De vive(s) voix

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 18h30 vers l'Afrique lusophone ; à 22h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 23h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 23h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 15h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 2 en grille d'été).

  1. 22 HR AGO

    Comment se comptent les francophones?

    Il y aurait 396 millions de francophones selon le dernier rapport de l’Observatoire de la langue française qui compte les locuteurs du français pour le compte de l’OIF, l’Organisation Internationale de la Francophonie.  En quatre ans, on compte 48 millions de francophones de plus. Une progression spectaculaire, portée par une nouvelle manière de compter… et par le dynamisme du continent africain.  Des chiffres en forte hausse Selon le dernier rapport, la planète compte désormais 396 millions de francophones. En seulement quatre ans, cela représente 48 millions de locuteurs supplémentaires. Avec ce nouveau comptage, la France passe du 5ᵉ au 4ᵉ rang mondial. Mais l’essentiel n’est plus là : la francophonie se joue de plus en plus en dehors de l’Europe.   Une nouvelle façon de compter les francophones Pour ce nouveau rapport, l’OIF a adopté une méthode de dénombrement plus proche de la réalité. Les élèves de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays du Sud sont désormais pris en compte. Si cela peut faire débat, cela reflète mieux la place du français dans les trajectoires éducatives selon Mohamed Embarki. Cette méthode est validée par le linguiste Comlan Fantognon, qui s’étonnait que ces élèves ne soient pas inclus dans les précédents classements. Elle s’inscrit dans la ligne de l’OIF, engagée de longue date pour la diversité linguistique. Une francophonie qui bascule vers le Sud Selon ce rapport, la francophonie change de visage. Dans les pays du Nord, la progression est faible, elle reste limitée en Afrique du Nord, tandis que sa croissance est très forte en Afrique subsaharienne : près de 60% des francophones vivent aujourd’hui en Afrique ! La République démocratique du Congo devient le premier pays francophone du monde, avec environ 66 millions de francophones. L’espace africain redéfinit désormais le centre de gravité de la francophonie. Ce basculement semble lié à une scolarisation en net progrès depuis une vingtaine d’années. Langues locales et langue française : un équilibre à trouver Dans plusieurs pays, le français n’est plus toujours la seule langue officielle. Pour Comlan Fantognon, l’enjeu n’est pas d’opposer le français aux langues locales, mais de trouver un équilibre. En Afrique, le français n’est pas une langue rejetée. Au contraire, il est demeure un atout déterminant pour l’employabilité et perçu comme utile et porteur d’opportunités. « C’est une langue d’emploi et une preuve d’ascension sociale ». Mais beaucoup souhaitent que les langues locales aient davantage de place, notamment à l’école. Des études montrent même que dans les pays bilingues, où les langues locales sont réellement intégrées, le français se porte parfois mieux que là où elles sont tenues à l’écart. Plus les langues locales sont reconnues, plus le français évolue, s’adapte et se renforce....  À l’horizon 2070, les projections estiment entre 498 et 527 millions de francophones dans le monde. Invités :  - Mohamed Embarki, responsable de l’Observatoire de la langue française.  - Comlan Fantognon, enseignant chercheur à l’université de Grenoble en didactique des langues et des cultures. Avec également le reportage de Camille Simon à Bruxelles.   Programmation musicale : L'artiste Fally Ipupa avec le titre Ma Diva.

    29 min
  2. 1 DAY AGO

    De Lacrim à Marguerite Duras : Juliette Mita fait dialoguer rap et littérature!

