Éco d'ici éco d'ailleurs

Chaque samedi, Bruno Faure ouvre les grands dossiers de l’actualité économique internationale avec les spécialistes du service Économie de RFI et les meilleurs experts. La globalisation et ses enjeux, l’émergence du continent africain, les mutations technologiques, les crises internationales, leur impact sur les situations économiques locales et sur les populations sont au programme d’Éco d’Ici, Éco d’Ailleurs. *** Diffusions le samedi (vers toutes cibles), à 10h10 TU et 23h10 TU.

  1. 2d ago

    Mondialisation : qui profite de la fragmentation de l'économie mondiale?

    Pendant plusieurs décennies, la mondialisation a été le moteur principal de l’expansion économique mondiale. Fondée sur la baisse des barrières commerciales, l’essor des chaînes de valeur internationales et la circulation croissante des capitaux, elle a profondément transformé les économies et les sociétés. Pourtant, depuis la crise financière de 2008, puis les chocs du Covid-19, de la guerre en Ukraine et des tensions sino-américaines, ce modèle semble entrer dans une nouvelle phase. NOS INVITÉS Elvire Fabry, directrice du programme Commerce et sécurité économique à l'Institut Jacques Delors et Rapporteure du groupe de travail sur les relations entre l’Union européenne et la Chine. Son expertise : Commerce international. Souveraineté économique européenne. Relations commerciales UE-Chine. Réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Christophe Rodrigues, professeur d’économie et de sciences sociales en classes préparatoires et à l’École normale supérieure de Lyon. Son expertise : Mondialisation. Gouvernance économique mondiale. Histoire économique. Politiques industrielles. Il est co-auteur de l’ouvrage La mondialisation fragmentée, Comprendre les mutations de l’économie mondiale (DBS). Eric Keslassy, professeur d’économie et de sciences sociales à LPA. Son expertise : Sociologie économique. Inégalités. Conséquences sociales de la mondialisation. Relations entre économie et politique. Pauline Pic, titulaire de la Chaire de géopolitique des mers et des océans à l’Université du Québec à Rimouski. Son expertise : Géopolitique maritime. Routes commerciales mondiales. Enjeux stratégiques des océans. Ressources marines et transition énergétique. Les grandes thématiques abordées 1. La mondialisation : une histoire ancienne Les intervenants rappellent que la mondialisation ne date pas des années 1990. Une première phase d’intégration économique existe déjà à la fin du XIXᵉ siècle, avec l’intensification des échanges commerciaux et financiers entre les grandes puissances. Les économistes soulignent qu’il existe depuis toujours une tension entre deux réalités : les bénéfices de l’ouverture économique ; la crainte d’une perte de souveraineté des États. Cette opposition traverse toute l’histoire économique moderne. 2. L’âge d’or de l’hypermondialisation Les années 1990-2007 constituent ce que l’économiste Dani Rodrik appelle « l’hyperglobalisation ». Cette période est marquée par : l’ouverture massive des marchés ; l’explosion des chaînes de valeur mondiales ; la montée en puissance des multinationales ; la globalisation financière. L’entrée de la Chine dans l’économie mondiale accélère fortement ce mouvement. Les entreprises délocalisent leur production pour réduire les coûts et les échanges internationaux atteignent des niveaux inédits. 3. La crise de 2008 : un tournant majeur Pour Christophe Rodrigues et Eric Keslassy, la crise financière de 2008 marque le début d’une nouvelle époque. Elle révèle plusieurs faiblesses : des inégalités croissantes ; une gouvernance mondiale insuffisante ; une dépendance excessive à certains marchés ; une défiance grandissante envers la mondialisation. Les intervenants considèrent que les difficultés actuelles ne sont pas nées avec Donald Trump mais s’inscrivent dans une tendance plus ancienne de repli économique et politique. 4. Les États-Unis remettent en cause le modèle L’émission revient longuement sur la politique commerciale américaine. Selon l’administration Trump, la mondialisation aurait : affaibli l’industrie américaine ; détruit des emplois industriels ; renforcé la dépendance envers la Chine. Les invités nuancent fortement cette analyse. Ils rappellent que les États-Unis restent parmi les grands gagnants de la mondialisation, notamment dans les services et les technologies. Ils soulignent également que les droits de douane pénalisent souvent les entreprises et consommateurs américains eux-mêmes. 5. La Chine, grande gagnante de la mondialisation La Chine apparaît comme le pays ayant le mieux profité de l’ouverture des marchés mondiaux. Les intervenants expliquent qu’elle est passée : d’une économie à bas coûts ; à une puissance technologique de premier plan. Aujourd’hui, elle domine de nombreux secteurs industriels : batteries ; véhicules électriques ; panneaux solaires ; terres rares ; raffinage de minerais stratégiques. La Chine représente déjà plus du tiers de la production manufacturière mondiale et pourrait encore accroître son poids dans les prochaines années. 6. Une mondialisation qui se réorganise Pour Elvire Fabry, il n’y a pas de véritable démondialisation. Les flux commerciaux continuent d’exister mais changent de forme. Les entreprises cherchent désormais : à diversifier leurs fournisseurs ; à sécuriser leurs approvisionnements ; à réduire certains risques géopolitiques. Des concepts comme : nearshoring ; friendshoring ; relocalisation partielle ; prennent de l’importance. L’objectif n’est plus seulement la recherche du coût le plus faible, mais aussi la résilience des chaînes de valeur. 7. Les océans, colonne vertébrale de la mondialisation Avec Pauline Pic, l’émission aborde la dimension maritime de la mondialisation. Quelques chiffres rappellent l’importance stratégique des mers : environ 80 % du commerce mondial passe par voie maritime ; près de 90 % du trafic Internet mondial transite par des câbles sous-marins ; les grands détroits restent des points de passage essentiels. Les tensions actuelles autour du détroit d’Ormuz illustrent la fragilité de ces infrastructures mondiales. 8. La bataille mondiale pour les ressources stratégiques Les intervenants évoquent l’importance croissante : des minerais critiques ; des terres rares ; des métaux nécessaires à la transition énergétique. La Chine dispose d’une avance considérable : extraction ; raffinage ; transformation industrielle. Cette situation pousse l’Union européenne à développer : ses propres capacités industrielles ; le recyclage ; des partenariats avec des pays tiers. L’enjeu est d’éviter de nouvelles dépendances stratégiques. 9. Les perdants de la mondialisation L’émission revient également sur les conséquences sociales du phénomène. Les invités rappellent que la mondialisation a produit : des gagnants... consommateurs bénéficiant de prix plus bas ; entreprises exportatrices ; grandes métropoles ; secteurs technologiques. ...mais aussi des perdants ouvriers touchés par les délocalisations ; territoires industriels fragilisés ; classes moyennes confrontées à la concurrence internationale. Eric Keslassy souligne qu’aujourd’hui même les emplois qualifiés et les ingénieurs peuvent être concernés par la compétition mondiale. 10. Quel avenir pour l’Europe ? L’une des conclusions majeures de l’émission concerne l’Union européenne. Pour les invités, l’Europe doit : renforcer sa politique industrielle ; investir dans l’innovation ; sécuriser ses approvisionnements ; développer des partenariats commerciaux diversifiés ; préserver une forme de multilatéralisme. L’objectif n’est pas l’autarcie mais une souveraineté économique mieux maîtrisée. Les intervenants estiment que l’Europe dispose encore d’atouts majeurs grâce à son marché de 450 millions de consommateurs et à sa capacité à négocier collectivement.   💻 Réalisation : Guillaume Munier. 🎵 Choix musicaux : Tank and The Bangas - Move (Ft Lucky Day) Shakira / Burna Boy - Dai Dai

