Revue de presse des hebdomadaires français

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.

  1. 6d ago

    À la Une: la chute mondiale de la natalité à l'horizon 2050

    « 2050 : comment la démographie va bouleverser l’ordre mondial », titre L’Express qui sonne l’alarme : « La chute mondiale de la natalité plonge l’humanité dans une situation historique. D’ici à 2050, les bouleversements politiques, économiques et géopolitique seront nombreux… » Ce qui conduit l’hebdomadaire à tirer le signal d’alarme. Citant le Japon, avec une démographie en berne, comme d’autres pays « riches », la France notamment. Dans ces conditions, la question de l’immigration devient cruciale. L’Express s’intéresse donc à l’Afrique, « le dernier grand réservoir d’immigration », nous dit-on. « Lentement mais inexorablement, ajoute l’hebdomadaire, la "jeune Afrique", de plus en plus d’origine subsaharienne, va continuer à changer la donne démographique sur le Vieux Continent, comme elle l’a fait depuis un demi-siècle ». Toutefois, remarque L’Express, « les Cassandre de "l’invasion" escamotent facilement le fait que la plupart des migrants africains restent sur leur continent (…), ils quittent leur pays pour s’installer dans un autre pays africain, mieux loti ». Par exemple, la Côte d’Ivoire ou l’Afrique du Sud…  « Le président s'amuse » La Une de Paris Match fait couler beaucoup d’encre… On y voit une photo d'Emmanuel Macron en jet ski, jambes nues, bras musclés, lunettes de soleil imposantes, regardant l’objectif. Une photo qui fait l’objet de nombreuses railleries sur les réseaux sociaux, et met en colère certains journaux français. Cette semaine, Libération s’exclamait : « On a d’abord cru à une fausse Une de magazine people ». Le Parisien a, lui aussi, remarqué cette photo, « vivement critiquée par les opposants politiques du président qui lui reprochent des occupations de vacances déconnectées des Français ». « Vous avez vu mon gros jet ski comme il va vite ? », s’est moquée Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, qui, sur X, « a mis en parallèle la photo de Paris Match, "avec les morts causés par cinq canicules, une sécheresse et des incendies historiques" ». Libération évoque aussi la réaction d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste : « Pendant la canicule, quand la France brûle, quand une partie des Français n'a pas pu partir en vacances, le président s'amuse en jet ski à Brégançon. C'est ça le message ? C'est très réussi ». Paparazzis Une autre photo de Paris Match fait également polémique. Toujours en Une de l’hebdomadaire, mais en petit format, on voit Raphaël Glucksmann, probable futur candidat à l’élection présidentielle et sa compagne la journaliste Léa Salamé, s’embrasser, debout, dans l’eau, la Méditerranée semble-t-il. Là encore, Libération s’emporte : à l’intérieur de Paris-Match, nous dit-on, « un roman photo de huit pages avec de (fausses ?) photos volées et des légendes ridicules : "Il la retient dans le courant, mais pour se préparer au gros temps politique, il peut compter sur elle, son "meilleur coach" ». Libération ne décolère pas et s’adresse aux responsables politiques : « Qu’ils se posent la question de pourquoi la distance s’est créée entre eux et une grande majorité de la population. Ce n’est pas en jouant la comédie pour des paparazzis qu’on gagne une élection présidentielle ». L'expérience est-elle un atout ? L'élection présidentielle qui aura lieu au printemps 2027 intéresse déjà la presse internationale. Courrier International nous signale un article de Die Zeit. L’hebdomadaire allemand constate ainsi « qu’un nombre étonnamment élevé de candidats, ou pressentis comme tels pour l’élection présidentielle de 2027, ont déjà exercé des fonctions gouvernementales, voire plus ». Allusion à l’ancien président François Hollande, dont la photo, riant aux éclats, illustre l’article. Mais, se demande Die Zeit, « avoir trop d’expérience peut-il être néfaste en politique ? », ajoutant aussitôt : « Pourtant, l’expérience engendre la confiance... Après tout, lorsqu’on monte dans un avion, on espère que ce n’est pas la première fois que le ou la pilote prend place dans le cockpit ». Et François Hollande, lui « sait piloter », remarque Die Zeit, qui semble donc avoir une nette préférence pour l’ancien président socialiste (qui ne s’est toutefois pas encore officiellement déclaré candidat). Mais l'hebdomadaire ne place pas l’expérience par-dessus tout. « Certains candidats, estime Die Zeit, semblent tellement appartenir à une autre époque qu’il faut accompagner leur nom d’une note en bas de page avec des informations biographiques, et pas seulement pour les jeunes électeurs ». Dans le viseur de l'hebdomadaire : Dominique de Villepin, « locataire de Matignon il y a vingt ans, sous la présidence de Jacques Chirac » … L’hebdomadaire met aussi en garde contre le « trop d’expérience », et prend pour exemple l’ex-chancelière allemande Angela Merkel, « restée 16 ans à la tête du pays », et que visiblement il ne porte pas dans son cœur. « Avec le recul, accuse Die Zeit, on voit mieux à quel point la stabilité que promettait son expérience était trompeuse ».

  2. Aug 9

    À la Une: Vladimir Poutine est-il en train de perdre la guerre contre l'Ukraine?

