Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

  1. 26 MIN AGO

    Mondial 2026: Kinshasa prête à vibrer pour le barrage capital de la RDC contre la Jamaïque

    En République démocratique du Congo, les Kinois se préparent pour le match de barrage des Léopards contre la Jamaïque, mardi 31 mars à Zapopan, au Mexique. Le vainqueur disputera la Coupe du monde de football cet été en Amérique. Depuis 1974, l'équipe nationale congolaise n'a pas participé au Mondial. Pour les amateurs de foot et les jeunes talents du pays, ce match représente beaucoup d'espoir et d'inspiration. De notre correspondant à Kinshasa, Sur la pelouse du stade Albert, à Kinshasa, une trentaine de jeunes talents de l'Académie Black Stars s'entraînent avec détermination. Échanges de passes, tirs au but et exercices d'agilité rythment leur séance. Tous partagent le même rêve : porter un jour le maillot des Léopards, l'équipe nationale de la RDC. La récente performance de cette dernière, arrivée en finale des barrages pour la Coupe du monde 2026, a ravivé leurs espoirs. Parmi ces jeunes, Louis-Hélène, 17 ans, confie son émotion : « Le football, c'est quelque chose. J'ai commencé très jeune. J'ai vu beaucoup de joueurs passer et je me disais toujours : un jour, moi. Voir que mon pays arrive à monter comme ça, que ce sont des gens de la vingtaine, des gens comme nous... Ça me donne encore plus d'espoir et ça me donne envie, vraiment, de représenter ce pays un jour. » À ses côtés, Enola avoue avoir une idole au sein de l'équipe nationale : Mukau Ngalayel. « Parce que c'est un numéro 8 comme moi et j'aime trop sa façon de jouer au foot, sa technique. Il a un truc qui me plaît, son style de jeu. C'est un peu pareil que le mien, c'est pourquoi je l'apprécie beaucoup », explique-t-il. « Faites-nous rêver » À Kinshasa, les académies de football sont nombreuses, mais beaucoup doivent composer avec des moyens limités. Pour Daniel Bolingo, directeur sportif des Black Stars, une qualification des Léopards pour le Mondial serait un véritable tremplin pour le football congolais : « Franchement, la joie serait immense. Moi, aujourd'hui, j'ai 22 ans, je n'ai jamais vu mon pays participer à une Coupe du monde. Je vois des pays à côté, comme le Sénégal, qui fait un beau parcours, ou la Côte d'Ivoire, qui revient souvent à la Coupe du monde. Nous, on n'a jamais vu la RDC en Coupe du monde. Donc aujourd'hui, si on voit notre pays se qualifier, ce serait une joie immense et ça mettrait la lumière sur notre pays. Parce que le talent en RDC, il est énorme. On a une grande population, un grand pays, et voir nos aînés qualifiés à la Coupe du monde, je pense que ça donnerait un boost pour les jeunes footballeurs et pour le football en général. » Pour Kavé Kazadi, coach de l'Académie Black Stars, l'équipe nationale possède déjà un atout majeur : « Il y a de l'amour, il y a une bonne communication entre le staff et les joueurs. C'est vraiment ça, la force de la RDC. Sans équipe soudée, vous ne pouvez pas aller loin. Le vestiaire doit être déjà fort, et ensuite, à l'extérieur, vous pouvez vous montrer de quoi vous êtes capables. Allez, les Léopards, faites-nous rêver, c'est tout. » À lire aussiFootball: la Jamaïque, dernier adversaire de la RDC sur la route du Mondial 2026

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  2. 1 DAY AGO

    Cinéma africain: former et financer pour devenir autonome, l'objectif de la Fabrique Cinéma

