La fabrique du monde

Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

  1. hace 6 h

    Le séisme au Venezuela, un test pour la «doctrine Donroe»

    Le dernier bilan provisoire du double séisme au Venezuela est de plus de 1 450 morts et des dizaines de milliers de disparus. L’aide arrive des pays voisins et du monde entier, mais celle d’un pays en particulier est scrutée de près. La catastrophe met en effet à l’épreuve la nouvelle relation entre le Venezuela et les États-Unis. Depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro en janvier, les États-Unis ont - de fait - pris la direction du pays par la force et la menace de recommencer est toujours là si les dirigeants actuels ne sont pas assez dociles, ce qu’ils ont manifestement bien intégré. Pourtant dans les circonstances actuelles, le ton du président américain est très différent. « Les États-Unis sont prêts, disposés et capables d'apporter leur aide ! », écrit-il sur son réseau social privé, ajoutant : « nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis ». Et c’est vrai que ce sont les États-Unis qui ont pris la tête de l’élan de solidarité et de secours aux victimes. Une aide d’urgence de 150 millions de dollars a été débloquée, 250 personnes spécialisées dans les situations d’urgence en milieu urbain ont été déployées avec des moyens militaires aériens pour acheminer les équipes et le matériel. Des moyens du Southcom, le commandement militaire pour la zone sud.   Pré carré C’est une question de crédibilité de la politique américaine dans la région. Celle qui consiste à faire de l’Amérique latine une zone d’influence exclusive américaine, une sorte de pré carré des États-Unis. C’est ce que le président appelle lui-même la « doctrine Donroe », en référence à son propre prénom et à la doctrine Monroe du XIXe siècle qui défendait à peu près la même idée. Et ce n’est sans doute pas un hasard si les dirigeants latino-américains proches de lui idéologiquement ont annoncé eux-aussi leur aide, malgré des divergences idéologiques avec les dirigeants vénézuéliens. On trouve là Nayib Bukele, du Salvador, Daniel Noboa de l’Équateur, Jose Antonio Kast, du Chili et Javier Milei de l’Argentine. Du point de vue de l’image, c’est aussi une belle occasion de faire oublier celle de Donald Trump lançant des rouleaux d’essuie-tout aux habitants de l’île de Porto-Rico, un territoire américain mais pas un État, après l’ouragan Maria lors du premier mandat Trump en 2017.   Exploitation des ressources Il y a des raisons prosaïques à cet empressement. Donald Trump ne fait pas ça uniquement par bonté d'âme. Il l’a dit clairement après l’enlèvement de Nicolas Maduro, le pétrole vénézuélien doit couler à flot. Les autorités vénézuéliennes sous tutelle font la part belle aux intérêts américains dans l’exploitation pétrolière mais aussi dans le secteur minier. Le sous-sol vénézuélien regorge d’or, de coltan et de terres rares. Et cette catastrophe va évidemment ralentir l’exploitation de ces ressources. Autre conséquence indésirable pour le États-Unis : il est assez difficile d'expliquer maintenant que le pays est prêt à accueillir les Vénézuéliens expulsés des États-Unis. Cela va donc mécaniquement ralentir la politique d’expulsions massives qui fait tant plaisir au mouvement MAGA. Pour toutes ces raisons, il ne faudrait pas qu'en plus, le séisme mène à une crise sécuritaire et politique sur place. Là encore, cela ralentirait l'exploitation des ressources locales. Dans ces conditions, cela vaut sans doute la peine de donner un petit coup de pouce supplémentaire à la présidente par intérim Delcy Rodriguez. La principale opposante, Maria Corina Machado, qui a reçu le prix Nobel de la paix et en a donné la médaille à Donald Trump a demandé à rentrer. L’administration américaine fait savoir qu'elle considère que le moment est mal choisi. À lire aussiSéismes au Venezuela: les communautés vénézuéliennes en Amérique latine se mobilisent

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  2. hace 3 días

    De Gaulle, un héritage de plus en plus symbolique qui a pourtant façonné le monde contemporain

