Questions d'environnement

La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

  1. 19小時前

    En France, le méga-chantier du canal Seine-Nord-Europe est-il vraiment indispensable?

    Les travaux ont commencé pour construire le canal d'une centaine de kilomètres et relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Du transport fluvial décarboné, assurent ses promoteurs, pour répondre à la crise climatique. De la destruction de biodiversité, répondent les opposants qui manifestent ce week-end. Un canal ? Non, un méga-canal, répondent les opposants au canal Seine-Nord-Europe, un vaste projet fluvial pour relier la région parisienne à la Belgique et aux Pays-Bas. Le collectif Méga-Canal Non Merci organise de jeudi à dimanche des journées de mobilisation et de manifestation dans le département du Pas-de-Calais (dans le nord de la France), là où ont commencé les travaux d'une des nombreuses écluses prévues sur le futur canal long de 107 kilomètres et large d'une cinquantaine de mètres.  C'est le genre de projets pharaoniques par lesquels l'homme entend marquer sa trace, modifier la nature et les paysages au nom du développement économique. Un projet controversé, critiqué, et pas seulement par les mouvements écologistes. La Cour des comptes, par exemple, toujours très vigilante sur la dépense publique, s'inquiète d'une facture qui pourrait atteindre les 10 milliards d'euros. De fait, le projet est essentiellement soutenu par les élus locaux, et en premier lieu le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui assure engager « la transformation de la région (...) en tenant compte de ce qu'est ce nouveau défi climatique. C'est donc la décarbonation. Décarbonation et logistique, c'est le canal Seine-Nord Europe ! » Du fuel pour remplacer du fuel S'agit-il vraiment d'un projet écologique qui permettrait de décarboner le transport ? C'est en tout cas l'argument principal de ses partisans : utiliser les voies fluviales plutôt que la route et les camions pour transporter les marchandises entre la région parisienne et les ports d'Anvers en Belgique et de Rotterdam aux Pays-Bas. Il existe pourtant déjà un moyen de relier par voie fluviale la région parisienne à un grand port : la Seine, tout simplement, entre Paris et le Havre, et elle a le mérite d'exister...  Les adversaires du canal dénoncent un projet d'un autre siècle, « dans une logique d'exportation et de mondialisation qui n'est plus pertinente au moment du dérèglement climatique, puisqu'on est quand même dans l'idée de relocaliser, d'éviter qu'il y ait plus de CO2, etc. Le transport maritime n'est pas propre, il se base sur du fuel, des choses qui sont problématiques écologiquement parlant », souligne Valentin (qui ne souhaite donner que son prénom), porte-parole des Soulèvements de la Terre et du collectif qui organise la mobilisation de ce week-end contre le canal Seine-Nord-Europe. Méga-canal et méga-bassine Au-delà du transport maritime, la seule construction du canal pose des questions environnementales. Quand on touche à la nature, il y a forcément des dégâts. « Cela va être dix fois le Tunnel sous la Manche en termes de déblais, poursuit Valentin. Le canal va prendre plus de 3 300 hectares de terres agricoles et de terres humides, menacer 300 espèces protégées. Il va aussi y avoir la création d'une méga-bassine parce que les promoteurs pensent que le canal ne va pas rester en eau au vu de la sécheresse. Il y aura donc une méga bassine qui va faire plus de 22 fois celle de Sainte-Soline. » Sainte-Soline, une méga-bassine controversée, dans l'ouest de la France, mais au moins destinée à l'irrigation de l'agriculture. Ici, ce serait juste pour faire circuler d'énormes porte-conteneurs. Ce n'est pas la première fois qu'un projet de canal suscite la controverse en France. Le canal Rhin-Rhône fut un long serpent de mer avant d'être finalement enterré en 1997, au nom de la gauche plurielle (c'était une des conditions des écologistes pour participer au gouvernement Jospin), abandonné faute de financement et pour sauver la biodiversité. Mais aujourd'hui ce serait pour sauver le climat qu'on construirait le canal Seine-Nord-Europe. Une argumentation qui ressemble beaucoup à du greenwashing.  À lire aussiReculs environnementaux en cascade en Europe

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  2. 1日前

    L'aquaculture est-elle une solution durable?

