Tous les cinémas du monde

Le magazine cinéma de RFI. Chaque semaine, Élisabeth Lequeret et Sophie Torlotin vous font découvrir l’actualité du cinéma sur tous les continents. Diffusions : le samedi à 15h10 TU vers toutes cibles.

  1. May 9

    Yann Dedet, ou le montage comme geste vivant

    Yann Dedet a été le monteur de quatre films de Maurice Pialat (1925-2003), dont Police, Sous le soleil de Satan et Van Gogh. Ni hagiographie, ni biographie, ni exercice d’admiration, Portrait de l’artiste en sale môme est le récit personnel, vivant et littéraire de ce Maurice, cerné de près dans l’atelier de transmutation qu’est une salle de montage. Yann Dedet a voulu avec ce nouveau livre raconter ce que fut pour lui le « bonhomme » Pialat, et le cinéaste. Le livre commence drôlement par un refus : Yann Dedet ne montera pas le dernier film de Pialat, Le Garçu (1995). Cauchemar qui devient le déclic de ce récit : évoquer les films sur lesquels ils ont travaillé, déployer les contradictions de l’homme et du cinéaste, ses humeurs et son humour « à casser des briques ». Écrire les élans de ce personnage bourru « dont le cinéma est loin du tout-venant, un cinéma qui ne se fait pas de cinéma ». Ses relations intenses, souvent ambivalentes, avec les acteurs et les actrices (Sophie Marceau, Isabelle Huppert…) Son travail de réalisateur et sa relation au cinéma. Yann Dedet parvient dans un récit haut en couleurs à faire de Pialat un personnage romanesque à part entière, à transmettre ses zones d’ombre, sa pratique d’être en vie et de dire la vie, non seulement la sienne, mais aussi celles des autres qui ont eu le bonheur de travailler avec cet ancien peintre devenu cinéaste, dans ses lieux de travail autant qu’au cours de ses marches roboratives, sa gymnastique favorite. Tout à la fois portrait intime et décalé, sans fard, d’un artiste exceptionnel, réflexion sur la vie et le cinéma, et la vie quand on fait du cinéma, sur le montage cinématographique, et l’amitié.

    49 min
  2. May 2

    Selma Baccar réunit trois femmes tunisiennes dans «La maison dorée»

    Elles s’appellent Jalila, Salwa et Marwa : trois femmes, trois visages de la Tunisie contemporaine qui, en plein printemps arabe, vont se réfugier dans un hôtel où le temps et la dureté de l’époque semblent ne pas avoir de prise. Le nom de cet hôtel, c’est La maison dorée, c’est aussi le titre du film de notre invitée du jour : Selma Baccar.  Selma Baccar est une pionnière du cinéma tunisien, à la fois réalisatrice, productrice et femme politique. Elle se fait remarquer en 1975 avec son premier long métrage Fatma 75 considéré comme le premier film féministe tunisien, un film longtemps censuré. Elle n'a ensuite jamais dévié de cette ligne d’un cinéma engagé, explorant la mémoire et l’identité des luttes féminines. Selma Baccar s'est aussi illustrée en politique après la révolution de 2011 en devenant membre de l’Assemblée constituante. La maison dorée est née de ces années-là et en porte la marque. À l'affiche de notre cinéma également ce samedi, la sortie en salle en Tunisie d'un film d’une cinéaste de la Nouvelle vague du cinéma tunisien : À voix basse, de Leyla Bouzid. Dans ce film qui aborde de front le tabou de l'homosexualité féminine, Selma Baccar joue le rôle de la matriarche, gardienne des traditions et du secret. Musiques : Waahli – « Fais le pas » (titre de la playlist de RFI) et IDK ft Pusha T –​​​​​ « Life 4 a life ».

    49 min

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