    Deux versions s’opposent dans la presse dominicale. Pour la Tribune Dimanche, tout d'abord, pas de doute : « L’Ukraine reprend la main sur la guerre face à la Russie ». « Il y a un an, explique le journal, l’Ukraine semblait condamnée à subir les choix de Washington et les exigences de Moscou. Ses succès sur le front, ses frappes en Russie et son avance dans la guerre des drones lui ont redonné l’avantage. » La Tribune Dimanche salue notamment ce qu’elle appelle « l’une des grandes réussites de [Volodymyr] Zelensky, une armée certes moins nombreuse mais plus agile et innovante, capable de frapper loin et de rendre extrêmement coûteuse l’offensive russe ». Courrier International est moins optimiste pour l'Ukraine et parle « d’un tournant tragique ». « À l’approche du 5e hiver de guerre (nous dit-on), Moscou va certainement chercher à plonger l’Ukraine dans le noir. » Courrier International s’inspire notamment du Kiev Independent. Le journal ukrainien rappelle « qu'une grave pénurie en matière de défense aérienne expose Kiev aux missiles balistiques russes », ce qui aboutit « à des frappes plus meurtrières et plus dévastatrices ». La question des missiles intercepteurs Patriot est cruciale. « L’arsenal de Kiev est épuisé, remarque Courrier International. Or l'Ukraine n’en recevra pas de nouveaux, les réserves américaines ayant elles-mêmes fondu, en raison notamment de la guerre contre l’Iran ». À lire aussiGuerre en Ukraine: la course aux drones s'accélère entre Moscou et Kiev Menaces sur les exilés palestiniens Le Nouvel Obs a rencontré des artistes palestiniens exilés et menacés en France. Parmi eux, Raed Issa, un plasticien, qui a réussi « à réunir les 5 000 dollars par personne exigés par une agence égyptienne qui monnaie à prix d’or les passages vers le Caire ». « En France, raconte le Nouvel Obs, Raed Issa pense "enfin respirer" ». Mais « le réveil est brutal. Un matin à la fin de l’été 2025, des appels le tirent de son sommeil. Au bout du fil, la directrice de l'École supérieure d'art d’Aix-en-Provence (où il est en résidence). Elle et des proches sont paniqués. Une violente campagne de diffamation le cible sur les réseaux sociaux. Lancée par le compte anonyme pro-israélien Sword of Solomon, et relayée par des groupuscules identitaires, cette campagne l’accuse d’être un terroriste infiltré ». « Une autre fois, poursuit le Nouvel Obs, son visage est placardé comme une affiche de criminel recherché. » « Sortir mes enfants de Gaza pour les protéger de la mort et finir par trembler pour leur sécurité en France, c’est d’une terrible cruauté », soupire Raed Issa. À lire aussiUne commission estime que le militant palestinien Ramy Shaath ne doit pas être expulsé de France « Je dis que je suis libanais » Autre témoignage, celui du cinéaste Amer Nasser, qui « refuse d’être photographié par crainte de montage malveillant ou d’être pris à partie dans la rue ». Il s’explique : « Je reçois sur mes réseaux sociaux des commentaires qui me disent : "Qu’est-ce que tu viens faire en France ? Va-t’en en Arabie saoudite." J'en suis arrivé à un stade où je dis que je suis libanais. Cela m'évite des problèmes. » Quant à la poétesse palestinienne Nour Elassy, elle aussi réfugiée dans l'Hexagone, elle se demande : « La France ne voit-elle pas que les tueries et le blocus continuent à Gaza ? » Ceci étant, la France a cessé d'accueillir des artistes et des scientifiques palestiniens, après l'expulsion, l'été dernier, d'une étudiante palestinienne accusée d'avoir fait l'apologie du terrorisme. « Une punition collective », accuse le Nouvel Obs, alors que la chercheuse Marion Slitine dénonce « un climat de suspicion généralisée qui pèse sur tout Palestinien ou soutien à la Palestine ». Le rêve d'une jeunesse éternelle « Peut-on vraiment rajeunir ? » C’est l’hebdomadaire Le Point qui pose la question à sa Une, cette semaine, et qui nous parle des tendances du moment en matière de chirurgie esthétique. « Finis les traits figés et les injections à outrance. Chirurgie et médecine esthétique misent désormais sur des méthodes plus discrètes », explique Le Point, qui met notamment en avant le « deep plane facelift », qu’on pourrait traduire par « lifting en profondeur ». Une technique à laquelle a « probablement » recours Brad Pitt, ce qui expliquerait pourquoi l’acteur sexagénaire affiche un visage de jeune homme, ou presque. Plus sérieusement, « une autre révolution se trame, loin des miroirs et des salles d’opération », raconte Le Point. « En juin 2026, un patient a pour la première fois suivi une thérapie génique destinée à reprogrammer partiellement les cellules de son nerf optique », explique l’hebdomadaire. « Un premier pas, encore fragile, vers une hypothèse vertigineuse : restaurer, un jour, la vitalité d’organes que l’âge a abîmés ». Alors, chirurgie esthétique ou thérapie génique ? Pour Le Point, « l’une veut adoucir ce que le temps inscrit sur les visages ; l’autre rêve de mener un combat à la source, dans l’intimité des cellules. Mais l’obsession est la même : ne pas se résigner tout à fait à l’inéluctable ». À lire aussiBoom de la médecine esthétique : l’âge d’or de l’anti-âge

