le monde ? Le racisme en santé avec Miguel Shema

    -4 j

    La médecine soigne-t-elle vraiment tout le monde ? Le racisme en santé avec Miguel Shema

    Dans cet épisode de Merci Merci, nous recevons Miguel Shema, étudiant en médecine et auteur de La santé est politique. La médecine soigne-t-elle vraiment tout le monde ?, paru aux éditions Belfond. Avec lui, nous parlons de médecine, de racisme, de douleur et de politique. La médecine aime se penser neutre. Elle aime croire qu’elle soigne tout le monde de la même manière, avec la même rigueur, la même humanité. Mais dans la vraie vie, toutes les douleurs ne sont pas entendues pareil. Toutes les plaintes ne sont pas prises au sérieux avec la même urgence. Tous les corps ne sont pas regardés avec les mêmes lunettes. Miguel Shema raconte son parcours, son entrée en médecine, sa politisation précoce, puis les moments de bascule qui l’ont amené à faire le lien entre santé et rapports sociaux. Il revient notamment sur la découverte du “syndrome méditerranéen” et sur ce que cette expression révèle : la manière dont certaines douleurs peuvent être soupçonnées, minimisées ou interprétées à travers des imaginaires racistes. Nous parlons aussi de Naomi Musenga, morte après avoir appelé le SAMU sans être réellement entendue. À travers son histoire, c’est la violence de la non-écoute qui apparaît : que se passe-t-il quand une personne dit qu’elle a très mal, qu’elle se sent mourir, et qu’en face, on ne la croit pas ? Un grand fil de l’épisode est celui de la douleur. Parce que la douleur n’est pas directement mesurable, elle repose en grande partie sur la parole du patient ou de la patiente — et donc sur la confiance qu’on lui accorde. Qui croit-on ? Qui soupçonne-t-on d’exagérer ? Quels corps sont perçus comme silencieux, résistants, théâtraux, dociles ou excessifs ? Nous revenons également sur l’histoire coloniale de la médecine, notamment en gynécologie, pour comprendre comment certains savoirs médicaux se sont construits au prix de la souffrance de corps racisés, souvent effacés des récits officiels. Avec Miguel, nous parlons aussi de culturalisme : cette tendance à expliquer les comportements des personnes par leur culture supposée, jusqu’à naturaliser cette culture. Dire que “les femmes africaines sont faites pour accoucher” ou que “les femmes roms veulent beaucoup d’enfants”, ce n’est pas anodin. Ces représentations peuvent produire des conséquences concrètes : moins d’accompagnement, moins de contraception proposée, moins d’écoute, moins de soins. Miguel invite à passer d’une vision culturaliste à une vision sociologique : regarder les conditions matérielles d’existence, la précarité, l’accès aux droits, le logement, la langue, les violences administratives, les discriminations. Nous interrogeons aussi la formation médicale. Pourquoi les études de médecine restent-elles si peu traversées par les sciences humaines et sociales ? Pourquoi apprend-on si peu aux futur·es soignant·es à questionner leur regard, leurs biais, leur position sociale ? Car la médecine est un métier de la parole et du regard. Mais c’est aussi un métier du regard social. Enfin, nous parlons de pistes concrètes : former autrement, travailler avec des interprètes professionnel·les, reconnaître les savoirs des patient·es, lire, écouter, documenter, transformer les institutions — et surtout cesser de croire que les bonnes intentions suffisent. Un épisode dense, important, parfois difficile, mais nécessaire. Par Laura Berlingo & Mélanie Popoff pour toute demande : bonjour@mercimerci.care Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    54 min
  2. Scandale de l'AGENT ORANGE, corps et terres empoisonnés : pollution coloniale, écocide et scandale sanitaire · Collectif Vietnam-Dioxine

    8 juin

    Scandale de l'AGENT ORANGE, corps et terres empoisonnés : pollution coloniale, écocide et scandale sanitaire · Collectif Vietnam-Dioxine