    Trouver des financements, rencontrer des producteurs, convaincre des partenaires : pour de nombreux réalisateurs, tout se joue avant même le tournage. Faute de structures solides dans leurs pays, beaucoup de cinéastes africains viennent encore chercher ces opportunités en Europe, où se concentrent une grande partie des réseaux et des financements. À Paris, plusieurs projets portés par des réalisateurs venus du continent sont actuellement accompagnés pour tenter de franchir cette étape décisive. Autour d'un café, professionnels du secteur et invités découvrent chaque année les projets de cinéastes et producteurs venus des pays du Sud. Ils sont dix à avoir été choisis parmi une centaine de candidatures. Une sélection où l'Afrique occupe une place importante, comme l'explique Eva Nguyen Binh, présidente de l'Institut français : « L'Afrique, c'est un tiers des projets qu'on accueille à la Fabrique Cinéma. Notre objectif, c'est d'accompagner ces talents avec des échanges, des expériences, des master classes, et de les mettre en relation avec l'écosystème français. » Des réalisateurs et producteurs en début de carrière sont accompagnés à un moment clé de leur parcours, où il faut apprendre à exister sur un marché compétitif. « Ils apprennent comment vendre leur projet, car le cinéma, c'est la création artistique, mais c'est aussi un marché. Il faut donc qu'ils se confrontent à ce marché international », souligne un intervenant. Pour ces cinéastes, la première étape est souvent le Festival de Cannes, un passage important pour trouver des partenaires et des financements. Côté contenu, leurs films expriment souvent une forme d'urgence, avec des histoires ancrées dans des réalités sociales et politiques fortes. Emilie Pianta, responsable du programme Fabrique Cinéma, explique cette tendance : « Comme ce sont des premiers films, les réalisateurs et réalisatrices y mettent tout. Ce sont des films à fort enjeu politique et social, avec le besoin d'exprimer une demande de plus de justice sociale et de lutte contre les discriminations. » Une fois de retour dans leur pays, certains prolongent cette expérience en transmettant à leur tour ce qu'ils ont appris. Mais derrière cet accompagnement, une question persiste : ces dispositifs peuvent-ils, à eux seuls, permettre de structurer durablement le secteur du cinéma sur le continent ? Pour le producteur franco-sénégalais Jean Fall, la réponse est nuancée : « La Fabrique Cinéma fait partie des dispositifs qui existent pour soutenir le cinéma africain depuis des années. Mais malheureusement, ce n'est pas assez. Le problème, c'est qu'on n'a pas encore de véritable circulation des films au niveau de la distribution entre les pays africains. Les films restent dépendants des sélections aux festivals pour trouver un acheteur, et les producteurs eux-mêmes sont tributaires de ce système où ils dépendent de financements externes pour leurs œuvres. » Un constat qui interroge, alors que l'objectif, à terme, est de voir émerger des réseaux locaux plus autonomes. « Le plus grand succès, ce sera qu'ils n'aient plus besoin de nous », conclut Eva Nguyen Binh. À lire aussiAkinola Davies Jr, réalisateur de «Un jour avec mon père»: «Mon film est 100% Nollywood»

