Chronique transports

L’histoire nous le dira mais, sans la pandémie de coronavirus, aurait-on réalisé l’importance du transport international ? L’absence de déplacements et l’essor du commerce sur internet ne nous auront jamais autant concernés. Aujourd’hui, nos paquets sont déposés devant notre porte. Avant cette maladie mondiale, qui aurait prédit une telle remise en cause des géographies et monopoles industriels ? Nerf de la guerre, qu’il soit en mer, dans le ciel, le cosmos, sur la route ou les chemins de fer, le transport – de personnes et de marchandises – est un secteur d’une richesse incroyable où l’on rencontre des acteurs passionnés. Venez les découvrir en écoutant la Chronique transports de Marina Mielczarek.

  1. May 29

    L’hôtellerie aéroportuaire se réinvente et se tourne vers le marché européen

    S'endormir en regardant les avions décoller… Aux États-Unis, l'hôtellerie d'aéroport est beaucoup plus connue et appréciée que nulle part ailleurs dans le monde. Mais voici que le concept arrive en Europe. Le groupe JP Hospitality ressuscite le prestige de l'ancienne compagnie aérienne Pan Am. 35 ans après l'arrêt de ses vols, la Pan Am revient sous une autre forme : les Pan Am Hôtels. L'occasion de découvrir ce secteur si particulier de l'hôtellerie. Aucun pays au monde n’a imaginé l’hôtellerie d’aéroport comme les États-Unis. Ce vaste pays où l’avion est roi a déjà transformé l’ancienne aérogare de la compagnie TWA à New York en hôtel de luxe. Succès total grâce notamment au restaurant gastronomique tenu par un chef français. Tandis qu’à la réception, le personnel d’accueil est en tenue de stewards et d’hôtesses de l’air. Suites pour les passionnés d’aviation C’est l’une des dernières tendances aux USA : s’endormir en regardant les avions décoller. Généralement occupées par les personnels de bord, les chambres du dernier étage sont aujourd’hui réservées aux passionnés d’aviation. À l’aéroport LAX de Los Angeles, un hôtel a ainsi transformé trois chambres classiques en suites d’observation avec confort et vue plongeante sur les pistes de décollage et d'atterrissage.   Nostalgie de l’épopée des grandes compagnies aériennes Personne ne sait encore si les employés des futurs Pan Am Hotels porteront également des vestes et foulards siglés Pan Am (nom de l’ancienne compagnie américaine qui a arrêté ses vols en 1991). En tout cas, les annonces sont alléchantes : les hôtels Pan Am proposeront des services et des restaurants de qualité.  Tous les grands aéroports européens sont visés par les hôtels Pan Am. Le groupe hôtelier JP Hospitality, basé à Vienne et propriétaire de la marque Hôtels Pan Am, jouera la nostalgie sur tous les continents du monde. En Europe, toutes les grandes capitales sont sur la liste. Les atouts : cuisine gastronomique, piscine, spa… et prix compétitifs Parce qu’ils sont souvent très éloignés des centres historiques des grandes capitales européennes, les hôtels d’aéroport sont moins chers mais également oubliés des habitants du pays. C’est pourquoi l’hôtellerie d’aéroport se réinvente.  Les rumeurs dans le milieu du tourisme international annoncent déjà la construction d’un hôtel Pan Am à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, à Paris. Alors si le projet se concrétise, ce sera une concurrence dangereuse ou une saine stimulation de marché ?  Chouchous des entreprises internationales Il n’y a pas que des gens en transit. Dans les halls des hôtels d’aéroport se croisent tous les âges avec des types de voyageurs différents. Parmi eux, les employés envoyés en séminaires d’entreprises. Le voyage d’affaires apprécie particulièrement l’hôtellerie d’aéroport. Les grands groupes d’entreprises internationales apprécient notamment leur proximité avec l’aéroport. D’autant plus qu’en vue de fidéliser leur clientèle, les hôtels d’aéroport étoffent leurs offres et la qualité de leurs services (restauration, loisirs, confort…). L’essor du tourisme événementiel Mais aujourd’hui, un autre type de clients côtoie les voyageurs d’affaires. Avide de concerts, d’événements, de compétitions sportives, la Gen Z (18/25 ans) cherche à bien se loger, mais moins cher que dans les établissements standard des villes.      « Je veux offrir le meilleur. La nuit à l’hôtel de l’aéroport est la dernière image que le voyageur gardera de la France », lâche Eric Lelouch, directeur du Sheraton Aéroport Charles de Gaulle. Passionné par l’économie globale, Eric Lelouch fait carrière dans l’hôtellerie internationale. Aujourd’hui, il dirige le Sheraton Aéroport Charles de Gaulle à Paris et connaît mieux que personne les attentes si spécifiques des clients d’hôtels d’aéroports : « Je vois trois grandes différences entre l’hôtellerie d’aéroport avec l’hôtellerie classique. La première est la fréquence et l’intensité des flux. Les arrivées et les départs des avions sont si nombreux que de nouveaux clients arrivent à tout moment de la journée et de la nuit. L’offre d’une bonne restauration est importante. L’époque du sandwich ou des repas pris à la va-vite est révolue. Ensuite, la durée des séjours. Il est rare que les séjours dépassent la nuit unique. Enfin, je dirai la sécurité. Aujourd’hui, le sentiment de sécurité doit se voir. Ce n’était pas le cas il y a encore dix ou quinze ans. Avec mes équipes, nous avons mis en place un protocole qui permet au client d’être entièrement rassuré. D’autre part, nous veillons à ce que cette sécurité s’accompagne du confort. Nous devons sans cesse nous réinventer. »    Les pandémies, les tempêtes et même les guerres comme celle du Moyen-Orient en février dernier ont arrêté d’un seul coup certains trafics aériens. Autant de risques liés à notre avenir, autant de preuves de l'importance de l’hôtellerie d’aéroport. À lire aussiMalgré sa paralysie, le secteur de l'hôtellerie attire toujours les investisseurs (1/2)

