Vlan!

Gregory Pouy

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. hace 16 h ·  Video

    #410 Pourquoi la mixité pourrait sauver le 21ème siècle? avec Marie Eloy

    Marie Eloy est la cofondatrice du mouvement World With Women et elle vous invite à toutes et tous vous mobiliser le 13 octobre 2026. Elle a écrit « Les femmes sauveront-elles le monde ? », un livre pour lequel elle a passé des jours à éplucher les chiffres de l'égalité dans toutes les sphères de pouvoir. J'ai reçu Marie à quelques jours du 13 octobre. Ce jour-là, World With Women appelle toutes les femmes qui le peuvent à s'arrêter de travailler, au bureau comme à la maison, et demande aux hommes de prendre le relais. Elle arrive « fatiguée, intense, mais tellement joyeuse » de lancer ce qu'elle appelle un début de révolution mondiale. On se retrouve très vite sur un terrain commun : la joie comme énergie d'action, cette joie rebelle dont je parle souvent et dont elle s'est servie pour construire le mouvement. Dans cet épisode, nous parlons de ce qui se passe quand une moitié de l'humanité écrit seule les lois, les codes et les priorités pour l'autre moitié. Marie démonte l'idée que le patriarcat serait l'ordre naturel des choses. Elle rappelle qu'en 1793, un décret interdisait aux femmes de se réunir. Puis elle retourne les statistiques pour nous faire sentir l'absurdité de la situation actuelle : imaginez 89 % de cheffes d'État, 94 % de femmes à la tête des grandes entreprises et 98 % à la tête des banques. Personne ne l'accepterait. J'ai questionné Marie sur ce que je ressens moi aussi en tant qu'homme hétérosexuel. Est-ce que les femmes ne prennent pas simplement moins leur place ? Pourquoi certaines femmes au pouvoir l'exercent-elles de manière aussi dure que les hommes ? Les quotas sont-ils humiliants ? Elle répond avec des faits précis : - le seuil des 35 % en dessous duquel un groupe minoritaire adopte les codes dominants ;- les douze ans d'écart sur une vie active entre femmes et hommes pour les tâches domestiques ;- la moitié des enfants de moins de six ans qui ne passent jamais de temps seuls avec leur père ;- le congé deuxième parent espagnol de seize semaines ;- la loi Copé-Zimmermann, qui a amené les conseils d'administration presque à la parité, alors que les Comex, sans loi, plafonnaient à 17 %.On parle aussi de la montée du masculinisme, on évoque les jeunes hommes perdus faute de modèles, et l'Islande de 1975, où 90 % des femmes se sont arrêtées pendant une journée. Le pays est devenu depuis le plus égalitaire du monde. On finit sur ce qui nous relie : on ne change pas le monde d'un claquement de doigts, mais chacun peut faire sa part. Les résistants n'espéraient pas renverser seuls le nazisme, et ils ont pourtant essayé. Cette conversation rappelle une chose simple : la mixité n'est pas une affaire de femmes, c'est ce qui permet à l'intelligence collective de fonctionner. Citations marquantes- « Ça n'existe pas, un déséquilibre heureux entre deux groupes. Un déséquilibre ne peut se maintenir qu'au prix de violences. »- « On doit s'appuyer sur l'ensemble de l'humanité face aux crises pour les résoudre, et pas seulement sur une moitié. »- « Quand on agit pour les jeunes, on n'agit pas contre les seniors. Quand on agit pour les femmes, on agit aussi pour les hommes et pour les enfants. »- « Je refuse d'être diminuée par la tristesse du monde et je m'engage à inventer le suivant. »- « La joie a toujours été le plus grand moteur de transformation des sociétés. »Idées centrales Les angles morts d'un pouvoir homogène (03:18)Quand les instances de décision réunissent des personnes qui ont toutes vécu la même chose, elles laissent des angles morts qui finissent en crises. Les femmes, à qui l'on a confié le soin, l'alimentation, l'eau et les personnes vulnérables, ont longtemps porté ces sujets sans voix, sans pouvoir et sans argent.Pourquoi ça compte : la question n'est plus « qui fait mieux » mais « qui manque à la table ». Le patriarcat est une parenthèse récente (04:45)Avant la sédentarisation, les sociétés étaient majoritairement égalitaires, soit 97 % du temps de l'humanité. L'image de la femme des cavernes tirée par les cheveux date du XIXe siècle.Pourquoi ça compte : ce qu'on croit naturel a été construit, donc on peut le changer. Le monde inversé (10:13)Retourner les chiffres (89 % de cheffes d'État, 94 % de prix Nobel féminins) rend visible ce que l'habitude cache.Pourquoi ça compte : c'est un outil simple pour faire ressentir une injustice qu'on ne voit plus. Le seuil des 35 % (13:43)En dessous de 35 %, un groupe n'est ni écouté ni jugé crédible, et il adopte les codes dominants pour survivre ou être promu.Pourquoi ça compte : ça répond à l'objection Thatcher. Douze ans d'écart et le congé deuxième parent (17:38)L'écart sur les tâches domestiques représente douze ans sur une vie active en France et dix-sept dans le monde. Le congé espagnol de seize semaines