Le Podcast pour Multipotentiels et Slasheurs

Kmeo

Bienvenue dans le seul espace où tous les Multipotentiels, Zèbres, HPI, HPE, Slasheurs, etc… peuvent être eux-mêmes, sans compromis, sans se cacher.

  1. 3d ago

    Pourquoi avoir de multiples passions est une bonne chose

    Je dois vous avouer un truc: rien que le titre, « Pourquoi avoir de multiples passions est une bonne chose », m’a créé de la friction, car il contient déjà sa réponse. Ça revient à dire : « Allez-y, la solution, c’est d’avoir plein de centres d’intérêt et de suivre toutes vos passions ! » Ce serait une réponse universelle à une question qui est très personnelle. Et chez Kmeo, on n’est pas très fan de cette approche. Parce que s’intéresser à plusieurs choses, j’ai même pas envie de dire que c’est bien ou pas. J’ai surtout envie de dire que c’est naturel. Je développe tout ça dans cette vidéo. Tu préfères écouter ? La version podcast est tout en bas de la page. Et si tu préfères lire, alors tu peux continuer à scroller. Tout le monde est multipotentiel ?On nous pose souvent la question : « Attendez, tout le monde n'est pas un peu multipotentiel ? Votre truc, ce ne serait pas un effet Barnum ? » Je vais sans doute te surprendre mais je dirais que oui, en partie.  L'être humain est attiré par plusieurs choses à la fois, et c'est même ce qui l'a aidé à survivre. Mais certaines personnes gardent cet appétit bien après l'enfance, et le poussent beaucoup plus loin que les autres. Elles ne se contentent pas de s'intéresser à tout. Elles s'enthousiasment et creusent les sujets en profondeur, et c'est de ces personnes-là qu'on parle. Avoir plusieurs passions, ce n'est donc pas si rare. Mais un multipotentiel, ce n'est pas seulement quelqu'un qui aime plusieurs choses. C'est quelqu'un pour qui la découverte et l'apprentissage est centraux dans sa vie.  Pour creuser la question, on a une page avec la définition complète et les signes de ce profil multipotentiel. Les avantages d'avoir de multiples passionsS'adapter quand la vie évolueDes métiers apparaissent, d'autres disparaissent.  La vie évolue, et on évolue avec. Il faut être capable de faire évoluer sa vie quand on sent qu'une période est passée, et ça passe par s'intéresser à plusieurs choses. Garder sa curiosité ouverte. Et le jour où je ressens le besoin d'aller explorer ailleurs, j'explore ailleurs. Faire des liens entre les domainesL'avantage d'avoir plusieurs passions, c'est de pouvoir faire des liens entre elles. Tu te nourris d'un domaine pour apporter des idées, des solutions, dans un autre. Tu vois des perspectives que les gens qui font une seule et même activité ne voient plus forcément, au bout d'un moment. Cette capacité m'a servi très tôt, d'ailleurs. À l'école, devant mes profs, je faisais des liens avec un sujet sur lequel je m’étais documenté, et qui n’avait rien à voir avec la matière du cours. À chaque fois, la pertinence du rapprochement les surprenait, et surtout, ça montrait dans la vie réelle quelque chose qui pouvait sembler très théorique. Prenons un violoncelliste qui s'intéresse à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il comprend mieux certains morceaux écrits pendant cette période : ce qu'il y a derrière, ce que le compositeur a voulu dire. Et il peut vivre l'œuvre, puis l'exprimer à sa manière. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. L'histoire est truffée de gens qui ont innové dans un domaine en venant d'un autre, complètement différent. J'avais préparé une conférence pour une école d'informatique, pour aider des ingénieurs à lever la tête de l'ordinateur. Je l'avais illustrée avec des personnes qui avaient révolutionné le monde de l'informatique grâce à ce qu'elles savaient de la poésie, de la musique, ou de tout un tas de domaines. Les frontières sont poreuses. C'est nous, les êtres humains, qui décidons que ça, c'est des mathématiques, ça, de l'art, ça, du sport. Garder ça en tête permet d'imaginer des solutions qui dépassent ces frontières, et d'en changer quelques-unes qui ne tiennent plus. L'enthousiasme de l'explorationS'intéresser à plusieurs choses, c'est aussi mesurer tout ce qu'il reste à découvrir, et tout ce que tu ne sais pas. Et je sais pas toi, mais moi, je trouve ça enivrant. Si on me donnait une potion qui, d'un coup, me ferait m'intéresser à un seul sujet et devenir expert absolu dans ce domaine, il n'y a pas une once de doute : je ne la boirais pas. On pourrait me rétorquer qu'un seul domaine offre aussi des choses à découvrir à l'infini. C'est vrai. Mais dans cette pluralité, je vois une richesse qui me porte. J'ai croisé tellement de personnes qui ont cette approche, douées dans plein de choses, et je vois la satisfaction que ça leur apporte. Et pour le côté travail, on a détaillé les atouts d'un multipotentiel dans un autre article. Trouver le fil rouge de son parcoursSi quelqu'un me disait que s'intéresser à beaucoup de choses le dessert plus que ça ne le sert, je n'aurais pas de solution prémâchée