A la Une de la presse, ce mardi 23 juin, l’alerte de l'ONU sur le risque "imminent d'atrocités en masse" à El-Obeid, au sud du Soudan. La presse internationale, qui revient également sur l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran concernant la mise en place d’une "commission technique" pour gérer les conflits au Liban. Deux polémiques en France, sur la canicule et le rapport sur l’affaire Lyhanna. Et Lionel Messsi "maître du monde". Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… Dans la presse, ce matin, l’alerte de l'ONU sur le risque "imminent d'atrocités en masse" à El-Obeid, au sud du Soudan. Courrier International rappelle que la ville subit depuis plusieurs mois un siège des Forces de soutien rapide du général Hemetti, en guerre contre l’armée régulière depuis plus de trois ans maintenant. Un conflit qui a fait 9 millions de déplacés à l’intérieur du Soudan, qui accueille, en plus, près de 900 000 réfugiés des pays voisins, dont 40 000 Éthiopiens fuyant le conflit du Tigré et 90 000 Sud-Soudanais. Le Pays indique que l’ONU redoute une répétition de ce qui s’est passé en octobre dernier à El Fasher, la grande ville du Darfour, où les FSR ont commis des massacres et des viols de masse après des mois de siège. Le journal burkinabé regrette que les Nations Unies "se limitent à des déclarations là où (elles sont) censées poser des actions concrètes", comme si elles cherchaient à "se donner bonne conscience", et avec elle l’Union Africaine et l’Union européenne. Inquiétude au Liban et en Israël La presse internationale revient également sur l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran concernant la mise en place d’une "commission technique" pour gérer les conflits au Liban. L’Orient Le Jour perçoit le fait que Washington et Téhéran acceptent de siéger ensemble dans une commission comme "une reconnaissance explicite, par les Etats-Unis, du rôle de l’Iran" au Liban, renvoyé, une fois de plus à son rôle de "victime expiatoire". Le journal libanais s’alarme : "Comment espérer désormais quelque chose, avec, d’un côté, Israël qui, à quelques mois des législatives et après avoir été lâché par son allié américain en Iran, va défendre bec et ongles sa vision maximaliste, et un Hezbollah qui va tout faire pour torpiller les négociations israélo-libanaises ?". Inquiétude aussi en Israël. Le site américain Axios cite des responsables israéliens qui disent craindre des "représailles de Washington chaque fois qu'ils voudront mener une frappe au Liban ou des pressions de Trump pour qu'ils se retirent du sud du pays, alors que la menace du Hezbollah persiste". Conclusion de Haaretz: une fois de plus, Benyamin Neanyahou a "renforcé les extrémistes", en l’occurrence le Hezbollah. Le journal israélien voit "un lien direct" entre "le refus obstiné" du Premier ministre "de respecter sa part de l'accord de cessez-le-feu conclu en 2024 et l'effondrement diplomatique sans précédent qu'a connu Israël ces derniers jours". Canicule : "l'’improvisation" du gouvernement En France, la population suffoque sous une canicule en passe de devenir historique. 54 départements placés en vigilance rouge aujourd’hui, plus de 90% des Français concernés: un record à la Une de La Dépêche du Midi. A la maison, au travail, dans les écoles, les transports : la France "subit le choc" et Mediapart dénonce "l’impréparation et l’improvisation" du gouvernement. Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique semble reculer au profit de celui sur l’adaptation, qui se cristallise, ici en France sur la question de la climatisation, la clim, devenue très politique - d’où le dessin de Kak pour L’Opinion où Sébastien Lecornu est sommé de tranche entre un RN défendant un plan "massif" de climatisation et des écologistes qui dénoncent une fausse bonne solution. "Mener une politique à long terme implique de survivre à court terme", philosophe le Premier ministre. Sébastien Lecornu promet, par ailleurs, que les révélations du rapport sur la mort de Lyhanna, tuée le mois dernier par un pédocriminel vont "conduire à l’action". Là encore, ce document, qui n’est pas le rapport définitif sur cette affaire, est l’objet d’un débat politique extrêmement vif. Le Figaro le juge "accablant" pour la justice, une institution "malade de son irresponsabilité", selon le journal, qui accuse "ceux dont le métier est d’appliquer le droit (de ne rendre) de comptes à personne" et exige des sanctions. Mediapart relève que l’exécutif retient des "défaillances personnelles" ; mais rappelle que "les inspections de la justice et de la gendarmerie pointent aussi des dysfonctionnements d’ordre plus structurel". Pour Les Echos, au-delà des rapports, l’affaire Lyhanna installe surtout "le sentiment d'un Etat qui ne fonctionne plus" et de services publics à l'os - une "machine à nourrir les populismes" qui "permet au RN de désigner les immigrés et les assistés et à LFI les puissants et les riches", selon un macroniste. Un doublé, un record, une légende" Lui semble mettre à peu près tout le monde d’accord : Lionel Messi est devenu hier le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde, après son doublé contre l'Autriche. La Pulga est un géant, que dis-je ? "le maître du monde", selon L’Equipe, qui résume l’affaire en ces termes : "Un doublé, un record, une légende". Et qui dit légende dit bien sûr monument à sa mesure. Inaugurée dimanche dernier à Cutral Co, en Argentine, une statue haute de 26 mètres, 70 tonnes, entendait rendre l’hommage qu’il mérite à la gloire nationale. Hélas, le Huffington Post rapporte que cette œuvre géante est surtout devenue la cible de tous les moqueurs, qui l’ont rebaptisée "le Messie de Temu", le site chinois pas cher. Pour être tout à fait juste, je dirais que tout est une question de point de vue, tout dépend de l’angle où on se trouve. De biais, ça passe encore; de face, ça laisse à désirer, si je puis dire. Lionel Messi qui se consolera peut-être en pensant à d’autres statues de camarades footballeurs pas très réussies non plus, comme la statue terrifiante de Cristiano Ronaldo installée en 2017 à l’aéroport de Madère. On dira peut-être un jour chez les footeux: "Si à 40 ans tu n’as pas ta statue moche, c’est que tu as raté ta vie". Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). Suivez également tous les week-ends en multidiffusion la Revue des Hebdos.