À la Une de la presse ce lundi 25 mai : les (nouvelles) spéculations sur un possible accord entre les États-Unis et l'Iran ; le siège du CHP, le principal parti d'opposition, pris d'assaut hier par la police turque pour en déloger ses dirigeants ; les questions, en France, autour du programme du RN, toujours donné en tête des intentions de vote à la prochaine présidentielle, selon les sondages ; et une étude sur la faible représentation des femmes de plus de 60 ans dans les films à succès. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… À la Une de la presse, les spéculations sur un possible accord entre les États-Unis et l'Iran, qui serait prêt à autoriser les navires à franchir le détroit d'Ormuz, en échange d'un assouplissement des sanctions. C'est ce qu'annoncent plusieurs médias américains, dont The Washington Post, qui fait état d'un "protocole d'accord" prolongeant le cessez-le-feu de 60 jours, "le temps que les deux parties parviennent à un accord final pour mettre fin définitivement à la guerre". The New York Times, qui cite "un haut responsable américain", parle d'un "accord de paix (qui) se rapproche" et de négociations supplémentaires "pour le conclure", notamment sur "les modalités" engageant l'Iran à "se débarrasser de son uranium hautement enrichi". The Wall Street Journal s'inquiète déjà que l'administration Trump autorise l'Iran à "se renflouer" et demande de "ne pas (lui) accorder d'allègement immédiat des sanctions", car "sauver un tel régime constituerait, selon lui, une véritable trahison non seulement des intérêts américains, mais aussi de ceux des Iraniens". Le site panarabe Middle East Eye évoque toutefois des "signes de friction" entre Téhéran et Washington sur "des éléments-clé" du "protocole d'accord", notamment sur un cessez-le-feu au Liban, en raison des pressions d'Israël, qui demande l'autorisation de pouvoir "continuer à (y) mener des opérations militaires, en réponse à ce qu'il considère comme des menaces". L'Orient-Le Jour parle d'un "accord de tous les dangers", la question du Liban pouvant, selon lui, tout faire "capoter", car Téhéran veut que le cessez-le-feu soit réellement appliqué partout, tandis qu'Israël veut conserver son "droit à se défendre". Le quotidien libanais estime que "la déclaration d'intention est, pour le moment, largement en faveur de l'Iran", mais se demande si Téhéran "sacrifiera cet avantage pour défendre coûte que coûte les intérêts du Hezbollah". Inquiétude au Liban, et inquiétude en Israël, où Jerusalem Post cite "des responsables israéliens" mettant en garde contre "un mauvais accord" ne permettant pas aux Israéliens "de répondre aux principales menaces posées par Téhéran au-delà de son programme nucléaire". En Turquie, la police a pris d'assaut, hier, à Ankara, le siège du CHP, le principal parti d'opposition, pour en déloger ses dirigeants. Daily Sabah, quotidien officiel turc anglophone, affirme que c'est Kemal Kiliçdaroglu – l'ancien leader du CHP –, qui a demandé l'expulsion de son successeur Özgür Özel, après que celui-ci a été destitué par une destitution de justice, jeudi dernier. Une décision suivie, dès le lendemain, de la fermeture, en pleine année académique, de l'université privée Bilgi d'Istanbul, présentée par Libération comme "l'emblème d'une Turquie libre et tournée vers l'Europe". Le président Erdogan est finalement revenu sur cette fermeture cette nuit, mais Libé voit dans ces décisions une poursuite du "virage autoritaire" du président turc. "Erdogan ne reculera devant rien pour se maintenir au pouvoir", prévient le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui se demande s'il est "judicieux" que l'Allemagne continue à "courtiser" Ankara, membre de l'Otan, pour en faire "un partenaire en matière de sécurité", alors que "la Turquie se transforme de plus en plus en autocratie". "La prochaine présidentielle turque est prévue pour 2028. Beaucoup pensent qu'elle aura lieu plus tôt. Mais au moment du dépouillement, le résultat sera peut-être déjà joué, surtout après ces derniers jours", estime The Guardian. En France, la présidentielle aura lieu l'année prochaine et le Rassemblement national (RN) est toujours donné en tête des intentions de vote, selon les sondages. L'ex-FN assure même que son programme est déjà prêt, malgré l'incertitude sur le sort judiciaire de sa cheffe de file, Marine Le Pen, qui devrait être fixée le 7 juillet, date de la décision de la cour d'appel. En attendant, Le Parisien/Aujourd'hui en France fait un tour d'horizon des sujets sur lesquels Marine Le Pen et Jordan Bardella expriment des "sensibilités" différentes, comme on dit pudiquement au RN. Il y en a pas mal : les retraites, le pouvoir d'achat, le budget ou encore la politique sociale, sur laquelle Marine Le Pen dit que le mot "assistanat" "ne fait pas partie de (son) vocabulaire", alors que Jordan Bardella l'emploie fréquemment. À quoi ressemblerait une éventuelle présidence RN ? Dans les Pyrénées orientales, les victoires, aux municipales, d'un candidat RN, à Rivesaltes et d'un autre aux convictions pétainistes à Elne, donnent un aperçu de la façon dont l'extrême-droite aborde l'Histoire. À lire avec une enquête du Monde sur les attaques de ces municipalités d'extrême-droite contre plusieurs sites mémoriels, dans une région marquée notamment par l'arrivée des rapatriés d'Algérie – une page de l'Histoire sur laquelle le parti de feu Jean-Marie Le Pen a toujours construit son implantation locale et cherché à la récupérer, en cultivant "la nostalgie de l'Algérie française, ciment mémoriel". Un mot, pour terminer, d'une étude édifiante relayée par la presse britannique. Si vous rêvez de faire carrière à Hollywood, sachez que les statistiques montrent qu'il vaut mieux que vous soyez un homme prénommé Chris – ou même un animal qui parle – plutôt qu'une femme de plus de 60 ans. C'est la conclusion d'une campagne appelée "Âge sans limites", qui a constaté que sur les 100 films ayant réalisé les plus gros succès au box-office ces trois dernières années, seulement cinq ont mis en vedette une femme de plus de 60 ans, selon The Times. Cinq films, c'est un de moins que ceux mettant en scène un acteur nommé Chris (Chris Pratt dans Les Gardiens de la Galaxie ou Chris Pine dans Donjons et Dragons : L'Honneur des voleurs). C'est aussi quatre fois moins de films que de longs métrages donnant la vedette à un animal parlant : Dogman, Kung Fu Panda 4 ou encore Paddington au Pérou. Citée par The Guardian, l'actrice britannique Emma Thompson, 67 ans, a commenté cette enquête : "Les femmes représentent la moitié de la population et nous vieillissons. Alors, où sont les histoires qui nous concernent ? Plus nous vieillissons, plus nous sommes intéressantes : nous sommes captivantes, attachantes et il est grand temps que nous passions au premier plan. Les femmes âgées existent déjà dans le monde, le cinéma doit simplement s'adapter". Et pas seulement le cinéma. Retrouvez tous les matins sur France 24 la Revue de presse (du lundi au vendredi, à 7h20 et 9h20 heure de Paris). 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