    Dans son ouvrage, Juliette Mita crée un espace de rencontre entre rap et littérature et fait dialoguer rappeurs et auteurs pour montrer comment leurs univers se répondent et s’enrichissent mutuellement. Sur son compte Instagram Mots Croizés, la journaliste Juliette Mita, influenceuse-entremetteuse, forme des couples improbables en associant rappeurs et auteurs canoniques de la littérature : Shay et Sagan, Jul et Maupassant, Orelsan et Kafka, autant de duos délibérément iconoclastes qui suggèrent une certaine porosité entre les arts. À ceux qui ne jurent que par « Réda », trilogie de titres où le rappeur Lacrim déroule un sanglant récit de vengeance, elle conseille la lecture du Comte de Monte-Cristo. Trahison, incarcération, rétribution : les deux textes présentent en effet, dans les grandes lignes, des trames similaires. D’après Juliette Mita, cette démarche de comparaison vise davantage à sortir Dumas de la naphtaline qu’à légitimer Lacrim. Le rap est légitime selon ses propres codes, et c’est plutôt lui qui pourrait nous permettre d’appréhender des œuvres dont la langue a vieilli. Car le rap est bien « l’expression la plus évoluée de la littérature », dernier héritier d’une longue tradition d’écriture qui traverse aussi bien le roman du XIXè siècle que la chanson à texte de Léonard Cohen et Léo Ferré… La littérature est, à l’origine, orale, et le rap, slamé, scandé, déclamé, nous le rappelle l'autrice.  Un dialogue plus qu’une filiation Pour autant, les rappeurs ne sont pas les disciples des écrivains et n’ont aucun devoir de s’intéresser à la littérature. Juliette Mita ne parle ni d’inspiration ni d’intertextualité : nul besoin de prétendre que Dinos a lu Duras pour rapprocher Les pleurs du mal de La douleur. Invitée : Juliette Mita est journaliste et fondatrice de @MotsCroizés.  Son ouvrage Rap : littérature 2.0 est publié aux éditions Leduc.    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Être fleur bleue » une expression poétique. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.   Programmation musicale :  Les artistes : Zuukou Mayzie et Oxmo Puccino avec le titre Dune 2.

    29 min
  3. 2 DAYS AGO

    Jean Bellorini met en scène «L'ordre du jour» d'Éric Vuillard

    Le metteur en scène Jean Bellorini met en scène le roman du lauréat du Prix Goncourt 2018 « L'ordre du jour » d'Éric Vuillard.  Dans les moindres détails, Éric Vuillard raconte dans son récit L'ordre du jour le rendez-vous entre Hitler et les industriels allemands, le 20 février 1933, mais aussi le diner entre Chamberlain alors Premier ministre britannique et Ribbentrop, ambassadeur d'Allemagne en Angleterre ou encore les préparatifs à l’invasion de l’Autriche par l’Allemagne en mars 1938… Ce roman couronné par le Prix Goncourt en 2017 est aujourd’hui adapté par Jean Bellorini à la Comédie française. Du roman à la scène Ce n'est pas la première fois que Jean Bellorini adapte un roman au théâtre, puisqu'il avait déjà mis en scène Les frères Karamazov de Dostoïevski, À la recherche du temps perdu de Proust ou encore les Misérables de Hugo. « C'est ce qu'il y a de plus théâtral selon moi, le théâtre récit. C'est très important de se retrouver autour d'une oeuvre ».  Rendre hommage au théâtre  Pour incarner les vingt-quatre pardessus noirs inquiétants, ces industriels allemands qui pénètrent dans la résidence officielle du président, Jean Bellorini fait appel à quatre comédiens de la Comédie-Française, affublés de masques rappelant ceux des carnavals du nord de la France. À leurs pieds, vingt-quatre paires de chaussures noires, savamment disposées en carré, complètent ce tableau.  Derrière les masques, les figures de pouvoir paraissent d’autant plus fortes… et d’autant plus inquiétantes. Quant au dîner entre Chamberlain et Ribbentrop, il se métamorphose en cabaret clownesque. Ce dispositif confère aux personnages une dimension grotesque et distanciée, en forme de clin d’œil à Brecht. Il s’agit de « rendre plus intelligent par l’émotion et le rire ». Invité : Jean Bellorini. Né le 18 juin 1981 à Paris, Jean Bellorini est un metteur en scène de théâtre français. Ses mises en scène ont été récompensées par plusieurs prix, notamment le Molière du metteur en scène d’un spectacle du théâtre public en 2014. Il est nommé directeur du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en novembre 2013. Il dirige ensuite le Théâtre national populaire (TNP) de Villeurbanne à partir de 2020. Il dirigera le Théâtre de Carouge en Suisse dès janvier 2027.   Il a mis en scène de nombreux auteurs, classiques comme contemporains : Tchekhov, Victor Hugo, Shakespeare, Novarina.  Programmation musicale : L'artiste le Rat Luciano avec le titre Au nom de...

