Reportage culture

Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la chronique culture de la rédaction de RFI.

  1. 6d ago

    Au Royaume-Uni, les petites salles indépendantes face à la crise du coût de la vie

    D'après des chiffres publiés mi-octobre par les syndicats britanniques, la facture des ménages s’est alourdie de plus de 16 000 euros depuis 2021, en raison de l'inflation. Et les foyers ne sont pas les seuls à subir de plein fouet les conséquences de cette crise : toute une partie du monde de la culture en pâtit également. C'est particulièrement le cas des «​​​​​​ grassroots venues », ces petites salles indépendantes où de futurs grands artistes font leurs armes, qui sont de plus en plus menacées.   À Londres, difficile de faire pub plus mythique que le George Tavern. Situé dans l'est de la capitale britannique, au bord d'une route, ce bar ne paie pas de mine. Il a pourtant été fréquenté, en leur temps, par Kate Moss, Amy Winehouse, ou Nick Cave… Et si les stars se font aujourd'hui plus discrètes, le « George », comme l'appellent affectueusement ses habitués, affiche pourtant salle comble ce soir-là encore.  Des salles qui font communauté  Derrière le bar, Oskar Augustsson, le manager, s'affaire entre deux discussions avec des clients. « Ici, on croise aussi bien des habitués que des gens qui ont entendu parler du bar et viennent voir de quoi il s'agit », sourit-il. Arrivé de Suède il y a quelques années, ce jeune homme est entré dans la vie londonienne par le George. « C'est là que je travaille, là où j'ai rencontré certains de mes meilleurs amis, là que je continue de rencontrer de nouvelles personnes. »  Car le public de ce pub varie régulièrement, au gré des programmations d'artistes. « Il y a beaucoup de diversité, s'enthousiasme encore Oskar Augustsson. On reçoit aussi bien des groupes bien établis, comme Geese, que des groupes locaux dont c'est peut-être même le tout premier concert. » Avant de conclure : « Tout cela permet de créer une véritable communauté, et de la vitaliser. C'est quelque chose qu'on ne retrouve pas dans les grandes salles. » Pauline Forster, 76 ans, propriétaire du George Tavern depuis 2003, abonde : « Nous représentons un espace de convivialité. N'importe quel soir de la semaine, n'importe qui peut venir ici, boire un verre, et rencontrer d'autres personnes. À condition de savoir se tenir, bien sûr ! » Un espace devenu rare, dans ce quartier de l'est de Londres : « Il y a quelques années, il y avait des dizaines de bars ici. Maintenant, nous ne sommes plus que deux. Je les ai tous vus fermer… », se désole cette énergique retraitée.  Menaces juridiques et financières  Malgré son statut dans la capitale britannique, les t-shirts « Sauvez le George » que portent les employés et qui sont vendus au comptoir racontent une réalité difficile : au Royaume-Uni, les salles indépendantes peinent à survivre. « Nous sommes constamment menacés », soupire Pauline Forster, qui a, en 20 ans, mené trois batailles judiciaires pour protéger son pub de projets immobiliers le menaçant. « Et ce n'est probablement pas fini, s'inquiète-t-elle. À vrai dire, je préfère ne pas y réfléchir, parce que j'ai peur que, si j'y pense trop, ça finisse par arriver. »  Au-delà des menaces immobilières, Pauline Forster craint aussi le couperet financier : « Je n'arrive à me dégager que 250£ de salaire chaque mois, une fois que j'ai payé mes équipes, les réparations, les taxes, et le reste. »  Une réalité qui se vérifie à l'échelle du pays : 53 % des salles britanniques indépendantes ne dégagent aucun profit, et en 2025, une trentaine d'entre elles ont mis la clé sous la porte. « Nous ne sommes pas protégés, tempête la propriétaire du George Tavern. Nous devrions être sacrés, mais ce n'est pas le cas ! Aujourd'hui ce qui compte, c'est l'argent, et les projets immobiliers juteux. Et nos petites salles, eh bien, elles représentent un obstacle pour ces programmes. » À lire aussiRoyaume-Uni: des mesures budgétaires limitées face à la crise du pouvoir d'achat Un maillon essentiel de l'industrie musicale C'est précisément pour appuyer les demandes de ces petites salles et les aider à survivre que le Music Venue Trust (MVT) a été mis sur pied. Cette organisation caritative, située dans le nord de Londres, « fait du lobbying pour les petites salles indépendantes, les soutient financièrement et propose des solutions au niveau politique », expose Rebecca Walker, directrice des projets live au sein du MVT.  Une mission que cette trentenaire juge vitale : « La vitalité culturelle du Royaume-Uni fait la fierté du pays. Or, les petites salles indépendantes, ce que l'on appelle les grassroots venues, sont le laboratoire de l'industrie musicale nationale. Tous les artistes britanniques mondialement connus sont d'abord passés par ces petites salles où ils ont pu rencontrer le public et peaufiner leur art. » Parmi eux : Oasis, Radiohead, les Arctic Monkeys, mais aussi plus récemment Olivia Dean, Ed Sheeran ou Lola Young. « Donc, poursuit-elle, si on tue le bas de la chaîne, il n'y aura plus rien en haut. »  Et de constater que les artistes qui remplissent les plus grandes salles britanniques – les festivals ou le stade de Wembley à Londres – sont désormais essentiellement américains : Sabrina Carpenter ou Ariana Grande en tête. « Nous avons encore des artistes comme Coldplay, qui font d'immenses salles, souligne Rebecca Walker. Mais il n'y a pas vraiment de jeunes générations pour prendre le relais. »  Les solutions existent pourtant, pointe-t-elle. Parmi elles, les « ticket levies », qui consistent à prélever une livre sur chaque billet de concert vendu par une grande salle ou une grande plateforme de vente de places de spectacle. Ce qui représenterait 90 000 £ pour chaque concert complet au stade de Wembley, reversables par la suite à un fonds de défense des petites salles. Autre possibilité : permettre au public d'acheter des parts de leur salle locale, afin de mieux répartir les coûts de propriété et d'impliquer la population dans sa vie locale. « Les solutions sont là », insiste Rebecca Walker. Ne manque plus que la volonté politique. À lire aussiÀ Londres, la BRIT School, une pépinière de stars publique et gratuite