pour chaque parent met fin au duo « stagiaire et experte » à la maison.Pourquoi ça compte : l'égalité professionnelle se joue d'abord dans le foyer. Les quotas, une transition qui marche (28:58)Ils sont humiliants et imparfaits, mais ils marchent : regardez Copé-Zimmermann face aux Comex, ou les quotas de femmes maires dans les villages en Inde.Pourquoi ça compte : sans contrainte, rien ne bouge. La joie rebelle comme stratégie (47:48)Le pouvoir a besoin de tristesse parce que la tristesse se manipule. D'où les couleurs vives et l'appel joyeux de World With Women, sur le modèle de l'Islande en 1975.Pourquoi ça compte : la joie collective fait reculer l'impuissance. Questions posées dans l'interview- Que va-t-il se passer concrètement le 13 octobre, et qu'attendez-vous des femmes comme des hommes ?- Les femmes feraient-elles mieux que les hommes au pouvoir, ou est-ce la mauvaise question ?- Si toutes les sociétés ont été patriarcales, n'est-ce pas l'ordre naturel des choses ?- Quels chiffres montrent l'ampleur réelle de l'inégalité dans les sphères de pouvoir ?- Pourquoi certaines femmes au pouvoir l'exercent-elles de manière aussi dure que les hommes ?- Les femmes prennent-elles moins leur place, ou est-ce qu'on ne leur en laisse pas ?- Que répondre aux hommes à qui l'on dit « laisse, je vais le faire » à la maison ?- Les quotas sont-ils une humiliation ou un passage obligé ?- Comment lire la montée du masculinisme chez les jeunes hommes ?- Pourquoi les hommes devraient-ils se sentir concernés, et qu'ont-ils à y gagner ? Références citées dans l'épisodeLivres et autrices - Les femmes sauveront-elles le monde ?, Marie Eloy (10:17)- Marylène Patou-Mathis, sur les sociétés préhistoriques égalitaires (05:29)- Emily Brontë et ses sœurs, publiées sous pseudonyme masculin (24:29)- Victor Hugo, cité parmi les auteurs qui ont façonné nos imaginaires (24:05)Penseurs et chercheurs - Spinoza, la joie comme puissance d'agir (07:23)- Deleuze, le pouvoir qui a besoin de tristesse (55:47)- Heide Goettner-Abendroth, anthropologue des sociétés matriarcales (34:53)- Einstein, « on ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée… » (57:54)- Camus et René Char, la joie chez les résistants (57:04)- Effet Golem et effet Pygmalion (15:07)- Test de Bechdel, évoqué sans être nommé (27:13)Figures historiques et personnalités - Olympe de Gouges (07:09)- Veuve Clicquot et le Bold Woman Award (09:16)- Sanna Marin et la polémique de la vidéo où elle dansait (11:53)- Samia Suluhu Hassan (Tanzanie) et Margaret Thatcher (13:22)- Michelle Obama (26:32)- Iris Brey, invitée précédente (27:04)- Trump et Elon Musk comme modèles masculins dominants (42:20)- Thomas Pesquet, Bruno Solo et Barack Obama (42:42)- La dirigeante d'Aroma-Zone, citée comme modèle (47:30)Lois, politiques et chiffres institutionnels - Décret de 1793 interdisant aux femmes de se réunir (07:04)- Loi Copé-Zimmermann (2011) et loi Rixain (30:09)- Congé deuxième parent en Espagne, 2021 (20:57)- Quotas de femmes maires en Inde (30:48)- Droit de vote des femmes : 1944 en France, la Nouvelle-Zélande en premier, le dernier canton suisse en 1991 (25:56)- INSEE (17:44)- Haut Conseil à l'égalité (18:08)- ONU : 90 % des négociations de paix sans femme et 171 ans avant l'égalité (43:57, 52:49)- CESE (44:20)Médias et culture - Article de Vogue sur le petit ami « embarrassant » (38:46)- Les trad wives (16:42)- Valentin Adam, directeur artistique de Quotidien (48:59)Mouvements et organisations - World With Women, lancé le 30 mars au sommet ChangeNOW (02:31, 52:18)- Grève des femmes en Islande, 1975 (50:24)- 5 millions d'Espagnols dans la rue en 2018 (20:26)- Les Mosuo, les Khasi et les Kogis (35:02)- Fondation des femmes, CJD, Ensemble contre le sexisme, Maison des femmes et 200 collectifs (53:06)- Elisabeth Moreno, Virginie Delalande, Sarah Ourahmoune, Ghada Hatem et Bérangère Couillard (51:46, 54:36) Timestamps clés00:00 Le 13 octobre, une journée pour la mixité02:11 World With Women, le monde avec les femmes03:18 Pas meilleures, mais indispensables04:45 Le patriarcat, une invention récente07:04 1793 : interdiction de se réunir08:26 Le Moyen Âge, plus libre qu'on ne croit10:00 Les chiffres du pouvoir, à l'envers11:53 L'image du pouvoir qui fait fuir12:53 Femmes au pouvoir et codes dominants14:39 Syndrome de l'imposteur, effet Golem16:35 Trad wives et double charge17:38 Douze ans d'écart à la maison18:38 Le papa héros, la maman jugée20:26 La leçon espagnole21:58 Les pays égalitaires sont plus heureux22:42 « Laisse, je vais le faire »23:47 Des imaginaires écrits par des hommes25:56 La démocratie date de 194427:04 Le test de Bechdel et nos angles morts28:03 Les quotas, injustes ou nécessaires ?31:13 L'intelligence collective expliquée34:26 Ce que montrent les sociétés égalitaires36:41 Masculinisme : 7 minutes sur TikTok38:35 Jeunes hommes perdus, modèles absents43:16 La paix se signe avec des femmes46:20 Le premier enfant, ret