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  2. May 1

    «Rungis est le plus grand marché de gros alimentaire du monde», rappelle son président

    Au sud de Paris, le marché de Rungis aura bientôt 60 ans. Agrandie chaque année, c'est désormais une ville entière de fruits, de légumes, de viandes, de poissons et autres nourritures. Reliée aux grandes routes et voisin d'un aéroport, Rungis est une plateforme alimentaire européenne ouverte 24 heures sur 24. Son patron publie le livre Le monde a faim aux éditions du Cherche Midi. Stéphane Layani explique à RFI que d'autres continents, dont l'Afrique, cherchent à s'en inspirer. RFI : Vous expliquez dans votre livre « Le Monde a faim », publié aux Éditions du Cherche Midi, que Rungis est le plus grand marché de gros alimentaire du monde. Stéphane Layani : Peu de Français le savent, mais c’est vrai. Rungis est un fleuron national et l’une de mes fiertés est de l’agrandir d’année en année. Aujourd’hui, s’y côtoient près de 200 pavillons de marchandises fraîches : pavillon des légumes, des fruits, des poissons, des fromages. Le marché est situé dans la ville de Rungis, au sud de Paris. Le marché de gros est aujourd’hui une plateforme de commerce international gigantesque, où l'on circule en camion entre les pavillons tellement le marché est étendu.  Rungis est une ville dans la ville, de plus de 230 hectares. Il est plus grand que Monaco. L’avantage pour les professionnels grossistes est d’avoir tous les produits rassemblés dans un même lieu. Vous dites dans votre livre que le monde a faim car la planète manque de marchés de gros. Pourquoi est-ce une injustice, notamment en ce qui concerne le transport ? C’est une injustice, oui, pour l’Asie, pour l’Afrique, des continents de pays émergents. Contrairement à ce que l’on pense, l’Asie est le continent qui a le plus faim. Par manque de connexions – ports, aéroports, routes –, 30 % des récoltes se perdent dans les champs, car les récoltes arrivent en même temps. Or, avec des véhicules individuels trop petits, des distances trop longues, les petits producteurs tels les paysans et les éleveurs ne parviennent pas à tout écouler. Les marchés de gros permettent de rassembler, de conserver et d’exporter les surplus. Les retombées, expliquez-vous, sont nombreuses au plan économique et politique. Des gains économiques incroyables pour les pays qui investissent dans les marchés de gros. Ceux qui le comprennent font des bénéfices colossaux. Un transport organisé, avec des véhicules équipés réfrigérés, permet de réduire les pertes de marchandises. Tout ceci coûte cher. Encore plus cher dans les pays où la chaleur est écrasante, comme en Afrique. Comment faire ? C’est tout le propos de mon livre. Les aides existent. Nous avons un savoir-faire français de marché de gros que nous exportons en l’adaptant aux pays demandeurs. Je veux dire aux dirigeants politiques qu’il faut encourager ces démarches. Les banques de développement, les fonds d’investissement, les institutions africaines ou asiatiques sont aussi là pour appuyer de tels projets. Mon expérience internationale m’a prouvé que l’on peut construire des bâtiments, s’équiper en infrastructures. Votre prochaine destination sera la Chine. Nous construisons un marché de gros à Canton, la plus grande ville du sud de la Chine. Un pays qui a massivement investi dans les ports, les aéroports, les voies ferrées pour exporter, mais également pour transporter les marchandises à l’intérieur même du pays. C'est l’une de leurs forces majeures. Ils organisent leur transport à l’échelle mondiale et nationale. Les Chinois ont compris qu’un maillage sur les territoires est la clé d’un pays bien nourri et économiquement prospère. Votre livre insiste bien sur le fait qu’il ne s’agit pas d’arriver et de calquer le marché de Rungis sur chaque continent du monde. Vous évoquez vos collaborations dans plusieurs pays africains. Loin de moi l’idée d’arriver et d’imposer quoi que ce soit au pays. Nous sommes sollicités pour notre expérience et nous développons les marchés de gros avec les autorités locales. Ce qui fait économiser beaucoup de dépenses inutiles, car nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Au Bénin, où nous finalisons la construction d’un important marché de gros à Cotonou. Ce marché sera relié à plusieurs autres petits marchés de gros dans des villes périphériques. D’autres pays en Afrique ? Le Nigeria, voisin du Bénin, un pays qui va compter à l'avenir, l'un des pays les plus peuplés du continent africain et du monde. La démographie y est importante, le Nigeria veut organiser un marché de gros. Vous insistez sur la notion de filières alimentaires, qu’est-ce que cela signifie exactement ? Ici, en Europe, l’organisation agroalimentaire en filières nous paraît évidente. Le commerce de la viande, par exemple, s’effectue par filière du porc, filière du poulet, etc. La même chose pour les filières des fruits et légumes. Ce n’est pas le cas à l’échelle africaine ou asiatique. À lire aussiLe plus grand marché du monde, Rungis a 50 ans!