    1h 2m
  2. Jun 5

    Dette française : faut-il vraiment en avoir peur?

    La dette publique française dépasse 115% du PIB et alimente un débat permanent entre politiques, économistes et citoyens. Faut-il s'en inquiéter ? Peut-on continuer à emprunter ? Quels sont les risques réels pour l'avenir ? Nous avons réuni deux expertes aux approches complémentaires : la journaliste économique Philippine Robert et l'économiste Dorothée Rouzet analysent les causes de cet endettement, les contraintes européennes, le rôle des marchés financiers et les défis économiques à venir. NOS INVITÉES 🎙️ Dorothée Rouzet est cheffe économiste à la Direction générale du Trésor français. Cette administration rattachée au ministère de l'Économie produit des analyses économiques, élabore des prévisions et conseille les pouvoirs publics sur les politiques économiques. Elle adopte une approche rigoureuse et pédagogique. Son analyse repose sur les mécanismes économiques de long terme : soutenabilité de la dette, croissance, emploi, attractivité du territoire, investissements publics et stabilité financière. Pour elle, la dette n'est pas un problème en soi. Tout dépend de son utilisation. Elle rappelle qu'un État peut s'endetter pour investir ou pour amortir une crise, mais qu'il doit ensuite retrouver une trajectoire soutenable.  💬 « On peut s'endetter aujourd'hui et laisser aussi un plus gros gâteau à la prochaine génération. La difficulté aujourd'hui, c'est qu'une partie de la dette finance les dépenses courantes et notamment sociales. » Son intervention met également en avant plusieurs atouts de l'économie française : une démographie relativement dynamique, une économie diversifiée, une forte capacité à lever l'impôt, une énergie largement décarbonée et une attractivité toujours importante pour les investisseurs étrangers. 💬 « La dette française est valorisée parce qu'elle est de bonne qualité et très liquide. » Dorothée Rouzet insiste enfin sur la nécessité d'investir dans des investissements productifs ou pour la transition écologique. 💬 « Le plus facile à couper, c'est l'investissement. Mais c'est le plus idiot aussi. » 🎙️ Philippine Robert est journaliste spécialisée en économie à l'hebdomadaire Le Point. Elle est également l'auteure du livre Faut-il avoir peur de la dette ? Enquête sur un débat qui déchaîne les passions, publié aux éditions du Rocher. Son intervention se concentre davantage sur les dimensions politiques, historiques et sociologiques de la dette publique. 💬 « Aujourd'hui, en France, le sujet de la dette est très instrumentalisé politiquement. » Elle explique pourquoi cette question provoque autant de tensions dans le débat public et comment elle est régulièrement instrumentalisée par les responsables politiques. Selon elle, la dette est devenue un sujet émotionnel qui cristallise les oppositions entre générations, catégories sociales et sensibilités politiques. Elle souligne également que la France a manqué plusieurs occasions de réformer durablement ses finances publiques pendant les années de taux d'intérêt très faibles. 💬 « Très peu de gouvernements français ont eu une bonne gestion des finances publiques. Les réformes structurelles qui auraient permis de ne pas être dans cette situation-là n'ont jamais été faites. On a loupé la fenêtre d'opportunité. » CE QU'IL FAUT RETENIR DE L'ÉMISSION Nos deux invitées s'accordent sur un point essentiel : la dette n'est pas nécessairement mauvaise. Elle peut même être utile lorsqu'elle finance ou lorsqu'elle permet de protéger l'économie pendant une crise. En revanche, elles considèrent que la situation française devient préoccupante parce qu'une partie importante de la dette sert désormais à financer des dépenses courantes plutôt que des investissements d'avenir. L'émission montre également que la question de la dette ne peut être séparée de nombreux autres enjeux : la croissance économique, l'emploi, le vieillissement démographique, les dépenses sociales, la compétitivité, l'attractivité internationale, les relations avec les partenaires européens. NOTRE ENTRETIEN VIDÉO Alors que la France revoit apparaître le spectre des fermetures d'entreprises, du chômage et des licenciements, nous avons reçu l'avocat en droit du Travail Avi Bitton, auteur d'une web-série pour défendre les intérêts des cadres supérieurs. Découvrez la vidéo en cliquant ici.   💻 Réalisation : Guillaume Munier. 🎵 Choix musicaux : Annie Lalalove / Donne moi Charles Trenet / Paie tes dettes.