    #410 Pourquoi la mixité pourrait sauver le 21ème siècle? avec Marie Eloy
  2. hace 5 días

    [Moment] Pourquoi la France est autant endettée avec autant d'impots? avec Antoine Foucher

    Ceci est un extrait hyper écouté d'un épisode existant qui est en lien un peu plus bas. Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail et fondateur de Quintet Conseil. Dans son dernier livre, Sortir du travail qui ne paie plus, il démonte une à une les explications faciles sur la panne de notre modèle social. Ce moment fait partie de ceux qui m'ont valu le plus de messages. Je suis arrivé avec une idée toute faite : la croissance de ces dernières décennies serait partie chez les plus fortunés. Antoine m'a arrêté net, chiffres de l'INSEE, du Trésor et de la Banque de France à l'appui. Le partage de la valeur entre travail et capital n'a pas bougé depuis 1945. Deux tiers, un tiers. Alors où est passé l'argent ? Dans cet épisode, nous parlons de ce qui s'est creusé entre le salaire brut et le salaire net en cinquante ans, de la démographie qui a fait doubler les cotisations retraite, et de cette drôle de situation où les actifs financent des pensions qui finissent en partie en épargne. J'ai questionné Antoine sur la réforme des retraites, sur la manière de répartir les efforts sans déclencher une guerre des générations, et sur ce qui pourrait enfin bouger avant 2027. Il ne tape sur personne. Il remet simplement les chiffres sur la table et pose une question simple : est-ce qu'on veut que le travail et le mérite redeviennent la façon de trouver sa place dans la société ? 3. Citations marquantes- « Il y a 50 ans, quand on gagnait 100 balles, on en gardait 69. Aujourd'hui, on en garde 54. »- « La gauche dit c'est la faute des riches, la droite dit c'est la faute des pauvres. Comme les deux sont faux, on ne résout pas le problème. »- « Quelqu'un qui dit ce que je dis et qui se présente aux élections, il est sûr de perdre. »- « Il n'y a aucun retraité qui a envie que ses enfants et ses petits-enfants vivent moins bien qu'eux. »- « C'est par le travail et par le mérite que l'on trouve sa place, et pas par la naissance, la rente ou l'héritage. »4. Idées centrales (Big Ideas)1. Le partage travail-capital n'a pas bougé depuis 1945 (00:26)Deux tiers pour le travail, un tiers pour le capital, comme il y a 50 ans.Pourquoi ça compte : ça fait tomber l'explication la plus répandue à gauche sur la stagnation des salaires. 2. L'argent supplémentaire est parti dans les dépenses sociales, surtout les retraites (01:40 - 03:00)300 milliards de dépenses publiques en plus en 40 ans, dont plus de la moitié pour les retraites. La solidarité (RSA, chômage) ne pèse que 10 % de cette hausse.Pourquoi ça compte : ça fait aussi tomber l'explication de droite sur « l'assistanat ». 3. Le coin entre brut et net s'est creusé (01:40 - 02:18)De 69 euros gardés sur 100 il y a 50 ans à 54 aujourd'hui.Pourquoi ça compte : c'est la traduction concrète, sur la fiche de paie, de l'idée que le travail ne paie plus. 4. Un problème démographique dont on n'a pas tiré les conséquences (05:29 - 06:57)3 actifs pour 1 retraité il y a 40 ans, 1,7 aujourd'hui. Les cotisations retraite sont passées de 15 % à 30 %.Pourquoi ça compte : Antoine refuse le procès générationnel. Personne n'a triché, on a juste regardé ailleurs. 5. Geler la revalorisation des pensions au-dessus du salaire médian (07:37 - 08:58)Pas de baisse, mais 4 à 5 ans sans revalorisation pour les 20 % de retraités au-dessus de 2 000 euros, pour financer industrie, transition, éducation.Pourquoi ça compte : c'est une piste concrète, chiffrée et assumée. 6. L'absurdité de l'épargne qui monte avec l'âge (08:58 - 09:39)Les plus de 65 ans détiennent 25 % de l'épargne : des actifs financent des pensions qui partent en partie en épargne.Pourquoi ça compte : ça remet en cause l'argument de la consommation. 7. Le blocage est électoral, pas économique (03:00 - 03:50 / 09:39 - 11:30)14 millions de retraités votent, les moins de 60 ans beaucoup moins. Mais ça commence à bouger avant 2027.Pourquoi ça compte : le sujet du travail qui paie devient celui du mérite comme principe de répartition des places. 5. Questions posées dans l'interview- Où est vraiment passée la croissance des 40 dernières années ?- Est-ce vrai que les plus riches ont capté l'essentiel de la valeur créée ?- Pourquoi le travail ne paie-t-il plus en France ?- Que reste-t-il réellement sur 100 euros gagnés en travaillant, et comment ça a évolué ?- Pourquoi ni la gauche ni la droite ne disent ce que tu dis ?- La réforme des retraites était-elle la bonne réponse à un vrai problème ?- Comment un simple problème démographique a-t-il fini par peser sur toutes les fiches de paie ?- Comment demander un effort aux retraités sans lancer une guerre des générations ?- Que ferait-on concrètement de l'argent dégagé par un gel des pensions les plus hautes ?- Le pouvoir d'achat sera-t-il le sujet central de la présidentielle 2027, et que cache-t-il vraiment ?6. Références citéesInstitutions et sources statistiques - INSEE, Trésor, Banque de France : sources publiques sur le partage de la valeur (00:26)- Banque de France : les plus de 65 ans détiennent 25 % de l'épargne (08:58)Dispositifs et politiques publiques - RSA, assurance chômage : dépenses de solidarité, 20 à 30 milliards de plus qu'il y a 50 ans (01:07)- Réforme des retraites : jugée injuste « à juste titre » faute de tenir compte de la pénibilité (03:50 - 04:36)- Assurance maladie : un petit quart de la hausse des dépenses sociales (02:53)Chiffres clés - Salaire médian en France : 2 091 euros (07:37)- Dépenses de retraite : 410 milliards par an (08:13)- Ratio actifs/retraités : 3 pour 1 il y a 40 ans, 1,7 pour 1 aujourd'hui (06:15)Personnalités politiques - Gabriel Attal : engagement pour un référendum visant à réduire l'écart brut/net (10:18)Livre - Antoine Foucher, Sortir du travail qui ne paie plus : proposition d'un référendum sur le travail (10:18)Échéance - Présidentielle 2027 : le pouvoir d'achat vu comme sujet central par tous les candidats potentiels (10:18 - 11:00)7. Timestamps clés (YouTube)00:00 Un moment : l'extrait qui a fait réagir00:26 Non, l'argent n'est pas parti chez les riches : deux tiers, un tiers depuis 194501:07 Pas non plus chez les pauvres : la solidarité, un seul point de PIB01:40 100 euros gagnés, 54 gardés : le fossé brut-net02:18 300 milliards de plus, direction les retraites03:00 Pourquoi aucun parti ne le dira jamais03:50 La réforme des retraites, un tollé mérité04:51 Désindustrialisation et compétences : les vraies causes premières05:29 Deux fois moins d'enfants, deux fois plus de cotisations06:57 Comment répartir les efforts entre Français07:37 Geler les pensions au-dessus de 2 000 euros08:58 Plus on vieillit, plus on épargne : l'absurdité09:39 Le vote des retraités, verrou du système10:18 Attal, le référendum et ce qui bouge avant 202711:00 Le vrai sujet : le mérite plutôt que la rente 8. Idées de carrousels Instagram- « Sur 100 euros, vous en gardez 54. » Évolution sur 50 ans : 69, 60, 54. Où va la différence.- Ni la faute des riches, ni celle des pauvres. Les deux récits politiques face aux chiffres.- 3 pour 1, puis 1,7 pour 1. La démographie expliquée en une slide par étape.- Faire un effort sans faire la guerre des générations. La proposition de gel des pensions au-dessus du salaire médian.- Le travail ou la rente ? Ce que cache vraiment le débat sur le pouvoir d'achat. Suggestion d'épisode à écouter : [BEST-OF] Pourquoi ne peut-on plus s'en sortir en travaillant? avec Antoine Foucher (partie 1) (https://audmns.com/UJMIFCT) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    [Moment] Pourquoi la France est autant endettée avec autant d'impots? avec Antoine Foucher
  3. 29 sep ·  Video

