À la une de la presse, ce mardi 27 janvier, l’arrivée du porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique. L'entrée de 15 dissidents russes exilés au Conseil de l’Europe, et des révélations sur les tentatives du Kremlin d'utiliser Interpol pour faire la chasse à ses opposants. La bataille diplomatique entre la Suisse et l’Italie, après le drame de Crans-Montana. Et le "OFF February", le mois de février sans réseaux sociaux. Le + : Recevez tous les matins la Revue de presse de France 24 sur votre iPhone ou sur tout autre mobile. Et également toujours sur votre PC en devenant fan sur Facebook… À la une de la presse, l’arrivée, lundi 26 janvier, du porte-avions américain USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique, dans un contexte de tensions entre les États-Unis et l'Iran. Démonstration de force, repositionnement ou prélude à des frappes ? Le Pentagone reste évasif et déclare vouloir "offrir au président Trump des capacités offensives et défensives supplémentaires s'il choisit d’attaquer l'Iran". The Wall Street Journal fait cependant état des "craintes" de la Maison Blanche qu'une campagne de bombardements "ne déclenche un conflit plus large au Moyen-Orient". Le Jerusalem Post cite des sources selon lesquelles le président Trump aurait demandé "une opération ciblée et significative", tout en évoquant deux autres hypothèses : "pas du tout d'option militaire" ou "un blocus naval" pour empêcher l’Iran d'exporter son pétrole. Le régime iranien, de son côté, martèle qu’il se tient prêt "à tous les scénarios", y compris à riposter avec l’appui de ses alliés. Trump semble hésiter. "Quant aux Européens, ils regardent ailleurs", d’après Le Figaro, qui se demande si les Iraniens seront "sacrifiés au profit d’un illusoire équilibre". Le journal critique "la politique européenne d’apaisement", en appelant la France à "agir" contre le régime, par exemple en soutenant l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes, comme l’Italie. Le Figaro voit dans un hypothétique effondrement du régime iranien un avantage indirect pour l’Europe : la perte, pour la Russie, d’un nouvel allié dans la région. La Russie de Vladimir Poutine a été exclue, après l’invasion de l’Ukraine, du Conseil de l’Europe, où 15 dissidents russes exilés à l’étranger vont désormais siéger. Quatre ans plus tard, la Russie anti-Kremlin obtient un statut officiel au sein de cette organisation internationale, chargée de promouvoir les droits humains. The Moscow Times cite notamment les noms de Mikhaïl Khodorkovski, Vladimir Kara-Mourza et de Natalia Arno. Le quotidien russe indépendant fait toutefois état des doutes de certains observateurs, qui "se demandent si cette initiative aura un impact significatif". Plusieurs figures de l'opposition russe ont déclaré qu'il leur semblait "impossible de représenter efficacement les forces libérales russes depuis l'étranger" - l’une d’entre elles a même qualifié l’initiative de "foutaise inutile". Efficaces ou non, ces opposants exilés restent persécutés, à l’étranger, par Vladimir Poutine. Dans une enquête publiée hier, l’ONG Disclose, en collaboration avec la BBC, raconte comment la Russie, mais aussi d’autres pays autoritaires, dont la Turquie et le Tadjikistan, cherchent à détourner Interpol, la police internationale, pour faire taire leurs opposants. S’agissant de la Russie, Disclose révèle qu’elle est le pays émettant le plus de notices rouges, ces fiches de demande d’arrestation envoyées à tous les membres de l’organisation : 4 817, très exactement, en septembre 2024. Un chiffre qui interpelle d’autant plus l'ONG qu'Interpol aurait décidé récemment d’alléger ses contrôles visant les demandes émanant de Moscou. Il est aussi beaucoup question, dans la presse, de la polémique après la libération, en Suisse, de Jacques Moretti, le propriétaire du bar La Constellation à Crans-Montana, où 40 personnes ont péri dans un incendie. Le Parisien/Aujourd’hui en France, qui a eu accès à son audition et à celle de son épouse, Jessica Moretti, rapporte qu'ils ont tous deux tenté de "rejeter toute responsabilité directe dans ce drame" et chargé leurs anciens salariés. Le journal critique cette ligne de défense des "Thénardier du Valais", comme certains les ont surnommés, en les invitant à "assumer" leurs responsabilités face aux parents de victimes et aux rescapés, qui ont déjà très mal vécu la libération de Moretti, dont le lourd passé judiciaire en France suscite beaucoup de questions. Pour protester contre cette décision, l’Italie, dont six ressortissants ont trouvé la mort dans l’incendie, a annoncé, samedi, le rappel de son ambassadeur en Suisse. D’après Courrier International, "l’affaire est en train de tourner à la bataille diplomatique". Le magazine observe que les médias italiens n’ont pas cessé de couvrir cette catastrophe depuis un mois. Mais selon lui, "le fait que six victimes soient italiennes n’explique pas tout". L'hebdomadaire relie cette attention médiatique à la place occupée historiquement par les faits divers dans la presse transalpine, mais aussi à la multiplication des commentaires politiques sur cette affaire, y compris de la part du gouvernement de Giorgia Meloni, qui exige que son pays participe à l’enquête. Cette attitude est critiquée aussi bien en Italie qu’en Suisse. "Chez nous, il est normal que la Première ministre s’en prenne aux juges parce qu’ils osent contester sa politique en matière d’immigration. Nous sommes habitués à ce type d’ingérence", dénonce le journal italien La Stampa, qui juge "parfaite" la réponse du président de la Confédération helvétique sur la nécessité de "respecter la séparation des pouvoirs", "une véritable leçon". En Suisse, Le Temps dénonce "une instrumentalisation indigne du drame du Nouvel An" et voit dans l’exigence de participer à l’enquête "une ingérence inacceptable". "Une telle récupération politique évite aussi de se pencher sur d’autres dysfonctionnements, comme les retards rencontrés dans l’organisation des Jeux olympiques qui débuteront le 6 février", relève le quotidien – qui enfonce un dernier clou sur la justice italienne, "pas réputée pour sa rapidité", comme en témoigne, selon lui, l’absence de condamnation dans l'effondrement du pont Morandi de Gênes, qui a fait 43 victimes en 2018, ou l'accident du téléphérique de Stresa Mottarone, qui a vu la mort de 14 personnes en 2021. L’Italie, où la possible présence d’agents de l’ICE, la police anti-immigration de Donald Trump aux JO d’hiver, suscite une autre polémique encore. Sommé de s’expliquer, le président de la région Lombardie, cité par Il Fatto Quotidiano, assure que "l’ICE ne sera là que pour s’occuper de la sécurité du vice-président américain Vance et du secrétaire d’État Marco Rubio". Une déclaration qui fait suite à une enquête du journal affirmant que des agents de l’ICE pourraient se joindre au dispositif de sécurité des JO. Si tout cela fait beaucoup de bruit et de polémiques pour vous, n’oubliez pas que vous pouvez toujours éteindre votre télévision, ou plutôt tenter le "OFF February". Lancé dans quatre pays, dont la France, ce défi, relayé par le Huffington Post, invite à supprimer les applications de réseaux sociaux pendant 28 jours, pour en finir avec l’hyperconnexion, sur le modèle du "Dry January", le mois de janvier sans alcool. Pour un esprit sain dans un corps sain. 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