Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

  1. 2h ago

    À la Une: extraire de l’or à tout prix

    Et même au péril de sa vie. C’est le cas, tous les jours, pour les milliers et les milliers d’orpailleurs qui creusent le sol sur le continent africain, parfois avec des outils rudimentaires, que ce soit au Ghana, au Mali, en Afrique du Sud ou encore en RDC ou au Burkina Faso. Dernier drame en date : au moins 100 personnes sont mortes lors d’un glissement de terrain avant-hier dans la mine d’or artisanale de Zamboï, dans l’ouest de la République centrafricaine, à la frontière avec le Cameroun. « Les éboulements sont fréquents dans les mines de cet État d’Afrique centrale, dont les sols sont particulièrement riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique », pointe Le Monde Afrique. Le quotidien rappelle que « le Cameroun s’est doté d’un nouveau code minier en 2023. Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait annoncé le renforcement des contrôles dans la filière aurifère, après qu’un important écart eut été constaté entre les exportations d’or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Émirats arabes unis. Selon le gouvernement camerounais, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière dans le pays. » Avertissements L’Infodrome en Côte d’Ivoire précise pour sa part que « le parquet de la ville centrafricaine de Baboua, à une cinquantaine de km de la mine, a ouvert une enquête judiciaire. Le maire de la commune de Garoua-Boulaï (située côté Cameroun), Adamou Abdon, a évoqué les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur la région, fragilisant des sols déjà instables. Ce drame, pourtant, n’est pas une surprise, relève L’Infodrome. « Depuis plusieurs semaines, des avertissements avaient été lancés, notamment sur les réseaux sociaux. Les orpailleurs de la zone travaillent dans des conditions de sécurité déplorables, sans aucune réglementation. Il y a trois mois, rappelle le site, plus de 200 sites aurifères clandestins avaient été fermés à la suite d’une opération du ministre des Mines camerounais. Mais les activités ont repris dès le départ des autorités. Une triste répétition d’un drame précédent : en juin dernier, un effondrement similaire avait déjà fait plusieurs dizaines de morts à Bé-Mbari, également à la frontière. » « Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent… » WakatSéra au Burkina Faso dénonce ce qu’il appelle « l’or de la mort : comme à Zamboï, ces gouffres de la mort sont installés par milliers, s’insurge le site, pas qu’en Centrafrique et au Cameroun, mais presque partout sur le continent, au mépris de toute mesure sécuritaire et des règles d’hygiène élémentaires. La vie humaine n’a plus aucune valeur dans ces lieux de haute prostitution et de trafics en tous genres. Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent et qui font miroiter une vie de pacha, ou tout au moins des lendemains à l’abri du besoin. Sauf que (…) l’aventure finit parfois dans les entrailles de la terre, au détour d’un effondrement. « Comme à Zamboï ! (…) En Centrafrique, au Cameroun, en Côte-d’Ivoire, et partout ailleurs en Afrique, où la ruée vers l’or, sauvage ou mal contrôlée, tue au quotidien, il est temps de prendre les mesures qui s’imposent, s’exclame encore WakatSéra. Il y va de la protection de la vie humaine et de l’environnement. » Transformer la ressource aurifère en levier de développement durable Reste que l’or, en raison de l’envolée des cours, prend une place prépondérante dans les économies du continent. Notamment en Centrafrique qui a exporté l’année dernière 313 millions de dollars de métal jaune. Un chiffre avancé par le site Afric Telegraph qui relève que cette « montée en puissance des exportations d’or pose avec acuité la question de la gouvernance du secteur minier. Depuis plusieurs années, les autorités centrafricaines s’efforcent de renforcer la traçabilité des flux, dans un contexte où le pays a été régulièrement pointé du doigt pour les risques de commerce illicite. La présence d’opérateurs étrangers, notamment russes, dans le secteur extractif centrafricain complexifie le tableau. (…) Pour Bangui, l’enjeu des prochaines années, pointe encore Afric Telegraph, consistera à transformer cette manne aurifère en levier de développement durable. Cela suppose de renforcer la fiscalité minière, d’améliorer la collecte des redevances et de canaliser une partie des recettes vers la diversification de l’appareil productif. Les autorités de Bangui devront également composer avec les exigences croissantes des partenaires internationaux en matière de transparence, dans un secteur où les zones grises restent nombreuses. »