    1h 6m
  3. May 29

    Nouvelle-Calédonie : le caillou au bord du gouffre économique

    À 17 000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie, territoire d'Outre-mer français, traverse une crise économique sans précédent depuis les émeutes de mai 2024. Deux années plus tard, les 265.000 habitants font face à un effondrement structurel, aggravé par la dépendance au nickel, dont l'issue reste incertaine. Un économiste et un chef d'entreprise dressent un bilan sans concessions puis esquissent les voies d'un redressement possible. La crise en chiffres La Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud constitué de dizaines d'îles et dont la capitale est Nouméa, vit sous souveraineté française depuis 1853. Le territoire bénéficie d'une forte autonomie, mais les revendications indépendantistes des communautés kanaks y restent vives et s'expriment parfois violemment. Les émeutes de mai 2024, déclenchées par un projet de révision constitutionnelle, ont causé quatorze morts et un coût estimé à 2,2 milliards d'euros. Elles ont aggravé une situation déjà fragilisée par plus d'une décennie de ralentissement économique et une crise du secteur du nickel — pilier historique de l'économie locale. 👉 −13,5% de PIB perdu en 2024 après les émeutes 👉 −8% de PIB supplémentaire perdu en 2025 👉 14 000 emplois détruits depuis mai 2024 sur 65 000 salariés du privé. Nos invités 🎙️ Olivier Sudrie, économiste spécialiste de l'outremer, fondateur du cabinet DME (Didacticiels et Modélisation Économiques) 💬« Le choc de la Nouvelle-Calédonie est à peu près équivalent au choc que nous avons connu au niveau national à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. » 💬« Il n'y a aucune fatalité à la situation que vit actuellement la Nouvelle-Calédonie. Tout peut repartir. Il faut pour cela un effort du gouvernement calédonien lui-même, mais aussi un effort financier de la part de l'État. » 💬« Donner un travail à quelqu'un, c'est lui donner un salaire et donc forcément lui permettre aussi d'avoir une dignité et de pouvoir se projeter dans le futur. Et ça, en fait, les Outre-mer — la Nouvelle-Calédonie ne fait pas exception à la règle. » 🎙️ Xavier Benoist, directeur général de Bluescope Acier Nouvelle-Calédonie · Président de la Fédération des Entreprises et Industries de Nouvelle-Calédonie 💬« Depuis 2024, c'est l'effondrement et l'effondrement s'accélère. » 💬« On est en train de créer toutes les conditions pour de nouvelles violences. Les sujets de la Calédonie aujourd'hui, c'est quand est-ce que telle collectivité va faire banqueroute ? Quand est-ce que notre régime de retraite local va être en rupture de trésorerie ? » 💬« Personne ne va investir dans une activité économique en Nouvelle-Calédonie tant qu'on n'aura pas un peu de visibilité sur l'avenir du territoire. Ce choc de confiance, il est essentiel. » Avec les participations de Charlotte Mannevy, correspondante de RFI à Nouméa et Dominique Lefeivre, président Les cacaos du Pacifique. Notre reportage La crise du secteur du nickel, le Covid et les révoltes indépendantistes de 2024 ont eu pour conséquence la fermeture de nombreuses entreprises, mines et usines. Parmi les Calédoniens licenciés, de nombreux Kanaks ont dû quitter leur logement pour retourner dans leur tribu. C’est tout un mode de vie fait d’agriculture et de coutume qu’ils retrouvent. Reportage de Théo Renaudon.   💻 Réalisation : Guillaume Munier. 🎵 Choix musical : Mizé Si Péyi La / Soft.

    54 min
  4. May 22

    Pétrole : la crise profitera-t-elle aux producteurs africains?