    #409 Coming-in : le chemin vers soi-même avec Iris Brey

    Iris Brey est autrice, critique de cinéma et réalisatrice. Elle publie cette année "Une réponse", un récit intime dans lequel elle raconte comment elle est devenue lesbienne, ce que l'inceste a laissé dans sa vie et la façon dont sa famille a réagi quand elle a parlé. On a démarré par l'astrologie, parce qu'elle tacle les Sagittaire au début du livre et que j'en suis un. Puis on est passés au placenta, cette poche mouvante qui ouvre le récit et qui lui sert de métaphore pour l'écriture. Très vite, la conversation est devenue l'une des plus déplaçantes que j'aie eues sur Vlan!. Iris dit les choses sans détour, avec beaucoup de douceur et beaucoup de colère à la fois. Ça oblige à regarder sa propre vie autrement, surtout quand on est un homme hétérosexuel comme moi. Dans cet épisode, nous parlons de la puissance d'une rupture amoureuse. On parle aussi de l'idée que l'hétérosexualité s'apprend, comme on apprend à performer un genre, et du coming in, ce concept d'Élodie Font qu'Iris trouve juste sans que ce soit tout à fait le sien. J'ai questionné Iris sur ce qu'elle a laissé derrière elle en quittant la norme : les talons, les vêtements qui serrent, le sac à main, le maquillage et surtout la charge mentale, qui a disparu de son quotidien. Elle raconte les conversations de couples hétéros entendues dans le train et les dîners bourgeois où l'on parle d'enfants et d'immobilier. À l'inverse, il y a les apéros entre familles lesbiennes, où l'on parle de la Biennale de Venise et où l'on s'organise pour garder les enfants. C'est en tous cas, sa manière de voir les choses. On a parlé d'amitié entre hommes et femmes et du test de Bechdel, qu'elle a raconté dans son livre précédent. On a aussi parlé de repli identitaire. Mais également de l'inceste comme système de domination, bien plus que comme pédophilie. Une de ses phrases m'est restée longtemps après l'enregistrement : les gens sont toujours du côté du dominant. Iris explique comment elle a tout dit à son fils Otto, qui va avoir sept ans, et pourquoi il sait aujourd'hui nommer le harcèlement ou le racisme dans la cour de récréation. On finit sur l'érotisation de la violence dans la création et sur son envie d'ouvrir la porte à des génies qui ne seraient pas forcément méchants. Citations marquantes- « C'est hyper joyeux de ne pas savoir. Ça demande d'être extrêmement actif dans sa vie et dans son désir. »- « Les gens sont toujours du côté du dominant, partout, tout le temps. »- « L'impulsion n'est pas la pédophilie, c'est la domination. »- « On a de la valeur en dehors du regard des hommes. À partir du moment où on n'en a plus rien à faire, c'est extrêmement libérateur. »- « Le neutre est toujours masculin et blanc. »Idées centrales1. L'hétérosexualité s'apprend, comme le genre (00:09:00)Pour Iris, on ne naît pas homme ou femme, et le désir se construit de la même façon : on est toutes et tous éduqués à être hétérosexuels et à être heureux dans ce cadre. Très peu de récits montrent d'autres voies.Pourquoi ça compte : la plupart des hétérosexuels ne se demandent jamais comment leur désir a été fabriqué. Poser la question ouvre de la liberté pour tout le monde, pas seulement pour les minorités. 2. Sortir de la norme, c'est écrire sa vie sans script (00:12:23)Avec l'hétérosexualité, on attendait d'elle qu'elle trouve un garçon « sympa, beau et riche », puis un mariage, un enfant et un bien immobilier. Aujourd'hui, rien n'est écrit et c'est à elle de tout inventer. C'est une mise en danger, mais elle ne se sent plus du tout passive.Pourquoi ça compte : on passe tellement de temps à défaire ce qu'on attend de nous qu'il en reste très peu pour penser à ce dont on a envie. 3. Le corps et la charge mentale, prix invisible de la féminité (00:15:07 et 00:20:30)Talons, sac à main, maquillage, épilation, régimes : ces détails décident de la façon de marcher et de se déplacer, et de l'usage du temps et de l'argent. En partageant sa vie avec une femme, Iris découvre une existence sans charge mentale et sans conversations logistiques.Pourquoi ça compte : sa vie d'aujourd'hui ressemble trait pour trait à la vie ordinaire d'un homme. Ça montre tout ce que portent les femmes. 4. On exclut celui qui dérange l'ordre (00:28:04 et 00:41:35)Qu'on soit lesbienne ou victime d'inceste, dès qu'on devient « disruptif pour l'ordre », on est exclu au lieu d'être entendu. Dans l'inceste, c'est l'enfant qu'on éloigne, pas l'agresseur.Pourquoi ça compte : pour se ranger du côté des victimes, il faut avoir déconstruit ses propres violences. Sinon, la société penche toujours vers le dominant. 5. L'inceste relève de la domination, pas de la pédophilie (00:39:25)Iris s'appuie sur les enquêtes de l'anthropologue Dorothée Dussy : les agresseurs choisissent l'enfant perçu comme le plus faible, celui qui se taira. Et la façon dont on entre dans la sexualité marque toute la vie sexuelle adulte. C'est un lien qu'on refuse encore de penser.Pourquoi ça compte : tant qu'on imagine le danger dehors, on ne voit pas que le plus souvent il se trouve dans le foyer. 6. Donner des mots aux enfants pour nommer la domination (00:57:03)Iris a tout raconté à son fils, sans détails mais sans détour. Le premier jour de maternelle, il est rentré en disant qu'il détestait les femmes. Aujourd'hui, il nomme le harcèlement et le racisme dans la cour.Pourquoi ça compte : si on ne déconstruit pas avec nos enfants, les violences se répètent. Elle n'élève pas un « petit woke », elle élève un citoyen. 7. Poser ses limites, quitte à perdre le job (00:49:40)Devenir lesbienne lui a donné une assurance qu'elle n'avait pas. Elle dit stop à une remarque misogyne ou raciste, même face à quelqu'un dont elle a besoin pour son travail. Elle le paie, et elle ne le regrette pas.Pourquoi ça compte : ceux qui ont le plus de pouvoir ont la responsabilité d'arrêter de rire aux mauvaises blagues. Questions posées dans l'interview- Une rupture amoureuse peut-elle devenir un moteur plutôt qu'une destruction ?- Sommes-nous naturellement bisexuels, et l'hétérosexualité s'apprend-elle ?- Qu'est-ce que le coming in, et en quoi diffère-t-il du coming out ?- Que se passe-t-il en soi au moment où l'on tombe amoureuse d'une femme alors qu'on vit avec un homme ?- Qu'as-tu abandonné en quittant l'hétérosexualité, et qu'as-tu trouvé ?- Pourquoi les conversations changent-elles quand un homme entre dans la pièce ?- Que réponds-tu à ceux qui parlent de repli identitaire ?- Pourquoi une famille se range-t-elle du côté de l'agresseur plutôt que de l'enfant ?- Quel lien entre les violences sexuelles subies enfant et la sexualité adulte ?- Comment élever un petit garçon quand on porte une parole féministe radicale ?Références citéesLivres - Une réponse, Iris Brey : le livre au cœur de l'épisode, récit de son lesbianisme et de son inceste (00:00:35)- Fragments d'un discours amoureux, Roland Barthes : conseillé par sa marraine après sa première rupture, relu pendant l'écriture (00:07:34)- Passion simple, Annie Ernaux : relu cet été, un « bon compagnon de route » pour penser la passion (00:08:13)- Coming in, Élodie Font : l'origine du concept (00:11:06)- La chair est triste hélas, Ovidie : le temps et l'argent que les femmes dépensent pour être désirables (00:16:28)- La véritable histoire du test de Bechdel, Iris Brey : son livre précédent, né de sa rencontre avec Alison Bechdel (00:33:33)- La Familia grande, Camille Kouchner : avant ce livre, « personne ne parlait d'inceste » (00:41:10)- La culture de l'inceste, ouvrage codirigé par Iris Brey : l'un des premiers livres que son fils a réussi à lire dans sa bibliothèque (00:57:24)- Livres jeunesse de Mylène Chapiron sur le consentement, lus avec son fils (orthographe du nom à vérifier) (00:57:59)- Livre « Clément », évoqué à travers un ancien invité de Vlan! qui a parlé d'inceste (titre et auteur à vérifier) (00:28:09)Bande dessinée - Dykes to Watch Out For (« Lesbiennes à suivre »), Alison Bechdel, 1985 : la planche d'où est né le test de Bechdel, « une blague de gouine » devenue un outil (00:33:33)Films, séries, télévision - Alien : la seule représentation proche de son accouchement (00:04:13)- Baby Blues : téléréalité jugée proche du réel sur l'accouchement (00:04:13)- Le Seigneur des Anneaux et Star Wars : des films qui ne passent pas le test de Bechdel (00:33:33)- Sa série : on lui a proposé un coréalisateur homme (00:50:51)- La vidéo d'une présentatrice télé qui quitte le plateau parce qu'un homme ne la laisse pas parler (Espagne ou Italie) (00:49:30)Chercheurs et concepts - Dorothée Dussy, anthropologue : ses enquêtes montrent que l'inceste relève de la domination (00:39:25)- Le test de Bechdel : deux femmes se parlent-elles d'autre chose que d'un homme ? (00:32:49)- Le coming in (00:11:06)- La charge mentale (00:14:43 et 00:20:30)- Le jeu libre : les enfants retirés de la rue au profit des voitures et des parkings (01:01:02)- Le modèle tradwife (01:06:14)- Le mot « woke » : son sens d'origine (« éveillé ») et son détournement en France (00:59:16)Personnes et lieux - Aliette Mousnier-Lompré, CEO d'Orange Business : son coming out au travail, vécu comme libérateur en interne (00:53:23)- La Biennale de Venise et une artiste autrichienne : le sujet d'un apéro entre familles lesbiennes (00:24:36)Chiffres - 77 % des agresseurs dans l'inceste sont des hommes, 98 % dans les viols (00:29:43)- 81 % des viols sont commis par une personne que la victime connaît (00:38:38)Ressources Vlan! - Le kit de secours pour cœurs brisés, des cartes créées par Grégory Pouy (00:06:44)Timestamps clés00:00 Introduction : lesbianisme, inceste, coming in02:04 Sagittaire contre Scorpion : l'astrologie en ouverture03:01 Le plac

