La Relève

La Relève c'est 30 minutes d'interview avec de jeunes talents, un lundi sur deux à 18 heures.

  1. 20 Apr

    Cléo et Kokopello Le ministère des affaires complexes Ed. les arènes BD

    Réalisation de l'émission Pablo  Ce soir nous recevions  Cléo et Kokopello (@kokopello_bd sur Insta) co-auteurices de Le ministère des affaires complexes, une bande dessinée parue chez Les arènes BD La chronique de début d'émission était consacrée à Vera dans son monde de Gary Shteyngart paru aux éditions de l'Olivier dans une traduction de Stéphane Roques Mais avant de commencer, avez vous un journal des choses que vous ne connaissez pas encore ?  Tel est le cas de Vera, 10 ans, une petite fille vivant à New York dans un futur proche (avec un gouvernement anti démocratique ou des IA omniprésentes…) ressemble furieusement à notre présent. Dans ce journal, elle note tous les mots et expressions qu’elle ne comprend pas vraiment.  La mère biologique de Véra est une américano coréenne dont elle sait peu de choses. Elle grandit avec son père Igor, un émigré russe qui s’est remis en couple avec Anne. Vera a un petit frère Dylan avec qui elle ne s’entend pas très bien.  Elle va à dans une école pour haut, très haut, potentiel, où elle corrige ses professeurs quand ils font des erreurs ou s’inquiète auprès du directeur du respect des normes de sécurité qu’elle semble mieux connaître que lui. Elle essaie d’avoir des amis mais ne fait pas partie des élèves populaires et ne réussit qu’à récupérer le surnom peu amical de “l’experte”. Alors elle joue aux échecs avec son IA Kaspie quand elle rentre à la maison. Et heureusement il y a tante cécile, une amie de sa mère qui essaie de lui apprendre à se débrouiller au milieu de l’école. Et puis il y a ce concours de rhétorique qu’elle doit préparer autour d’un projet de loi constitutionnelle et grâce auquel elle va se rapprocher de Yumi, une fille de diplomates nippons et se lancer dans une quête de sa mère américano coréenne.  J’ai lu il y a très longtemps les premiers romans de Shteyngart et j’en avais gardé un souvenir de trop, trop de blagues.  Avec Vera dans son monde, il trouve un équilibre parfait et si j’osais je dirais que l’auteur qui est lui même un émigré russe écrit son grand roman américain - comme on dit - en se plaçant à la hauteur d’une petite fille qui observe, comprend partiellement ce qui se passe autour d’elle mais reste fondamentalement -heureusement une petite fille. C’est un roman généreux qui donne une chance à tous les personnages même au gosse de riche insupportable de l’école qui aura un rôle clé. la construction est remarquable, tous s’emboitant au final dans un éloge de ce melting potes (et je l’écris à dessein P O T E S) que sont les Etats-Unis Pendant l'émission, on a écouté La nuit de  Vonfelt feat Lescop

  2. 6 Apr

    Benoît Coquil Pas perdu (édition Rivages)