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  3. 1 DAY AGO

    En Éthiopie, le festival traditionnel Shuwalid célèbre la culture harari

    Le 26 mars 2026, la ville éthiopienne de Harar, située à 400 kilomètres d'Addis-Abeba, a accueilli le festival Shuwalid. Inscrit fin 2023 au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco, il vient clore la fin de six jours supplémentaires de jeûne après le ramadan. Toute la nuit, des dizaines de milliers de personnes fêtent, en danses et en chansons, ce « deuxième Aïd ». Avec notre correspondante à Addis-Abeba, Le cortège démarre doucement de la rue Amir Uga, ouvert par deux cavaliers. Un couple, drapé de manteaux rouges et dorés, suit derrière, entouré de gardes : la scène rejoue un mariage traditionnel harari. Ahmed, qui a grandi à Harar, représente le marié. « Cela fait deux ans que je participe aux célébrations, et pour moi, c'est important, car ce sont nos traditions. Donc je le fais vraiment avec plaisir », explique-t-il. Chaque année, la fête de Shuwalid réunit des dizaines de milliers de personnes en Éthiopie. Pendant deux jours, la ville est en effervescence. Sami Abdulwasim, directeur du bureau du tourisme et du patrimoine de Harar, souligne l'impact de l'événement : « Ce festival amène des visiteurs du monde entier, ainsi que des gens de tout le pays. Quand les gens viennent, ils prennent le temps de visiter la ville, restent un ou deux jours, donc les retombées économiques sont très importantes. » Si Shuwalid célèbre avant tout la culture harari, toutes les communautés alentour – Afar, Oromo, Somali – sont représentées. Des groupes de jeunes filles et de garçons de chaque région défilent en jouant leur propre musique. Ramadan, venu de Dire Dawa, à deux heures de route, est là pour la première fois. « C'est vraiment intéressant de voir la culture harari traditionnelle, je suis là pour ça. Mais il y a aussi des chants dans plusieurs langues, des vêtements de toutes les régions. Je suis vraiment surpris et content de voir tout ça », confie-t-il. C'est aussi une première pour Ali, étudiant originaire de la ville de Jijiga, en région Somali. « Je suis venu ici car c'est une culture différente de celle de la région Somali. Je veux voir les célébrations harari et écouter leur musique », dit-il. Célèbre dans le monde depuis son classement par l'Unesco en 2023, Shuwalid attire également des touristes et la diaspora éthiopienne, comme Legesse, qui vit en Suisse. « Ce que j'aime, c'est voir toutes les cultures réunies, c'est vraiment très cool. Pour moi, c'est une expérience unique en Afrique, et c'est génial », s'enthousiasme-t-il. Vers 19 heures, après un dernier iftar, le repas qui rompt le jeûne, la fête continue dans toute la ville jusque tard dans la nuit. Car le but de Shuwalid est aussi, pour la jeunesse harari, de trouver un ou une partenaire. À lire aussiÉthiopie: à l'Addis Jazz Festival 2026, vieille garde et nouvelle génération du jazz sur scène

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  4. 2 DAYS AGO

    En Tunisie, le réalisateur Nejib Belkadhi ressuscite l’émission mythique «Chems Allik»

    En Tunisie, le réalisateur et acteur Nejib Belkadhi a ressuscité l’émission Chems Allik, une émission phare des années 2000 diffusée à l’époque par Canal Horizon en Tunisie. Son audace, son aspect décalé et sans tabous malgré la dictature, a marqué toute une génération de jeunes, à une époque où les réseaux sociaux n'existaient pas. Elle a ouvert la voie à une liberté d'expression et de ton qui résonne encore dans la période actuelle aujourd'hui. De notre correspondante à Tunis, La première projection à Tunis du documentaire consacré à Chams Allik a été marquée par l’émotion et les rires du public. Vingt-sept ans après la diffusion du premier épisode, Nejib Belkadhi, l’un des membres du casting, a pu exploiter des heures d’images d’archives restées sur VHS. « C’est l’IA, l’intelligence artificielle, qui nous permet aujourd’hui de restaurer ces images et de passer d’un format SD à un format 4K projetable sur grand écran », explique-t-il. Nejib Belkadhi et ses acolytes, tous acteurs ou humoristes, se mettaient en scène dans les rues tunisiennes pour mener des interviews décalées. Leur émission offrait un sous-texte en opposition avec le traitement médiatique de l’époque, dominé par la censure sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali. « Sous ses airs de décalage, d’émission un peu satirique, il y avait une deuxième lecture qui était toujours là. On s’est intéressé aux gens oubliés. À l’époque, on ne parlait pas de tout ça, on n’avait pas le droit d’en parler. On ne parlait pas des gens marginalisés, des gens seuls, des gens qui ne travaillent pas, du racisme ou de l’émigration clandestine. Nous, on a pris le micro et la caméra, on est partis voir les gens dans les quartiers défavorisés, mais toujours dans le rire. Je crois que c’est ce qui nous a permis de continuer malgré la censure », confie-t-il. Un moment fort Certains épisodes ont toutefois été censurés, comme celui abordant le régionalisme. Le départ de Canal Horizons de Tunisie a mis fin à l’aventure après trois saisons. Revoir ces images aujourd’hui, dans un contexte politique toujours complexe, reste un moment fort pour Sawssen Maalej, actrice ayant participé à Chams Allik. « Avec le recul, on réalise qu’on faisait quelque chose d’assez résistant, de subversif. C’est un ton qu’on a perdu dans nos médias actuellement », souligne-t-elle. La projection a également attiré de nombreux jeunes, comme Nour Jouini, 23 ans, étudiant. « Même si ce n’est pas ma génération, j’entends encore parler d’eux, car ils ont ouvert un espace d’expression à une époque où c’était quasi impossible. Leur façon d’aborder des sujets tabous, qui le restent jusqu’à aujourd’hui, était vraiment révolutionnaire », témoigne-t-il. Ce documentaire hommage sera rediffusé en salles en Tunisie avant d’être mis en ligne sur YouTube, afin de rendre ces images numérisées accessibles à tous. À lire aussiTunisie: des violations des droits humains observées sur tout le territoire