à lui donner tout de suite. Je lui poserais des questions : d'où vient cette sensation, quels mots il met derrière. Puis, comme dans nos accompagnements, je creuserais avec elle ou lui les liens entre ses différents domaines. Parce qu'il y en a forcément et ici on appelle ça le fil rouge. Ce fil rouge apporte énormément de sérénité dans ses choix et dans ses changements de carrière. Et il manque à beaucoup : d'après le Baromètre Kmeo 2026, sur 256 répondants, 62 % ont du mal à expliquer clairement leur profil ou leur parcours aux autres. Plus de la moitié. Quand tu n'arrives pas à nommer une chose, tu as souvent du mal à la vivre. Alors l'objectif, c'est de remettre un peu de cohérence. Qu'est-ce qui se cachait derrière chaque changement de domaine, de métier ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Pourquoi celui-là, à ce moment-là ? Ces choix n'avaient rien d'aléatoire, et rien d'un caprice. Ils suivaient une logique. La tienne. C'est elle qu'il faut aller chercher, parce que c'est elle qui te permettra de faire les prochains choix en connaissance de cause. Tant que tu ne vois pas ce fil, tu prends ton parcours pour un problème. Et un parcours qu'on prend pour un problème finit forcément par nous faire souffrir. Ce fameux fil rouge, on le rabâche chez Kmeo, et ce n'est pas pour rien : il donne une cohérence à ton parcours, pour toi d'abord, mais aussi pour les gens à qui tu dois l'expliquer. Se spécialiser n'est pas la réponseUn des pires conseils qu'on puisse entendre quand on est multipotentiel, c'est : « Il faut te spécialiser. » Dans le Baromètre, quand on demande aux répondants de décrire leur travail idéal, 83 % préfèrent une forme de pluralité : alterner entre plusieurs sujets, ou en mener plusieurs en parallèle. Seuls 5 % préfèrent se spécialiser sur un domaine principal. Ça dit une chose : demander à un multipotentiel de se recentrer, c'est aller contre ce que la grande majorité préfère. Et dans l'étude, ceux qui n'ont qu'un ou deux domaines actifs sont les moins satisfaits de tout l'échantillon. Les difficultés arrivent quand le cadre force à se limiter à un seul domaine. Avoir plusieurs passions ne veut pas dire tout mener en même tempsLe piège, c'est aussi de se dire : « puisque je m'intéresse à plein de choses, il faut que je poursuive tout en même temps ! » Avoir plusieurs centres d'intérêt n'enlève pas la dimension du choix. À certains moments de ta vie, selon ta situation, tes besoins et tes objectifs, tu vas poursuivre une ou plusieurs activités qui répondent à ce moment-là. Tu peux choisir ce que tu explores maintenant sans abandonner tout le reste. On avait parlé de cette question du choix dans notre article Comment on choisit sans se renier. Pour choisir sereinement, il faut d'abord te débarrasser d'une croyance que beaucoup de monde partage : une décision devrait être définitive. Un choix n'a pas besoin d'être définitifLe vrai piège, c'est de croire que ce choix est définitif. C'est ce qu'on te fait croire à seize ans, à l'école, quand on te demande de choisir parmi tous tes centres d'intérêt, avec une pression énorme sur les épaules. Ce choix va potentiellement guider les dix prochaines années de ta vie. Alors choisis maintenant, sans expérience, sans information, et surtout, ne te trompe pas ! Tu fais un choix. Si tu te trompes, c'est perdu. Cette sensation, on se la trimballe longtemps. Et les gens qui n'ont pas encore mis de mot sur leur fonctionnement la vivent toujours : à chaque changement de domaine ou de métier, ils vivent un échec. Parce qu'ils se disent que le choix d'avant n'était pas le bon. Partir de la bonne questionCe qu'on fait croire aux gens très tôt, dès l'école, c'est que chaque question a une réponse unique. « Qu'est-ce que tu veux faire dans la vie ? » aurait une seule réponse, et si tu ne la trouves pas, tu as raté. Ça a des conséquences catastrophiques. Je donne des cours en parallèle de Kmeo, et j'ai trois règles d'or quand je rencontre une nouvelle classe. L'une d'elles : « Jusqu'à maintenant, on vous a félicités et récompensés pour donner des bonnes réponses. On aurait dû vous récompenser pour poser des questions. Alors posez des questions ! » Je vois tout de suite que ça leur enlève un poids, surtout chez des étudiants à qui on réclame la bonne réponse depuis toujours. Parce que la vie, ce sont des questions que tu te poses et des réponses que tu essaies d'apporter, en continu. Mais si tu pars de la mauvaise question, aucune réponse ne sera satisfaisante. Et pour moi, « quel métier tu veux faire dans la vie ? », c'est déjà une mauvaise question. Je t'en propose d'autres : Qu'est-ce que tes expériences t'ont apporté ? Quels liens tu vois entre elles ? Qu'est-ce que tu as envie de retrouver dans la suite ? Ça te donne de quoi avancer, sans exiger une réponse valable pour le reste de ta vie. Pour résumerS'intéresser à plusieurs choses, c'est naturel. Dire que c'est « une bonne chose » pour tout le monde, ce serait une réponse universelle