    Quelles sont les grandes mutations du secteur pétrolier africain ? Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, baisse relative des investissements internationaux, transition énergétique et quête d’attractivité, les pays africains producteurs tentent de repositionner leur stratégie. Tournée dans le cadre des 4èmes Journées Pétrole, cette émission réunit experts, économistes, représentants d’États et industriels autour d’une même interrogation : comment transformer les ressources pétrolières en véritable levier de développement durable ?   NOS INVITÉS Gacyen Mouely, associé gérant 3M - Partners & Conseils et organisateur des 4èmes Journées Pétrole à Casablanca Cyril Ruchonnet, directeur associé chez S&P Global Laura Sima, directrice associée, recherche sur les Solutions Amont chez S&P Global Mahamat Togoï, ingénieur géologue, enseignant-chercheur à l'Institut National Supérieur de Pétrole de Mao (Tchad) Hashir Mabignath Sall, directeur général adjoint de l'Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI) du Gabon Michel Prudhomme Nzouba fondateur Eco Partners, ancien dirigeant de Shell, Assala Energy, Maurel & Prom.   Les grandes thématiques de l’émission 👉 Un marché pétrolier mondial bouleversé Le blocage du détroit d’Ormuz et les tensions géopolitiques ont profondément déstabilisé le marché mondial des hydrocarbures. Malgré la montée des énergies renouvelables, le pétrole et le gaz représentent encore près de 80% de la demande énergétique mondiale. Les États producteurs africains voient dans cette situation une opportunité de renforcer leur rôle stratégique. 💬Cyril Ruchonnet : « Le rééquilibrage mondial pourrait profiter aux producteurs africains. » 💬 Laura Sima : « Même avant le conflit au Moyen-Orient, les pétroliers cherchaient déjà à diversifier leurs zones d'investissements. » 👉 L’attractivité des pays africains L’Afrique dispose d’importantes réserves pétrolières, mais peine encore à attirer suffisamment d’investissements. Les compagnies pétrolières ne regardent plus uniquement le potentiel géologique : elles analysent désormais la stabilité politique, la fiscalité, la gouvernance et la sécurité juridique avant d’investir. 💬 Michel Prud'homme Nzouba : « L’attractivité commence par la géologie. » 💬 Cyril Ruchonnet : « Les investisseurs recherchent aujourd’hui des découvertes plus rentables. » 💬 Mahamat Togoï : « Les compagnies veulent désormais des retours sur investissement plus rapides. » 💬 Laura Sima : « Les sociétés pétrolières aiment la stabilité, un projet se pense sur trente ou quarante ans.. » 💬 Hashir Mabignath Sall : « Nous avons gagné en crédibilité auprès des investisseurs. » 👉 La réforme des codes pétroliers Plusieurs invités insistent sur l’importance des cadres réglementaires. Les codes pétroliers doivent être plus flexibles, plus lisibles et mieux appliqués afin d’accélérer les projets et de rassurer les investisseurs internationaux. 💬 Gacyen Mouely : « Le code pétrolier n’est qu’un outil. » 💬 Michel Prud'homme Nzouba : « Le vrai problème est souvent la mise en application des codes. » 💬 Mahamat Togoï : « Les États doivent créer un cadre général favorable. » 👉 Le contenu local et la création d’emplois Les intervenants défendent un contenu local plus ambitieux. L’objectif est de permettre aux entreprises africaines de participer davantage aux activités à forte valeur ajoutée du secteur pétrolier plutôt que de rester cantonnées aux services périphériques. 💬 Gacyen Mouely : « Le contenu local doit être structuré et compétitif. » 💬 Michel Prud'homme Nzouba : « Les capacités locales ont été historiquement négligées. » 👉 La transition énergétique Tous reconnaissent que l’après-pétrole doit être anticipé dès aujourd’hui. Les revenus issus des hydrocarbures doivent financer la diversification économique et le développement de nouvelles énergies. 💬 Hashir Mabignath Sall : « Le pétrole reste une énergie de transition indispensable. » NOS REPORTAGES Gabon : le projet gazier du Cap Lopez Le reportage d’Yves-Laurent Goma montre la transformation du terminal pétrolier du Cap Lopez en futur hub gazier. Le groupe Perenco investit près de deux milliards de dollars dans un projet de gaz naturel liquéfié destiné à faire du Gabon un exportateur de gaz dès 2028. Madagascar : relancer une industrie fragilisée À Madagascar, la société Madagascar Oil tente de relancer la production pétrolière après dix ans d’arrêt. Comme le montre le reportage de Guilhem Fabry, les autorités espèrent attirer de nouveaux investisseurs grâce à un futur code pétrolier plus compétitif. 💻 Réalisation : Hadrien Touraud / Stéphane Défossez 🎵 Choix musical : Fala - Vicky R / Oxlade

    55 min
  5. May 15

    Investissements en Afrique : risques perçus et risques réels, les voies de la rentabilité