  2. Oct 30

    À Amsterdam, le musée Van Gogh consacre une grande rétrospective au peintre James Whistler

    Il a peint sa mère de profil, en gris et noir, et en a fait une icône. Il a traîné en justice le plus grand critique de son temps, et a gagné. Le flamboyant James Whistler a ouvert la voie à l'art moderne. À Amsterdam, le musée Van Gogh lui consacre sa plus grande rétrospective européenne depuis 30 ans. « Whistler. Dandy and Disruptor », une exposition à visiter jusqu'au 10 janvier au musée Van Gogh.  Une vieille dame en robe noire, assise de profil, devant un mur gris. Pourtant, c'est l'un des tableaux les plus célèbres du XIXe siècle. Cette femme a l'air sévère, les mains posées sur ses genoux, c'est Anna, la mère de James Whistler.  Cette œuvre, il ne l'appelle pas Portrait, mais Arrangement en gris et noir, car selon lui, un tableau ne doit pas reproduire le réel, mais créer une harmonie, comme l'explique le commissaire Edwin Becker : « Les paysages servent à avoir des idées spirituelles. Les portraits sont comme des apparitions, une sorte de rêve. Ce n'est pas moral, pas sociopolitique : c'est vraiment l'art pour l'art. » Plus loin, voici les Nocturnes : la Tamise, la nuit. Un feu d'artifice se réduit à quelques points lumineux. En 1866, Whistler est au Chili, quand la flotte espagnole bombarde Valparaiso. « Les bateaux à Valparaiso, c'est une guerre. Mais lui en fait quelque chose de poétique : il sort du contexte guerrier et crée de l'intemporel avec un minimum de moyens pour pouvoir exprimer quelque chose de vraiment touchant au cœur. Pour moi, c'est quelqu'un qui questionne toujours la position de l'art, son importance pour notre vie, qu'est-ce qu'on peut apprendre de lui. Il ne s'agit pas seulement de la joie quand on regarde un tableau, mais aussi de se mettre à l'intérieur de soi-même et de réfléchir sur la vie, sur l'art et sur l'importance de l'art pour la vie », souligne Edwin Becker.  On cherche le décor, qui s'est comme dissous dans la toile. À l'époque, le public ricane, comme il se moque des contemporains de Whistler : les impressionnistes. Mais d'autres ont compris. Vincent van Gogh, qui partageait sa passion pour les gravures japonaises, admirait ses œuvres. Ses contemporains accusaient Whistler « de jeter un pot de peinture » à la face du public. Mais comme Van Gogh, il a gagné contre l'oubli.   À lire aussiExposition: James McNeill Whistler à l'honneur au Musée d'Orsay