  2. Oct 14

    Syndrome de l’imposteur : pourquoi il ronge les multipotentiels

    En 2026, on a publié le Baromètre Kmeo, à notre connaissance la première étude sur la multipotentialité en France. Quand je me suis lancé dans ce projet, très vite, je me suis posé une question. Est-ce que je suis légitime pour mener cette enquête ? Je suis pas statisticien.C'est pas mon métier.Je suis pas chercheur. Est-ce que j'allais avoir les compétences ? Est-ce que j'allais avoir la légitimité pour apporter quelque chose de sérieux ? En travaillant auprès de multipotentiels depuis autant d'années, j'observe que le syndrome de l'imposteur est un sujet qui revient très, très régulièrement. Et il y a des raisons à ça. Je parle de tout ça dans cette vidéo. Tu préfères écouter ? La version podcast est tout en bas de la page. On se juge avec les critères des spécialistesLa première raison, c'est qu'on se juge sur des critères installés dans la société depuis un petit moment. Des critères de spécialistes. Pour être légitime, il faut avoir travaillé longtemps sur un sujet.Il faut avoir des diplômes.Ces fameux diplômes. C'est pas très agréable de se dire « je suis pas diplômé ». Ou de se faire refuser l'accès à un poste par manque de diplôme. Quand tu ne peux justifier ni d'une durée sur un domaine en particulier, ni d'un diplôme, tu ressens déjà de l'illégitimité. Et tu en souffres. Pour moi, l'erreur est là : on juge la profondeur de notre savoir sur un domaine, plutôt que de voir la largeur que notre parcours en zigzag nous a apportée. À force de s'intéresser à de nombreux domaines, on développe un regard différent. Notre capacité à faire des liens peut nous amener à dégager des idées très originales. Moi, ce que j'observe, c'est qu'on n'apporte pas la même chose qu'un spécialiste. Et c'est tant mieux. Ça ne fait pas de nous des gens moins légitimes pour travailler sur un sujet. On pense ne rien avoir à apporter quand on débuteIl y a une autre raison. Quand on a un profil comme ça, on s'intéresse à énormément de choses, on aime apprendre. Donc souvent, on se retrouve en position de débutant. Et on a vite fait de se focaliser là-dessus. Je débute quelque chose, donc j'ai rien apporté. Sur ce domaine-là, j'ai pas un savoir immense. Sauf que le fait d'être débutant régulièrement nous fait passer cette étape très rapidement. On arrive facilement à apprendre et à savoir beaucoup dans un domaine, en plus en allant piocher dans les liens et les savoirs d'autres domaines. Combien de fois j'ai entendu des personnes de notre Kommunauté dire : « Moi, j'ai rien apporté. Ça fait qu'un an que je fais ça. » Ou deux ans. Et quand tu vois le niveau qu'elles ont atteint en si peu de temps… Surtout, elles se comparent à des gens qui font ça depuis vingt ans, trente ans. Alors qu'elles sont déjà capables d'enseigner à des gens qui commencent réellement. De partager beaucoup de choses qu'elles ont apprises, qu'elles ont découvertes. Ce que le Canada m'a appris sur la légitimitéJ'ai habité un peu plus d'un an au Canada. Quand je suis arrivé là-bas pour travailler dans le marketing et la communication, on m'a rapidement donné ma chance. On m'a dit : « OK, vous n'avez pas forcément travaillé exactement dans ce domaine-là. Vous avez travaillé en marketing et communication, dans d'autres secteurs. Mais vous avez des compétences transférables. » On m'a donné la possibilité de travailler dans une belle équipe, sur divers sujets. Quand je suis rentré en France et que j'ai postulé, on m'a dit : « C'est marrant, vous avez une super expérience. Mais vous n'avez pas le diplôme qu'il faut. » Parce que moi, j'ai un master en informatique. C'est vraiment une question de critères, cette légitimité. Suivant là où tu te situes, les critères de légitimité ne sont pas les mêmes. En France, c'est vrai que pendant de nombreuses années, on s'est focalisé sur le diplôme : est-ce que tu as étudié dans ce domaine pour qu'on te donne ta chance ?  Et quand tu es multipotentiel en France, l'image que ça te renvoie, c'est que tu n'es pas légitime si tu n'as pas ce diplôme, ou si tu n'as pas travaillé depuis des années dans ce domaine. Le syndrome de l'imposteur peut avoir un côté sain…Pour le Baromètre, la question que je me suis posée, c'est : est-ce qu'il faut forcément avoir une certaine légitimité pour travailler sur un sujet ? J'aurais pu m'arrêter à cette première pensée : « je suis pas chercheur, donc je peux pas mener ce projet ». J'aurais aussi pu me dire que mon envie d'apporter des informations là où il en manque suffisait, et ne rien vérifier de plus. Ce que j'ai fait, c'est essayer de comprendre d'où il venait, ce sentiment d'imposture. Est-ce que je me sentais pas assez confiant sur certaines compétences, certaines données ? Est-ce que j'avais l'impression de tenir un discours qui n'est pas vérifié par la science ? Dans ce cas, j'avais