    L’agent orange n’a pas disparu avec la fin de la guerre du Vietnam Il est encore dans les sols, dans les corps et dans les mémoires des victimes demandant reconnaissance et réparation. Dans ce nouvel épisode de Merci Merci, nous recevons Micheline Pham, du collectif Vietnam-Dioxine, pour comprendre l’histoire d’un poison utilisé par les États-Unis entre 1961 et 1971 Officiellement, l’agent orange est un herbicide En réalité, il a servi à défolier massivement la jungle vietnamienne, à détruire les milieux de vie et à priver les résistants vietnamiens de leur environnement. Cette opération militaire a transformé forêts, terres agricoles, villages et corps en terrain d’expérimentation chimique. Au cœur de cet épisode : la dioxine, molécule toxique issue de sa fabrication. Elle persiste pendant des décennies, se concentre dans les graisses, contamine la chaîne alimentaire et laisse des traces sur plusieurs générations. Micheline revient sur les maladies associées à l’agent orange : cancers, leucémies, diabète, chloracné, malformations, handicaps visibles ou invisibles. Elle explique pourquoi il est si difficile de reconnaître les victimes, de produire des preuves et d’établir les liens entre guerre chimique, santé publique et transmission épigénétique L’agent orange soulève des questions complexes de filiation et de justice reproductive. Comment prouver qu’une maladie, un handicap ou un cancer est lié à un poison déversé il y a 50 ans ? Comment réparer quand les victimes sont dispersées, invisibilisées ou jamais recensées ? Comment penser la transmission quand le poison ne laisse pas toujours de trace dans le sang, mais peut modifier l’expression des gènes et affecter les générations suivantes ? Nous parlons aussi de Trần Tố Nga, victime directe de l’agent orange, dont le combat judiciaire est devenu un symbole mondial. Franco-vietnamienne, elle a intenté un procès en France contre plusieurs multinationales, parmi lesquelles Monsanto. Ce procès pose une question vertigineuse : les entreprises qui fabriquent un poison pour une guerre peuvent-elles se cacher derrière les ordres d’un État ? Et que vaut le droit international quand les victimes vietnamiennes restent sans réparation, alors que des vétérans américains ont obtenu des indemnisations ? Cet épisode interroge la notion d’écocide. L’agent orange a participé à faire émerger ce mot pour penser la destruction volontaire d’un environnement. Mais l’écocide n’est pas seulement une destruction de la nature : c’est une atteinte aux corps, aux descendances et aux possibilités de futur. C’est pourquoi Micheline parle de racisme environnemental, de colonialisme, d’impérialisme et d’écologie décoloniale. Nous abordons la place particulière des femmes dans cette histoire. L’agent orange met en lumière une forme de violence reproductive, les mères contaminées ont porté seules la culpabilité des maladies ou des malformations de leurs enfants, faute de reconnaissance médicale, institutionnelle ou politique. Un épisode pour comprendre pourquoi l’agent orange n’est pas un dossier du passé, mais un combat vivant pour la vérité, la justice, la réparation et le soin. Laura Berlingo & Mélanie Popoff Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    37 min
  3. Que fait l’école aux enfants ? Mouhamadou Le Prof nous explique ce que vivent les enfants 8h par jour

    25 mai

    Que fait l’école aux enfants ? Mouhamadou Le Prof nous explique ce que vivent les enfants 8h par jour