    Au sommet Africa Forward de Nairobi (Kenya), cinq acteurs clés de la finance en Afrique (Ecobank, Proparco, Meridiam, Africinvest, Melanin Kapital) débattent du paradoxe qui freine les investissements sur le continent : une perception du risque souvent bien supérieure à la réalité. Instruments de dérisquage, appui des données, besoins de gouvernance : quelles clés pour libérer le potentiel africain ? Émission présentée par Bruno Faure enregistrée au Kenyatta International Convention Centre de Nairobi (Kenya) le 12 mai 2026.  Nos invités 🎙️ Françoise Lombard, directrice générale de Proparco Françoise Lombard dirige Proparco, la branche de l'Agence française de développement dédiée au secteur privé. Depuis bientôt cinquante ans, Proparco finance et accompagne des entreprises en Afrique dans tous les secteurs : agriculture et agribusiness, industrie, services, infrastructures énergétiques, private equity et capital-risque. L'institution dispose de six bureaux régionaux sur le continent et opère via une palette d'instruments financiers allant du prêt classique aux prises de participation, en passant par des outils de garantie et d'accompagnement technique. 🎙️ Thierry Déau, directeur général de Meridiam Thierry Déau dirige Meridiam, société de gestion française spécialisée dans le développement, le financement et la gestion de long terme de projets d'infrastructure essentiels. Meridiam gère environ 28 milliards d'euros pour le compte d'investisseurs institutionnels ; l'Afrique représente environ 10 % de ses encours, avec près de 2 milliards de fonds propres déployés pour créer une dizaine de milliards d'investissements sur le continent en huit ans. L'Europe reste son cœur d'activité (50 %), complétée par les Amériques. En Afrique, il porte notamment le parc éolien de Kipeto (Kenya), désormais en cours d'extension. 🎙️Mélanie Keïta Mariam, fondatrice de Melanin Kapital D'origine sénégalo-congolaise et installée à Nairobi depuis plusieurs années, Mélanie Keïta a fondé Melanin Kapital, une néo-banque dédiée au crédit des PME et startups africaines qui innovent dans l'économie verte. L'institution est opérationnelle dans douze pays, en Afrique de l'Est, de l'Ouest et centrale, grâce notamment à un partenariat stratégique avec Ecobank. Sa particularité : prêter aux tout premiers emprunteurs, ceux qui n'ont pas accès au crédit bancaire classique. Pour cela, Melanin Kapital a développé ses propres modèles de crédit-score fondés sur les données de mobile money et les créances clients. 🎙️ Aziz Mebarek, co-fondateur d'AfricInvest Franco-tunisien, Aziz Mbarek est le co-fondateur d'AfricInvest, plateforme panafricaine d'investissement dont les fonds sont incorporés à Maurice et dont les neuf bureaux couvrent l'Afrique du Nord (Tunisie, Maroc, Égypte, Algérie) et l'Afrique subsaharienne (Kenya, Côte d'Ivoire, Nigéria, Maurice, Afrique du Sud) sans compter Dubaï. Avec une centaine de salariés issus d'une vingtaine de nationalités, AfricInvest est l'une des plus grandes équipes africaines de fonds propres, dette privée et venture capital. 🎙️ Jeremy Awori, directeur général du groupe Ecobank Transnational Jeremy Awori est un dirigeant bancaire kényan, né à Nairobi. Il est aujourd’hui le directeur général du groupe bancaire panafricain Ecobank Transnational Incorporated fondé en 1985 à Lomé (Togo). Elle est aujourd’hui l’un des plus grands réseaux bancaires du continent africain, présente dans plus de 30 pays. Son activité principale est la fourniture de services financiers aux particuliers, aux entreprises et aux institutions, notamment à travers la banque de détail, la banque d’investissement et les services numériques. Les grandes thématiques de l'émission 👉 Le paradoxe du risque africain L'Afrique attire des investissements croissants, mais reste stigmatisée par une perception de risque excessive. Les invités distinguent le risque réel — politique, climatique, monétaire — du risque perçu, souvent amplifié par des indices génériques et une méconnaissance du continent. 💬 Françoise Lombard (Proparco) « Il faut voir le continent africain comme un investissement de long terme. Penser le long terme sur le continent, c'est absolument indispensable. Et puis il faut accepter d'être au contact des réalités du continent et de ne pas transposer nécessairement nos propres réalités sur le continent. » 👉 Les instruments de dérisquage Garanties partielles sur portefeuilles de PME, assurances contre le risque politique (Miga/Banque mondiale), finance mixte combinant capital public et privé, structuration en tranches de risque différenciées : un panorama concret des outils disponibles. 💬 Mélanie Keita (Melanin Kapital) : « C'est vraiment toute une chaîne de valeur de financement qui doit être mise en place. Et grâce aux institutions du développement, on est capables d'accéder à plus de fonds, mais on doit travailler avec tous les acteurs de la chaîne pour pouvoir atteindre une femme qui n'est pas bancarisée et qui a quand même besoin de financement. » 👉 Financer les petites et moyennes entreprises Comment prêter à une PME agricole sans collatéral ni historique bancaire ? Les invités décrivent les montages innovants – crédit-score mobile, partenariats avec des coopératives, chaînes de valeur multi-acteurs – qui permettent d'atteindre les entreprises non bancarisées. 💬 Jeremy Awori (Ecobank) : « Pour les PME, essentielles aux économies africaines, nous tentons de minimiser le risque de défaut de paiement. Nous travaillons actuellement pour fournir des garanties et une couverture en cas de sinistre de premier et de second rang. Il s'agit de l'un des secteurs d'activité à la croissance la plus rapide au sein de la banque. » 👉 La concurrence internationale et les co-constructions Face aux financeurs asiatiques, les acteurs européens défendent leurs avantages comparatifs : durabilité contractuelle, normes ESG, non-consolidation de la dette souveraine. Mais la co-construction avec des acteurs d'autres continents est aussi une réalité du quotidien. 💬 Thierry Déau (Meridiam) : « La compétitivité ne vient pas forcément que du financement. Elle vient du coût, de la qualité – qui n'est pas toujours le même quand on multiplie ces trois facteurs en comparant une entreprise chinoise et une entreprise européenne. » 👉 Gouvernance, réglementation et cadres juridiques Continuité réglementaire, licences bancaires pays par pays, allocation des bilans bancaires vers les bons du Trésor plutôt que vers les PME, retards de paiement de la sécurité sociale : les obstacles institutionnels concrets identifiés par les praticiens. 👉 La data, nerf de la guerre de l'investissement L'absence de données fiables et accessibles sur les économies africaines reste un frein majeur pour les investisseurs étrangers. Améliorer la collecte et la transparence des données macroéconomiques et microéconomiques est présenté comme la réforme prioritaire. 💬 Aziz Mebarek (AfricInvest) : « Comment peut-on avoir un vrai rating et une vraie mesure du risque réel et effectif qui prévaut en matière d'investissement en Afrique ? Quand on voit tous les secteurs de la vie quotidienne, on trouve des entreprises européennes qui réussissent. Je pense que c'est vraiment le moment de s'engager. » 💻 Réalisation : Boris Vichith / Guillaume Munier 🎵 Choix musical : Ssaru ft Trio Mio – Mi Amor