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  5. 3 DAYS AGO

    En Côte d'Ivoire, le combat silencieux des veuves contre la précarité

    En Côte d’Ivoire, pour de nombreuses veuves, le deuil s’accompagne d’une chute brutale dans la précarité : perte de revenus, conflits familiaux, parfois spoliation de biens. À Abidjan, certaines tentent de se reconstruire grâce au soutien d’organisations locales. Immersion dans le quotidien de ces femmes qui refusent de sombrer. De notre correspondant à Abidjan, Assise au bord d'une grande voie à Abobo, dans la capitale de Côte d'Ivoire, sous un soleil de plomb, Djénéba aligne soigneusement ses sachets d'eau dans une bassine verte. Veuve depuis cinq ans, elle s'est lancée dans ce petit commerce après le décès brutal de son mari. Une activité de survie pour nourrir et scolariser ses enfants. Mais les revenus restent insuffisants. « C'est difficile, car mon mari était très proche de ses enfants et s'occupait bien d'eux. Nous ne manquions de rien. Il faisait tout pour ses enfants. Les parents de mon défunt mari s'occupent de nous parfois. Ils ont scolarisé certains enfants. Les plus petits, eux, sont sous ma charge. S'ils tombent malades, je prends l'argent que les personnes de bonne volonté me donnent pour les soigner », explique-t-elle. « La femme s'occupe de tout, ce n'est pas facile » Comme Djénéba, de nombreuses femmes se retrouvent du jour au lendemain sans ressources. Certaines n'ont jamais exercé d'activité rémunérée avant la disparition de leur époux. C'est le cas de Fatoumata. Dans son petit atelier de couture, une machine adossée au mur, des tissus soigneusement empilés, elle tente de reconstruire sa vie. Mère de quatre enfants, elle a appris à coudre après la mort de son mari, contrainte de devenir l'unique pilier du foyer. « Tout a basculé d'un coup. Je fais tout moi-même. Les parents de mon mari s'occupent ni de moi, ni des enfants. C'est difficile. Parfois, il n'y a des clients, parfois, il n'y en a pas, mais tu dois quand même payer ta maison, ton eau, ta nourriture... Tu dois tout payer. La femme s'occupe de tout et ce n'est pas facile », témoigne-t-elle. Malgré les difficultés, Fatoumata refuse de baisser les bras. Son ambition : offrir un avenir meilleur à ses enfants. « Tu veux que tes enfants réussissent, qu'ils partent à l'école. Tu vas te battre. Faut pas toujours attendre de l'aide extérieure », philosophe-t-elle. L'État appelé à « garantir » un avenir sécurisé aux enfants Face à cette précarité, des initiatives locales tentent d'apporter des réponses concrètes. C'est le cas de l'ONG Firya, fondée en 2013. L'organisation accompagne aujourd'hui près d'une centaine de veuves, grâce aux cotisations de ses membres et aux dons. L'objectif est d'agir en priorité sur les besoins essentiels, explique son président, Al Housseyne Salia Bamba : « Lorsqu'on accueille une femme avec deux de ses derniers enfants, on s'assure que l'enfant va à l'école, que sa scolarité est payée, que les fournitures scolaires sont payées. C'est primordial. Quand il y a besoin de nourriture, on en donne. Lors d'un problème de santé, elle nous envoie l'ordonnance, on achète. » Pour le docteur Roland Bini Koffi, spécialiste des questions familiales, cette précarité trouve ses racines dans une dépendance, souvent financière, vis-à-vis du conjoint disparu. Selon lui, l'autonomie financière des femmes reste centrale. Mais aussi la reconnaissance du statut de veuve et la protection des enfants. « Qu'elle ait été mariée légalement et bénéficie d'une pension – qui est très souvent malheureusement insuffisante – ou qu'elle ne l'ait pas été, l'État doit faire en sorte de garantir aux enfants une situation qui leur permette d'être intégrés, parce qu'ils représentent aussi l'avenir du pays », estime-t-il. Pour tenter d'atténuer cette vulnérabilité, le gouvernement a mis en place le programme filets sociaux productifs, destiné aux ménages les plus fragiles. Chaque foyer bénéficiaire reçoit une allocation trimestrielle de 36 000 francs CFA, sur une période de trois ans. À ce jour, plus de 500 000 familles ont été soutenues à travers le pays. À lire aussiEn Afrique de l'Ouest, harcèlement et violence au travail sont largement sous-estimés selon un rapport