    En France, l’arrivée potentielle de la plus grande ferme de saumons au monde fait polémique et relance le débat sur l’intérêt de l’aquaculture. Pour les partisans de ces élevages de poissons, l’objectif est d’assurer l’approvisionnement en protéines d’une population mondiale en constante augmentation, alors que la surpêche épuise la ressource à une vitesse vertigineuse. Mais pour ses détracteurs, l’aquaculture est une activité polluante qui ne permet pas de lutter contre la surpêche. Parler d'aquaculture aujourd'hui, c’est se poser une question simple : comment sont nourris les poissons d’élevage ? Une question qui fâche car leur nutrition est le talon d’Achille de cette filière aquacole. Aujourd’hui encore, la plupart d'entre eux sont nourris avec des poissons sauvages qui finissent broyés pour faire de la farine ou de l’huile. Les grandes fermes d’Europe et d’Asie nourrissent donc leur production avec du poisson pêché bien souvent au large des côtes ouest africaines. Mansour Boidaha est le président de Zakaria, une ONG mauritanienne qui se bat pour la défense de l’environnement et le développement durable. « Quand ils viennent pêcher en Mauritanie, ils pêchent du poisson pélagique alors que ce n’est pas autorisé, et du poisson frais. On parle de quantités énormes. Un bateau peut en pêcher jusqu’à 900 tonnes par jour. Or, il faut 5 tonnes de poissons frais pour faire une tonne de farine de poisson. Cela signifie que l’on perd 5 tonnes de poissons frais à la consommation. Et, pendant ce temps, les Mauritaniens crèvent de faim et de soif. C’est inacceptable », explique-t-il. Greenpeace a calculé que, chaque année, un demi-million de tonnes de poissons frais est pêché au large des côtes africaines. Mais ce qui aurait dû permettre de nourrir 33 millions de personnes sur le continent se retrouve dans des fermes d’élevages. À lire aussiSommet des océans: l'aquaculture peut-elle empêcher la surpêche? L'aquaculture, une pratique polluante Les fermes d’élevages intensifs sont très polluantes. Une forte densité de poissons signifie une grande quantité de déjections, ce qui provoque des destructions et des perturbations des écosystèmes marins. Mais les usines de transformations de poissons en farine sont également problématiques. Dans le viseur de Mansour Boidaha, celle implantée près de la réserve naturelle de la Baie de l’étoile à Nouadhibou, en Mauritanie. « Ces usines suscitent de vives préoccupations pour l’environnement. Elles versent tous les déchets qui sortent de l’usine directement dans la baie. C’est très grave. Parfois la couleur de l’eau devient rouge. Et ces déchets ont provoqué l’arrivée d’une bactérie toxique qui tue le poisson. C’est dangereux ! », reprend celui-ci. Malgré ce constat cependant, de nombreuses institutions préconisent de développer massivement l’aquaculture. C’est le cas de l’Ifremer par exemple, pour qui la production annuelle de poissons d’élevage doit passer de plus de 30 millions de tonnes aujourd’hui à plus de 70 millions de tonnes en 2050 pour assurer la sécurité alimentaire mondiale. Mais, précise l’Ifremer, cela doit être fait de façon durable et sans affecter les stocks de poissons sauvages. Un défi majeur qui permettrait de lever les doutes entourant cette activité controversée. À lire aussiScénario sombre pour l'anchois et l'aquaculture qui s'en nourrit

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  3. 2日前

    Intelligence artificielle: Google révèle une consommation d'électricité en forte hausse

    Le développement de l'intelligence artificielle s'accélère à un rythme sans précédent. En revanche, on parle beaucoup moins de son coût environnemental. Les derniers chiffres publiés par Google donnent un aperçu de l'ampleur du phénomène. Dans son dernier rapport environnemental, le géant du numérique révèle avoir consommé 43 térawattheures d'électricité en 2025, soit près de 40% de plus qu'un an auparavant. Présenté ainsi, ce chiffre ne dit pas grand-chose, mais il permet de prendre la mesure du phénomène lorsqu'on le compare à la consommation de certains pays : Google a consommé davantage d'électricité que le Maroc, le Nigeria ou encore le Danemark. Cette hausse de près de 40% en un an est directement liée au développement et à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Une consommation qui dépasse les capacités de décarbonation Une telle consommation électrique n'est évidemment pas neutre. Google ne donne pas de chiffre précis sur les émissions directement liées à cette hausse, mais l'entreprise reconnaît que le déploiement massif de ses infrastructures d'intelligence artificielle progresse plus vite que la décarbonation des réseaux électriques. Autrement dit, les centres de données se multiplient à un rythme que les énergies renouvelables sont loin de pouvoir compenser. Ils consomment également une quantité considérable d'électricité qui pourrait être utilisée pour décarboner d'autres usages. Google investit pourtant dans les énergies renouvelables et améliore l'efficacité énergétique de ses centres de données. Mais la demande augmente encore plus vite. Résultat : les émissions de gaz à effet de serre de Google sont aujourd'hui supérieures de plus de 50% à celles de 2019, année retenue par l'entreprise comme référence pour ses objectifs climatiques. La raison est simple : pour alimenter les centres de données, toutes les sources d'électricité sont mobilisées. Cela conduit à maintenir, relancer ou développer des centrales à gaz et à charbon. Google est loin d'être un cas isolé Cette tendance concerne l'ensemble des grands acteurs du numérique. Microsoft annonce ainsi des émissions de gaz à effet de serre en hausse de 23% depuis 2020, en expliquant que l'expansion de l'intelligence artificielle et du cloud en est la principale raison. Amazon, de son côté, vient de publier un rapport faisant état d'une augmentation de 16% de son empreinte carbone en un an, essentiellement à cause de la construction de nouveaux centres de données. L'empreinte carbone du groupe dépasse désormais les émissions annuelles d'un pays comme la Nouvelle-Zélande. L'effet rebond Les entreprises soulignent néanmoins que leurs technologies deviennent de plus en plus efficaces et moins énergivores. C'est vrai : une requête envoyée à une intelligence artificielle consomme aujourd'hui beaucoup moins d'énergie qu'il y a quelques années. Mais ce n'est pas la bonne façon de mesurer le phénomène. Si chaque requête coûte moins d'énergie, leur nombre explose : davantage d'utilisateurs, davantage de modèles, davantage de services intégrant l'intelligence artificielle. C'est ce que les économistes appellent l'effet rebond : la technologie devient plus efficace, mais son usage augmente tellement que la consommation totale continue de progresser. La véritable question n'est donc plus de savoir si l'intelligence artificielle consomme beaucoup d'énergie ou si elle contribue au réchauffement climatique : c'est désormais un fait. La question est plutôt de savoir jusqu'où cette consommation continuera à croître, quels usages justifient une telle mobilisation de ressources, et comment alimenter les centres de données nécessaires aux applications que les sociétés jugeront réellement utiles. Rapport environnemental 2026 de Google À lire aussiIA et électricité: comment OpenAI veut éviter que la facture énergétique ne pèse sur les consommateurs