    1h 13m
  6. May 9

    Canal+ Afrique veut devenir un géant audiovisuel panafricain

    Directeur général de Canal+ Afrique, David Mignot est le grand invité de l'économie RFI-Jeune Afrique. Il défend une stratégie fondée sur l’effet d’échelle, la production locale et l’innovation technologique pour faire face aux plateformes mondiales. Après le rachat de Multichoice, le groupe veut devenir un acteur audiovisuel panafricain incontournable. Cotation à Johannesburg, lutte contre le piratage, contenus africains et nouveaux usages numériques : David Mignot détaille ses ambitions. Entretien assuré par Bruno Faure (RFI) et Aurélie M'Bida (Jeune Afrique). Réalisation : Yann Bourdelas / Lauren Némausat / Stéphane Defossez. Découvrez l'émission en vidéo en cliquant ici. Canal+ Afrique change de dimension L’année 2026 marque une étape importante avec l’entrée du groupe Canal+ à la Bourse de Johannesburg. Une double cotation après Londres, destinée à renforcer l’ancrage africain du groupe et à ouvrir son capital à des investisseurs du continent. Pour David Mignot, cette implantation financière a aussi une portée symbolique. Canal+ veut apparaître comme un acteur pleinement intégré à l’écosystème audiovisuel africain. Le rachat de Multichoice pour atteindre une taille critique Le dirigeant revient sur l’acquisition de Multichoice, opérateur historique de télévision payante en Afrique anglophone et lusophone. Cette opération doit permettre au nouvel ensemble de dépasser les 40 millions d’abonnés dans près de 70 pays. Un changement d’échelle jugé indispensable face à la concurrence des grandes plateformes mondiales comme Netflix, Amazon ou Disney. David Mignot insiste sur la complémentarité géographique entre Canal+ et Multichoice. Selon lui, l’objectif est de construire un groupe capable d’investir massivement dans les contenus et les technologies. Le patron de Canal+ Afrique rappelle que le groupe emploie déjà plusieurs milliers d’ingénieurs et investit plus d’un milliard d’euros dans les infrastructures technologiques. Le piratage présenté comme la principale menace Contrairement aux idées reçues, David Mignot estime que le principal concurrent de Canal+ ne sont pas les grandes plateformes de diffusion mais le piratage. Selon lui, les nouvelles formes de diffusion illégale via les réseaux internet haut débit représentent un danger majeur pour toute l’industrie audiovisuelle. Le dirigeant explique que sans protection de la propriété intellectuelle, il devient impossible de financer durablement les productions locales et les grands événements sportifs. Miser sur les contenus africains Canal+ revendique aujourd’hui plus de 10 000 heures de contenus produits chaque année sur le continent africain dans une trentaine de langues. Séries ivoiriennes, productions nigérianes, contenus malgaches ou programmes en wolof, bambara ou peul : le groupe veut renforcer sa présence locale et développer des récits africains capables de séduire un public international. David Mignot compare cette stratégie à celle de la Turquie ou de la Corée du Sud, devenues de grands exportateurs de contenus audiovisuels. Selon lui, la taille du marché africain pourrait permettre à terme l’émergence de productions capables de rayonner à l’échelle mondiale. Des productions adaptées aux marchés locaux Le patron de Canal+ Afrique assure que les contenus locaux peuvent devenir rentables grâce à des coûts de production adaptés aux réalités économiques de chaque pays. Canal+ mise également sur la formation des talents locaux grâce à Canal+ University et à la Talent Factory de Multichoice. Plusieurs milliers de professionnels auraient déjà été formés aux métiers de la production audiovisuelle. Football, sport et diversification des contenus Le football reste un pilier majeur de l’offre de Canal+, notamment grâce à la Ligue des champions et aux grandes compétitions internationales. Mais David Mignot insiste sur la nécessité de ne pas dépendre uniquement des droits sportifs. Le groupe cherche à diversifier ses contenus avec des séries, des documentaires, des programmes jeunesse ou encore du basket africain et les sports de combat. Selon lui, la force de Canal+ repose avant tout sur sa capacité à agréger des contenus variés destinés à l’ensemble des membres d’un foyer. Une stratégie tournée vers les nouveaux usages Face à l’explosion du smartphone et des plateformes numériques, Canal+ veut adapter ses formats et ses outils de diffusion. David Mignot estime que le métier du groupe consiste désormais à occuper le temps libre des consommateurs, quel que soit l’écran utilisé. Le dirigeant reconnaît la montée en puissance de YouTube, TikTok ou Instagram, mais considère que les grands contenus premium conservent une place essentielle dans les usages audiovisuels. Canal+ veut devenir un acteur africain de référence Présent dans l’ensemble des pays d’Afrique subsaharienne, Canal+ revendique plus de 35 000 points de vente et des centaines de chaînes africaines diffusées sur ses bouquets. David Mignot affirme que le groupe est aujourd’hui perçu comme un acteur profondément africain malgré ses origines françaises. Le patron de Canal+ Afrique insiste enfin sur l’idée d’une « Afrique terre de croissance », devenue selon lui un axe stratégique majeur pour le groupe depuis plusieurs années.