    Une fois n’est pas coutume, on parle cinéma. C’est aujourd’hui que sort sur les écrans français, La bataille de Gaulle, partie 2, J’écris ton nom. Le diptyque raconte l’histoire de la France libre. Et c’est l’occasion de se demander ce qui reste de cette histoire dans le monde contemporain.     La principale conséquence de cette épopée, c’est que la France libre, littéralement représentée par trois personnes dans une chambre miteuse au début de la première partie, va réussir le tour de force de faire de la France une puissance victorieuse alors qu’elle s’est collectivement effondrée en 1940. C’est ce statut de pays vainqueur qui encore aujourd’hui, permet à la France d’être l’un des cinq membres permanents du conseil de sécurité des Nations unies, avec un droit de véto sur toutes les résolutions potentielles. L’efficacité et l’utilité des Nations unies sont régulièrement remises en cause mais la quête des plus grands pays du sud notamment pour obtenir un siège de ce genre montre que l’enjeu reste important, au moins symboliquement, même en ces temps de crise du multilatéralisme.   Indépendances et Françafrique C’est justement dans le sud que l’influence bâtie à l’époque gaullienne a le plus diminué et avant tout en Afrique. Une grande partie du film s’y déroule. C'est là que la France libre obtient ses premiers ralliements dans l’empire colonial de l’époque : le Tchad, le Cameroun. Ce sont les premières batailles, comme celle de Bir-Hakeim, C'est le débarquement de Provence des troupes africaines. C’est aussi en Afrique que le de Gaulle, deuxième époque, construit son influence. Il préside aux indépendances, mais toujours avec des liens étroits. Une méthode contestable et même détestable, celle de Jacques Foccart, l’homme de de Gaulle en Afrique, l’homme des réseaux de la Françafrique. Aujourd’hui l’influence de la France sur le continent a fortement reculé. Il ne reste qu’une base militaire française à Djibouti. Les troupes françaises se sont retirées ou ont été priées de partir pratiquement partout ailleurs. De de Gaulle, il reste encore des places ou des boulevards dans certaines villes, mais pas toutes. À Dakar, le boulevard Charles de Gaulle a été rebaptisé boulevard Mamadou Dia l’an dernier. Toujours au chapitre du sud, on ne parle plus de l’historique politique arabe de la France gaullienne, portée disparue comme l’a montré la dernière guerre au Moyen-Orient.   Dissuasion nucléaire autonome Il reste un principe de l’époque dont on parle beaucoup depuis des mois, c’est celui de l’autonomie stratégique. « Je suis faible et je tiens tête », dit le personnage principal à la fin du premier film. Cette faiblesse, il n’a cessé de la combattre, soit par des coups d’éclat sans consulter ses alliés, soit pour la constitution d’une force militaire dont le maître mot est l’indépendance. Le résultat, des années plus tard, c’est une dissuasion nucléaire totalement autonome. La seule en Europe qui n’ait pas besoin de technologie américaine. Avec la méfiance et le mépris affichés de Donald Trump pour l’Otan, c’est devenu très précieux. Plusieurs pays européens se disent intéressés par la proposition française de dissuasion avancée qui consiste à déployer des avions équipés de missiles nucléaires sur leur territoire, mais toujours sous autorité française. C’est sans doute le dernier joyaux de l’héritage gaullien. À lire aussiCinéma: avec «La Bataille de Gaulle», Simon Abkarian incarne Charles avant De Gaulle