besoin d'aller chercher ce que dit la recherche avant de m'exposer en public. À ce moment-là, c'est tourné vers l'action. Alors je me suis formé, pour voir comment on pouvait faire cette enquête proprement. Je suis passé par des amis chercheurs, qui m'ont conseillé certaines approches et m'ont fait corriger certaines questions. J'ai vérifié trente-six mille fois certains aspects du rapport, pour éviter de faire dire aux chiffres ce qu'ils ne disent pas. De tirer des conclusions que je ne pouvais pas tirer. Ce syndrome de l'imposteur, il est sain dans le sens où il va te pousser à être rigoureux. À bien faire ton travail. À avoir des standards assez élevés. À te remettre en question. Et à aller te former quand tu manques de compétences. Aujourd'hui, j'ai beaucoup de fierté d'avoir mené ce projet à bien. Et de ne pas m'être arrêté à cette sensation de « j'ai pas les compétences pour le faire ». Ça m'a fait monter en compétences. Ça m'a challengé. … sauf s'il te mène à l'inactionIl te porte préjudice quand il te laisse dans l'inaction. Je n'avance pas.Je ne fais rien.J'attends d'avoir un sentiment de légitimité pour faire quelque chose. « Mon Dieu, je me sens illégitime sur la question, donc je m'arrête. Et tant que j'aurai pas fait x années d'études, je pourrai pas en parler. » Et là, ça peut être un piège. Parce que dans l'absolu, toute ta vie, tu peux te sentir illégitime. Donc toute ta vie, tu peux rester dans l'inaction. J'ai croisé énormément de personnes, par exemple lors de ma formation de coaching, qui se sentaient déjà illégitimes pendant la formation. Une fois leur certification en poche, elles se sentaient illégitimes parce qu'elles n'avaient jamais vraiment coaché de personnes à l'extérieur. Ensuite, même en coachant des particuliers sur des aspects plus personnels, elles allaient peut-être se sentir illégitimes pour coacher des chefs d'entreprise. Ça peut être à l'infini. Un cercle vicieux qui peut te faire faire des études toute ta vie, à te demander quand est-ce que tu vas enfin te sentir légitime. J'ai tendance à dire qu'il n'y a que les imposteurs qui ne ressentent pas le sentiment d'imposture. Donc à la base, c'est plutôt un bon signe. Refaire la liste de tes réalisations probantesOn a cette chance, je le dis souvent, d'accompagner des personnes qui s'intéressent à énormément de choses et qui vont souvent vraiment en profondeur. Un multipotentiel, en tout cas tel qu'on le voit chez Kmeo, ce n'est pas quelqu'un qui passe d'un sujet à un autre sans creuser. Ce sont des personnes qui vont, avec beaucoup d'enthousiasme, s'investir profondément dans des sujets. Et je trouve ça dommage que ce sentiment d'illégitimité les empêche, de temps en temps, de concrétiser des choses qui leur tiennent à cœur. On a un discours interne qui peut être assez violent. Il nous donne une image de la réalité complètement irréelle. Il nous fait croire qu'on n'est pas assez bon, qu'on n'en fait pas assez, qu'on n'a pas les compétences, qu'on n'a pas les diplômes. Mais quand on essaie de voir les choses de manière objective, quitte à aller demander aux gens avec qui on travaille, l'image qui revient est tout autre. Quelqu'un qui mène des choses. Qui arrive à les mettre en place. Qui participe à des projets et qui apporte des compétences et une énergie différentes de celles des personnes qui font ça depuis des années. Ça fait du bien de se le rappeler. Dans nos accompagnements, on a un exercice qui arrive assez tôt : refaire la liste des réalisations probantes, c'est comme ça qu'on l'appelle. Les choses que tu as mises en place. Celles dans lesquelles tu as eu des résultats. Celles dont tu es fier. Puis tu regardes le rôle que tu y as joué : qu'est-ce qui a avancé grâce à ton travail ? Souvent, on voit cette prise de conscience : « Oh mon Dieu, j'ai fait plein de trucs. Et surtout, j'apporte réellement quelque chose. » Des projets, je les fais avancer. Les gens apprécient mon travail. Il y a des rôles que je prends dans des projets, et si j'avais pas pris ce rôle-là, le projet n'aurait pas avancé. Se remémorer ça, se le rappeler, ça gomme une partie de ce sentiment d'imposture. Si tu te sens illégitime en ce moment, tu peux commencer par là. Et si une compétence ou une information te manque vraiment pour ton projet, va la chercher. Demande un avis, creuse le sujet. C'est très différent d'attendre qu'on te donne la permission d'avancer : « Est-ce que vous pouvez me dire si je suis légitime ? »« Est-ce que vous pouvez me donner un papier ? »« Est-ce que vous pouvez me dire que j'ai raison de creuser ce sujet ? » Le piège, c'est que tu restes dans l'immobilisme. Et que tu passes à côté de projets qui t'auraient porté, dans lesquels tu aurais pu vraiment faire avancer le sujet. Pour résumerOn se juge avec des critères de spécialiste : la durée, le diplôme, la profondeur. Rarement la larg