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  4. 4日前

    Pourquoi la Wild League traque les animaux-emblèmes des clubs de sports du monde?

    La moitié des équipes engagées dans le Mondial 2026 ont une référence à la biodiversité, animale ou végétale, dans leur emblème ou dans leur surnom. C’est également le cas de centaines d'autres clubs de sports dans le monde. Mais le logo sur le maillot cache parfois une sombre réalité : ce sont souvent des espèces menacées. Une équipe de chercheurs a lancé un projet original : la Wild League. Objectif : tenter de rapprocher clubs et supporters des bêtes qu’ils portent sur leur cœur. Ce matin du 6 juillet, il est encore possible d’imaginer 22 lions face à face en finale de la Coupe du monde. Les Lions de l’Atlas marocains contre les Three Lions d’Angleterre ou contre les lions norvégiens, vainqueurs du Brésil hier soir… Ce sont les derniers félidés, lions, encore debout dans la compétition puisque toutes les autres meutes sont déjà rentrées dans leurs tanières : celles de la Teranga au Sénégal, celles de Mésopotamie en Irak, quand les Lions indomptables du Cameroun n'étaient pas qualifiés tout comme les Lions des Caraïbes cubains… Liste non exhaustive : les Espagnols, les Tchèques ont aussi un lion sur l'écusson. Au royaume des emblèmes de clubs, le lion règne en maître absolu : au moins 146 organisations sportives dans le monde l’ont adopté. Loin devant le tigre, le loup et l’ours, les trois autres mammifères les plus appréciés. Pourtant, la réalité, dans la savane, est plus tragique pour le grand fauve, explique Ugo Arbieu qui, en plus d’être fan de foot, est chercheur en écologie et société à la prestigieuse université Paris-Saclay. « Depuis que Sadio Mané [captaine de l'équipe de la Teranga, NDLR] est né, il a une trentaine d’années, on a perdu 50% des populations de lions. Les lions, à l’heure actuelle, si leur aire de répartition possible était un terrain de foot, ils ne vivent plus que dans le rond central. » Autrefois présent sur de vastes territoires de l’Europe à l’Asie, omniprésent en Afrique, il ne subsiste guère plus qu’en Afrique centrale et méridionale. Il est classé comme vulnérable et à risque d'extinction sur la liste rouge de l'UICN. Au-delà du lion, 161 espèces emblèmes L’écologue a rassemblé passion et profession dans un même but : faire du sport le gardien de notre biodiversité marine et terrestre. Une initiative aussi originale qu’ambitieuse. Pour ce faire, il a commencé par faire des statistiques. Avec douze autres chercheurs français et étrangers, il a pu établir, à travers une très sérieuse étude parue dans la revue BioScience, qu’au moins 727 équipes dans 43 pays et de 10 sports collectifs ont choisi nos amis les bêtes comme totems, dont 25% d’équipes professionnelles. On peut aussi retenir ce chiffre : 161 espèces différentes s’affrontent sur des terrains de foot, de basket, de volley, de hockey sur glace, de handball, de cricket, etc. Après les mammifères précités, on trouve des volatiles – des aigles (du Mexique, de Carthage en Tunisie en football…), des faucons comme le caracara huppé (équipe de foot de Fortaleza en Italie), le toucan (de l’équipe nationale colombienne de foot). La vie maritime est bien présente aussi : des Dauphins de Miami en foot américain aux Pingouins de Pittsburgh en hockey sur glace, mais aussi crabes, calamars, et le croco du Lesotho ! Il y a enfin des créatures plus rares voire endémiques : citons le tuatara, le symbole reptilien de l’équipe de basket d’Auckland qui n’existe qu’en Nouvelle-Zélande. Arachnides, reptiles, requins et raies, poissons, insectes… Si on s’en tient au seul football, la Coupe du monde est à la fois le carnaval des animaux et un herbier luxuriant. La moitié des 48 équipes qualifiées comptait une plante ou un animal dans leur logo ou dans leur surnom. La biodiversité du groupe A, par exemple, faisait plaisir à voir : trois félins, le jaguar du Mexique, le lion de la Tchéquie et le tigre de la Corée du Sud, ont tour à tour batifolé autour de la fleur sud-africaine, la très admirée protée, menacée par le réchauffement. Pour l’anecdote, le protée est aussi le nom d’un drôle d’animal amphibien qui vit dans les grottes européennes (Slovénie en particulier) et est capable de vivre dix ans sans rien manger. À lire aussiClimat : la protéa, fleur nationale de l'Afrique du