  3. Aug 2

    À la Une: les expulsions et les arrestations par l'ICE continuent aux États-Unis

    C’est le Nouvel Obs qui nous raconte l’histoire de Melissa, « partie du Vietnam et arrivée aux États-Unis en 1993, à l’âge de 11 ans. »  « Cette mère de quatre enfants, explique l’hebdomadaire, a été considérée comme une "criminelle étrangère" en situation irrégulière, et brutalement renvoyée en novembre 2025 dans son pays natal. » Pourquoi criminelle ? Parce que lorsqu'elle avait 18 ans, « elle a volé des chèques à son employeur », ce qui lui a fait perdre sa green card (la carte de résident permanent). Depuis, elle renouvelait chaque année sa carte de séjour. Or, en novembre 2025, bien qu’une décision de justice ait été rendue en sa faveur, elle est convoquée par l’ICE, la police de l’immigration, et elle est expulsée. Melissa a quitté les États-Unis totalement démunie : « Je n’avais que les habits que j’avais sur moi quand j’ai été arrêtée, se souvient-elle. Je n’ai pas pu embrasser ma famille. Tout s’est passé si vite. Parfois j’ai l’impression que je suis dans un cauchemar et que je vais me réveiller ». Le Nouvel Obs, qui l’a rencontrée dans le sud du Vietnam où elle a été accueillie par de la famille, raconte que « Melissa est réglée sur le fuseau horaire de la côte Est américaine. C’est la nuit là-bas. Danny son mari, et ses quatre enfants, dont les plus jeunes ont sept et dix ans, dorment ». Son seul espoir : une grâce de la gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, une démocrate, première femme à ce poste.  Sombre tableau La France, l’Espagne, la Grèce… les grands incendies de l'été font la Une de l'actualité. « Nos maisons brûlent » annonce le Nouvel Obs en Une, avec en fond une photo de nuit montrant des arbres qui s’enflamment comme des allumettes. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». La phrase n’est pas d’aujourd’hui, elle a été prononcée en 2002 par l’ancien président français Jacques Chirac…« Vingt-quatre ans ont passé, nos maisons brûlent et nous sommes sidérés par les flammes », constate le Nouvel Obs, « que de temps perdu depuis que Jacques Chirac a joué les Cassandre. »  Dans l’hebdomadaire Le Point, Théo Keeping, chercheur à l’Imperial College de Londres, souligne, lui, que les incendies de l’été « comptent parmi les plus extrêmes jamais observés en Europe. » Et il n’est pas optimiste. « Les répercussions (dit-il) vont au-delà des évacuations et des pertes matérielles. Nous nous attendons à des dizaines de milliers de décès supplémentaires dus à l’exposition aux fumées et à de lourdes conséquences économiques liées aux perturbations causées. » Affaire sensible Marianne alerte sur le racisme anti-blancs. L’hebdomadaire revient sur un fait divers qui a eu un grand retentissement médiatique en France : la mort de Thomas, un adolescent de 17 ans, tué à coups de couteau lors d’un bal à Crépol, dans le sud de la France, en 2023. L’affaire n’a pas encore été jugée, mais les juges d’instruction chargés du dossier « ont décidé, après un nouvel interrogatoire des suspects, de retenir la circonstance aggravante du racisme, à l’encontre de "la race blanche" et "la nation française". »   Ce qui donne satisfaction à Marianne, l’hebdomadaire estimant que « cette décision va à l’encontre d’un certain nombre de commentaires, émanant essentiellement de la gauche, qui avaient balayé cette hypothèse, pour ne voir qu’une rixe entre deux bandes opposées. » Dans le dossier, à ce jour, ajoute Marianne, « ce sont 16 témoins qui ont entendu les agresseurs tenir des propos comme "on va vous crever les petits blancs", ou encore "sale Français de m***e". » L’affaire, rappelle Marianne, a été politiquement et médiatiquement très exploitée, ce n’est sans doute pas fini.  Les espions sur le gril L’Express publie un long dossier sur l’espionnage, l'un de ses sujets de prédilection. Cette fois-ci, l'hebdomadaire a eu l’idée de faire un classement des meilleurs espions : « Un palmarès des agences d’espionnage en Europe, réalisé grâce à un jury de 60 professionnels du renseignement, issus de 25 pays ». À ce petit jeu, c’est le Royaume-Uni qui arrive en tête, devant la France et les Pays-Bas.  L’Express est allé plus loin, en demandant aux espions étrangers, ce qu’ils pensent de la DGSE, les services de renseignement français. Il en ressort que « la DGSE est considérée comme un service efficace sur tous les aspects du renseignement, y compris le cyber, capable d’opérer un peu partout dans le monde », assure Grzegorz Malecki, ex-directeur des services secrets polonais. L’Express souligne également l’expertise de la France sur l’Afrique, même si elle a perdu de son influence sur le continent. La DGSE a tout de même connu quelques ratés, et non des moindres : « En 2022, rappelle l’Express, ni la DGSE, ni la Direction du renseignement militaire, n’ont voulu croire à l’invasion de l’Ukraine ».