  3. Aug 18

    EP 56 – Arrête de chercher des idées de business – Adrien Chaouch

    Adrien a passé dix ans dans la tech, product manager pour des logiciels d'hôtellerie. Il y a deux ans, il a tout quitté pour monter une agence de production vidéo. Il est aussi papa d'un garçon de 5 ans, et quand je lui demande comment il se présente, il répond qu'il essaie d'être le meilleur entrepreneur et le meilleur papa possible (le programme est chargé, on est d'accord). Ce qui l'a poussé dehors, ce n'est pas l'ennui. C'est cette phrase, qu'on entend beaucoup chez nous : il avait l'impression de se suradapter, de ne pas pouvoir être lui-même dans son travail. Il aimait ce qu'il faisait. Le contexte, lui, ne lui allait plus. Il ne connaissait pas le terme multipotentiel avant qu'on se croise dans le même espace de coworking. Et aujourd'hui encore, il n'est pas certain d'en être un. En revanche, il sait très bien quelles sont les deux choses qui reviennent chez lui à chaque fois. Il n’arrive pas toujours à tenir une décision dans la durée, même lorsqu’il sait qu’elle devrait être sa priorité. La seconde, c'est qu'il est incapable de répondre à la question qu'on pose à tout créateur de contenu : c'est quoi ta niche ? On a passé une heure là-dessus. Voilà ce qu'il en ressort. À retenir Sur la niche : il n'en a pas une, il en a trois ou quatre, et c'est leur mélange qui fait son style.Son métier réel n'est pas de filmer. C'est de diriger une entreprise et de changer de casquette plusieurs fois par jour.Il considère son entreprise comme un Pokémon plutôt que comme son bébé, et ce détachement lui permet d'encaisser les refus.La motivation n'est jamais constante : elle s'entretient, par vagues. Faut-il vraiment se trouver une niche ?« Tout a déjà été fait. La vraie différence, c'est comment toi tu vas l'exprimer. » - Adrien Chaouch, entrepreneur, vidéaste, fondateur d'une agence de production C'est la question qu'on pose à tout créateur de contenu, et celle sur laquelle Adrien bloque depuis deux ans. Sa réponse tient en deux temps, et les deux comptent. D'un côté, il est convaincu par l'idée que la niche, c'est toi. Il prend l'exemple de Christopher Nolan : avant son Batman, il y en avait déjà des tonnes. Ce qui a fait Nolan, c'est sa sauce à lui. De l'autre, il reconnaît la valeur d'une spécialité repérable. Quand on l'appelle pour un projet sport, c'est aussi parce qu'il connaît les marques, les tendances, les athlètes... Et c'est là que sa réponse devient intéressante pour nous. Il n'a pas une niche, il en a trois ou quatre, et c'est le mélange qui fait son style. Dans son cas, l'image de sport et l'image corporate. Sa vraie question n'est donc pas laquelle choisir, mais comment les faire tenir ensemble dans un pitch qui reste lisible pour un client. Ça ne te rappelle rien ? C'est le même exercice que quand quelqu'un te demande en soirée ce que tu fais dans la vie et que tu dois te présenter sans réciter ton CV. "Je ne suis pas vidéaste, je suis chef d'entreprise"C'est la réalisation qui lui est tombée dessus quelques mois après s'être lancé. Son métier n'est pas de filmer. Son métier, c'est d'être en même temps son directeur commercial, son directeur marketing et son chef de produit, et de changer de casquette trois fois avant le déjeuner. Sur le papier, c'est le terrain de jeu rêvé pour quelqu'un qui aime tout faire. Dans les faits, ça t'envoie direct en face de ta capacité à trancher. Parce que dans le salariat, on est souvent libre à l'intérieur d'un cadre : quelqu'un d'autre a déjà décidé des priorités, des horaires, des objectifs. Quand ce cadre disparaît, la première question devient "par où je commence", et il n'y a plus personne pour te dire si c'est le bon choix. Chaque arbitrage te ramène au même endroit : choisir, c'est renoncer. Ton entreprise n'est pas ton bébé, c'est ton PokémonJe lui demandais s'il voyait un parallèle entre créer une boîte et devenir parent. Sa réponse : pas vraiment. Il voit plutôt son entreprise comme un Pokémon. Le but numéro 1, c'est de pouvoir continuer à jouer. Le but numéro 2, c'est de le faire grandir. Je lui ai répondu que quand je pense à mes filles, je me dis aussi parfois que ce sont un peu des Pokémon.  Avec ton enfant, tu construis un amour qui se veut pour toujours. Avec ta boîte, Adrien s'autorise le détachement : il fait tout pour qu'elle marche, et si demain elle s'arrête, il n'y a pas mort d'homme. C'est ce détachement qui lui permet d'envoyer un devis sans que sa vie entière soit en jeu à chaque fois. Le métier consiste aussi à se prendre dix non dans la gueule et à continuer d'en chercher. body.logged-in .thrv_widget_menu .tcb-menu-display-desktop-logged-out{display: none !important;}.thrv_wrapper .tve-content-box-background{position: absolute;width: 100%;left: 0px;top: 0px;overflow: hidden;-webkit-background-clip: padding-box;height: 100% !important;}.thrv_wrapper.thrv-content-box{box-sizing: border-box;position: relative;min-height: 10px;}.thrv_wrapper.thrv-content-box div:not(.thrv_icon):not(.ui-resizable-handle):not(.tve-auxiliary-icon-element){box-sizing: border-box;}.tve-cb{display: inline-block;vertical-align: middle;clear: both;overflow: visible;width: 100%;z-index: 1;position: relative;min-height: 10px;}.thrv-button{max-width: 100%;margin-left: auto;margin-right: auto;display: table !important;}.thrv-button.thrv_wrapper{padding: 0px;}.thrv-button .tcb-plain-text{cursor: pointer;}a.tcb-button-link{background-color: rgb(26,188,156);padding: 12px 15px;font-size: 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    EP 56 – Arrête de chercher des idées de business – Adrien Chaouch
  4. May 14

    EP 55 – Les atypiques du cerveau et le coût invisible de l’adaptation – Mélodie Ardouin

    On parle de plus en plus de neurodiversité, et c'est une bonne chose.Mais entre les raccourcis, les clichés, les contenus approximatifs et les discours très polarisés, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver.Certaines personnes découvrent enfin des mots qui les soulagent.D’autres se sentent encore plus perdues au milieu de toutes les étiquettes.Et beaucoup continuent à vivre un décalage qu’elles ressentent très fort, sans toujours réussir à l’expliquer clairement.Dans ce nouvel épisode du podcast, on a eu le plaisir d’échanger avec Mélodie Ardouin, autrice du livre Les atypiques du cerveau .On y parle notamment : de ce que change le fait de mieux comprendre son fonctionnementdu coût parfois invisible de la suradaptation et du maskingdes femmes neurodivergentes, encore trop souvent sous-diagnostiquéesdu rôle énorme que joue l’environnement, notamment au travailet de la manière dont on peut parler de ses besoins sans forcément se réduire à une étiquetteCe qu’on a particulièrement aimé dans cet échange, c’est qu’il ne tombe ni dans les caricatures, ni dans les oppositions un peu faciles.On ne parle pas ici de “superpouvoirs” d’un côté et de “handicap pur” de l’autre.On parle de nuances, de compréhension de soi, d’énergie, de besoins, et de ce qu’on paie parfois en silence pour avoir simplement l’air de bien fonctionner.C’est un épisode qui pourra parler : aux personnes concernées directementà celles qui se posent des questions sur leur fonctionnementaux prochesaux managerset plus largement à toutes celles et ceux qui veulent mieux comprendre ce que recouvre réellement la neurodiversitéSi ces sujets résonnent avec toi, tu peux écouter l’épisode en vidéo ou en podcast. Es-tu prêt.e à nous rejoindre ? Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre  #projet1000K  ! Passe le quiz ! Es-tu prêt.e à nous rejoindre ? Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre  #projet1000K  ! Passe le quiz ! Retrouvez ici les liens et ressources cités dans le podcastPage Linkedin de Mélodie Ardouin Son site internet

  5. Feb 10

    Choisir, c’est renoncer… oui mais à quoi ?