    L'émission était réalisée par Gustave. (merci) // Illustration : détail du bandeau @Gabriel Maffeïs (c) Reproduction interdite Aujourd'hui, nous recevions Benoît Coquil pour son roman Pas perdu, aux éditions Rivages. Son précédent livre s'appelait Petites choses (Rivages Poche) Où il a été question de campagne, de labyrtinthe, de masculinité, de coming-out, de maïs, d'écologie, d'agricultures, de paysages, de Rimbaud, de mythologie, d'applications de rencontres, de Borges, du Poitou, de l'Amérique du Sud.... et d'une conférence de l'auteur  intitulée « Rêver dans les archives ». Le roman graphique évoqué s'appelle Voleur de feu (Editions Futuropolis). Il a été réalisé par Damien Cuvillier. La chronique de début était consacrée à Les explorateurs de Iegor Gran aux éditions POL  Mais avant de commencer, quels souvenirs gardez-vous de vos années lycée  ?  C’est la question que se pose l’écrivain Iegor Gran dans son dernier roman. Retour vers le passé et les années 80, où une bande de garçons fait face à l’ennui d’une scolarité suivant des rails établis. Alors pour mettre un peu de fantaisie, ils vont imaginer que les profs viennent d’une autre planète ou du moins sont contrôlés par des puissances extraterrestres supérieures. Et le jour où leur professeur de mathématiques évoquera la planète Zugul… ils seront sûrs d’avoir vu juste. C’est le début de leur enquête où ils noteront tout ce qui confirme leur théorie. et c’est bien connu, quand on cherche des preuves, on en trouve.  Derrière cette anecdote, Iegor Gran saisit l’occasion pour faire revivre son adolescence, quand l’arrivée du premier walkman est un évémenent (je me demande en disant ce mot walkman si ça évoque quelque chose chez l’auditeur vingtenaire.. pour faire simple c’est l’ancêtre du stream musical), mais aussi où dans une classe de lycée, il pouvait y avoir des élèves soutiens de l’URSS (la Russie soviétéique) et des enfants d’exilés, le père de l’auteur étnat un prisonnier politique ayant passé plusieurs années au sinistrement célèbre goulag Mais c’est bien connu on n’est pas sérieux quand on a 14 ans.. ou disons qu’on est sérieux pour d’autres raisons que plus tard. À 14 ans, les vraies questions sont tout : les copains, les filles (pour cette bande de garçons hétéros). La vraie  vie est alors au lycée.  Ce qui est très réussi dans ce roman, c’est qu’il n’est pas du tout nostalgique.. L’écrivain sexagénaire n’a pas du tout l’air d’avoir envie de retourner dans ce temps d’avant, quand, d’après certains c’était mieux, forcément mieux. Mais il semble y trouver une confirmation de ce qui fait la trame de son oeuvre : la preuve que nous vivons dans un monde décidément étrange et que sans humour ni fiction, nous ne nous sauverons pas.    ça s’appelle Les explorateurs de Iegor Gran et c’est disponible chez POL. Pendant l'émission, on a écouté  Kids returen Teenage dreams

  3. 23 Mar

    Clara Boussion Embraye, Louise (Ed l'Arpenteur)

    L'émission était réalisée par Gustave Aujourd'hui, nous recevions l'écrivaine Clara Boussion (pardon pour le défaut de prononciation) pour son premier roman Embraye, Louise paru aux éditions L'Arpenteur.  Où il a été question de génération, d'une jeune femme mutique, du silence (un luxe mais la panique pour un intervieweur), d'autobiographie, d'Anna Gavalda, des masters de création littéraire, de l'avis des amis, de la ville du Havre, de Die Antwoordt, de l'enfer.. et de bien d'autres choses encore  La chronique de début d'émission était consacrée à La chambre de Vilhelm de Tote  Ditlevesen. Mais avant de commencer, vous vous débrouillez comment avec vos ex ?  Rassurez-vous la relève ne se transforme pas en émission de libre antenne ce soir. Cette accroche c’est pour évoquer un des romans les plus singuliers qu’il m’ait été donné de lire depuis longtemps : La chambre de Vilhelm de l’autrice danoise Tove Ditlevesen que l’on découvre en France grâce aux éditions globe qui ont publié son auto biographie romancée en trois tomes.  Je vais essayer de faire simple. LIse et vilhelm se sont aimés. Vilhelm est partie avec une autre femme. Lise qui est écrivaine et donc la narratrice du récit, “décide” aidée par une autre patiente de l’hôpital psy où elle se trouve de passer une petite annonce dans un journal danois de louer la  chambre de son ex  à un homme. D’où le titre du roman la chambre de Vilhelm.Pour faire simple c’est un peu Tinder dans le Danemark des années 70 et la liberté de cette femme se fait remarquer.  Le récit est beaucoup plus complexe et passionnant que le résumé que je viens de faire, car l’autrice véritable intervient dnas le récit, parlant de ses persnnages.. lance des pistes, manie le paradoxe..  J’ai envie de dire que l’autrice ose beaucoup de choses. Par exemple, comme on est chez des gens de lettres : à un moment du récit, le directeur d’un journal lui propose de venir raconter l’histoire de son couple.. et ce récit est des plus étonnants, flirtant avec l’absurde quand l’autrice raconte comment l’opposition à son mari vire à la manipulation infinie de leurs deux psys.  Pour finir je voudrais citer un critique qui a écrit mieux que moi ce qu’on peut dire de ce roman. c’est Claude Grimal sur le site en attendant Nadeau :  « L’expérience déroute et fascine ». C’est très juste : elle déroute parce qu’on est dans un roman du désamour qu’on a déjà lu des dizaines fois et pourtant on ne l’a jamais lu comme ça. Elle fascine parce qu’elle mêle des registres habituellement inconciliables : à la fois inventif, quasi fantaisiste par moments et se terminant dans une tragédie. et c’est finalement d’autant plus glaçant quant don découvre en lisant la quatrième de couverture que l’autrice s’est suicidée un an après la publication de ce roman. Ça s’appelle La chambre de Vilhelm. c’est signé de Tove DIT LEV SEN   et c’est traduit du danois par Christine Berlioz et Laila Flink Thullesen. c’est publié aux éditions Globe Pendant l'émission, on a écouté James Blake I had a dream she took my hand