Sud, menacée d'extinction Un bestiaire en danger « La faune sauvage est vraiment au cœur des identités de ces communautés sportives : elles sont dans les mascottes, dans la communication sur les sites internet, les gens achètent tout un tas de goodies qui ont trait à ces espèces », observe Ugo Arbieu. Alors pour lui, « il y a un paradoxe à voir toutes ces équipes mondialement connues, ces hordes de supporters qui ont sur leur maillot et parfois en tatouage même ces espèces animales quand on sait qu’elles sont en train de décliner dans la nature », s’agaçait le jeune chercheur dans l’émission C’est pas du vent. Les chercheurs ont ainsi calculé que 27% des 161 espèces recensées dans les 230 ligues inventoriées sont menacées ou en déclin. Le taux monte à 59% pour les équipes professionnelles. Six espèces sont classées en danger critique d'extinction, selon la liste rouge de l’UICN à laquelle se réfère l’étude : le rhinocéros noir (club de foot au Zimbabwe), l'éléphant d'Asie et celui d’Afrique, la baleine bleue (hockey sur glace, Connecticut, aux États-Unis), le tigre et… le carouge de Porto Rico, un oiseau au plumage noir tâché de jaune, endémique de cette île caribéenne et emblème de l’équipe de volley. L’écologue y voit « une occasion de communiquer sur les dangers auxquels font face ces différentes espèces ». Objectif : « prendre conscience que cette biodiversité n’est pas seulement dans les logos, elle est aussi dans nos écosystèmes » et « qu’il y a donc une sorte de responsabilité à protéger les emblèmes qui font partie de notre propre identité ». La Wild League passe à l’action C’est là qu’entre en jeu la Wild League, en français la Ligue sauvage, créée par cette équipe d’Ugo Arbieu.  La Wild League, c’est d’abord une carte interactive, consultable en ligne, des clubs qui ont une imagerie animale. Le projet s’est lancé l’an dernier et le planisphère ne demande qu’à être complété avec les divisions inférieures. Pour chaque club, sont précisées les aires de distribution des espèces concernées et leurs statuts officiels de conservation… La Wild League essaie de mettre en place des regroupements de clubs par espèces pour les pousser à agir en faveur de leur préservation. Avec des centaines de millions de sportifs et de supporters dans toutes ces disciplines, le potentiel d’action et d’impact est phénoménal. Chaque jour, des dizaines de millions de supporters voient passer, sur les fils de leurs réseaux sociaux, ces animaux en danger. Le deuxième levier envisagé par la Wild League est bien sûr économique. Il consiste à utiliser la manne que représente le sport, en particulier le football et son écosystème hyper lucratif. En prélevant ne serait-ce que 0,1% sur le prix du billet des matches des 200 ligues professionnelles ayant un emblème animalier, cela représenterait plus de 3,5 millions de dollars par an, a calculé l’équipe. Une somme colossale pour financer la recherche scientifique et des projets de conservation. Le requin est l’emblème de l’équipe cap-verdienne mais aussi de nombreux clubs en Australie. Or, sur les 120 espèces de requins qui frayent autour de l’île-continent, une quarantaine sont menacées et seize sont même quasi-inconnues des scientifiques : « Il faut arriver à convaincre ces organisations, à leur dire qu’il y a des travaux de recherche à faire pour avoir un petit peu plus de données sur ces espèces. » Rencontrée récemment, la grande océanographe américaine Sylvia Earle, 90 ans et toujours plongeuse, évoquait le défi de la connaissance de l’océan – « un mystère » : « Le plus grand problème auquel nous faisons face, c’est que les gens ne savent pas pourquoi ils doivent prendre soin de l’océan. On peut savoir et décider de ne pas s’en soucier, mais on ne peut pas s’en soucier si on ne sait pas. » Reste que la biodiversité, ce n’est pas seulement des animaux et des plantes, mais l’ensemble des interactions du monde vivant. Ce sont notamment les innombrables services que la nature nous fournit, gratuitement, et qui sous-tendent nos économies et notre alimentation. Le plus connu de ces services écosystémiques, c’est la pollinisation par les insectes des trois-quarts de nos plantes de cultures qui terminent dans l’assiette des athlètes. Sport et biodiversité courent bien ensemble. À lire aussiEnvironnement: «La survie des Européens dépend de celle des pollinisateurs sauvages»