    L’idée centrale : Derrière la difficulté à choisir, il n’y a pas toujours un manque de clarté ou de focus. Il y a parfois la peur de perdre une part de soi, de trahir une identité construite dans l’exploration. Et ça change complètement la manière d’aborder le choix. « Choisir, c’est renoncer. »C’est une citation d'André Gide qu’on entend souvent.Et c’est aussi une phrase qui fait peur à beaucoup de personnes curieuses, exploratrices, avec plein d’idées et de centres d’intérêt.Derrière la difficulté à choisir, on parle souvent d’indécision, de dispersion, de manque de focus.Comme s’il suffisait de mieux s’organiser ou de faire “un vrai choix” pour que tout rentre dans l’ordre.Mais plus j’y réfléchis, plus je me dis que le vrai sujet est ailleurs.Parfois, ce n’est pas qu’on n’arrive pas à choisir.C’est qu’on n’ose pas. Quand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand choisir donne l’impression de se trahirQuand on est curieux, touche-à-tout, explorateur, l’exploration n’est pas juste un comportement.C’est une part importante de l’identité.On a souvent grandi avec cette curiosité.On a appris à faire plein de choses, à s’intéresser à beaucoup de sujets, à ne pas rester enfermé dans une seule case.Et bien souvent, on a aussi dû défendre ce fonctionnement.Face aux remarques.Face aux “un jour, il va bien falloir que tu te poses”.Face à l’image d’instabilité qu’on nous a parfois collée.Alors forcément, choisir peut être vécu comme quelque chose de violent.Comme si choisir un projet, une voie, une direction, revenait à fermer toutes les autres portes.Comme si se poser quelque part, c’était perdre une partie de soi.Ce n’est pas irrationnel.C’est cohérent avec l’histoire qu’on s’est construite. Quand on est curieux, touche-à-tout, explorateur, l’exploration n’est pas juste un comportement.C’est une part importante de l’identité.On a souvent grandi avec cette curiosité.On a appris à faire plein de choses, à s’intéresser à beaucoup de sujets, à ne pas rester enfermé dans une seule case.Et bien souvent, on a aussi dû défendre ce fonctionnement.Face aux remarques.Face aux “un jour, il va bien falloir que tu te poses”.Face à l’image d’instabilité qu’on nous a parfois collée.Alors forcément, choisir peut être vécu comme quelque chose de violent.Comme si choisir un projet, une voie, une direction, revenait à fermer toutes les autres portes.Comme si se poser quelque part, c’était perdre une partie de soi.Ce n’est pas irrationnel.C’est cohérent avec l’histoire qu’on s’est construite. Le confort inconfortable de ne pas choisirRester en mouvement permanent, explorer sans cesse, garder toutes les options ouvertes…ce n’est pas toujours confortable.Ça fatigue.Ça disperse.Ça donne parfois l’impression de partir dans tous les sens.Mais malgré tout, c’est connu.C’est un terrain familier.À l’inverse, se poser vraiment, faire un choix clair, s’engager dans un projet…ça demande de quitter ce qu’on connaît.Et c’est là que quelque chose de très humain se joue.On préfère souvent un confort qui n’en est pas vraiment un, plutôt que l’inconfort de changer.Même si ce confort fatigue.Même s’il n’est pas pleinement satisfaisant.Parce que l’inconfort du changement, lui, est inconnu. Concrètement, ça ressemble à : rester dans un projet que tu fais plus par habitude que par envie, repousser une décision, multiplier les pistes sans jamais s’engager vraiment.Le problème n’est pas le choixCe que j’observe souvent, c’est que le problème n’est pas le choix en lui-même.Le vrai sujet, c’est ce qu’on a peur de perdre en choisissant.Peur de perdre une image de soi.Peur de perdre sa curiosité.Peur de devenir quelqu’un d’autre.Peur de donner raison à ceux qui, un jour, ont douté de notre façon de fonctionner.Alors on reste fidèle à une version de soi qu’on connaît bien.Celle qui explore.Celle qui doute.Celle qui cherche.Même si, au fond, une autre partie de soi aimerait parfois se poser un peu. Choisir sans se renierChoisir un projet ne veut pas dire renoncer à qui l’on est.Ce n’est pas perdre sa curiosité.Ce n’est pas s’enfermer.Ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.Choisir, ce n’est pas arrêter d’explorer.C’est simplement arrêter de laisser l’exploration décider à notre place, tout le temps.Il ne s’agit pas de se forcer.Ni de se spécialiser coûte que coûte.Ni de rentrer dans un cadre qui ne nous ressemble pas. On peut avoir plusieurs passions sans tout mener en même temps. Le choix porte aussi sur ce qu’on explore à un moment donné.Il s’agit plutôt de remettre un peu de conscience dans ses choix.De distinguer ce qui relève d'un élan sincère et ce qui relève de la peur de perdre quelque chose.Il n’y a pas de méthode miracle.Pas de réponse toute faite. La question qui resteQu’est-ce que j’ai peur de perdre, si je me pose vraiment ?La réponse ne vient pas toujours tout de suite.Mais se poser la question, c’est souvent déjà un premier pas.Si tu préfères le format vidéo ou podcast, j’ai développé cette réflexion plus en détail ici :→ Écouter l’épisode en podcast → Regarder l’épisode en vidéo Et si ces questions te travaillent, tu trouveras sur Kmeo d’autres ressources pour mieux comprendre ton fonctionnement et construire des choix plus justes, sans renier ton fonctionnement. Es-tu prêt.e à nous rejoindre ? Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre  #projet1000K  ! Passe le quiz ! L'épisode de podcast "Choisir, c'est renoncer... oui mais à quoi ?"