  2. 1d ago

    À la Une: l’horizon bouché de la jeunesse marocaine

    « Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l’impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l’enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l’avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d’Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d’appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s’installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l’âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m’en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d’en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L’inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l’industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l’on descend dans les étages de l’économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l’ensemble de son économie. Trop peu d’emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n’est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C’est précisément sur l’emploi, mais aussi la santé et l’éducation, qu’avait émergé le mouvement GenZ212, à l’automne de l’année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu’à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d’abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l’anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l’évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d’une époque révolue, n’irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n’étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l’exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d’impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d’Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l’enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l’un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L’emploi, la qualité de l’enseignement et de la formation, l’entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d’opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l’illusion d’un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat

  3. 2d ago

    À la Une: condamnés pour avoir critiqué le régime malien

    Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l’influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu’à 240 000 francs CFA d’amende, par la chambre criminelle de la cour d’appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l’accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d’émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d’avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d’être responsables de la mort (en prison) de l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n’était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l’amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l’ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n’en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d’obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d’avertir les autorités” sur les effets de l’inflation des produits de première nécessité. » Rien n’y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s’est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l’influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu’il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C’est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu’une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu’il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d’Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu’en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d’association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l’image d’un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C’est lorsqu’on se sait vulnérable qu’on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu’un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu’à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c’est le signe qu’il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l’Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s’interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d’opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c’est la « fabrique du consentement et de la propagande. L’État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d’alignement idéologique, réduisant l’information à une communication d’état-major. (…) Voilà l’imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».