    29 min
  4. 4 DAYS AGO

    Le braille, 200 ans d’accès à la lecture pour les déficients visuels

    Durant tout le mois d'avril, le Centre de Transcription et d’Édition en Braille propose aux déficients visuels de faire imprimer le livre de leur choix transcrit en braille.  Voilà deux cents ans, Louis Braille, un jeune Français devenu aveugle invente un alphabet qui va permettre à des millions de déficients visuels d'accéder à la lecture...  Le braille, un alphabet, un code inventé par Louis Braille Louis Braille (1809-1852) est un inventeur français, devenu aveugle à l’âge de trois ans à la suite d’un accident dans l'atelier de son père. Malgré son handicap, il poursuit une scolarité brillante et intègre l’Institution royale des jeunes aveugles. En 1825, âgé de quinze ans, il développe un système d’écriture tactile à points saillants : le braille. Inspiré par une méthode de communication nocturne conçue par Nicolas-Charles-Marie Barbier de La Serre pour l’armée, il simplifie et adapte ce principe pour créer un alphabet composé de points en relief, permettant aux aveugles de lire et d’écrire de manière autonome. Son système, basé sur six points organisés en cellules, offre une accessibilité aux textes, à la musique et même aux mathématiques ce que ne permettait pas l'alphabet inventé par Barbier de la Serre. Il faudra près de 25 ans pour que ce système soit adopté en France !  Le braille n'est donc pas une langue, mais un code. À chaque caractère d'imprimerie, correspond un code. On doit donc d'abord apprendre sa langue maternelle avant de pouvoir lire en braille nous explique Denis Guérin du CTEB. Aujourd’hui utilisé dans le monde entier, ce code est un système universel qui varie selon les langues. Il a transformé la vie des personnes malvoyantes en leur donnant accès à l’éducation et à la culture.   Favoriser l’édition de livres en braille Manque de professeurs, manque de manuels : aujourd'hui seulement 15% de déficients visuels lisent le braille. C'est la raison pour laquelle, durant tout le mois d'avril, le CTEB à Toulouse propose aux déficients visuels d'éditer le livre de leur choix. C'est la première initiative de ce genre. Cela coûte très cher d'éditer un livre. Seulement 4% des livres sont adaptés en braille aujourd'hui, nous précise Denis Guérin.  Le braille est aussi très utilisé au Cameroun depuis les années 1960 : Coco Bertin qui dirige le CJARC à Yaoundé. Ce centre propose une formation à la lecture et à l'écriture en braille, mais aussi la production de livres en braille : Nous sommes de plus en plus sollicités partout en Afrique pour former à la lecture et à l'écriture en braille. Il y a énormément de sensibilisation et de plus en plus d'écoles inclusives.  Le braille sera peut-être inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO d'ici la fin 2026.   Invités :  - Denis Guerin, chargé de communication du CTEB (Centre de Transcription et d'Edition en Braille) basé à Toulouse. C'est le seul centre de transcription français des livres en braille en France.  - Coco Bertin, expert en développement inclusif et directeur général du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC). C'est une ONG qui s'occupe de la formation et de l'insertion sociale des personnes déficientes visuelles.     Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d'Ivoire pour parler du SILA le Salon Internationale du Livre Africain qui réunit une vingtaine de pays et qui met à l'honneur cette année, le Liban.   Programmation musicale : L'artiste Von Felt, avec le titre Tais-toi ! un titre en français.

    29 min
  5. 23 APR

    1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

    Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d’exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l’espoir d’une rupture avec l’ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s’inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d’édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d’André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l’Unesco, il s’inscrit dans une stratégie d’ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s’agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l’histoire de l’art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l’art africain à l’évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l’identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l’Ouest et aujourd’hui encore Youssou N’Dour en est l’héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l’esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d’Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l’emploie pour affirmer l’idée d’une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd’hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s’agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