  3. Oct 24

    La photographe Angèle Etoundi Essamba corrige la focale occidentale

    La Camerounaise Angèle Etoundi Essamba, qui vit et travaille depuis quarante ans aux Pays-Bas, est l'une des grandes dames de la photographie artistique africaine. Précurseuse et photographe subtile, Angèle Etoundi Essamba expose ce weekend à la foire d'art contemporain africain Akaa, à Paris. L'une de ses photos, La Jeune fille à la boucle d'ambre, directement inspirée du peintre Vermeer, illustre d'ailleurs l'affiche de la foire.  « Mon premier appareil photo, je l'ai eu, c'était en classe de seconde », se souvient Angèle Etoundi Essamba. Les vocations naissent parfois d'un hasard ou d'un cadeau. « Ça a été une expérience totalement magique… », ajoute-t-elle. Mais finalement, cet appareil photo miraculeux n'a fait que révéler l'âme curieuse d'Angèle Etoundi Essamba. Elle raconte : « Enfant déjà, je crois que j'ai toujours été fascinée par les images, par l'humain, par les gens. J'ai toujours aimé regarder les gens, leurs gestuelles, leurs expressions, les émotions. »  Cet intérêt pour l'autre se cristallise aux Pays-Bas, où Angèle Essamba arrive à l'âge de vingt ans, après plusieurs années en France. Elle y apprend les techniques photographiques, l'art de saisir un visage et de figer les émotions sur la pellicule. Elle se fixe aussi un but quasi philosophique, rendre à la femme noire sa visibilité.  « Dans ce paysage visuel dans lequel je vivais, je ne retrouvais pas d'images de femme noire dans lesquelles je pouvais m'identifier, déplore-t-elle. Je voulais me reconnaître quand ces femmes étaient représentées ou quand les Noirs étaient représentés. En général, c'était des représentations stéréotypées, sexualisées, exotisées, réduites et enfermées à des rôles subalternes. Donc, il y avait une rage en moi. Et c'est devenu comme un besoin vraiment viscéral. » À lire aussi« IAM Africa », nouveau magazine d’art féminin « On a des attentes projetées sur les artistes noirs » Bien avant les combats afroféministes actuels, Angèle met en scène des visages noirs dans l'imaginaire occidental. Plus récemment, elle revisite le Siècle d'or hollandais, celui de Rembrandt. Son portrait de La Jeune fille à la perle d'ambre fait écho au célèbre portrait de La Jeune Fille à la perle signé Johannes Vermeer. « Je reprends le regard, ce regard vraiment, qui est unique, qui nous captive comme ça… qui est pénétrant mais impénétrable en même temps », précise-t-elle. Au final, Angèle Etoundi Essamba revendique l'universalité de ses inspirations : « On a des attentes projetées sur les artistes noirs, à savoir qu'ils devraient se limiter à leur héritage local, culturel. Tant qu'on fait des masques, waouh, c'est super, ça ne questionne personne, ça n'ennuie personne, mais quand on fait ça (autre chose NDLR), on nous demande pourquoi on fait ça alors que c'est tout à fait normal. Pourquoi Picasso s'est inspiré des arts océaniens et des arts africains ? » Une rétrospective de ses quarante ans de carrière est prévue en mars prochain aux Pays-Bas.  À lire aussiAKAA 2026: Dagmar van Weeghel raconte l’histoire des femmes africaines en Europe avec des images et des fleurs