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  3. hace 4 días

    Giorgia Meloni, qui s'y frotte, s'y pique

    Emmanuel Macron reçoit Giorgia Meloni aujourd’hui à Antibes dans le sud de la France pour un sommet franco-italien. C’est le premier sommet formel depuis l’accession de la première ministre italienne au pouvoir en 2022. Avec l’objectif, dit l’Elysée, de « revenir à la réalité concrète des fondamentaux de la relation franco-italienne ».     Pour le dire pudiquement, ces dernières années, il y a eu un peu d'éloignement. La relation personnelle n'était clairement pas bonne. D’abord pour des raisons de culture politique. Le président français vient de la tradition centriste néo-libérale et Giorgia Meloni est à la tête du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, frères d’Italie, et son gouvernement est soutenu par une coalition de l’extrême droite et de la droite. Autrement dit, exactement ce qu’ambitionne de faire faire le Rassemblement national en France. Et Giorgia Meloni réussit à maintenir la stabilité de cet ensemble depuis trois ans et demi. De plus, au lieu de s’opposer aux institutions européennes comme le fait souvent sa famille politique, elle a fait le choix d’y peser avec un certain succès.   Étincelles Les positions divergent parfois. Par exemple sur la question des migrants ou sur la guerre en Ukraine. Depuis son déclenchement, la France affiche un soutien sans faille au gouvernement de Kiev et au moins au début le soutien italien a été plus timoré avant que la position évolue. Giorgia Meloni a voulu aussi utiliser sa proximité idéologique avec le mouvement MAGA pour tenter de jouer les médiatrices entre l’Europe et la Maison Blanche notamment sur les droits de douane. Là encore, Emmanuel Macron a adopté une stratégie différente, ce qui a pu causer des tiraillements. Et même des étincelles. On peut se souvenir de l’échange d’amabilités au moment de la mort du jeune militant d’extrême droite français Quentin Deranque à la suite d’une rixe à Lyon. Giorgia Meloni avait publié un message très politique condamnant l’extrême gauche et Emmanuel Macron avait répondu : « que chacun reste chez soi, et les moutons seront bien gardés ». Et on se demande encore ce que pouvait bien signifier, dans une vidéo, les yeux au ciel de Giorgia Meloni après un échange avec Emmanuel Macron.   Parcours personnel C’est que c’est une femme directe. C’est ce que dit une source diplomatique italienne qui la connaît. Elle ne travestit pas sa pensée. Et cela s'explique en partie par son parcours personnel. Giorgia Meloni, elle-même fille d'une mère célibataire, élève seule sa fille, tout en dirigeant un parti qui défend un modèle familial plus traditionnel, et un pays du G7 de tradition tellement machiste qu’il a donné son nom au phénomène. « I maschi » en Italien, ça veut dire les hommes. C’est donc une idée un peu étrange d’imaginer qu’une femme comme ça va se laisser marcher sur les pieds. Le dernier à s’en être aperçu, c’est Donald Trump. Le président américain avait indiqué après le dernier sommet du G7 en France que Giorgia Meloni l’avait supplié de prendre une photo avec lui. « Ni moi, ni l’Italie, ne supplions jamais », a-t-elle répliqué. C'est que la proximité avec le président américain est devenue politiquement et électoralement tellement encombrante qu’il vaut peut-être mieux se rapprocher de ses voisins européens.

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  4. hace 5 días

    La bataille pas si feutrée pour la direction de la politique étrangère européenne