  4. 3d ago

    À la Une: les Lionnes indomptables sur le toit de l’Afrique

    « Les Lionnes indomptables ont décroché le premier titre continental de leur histoire, se félicite Actu Cameroun. Le Cameroun a dominé le Malawi (3 buts à 0), hier soir, en finale de la CAN Féminine 2026, au terme d’une prestation parfaitement maîtrisée. Portées par une Marie Gisele Ngah Manga en état de grâce et une Naomie Eto inspirée, les Camerounaises ont rapidement pris les commandes de la rencontre. Ngah Manga a frappé à deux reprises, tandis que Naomie Eto a également trouvé le chemin des filets pour sceller le succès camerounais. Solides dans tous les secteurs du jeu et nettement supérieures à leurs adversaires, relève encore Actu Cameroun, les Lionnes ont livré une finale pleine d’autorité. Le Malawi, pourtant tombeur de plusieurs adversaires durant la compétition, n’a jamais réussi à véritablement les inquiéter ». La fin du règne des Super Falcons « Ce sacre vient mettre fin à une longue attente, constate pour sa part Afrik.com. Le Cameroun avait déjà atteint la finale de la CAN féminine en 2004, 2014 et 2016, sans jamais parvenir à soulever le trophée. Pour leur quatrième finale, les Lionnes indomptables ont cette fois répondu présentes ». En effet, renchérit WakatSéra avec des accents lyriques : « en rugissant par trois fois dans cette apothéose inédite et historique contre des Malawites qui ont, visiblement, perdu leur mordant des rencontres précédentes, les Camerounaises, malgré une polémique heureusement vite éteinte de primes de qualification, ont mis fin à un règne interminable, et presque sans partage, des Super Falcons nigérianes sur le football féminin africain. Désormais, après la razzia des 10 titres du Nigeria, les Camerounaises viennent, enfin, de monter sur le toit de l’Afrique, dans une finale qu’elles ont dominée de la tête et des pieds ».  L’Algérie arrache la 3e place Dans la petite finale avant-hier, l’Algérie est venue à bout du Maroc… « L’Algérie renverse le Maroc et arrache la 3e place », jubile Le Matin d’Algérie. À la fin de la rencontre, relate le quotidien algérien, « l’arbitre a accordé un penalty litigieux au Maroc après un léger contact entre Diki et Smits. Mais la marocaine Nouhaila Benzina a trouvé le poteau et n’a donc pas pu conclure. Un raté aux lourdes conséquences puisque les Marocaines ne s’en sont pas remises lors de la rocambolesque séance de tirs aux buts qui a suivi, marquée par de nombreux ratés ». C’est « la malédiction du point de pénalty », pour le Maroc, s’exclame Afrik.com. Avant-hier soir, « lors de la séance de tirs au but, la gardienne algérienne Chloé N’Gazi a (en effet) repoussé deux tentatives marocaines. (…) Et déjà, dans cette même CAN, lors de la troisième journée de poules contre le Sénégal, les Marocaines avaient raté deux penalties en l’espace de 4 minutes ». Afrik.com qui rappelle aussi ce pénalty manqué lors de la finale de la CAN messieurs. C’était en janvier dernier contre le Sénégal : la fameuse panenka manquée de Brahim Diaz… Accorder plus de crédit au football féminin africain ! Enfin, cette réflexion de Ledjely en Guinée : « s’il y a un enseignement à tirer de cette 14ème édition de la CAN féminine, c’est bien la nécessité d’accroître le soutien au football féminin. Certes, nous n’en sommes pas encore au même niveau que la CAN masculine. Mais tout de même, certaines rencontres du tournoi qui vient de s’achever ont offert un football de grande qualité, au point qu’on a eu le sentiment que, si nos footballeuses bénéficiaient de la même attention et du même accompagnement que nos footballeurs, elles pourraient nous offrir des prestations encore plus abouties. Mais, pour une fois, pointe encore Ledjely, la responsabilité n’incombe pas qu’à nos fédérations et à nos États. À voir les gradins clairsemés qui ont caractérisé ce tournoi, on comprend que le défi est aussi, et peut-être surtout, d’ordre sociétal. C’est d’une évolution collective des mentalités que nous aurons besoin pour donner un coup de pouce salvateur au football féminin africain ».

  5. 6d ago

    À la Une: 82 soldats libérés au Mali, grâce pour un ressortissant Français

    « Au Mali, l’armée annonce la libération de 82 soldats et grâcie un Français », titre Africa News. « Les 82 militaires, poursuit la chaîne panafricaine, étaient détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue ». « Dans un communiqué, l’armée a indiqué que les soldats avaient été "retenus en otage" par des groupes armés terroristes ». Dans quelles conditions ces libérations ont-elles été obtenues ? Selon le Journal du Mali, « le lieu, les modalités du transfert, l’identité d’éventuels intermédiaires et l’existence d’une contrepartie ne sont pas précisés ». De son côté, Maliweb explique que « l’État-major général des Armées donne peu de détails sur la libération de ces soldats », affirmant simplement que « cette libération est l’aboutissement d’un processus engagé dès leur capture ». Le journal en ligne parle également d’un « grand soulagement pour l’ensemble du Mali et en particulier pour les familles des militaires libérés ».  Un ressortissant français libéré C’est jeudi également que le Mali a annoncé la grâce accordée à un agent des renseignements français. Il s'agit de Yann Vézilier, agent de la DGSE, les services secrets français. « Cette grâce, remarque le Journal du Mali, intervient exactement un an après l’arrestation de ce ressortissant français, affecté à l’ambassade de France à Bamako.  Les autorités maliennes l’accusaient d’avoir agi pour le compte des services de renseignement français, afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des officiers autour d’une entreprise de déstabilisation ». Accusations « sans fondement », avait répliqué la France. Le site d’actualité malienne Bamada.net rappelle que Yann Vézilier « avait été condamné à vingt années de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l’État ». L’agent français devrait quitter le Mali rapidement. Mais, souligne Bamada.net, « aucun détail n’a été communiqué concernant les modalités pratiques de cet éloignement ».  Rumeurs sur les réseaux sociaux C’était il y a deux semaines : plus de 70 000 personnes, notamment de jeunes Marocains, entraient illégalement à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc, avant de faire demi-tour, pour la plupart d’entre eux. Et depuis, le Maroc et l’Espagne s’activent pour qu’une telle situation ne se reproduise pas alors que, nous explique Jeune Afrique, « depuis plus d’une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, "sera ouvert" demain 15 août ». Le ministère marocain de l’Intérieur précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux, incitant à l’organisation de tentatives de passages collectifs et illégale vers Ceuta et Melilla, l’autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l’est ». Nouveaux renforts policiers Autre sujet de préoccupation entre le Maroc et l’Espagne, le traitement des dossiers d’environ 5000 migrants, principalement des mineurs non accompagnés, arrivés à Ceuta le 30 juillet dernier et qui y sont restés. Le journal en ligne marocain Hespress annonce ainsi que « l’Espagne renforce ses effectifs pour traiter les dossiers de 5000 migrants ». Madrid a dépêché sur place "de nouveaux renforts policiers" ».  Quant au Maroc, a expliqué le ministre marocain de l’Intérieur, Abdelatif Ouahbi, « il reste attaché au retour de ses enfants ». Madrid et Rabat, dont les relations ont souvent été tumultueuses, font donc bonne figure. Abedlatif Ouahbi a ainsi déclaré : « Nous voulons que notre relation avec l’Espagne demeure toujours une relation de dialogue et de coopération ».