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  5. 7月2日

    Vagues de chaleur en Europe : comment agir sur les causes du réchauffement climatique ?

    40 degrés attendus au Portugal, plus de 1 000 décès à cause de la canicule rien qu'en juin en Espagne, des coupures d'eau en Hongrie en raison d'une hausse de la demande. La vague de chaleur continue d'accabler l'Europe, impressionnante par sa portée continentale et sa durée. Ces fortes températures sont liées au changement climatique d'origine humaine. Il est possible et urgent d'agir pour en freiner l'ampleur à l'avenir. Explications. C'est l'utilisation massive des énergies fossiles – du gaz, du pétrole et du charbon – dans nos économies qui émet des gaz à effet de serre. Cela réchauffe l'atmosphère autour de nous et cause ces vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, intenses et longues. Partout dans le monde. Alors pour freiner l'ampleur du changement climatique qui tue, il faut limiter ces émissions. L'Union européenne (UE) a déjà commencé : moins 40% d'émissions carbone depuis les années 1990. Le Pacte vert, un ensemble de mesures pour décarboner l'économie et favoriser l'efficacité énergétique, porte ses fruits. « Mais depuis deux ans, l'UE et des États membres appuient sur le frein » en détricotant ou repoussant des législations clés, « alors qu'il y a urgence à agir pour protéger les communautés européennes », regrette l'Italienne Chiara Martinelli, directrice du Réseau Action Climat Europe. À lire aussiL'Union Européenne en marche arrière sur le Pacte vert Quels secteurs de l'économie européenne émettent beaucoup de gaz à effet de serre ? L'UE a beaucoup fait pour décarboner sa production d'énergie avec le développement des énergies propres comme le solaire et l'éolien notamment, mais elle a besoin de trouver des débouchés à cette électricité verte. L'enjeu est aujourd'hui d'électrifier les usages des citoyens, entreprises et collectivités. Et d'abord dans les transports. « Là où c'est possible, ne pas prendre la voiture, c'est une manière très efficace de réduire les émissions de CO2. Là où une voiture est nécessaire, passer d'un véhicule thermique à une petite voiture électrique, ça a un impact très important. Pour les villes, passer de bus thermiques à des bus électriques. Développer le train aussi, liste le franco-allemand Tristan Beucler, du groupe de réflexion Perspectives Stratégiques. Et cette électrification, on peut l'avoir aussi dans le chauffage : dans les maisons, passer d'une chaudière au fioul à une pompe à chaleur ou à des chauffages électriques. » Autre gros secteur appelé à continuer ses efforts : l'industrie. Pour l'encourager, l'UE prépare un plan pour favoriser les matériaux décarbonés et made in Europe dans les marchés publics – « pour l'acier et le béton qui vont servir à la construction d'un pont ou d'une école par exemple », illustre Tristan Beucler, spécialiste de la décarbonation de l'industrie – mais aussi dans les aides à l'achat, par exemple de pompes à chaleur ou de véhicules électriques. À lire aussiUnion européenne: le défi de décarboner l'industrie lourde Bon pour le portefeuille et la qualité de vie des Européens Aujourd'hui, la Chine mène la course à l'électrification, l'Europe a un intérêt économique à rattraper son retard. « C'est vraiment de plus en plus clair, notamment avec les crises énergétiques des dernières années : dans énormément de cas, décarboner, électrifier, ce n'est pas seulement réduire les émissions de CO2, c'est aussi permettre à l'UE de redevenir compétitive, de relocaliser son industrie, de permettre aux foyers de dépendre moins des fluctuations de l'énergie et de payer moins cher leur chauffage et leurs déplacements. C'est en général une amélioration de la qualité de vie des Européens », analyse Tristan Beucler. Et c'est vrai ailleurs dans le monde également. Bâtiment et agriculture ont aussi intérêt à faire leur mue car s'affranchir des combustibles fossiles que l'Europe importe, c'est pour le continent gagner en sécurité énergétique. Voilà pour l'action des États et de l'UE. Mais à l'échelle individuelle, est-ce que les citoyens ont un rôle à jouer ? Manger moins de viande, consommer mieux, réduire la voiture et l'avion… L'action individuelle est utile mais pas suffisante, estime Chiara Martinelli, du Réseau Action Climat Europe. « Moi ce que je demande à mes proches, à ma famille, à moi-même, c'est de ne pas être silencieux devant l'inaction climatique de nos politiciens, parce que c'est la seule chose qui va vraiment produire un changement de direction du continent. » Lutter contre la crise climatique exige donc des citoyens mobilisés et des dirigeants à la hauteur. À lire aussi«Lutter contre le changement climatique, ce n’est pas un problème technique, c’est un enjeu démocratique»