  4. Jul 26

    À la Une: les homosexuels sénégalais tentent de fuir leur pays

    « Sénégal : la grande détresse des homosexuels », titre Le Nouvel Obs, qui a interrogé plusieurs de ces sénégalais venus chercher refuge en France, alors que dans leur pays, l’homosexualité est désormais passible de dix ans de prison. L’hebdomadaire a notamment interviewé Chérif. C’est un nom d’emprunt. Il préfère rester anonyme. Sans papiers, inquiet, il ne précise pas la manière dont il est arrivé en France. Il espère obtenir l'asile. Et il raconte « l’atmosphère devenue irrespirable » au Sénégal, « à la maison, dans la rue, à la télévision comme sur les réseaux sociaux », « tout le monde ne parlait que des homosexuels », et « les discours de haine se propageaient sans plus aucun filtre » : « Ils pervertissent la jeunesse », « ils détruisent le pays », « on doit les tuer », « on doit les brûler ». « L’histoire de Chérif est loin d’être isolée », précise Le Nouvel Obs. « Depuis des mois, des associations françaises alertent sur la hausse des appels de détresse venant du Sénégal ». L’association STOP homophobie reçoit ainsi de nombreux appels comme celui de cet homme de 34 ans qui cherche à quitter le Sénégal « parce que le pays n’est pas prêt à accepter les personnes gays ». Et il ajoute : « Tous les homosexuels se cachent. C’est comme vivre en prison ». Suède, Pologne, Pays baltes Et si Vladimir Poutine décidait d’attaquer l’Europe… C’est L’Express qui se projette dans l’avenir et livre plusieurs scénarios qui, nous dit-il, ont été élaborés par « les meilleurs experts ». Premier exemple : débarquement russe sur l’île suédoise de Gotland, le 3 septembre 2029. « À quelques kilomètres au large, surgissent de multiples corvettes et navires de débarquement appartenant à la flotte russe de la Baltique. Revanchard après les déboires de son armée en Ukraine, Vladimir Poutine vient d’ouvrir un nouveau front. La Suède, qui a rejoint l’Otan en 2024, en est la première victime ». Autre scénario : « Des drones déferlent sur la Pologne ». « Le but ultime de ces actions serait d’effrayer les populations, afin qu’elles fassent pression sur leur gouvernement pour qu’il cesse de soutenir l’Ukraine », estime le général américain Ben Hodges. Il y a aussi bien sûr l’hypothèse d’une attaque des Pays baltes, souvent évoquée. Ce pourrait être le 4 décembre 2028, raconte L’Express. « Avide de reprendre la main sur cette ancienne république soviétique, imagine L’Express, Poutine vient d’ordonner la prise de Narva (petite ville du nord-est de l’Estonie) au prétexte d’une protection de la minorité russophone qui y serait "persécutée" ». Bref, les hypothèses ne manquent pas…  Réfugiés climatiques Les incendies continuent de ravager la région de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. Incendies qu’évoque notamment la Tribune Dimanche. Dans son éditorial, Soazig Quéméner, revient sur le sort de ces nouveaux « réfugiés climatiques », « contraints de quitter leurs domiciles pour échapper aux ravages de feux à la trajectoire imprévisible ». « Ils rejoignent à leur cœur défendant, dit-elle, le contingent des exilés climatiques. Pour la plupart, ils retrouveront bien heureusement leurs foyers, mais tous seront frappés, marqués à vie par la mémoire de ces flammes monstrueuses ». Dans son éditorial pour le Parisien Dimanche, Jean-Baptiste Isaac parle, lui, des « réfugiés du feu » et constate : « L’Europe, que l’on pensait à l’abri de ces calamités est frappée de plein fouet, emportée par la spirale du dérèglement climatique ». Vacances paisibles Courrier International nous invite à « lever le pied ». Précision importante, il s’agit de lever le pied pendant les vacances. « Aux périples lointains rythmés par les sauts de puce de ville en ville, de plus en plus de vacanciers préfèrent les séjours plus tranquilles », explique Courrier International. Ils vont « moins loin, dans des coins plus calmes avec des activités plus douces ». L’hebdomadaire cite une étude de l’agence de voyages Expedia, selon laquelle « 91 % des voyageurs se disent intéressés par des voyages centrés sur la lecture, la détente et les moments privilégiés ». Courrier International s’appuie notamment sur un article du journal espagnol la Vanguardia, selon lequel, « les queues pour faire la photo chacun son tour, les parkings des plages les plus cotées déjà pleins à 8 heures du matin… tout cela n’est plus attractif… ». La Vanguardia, prône plutôt « le tourisme communautaire ». De quoi s’agit-il ? « De participer à la vie locale pendant plusieurs jours dans un même environnement, de se laisser tenter par le quotidien des commerces locaux, ou encore de bavarder spontanément, à la fraîche, avec des dames, dans les coins les plus authentiques de la région… »  Un peu de douceur, dans ce monde sous tension…

  5. Jul 19

    À la Une: et si le RN gouvernait réellement?