  6. 12/17/2025

    EP 54 – Vivre trop dans sa tête, quand penser ne suffit plus – Lola Barrière

    L'essentiel à retenir : Quand on vit trop dans sa tête, on cherche souvent à comprendre ses émotions sans réussir à aller mieux. Dans cet article, nous explorons pourquoi se reconnecter à son corps est essentiel pour mieux gérer le stress, l’anxiété et la charge mentale. À travers les signaux corporels, la respiration, la conscience corporelle et des pratiques simples, il devient possible d’écouter ses émotions, retrouver de l’équilibre corps–esprit et améliorer sa santé mentale et physique au quotidien. Il y a des jours où l’on se surprend à vivre dans sa propre vie comme un passager clandestin. On avance, on répond, on gère… mais on n’habite plus vraiment son corps. Tout se passe dans la tête, comme si la pensée avait pris le relais d’une présence que l’on a peu à peu oubliée. Et c’est souvent à ce moment-là que les signaux commencent : tensions, respiration courte, cœur qui se serre, fatigue qui s’accumule, des troubles parfois diffus, comme des maux de tête ou une forme de déconnexion intérieure. Le corps parle, mais on ne sait plus très bien comment l’écouter. Alors comment se reconnecter à son corps quand on a passé des années à fonctionner en mode mental ? Comment retrouver une sensation d’équilibre, réduire ce stress intérieur qui revient trop vite, ou simplement ressentir quelque chose de plus vrai, de plus proche de soi ? Revenir au corps ne demande pas une transformation radicale. C’est un retour au présent, parfois minuscule, mais profondément nécessaire. Et surtout, c’est un chemin que l’on peut emprunter sans violence, sans performance, sans injonction,  simplement en réapprenant à sentir ce qui vit à l’intérieur. Sommaire de l'article 1. Quand la tête prend toute la place et que le corps disparaît du décor 2. Les sensations corporelles comme premier langage émotionnel 3. Ce qu’on évite vraiment quand on évite de sentir 4. Comment revenir à son corps sans violence 5. Ce que la reconnexion change dans la vie de tous les jours 6. Quand Lola Barrière rappelle que le corps sait avant nous 7. Pour aller plus loin 8. Questions fréquentes 9. Retrouvez ici les liens et ressources cités dans le podcast Quand la tête prend toute la place et que le corps disparaît du décor On ne se coupe jamais de son corps par choix. Personne ne se dit : “Je vais arrêter de sentir, ça ira plus vite.” On s’éloigne parce qu’on doit tenir. Parce qu’à un moment donné, sentir devenait trop lourd. Parce que, petit à petit, l’esprit a pris la charge que le corps n’arrivait plus à porter seul. La tête a donc pris le contrôle. Elle a essayé de comprendre, d’anticiper, d’organiser tout ce qui débordait. Et pendant un temps, elle a fait un travail remarquable. Mais le mental n’est pas conçu pour remplacer le corps. Il n’est pas fait pour tout filtrer, tout absorber, tout gérer. Notre mode de vie n’aide pas. On passe des heures assis, scotchés à des écrans, à sauter d’un appel à un message, d’une urgence à l’autre. On respire vite, on bouge peu, on enchaine les journées sans transition.  Notre attention est constamment sollicitée, mais rarement tournée vers nous-mêmes. À la longue, cette surcharge peut mener à une forme d’épuisement ou de burnout. Et plus le cerveau va vite, plus la déconnexion devient facile. On pense plus vite qu’on sent. On fonctionne. On tient. Jusqu’au moment où le corps dit clairement : “Ça suffit.” Les sensations corporelles comme premier langage émotionnel Le corps ne parle pas avec des mots : il parle en sensations. En nuances minuscules. En messages qui se répètent jusqu’à ce qu’on les remarque. « Mon corps sait avant ma tête. »   — Lola Barrière, psychopraticienneIl commence doucement : une tension dans la nuque, une respiration qui bloque, une chaleur soudaine, un ventre qui serre, une fatigue qui ne ressemble pas à la fatigue habituelle. On rationalise tout : “C’est le stress”, “Je dors mal”, “Ça va passer.” Mais rien de tout cela n’est anodin. Puis viennent les émotions : impression d’être loin de soi, difficultés à ressentir ce qu’on ressent réellement. On croit manquer d’équilibre, alors qu’on manque surtout d’écoute. Enfin, les comportements suivent : on évite les pauses, on remplit trop, on contrôle tout, on s’oublie. La faim devient floue, la satiété aussi. On vit en périphérie. Ces signaux ne sont pas des problèmes à résoudre. Ce sont des invitations à revenir à soi. Ce qu’on évite vraiment quand on évite de sentir Sentir fait parfois bouger des choses que l’on croyait stabilisées. Le corps raconte des histoires que la tête aurait préféré oublier. Il remet en lumière des émotions qu’on avait rangées à la hâte. On confond souvent “sentir” avec “devoir changer toute sa vie”, par peur de ce que l’on pourrait découvrir sur soi, sur ses choix, ou sur ce qui ne va plus. Alors qu’en réalité, sentir ne nous oblige à rien. Sentir, c’est simplement être en contact avec ce qui vit à l’intérieur. Le sens vient plus tard. « C’est intéressant de comprendre, mais ça ne suffit pas. » — Lola Barrière, psychopraticienneComme l’explique Lola Barrière dans l’interview, s’éloigner de ce que l’on ressent finit toujours par se manifester dans le corps. Ce n’est pas dramatique. Ce n’est pas une menace. C’est juste la réalité. Comment revenir à son corps sans violence Revenir à son corps n’a rien d’extraordinaire. Ce n’est pas une performance. Ce n’est pas non plus un rituel à maîtriser parfaitement. C’est une pratique simple, parfois presque invisible. Une respiration un peu plus lente, en conscience.Les épaules qui se relâchent, quand on prend le temps de les sentir.Le contact des pieds et des jambes avec le sol, la position du corps, observés sans chercher à corriger.Un étirement qui redonne de l’espace là où il n’y en avait plus.Une minute où l’on s’arrête pour sentir quelque chose, n’importe quoi, simplement en restant présent à la sensation. Le corps n’a pas besoin de grandes intentions. Il a besoin de régularité. D’attention. De douceur. Parfois, on croit ne rien sentir. Ce n’est pas vrai : on sent toujours quelque chose. Il faut juste laisser la sensation exister avant que la pensée ne s’en empare. Et le mouvement aide énormément : une activité physique douce, marcher quelques minutes, respirer profondément, détendre la nuque, ressentir l’air entrer et sortir.  Pour certains, cela passera par le yoga, la méditation ou des temps de relaxation ; pour d’autres, par quelques mouvements conscients ou une respiration plus lente. Le corps se reconnecte par l’expérience directe, pas par la théorie. Accompagner quelqu’un dans cette reconnection, on le voit souvent chez Kmeo, ne consiste pas à “expliquer” ce qu’il vit. Mais simplement à se sentir suffisamment en sécurité pour le vivre vraiment. Ce que la reconnexion change dans la vie de tous les jours Revenir à son corps n’a rien d’un grand tournant visible. C’est une transformation qui s’installe à l’intérieur, en silence. Puis un jour, on réalise qu’on respire un peu plus librement. Que l’on remarque sa posture avant qu’elle ne devienne douloureuse. Qu’on sent revenir une énergie plus stable. On devient plus attentif à sa fatigue, plus à l’écoute de ses limites. On reconnaît plus vite quand une situation ne nous convient pas. Le corps devient un repère fiable, une boussole intérieure, un fil rouge qui clarifie ce que le mental embrouille parfois. C’est discret, mais puissant. Moins d’anxiété. Plus de présence. Une manière de revenir dans sa propre vie sans forcer quoi que ce soit. Quand Lola Barrière rappelle que le corps sait avant nous Quand Lola parle du corps et des émotions, on sent tout de suite que ce n’est pas théorique. Psychopraticienne, elle travaille depuis des années sur le lien entre émotions, corps et compréhension mentale, notamment à travers des approches comme l’EmRes . L’EmRes est une approche psychocorporelle qui consiste à résoudre nos émotions au quotidien et débloquer des émotions restées figées, même après des années de compréhension mentale. Elle part du principe que certaines réactions ne relèvent pas d’un manque de lucidité, mais d’un système nerveux resté en alerte. En passant par les sensations corporelles et le rythme interne, l’EmRes permet au corps de retrouver sa capacité naturelle d’apaisement et de régulation. Dans l’épisode, elle explique comment le mental, même très fin, peut devenir une manière de rester à distance de ce qui se passe vraiment. Comment on cherche à analyser, à comprendre, à mettre de la logique là où il y aurait surtout besoin de présence. Et comment, à force, cette stratégie épuise plus qu’elle ne soulage. « Une émotion n’est jamais négative. Elle peut être agréable ou désagréable, mais elle est toujours positive parce qu’elle cherche à faire passer un message. »Ce qu’elle met en lumière, c’est ce décalage que beaucoup connaissent sans toujours savoir le nommer : on comprend ce qui se joue, mais quelque chose continue de bloquer. Parce que le corps, lui, a déjà envoyé les signaux. Et tant qu’on ne les écoute pas, ils reviennent. Autrement. Plus fort parfois. Dans cet échange, Lola rappelle une chose simple et pourtant fondamentale : le corps ne s’oppose pas à la compréhension. Il la précède. Pour aller plus loin Cet article pose quelques repères, mais certai