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  6. 7月1日

    Et si nous adoptions l'habitabilité comme valeur cardinale?

    Des appartements devenus fournaises, des champs brûlés par le soleil, des poulets d'élevage et des poissons sauvages morts par centaines, des ponts qui se bloquent et des rails qui se tordent... Beaucoup d'Européens ont compris, à l'occasion de la récente vague de chaleur historique, que le monde qui commence, transformé par le changement climatique d'origine humaine, pourrait ne plus être habitable. Que la vie puisse continuer à produire de la vie sur Terre, voilà l'enjeu des crises environnementales. Et c'est pourquoi un philosophe et un juriste français proposent d'adopter l'habitabilité comme valeur fondamentale, aux côtés de la liberté et de l'égalité. Le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret sont partis d'un constat : le droit environnemental est devenu pléthorique mais il reste souvent inopérant, car jugé secondaire. Dans leur texte Liberté, Dignité, Habitabilité, paru chez Gallimard, ils citent un exemple : face à une interdiction d'épandre des pesticides à proximité d'une source d'eau, on fera valoir la liberté d'entreprendre de l'agriculteur, une valeur cardinale. De l'autre côté, la protection des eaux souterraines, indispensables à la vie, n'est appuyée que sur une règle administrative. Elle manque d'un poids symbolique. « Parce qu'on n'a jamais nommé les raisons pour lesquelles ces lois sont prises, les raisons pour lesquelles on doit respecter l'habitabilité, en l'occurrence pour préserver les enjeux essentiels de l'humanité », explique Laurent Neyret à RFI. Aujourd'hui nous considérons l'environnement comme un décor autour de nous. Pourtant, la vie sur Terre, notamment humaine, dépend intrinsèquement de la diversité et de l'activité de millions d'autres vivants. Pour que nous puissions respirer, il faut des arbres qui produisent de l'oxygène. Pour que les plantes donnent des fruits à manger, il faut des insectes qui pollinisent les fleurs. Ces interdépendances sont infinies. Garantir les conditions nécessaires à l'existence de la vie Or, notre modèle de développement actuel porte atteinte à ce qui permet la vie sur Terre. De façon massive, cumulative et souvent irréversible. Voilà pourquoi Baptiste Morizot et Laurent Neyret proposent de donner à l'habitabilité la même place que nous donnons à la liberté, à l'égalité, à la dignité, tout en haut de la hiérarchie des normes. Il ne s'agit pas d'un nouveau droit individuel, mais d'affirmer un attachement commun, d'adopter une obligation collective, celle de garantir les conditions nécessaires à l'existence de la vie. Les sociétés ont déjà adopté de nouvelles valeurs à protéger par le passé. « Chaque siècle a nommé ce qu'il ne pouvait plus tolérer, et a forgé la valeur capable de le rendre inacceptable », écrivent les deux auteurs. « À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, quand on découvre les atrocités nazies, au moment du procès de Nuremberg les juges vont nommer ce qui ne doit plus être fait à l'humanité, ces crimes contre l'humanité qui doivent être sanctionnés, explique le juriste de l'environnement Laurent Neyret. Et ces crimes sont là pour protéger en creux une valeur innommée de cette manière jusque-là : la dignité humaine. Notre idée est la suivante : aujourd'hui, au XXIᵉ siècle, face à un autre risque existentiel, l'humanité est convoquée pour reconnaître l'habitabilité et permettre là aussi, une vie digne ». Car nos autres valeurs cardinales - liberté égalité, sécurité des nations notamment - dépendent de la protection de l'habitabilité. Comme il y a aujourd'hui des crimes contre l'humanité, il pourrait y avoir demain, pour les atteintes à l'environnement les plus graves, un qualificatif de crimes contre l'habitabilité. Et qu'est-ce que cela changerait ?  De grandes cours internationales (Cour Internationale de Justice, Cour Interaméricaine des Droits Humains, Cour Pénale Internationale) et certains jugements contre des multinationales ont ouvert la voie en utilisant un langage qui s'en approche. Le concept d'habitabilité pourrait devenir la boussole des juges à l'échelon local, national, international. Dans les procès climatiques, cela donnerait plus de force aux plaignants face aux États et aux entreprises. Nous pourrions l'intégrer à nos constitutions, à nos traités internationaux et les citoyens pourraient s'en saisir pour accélérer les transformations, espère Laurent Neyret, « du lac Tchad à la Creuse ». Objectif : qu'il devienne, comme la dignité humaine, une évidence pour les générations futures. À ceux qui trouveraient cette idée utopiste à l'heure des reculs environnementaux, des droits humains piétinés et face aux intérêts économiques puissants, le juriste rétorque : « ces règles ne suppriment pas le mal, mais elles suppriment la banalité du mal ». À lire aussiCanicules: l'ombre sera-t-elle demain un service public local?