    Deux unes d’hebdomadaires français se répondent cette semaine. Sur chacune, le même visage, celui de Marine Le Pen. Et la même question : que se passerait-il si le Rassemblement national gouvernait réellement ? Les promesses du RN confrontées à la réalité L’Express met en scène Marine Le Pen assise sur un trône doré, entourée de chats, et titre : « Les 100 premiers jours du RN au pouvoir ». Avec ce sous-titre : « Enquête sur le programme qui plomberait la France ». Le dossier passe chaque promesse au tamis du réel. La mesure phare, le référendum sur l’immigration, se fracasse sur l’article 89 de la Constitution. Celui-ci encadre les révisions constitutionnelles et impose qu’avant tout référendum, le texte soit voté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat. Un verrou quasiment infranchissable pour le RN. L’hebdomadaire cite d’ailleurs un proche du dossier, désabusé : « Ce n’est pas la peine de faire croire aux Français qu’on peut consulter sur tout. » Quant à la promesse de Jordan Bardella de réduire de moitié la contribution française à l’Union européenne, ce serait « le fiasco assuré », tranche L’Express. Le parti se heurterait aussi à une difficulté très concrète : il ne parvient pas à recruter les hauts fonctionnaires dont il aurait besoin pour gouverner. Un proche de Marine Le Pen le reconnaît : « On a un vrai sujet sur les ressources humaines… On ne trouve pas de gens qui tiennent la route. » Le Pen-Bardella, un tandem moins solide qu’il n’y paraît Même préoccupation au Nouvel Obs, mais avec un autre angle. Sous le duo Le Pen-Bardella, ce titre : « Les failles cachées », accompagné d’une question : « Pourquoi leur ticket n’est pas si gagnant ». L’hebdomadaire décrit la fébrilité du tandem après la confirmation en appel de la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics. Jordan Bardella, écrit Le Nouvel Obs, « a vu s’envoler un bail virtuel de cinq ans à l’Élysée et doit se contenter d’un siège éjectable de Premier ministre ». Le vernis commence à craquer, notamment en raison des désaccords qui traversent le duo. Sur les retraites, Jordan Bardella affiche ainsi une posture favorable aux entreprises, tandis que Marine Le Pen défend un départ à 60 ou 62 ans. Un député confie à L’Express que des divergences de ce type, « il y en a des dizaines ». Le dossier du Nouvel Obs se referme sur cette formule d’un vieil ami de la famille : « Marine, quand elle est face à une difficulté, c’est là qu’elle devient vraiment une Le Pen ». Ce qui, note perfidement l’hebdomadaire, ne devrait pas rassurer l’extrême droite, car « les Le Pen ont toujours perdu ». Ces commerces vides qui servent à blanchir de l’argent Sur un tout autre sujet, Le Point publie une enquête sur le blanchiment d’argent. Elle commence par une balade dans Paris, rue de Bagnolet, devant un vendeur de kebabs désespérément vide à l’heure du déjeuner. Pourquoi cet établissement tient-il depuis des années ? Parce que, écrit Le Point, « ce commerce se moque éperdument de vendre des sandwichs » . Il s’agirait en réalité d’une officine de blanchiment. Son propriétaire disposerait d’une fortune en espèces d’origine inavouable, provenant par exemple du trafic de drogue, dont il lui faudrait justifier la provenance, quitte à inventer des clients. S’il déclare avoir servi 250 personnes à 50 euros dans le mois, le fisc n’a aucun moyen de le vérifier. Voilà pourquoi l’échoppe reste ouverte, même vide. La même mécanique serait à l’œuvre dans certains salons de massage, ongleries ou salons de coiffure. Des tickets de loterie gagnants peuvent même être rachetés afin de blanchir des flux financiers. Les autorités traquent ces pratiques, mais les délinquants continuent d’innover. La mort est-elle vraiment une mauvaise chose ? Une dernière question, presque philosophique : « Pourquoi mourons-nous ? » C’est le titre du livre du prix Nobel de chimie Venki Ramakrishnan, interrogé par L’Express. Et si la science permettait un jour de ne plus mourir ? Le scientifique raconte une conversation bien réelle, captée l’an dernier entre Vladimir Poutine et Xi Jinping, au cours de laquelle les deux dirigeants évoquaient leur intention de prolonger leur vie grâce à la recherche. Cette perspective l’inquiète. Jusqu’ici, explique-t-il, « on savait que les dictateurs finissent par mourir, laissant l’espoir que le régime suivant soit différent ». Mais « imaginez un monde où Trump, Poutine ou Xi vivraient pour toujours… Je ne suis pas sûr que ce serait un monde meilleur ». Pour Venki Ramakrishnan, la mort a aussi du bon : « Être mortel nous pousse à accomplir des choses. Mozart n’a vécu que 36 ans, mais il a eu le temps d’écrire 41 symphonies ». Ce dont l’humanité a besoin, conclut-il, ce n’est pas de permettre à quelques puissants de vivre pour toujours, mais d’offrir au plus grand nombre la possibilité de vivre longtemps et en bonne santé. Tout un programme.