  7. 06/11/2025

    Comment créer un projet professionnel sur mesure quand on est multipotentiel ? – Thé ou Kfé ? #19

    Cet article est tiré d’un live animé par Lauriane et Aurore. Elles y parlent de ce moment flou (et souvent angoissant) où l’on essaie de construire un projet professionnel… sans rentrer dans les cases.  D'ailleurs quand tu entends "projet professionnel", tu penses sans doute à : Un plan béton sur 10 ansUn seul métier pour toute une vieUn choix "rationnel" et "stable"Mais pour les multipotentiels, cette vision-là est souvent paralysante. Ce qu’on vit, c’est plutôt un patchwork d’idées, de débuts d’envies, de projets "inachevés", de trucs qu’on veut tester, sans forcément savoir où ça mène. Et avouons-le, tout ça crée beaucoup de doutes dans nos têtes d'explorateurs curieux. "On cherche un projet pro carré alors qu’on n’a pas encore tous les morceaux du puzzle." - Lauriane Ce qu’on aborde dans cet épisode :Le poids des injonctions : "faut choisir, faut se spécialiser, faut rentrer dans le moule".Le mythe du projet figé : on croit qu’un projet doit être stable, définitif… alors qu’en vrai, il peut évoluer avec nous.Le besoin de construire à partir de soi, et pas à partir d’un modèle tout fait  Les déclics qui reviennent souvent chez les multis qu’on accompagne : quand tu reconnectes avec ton énergie, que tu changes ton cadre, ou que tu acceptes de ne pas savoir exactement où tu vas… ça se débloque.On y partage aussi des outils et pistes concrètes : Faire le point sur ce qui te donne de l’élanRepérer les projets "énergie + clarté"Cartographier ton parcours comme un terrain de jeuAccepter les projets éphémères ou de transition comme partie prenante du chemin Ce que ça change quand on s’autorise à faire autrementUn projet professionnel sur mesure, ce n’est pas un objectif rigide à atteindre. C’est un espace que tu construis à ton rythme, qui évolue avec toi. C’est un projet qui ne nie pas tes envies multiples mais qui s’en sert comme matière. C’est se dire : "Je peux avancer même si je n’ai pas encore tout compris.""Je peux tester, ajuster, explorer.""Je peux créer un projet qui me ressemble, même s’il ne rentre dans aucune case."Alors si tu veux entendre Lauriane et Aurore parler de  création d'un projet à son image quand t'es multi, ce podcast est fait pour toi ! Es-tu prêt.e à nous rejoindre ? Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre  #projet1000K  ! Passe le quiz ! Es-tu prêt.e à nous rejoindre ? Utilise ce super Quiz maison pour déterminer si tu as un profil multi et venir ajouter ta pierre à notre  #projet1000K  ! Passe le quiz !

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