    C’est une bataille qui se joue dans les couloirs des institutions européennes et en particulier de la Commission à Bruxelles. Mais aussi dans les chancelleries des États membres de l’Union européenne. C’est la bataille pour la direction de la politique étrangère de l’Europe. Une bataille dont l’enjeu est de plus en plus important.     C’est la conséquence directe des tensions géopolitiques de plus en plus fortes et nombreuses. De la menace russe au Moyen-Orient en passant évidemment par le dossier ukrainien ou encore les velléités américaines sur le Groenland ou la défense du continent européen. Pour toutes ces questions de politique étrangère, il existe une structure, le SEAE, le service européen d’action extérieure. Avec à sa tête, la haute représentante pour les affaires étrangères, l’Estonienne Kaja Kallas, que l’on présente souvent comme la cheffe de la diplomatie européenne.   Rivalités et ambitions Présenté comme ça, ça a l’air simple, mais ça ne l’est pas tant que ça. C’est l’Europe. Il y a des désaccords, des rivalités et des ambitions. L’ambition d’Ursula Von Der Leyen, la présidente allemande de la Commission européenne, est bien connue et documentée. Et elle ne voit manifestement pas pourquoi elle laisserait à quelqu’un d’autre ces prérogatives. Elle a par exemple sous sa direction un commissaire à la défense et une autre à la Méditerranée. Une direction générale du Moyen-Orient a été créée et il y a une ambition de coordonner le renseignement. Pour le dire très clairement, selon ce qui remonte des diplomates européens, la tension est très vive entre les deux camps.  Prérogative souveraine des États Ce n’est pas le seul motif de tensions. La politique étrangère, c’est aussi une prérogative souveraine des États membres et ils n’ont pas tous la même vision. Par exemple, certains trouvent que Kaja Kallas, ancienne première ministre estonienne et donc particulièrement concernée par la question, est un peu trop offensive avec la Russie quand d’autres voudraient relancer le dialogue. Certains pays très attachés à la question palestinienne, comme l’Espagne et l’Irlande trouvent qu’elle n’a pas réagi assez vite sur la guerre à Gaza, mais d’autres, comme l’Allemagne, très attachés à leur lien avec Israël pour des raisons historiques, s’opposent aux mesures commerciales contre l’État hébreu proposées par la haute représentante. Réforme   C’est pourquoi il y a des réflexions pour une réforme. Selon plusieurs médias, la France et l’Allemagne notamment étudieraient une réorganisation pour une meilleure réponse aux situations d’urgence. Un document français, mais non validé par le gouvernement, précise Paris, présente trois options. La première ravirait Ursula Von Der Leyen puisque la politique étrangère européenne dépendrait directement de la Commission. La deuxième mettrait les actuels services sous la direction du conseil, autrement dit des 27 qui décident à l’unanimité. La troisième renforcerait le rôle du haut représentant, le poste actuellement occupé par Kaja Kallas. Un gros poste avec de la visibilité, prestigieux, idéal pour un futur ancien chef d’État ou de gouvernement qui ne voudrait pas totalement changer de vie et quitter la politique. Kaja Kallas est consciente des critiques et a écrit à ses 5 000 collaborateurs pour les rassurer et leur dire que l’existence de ses services est inscrite dans les traités. Sous-entendu : il faudrait les modifier pour changer quoi que ce soit. Une procédure lourde. Ce n’est donc pas pour demain.   À lire aussiUE: Kaja Kallas ou la diplomatie européenne prise en étau entre Von der Leyen et les États membres