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  7. 6月30日

    Comment la pollution sonore sous-marine impacte les animaux?

    Selon une enquête réalisée par Ipsos, pour l'ONG IFAW - le Fonds international pour la protection des animaux - publiée en mars 2026, 98% des personnes interrogées dans cinq pays européens estiment qu’il est important de protéger la vie marine. Or, seules 14% identifient le bruit sous-marin comme une menace pour la biodiversité marine.   Sous l’eau, le son est essentiel pour les animaux marins. Ces derniers se basent en effet principalement sur l'ouïe, leur sens principal, pour mener à bien toutes leurs fonctions vitales essentielles comme la recherche de nourriture ou de partenaires pour la reproduction. L’ouïe leur permet aussi de se diriger et de communiquer entre espèces.  Sauf que depuis une soixantaine d'années, l'intégralité des activités humaines qui s'est développée au-dessus et en-dessous de la mer est devenue source de nouveaux bruits qui perturbent les bruits naturels de l'océan. « Aujourd’hui, les scientifiques démontrent qu’il y a environ 150 espèces marines affectées par le bruit. Les impacts vont du simple stress à des réactions comportementales comme la fuite de l’habitat », explique Aurore Morin, chargée de campagne conservation marine pour IFAW France. « Mais cela peut avoir des conséquences beaucoup plus graves, comme entrainer des blessures physiques et même la mort de ces animaux, puisque nous avons déjà vu des échouages de baleines directement liées à l’utilisation par exemple de sonars militaires ». C'est donc une pollution invisible, mal connue et très majoritairement liée au trafic maritime.  Quelles solutions existent sur cette pollution spécifique ?  Deux types de solutions existent face à cette problématique de taille. D’abord, il y a des solutions techniques sur du moyen et long terme pour réduire le bruit généré par les navires. IFAW recommande ainsi des travaux d'isolation des moteurs par exemple, ou des travaux pour optimiser la forme des coques pour un sillage uniforme sur l'eau afin de réduire le bruit.  Les solutions opérationnelles à court terme, elles, visent à éviter les zones à haut risque pour les baleines grâce au déroutage des navires pour repenser leurs trajets. La réduction de la vitesse des navires est aussi envisageable explique Aurore Morin : « Nous avons beaucoup d’études sur le sujet, notamment une qui date de 2019, et qui montre qu’une réduction de 10% de la vitesse de tous les navires dans le monde pourrait réduire la pollution sonore sous-marine d’environ 40%. C’est considérable pour une aussi petite réduction de la vitesse. Cette dernière diminuerait aussi de moitié le risque de collision avec les baleines. Cela permet aussi de réduire l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre. C’est donc un gagnant / gagnant pour l’industrie ».   Quelle législation pour lutter contre la pollution sonore marine ?  À l'heure actuelle il n'existe qu'une seule directive européenne qui date de 2008. Le texte visait un bon état écologique des eaux européennes d'ici 2020, avec un critère sur le bruit sous-marin. Une directive relativement peu appliquée par les États membres. La commission européenne a commencé une révision de ce texte au début de l'année. Au niveau international, l'ONU a reconnu le bruit sous-marin comme une forme de pollution. Mais encore une fois, il s’agit de directives sans contrainte réelle.  IFAW appelle les citoyens du monde entier à prendre conscience de cette problématique, à réfléchir pour certains à l'utilisation des bateaux à moteur ou jet ski par exemple, ou encore à consommer local pour réduire les trajets maritimes.  À lire aussiSous les vagues, la pollution sonore