  4. Oct 17

    Exposition: Kerry James Marshall replace la peinture noire au centre de l'histoire de l'art

    Remettre les personnes noires, les Afro-Américains, les Africains, au cœur de la peinture et de l'histoire de l'art occidental : c'est la mission exploratrice que s'est donnée Kerry James Marshall, figure majeure de la peinture contemporaine. Célèbre aux États-Unis depuis plus de 40 ans, l'artiste afro-américain est invité pour la première fois en France, au Musée d'Art moderne de Paris, pour une rétrospective majeure de son travail. Dans ce grand monochrome noir, deux petits yeux blancs rieurs sur une rangée de dents, sourire éclatant. Ce visage que l'on devine reprend les traits d'une caricature raciste. Avec ce tableau de 1986, Kerry James Marshall pose les bases de son œuvre. « Si tu regardes les tableaux de Rembrandt, Léonard de Vinci, etc., tous les personnages sont blancs. C'est normal, ces maîtres sont qui ils sont. Et leurs œuvres sont magnifiques. Mais quand tu veux réaliser tes propres représentations, tu te retrouves confronté au fait que les gens qui te ressemblent ne sont pas représentés dans le panthéon de la grande peinture, sauf de manière périphérique. Donc moi, en tant qu'artiste afro-américain, je veux voir des images de personnes noires au centre des tableaux, et pas de manière occasionnelle. Je veux les voir tout le temps », explique Kerry James Marshall. « Ces figures sont factuellement noires » Pour replacer les figures noires, invisibilisées, dans l'histoire de l'art, il interroge la « noiritude » : ces personnages hyperréalistes ne sont pas marron, ni bruns, mais noirs, noire d'ivoire, comme le charbon. « Il y a le fait d'être noir en tant qu'idée, et le fait d'être noir en tant qu'identité. Ici, nous sommes dans la noiritude en tant qu'idée. Ces figures sont factuellement noires. C'est de la peinture noire. C'est pour ça qu'ils sont aussi noirs, pour libérer les gens de la notion qu'être noir, c'est une limite. Tu peux être ce que tu veux, tu ne dois pas forcément te mouler aux stéréotypes », analyse l'artiste. Dialoguer avec les maîtres Dans des décors très colorés, il dépeint le quotidien des Afro-Américains : chez le barbier, au café, en famille... Ici, un pique-nique au bord d'un lac à la manière de Seurat. Là, des amoureux qui s'embrassent dans des paysages bucoliques dignes du rococo. « Il a une culture phénoménale. Dans sa jeunesse, il a étudié tous ces maîtres, tous ces peintres pour créer des tableaux majestueux, puissants et soigneusement composés en dialoguant avec l'histoire de l'art parce qu'il a une connaissance profonde et très importante de cette histoire », raconte Kelly Christina Grant, conseillère scientifique de l'exposition. Selon elle, les tableaux, pleins de symboles et de détails, ont plusieurs niveaux de lecture : « En haut du tableau, on va avoir une pochette d'un album de Lauryn Hill. On va avoir cette figure anamorphique, au centre de la composition, qui représente la Belle au bois dormant de Disney, où il interroge les canons occidentaux, les canons blancs, et on voit que seuls les enfants semblent intrigués par cette figure. Mais les figures adultes, elles, ne se préoccupent plus de ces canons, de ces standards. » Un peintre d'histoire Kerry James Marshall se pense comme un peintre d'histoire. Dans cinq tableaux inédits, il s'attaque à un sujet rarement représenté : le rôle joué par certains Africains dans la traite transatlantique. « On a le chef guerrier en arrière-plan, en rouge, qui regarde cette scène car il aborde une histoire difficile, des faits historiques. Il reprend le procédé de composition des Sabines de David », détaille la conseillère scientifique.  À l'ère des batailles mémorielles et du révisionnisme historique, la peinture, comme outil de réparation, est l'une des ambitions de ces tableaux monumentaux, où les personnages presque grandeur nature nous regardent souvent droit dans les yeux. À lire aussiBiennale de Lyon: Akwasi Bediako Afrane, l'artiste ghanéen fait danser les déchets électroniques