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  6. 4 DAYS AGO

    Sénégal: à Ngor, de jeunes skateurs rêvent des Jeux olympiques de la jeunesse

    À quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), organisés pour la première fois en Afrique et qui se tiendront au Sénégal en novembre prochain, certains sports gagnent en popularité. C'est le cas du skate, une discipline qui fait ses grands débuts aux JOJ et qui attire aujourd'hui de plus en plus de jeunes, alors qu'elle était encore très confidentielle il y a quelques années. À Ngor, quartier de pêcheurs de Dakar, un petit skatepark est devenu le lieu d'entraînement d'une nouvelle génération qui rêve déjà des Jeux. De notre correspondante à Dakar,  Après l'école, le mercredi, les jeunes skateurs débarquent sur les rampes d'un petit skatepark de Ngor, caché au fond d'une cour. Moussa Mbengue, passionné de glisse, a créé ce lieu dans son quartier en 2022. C'est le premier skatepark du pays. « Moi, je skatais dans la rue, je me faisais mal. Je n'avais pas de casque, je n'avais pas de protection, se rappelle-t-il. Donc c'est avec fierté que je transmets aujourd'hui ce que je n'avais pas, [je suis fier] d'ouvrir cette porte-là pour ces enfants-là, pour qu'ils puissent skater, non pas qu'au Sénégal mais dans l'univers. » Ils sont désormais 70 adhérents, et parmi eux, les futurs espoirs pour les Jeux olympiques de la jeunesse de novembre. Les jumeaux Mamadou et Aminata Samb ont 15 ans, et ils s’entrainent avec Moussa Mbengue depuis 3 ans. C’est sur l’eau qu’ils ont découvert la glisse. « Au début, je faisais du surf. Après, j'ai vu mon frère jumeau faire du skate, explique Aminata, je me suis dit que j'allais en faire, ça avait l'air cool. » « Ngor, c'est le village où le surf a commencé ici, au Sénégal, ajoute son frère, Moussa. Dans l'histoire de la glisse, le premier film de surf en 1958 a été tourné ici, à Ngor. Donc nous, on a la glisse en nous. » C'est le grand frère des jumeaux, Cherif, qui les a initiés. Il est souvent avec eux au skatepark pour les soutenir alors que les qualifications approchent et que les entraînements s'intensifient. À lire aussiSénégal: une académie pour préparer les talents africains aux JOJ de Dakar 2026 « C'est devenu un sport olympique » Les JOJ, c'est l'occasion pour les skateurs de Ngor de faire briller leur pays partout dans le monde. « Ce n'est pas très connu par les Sénégalais parce qu'ils connaissent davantage le football, le basket, les autres sports… Ils ne connaissent pas trop le skate, explique Mamadou Samb. J'aimerais amener une médaille pour le Sénégal, pour que les skateurs de l'étranger sachent qu'il y a des skateurs ici. » Et l'effet de la compétition se fait déjà sentir sur l'activité du lieu. « On a eu beaucoup de demandeurs, les parents amènent leurs enfants, se réjouit Moussa Mbengue. Ils savent que ce n'est pas un sport de rue, c'est devenu un sport olympique. » L'élan dépasse désormais Ngor. En 2023, la mairie a inauguré un skatepark dans le quartier de Yoff et un nouveau doit sortir de terre sur le site de la piscine olympique pour les JOJ. Moussa Mbengue, lui, espère que cet engouement durera bien au-delà des Jeux. Son rêve : un skatepark dans chaque région du Sénégal. À lire aussiSénégal: une académie pour préparer les talents africains aux JOJ de Dakar 2026