  6. Aug 13

    À la Une: surprise à la Coupe d’Afrique des nations féminine

    Elle l’avait dit avant-hier au quotidien The Nation : « Je pense que nous avons de bonnes chances de gagner ce match. Nous allons redoubler d’efforts pour l’emporter contre l’Algérie en demi-finale car nous sommes ici avec l’objectif de remporter la coupe et la ramener au Malawi. » Faith Chimzimu, l’attaquante des Scorchers, qui évolue en Suède, avait vu juste… Le Malawi a battu l’Algérie mercredi soir sur le score de 3 buts à 1. « Elles l’ont fait ! », s’exclame WakatSéra. « Les Malawites, qui étaient les moins attendues dans le dernier carré de cette 14e Coupe d’Afrique des nations féminine, sont en finale, où elles rencontreront, ce dimanche, les Lionnes indomptables du Cameroun ! Le mercredi 12 août 2026, tiendra désormais, une place importante dans l’histoire du football du Malawi et de l’Afrique entière. Porté par les sœurs Chawinga, véritables icônes dans leurs pays, le Malawi devient ainsi l’équipe des premières, relève le quotidien burkinabé : première participation à la CAN, première finale et peut-être premier trophée de championne d’Afrique dimanche soir, avec une première qualification à la prochaine Coupe du monde en 2027 au Brésil, ticket obtenu depuis les demi-finales de cette CAN ». Un carton rouge trop sévère ? Cette défaite face au Malawi, l’Algérie a bien du mal à la digérer… En effet, relève Afrikfoot, « les Vertes se sont vues réduites en infériorité numérique dès la 23e minute de jeu, suite à l’expulsion de Morgane Belkhiter. La latérale droite de 30 ans a écopé d’un carton rouge. Coupable d’une faute sur Tabitha Chawinga, la pensionnaire de Saint-Étienne a payé sa position de dernière défenseure avant de quitter la pelouse en larmes. Une décision trop sévère aux yeux des observateurs algériens, qui n’ont pas manqué de le faire savoir sur les réseaux sociaux, avec une pointe de colère. Et comme souvent, c’est l’arbitrage africain qui prend cher, pointe encore Afrikfoot. Le média ShootAfrica parle de "désastre", tandis que JDZ Football évoque "un carton rouge imaginaire" qui a influencé directement le destin du match ».  Les Lionnes ont battu les Lionnes… En finale dimanche, le Malawi sera donc opposé au Cameroun… Le Cameroun qui est venu à bout du Maroc mercredi, à l’issue de l’épreuve des tirs au but. « Les Lionnes Indomptables ont éliminé les Lionnes de l’Atlas ! », exulte le site Actu Cameroun. « Elles ont fait jeu égal avec les Marocaines durant 90 minutes et les 30 minutes de prolongation. Les pouliches de Valentine Nguele ont finalement décroché leur billet lors de l’épreuve des tirs au but. Les Camerounaises se sont imposées 3-1 grâce à la gardienne Michaely Bihina, héroïne dans les cages. La gardienne a arrêté trois des quatre tirs des Marocaines. Une performance XXL qui permet au Cameroun de se qualifier pour la finale. (…) Les Lionnes Indomptables affronteront donc le Malawi dimanche. Une affiche qui s’annonce palpitante pour les Lionnes, poursuit Actu Cameroun, qui partent favorites pour ce match ultime du tournoi. Les Camerounaises auront pour objectif de remporter ce trophée pour la première fois après trois échecs en finale ». Et on revient à WakatSéra pour qui « les joueuses africaines ont démontré que le talent footballistique peut, bel et bien, être conjugué au féminin. Et certainement, si l’enjeu ne tue pas le jeu, Malawites et Camerounaises offriront un spectacle de choix dimanche à des spectateurs et téléspectateurs de plus en plus friands de football féminin. Comme quoi, le ballon est rond pour tous et… toutes ! » UEFA vs Fifa Enfin, football toujours, avec ce pied de nez de l’UEFA à la Fifa… Et ce commentaire de Ledjely en Guinée : « Comme elle s’y était engagée, l’UEFA, l’Union des associations européennes de football, pour adoucir l’injustice dont il a été victime en étant privé de la Coupe du monde, l’UEFA a offert à l’arbitre somalien, Omar Artan, de diriger le match de la Supercoupe qui opposait hier soir le Paris-Saint-Germain et Aston Villa, respectivement vainqueurs de la Ligue des champions et de l’Europa League. Un geste aussi fort que symbolique, pour désapprouver une attitude aussi abjecte qu’inique, s’exclame le site guinéen. (…) Ce geste des responsables européens du football est un message adressé en premier lieu à la Fifa, dont le silence face à l’humiliation infligée à Omar Artan en avait indigné plus d’un. Mais, pointe encore Ledjely, ce message s’adresse également à la CAF, la Confédération africaine de football qui, agissant elle aussi en obligée de Gianni Infantino, n’avait pas pipé mot ».