  6. Jul 12

    À la Une: l'avenir de Marine Le Pen et du Rassemblement national, à un an de la présidentielle en France

    La cheffe de file du parti d'extrême droite français qui revient de loin, et « retarde une énième fois le couperet judiciaire », observe Le Point, en ressortant « condamnée mais d'une certaine manière victorieuse de son procès pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens. » Elle peut juridiquement se présenter à l'élection présidentielle, et s'est d'ailleurs déclarée candidate, cette semaine. Mais la dirigeante nationaliste a devant elle encore de multiples obstacles, et Jordan Bardella pourrait bien être l'un d'entre eux. C'est en tout cas la question que se pose Marianne : « le poulain de Marine le Pen s'était imposé comme une alternative de plus en plus crédible pour remplacer celle-ci à la présidentielle, en semant pas mal de doutes au passage. Est-ce suffisant pour fragiliser la candidature de la patronne du RN ? » se demande l'hebdomadaire, avant de rappeler que « les événements des derniers mois ont jeté une lumière crue sur les divergences au sein du tandem. » La question des retraites par exemple, celle de l'international et du soutien à l'Ukraine également. Au-delà des désaccords idéologiques, ce sont les ambitions personnelles de Jordan Bardella qui sèment le trouble au sein du parti, comme le rapporte Le Point, « particulièrement dans l'entourage de Marine Le Pen, qui reste taraudé par une question: le dauphin maintenant sorti de sa boite, acceptera-t-il, sous prétexte de ne plus briguer l'Elysée mais Matignon, d'y rentrer de nouveau sans histoire ? » Alors Bardella, va-t-il devenir un caillou dans la chaussure de Marine Le Pen ? « Bien sur que Jordan sera un boulet. Son entourage a cru à sa candidature », répond, dans les colonnes du Point, un ancien familier du RN, « qui ne voit pas pourquoi celui qui a failli être candidat rentrerait dans le rang à présent qu'il est rétrogradé au poste de Premier ministre. »  À lire aussiMarine Le Pen : son pourvoi en cassation peut-il tout changer? À la une également, que reste-t-il du rêve américain ?  C'est le Nouvel Obs qui se pose la question dans ses pages, alors que les États-Unis ont fêté le 250e anniversaire de leur indépendance. « Alors que Donald Trump referme les frontières et promeut une ploutocratie, pourquoi le mythe d'un pays où tout est possible continue-t-il de fonctionner ? » s'interroge le journal. L'expression « rêve américain » « évoque à l'origine un ordre social dans lequel chaque homme ou femme peut réaliser ses pleins potentiels peu importe les circonstances de sa naissance », poursuit le Nouvel Obs, en rappelant ensuite que « la déclaration d'indépendance érige la "recherche du bonheur" en droit inaliénable. "Bonheur" et "rêve" sont des notions malléables et élastiques, qui nous parlent. Le rêve américain devient donc ce vêtement à taille unique qui conviendrait à tous, en théorie du moins. En pratique, il a toujours fait des exclus », tels que les femmes et les personnes non blanches, tempère l'hebdomadaire, et la méritocratie n'y fonctionne pas mieux qu'ailleurs. L'inflation augmente, les salaires stagnent, et pourtant le rêve résiste. Alors pourquoi ? « Précisément parce sa puissance est d'être un rêve », il est par nature invérifiable. Chacun y met sa propre définition de la réussite, et « ceux qui y croient ne risquent pas d'être contredits par les faits », explique le philosophe Gilles Deleuze, cité par le journal. Le Nouvel Obs mentionne également l'universitaire américain Mark Rank, qui y voit ​​​​« l'opium de son peuple, dont la croyance à toute épreuve réfrène les velléités révolutionnaires. » En effet, et c'est bien pratique, conclut l'hebdomadaire,« pourquoi se rebeller contre un système, alors que nous sommes tous en chemin vers notre rêve personnel ? » À lire aussi250 ans des États-Unis: Donald Trump clôture des célébrations aux allures de vitrine politique Le feu mal éteint de la guerre des Malouines  L'équipe de football d'Argentine, victorieuse de la Suisse, s'envole vers une demi-finale de Coupe du monde face à nul autre que l'Angleterre. Et si la rivalité entre les deux équipes est bien connue, c'est aussi parce qu'elle dépasse le seul cadre du football, rappelle l'Express dans ses pages, car les relations tumultueuses entre Londres et Buenos Aires se cristallisent autour d'un petit archipel, d'un peu plus de 3 000 habitants, au large de l'Argentine, celui des Malouines, qui appartient au Royaume-Uni. Le problème, souligne le journal, c'est que Buenos Aires « estime avoir hérité des ces îles espagnoles au moment de son indépendance, et que la prise de contrôle de l'archipel par l'Angleterre relève d'un acte colonial illégal. » Et au mois d'avril, « la révélation d'un courrier interne au Pentagone a suffit à réveiller l'espoir jamais éteint d'une reconquête des Malouines » par l'Argentine, après la défaite de 1982.« Dans cette note, qui mentionne explicitement les îles, on peut lire que les États-Unis n'excluent pas de revoir leur soutien diplomatique aux possessions impériales européennes », rapporte l'hebdomadaire. Et cela n'est pas pour déplaire au président argentin, Javier Milei, au contraire. Il se félicite de ces « nouveaux soutiens inédits, car la revendication des Malouines constitue l'axe principal de la diplomatie du pays. » Mais tout n'est pas joué pour Buenos Aires, car « Washington souffle le chaud et le froid », décrypte l'Express. « D'un côté, les États-Unis entendent, malgré tout, préserver leurs relations avec Londres, pour disposer d'une base militaire aux Malouines, et de l'autre ils continuent à tirer parti de l'atlantisme assumé de Javier Milei en lui apportant un soutien financier, ce qui s'appelle jouer sur les deux tableaux. » À lire aussiCoupe du monde 2026: pourquoi un arbitre anglais ne dirigera jamais un match de l’Argentine et inversement