    29 min
  6. 22 APR

    Splendeurs et misères des librairies indépendantes

    C’est le moment ou jamais de pousser la porte et d’aller chez votre libraire… Deux dates importantes : 23 avril, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, et samedi 25 avril, la Fête de la librairie indépendante, initiée voilà presque 30 ans par Marie-Rose Guarnieri. Invitées :  Marie-Rose Guarnieri, libraire française, dirige la Librairie des Abbesses à Paris, créatrice du Prix Wepler et de la Fête de la librairie indépendante Audrey Neveu, gérante de la librairie Les 2 GeorgeS à Bondy et à Bobigny, en région parisienne. 420 millions de livres sont vendus chaque année, près d'un livre sur deux est acheté en librairie indépendante  À l’origine de la Fête de la librairie indépendante, la Sant Jordi, une fête catalane. Initiée il y a près de trente ans par Marie‑Rose Guarnieri, libraire à Montmartre, cette journée s’enracine dans une histoire de résistance. Sous le franquisme, le 23 avril était la seule journée durant laquelle écrivains, intellectuels et opposants au régime pouvaient manifester dans les rues, livres et roses à la main, pour réclamer le retour à la démocratie et la liberté de publication. En France, la Sant Jordi coïncide avec la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Elle rappelle le rôle fondamental des libraires : ceux qui choisissent les livres, rémunèrent les auteurs, défendent la pluralité des voix et rendent visible une profession essentielle à la vie démocratique. Aujourd’hui, sur les 3 000 librairies indépendantes en France, plus de 700 participent à cette fête en France, en Belgique et en Suisse francophones, offrant à chaque lecteur un livre et une rose. Et plus de 80 pays participent à cette journée. Libraires indépendants : un métier fragile Marie‑Rose Guarnieri et Audrey Neveu dressent un portrait sensible du métier de libraire aujourd’hui. Qu’il s’exerce à Paris ou en province, ce métier est marqué par une grande fragilité économique, mais porté par une conviction forte. Conseillers, médiateurs, découvreurs de lecteurs, ils travaillent au quotidien à élargir l’accès au livre, notamment auprès des jeunes, et à maintenir des fonds exigeants, loin des seules logiques commerciales. Édition et liberté de publication Le secteur de l’édition a connu de gros bouleversements ces derniers temps avec le rachat du groupe Hachette par Vincent Bolloré, soit une cinquantaine de maisons d'édition, et le départ de la maison Grasset de plus de 200 auteurs qui a fait suite au licenciement de son directeur historique, Olivier  Nora. Pour Marie-Rose Guarnieri, « il s'est attaqué à la valeur de ce mystérieux lien qu'il y a entre un auteur, un éditeur et de la sécurité que doit être une maison d'édition, et surtout la liberté de publication et d'idées, la diversité littéraire qu'il doit y avoir dans une maison d'édition ». À lire aussiCrise dans l'édition française : le président Macron veut défendre le «pluralisme éditorial» Et l'expression du jour dans La puce à l'oreille, une chronique de Lucie Bouteloup : « montrer patte blanche ». Explication de Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions du Robert.  Musique : « Ce que tu veux » de Creol et Eboloko, un duo 100% gabonais !

    29 min
  7. 21 APR

    «Force Bleus»: le théâtre face aux violences policières

    Thomas Gourdy est fils, petit-fils, arrière-petit-fils de policiers de la préfecture de Paris. Il découvre tardivement que son père est mêlé au meurtre de Malik Oussekine. Dans Force Bleus, il questionne son histoire familiale pour questionner en profondeur l’institution policière. Invité : Thomas Gourdy, auteur et metteur en scène de Force Bleus, un spectacle joué au Théâtre de Belleville jusqu’au 30 avril 2026. Malik Oussekine, étudiant de 22 ans, est tué par la police dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, alors qu’il fuyait une manifestation contre la loi Devaquet, une loi voulant réformer l’université. Cet événement qui a profondément marqué l’enfance de Thomas Gourdy – il avait quatre ans – nourrit son spectacle Force Bleus. Fils et petit-fils de policiers, il met en lumière une généalogie familiale traversée par la police, tout en questionnant l’institution de l’intérieur : ses violences, ses silences, ses logiques de domination et ses effets destructeurs sur ceux qui la servent comme sur ceux qui la subissent. Force Bleus ne se contente pas de revenir sur l’affaire Oussekine. Le spectacle met en regard cette mort avec des violences policières plus récentes, notamment celle de Nahel Merzouk, et questionne la continuité des mécanismes de justification, de discours et de pouvoir. Parcours artistique de Thomas Gourdy Thomas Gourdy est auteur et metteur en scène au sein de la compagnie La bande passante depuis 2020. Il y dirige des collectes de récits et des ateliers d’écriture dans le cadre d’un cycle de création consacré aux récits intimes adolescents. Cette collaboration l’amène à s’engager pleinement dans la création de son premier spectacle Devenir (2022), dont il est le dramaturge et le coauteur. Par la suite, il explore le champ de la performance, posant les premières bases d’un travail de recherche personnel autour de la figure du policier, de l’héroïsation des récits de trois générations de policiers de son arrière-grand-père à son père, et se confronte à des archives judiciaires qu’il va consulter dans les sous-sols de la Préfecture de police de Paris, relatives à une affaire d’État dans laquelle son père était mis en cause.  La jonction apparaît alors évidente entre ce projet et la démarche documentaire de la compagnie, qui interroge les relations entre le public et le privé, le général et l’intime, les protocoles de collecte et d’écriture, ainsi que les manières de mettre en scène le réel, notamment par la performance. Il est alors décidé de produire et de diffuser ce projet au sein de La bande passante. Le spectacle prend le nom de Forces Bleus.