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  8. 6月29日

    Face à la montée des eaux de l'Atlantique, la France déménage tout un village

    Le réchauffement planétaire entraîne une augmentation du niveau de la mer. Un phénomène qui s’accélère et alors qu’une personne sur dix vit sur les côtes et que 14% du PIB mondial y est concentré, il devient nécessaire de s'adapter à cette nouvelle réalité. En France, dans la Collectivité d'outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon, au large du Canada, le village de Miquelon va ainsi être entièrement relocalisé pour échapper à la mer. L'île de Miquelon a été colonisée à l'origine par des pêcheurs français qui se sont logiquement installés en bord de mer au raz de l'eau. Le village compte aujourd’hui 600 habitants. L'ennui c'est que le sol sous leurs maisons est fait de sable et galets. Le village est donc particulièrement vulnérable aux submersions marines et à l'érosion côtière. Il a déjà été plusieurs fois inondé sous l'effet des vagues, des fortes marées ou des tempêtes et chaque hiver, régulièrement, l’eau s’infiltre dans les caves. À Miquelon, le risque d'inondation vient aussi du sous-sol. La nappe phréatique affleure et lors de fortes pluies, quand elle est pleine, elle déborde. Ces risques sont connus de la population sauf que s'y ajoute le réchauffement climatique et la montée du niveau de l'océan. Selon les experts, d’ici la fin du siècle, le niveau de l’océan devrait augmenter d’un mètre. Miquelon fait face à des événements climatiques « de plus en plus fréquents, plus violents, et le village doit faire face à des dégâts de plus en plus récurrents », dès les années 2000, note la géographe Xénia Philippenko, qui a travaillé sur l’île. Les autorités ont donc pris la décision de déménager tout le village. En 2014, François Hollande est alors président de la République. Il est en visite à Miquelon – la première visite d'un président français sur l'île – il arrive avec un plan de prévention des risques. À la surprise générale, le village est décrété à risque de submersion dans son intégralité. Miquelon pourrait disparaître, il n'est plus possible d'y construire. Il faut déménager. Du rejet à l'adhésion de la population « Les habitants le prennent très mal », raconte Quentin Lucas, en charge de l'adaptation au changement climatique à la mairie de Miquelon. « En signe de contestation, ils accrochent des bouées à leur maison. Seule solution qui reste à leurs yeux face à la montée du niveau de la mer », car ils se refusent à quitter leur lieu de vie. S'ensuivent des années de concertation, de réunions publiques, d'explications scientifiques et puis « en 2018, deux tempêtes successives font de gros dégâts », il y a alors une prise de conscience explique Xénia Philippenko, et « un retournement de l’opinion » en quelques mois, au village des irréductibles. Les habitants, les jeunes en particulier, ceux qui s'installent, en viennent même à manifester pour réclamer cette fois qu'on leur cède de nouveaux terrains constructibles sur les hauteurs, hors de danger. Longtemps certains ont pourtant espéré d’autres solutions d’adaptation. « La seule alternative aurait été de construire des digues sur plusieurs kilomètres », selon Quentin Lucas. « Mais leur efficacité aurait été très limitée, puisque sous le village on a quand même la nappe phréatique qui remonte, donc si on a un phénomène de grande marée, de vents violents et d’augmentation du niveau marin dans 50 ans, et que tous ces phénomènes sont augmentés, même si on a des digues, l’eau, par capillarité, reviendra toujours ». À cela s’ajoute le coût élevé des digues et de leur entretien, surtout sur une île où il faut faire venir les matériaux depuis le continent. Le nouveau village sort de terre Passé le cap essentiel de l’adhésion de la population, celui du financement et des nombreuses démarches, études et autorisations administratives, les travaux sont maintenant lancés. La mairie rachète, petit à petit, les anciennes maisons grâce à un fonds de l'État. Les propriétaires qui ont alors suffisamment d'argent, peuvent se construire un nouveau logement, au sec, sur les terrains mis à disposition par la Collectivité territoriale. Aujourd’hui, sur un promontoire au-dessus de Miquelon, les 28 premières maisons commencent à sortir de terre. Les travaux doivent s'étaler jusqu'en 2100 pour construire les 300 autres habitations, les bâtiments publics et déménager la place du village. L'ancien Miquelon, lui, doit être rendu à la nature. Le projet, pourrait constituer un « cas emblématique d’adaptation territoriale » pour d’autres territoires confrontés à des difficultés similaires, estime Xénia Philippenko. Reste de nombreux défis techniques et environnementaux avec le dérèglement climatique qui menace, un coût forcément faramineux – sur cette question, Quentin Lucas « préfère botter en touche », et le risque de changements de politiques au gré des élections.

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La Terre est en surchauffe, l’ensemble du vivant chaque jour plus menacé et la science très claire : les activités humaines sont responsables de cette situation. Le temps compte pour agir afin de préserver nos conditions de vie sur la planète. Quels sont les bouleversements en cours ? Comment les décrypter ? Et quelles sont les solutions pour enrayer cette dégradation, pour adapter nos modes de vie et nos infrastructures au changement du climat, pour bâtir un avenir plus durable pour tous ? À tour de rôle, les spécialistes environnement de la rédaction de RFI ouvrent la fenêtre sur notre monde en pleine mutation.

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