  7. Aug 12

    À la Une: le procès du chroniqueur Ras Bath au Mali

    « Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s’ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l’État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l’information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d’amende contre Ras Bath. À l’encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu’une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d’appel de Bamako, dont l’accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l’objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d’opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c’est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s’exclame Sahel Horizon. Elle n’est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu’il combattait ; il est jugé aujourd’hui sous un pouvoir militaire qu’il refuse. Il n’a pas changé de position quand la rue a changé d’humeur, et il n’est pas devenu le chantre de l’ordre nouveau quand tant d’autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C’est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l’on peut acheter n’est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d’une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l’autre, l’implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s’incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s’est manifestée trois jours plus tard, à travers l’attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d’emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l’on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d’en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays

  8. Aug 11

    À la Une: va-t-on vers un apaisement politique au Tchad?

    La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l’État, note le site Tchad Vision, « s’est adressé à la nation avec un appel vibrant à l’unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l’avenir du pays. Le chef de l’État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n’a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l’acte présidentiel annoncé. » C’est-à-dire aujourd’hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l’État de prendre des mesures d’apaisement dans un contexte politique qu’ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l’impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l’ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l’année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public. » D’ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d’après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C’est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l’Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d’opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu’ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d’un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l’ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd’hui, le président des Transformateurs purge  une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d’août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l’État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d’une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu’une grâce ? Pourquoi ? « L’opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l’avenir politique de celui qui, en quelques années, s’est imposé comme la principale figure de l’opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N’Djamena confirment l’existence de ce désaccord. » Alors, s’interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d’opposition réclame l’«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

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