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  5. hace 6 días

    Dix ans après le Brexit, chaos à l'intérieur et conséquences à l'extérieur

    Le Royaume-Uni traverse une nouvelle crise politique. Le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer s’apprête à laisser sa place à son rival travailliste Andy Burnham. Dix ans jour pour jour après le vote en faveur du Brexit, la situation du Royaume-Uni est loin de s’être améliorée.   On ne parle pas ici de l’aspect économique loin d’être reluisant, on parle d’instabilité politique chronique. Le prochain Premier ministre sera le huitième depuis le vote fatidique du 23 juin 2016. Mais la situation remonte à loin, quand, en espérant des gains politiques, le conservateur David Cameron arrivait au Conseil européen en menaçant de quitter l’Union européenne. En se faisant prendre à son propre jeu, il a déclenché une cascade d’événements. Celle qui lui a succédé, Theresa May, bousculée par une chambre des communes où le speaker John Bercow, malgré sa voix tonitruante, avait bien du mal à faire régner l’ordre dans un chaos aussi indescriptible que fascinant. Puis le très haut en couleurs Boris Johnson, poussé vers la sortie, puis Liz Truss, dont les 44 jours de mandat l’ont conduite à être comparée chaque jour de son calvaire à une salade, une denrée Ô combien périssable.   Une crise interminable Si les sondages actuels montrent les regrets d’une opinion où le Brexit n’est plus majoritaire, cela n’empêche pas ses tenants, comme le parti Reform UK de Nigel Farage de réaliser de bons scores électoraux. Voire d’être favori d’éventuelles prochaines élections qu’il réclame. Lui-même, alors qu’il propose des centaines de milliers d’expulsions, est aiguillonné par plus radical que lui, comme le militant d’extrême droite et islamophobe Tommy Robinson, qui bénéficie du soutien d’Elon Musk. Le tout dans une ambiance d’émeutes anti-immigrés à répétition. De l’autre côté de l’échiquier politique, l’éviction de Keir Starmer répond aussi à une logique de radicalisation du parti travailliste dont l’aile gauche ne lui a pas pardonné le recentrage du parti. Au fond, la politique britannique est donc traversée par les mêmes mouvements de fracturation observés dans d’autres pays, comme par exemple les États-Unis.   Partenaire incontournable Et cela a des conséquences nationales donc, mais aussi internationales. Difficile de ne pas voir des raisons de politique interne au Labour à la position prise par Keir Starmer au moment de la guerre américaine en Iran. Position très réservée qui a provoqué la colère de Donald Trump. Difficile aussi de ne pas voir dans l’affaiblissement politique britannique depuis des années l’une des causes de la difficulté à négocier un accord commercial avec les États-Unis, qui devait démontrer la pertinence du Brexit. Accord finalement obtenu sous la contrainte avec Donald Trump. Dans ses dernières semaines de pouvoir, Keir Starmer a décidé d’un rapprochement quasiment automatique avec les réglementations européennes. Sa chute et l’instabilité britannique inquiètent partout. Le Royaume-Uni participe au format E3 avec l’Allemagne et la France. Il est de la coalition des volontaires pour l’Ukraine. Tout en étant à l’extérieur, il est donc un partenaire important et même incontournable mais affaibli de l’Europe, qui a déjà à gérer ses propres tiraillements politiques internes. Et dont la situation politique de certains membres, à l’approche d’élections importantes comme en France, donne des maux de tête à Bruxelles et ailleurs.  À lire aussiDix ans après le Brexit: comment le Royaume-Uni se rapproche à nouveau de l’Union européenne

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  6. 22 jun

    Le début des négociations irano-américaines entre postures et progrès

    Les négociations entre l’Iran et les États-Unis ont donc débuté hier en Suisse pour tenter de parvenir à un accord de paix et régler le conflit entre les deux pays. Il n’y aura pas trop des soixante jours que prévoit le protocole d’accord pour aborder une multitude sujet complexes, parce que la tension et les rivalités restent fortes.   Après la signature à distance de mercredi dernier, les parties en présence n’ont pas souhaité faire de photo. Il est encore un peu tôt pour cela. Ce sont des responsables de haut niveau qui sont là. Autour du Premier ministre pakistanais, médiateur des discussions il y a côté américain, le Vice-Président J.D. Vance, qui a prévenu qu’il ne pourrait rester qu'un ou deux jours, et les négociateurs habituels, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner et son envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff. Pour la partie iranienne, on trouve ceux qui ont acquis un rôle de premier plan et de vitrine du régime. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le le président du parlement Mohammad Bagher Ghalibaf. Faire passer des messages.   Il s’agit d’établir un rapport de force au début de la discussion. C’est pour cela que l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz samedi. Le pouvoir de Téhéran est conscient du moyen de pression dont il dispose sur l’économie mondiale et donc sur les partenaires des États-Unis, ainsi que des inquiétudes que cela cause aux élus républicains. C’est aussi pour cela qu’au bout de quelques minutes de discussion hier les membres de la délégation iranienne ont quitté physiquement les discussions, après une publication de Donald Trump sur les réseaux sociaux, considérée comme insultante et dans laquelle il menaçait de reprendre les frappes sur l’Iran ses alliés au Liban, autrement dit le Hezbollah, causaient des problèmes. Le président du parlement iranien répliquait qu'il devrait peser ses mots. Malgré cela, les discussions ont continué via le médiateur et comme tout le monde, y compris l'Iran, a intérêt à ce que le détroit rouvre pleinement, ils se sont mis d'accord pour mettre en place une ligne de communication pour assurer un passage sûr des navires commerciaux.  Progrès annoncé sur le conflit au Liban.    Iran et États-Unis se sont mis d'accord pour mettre en place une cellule de gestion des conflits, rassemblant les parties et la République du Liban, et animée par les médiateurs. Le chef de la diplomatie iranienne parle de progrès majeurs vers la paix au Liban. C'est la grande hypothèque de ces négociations. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu s’est fait imposer le protocole d’accord dont il ne voulait pas. Les violations du cessez-le feu sont quotidiennes. La situation sur place est très volatile entre le Hezbollah qui ne veut pas de soldats israélien au sud Liban et et Israël qui entend y rester aussi longtemps que nécessaire. L’autre hypothèque, c’est le dossier nucléaire. Il n'en a apparemment pas été question lors de cette prise de contact. Ce dossier qui empoisonne les relations irano-américaine depuis des décennies est censé être réglé dans les 60 jours. Le précédent accord nucléaire iranien, dénoncé par Donald Trump lors de son premier mandat avait mis des années à être négocié.  À lire aussiEN DIRECT - Moyen-Orient: les pays médiateurs font état de «progrès encourageants» après la première séance de négociations