    49 min
  7. May 1

    Newspace, datacenters, climate tech: les nouveaux horizons de l'économie

    Éco d’ici, éco d’ailleurs explore cette semaine les transformations majeures de l'économie mondiale à travers trois secteurs stratégiques : les infrastructures numériques, l’innovation technologique liée au climat et la conquête spatiale. Trois entrepreneurs européens livrent leur vision de ces nouveaux champs de compétition où se jouent souveraineté, innovation et croissance. Une bataille qui se joue désormais autant sur Terre… que dans l’espace. Immersion dans les data centers : la souveraineté numérique en action Invité : Louis Blanchot, CEO d'Etix Everywhere L’émission débute par une visite immersive dans un data center, infrastructure clé de l’économie numérique. Louis Blanchot présente les enjeux techniques et stratégiques de ces installations. Un pilier invisible de l’économie numérique Les data centers assurent le stockage et le traitement des données, indispensables au fonctionnement d’Internet, du cloud et de l’intelligence artificielle. Leur fonctionnement repose sur quatre piliers essentiels : une alimentation électrique continue un système de refroidissement performant une sécurité renforcée une connectivité optimale La gestion thermique est cruciale : les serveurs doivent fonctionner dans une plage de température précise pour éviter toute défaillance. Un secteur en pleine expansion Porté par l’essor de l’IA, le marché des data centers connaît une croissance rapide. Etix s’est spécialisé dans les « data centers de proximité » (edge), permettant de rapprocher les infrastructures des utilisateurs finaux et d’améliorer la performance des services. L’entreprise a connu une forte croissance, passant de quelques sites à un réseau national couvrant plusieurs régions françaises, avec des ambitions européennes. L’enjeu clé : la souveraineté des données Au-delà de la performance technique, Louis Blanchot insiste sur un enjeu stratégique majeur : la souveraineté numérique. Dans un contexte géopolitique tendu, la maîtrise des données devient essentielle, notamment pour les secteurs sensibles comme : la défense l’aéronautique la recherche et développement L’idée n’est pas de tout localiser, mais de protéger les données stratégiques. Le choix d’un opérateur de data center devient ainsi un acte politique autant qu’économique. Transformer la recherche en business : le modèle du startup studio Invité : Olivier Thirifays, cofondateur de BXVentures Deuxième étape de l’émission : la Belgique pour découvrir le modèle du startup studio avec BXVentures Un pont entre laboratoire et marché Le constat de départ est simple : l’Europe regorge de technologies innovantes issues de la recherche, mais celles-ci peinent souvent à atteindre le marché. Le startup studio propose une approche différente : collaboration étroite avec les chercheurs co-création de startups financement initial accompagnement stratégique Contrairement aux incubateurs classiques, le studio s’implique directement dans la création des entreprises et partage les risques. Focus sur les climate tech BX Ventures se concentre sur les technologies liées au climat, avec une double exigence : impact environnemental positif viabilité économique L’objectif est de développer des innovations capables de répondre à des besoins industriels concrets, sans dépendre uniquement de réglementations ou de subventions. Un écosystème à construire Le modèle repose sur une collaboration étroite avec les industriels dès les premières phases. Cela permet : d’évaluer la pertinence des technologies d’ajuster leur développement de sécuriser leur débouché commercial Un exemple emblématique est le projet Chipswin, qui vise à structurer un écosystème européen dans la microélectronique en mutualisant infrastructures, compétences et ressources. Un enjeu européen majeur Pour Olivier Thirifays, l’Europe doit accélérer la mise sur le marché de ses innovations. Trop souvent, les technologies restent bloquées au stade du prototype, alors que d’autres régions du monde avancent plus vite. L’enjeu est clair : renforcer la souveraineté industrielle en densifiant l’écosystème technologique. Le NewSpace : l’économie à la conquête du cosmos Invité : Charles Beigbeder, entrepreneur et investisseur, président du fonds Audacia, auteur NewSpace, l'économie à la conquête du cosmos (Eyrolles) L'entretien est à découvrir en vidéo ici L’émission s’ouvre sur un horizon encore plus vaste : l’espace. Charles Beigbeder, investisseur passionné, décrypte les nouvelles opportunités économiques du secteur spatial. Une révolution en cours Le spatial n’est plus réservé aux États. Grâce à la baisse des coûts : fabrication de satellites lancements en orbite de nouveaux acteurs privés investissent massivement ce secteur. Le « new space » devient ainsi un terrain de compétition économique majeur, avec des applications multiples : connectivité mondiale observation de la Terre exploitation future de ressources extraterrestre Trois phases historiques Charles Beigbeder distingue trois grandes étapes : une phase géopolitique dominée par la guerre froide une phase industrielle contrôlée par de grands groupes une phase actuelle marquée par l’arrivée d’acteurs privés Aujourd’hui, l’espace devient un domaine économique « normal », accessible aux entreprises et aux investisseurs. Un enjeu stratégique pour l’Europe Face à la domination des États-Unis et de la Chine, l’Europe doit structurer son écosystème spatial pour rester compétitive. Le NewSpace représente à la fois : une opportunité économique majeure un enjeu de souveraineté technologique Réalisation de l'émission : Lauren Némausat Choix musical : « Miss Yo » – Danitsa feat. Béesau

    1 hr
  8. Apr 25

    Démographie : une bombe économique silencieuse?