    29 min
  8. 20 APR

    Le romancier Alexandre Lenot, révélé par le Prix des 5 continents de la Francophonie 2026

    Chaque jour, chaque semaine, des dizaines de livres nouveaux sont publiés… L’actualité s’impose, chasse l’un pour mettre en avant un autre, mais soudain un livre plus ancien refait surface et revient à la Une. C’est le cas du second roman d’Alexandre Lenot, Cette vieille chanson qui brûle, qui vient de remporter le Prix des cinq continents de la francophonie. L’écrivain Alexandre Lenot vient nous présenter Cette vieille chanson qui brûle, roman couronné par le Prix des cinq continents de la francophonie. Une œuvre traversée par la mémoire, la colère et la nécessité de dire. Encore peu connu du grand public en France, ce prix international, décerné exclusivement par des écrivains et écrivaines issus de toute la francophonie, distingue avant tout une exigence stylistique. « J’ai conçu un objet très littéraire. D’être reconnu pour ça m’a fait immensément plaisir », confie l’auteur. Né aux États-Unis, d’une mère égyptienne, vivant aujourd’hui à Paris tout en s’échappant régulièrement dans le Cantal, Alexandre Lenot revendique un parcours profondément francophone et multiculturel. Une histoire de frères et de fantômes Cette vieille chanson qui brûle est l’histoire de deux frères jumeaux, d’une mère absente, d’un père violent, et d’une forêt menacée par les appétits capitalistes et de l’enfance qu’il faut quitter, qu’il faut bien quitter un jour... L’un des frères est mort – on l’apprend dès les premières pages –, mais il faudra attendre la fin du roman pour comprendre comment et pourquoi. Entre-temps, le narrateur marche, revient vers la demeure paternelle nichée au cœur de la forêt, tandis que les souvenirs affluent : la peur, la colère, la douleur d’une enfance privée de mots. Le roman devient alors une enquête intime, où le narrateur revisite ses souvenirs un à un. Une forêt politique La forêt occupe une place majeure dans le roman. Loin d’un décor bucolique, elle est à la fois refuge, mémoire et enjeu contemporain. Cette forêt, précise l’auteur, est celle d’aujourd’hui : une forêt qui brûle, qui manque d’eau, qui est convoitée par des logiques productivistes et extractivistes. Le roman fait écho à la mort de Rémi Fraisse, jeune militant écologiste tué en 2014 lors du projet de barrage de Sivens. Alexandre Lenot reconnaît cette inspiration. Ce qui l’a bouleversé, dit-il, au-delà de la mort elle-même, c’est la violence du langage politique, capable de retourner la victime en coupable. Invité : Alexandre Lenot, romancier et scénariste, auteur de Cette vieille chanson qui brûle, publié aux éditions Denoël.  Et la Chronique Ailleurs avec Mahi Binebine, président de Festival du livre africain de Marrakech, le FLAM. La 4è édition se tiendra du 23 au 26 avril 2026 sous la présidence d'honneur de Jean-Marie Gustave Le Clézio. Musique : Lolo Zouaï & Disiz – « Coquelicot ».

    29 min

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