    Dans ce deuxième épisode de Merci Merci, nous recevons Mouhamadou Ly, plus connu sous le nom de Mouhamadou Le Prof. Enseignant, créateur des comptes Balance pour la Balance sur TikTok et Instagram, il est aussi l’auteur de Mouhamadou, le Prof : 50 histoires vécues. À partir des histoires qu’il raconte depuis sa salle de classe, nous avons voulu interroger une question simple en apparence, mais immense dans ce qu’elle engage : Qu’est-ce que l’école fait aux enfants ? Et qu’est-ce qu’elle pourrait être, si l’on décidait réellement d’en faire un lieu de protection, d’émancipation et de soin ? Dans cet épisode, on parle des enfants dits “différents”, de ceux qui débordent, qui inquiètent, qu’on punit trop vite ou qu’on comprend trop peu. On parle du regard des adultes sur les enfants, de l’autorité, de l’humiliation ordinaire, de ce que signifie “tenir une classe” sans écraser les élèves. On parle aussi du racisme à l’école, des stéréotypes de genre qui apparaissent dès la maternelle, des petites filles qui aiment le foot, des garçons qu’on empêche parfois de pleurer, de ce que les enfants absorbent déjà du monde social qui les entoure. Avec Mouhamadou, nous discutons aussi d’EVARS — l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle —, des résistances qu’elle suscite parfois, mais surtout de ce qu’elle permet : apprendre aux enfants à nommer leur corps, leurs émotions, leurs limites, apprendre le consentement, la confiance, la sécurité. Et puis il y a les sujets plus lourds, mais impossibles à contourner : les violences faites aux enfants, les paroles inquiétantes qui émergent parfois dans une classe, les 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France, et la responsabilité collective que nous avons de mieux protéger les plus vulnérables. Parce qu’au fond, cet épisode pose une question politique : est-ce que l’école est seulement un lieu où l’on enseigne ? Ou est-ce aussi un lieu où l’on protège, où l’on répare, où l’on prend soin ? Nous parlons enfin du métier d'enseignant aujourd’hui : du manque de moyens, de l’école inclusive, de l’épuisement des professeurs à qui l’on demande d’être à la fois enseignants, éducateurs, psychologues, assistants sociaux ou infirmiers. Et malgré tout cela, de ce qui continue à faire tenir ce métier : les enfants évidemment, les liens, les moments de bascule, les petites victoires invisibles. Un épisode sur l’enfance, les violences éducatives, la santé mentale, les rapports de pouvoir entre adultes et enfants, le racisme, le genre, la co-éducation avec les parents, mais aussi sur tout ce qui peut encore faire de l’école un lieu d’émancipation plutôt qu’un lieu de reproduction des inégalités. Bonne écoute 💛 Par Laura Berlingo & Mélanie Popoff pour toute demande : bonjour@mercimerci.care Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    50 min
  4. Louisadonna - psychologue & chanteuse militante : soin, trauma, colère et paillettes - Merci Merci

    11 mai

    Louisadonna - psychologue & chanteuse militante : soin, trauma, colère et paillettes - Merci Merci

    Pour ce premier épisode de Merci Merci, nous recevons Louisadonna, psychologue clinicienne auprès de jeunes femmes victimes de violences, autrice-compositrice-interprète et militante féministe. Avec elle, on parle de mémoire traumatique, d’hypervigilance, d’EMDR, de psychoéducation, de justice qui retraumatise les victimes, de santé mentale, de burn-out soignant, de violences institutionnelles, mais aussi de créativité, de résistance, de communauté, de paillettes, de gros mots, de punchlines et de cette manière très singulière qu’elle a de transformer la colère en chansons pop féministes. Louisadonna revient également sur la formation gratuite de psychoéducation féministe développée avec le collectif Nous Toutes, et sur la manière dont les mécanismes du trauma restent encore mal compris dans la société, notamment dans les institutions médicales, policières et judiciaires. Elle nous dit que prendre soin, ce n’est pas forcément parler doucement. Parfois, prendre soin, c’est nommer les violences, refuser de se taire, et chanter fort.  L'album de Louisadonna · Parasite Deluxe est disponible sur toutes les plateformes. Merci Merci - par Laura Berlingo & Mélanie Popoff pour toutes demandes : bonjour@mercimerci.care crédits épisode : · musique générique Une histoire d'un soir - Popsychomane · auteur julo.fr · Julo Bocher / compositeurs Florent Jedwab & Julien Bocher · extraitPas moi - Fatigue · autrice, compositrice : Louisadonna · graphisme : Anne-Gaëlle Lienne · photo Louisadonna : Coraline Benetti · production : association Merci Merci Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    56 min
5
sur 5
9 notes

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Bienvenue dans Merci Merci, le podcast des gens qui prennent soin.  Si on vous dit soin, vous pensez peut-être à une infirmière qui refait un pansement, ou à un médecin qui prescrit un traitement.  Pour nous, le soin est bien plus vaste. Ici, nous parlons de care.  Prendre soin, c’est aussi s’occuper des enfants, défendre les plus vulnérables, cultiver la terre, se battre contre les injustices, nourrir les imaginaires…  Ce sont toutes les choses, petites ou grandes, qui tissent la toile d'un monde plus vivable. Nous sommes Mélanie et Laura, deux médecins de formation.  Dans ce podcast, nous allons à la rencontre des personnes qui prennent soin d’elles, des autres, du monde.  Nous écoutons leurs savoirs, leurs expériences, leurs doutes et leurs joies. Merci Merci, c’est une façon de dire notre gratitude, car on oublie trop souvent de les remercier, celles et ceux qui font tenir la vie au quotidien. Merci Merci, c’est aussi un lieu où se trouver et se relier, pour se donner de la force et, en chemin, faire communauté.  Laura Berlingo & Mélanie Popoff Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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