    #409 Coming-in : le chemin vers soi-même avec Iris Brey
  4. 24 sep ·  Video

    [SOLO] Pourquoi on adore regarder la fin du monde ?

    Nouvel épisode solo comme toutes les 2 semaines. C'est la version longue et parlée de ma newsletter, celle où je prends le temps d'aller au bout de ce que l'écrit ne fait qu'ouvrir. Vous avez sans doute vu passer l'histoire de ce chercheur qui a démissionné d'Anthropic en expliquant que l'IA pourrait mener à la destruction de l'humanité. Son message a été vu plus de 150 millions de fois. Quelques heures plus tard, le responsable de l'équipe chargée précisément d'éviter ça écrivait qu'il estimait ce risque à plus de dix pour cent dans la décennie. Pendant quelques jours, j'ai regardé les débats tourner, et j'ai fini par remarquer une chose qui m'a franchement surpris : personne ne demandait comment. Par quel enchaînement concret un logiciel tuerait-il huit milliards de personnes ? Cette question m'en a ouvert une autre, beaucoup plus personnelle. Pourquoi est-ce que je passe mes soirées devant Walking Dead, Je suis une légende ou L'Armée des 12 singes, et pourquoi suis-je incapable de citer dix films à succès qui montrent un avenir désirable ? Dans cet épisode, nous parlons du seul scénario un peu construit de toute cette séquence, celui d'Annie Jacobsen, et de la raison pour laquelle il occupe 0 % de la conversation. Du mot apocalypse, qui voulait dire « révélation » avant de vouloir dire « tout s'arrête ». Des quatre récits de fin du monde qui nourrissent chacun un appétit différent : la faute, la chasse, le dévoilement et le contre-modèle. De Frankenstein, qui raconte en réalité le danger d'abandonner ce qu'on a créé. De la curiosité morbide, qui nous entraîne à survivre et nous rend en même temps plus perméables au complot. De Nick Bostrom, qui nous a expliqué que nous vivons probablement dans une simulation et que l'IA allait probablement nous tuer. Et de la raison pour laquelle nous préférons une tragédie dont nous sommes les héros à une lente décomposition sans dénouement. Je me suis questionné sur ce que ces récits nous autorisent à ne pas faire, sur le doomisme devenu plus répandu que le climatoscepticisme, et sur ce que la joie rebelle peut opposer à un sombre qui n'offre aucune prise. Et j'ai fini par une conviction : le vrai risque existentiel, c'est peut-être une civilisation qui ne sait plus fabriquer d'images de ce qu'elle veut. À la fin, je vous demande un service. Envoyez-moi une histoire d'avenir désirable, un film, un roman, une série. J'en fais une liste et je la publie. Citations marquantes« Entre deux versions d'un même danger, nous choisissons systématiquement celle qui a un auteur. » « Nous avons pris un mot qui voulait dire "enfin on voit" et nous en avons fait un mot qui veut dire "tout s'arrête". » « Le crime de Victor n'est pas d'avoir fabriqué la créature, c'est d'avoir refusé de s'en occuper. » « Un scénario précis se discute, se conteste, se réfute tandis qu'un scénario vague se partage. » « Une civilisation qui ne sait plus produire d'images de ce qu'elle veut ne peut plus le vouloir collectivement. » (Bonus si besoin d'extraits supplémentaires pour les réseaux) « Le sens revient au moment exact où la vie s'en va. » « Une extinction se combat alors qu'une irréalité, non. » Idées centrales discutées 1. Le vrai risque est ennuyeux, donc invisible≈ 04:15 Le seul scénario construit d'extinction par l'IA repose sur des infrastructures fragiles et bricolées, gérées depuis trente ans par des gens fatigués sous contrainte budgétaire. Aucune créature, aucun coupable, aucun moment où la machine ouvre les yeux. Pourquoi ça compte : c'est le risque dont on peut se prémunir assez facilement, et c'est celui dont personne ne parle. Notre attention va systématiquement à la version du danger qui a un auteur. 2. Apocalypse veut dire dévoilement≈ 08:15 Apokalupsis, c'est décrocher le voile. Le glissement vers l'anéantissement est tardif. Et l'hypothèse de la simulation le prouve par l'absurde : un dévoilement pur, sans aucune destruction, qui fascine autant que les récits de fin du monde. Pourquoi ça compte : ce que nous cherchons dans ces histoires, c'est le moment où le voile tombe. La destruction n'est que le véhicule le plus disponible, ce qui ouvre la porte à d'autres véhicules. 3. Quatre récits, quatre appétits≈ 10:30 La faute (Frankenstein) donne de la clarté morale. La chasse (Terminator, les zombies) donne un entraînement. Le dévoilement (Matrix) donne une révélation. Le contre-modèle (Avatar) donne un modèle. Pourquoi ça compte : la grille permet de regarder sa propre consommation de récits et de voir ce qu'on y cherche. Et relu de près, Frankenstein transforme la question « faut-il arrêter ? » en une question politique traitable : qui s'occupe de ce qu'on a créé ? 4. Une histoire qu'on reconnaît avant de l'examiner≈ 16:40 Le récit de la créature qui se retourne contre son créateur date de 1818, l'expression « intelligence artificielle » de 1956. Asimov a décrit le complexe de Frankenstein comme une disposition qui précède le danger. Et ce récit circule dans un dispositif qui a intérêt à le faire circuler. Pourquoi ça compte : l'absence de mécanisme technique devient la condition même de la diffusion. Un scénario précis se réfute, un scénario vague se partage. 5. La curiosité morbide entraîne et rend crédule≈ 19:00 Les fans de films d'apocalypse montrent une meilleure résilience et une meilleure préparation concrète, c'est la simulation de menace. Mais la même curiosité morbide est liée aux croyances complotistes, parce qu'elle consiste à aller chercher l'information sur la menace. Pourquoi ça compte : mes choix de fiction révèlent précisément ce que je redoute. Et le récit de l'IA destructrice active le même mécanisme que le complot. 6. L'apocalypse rend lisible un monde illisible≈ 23:45 Un récit apocalyptique donne une direction, des rôles clairs, un bien et un mal nets, et la promesse que le mal sera détruit. Exactement ce qui manque à une époque où l'on n'a jamais été aussi informés et où tout est devenu illisible. Et une fin auto-infligée nous garde dans le rôle principal. Pourquoi ça compte : entre une tragédie dont nous sommes les héros et une lente décomposition par petits arbitrages, nous préférons la tragédie. La seconde est pourtant beaucoup plus probable. 7. Le sombre sans prise démobilise, et l'offre d'avenir s'est tarie≈ 45:05 Percevoir un risque fait agir, croire qu'il est inéluctable fait renoncer. Aux États-Unis, le doomisme est devenu le premier argument contre l'action climatique. Et le public n'a jamais refusé les récits désirables : Avatar est le plus gros succès de l'histoire, Ecotopia s'est vendu à des centaines de milliers d'exemplaires sans jamais être adapté. Pourquoi ça compte : une civilisation peut encore avoir peur ensemble sans plus savoir désirer ensemble. Et c'est réparable, ce qui en fait la meilleure nouvelle de l'épisode. Questions structurantes de l'épisode(Format solo : ce sont les questions que je me pose à voix haute et qui portent le récit. Utilisables telles quelles pour les chapitres, les descriptions courtes ou les relances sur les réseaux.) - Par quel enchaînement concret un logiciel pourrait-il tuer huit milliards de personnes ?- Pourquoi le scénario le plus réaliste occupe-t-il 0 % de la conversation ?- Pourquoi est-ce que je passe mes soirées à regarder la fin du monde ?- Que cherche-t-on dans un récit de fin : un coupable, un entraînement, une révélation ou un modèle ?- Et si Frankenstein racontait le danger d'abandonner ce qu'on crée plutôt que celui de créer ?- Pourquoi une peur peut-elle exister deux siècles avant son objet ?- Mes films préférés disent-ils ce que je redoute vraiment ?- Qu'est-ce qui rend un récit apocalyptique si confortable dans un monde illisible ?- Peut-on dire une chose sincère qui sert en même temps les intérêts de son employeur ?- Qu'est-ce que l'hypothèse de la simulation nous autorise à ne pas faire ?- Pourquoi préférons-nous être les auteurs de notre propre fin ?- Sommes-nous encore capables de raconter un avenir où ça tient debout ?Références citées dans l'épisodeActualité et acteurs de l'IAJacob Coxon, chercheur démissionnaire d'Anthropic (00:00). Le message vu plus de 150 millions de fois qui déclenche l'épisode. Evan Hubinger, Anthropic (01:00 et 31:00). Le responsable de l'équipe chargée de la sécurité : « nous croyons sincèrement que l'IA pourrait tuer tous les humains ! », plus de 10 % dans la décennie. Wired (04:15). Le journaliste qui pose enfin la question du « comment » à Coxon. Annie Jacobsen, autrice spécialiste de la sécurité nucléaire et biologique (05:15). Le seul scénario construit : pirater les laboratoires qui stockent des agents biologiques dangereux. Ian Bogost, The Atlantic (06:30, 29:00 et 39:10). L'infrastructure « si fragile et si bricolée », puis l'intérêt des entreprises d'IA à paraître menaçantes, puis le fantasme d'assister à sa propre fin. Anthropic et OpenAI, introductions en bourse (29:00). Le soupçon de coup de communication. Le moratoire sur l'IA (29:45). Des acteurs qui demandent tous à ralentir, « plus un cartel qu'autre chose ». Elon Musk (34:45). Cofondateur d'OpenAI, une chance sur des milliards que nous vivions dans la réalité de base. Recherches et étudesNatacha Vas-Deyres, chercheuse en littérature, imaginaires du futur (16:45). La chronologie : 1818 pour le récit, 1956 pour l'expression « intelligence artificielle ». Étude sur la curiosité morbide (1 370 personnes) (19:05). La motivation à chercher de l'information sur les phénomènes dangereux. Coltan Scrivner, chercheur (19:45). Résilience des fans d'horreur, résilience et préparation des fans d'apocalypse, zombies et invasions extraterrestres. La théorie de la simulation de me

    [SOLO] Pourquoi on adore regarder la fin du monde ?
  5. 22 sep ·  Video

    #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 2)