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  7. 19 jun

    Pression américaine toujours plus forte sur les alliés européens de l'Otan

    Pete Hegseth, le ministre américain de la Défense – ou de la guerre, comme il s’est rebaptisé –, était à Bruxelles, au siège de l’organisation jeudi 18 juin pour la réunion avec ses homologues de l’Alliance. Il a annoncé un réexamen de la présence militaire américaine en Europe. Pete Hegseth n’y est pas allé de main morte. Il a employé à peu près le même ton que celui avec lequel il s’était adressé à l'automne dernier à ses généraux jugés pas assez athlétiques, voire carrément obèses. Il veut que l'Otan progresse vers une Europe aux commandes, qui assume la responsabilité principale de la défense du continent. « Plus de passagers clandestins, les excuses ne comptent plus », a conclu le très tatoué ministre avant de repartir.   Utilisation des bases Au cœur de ces reproches, la participation financière des pays européens, mais pas seulement. Pourtant, les dépenses des pays européens et du Canada en matière de sécurité et de défense ont augmenté de 90 milliards de dollars l’an dernier, soit une hausse de 20% par rapport à l’année précédente. Mais Pete Hegseth n’a manifestement pas apprécié le refus de certains pays européens de laisser les troupes américaines utiliser leurs bases pendant la guerre en Iran. « Ces alliés ont mis en danger nos fils et nos filles », a martelé l'homme accusé jadis d'agression sexuelle. Il veut que les États-Unis puissent utiliser à l’avenir les installations européennes de l’Otan comme ils l’entendent.   Réduction de la présence militaire américaine Tout cela n’est pas une surprise. C’est Barack Obama, un président démocrate, qui le premier avait demandé, en y mettant les formes, aux Européens de faire plus pour leur défense. Pendant sa dernière campagne présidentielle, Donald Trump n’a cessé de remettre en cause sa confiance en l’Otan. Des réductions de la présence militaire en Allemagne ont déjà été annoncées. Et le mois dernier, le secrétaire d’État Marco Rubio, qui vit dans la même base militaire que Pete Hegseth à Washington, avait dit à peu près la même chose sur un ton un peu plus diplomatique. Cela promet pour le sommet de l’Otan début juillet à Istanbul où la participation de Donald Trump est annoncée.   Mauvais signal Pendant ce temps, les signaux envoyés par les Européens sont inquiétants. Ils n’ont manifestement pas réfléchi ensemble à ce que pourrait être une défense européenne ou à une Otan européenne assumée par les Européens. L’exemple de l’abandon du SCAF, l’avion de combat franco-allemand, a envoyé un très mauvais signal et montre que tous les pays n’ont pas besoin de la même chose ou ne voient pas les choses de la même façon, que ce soit pour des raisons de souveraineté industrielle ou stratégique.   Renforcement de la présence militaire russe Et dans le même temps, la Russie se prépare. Il y a quelques jours, des enquêtes de plusieurs médias de pays nordiques affirmaient que la Russie renforce ses positions à sa frontière avec les pays de l’Otan, la Finlande, les pays baltes. Des images satellites montrent le développement d’infrastructures capables d’accueillir des dizaines de milliers de soldats. Les armées concernées prennent cela au sérieux. Les responsables de l’Otan sur place estiment qu'il n'y a pas de danger immédiat, du moins pas tant que dure la guerre en Ukraine. Pour rappel, elle avait commencé après un important renforcement de la présence militaire russe à la frontière.