  7. Jul 5

    À la Une: la France et le Maroc en quart de finale de la Coupe du monde

    La France a battu le Paraguay 1 à 0, grâce à un but de Kylian Mbappé marqué sur pénalty, lors d'un match qui suscite beaucoup de commentaires sur l’attitude du Paraguay. « Les Bleus franchissent le mur de l’antijeu et mettent le cap sur le Maroc », titre Le Parisien Dimanche, qui s’interroge : « Des provocations, des coups, mais aucun carton contre l’Albirroja. À quoi a joué l’arbitre ouzbek ? Ilgiz Tantashev a laissé les Paraguayens multiplier les fautes vicieuses contre Kylian Mbappé et les Bleus, sans distribuer le moindre carton jaune ». Mais les Français ne se sont pas laissé prendre au piège. « De sang-froid », titre L'Équipe. Le journal sportif fustige lui aussi « l’incompétence fondamentale de M. Tantashev » et reprend les propos sans détour de Kylian Mbappé, au sujet des Paraguayens, après la rencontre : « On savait quel type de match on allait avoir (…) on a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il faut mettre les mains dans la m***e, on va mettre les mains dans la merde… désolé de l’expression », ajoute Kylian Mbappé. À lire aussiCoupe du monde 2026: la France déjoue le traquenard paraguayen et rejoint le Maroc en quart Liesse populaire Et en quart de finale, la France sera opposée au Maroc, vainqueur du Canada 3 à 0, dans un match beaucoup plus « conventionnel ». Une victoire qui fait le bonheur de la presse marocaine. « Sortis vivants, sortis parmi les grands », titre Telquel, qui analyse le match : « Chahuté comme rarement depuis le début du Mondial, le Maroc a d’abord survécu au Canada, avant de le faire tomber avec autorité (…) Ce ne fut pas un match facile, une promenade. Il a d’abord fallu encaisser, serrer les dents, souffrir, attendre que l’orage passe. Puis frapper ». Hespress, de son côté, raconte la liesse populaire, après la victoire des Lions de l’Atlas : « Quelques instants après le coup de sifflet final, des milliers de supporters ont investi les principales artères des villes du Royaume pour célébrer cette belle victoire, dans une ambiance marquée par la ferveur patriotique, les chants, et les klaxons des motos et des voitures. » Prochain rendez-vous pour le Maroc : jeudi, à Boston, pour le quart de finale contre la France. À lire aussiCoupe du monde 2026: l'explosion de joie à Casablanca après la victoire du Maroc face au Canada Assainissement des comptes Tout autre chose avec l’Express, qui cette semaine nous parle du Club Med… Et il ne s’agit pas du célèbre club de vacances français, mais du surnom méprisant donné par les pays d’Europe du Nord à ceux du Sud, après la crise financière de 2008. À l’époque, nous rappelle L'Express, les pays du Sud « étaient regardés de haut » et ils furent « soumis à de sévères cures d’austérité ». On parle là de « l’Espagne, de la Grèce, de l’Italie et du Portugal », « qui ont assaini leurs comptes et tirent désormais la croissance des Vingt-Sept », explique L'Express. Toutefois, cela ne s’est pas fait sans douleur. Susana Peralta, maîtresse de conférences à la Nova School of Business and Economics de Lisbonne, témoigne : « Au Portugal, le chômage a atteint 17%, le taux de pauvreté a fortement augmenté, il y a eu des coupes budgétaires partout et des hausses d’impôts. Tout cela a profondément marqué les gens ». Aujourd’hui encore, la situation reste fragile, particulièrement en Grèce, selon Manos Matsaganis, professeur à l’École polytechnique de Milan. La Grèce où, dit-il, « la plupart des problèmes qui l’ont conduite à la quasi-faillite persistent (…) Elle demeure une économie à faible valeur ajoutée (…) Elle reste vulnérable à un prochain choc économique ». Patrimoine en danger Le magazine L'Éléphant s'intéresse à la sauvegarde du patrimoine du Moyen-Orient menacé par la guerre. Avec tout d'abord l’exemple de Gaza, où l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine « collabore avec des acteurs présents sur place pour sauvegarder le patrimoine de Gaza, victime de la guerre : évacuation et mise à l’abri des collections du musée Al Qarara, documentation et stabilisation de la mosquée Al Omari, ou du palais Pacha. » De son côté, « l’Unesco a placé trente-neuf sites libanais sous protection renforcée provisoire, en 2026 ». Toutefois, remarque L’Éléphant, « même si l’Unesco prend soin de communiquer aux armées, quelles qu’elles soient, les coordonnées géographiques des sites à la richesse patrimoniale inestimable, la réalité reste soumise au bon vouloir des belligérants. On l’a constaté au Liban, avec le bombardement par l’armée israélienne, en mars 2026, de Tyr, l’une des plus anciennes cités du monde méditerranéen ». Interrogé, Sarkis El-Khoury, directeur des antiquités au Liban, se désole : « Au-delà d'un bâtiment ou d'un paysage détruit, c'est une guerre culturelle qui se joue. Même les cimetières sont visés. Plus de cinquante villages libanais ont disparu, et avec eux, tout le patrimoine qui y est lié. La disparition de champs d'oliviers, c'est aussi celle d'un savoir-faire qui se transmet de génération en génération, sur un territoire multimillénaire. » À lire aussi«C'est notre rôle de le protéger»: au sud du Liban, le patrimoine endommagé par les frappes israéliennes