    Vieillissement accéléré en Europe, chute de la natalité en Chine, explosion démographique en Afrique : la démographie est-elle en train de redessiner l’économie mondiale ? Elle n’est plus une simple variable statistique mais déterminant central de la puissance d'un pays. Retraites, productivité, immobilier, croissance, travail, intelligence artificielle : autant de sujets abordés avec deux économistes aux approches parfois convergentes, parfois opposées. Nos invités 🎤 Thibault Prébay, économiste, auteur de Démographie, la bombe tranquille (Éditions du Rocher) Ancien professionnel de la finance et analyste économique, Thibault Prébay défend l’idée que le choc démographique est sous-estimé car il agit lentement, presque silencieusement, avant de produire des effets brutaux. Son expression de « bombe tranquille » résume sa thèse : la crise démographique n’explose pas comme une crise financière, elle fragilise progressivement les sociétés jusqu’au moment où les systèmes sociaux, le marché du travail et les équilibres économiques commencent à se déchirer. 💬 « Le plus gros impact a quelque chose de très sourd, très lent, dont on a tendance à ne se rendre compte que quand c’est trop tard. » Thibault Prébay interroge aussi la capacité réelle des gains de productivité et de l’intelligence artificielle à compenser durablement la raréfaction du travail humain. 💬 « On passe d’un monde qui ne savait pas comment occuper ses enfants à un monde qui ne sait pas comment occuper les postes. » 🎤 David Duhamel, professeur d'économie à Sciences Po, auteur du livre et du podcast Un monde sans enfants Son point de départ : la chute mondiale de la fécondité est un phénomène inédit dans l’histoire humaine.  💬 « Le choc démographique est absolument inédit, global, universel et compliqué à comprendre. » Selon lui, l’événement majeur n’est pas seulement économique, il est civilisationnel. Il insiste notamment sur le rôle des transformations culturelles, du rapport à la parentalité et des rapports femmes-hommes. 💬 « La maternité est devenue un choix pour les femmes. Cela change tout. » David Duhamel invite à repenser les catégories avec lesquelles on mesure le progrès, en remettant notamment en question l’idée selon laquelle la croissance démographique ou le PIB seraient les seuls horizons du bien-être collectif. Un débat central : l’exemple chinois La Chine occupe une place centrale dans cette émission comme illustration spectaculaire du basculement démographique mondial. Après des décennies marquées par la politique de l’enfant unique, le pays affronte aujourd’hui une chute des naissances, un vieillissement accéléré et des tensions croissantes sur son modèle économique. Les invités soulignent que cette transition fragilise plusieurs piliers du développement chinois : la main-d’œuvre abondante, la croissance tirée par l’investissement et la dynamique immobilière. Cléa Broadhurst, correspondante permanente de RFI en Chine insiste sur le fait que le recul de la natalité ne s’explique pas seulement par l’héritage des politiques publiques passées, mais aussi par des facteurs sociaux profonds : coût du logement, pression éducative, précarité de l’emploi des jeunes et transformation des aspirations familiales. Elle souligne que les politiques natalistes lancées par Pékin peinent à inverser la tendance, car le problème relève moins d’un déficit d’incitations que d’un changement structurel des comportements. Elle met aussi en avant les conséquences géopolitiques possibles de cette contraction démographique pour la puissance chinoise. L’Afrique, l’autre versant du basculement mondial L’Afrique apparaît dans l’émission comme le contrepoint démographique des sociétés vieillissantes. Alors que l’Europe et une partie de l’Asie connaissent le ralentissement ou le recul de leur population, le continent africain concentre une part croissante de la jeunesse mondiale et pourrait représenter un habitant sur quatre d’ici 2050. Les échanges soulignent que cette dynamique peut devenir un puissant levier économique — à travers le marché du travail, l’innovation, l’urbanisation et la consommation — mais seulement si elle s’accompagne d’investissements massifs dans l’éducation, l’emploi et les infrastructures. Les invités rappellent ainsi que la croissance démographique n’est pas automatiquement un dividende économique : sans politiques adaptées, elle peut aussi accentuer les déséquilibres. L’Afrique est donc présentée moins comme un simple réservoir démographique que comme l’un des lieux où se jouera une part du futur économique mondial. Réalisation : Lauren Némausat Choix musicaux : Na Lingi Yo - Sly Johnson Fais des bébés - Jean-Jacques Goldman.

    55 min

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Chaque samedi, Bruno Faure ouvre les grands dossiers de l’actualité économique internationale avec les spécialistes du service Économie de RFI et les meilleurs experts. La globalisation et ses enjeux, l’émergence du continent africain, les mutations technologiques, les crises internationales, leur impact sur les situations économiques locales et sur les populations sont au programme d’Éco d’Ici, Éco d’Ailleurs. *** Diffusions le samedi (vers toutes cibles), à 10h10 TU et 23h10 TU.

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