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  7. 5 DAYS AGO

    Les œuvres gigantesques du ghanéen mondialement reconnu Ibrahim Mahama

    Originaire de la ville de Tamale au nord du pays, le sculpteur et peintre multidisciplinaire ghanéen Ibrahim Mahama a été le premier artiste africain à figurer en tête du classement 2025 de la revue ArtReview, l’un des palmarès les plus prestigieux du monde artistique qui liste chaque année les cent artistes contemporains les plus influents de la planète. Une récompense notamment due à ses œuvres gigantesques exposées aux quatre coins du globe, et qui interrogent les héritages coloniaux, la mémoire collective ainsi que l’économie mondiale. Nous sommes allés à sa rencontre dans son studio construit dans sa ville natale, où l’artiste met un point d’honneur à partager ses œuvres avec ses compatriotes. De notre correspondant de retour de Tamale, Cheveux hirsutes et barbe imposante, Ibrahim Mahama déambule, l’air rêveur, dans une grande halle faite de briques d’argile rouge. Il y a près de six ans, il a ouvert le studio Red Clay, une dizaine de kilomètres carrés de terrain situés aux abords de la ville de Tamale. Le visiteur qui pénètre dans l’une des nombreuses salles du complexe, lui, doit se préparer à lever les yeux vers le ciel pour pouvoir apprécier le gigantisme des œuvres exposées ici à l’image de ces deux murailles imposantes construites à partir de centaines de boîtes de cordonniers usagées récupérées à travers le Ghana. « Cette œuvre s’appelle Non-Orientable Nkansa. J’étais vraiment intéressé par l’idée qu’un objet, aussi fragile soit-il, nous permette de réfléchir au concept de la réparation. Les assembler en un bâtiment imposant nous pousse à réfléchir à nos souvenirs, notre histoire », explique l'artiste. Ses œuvres ont fait plusieurs fois le tour du monde Diplômé en 2013 de l’université de Kumasi, au Ghana, Ibrahim Mahama se fait connaître dans le monde de l’art occidental à 28 ans lors de la Biennale de Venise de 2015. Un grand nombre de ses œuvres ont fait plusieurs fois le tour du monde. Leur point de chute final, cependant, reste encore et toujours le studio Red Clay. « On a beau être des artistes qui produisent avec des matériaux venus du Sud global, la plupart de ce travail finit dans des collections occidentales. Dans ce studio, nous essayons autant que possible de créer un environnement dans lequel les populations locales, en particulier les enfants, puissent repenser le monde à partir de nombreuses perspectives », souligne le sculpteur et peintre. À lire aussiQui est Ibrahim Mahama, l’artiste ghanéen qui a recouvert le centre Barbican à Londres de tissus? L'artiste porte dans son travail des messages Outre la redistribution des richesses et du savoir, le travail d’Ibrahim Mahama vise à dénoncer les travers de la mondialisation et l’accaparement des ressources par les anciennes puissances coloniales. Un message que l’artiste transmet notamment en recouvrant des bâtiments entiers d’un assemblage de sacs en toile de jute, ceux-là même utilisés partout sur le globe pour transporter du cacao, du riz ou du charbon, ou encore en exposant ici, au studio Red Clay, de nombreuses carcasses de train. « Que représentent ces objets dans notre histoire collective ? Ces trains, par exemple, que représentaient-ils à chaque fois qu’ils allaient dans les mines et qu’ils transportaient de l’or, de la bauxite ou du manganèse jusqu’au port, puis en dehors de notre pays ? » questionne Ibrahim Mahama. Un cadre historique, qu’Ibrahim Mahama a dédié aux jeunes artistes ghanéens afin que ces derniers soient, demain, en maîtrise de leur propre récit. À lire aussiAu Ghana, l’art contemporain en pleine ascension ► Pour en savoir plus sur son exposition « Le Temps des récoltes », cet automne à Paris, à la Fondation Cartier