    Loïc Hecht, journaliste. Il vient de publier La Simulation (Les Arènes), le récit de dix ans d'enquête sur cette idée qui fascine la Silicon Valley : et si notre monde n'existait pas vraiment ? Peut-être que le sujet de cet épisode va vous surprendre. Peut-être que vous allez vous demander si je suis devenu fou. C'est d'ailleurs exactement la réaction que j'ai eue en découvrant le travail de Loïc : what the fuck. Sauf que son livre n'est pas un essai de plus sur une théorie de geeks. C'est une enquête, écrite à la première personne, presque à la Tintin, où il part rencontrer les gens qui prennent cette hypothèse au sérieux. Et sa première surprise, c'est de découvrir qui ils sont : astrophysicien à la NASA, chercheur en intelligence artificielle à Berkeley, mathématicien à Caltech, ingénieur au MIT. Des institutions qui fabriquent des prix Nobel. Cette conversation est allée beaucoup plus loin que prévu. Dans cet épisode, nous parlons de physique quantique, de l'expérience des fentes de Young, de ce que les neurosciences n'arrivent toujours pas à expliquer, du programme de remote viewing financé par la CIA pendant vingt ans, des psychédéliques, de Copernic et de la peur du bûcher. J'ai questionné Loïc sur le moment où son enquête s'est retournée contre lui. Parce que plus il cherchait le glitch dans la réalité, plus il tombait sur une autre question, beaucoup plus intime : qui suis-je dans tout ça ? Et là, la simulation la plus solide n'est plus celle de l'univers. C'est celle qu'on a construite autour de soi pour être aimé. Je ne sais toujours pas si on vit dans une simulation. Mais je sais qu'il y a des choses fondamentales qu'on croit vraies et qui sont probablement fausses. Et ça, c'est passionnant. Citations marquantes- « La réalité telle qu'on la perçoit est une hallucination contrôlée. Le cerveau fabrique une vision de la réalité qui est celle qui nous sert le mieux en matière de survie. » (Loïc Hecht)- « Je ne dis pas qu'on vit dans une simulation. Mais c'est vraiment une possibilité qu'on ne devrait pas écarter. » (Rich Terrile, astrophysicien à la NASA, rapporté par Loïc Hecht)- « En dernier lieu, la première des simulations, c'est la simulation de nous-même. Et elle repose sur une éducation, des peurs, des traumas, et sur des stratagèmes qui vont nous permettre d'être aimés. » (Loïc Hecht)- « L'économie n'existe pas. C'est un imaginaire, mais dans lequel on croit tellement qu'on est prêt à mettre notre vie en danger. » (Grégory Pouy)- « Une fois que ça a été vu, ça ne peut plus être non-vu. » (Loïc Hecht)Idées centrales discutées1. La simulation n'est pas une idée de la Silicon Valley, c'est une intuition vieille de 2500 ans (04:04 → 06:19)Platon et la caverne, le Bouddha et l'illusion, Descartes et le malin génie, Kant, Berkeley. À chaque époque, l'humanité rhabille la même intuition avec le langage technique du moment. Aujourd'hui le langage du réel, c'est le code. Donc la simulation est informatique.Pourquoi c'est important : ça déplace le débat. Ce n'est pas une lubie de milliardaire sous LSD, c'est une question philosophique permanente qui revient avec un nouveau costume. 2. Trois hommes ont fabriqué le récit contemporain (06:50 → 10:32)Les Wachowski avec Matrix en 1999, Nick Bostrom avec son papier Are You Living in a Computer Simulation? en 2003, et Elon Musk qui s'en fait le porte-parole en 2016 à la Code Conference, avec cette histoire de jacuzzi où son frère et lui s'interdisent d'en parler.Pourquoi c'est important : Loïc note lui-même que Musk n'a jamais investi un dollar en publicité. Son mix marketing, c'est de raconter des choses énormes. La théorie sert aussi un business : Neuralink, le métavers, la fusion avec l'IA. 3. La physique quantique ne se comporte pas pareil selon qu'on l'observe ou non (21:38 → 29:07)L'expérience des fentes de Young, complexifiée par Wheeler puis par la gomme quantique de Marlan Scully. Tant qu'on n'observe pas, la réalité existe comme un nuage de probabilités superposées. Dès qu'on observe, une seule goutte reste. Terrile fait l'analogie avec GTA : le jeu ne calcule que ce que le joueur regarde, pour économiser de la puissance de calcul.Pourquoi c'est important : c'est robuste scientifiquement, ça a été reproduit, et personne n'explique pourquoi. Einstein lui-même disait qu'il ne pouvait pas se résoudre à croire que la lune n'existe pas quand personne ne la regarde. 4. Les neurosciences confirment que nous ne percevons pas le réel (35:53 → 40:50)Les yeux ne voient rien, ils envoient un signal électrique que le cerveau transforme en image. Donald Hoffman parle de l'interface : la réalité c'est le code, notre perception c'est le bureau de l'ordinateur. Si le cerveau devait charger la réalité telle qu'elle est, le tigre aurait le temps de nous manger avant la fin du chargement.Pourquoi c'est important : on n'a pas besoin de croire à la simulation pour accepter ça. C'est déjà établi. Et la réalité d'un chien, d'une chauve-souris ou d'une baleine n'a rien à voir avec la nôtre. 5. Le vrai trou dans la raquette, c'est la conscience (40:50 → 46:04)On sait allumer des zones du cerveau à l'IRM. On ne sait pas expliquer l'émotion subjective, le goût du salé, la nostalgie, ni pourquoi le sentiment d'être soi ne bouge pas alors que toutes nos cellules ont été remplacées. Deux camps s'affrontent : la conscience produit de la matière, ou la conscience matrice du monde et le corps comme simple véhicule.Pourquoi c'est important : c'est le point de bascule de l'enquête. La question de la simulation devient une question sur la conscience, et donc une question spirituelle. 6. La CIA a financé un programme de vision à distance pendant vingt ans (56:06 → 01:01:47)Face à un programme soviétique massif, la CIA donne carte blanche à deux physiciens de Stanford, Russell Targ et Harold Puthoff. Avec le médium Ingo Swann, ils inventent le remote viewing, publient dans Nature en 1974, et George H. W. Bush, alors directeur de la CIA, ouvre une unité. Entre 1975 et 1995, l'armée américaine y dépense environ 20 millions de dollars. Jimmy Carter raconte comment des remote viewers ont retrouvé un avion soviétique perdu dans la jungle congolaise.Pourquoi c'est important : on peut trouver ça délirant, mais des institutions extrêmement sérieuses y ont mis des moyens et des protocoles. Et le rapport de clôture a divisé les experts. 7. La simulation la plus solide, c'est celle qu'on se raconte sur soi (01:16:18 → 01:23:00)Une éducation, une sociologie, des peurs, des traumas, des attentes sociétales sur ce qu'est un humain performant. Et par-dessus, des stratagèmes construits pour être aimé. Le succès par l'accumulation d'argent, de notoriété, de biens : une simulation aussi.Pourquoi c'est important : c'est le moment où l'épisode cesse de parler d'astrophysique pour parler de chacun de nous. Loïc dit lui-même que faire cet exercice avec son thérapeute est très violent. 8. Le matérialisme scientifique est devenu un dogme (51:11 → 52:49 et 01:25:31 → 01:26:31)Le réel c'est ce qui est observable, mesurable, reproductible. Loïc reprend l'analogie de l'appartement très bien rangé d'une vieille dame qui ne veut pas sortir : dehors il y a du chaos, c'est-à-dire tout ce qui est subjectif et spontané. Son invitation finale : une vision post-matérialiste, recalibrer la méthode scientifique pour faire une place à la conscience et à l'invisible.Pourquoi c'est important : c'est ce même matérialisme qui a permis de comprendre la nature et de la dominer, et qui a transformé une forêt en bois commercialisable et un animal en viande. Questions posées dans l'interview- Tu commences ton livre par cette phrase de Krishnamurti, « la vérité est un pays sans chemin ». Pourquoi celle-là ?- C'est quoi exactement la simulation, et d'où sort l'idée qu'elle serait informatique ?- Qu'est-ce que tu réponds aux gens qui te disent simplement « what the fuck, Loïc » ?- Quel genre de scientifiques considèrent sérieusement qu'on vivrait dans une simulation, et comment comptent-ils le démontrer ?- En quoi une expérience de physique quantique aussi robuste que celle des fentes de Young indiquerait qu'on est dans une simulation ?- Si le cerveau fabrique une hallucination contrôlée, à quoi ressemblerait la réalité si on avait les bonnes lunettes ?- Pourquoi la conscience est-elle devenue le sujet central de ton livre, presque malgré toi ?- Est-ce que tu crois en Dieu, et est-ce que tu fais un lien entre la croyance en Dieu et la simulation ?- Est-ce que les gouvernements ont peur des expériences psychédéliques parce qu'elles rapprochent d'une vision des glitchs ?- S'il y a une simulation, qui joue derrière ? Nos descendants, des aliens, une intelligence artificielle ?- Est-ce que la première des simulations, ce n'est pas l'histoire qu'on se raconte sur soi-même ?- Est-ce que la folie est nécessaire pour produire des inventions de rupture ?- Le podcast s'appelle Vlan : à quoi veux-tu ouvrir la porte, et où veux-tu la claquer ?Références citées dans l'épisodeLivres - La Simulation. Enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, Loïc Hecht, Les Arènes (le livre de l'épisode)- L'Anomalie, Hervé Le Tellier (49:37)- Les travaux de Robert Monroe sur les sorties de corps, années 60-70 (54:24)- Le livre d'Ed Yong sur la perception animale, évoqué par Greg à partir d'un précédent podcast (37:55)Articles et publications scientifiques - Are You Living in a Computer Simulation?, Nick Bostrom, 2003 (08:23)- L'article du New Yorker consacré à Sam Altman, il y a dix ans, point de départ de l'enquête (11:02)- L'article de Targ et Puthoff publié dans Nature en 1974 sur le remote viewing (58:14)Chercheurs et penseurs - Rich Terrile, astrophysicien, NASA Jet Pro

    #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 2)
  6. 22 sep ·  Video

    #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 1)