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  8. 18 jun

    La Chine, grande absente, mais dans tous les esprits pendant une intense semaine diplomatique

    Le sommet du G7 s’est achevé mercredi 17 juin à Evian, au pied des Alpes françaises. Celui de l’Union européenne débute ce soir à Bruxelles. C’est donc une semaine d’intense activité diplomatique. Avec de multiples puissances économiques de premier plan présentes à tour de rôle. Sauf une, qui ne fait partie ni du G7, ni de l'Union européenne et qui pourtant pèse très lourd : la Chine.  C’est ce qu’on appelle l’éléphant dans la pièce. La chose énorme et évidente à laquelle tout le monde pense mais dont personne ne parle ouvertement. Exemple avec cette déclaration de fin de G7 : « Nous œuvrerons de concert avec nos partenaires pour réduire les dépendances critiques et faire échouer les tentatives ou menaces d'instrumentalisation des dépendances économiques ». Cela veut dire en clair que les pays du G7 vont essayer de se sortir de leur dépendance à la Chine, qui n’est pas nommée, pour les terres rares, indispensables à de nombreuses industries de haute technologie. La Chine maîtrise 90% des terres rares raffinées. Et c’est une arme dont le président chinois Xi Jinping n’a pas hésité à se servir à l’automne dernier pour faire plier Donald Trump sur son offensive tarifaire. Cela a pu faire plaisir à ceux qui n'aiment pas le style du président américain, mais toute personne sensée se dit que dans ces conditions, le numéro un chinois peut utiliser cette arme contre n’importe qui. Et là, ça fait tout de suite moins plaisir.   Puissance commerciale C’est pour cela que le G7, comme le sommet européen de ce soir ont mis le dossier à l’ordre du jour. On parle de déséquilibres macro-économiques mondiaux. C’est un peu barbare et ça semble assez compliqué entre sous-investissements en Europe et déficits publics américains, mais il y a une réalité assez simple : il y a un problème avec la puissance commerciale chinoise contre qui personne ne semble pouvoir lutter. Les États-Unis ont essayé avec leur guerre commerciale, mais finalement leurs volumes d’importation en provenance d’Asie ne baissent pas tant que ça. Autrement dit, les produits chinois transitent par d'autres pays asiatiques avant de partir vers les États-Unis. L’Europe quant à elle, a tenté le dialogue. Les dirigeants de chacun de ses pays, et des institutions européennes, se sont succédé ces derniers mois à Pékin pour tenter de négocier un rééquilibrage des relations commerciales sans obtenir grand-chose au final.   Protectionnisme C’est pourquoi les Européens commencent à réfléchir à une autre réponse. Devant la vague chinoise des panneaux solaires, des batteries, des voitures électriques qu’ils accusent d’être fortement subventionnés, sans compter la déferlante des produits des plateformes chinoises en ligne les Européens réfléchissent à des moyens de protéger leur industrie. On parle donc bien de protectionnisme. Même l’Allemagne pourtant très attachée à ses exportations en Chine, commence à s’inquiéter. Actuellement le déficit commercial de l’Europe avec la Chine dépasse un milliard d’euros par jour. La Chine dit comprendre et elle appelle au dialogue, mais elle n’exclue pas des contre-mesures si les projets protectionnistes européens se concrétisent. On n’en est pas encore à une guerre commerciale, mais au cas où, comme elle l’a déjà démontré à l’Europe par le passé et plus récemment aux États-Unis, la Chine signale qu’elle a des armes et que si besoin elle n’hésite pas à les utiliser.

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Du lundi au vendredi, Guillaume Naudin analyse les faits marquants de l'actualité internationale et décrypte les évolutions d'un monde en mouvement permanent.

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