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  3. Apr 24

    Commerce international: d'Ormuz à Malacca, la guerre des détroits

    Ouverture, fermeture… Depuis le début guerre en Iran, le détroit d'Ormuz en voit de toutes les couleurs. Tantôt accessible, tantôt bouclé, ce bout de mer a, en tout cas, prouvé son importance. Pivots du transport mondial, tous les détroits du monde sont stratégiques. Mais pendant que les esprits restent tournés vers celui d'Ormuz au Moyen-Orient, un autre détroit est un peu oublié : celui de Malacca. Début avril pourtant, les Américains ont passé un accord avec les Indonésiens. Et ce n'est pas un hasard. Vincent Barret, économiste du groupe AGEFI à Paris, est l'auteur d'un article sur la révolution des détroits. Entretien. RFI : Dans votre article, vous soulignez l'importance de regarder la guerre en Iran dans son ensemble, avec les autres événements sur les détroits du monde. Celui de Malacca en particulier. Pourquoi ?  Vincent Barret : Oui, parfaitement. Sachez qu'en ce mois d'avril, pendant que tous les yeux se tournaient vers le détroit d'Ormuz au Moyen-Orient, les Américains ont signé un accord diplomatique avec l'Indonésie sur le détroit de Malacca.  Le détroit de Malacca étant un passage maritime au large de l'Asie… Oui, c'est un bout de mer frontalier avec Singapour, les Philippines et l'Indonésie. Pourquoi est-il si important aux yeux des Américains ?  Pour sa position dans l'économie de la Chine : 80% du pétrole que les Chinois importent passent par ce détroit de Malacca. Pour les exportations, ce sont 60% des marchandises – produits d'usines, textiles, voitures, batteries électriques, semi-conducteurs, jouets, matières premières comme les minerais ou les terres rares. Tout cela transite par ce détroit de Malacca en direction de l'Europe et du Moyen-Orient. À lire aussiLes détroits : nouveaux centres de gravité de la guerre ? Que préconise cet accord entre Américains et Indonésiens ?  C'est un accord de défense stratégique qui assure aux Américains certaines priorités sur le transport et les données maritimes (transit par la mer) dans cette région du monde. On peut parler par exemple d'accords sur la cybersécurité des ports et des passages dans le détroit – attaques de pirates ennemis pour bloquer les ports, les routes…  Ce détroit n'est pourtant pas la seule route d'exportation. Il y a également les routes terrestres et les chemins de fer qui existent via les corridors entre la Chine et la Turquie et le Moyen-Orient. Pourquoi cette priorité aux bateaux ?  Simplement parce que les tankers et les autres navires permettent de transporter des quantités énormes de marchandises. Certes, la Chine exporte également par les routes. Il faut penser à ses investissements colossaux depuis 20 ans dans les routes de la soie, ce maillage planétaire qu'elle continue de construire. Sur chaque continent, de l'Afrique à l'Amérique du Sud, les Chinois financent des rails, des ports, des autoroutes… La stratégie de Donald Trump, le président