    Loïc Hecht, journaliste. Il vient de publier La Simulation (Les Arènes), le récit de dix ans d'enquête sur cette idée qui fascine la Silicon Valley : et si notre monde n'existait pas vraiment ? Peut-être que le sujet de cet épisode va vous surprendre. Peut-être que vous allez vous demander si je suis devenu fou. C'est d'ailleurs exactement la réaction que j'ai eue en découvrant le travail de Loïc : what the fuck. Sauf que son livre n'est pas un essai de plus sur une théorie de geeks. C'est une enquête, écrite à la première personne, presque à la Tintin, où il part rencontrer les gens qui prennent cette hypothèse au sérieux. Et sa première surprise, c'est de découvrir qui ils sont : astrophysicien à la NASA, chercheur en intelligence artificielle à Berkeley, mathématicien à Caltech, ingénieur au MIT. Des institutions qui fabriquent des prix Nobel. Cette conversation est allée beaucoup plus loin que prévu. Dans cet épisode, nous parlons de physique quantique, de l'expérience des fentes de Young, de ce que les neurosciences n'arrivent toujours pas à expliquer, du programme de remote viewing financé par la CIA pendant vingt ans, des psychédéliques, de Copernic et de la peur du bûcher. J'ai questionné Loïc sur le moment où son enquête s'est retournée contre lui. Parce que plus il cherchait le glitch dans la réalité, plus il tombait sur une autre question, beaucoup plus intime : qui suis-je dans tout ça ? Et là, la simulation la plus solide n'est plus celle de l'univers. C'est celle qu'on a construite autour de soi pour être aimé. Je ne sais toujours pas si on vit dans une simulation. Mais je sais qu'il y a des choses fondamentales qu'on croit vraies et qui sont probablement fausses. Et ça, c'est passionnant. Citations marquantes- « La réalité telle qu'on la perçoit est une hallucination contrôlée. Le cerveau fabrique une vision de la réalité qui est celle qui nous sert le mieux en matière de survie. » (Loïc Hecht)- « Je ne dis pas qu'on vit dans une simulation. Mais c'est vraiment une possibilité qu'on ne devrait pas écarter. » (Rich Terrile, astrophysicien à la NASA, rapporté par Loïc Hecht)- « En dernier lieu, la première des simulations, c'est la simulation de nous-même. Et elle repose sur une éducation, des peurs, des traumas, et sur des stratagèmes qui vont nous permettre d'être aimés. » (Loïc Hecht)- « L'économie n'existe pas. C'est un imaginaire, mais dans lequel on croit tellement qu'on est prêt à mettre notre vie en danger. » (Grégory Pouy)- « Une fois que ça a été vu, ça ne peut plus être non-vu. » (Loïc Hecht)Idées centrales discutées1. La simulation n'est pas une idée de la Silicon Valley, c'est une intuition vieille de 2500 ans (04:04 → 06:19)Platon et la caverne, le Bouddha et l'illusion, Descartes et le malin génie, Kant, Berkeley. À chaque époque, l'humanité rhabille la même intuition avec le langage technique du moment. Aujourd'hui le langage du réel, c'est le code. Donc la simulation est informatique.Pourquoi c'est important : ça déplace le débat. Ce n'est pas une lubie de milliardaire sous LSD, c'est une question philosophique permanente qui revient avec un nouveau costume. 2. Trois hommes ont fabriqué le récit contemporain (06:50 → 10:32)Les Wachowski avec Matrix en 1999, Nick Bostrom avec son papier Are You Living in a Computer Simulation? en 2003, et Elon Musk qui s'en fait le porte-parole en 2016 à la Code Conference, avec cette histoire de jacuzzi où son frère et lui s'interdisent d'en parler.Pourquoi c'est important : Loïc note lui-même que Musk n'a jamais investi un dollar en publicité. Son mix marketing, c'est de raconter des choses énormes. La théorie sert aussi un business : Neuralink, le métavers, la fusion avec l'IA. 3. La physique quantique ne se comporte pas pareil selon qu'on l'observe ou non (21:38 → 29:07)L'expérience des fentes de Young, complexifiée par Wheeler puis par la gomme quantique de Marlan Scully. Tant qu'on n'observe pas, la réalité existe comme un nuage de probabilités superposées. Dès qu'on observe, une seule goutte reste. Terrile fait l'analogie avec GTA : le jeu ne calcule que ce que le joueur regarde, pour économiser de la puissance de calcul.Pourquoi c'est important : c'est robuste scientifiquement, ça a été reproduit, et personne n'explique pourquoi. Einstein lui-même disait qu'il ne pouvait pas se résoudre à croire que la lune n'existe pas quand personne ne la regarde. 4. Les neurosciences confirment que nous ne percevons pas le réel (35:53 → 40:50)Les yeux ne voient rien, ils envoient un signal électrique que le cerveau transforme en image. Donald Hoffman parle de l'interface : la réalité c'est le code, notre perception c'est le bureau de l'ordinateur. Si le cerveau devait charger la réalité telle qu'elle est, le tigre aurait le temps de nous manger avant la fin du chargement.Pourquoi c'est important : on n'a pas besoin de croire à la simulation pour accepter ça. C'est déjà établi. Et la réalité d'un chien, d'une chauve-souris ou d'une baleine n'a rien à voir avec la nôtre. 5. Le vrai trou dans la raquette, c'est la conscience (40:50 → 46:04)On sait allumer des zones du cerveau à l'IRM. On ne sait pas expliquer l'émotion subjective, le goût du salé, la nostalgie, ni pourquoi le sentiment d'être soi ne bouge pas alors que toutes nos cellules ont été remplacées. Deux camps s'affrontent : la conscience produit de la matière, ou la conscience matrice du monde et le corps comme simple véhicule.Pourquoi c'est important : c'est le point de bascule de l'enquête. La question de la simulation devient une question sur la conscience, et donc une question spirituelle. 6. La CIA a financé un programme de vision à distance pendant vingt ans (56:06 → 01:01:47)Face à un programme soviétique massif, la CIA donne carte blanche à deux physiciens de Stanford, Russell Targ et Harold Puthoff. Avec le médium Ingo Swann, ils inventent le remote viewing, publient dans Nature en 1974, et George H. W. Bush, alors directeur de la CIA, ouvre une unité. Entre 1975 et 1995, l'armée américaine y dépense environ 20 millions de dollars. Jimmy Carter raconte comment des remote viewers ont retrouvé un avion soviétique perdu dans la jungle congolaise.Pourquoi c'est important : on peut trouver ça délirant, mais des institutions extrêmement sérieuses y ont mis des moyens et des protocoles. Et le rapport de clôture a divisé les experts. 7. La simulation la plus solide, c'est celle qu'on se raconte sur soi (01:16:18 → 01:23:00)Une éducation, une sociologie, des peurs, des traumas, des attentes sociétales sur ce qu'est un humain performant. Et par-dessus, des stratagèmes construits pour être aimé. Le succès par l'accumulation d'argent, de notoriété, de biens : une simulation aussi.Pourquoi c'est important : c'est le moment où l'épisode cesse de parler d'astrophysique pour parler de chacun de nous. Loïc dit lui-même que faire cet exercice avec son thérapeute est très violent. 8. Le matérialisme scientifique est devenu un dogme (51:11 → 52:49 et 01:25:31 → 01:26:31)Le réel c'est ce qui est observable, mesurable, reproductible. Loïc reprend l'analogie de l'appartement très bien rangé d'une vieille dame qui ne veut pas sortir : dehors il y a du chaos, c'est-à-dire tout ce qui est subjectif et spontané. Son invitation finale : une vision post-matérialiste, recalibrer la méthode scientifique pour faire une place à la conscience et à l'invisible.Pourquoi c'est important : c'est ce même matérialisme qui a permis de comprendre la nature et de la dominer, et qui a transformé une forêt en bois commercialisable et un animal en viande. Questions posées dans l'interview- Tu commences ton livre par cette phrase de Krishnamurti, « la vérité est un pays sans chemin ». Pourquoi celle-là ?- C'est quoi exactement la simulation, et d'où sort l'idée qu'elle serait informatique ?- Qu'est-ce que tu réponds aux gens qui te disent simplement « what the fuck, Loïc » ?- Quel genre de scientifiques considèrent sérieusement qu'on vivrait dans une simulation, et comment comptent-ils le démontrer ?- En quoi une expérience de physique quantique aussi robuste que celle des fentes de Young indiquerait qu'on est dans une simulation ?- Si le cerveau fabrique une hallucination contrôlée, à quoi ressemblerait la réalité si on avait les bonnes lunettes ?- Pourquoi la conscience est-elle devenue le sujet central de ton livre, presque malgré toi ?- Est-ce que tu crois en Dieu, et est-ce que tu fais un lien entre la croyance en Dieu et la simulation ?- Est-ce que les gouvernements ont peur des expériences psychédéliques parce qu'elles rapprochent d'une vision des glitchs ?- S'il y a une simulation, qui joue derrière ? Nos descendants, des aliens, une intelligence artificielle ?- Est-ce que la première des simulations, ce n'est pas l'histoire qu'on se raconte sur soi-même ?- Est-ce que la folie est nécessaire pour produire des inventions de rupture ?- Le podcast s'appelle Vlan : à quoi veux-tu ouvrir la porte, et où veux-tu la claquer ?Références citées dans l'épisodeLivres - La Simulation. Enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, Loïc Hecht, Les Arènes (le livre de l'épisode)- L'Anomalie, Hervé Le Tellier (49:37)- Les travaux de Robert Monroe sur les sorties de corps, années 60-70 (54:24)- Le livre d'Ed Yong sur la perception animale, évoqué par Greg à partir d'un précédent podcast (37:55)Articles et publications scientifiques - Are You Living in a Computer Simulation?, Nick Bostrom, 2003 (08:23)- L'article du New Yorker consacré à Sam Altman, il y a dix ans, point de départ de l'enquête (11:02)- L'article de Targ et Puthoff publié dans Nature en 1974 sur le remote viewing (58:14)Chercheurs et penseurs - Rich Terrile, astrophysicien, NASA Jet Pro