  5. Oct 16

    Théâtre: Pauline Bayle adapte la monumentale épopée indienne «Mahabharata» au féminin

    C'est l'un des plus anciens récits de l'humanité : une histoire de famille, de pouvoir et de violence. Le Mahabharata, monumentale épopée indienne de 250 000 vers, répartis en 19 livres, issue d'une tradition orale et fixée par écrit, en sanskrit, au 5ᵉ siècle avant J.-C., raconte une guerre fratricide entre deux clans de la famille royale des Bharata qui se disputent le trône. Un texte fleuve auquel s'attaque aujourd'hui la metteuse en scène française Pauline Bayle, au Théâtre public de Montreuil. Mahabharata, une histoire de la violence, est à voir jusqu'au 24 octobre au Théâtre public de Montreuil. À l’origine du monde, il y a Vyasa, le poète narrateur, grand-père des princes. En tamoul et en français, le texte du Mahabharata sonne dans toute sa puissance, dans un décor à l’épure. Au fond, une lune surplombe la scène, témoin des massacres à venir. Au sol, un grand cercle de sable où se défient deux lignées de cousins, les Kaurava et les Pandava. Joute verbale, défi aux dés, les jeunes guerriers, nourris d’orgueil et de ressentiment, vont finir par s’entretuer. La prouesse de la metteuse en scène Pauline Bayle est d’avoir réussi à resserrer et vulgariser le Mahabharata sans le trahir. « Il y a une espèce de cycle éternel où les bourreaux deviennent des victimes et les victimes deviennent des bourreaux. Comme ça, jusqu’à la nuit des temps, souligne la metteuse en scène. On peut tout à fait comprendre que quelqu’un recoure à la force parce qu’il a subi quelque chose de très violent. Mais ce que le Mahabharata montre, c’est qu’en fait, même si on peut comprendre cela avec son empathie, en revanche, la violence ne résoudra rien ». Sont mis en exergue les épisodes de viol qui engendrent la vengeance ou comment la haine se transmet de génération en génération. À lire aussiUn «Mahabharata» japonais, plus universel que jamais « Le dilemme que représente l’usage de la violence est un impensé de nos imaginaires » Musique électro, costumes, shorts, baskets : le regard se concentre sur le jeu des huit actrices. Une distribution exclusivement féminine pour incarner cette histoire pleine de testostérone. « Le Mahabharata est rempli d’hommes qui tentent d’être à la hauteur de ce qu’on attend d’eux, et c’est très difficile. Et ils échouent, en fait », explique Pauline Bayle.  « L’Histoire, la mémoire collective, ont laissé de côté toutes les femmes qui ont fait le choix de la violence, pour des raisons politiques ou par conviction personnelle, poursuit la metteuse en scène. Et je trouve que c’est absurde que le dilemme que représente l’usage de la violence soit un impensé de nos imaginaires de cette façon. » L’univers du jeu vidéo est convoqué : la danse urbaine, le krump, est utilisée pour faire ressentir les combats. Le mythe est mis au goût de notre époque, caméra à la main. « Avoir une caméra, c’est une arme. Et donc, les points de vue de la caméra dans le spectacle sont tout le temps subjectifs, pointe Pauline Bayle. Ce ne sont que les vainqueurs, entre guillemets, enfin, le camp des plus forts qui raconte l’histoire et qui pose sa caméra sur la réalité. » La réécriture dépouillée de Pauline Bayle propulse le Mahabharata au XXIᵉ siècle avec sa leçon ancestrale d’une révoltante actualité : une guerre nourrit toujours la prochaine, et notre incapacité à renoncer à la violence mène invariablement à l’autodestruction. À écouter dans Sur le pont des artsPauline Bayle nous plonge dans «Les Vagues» de Virginia Woolf

About

Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la chronique culture de la rédaction de RFI.

More From RFI

You Might Also Like