américain, avec cet accord sur le détroit de Malacca, s'ajoute à ses volontés de contrôler le passage d'Ormuz. On l'a vu proposer aux pays du Moyen-Orient une taxe sur le détroit d'Ormuz qui le transformerait en route payante... Cela répond à sa personnalité et à son pouvoir fondé sur les « deals » (« accords »), les contrats qui peuvent lui rapporter beaucoup d'argent. Mais lors de l'accord de l'Indonésie, il n'a pas parlé de taxes sur le détroit de Malacca. À lire aussiAprès Ormuz, coup de chaud sur le détroit de Malacca, axe stratégique du commerce mondial Le président Trump cherche-t-il, avec son intérêt pour les détroits, à contrer la Chine ? Ou est-ce une volonté de rivaliser avec les Chinois, avec leurs routes de la soie, en bâtissant lui aussi un réseau de routes américaines à travers le monde ?      Non, je ne le crois pas. Donald Trump n'est pas dans une logique de faire des États-Unis un pays grand exportateur comme l'est la Chine.  Quel est son but ?  Son but est d'empêcher les Chinois ou une autre puissance de pouvoir bloquer le trafic de marchandises. Le président Trump veut assurer une économie intérieure américaine sans volonté de conquérir ou de construire un empire. Même si c'est un vrai moyen de freiner la Chine d'une certaine manière !  Notamment en ce qui concerne les minerais importés de Chine vers les USA par la mer ?  Oui, Donald Trump ne veut pas être paralysé à un moment ou à un autre par un ennemi qui arriverait à barrer des routes stratégiques. Or, quand on sait que 90% environ des matières premières – utiles à la construction des voitures ou autres produits – sont raffinées et exportées par la Chine en raison de ses usines de raffinage uniques au monde, on comprend l'intérêt américain à vouloir un minimum de contrôle sur les passages maritimes. Il en va de sa souveraineté énergétique, de pouvoir garantir son énergie et les produits de base de ses industries.   Un autre accord, là encore un peu oublié par les journalistes occidentaux : en parallèle au détroit de Malacca en Asie, un accord vient d'être signé entre le nord de l'Afrique et l'Europe !  Oui ! Ils ont signé avec le Maroc un accord de défense qui leur permet d'accéder à des données et à un droit de présence en cas de conflit dans le détroit de Gibraltar, frontalier du Maroc et de l'Espagne. Ce détroit est une route vers l'intérieur du continent, donc une assurance sur des routes vers le reste de l'Europe. À lire aussiCes détroits qui conditionnent l'économie mondiale Mais ces contrats diplomatiques avec l'Indonésie ou le Maroc, des pays frontaliers des détroits de Malacca et de Gibraltar, ont aussi un volet militaire ?   L'accord de défense des États-Unis avec l'Indonésie ou le Maroc permettrait, en cas de guerre, d'avoir un accès à ces pays proches des détroits. De cette façon, c'est une manière de dire à la Chine ou à d'autres potentiels ennemis que les Américains sont là, prêts à intervenir. À lire aussiLes «nouvelles routes de la soie»: dix ans après, un bilan contrasté