    #408 Comprendre les dessous de la théorie de la simulation avec Loic Hecht (partie 1)
  7. 17 sep

    [Moment] L'enfant roi est-il un mythe? avec Papatriarcat

    Cédric Rostein est le fondateur de Papatriarcat sur Instagram et Youtube, il est devenu un spécialiste de la parentalité et des droits de l'enfant, ancien libraire jeunesse à la Fnac et père de famille. Voici un moment c'est à dire un extrait d'un épisode qui m'a valu beaucoup de retours. Au départ, je lance une idée qu'on entend partout : l'enfant serait devenu roi. Cédric m'arrête tout de suite. Il le fait avec ses chiffres et sa bienveillance, et on sent la complicité entre nous : on s'échange des invités, on se chambre, on avance ensemble. Dans cet épisode, nous parlons de violences éducatives ordinaires, du burnout parental, de la façon dont la France a transformé « les États doivent » en « les parents doivent », et de la loi de 2019 votée sans le moindre accompagnement. J'ai questionné Cédric sur l'idée défendue par Dr Shefali d'élever un enfant « moyen », et il m'a répondu avec une histoire de deux enfants de deux ans et demi : l'un parlait, l'autre grimpait partout, et chaque famille ne voyait que ce qui manquait au sien. C'est un moment qui fait tomber pas mal de certitudes sur l'éducation, l'école et la pression qu'on met sur les parents. Citations marquantes- « La notion d'enfant roi, c'est une notion qui est inventée par les réactionnaires. »- « 81 % des parents utilisent encore des violences régulièrement sur leurs enfants. »- « En France, "les États parties doivent", ça s'est transformé en "les parents doivent". »- « Le premier problème de l'école, ce n'est pas de ne pas savoir développer les talents, c'est de les avoir hiérarchisés. »- « On avait perdu cet œil d'émerveillement par rapport aux qualités et aux talents de nos enfants. »Idées centrales discutées 1. Le mythe de l'enfant roi (00:38)Les chiffres disent l'inverse : 81 % des parents ont recours à des violences régulières, et un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents.Pourquoi ça compte : ce récit détourne le regard de la réalité que vivent les enfants. 2. Le burnout parental vient de la société, pas des enfants (02:39)On fait moins d'enfants, donc il faut « les réussir ». Cette pression vient de la société, et ce ne sont pas les enfants qui font la société.Pourquoi ça compte : on arrête de chercher le problème chez l'enfant. 3. De la responsabilité collective à la responsabilité individuelle (03:28)La Convention internationale des droits de l'enfant engage les États. La Suède et l'Espagne ont mis des moyens en face. La France a reporté la charge sur les parents.Pourquoi ça compte : sans moyens, une politique publique devient de la culpabilisation. 4. Une loi sans accompagnement (04:10)La loi de 2019 ne vise que l'autorité parentale, pas les institutions. Elle arrive sans campagne ni soutien, et on la présente comme une « loi anti-fessée ». En Suède, en 1979, l'information était imprimée jusque sur les bouteilles de lait.Pourquoi ça compte : on ne change pas les pratiques de toute une société juste en interdisant. 5. Accepter un enfant « moyen » (06:15)L'idée de Dr Shefali : renoncer à l'enfant exceptionnel et sortir des superlatifs et de la course à l'avance.Pourquoi ça compte : c'est ce qui enlève la pression à l'enfant comme au parent. 6. La hiérarchie des talents (08:25)L'école valorise le français et les maths, et ignore la musique ou les arts. Elle corrige en rouge, même sur un 19/20.Pourquoi ça compte : ce regard centré sur les manques, les parents le reproduisent à la maison. 7. « Avancé par rapport à quoi ? » (11:14)Entre 12 et 24 mois, un enfant développe surtout la motricité ou le langage, rarement les deux à la fois. La pression commence dès la maternité et pèse surtout sur les mères.Pourquoi ça compte : les normes de développement deviennent des cases à cocher. Questions posées dans l'interview- L'enfant roi existe-t-il vraiment ou est-ce une construction idéologique ?- Que disent réellement les chiffres sur les violences éducatives en France ?- Comment les enquêtes mesurent-elles la régularité de ces violences ?- Le burnout parental est-il la preuve d'une prise de pouvoir des enfants ?- Comment la France a-t-elle traduit la Convention internationale des droits de l'enfant ?- Pourquoi la loi de 2019 n'a-t-elle pas changé les pratiques ?- Qu'a fait la Suède en 1979 que la France n'a pas fait ?- Faut-il accepter d'élever un enfant « moyen » ?- En quoi l'école française façonne-t-elle le regard des parents sur leurs enfants ?- D'où vient cette obsession de l'enfant « en avance » ?Références citées dans l'épisodeÉtudes et rapports - Baromètre de la Fondation pour l'Enfance sur les violences éducatives ordinaires, publié tous les deux ans (01:11)- Rapport de l'IGAS (transcrit « Lingas ») : un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents (02:20)Textes juridiques - Convention internationale des droits de l'enfant (1989-1990), dont l'article 19 (03:28, 04:26)- Loi du 10 juillet 2019 sur l'autorité parentale exercée sans violences physiques ni psychologiques (transcrit « 18 à 2019 ») (04:10)- Loi suédoise de 1979 contre les châtiments corporels (05:02)Institutions - Défenseure des droits et son adjoint, le Défenseur des enfants (04:26)- Parcoursup (07:25)- Le ministre de l'Éducation nationale, sur les enfants de maternelle et leur futur métier (07:06)Personnes - Dr Shefali Tsabary, psychologue, et son idée d'élever un enfant ordinaire (06:15)- Clémentine Sarlat, journaliste et podcasteuse (06:24)- Marion Cuerq (transcrit « Marion Couert »), réalisatrice qui a travaillé sur le modèle suédois (05:02)- Gerald Hüther (transcrit « Gerhard Hutter »), neurobiologiste allemand (08:25)- André Stern, auteur et ami de Cédric (08:25)Films - Alphabet, documentaire d'Erwin Wagenhofer (08:25)Pays cités en comparaison - Suède, Espagne, États-Unis (00:59, 03:28, 05:02)Timestamps clés - 00:00 Introduction : ce qu'est un moment- 00:21 L'enfant roi, vraiment ? Cédric démonte l'idée- 01:11 81 % des parents : ce que disent les chiffres- 01:49 Comment l'enquête mesure la violence régulière- 02:20 Un enfant meurt tous les cinq jours en France- 02:39 Le burnout parental, fruit de la pression sociale- 03:28 CIDE : quand « les États » devient « les parents »- 04:10 La loi de 2019, un texte sans moyens- 05:02 Suède 1979 : campagnes, numéros d'aide, accompagnement- 05:41 « Loi anti-fessée » : une communication ratée- 06:15 Dr Shefali et l'enfant « moyen »- 07:06 La course à la réussite dès la maternelle- 08:25 Gerald Hüther : l'école hiérarchise les talents- 09:03 Anecdote : le langage contre la motricité- 10:29 Le stylo rouge et la culture de la faute- 11:14 « Avancé par rapport à quoi ? »- 11:20 La pression dès la maternité, surtout sur les mères Suggestion d'épisode à écouter : #362 Déconstruire le mythe du père parfait avec Papatriarcat (Cédric Ronstein) - partie 1 (https://audmns.com/vlkXxPB) Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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