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  8. 6 DAYS AGO

    Guinée: le centenaire de Momo Wandel Soumah, une légende du saxophone africain

    2026 marque le centenaire de Momo Wandel Soumah. Le chanteur et musicien disparu en 2003 était une figure de la musique guinéenne et l’un des plus grands saxophonistes d’Afrique. Sa carrière commence durant la période coloniale, dans des orchestres comme La Joviale Symphonie ou La Douce Parisette. Il connaît le succès sous Sékou Touré (1958-1984), période d’intense promotion de la musique traditionnelle guinéenne, et explose véritablement en entamant une carrière solo dans les années 1990. Avec ce reportage, on se plonge dans les années 1970 avec la chanson « Miri Magnin », de l’orchestre Keletigui et ses Tambourinis. Momo Wandel est au saxo. De notre correspondant à Conakry, Momo Wandel avait su allier différents styles de musique pour créer le sien. C’est pour cela que Justin Morel Junior, journaliste et auteur de plusieurs livres sur la musique guinéenne, l’a admiré : « Il a été beaucoup influencé par de grands jazzmen, notamment Charlie Parker, qu’on appelait The Bird. Il a été aussi influencé par des musiciens traditionnels guinéens. Son style était donc un mélange de ses connaissances musicales guinéennes et de ses recherches personnelles sur le plan international. Donc il avait été influencé au chant par le style de Louis Armstrong, cette façon gutturale de chanter, cette façon de se lâcher, d’improviser, c’était autant de choses qui lui étaient propres. » Jean-Baptiste Williams, lui aussi journaliste culturel et musicien, se souvient surtout de Momo Wandel sur scène : « Il bouge beaucoup ! Momo Wandel bouge beaucoup ! C'était vraiment un one man show. Vous savez généralement dans la structure des premiers orchestres africains, dont ceux guinéens, on met un ou deux chanteurs à l’avant. Les souffleurs, les ventistes sont à côté à gauche, les guitaristes au centre, mais derrière les chanteurs et ils sont toujours au second plan. Mais Momo Wandel ne tient pas tranquille ! Quand il commence son solo, à l’époque il n'y avait pas les micro-cravates et autres, mais Momo Wandel, ce n’est pas son problème ! Il bouge avec son soprano, sa clarinette ou son saxo alto. » « Je l'ai appelé "Sax Soleil", en référence à Louis XIV, le roi Soleil » C’est son solo de saxophone qu’on entend. Un jeu unique qui a poussé Justin Morel à le surnommer le « Sax Soleil » : « Pour moi, Momo Wandel, dans sa créativité, dans son génie artistique, rayonnait sur la musique guinéenne entièrement, et c'est pour cela que je l'ai appelé "Sax Soleil", cet instrument brillant, qui est doré en général, et pour lequel j'ai beaucoup de respect, et qu'il jouait avec beaucoup de prestance. Donc je l'ai appelé "Sax Soleil", comme d'autres avaient appelé Louis XIV, le roi Soleil. » Le centenaire de Momo Wandel sera en octobre. Nos deux spécialistes de la musique guinéenne espèrent que l’hommage sera à la hauteur de l’artiste. À lire aussiQueen Rima: «Je rêve de voir la musique guinéenne voyager encore plus loin dans le monde»

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