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  4. Apr 10

    La Corée du Nord continue son ouverture au tourisme

    Ce jeudi 9 et vendredi 10 avril, le ministre chinois des Affaires étrangères s'est rendu en Corée du Nord et le mois dernier, la ligne Pékin-Pyongyang, fermée depuis six ans en raison de l'épidémie de Covid, a repris du service. Au-delà du symbole, c'est peut-être le signe d'une volonté de développer le transport de voyageurs et le tourisme. Faut-il y voir un changement dans l'une des dictatures les plus isolées de la planète ?  Les images sont inédites à la télévision nord-coréenne. Un train passe sur le célèbre pont de l’Amitié avec à son bord des employés et touristes chinois qui saluent les caméras, la dictature étant d’habitude plus disposée à montrer des chargements de chars et de missiles. 24 heures de train pour le Pékin-Pyongyang  La crise sanitaire de 2020 n’étant plus qu’un mauvais souvenir, les premiers voyageurs partis de Chine ont pu franchir le fleuve Yalu entre Dandong et Sinuiju, ville coréenne frontalière de la Chine. Le trajet dans son entier entre les deux capitales Pékin et Pyongyang dure 24 heures.  Alors pourquoi rouvrir cette ligne de train maintenant et surtout avec un tel affichage ? Les experts géopolitiques ont remarqué que depuis six ans, de nouvelles routes (souvent gigantesques, à huit voies) se sont construites en Corée du Nord, notamment près de la frontière entre la Corée du Nord et la Chine.  À l’heure actuelle, il y a seulement deux points de passage pour le transport de voyageurs entre les deux pays alors que la frontière commune mesure près de 1 416 km. Mais le transport de marchandises s’est particulièrement développé dans les années 1990 grâce à la mise en place d’une zone spéciale économique au nord-est de la Corée du Nord. Le commerce extérieur nord-coréen avec la Chine est estimé à 90 % des échanges (le reste essentiellement avec la Russie et l’Iran).   En Corée du Nord, ce sont les jeunes militaires qui participent à construire les infrastructures. Le service obligatoire dure 7 ans et consiste souvent à réparer ou construire de nouvelles routes. On comprend l’avantage d’avoir une main-d’œuvre moins chère.   À lire aussiCorée du Nord: visite du ministre chinois des Affaires étrangères, nouveau signe du rapprochement entre les deux pays Le marathon de Pyongyang 2026 annulé  Mais aller jusqu’à penser qu’avec ces nouvelles routes, la Corée du Nord cherche à s’ouvrir au reste de la planète, c'est sans doute exagéré. « Depuis quelques années, la Corée du Nord cherche à se détacher de la Chine. Pyongyang s’est rapproché de la Russie pour lui fournir des équipements et des forces militaires. Ce commerce militaire (7 milliards de dollars en 2025) lui permet d’accumuler de la richesse dont elle manque (en raison des sanctions internationales de l’ONU dues aux armes nucléaires), analyse Arnaud Leveau, de l’université Paris-Dauphine. La Corée du Nord cherche donc à se rééquilibrer et la réouverture de ce train pour permettre le transport de voyageurs est le signe d’une volonté d’échange