  4. 9 Mar

    Les chemins écarquillés Aurélien Blanchard (Ed Christian Bourgois)

    Image d'illustration : Détail couverture (c) Ed Christian Bourgois Message de service La relève vous donne rendez-vous dimanche 15 mars à 19 heures pour c'est dans l'art. on y parlera bande dessinée.  ------------------ Durant cette émission merveilleusement réalisée par Pablo, nous recevions Aurélien Blanchard, primo romancier de Les chemins écarquillés (Ed. Christian Bourgois), un roman aussi singulier que passionnant.  Où il a été question du métier d'éditeur, de course-poursuite, des perdants, de l'espoir, de la solitude, de Beckett et de James Bond mais aussi de Kafka, des rencontres, de l'apocalypse, des théories du complot, de l'intelligence et des gens qui comme Vlad sont des "aventuriersde  Pendant l'émission on a écouté Gorillaz feat Mark E Smith Delirium La chronique de début d'émission était consacrée à Lundi c'est loin d'Oisin Mc Kenna aux éditions de l'olivier. Traduit par Olivier Deparis.  Mais avant de commencer, avez vous passé votre week end en vous disant Lundi c’est loin ?  Lundi c’est loin est le titre du roman dont je voudrais maintenant vous parler (et oui c’est le retour de la chronique de début d’émission). Il nous vient d’Irlande qui visiblement de puis le succès de Sally Rooney se spécialise dans les récits de vie sentimentalo sexuelle de jeunes adultes. À moins que ce ne soit un effet des éditeurs qui traduisent des livres qui rappellent ceux de Sally Rooney (je rappelle elle est l’autrice de Normal People, roman et série à succès mondial)..    Revenons à Lundi c’est loin, le premier roman de de Oisin McKenna. Nous sommes en 2019 à Londres et une baleine s’est échouée sur les bords de la Tamise. Elle sera un sujet de conversation de tous les protagonistes de ce roman choral. Ils sont jeunes (plutôt trentenaires) vivent des vies précaires et alors qu’arrive ce week end, ils doiven se retrouver. Pendant 48 heures ils vont se croiser. Tous ou presque sont porteurs d’une nouvelle qu’ils doivent annoncer et qu’ils doivent reporter. On n’en dira pas trop pour ne rien divulgacher.  Le roman est plein d’énergie, alliant deux tonalités pas si simples à marier : il est à la fois très tendre et ironique. Comme dans un plat sucré salé, l’équilibre des deux ingrédients est parfait dans ce livre qu’on a du mal à lâcher… peut être parce qu’il est construit comme une série (il faudra un jour que quelqu'un’ fasse un travail pour montrer comment les séries ont infusé la construction des romans des années 10 20). Je pourrais vous parler des espoirs des uns et des autres, de la difficulté de dire aux gens qu’on les aime et qu’on veut passer le reste de sa vie OU parce qu’on les aime on va les quitter pour qu’ils psuissent enfin vivre leur vie. Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce roman c’est la qualité du regard de son auteur, qui nous parle du Royaume Uni d’aujourd’hui, de ce que ça veut dire en 2019 d’être né en Irlande et de vivre à Londres. De la manière dont il note par des détails, une montée d’une forme de nationalisme britannique pas très sympathique. ou encore à la croisée du sentiment et de l’observation sociale, un très beau passage qui raconte le désarroi de la mère d’un fils gay et transfue de classe qui ne sait plus quel lire lui acheter depuis qu’il est allé à l’université.. et on sent bien combien cela la rend triste, mais triste.. et rien que pour ça, Oisin McKenna mérite qu’on lise vite son premier roman.  Ça s’appelle Lundi c’est loin de Osin McKenna et c’est traduit par Olivier Deparis aux Editions de l’Olivier

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