  8. Jun 28

    À la Une: la canicule en France, un sujet éminemment politique

    Au-delà des températures qui s’envolent et de la chaleur qui a pris en étau une bonne partie de la France, la canicule n’est pas seulement une question de degrés. C’est une « catastrophe très politique », annonce en une Le Nouvel Obs. L'hebdomadaire français le rappelle, c’est « une catastrophe annoncée, depuis des décennies, par d’innombrables experts ». Le Nouvel Obs pointe « le manque d’anticipation, donc la lourde responsabilité des gouvernements qui se sont succédé, face à ce genre de crise. Il s’agit moins d’une catastrophe naturelle que d’une catastrophe politique », assène le Nouvel Obs, qui met en garde les candidats à la présidentielle de 2027, qui "minimiseraient" l’urgence de la situation, contre l’avis des scientifiques ». Avertissement Pour la Tribune Dimanche, « la crise climatique est devenue une crise sanitaire ». « Face à ces épisodes de plus en plus fréquents et violents, que peut faire l’État ? », interroge Bruno Jeudy dans son éditorial. Il ne peut pas empêcher le thermomètre de grimper. Mais il a le devoir d’anticiper les conséquences d’un réchauffement annoncé depuis des décennies ». Et, lui aussi, avertit les candidats à la présidentielle de 2027 : « Ils auraient tort de considérer le climat comme un sujet parmi d’autres. Il est désormais le cadre de toutes les politiques publiques. » À l’heure de déterminer les responsabilités, Le Journal du Dimanche, proche de l’extrême droite, désigne les coupables : non pas les pouvoirs publics, mais… les écologistes. Le JDD estime ainsi que « l’activisme des Écologistes depuis quatre décennies, focalisé sur les questions de laïcité, d’identité de genre, de burkini ou d’immigration, n’a rien fait pour rafraîchir nos espaces publics ou mieux isoler nos logements ». Manière un peu expéditive de réduire à néant les nombreuses alertes et initiatives lancées par les écologistes depuis les années 1970. Gouvernement serein Le Parisien Dimanche a interrogé le ministre de l’Intérieur Laurent Nunes. Interrogé sur la gestion de la crise (« les morts, les hôpitaux saturés et les écoles fermées »), Laurent Nunes l’assure : « Non, ce n’est pas un fiasco. » « C’est, dit-il, totalement inédit d’avoir de tels niveaux de température, très au-dessus des normales saisonnières. » « Ces épisodes étaient pourtant prévisibles », lui objecte Le Parisien Dimanche. Laurent Nunes répond : « Face à la canicule, cela suppose de lourds investissements qui ne peuvent se faire que sur la durée. » Le ministre de l’Intérieur ne semble pas ébranlé par le nombre de décès qui ne cesse d’augmenter, et paraît satisfait de la réaction du gouvernement. Il évoque notamment « les plans canicule qui fonctionnent de façon interministérielle depuis la canicule de 2003 ». Ils ne se parlent plus Les relations entre la France et Israël semblent au plus mal. Est-ce le « grand divorce » ? La question est posée par le Nouvel Obs, au-dessus d’une photo montrant Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou, se regardant sans un sourire, lors d’une conférence de presse. « Depuis le 7-Octobre et la reconnaissance de la Palestine par la France en 2025, les relations entre les deux pays se sont dégradées et ont atteint un niveau de gravité inédit », annonce le Nouvel Obs, qui rappelle la dernière « passe d’armes » entre les deux pays : l’expulsion de la correspondante de RFI, Alice Froussard, et l’interdiction par la France de l'accès à son territoire au ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, l’une des figures de l’extrême droite israélienne.   « Lorsque Paris parle "droits de l’homme et diplomatie", ajoute l’hebdomadaire, Tel-Aviv répond "opérations militaires". Deux langages rarement compatibles. Surtout lorsqu’ils sont employés par des dirigeants qui ne se parlent plus la parole », ajoute le Nouvel Obs qui précise, citant une source au ministère de l'Intérieur : « Ils ne peuvent plus se supporter. Les échanges doivent passer par des échelons inférieurs et cela complique tout ».   Un hameau contre les colons « Cisjordanie : Amos Gitai contre les bulldozers », titre Le Point, précisant que « le cinéaste israélien alerte sur le sort de l’école bédouine de Khan al-Ahmar ». « Ce symbole de coexistence, explique l’hebdomadaire, est menacé par l’extension des colonies. » Khan al-Ahmar est un hameau de 300 habitants, qu’Amos Gitai connaît bien. Il s’est intéressé à son école, il l’a filmée. Aujourd’hui, le réalisateur israélien estime que « les colons veulent faire disparaître ce lieu parce qu’il reste le dernier point restant de la zone E1. Cette zone est cruciale, dit-il, si un État palestinien, une autonomie ou quelque autre arrangement politique doit voir le jour, car elle permettrait d’assurer une continuité territoriale palestinienne. Si une colonie israélienne y est construite, ajoute Amos Gitai, la Cisjordanie restera morcelée en fragments de territoire ».

About

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.

More From RFI