avec l’extérieur. Mais attention ! Je ne dirais pas que la Corée du Nord est prête à accueillir le monde entier ! Cette dictature reste obsédée par l’ordre et la surveillance. Le simple fait d’avoir annulé le marathon de Pyongyang cette année (programmé le 5 avril) en est la preuve. »     Les ferrys et l’ouverture vers la mer  L’ambition touristique de la Corée du Nord n’est peut-être pas si exagérée. Notamment en raison d’un autre transport qui s’est développé lui aussi, le transport par bateaux. Les ports fluviaux et maritimes nord-coréens se sont agrandis. Aujourd’hui, ils offrent aux Chinois de Mandchourie (nord-est de la Chine) la possibilité d’aller rapidement à la mer.  L'ouverture touristique en préparation  La Corée du Nord serait-elle tentée par un développement touristique étape par étape ? Le développement rapide des voies ferrées, maritimes ou routières laisse présager que la Corée du Nord a opté pour cette option. C’est l’avis de Partick Maurin, chercheur à l’Inalco, l’Institut des langues orientales de Paris, qui se rend régulièrement en Corée du Nord : « Je connais le pont ferroviaire au-dessus du fleuve Yalu entre la Chine et la Corée du Nord. Les liaisons ont donc repris le 12 mars dernier. Et personnellement, je suis assez impressionné par la vitesse à laquelle se développent les infrastructures, estime le chercheur. Alors bien entendu, la Corée du Nord ne vise pas à devenir une puissance commerciale comme les États-Unis, mais elle veut se faire reconnaître aux yeux du monde. Les grandes villes aux frontières se sont modernisées. Tout est prêt pour accueillir les touristes des pays voisins dans les hôtels et pour leurs activités. La majorité des touristes sont Chinois. Ils vont skier ou bien se baigner à la mer (la Corée du Nord est bordée par deux mers : la mer du Japon à l’est, la mer Jaune à l’ouest). »  Les trains entre Pyongyang et Pékin ont repris dans des trains appelés trains internationaux. Mais pour le moment, seuls les étudiants et les travailleurs chinois en poste en Corée du Nord ont droit à un billet.   À lire aussiLa Chine prône une «coordination» renforcée avec la Corée du Nord sur les questions internationales À lire aussiEn Corée du Nord, une station balnéaire touristique ouvre ses portes à Kalma

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L’histoire nous le dira mais, sans la pandémie de coronavirus, aurait-on réalisé l’importance du transport international ? L’absence de déplacements et l’essor du commerce sur internet ne nous auront jamais autant concernés. Aujourd’hui, nos paquets sont déposés devant notre porte. Avant cette maladie mondiale, qui aurait prédit une telle remise en cause des géographies et monopoles industriels ? Nerf de la guerre, qu’il soit en mer, dans le ciel, le cosmos, sur la route ou les chemins de fer, le transport – de personnes et de marchandises – est un secteur d’une richesse incroyable où l’on rencontre des acteurs passionnés. Venez les découvrir en écoutant la Chronique transports de Marina Mielczarek.

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