En Haïti, la transition politique touche à sa fin puisqu'en théorie, le Conseil présidentiel provisoire doit quitter ses fonctions le 7 février 2026. Ses derniers jours de mandat qui auraient dû être « une apothéose », sont en réalité « une hécatombe », estime Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste « Les membres du CPT voulaient faire mieux que leurs prédécesseurs. Mais tout s'est mal passé entre eux. Ils ne s'entendent plus depuis longtemps », analyse le journaliste. « Ils veulent rester au pouvoir. Ils essaient de changer les règles du jeu en cours de route. » Pèsent aussi sur eux des accusations de différentes natures, notamment de complicité avec les gangs. « Des accusations qui n'ont jamais eu de suites judiciaires. Mais cela a suffi leur donner mauvaise réputation », explique encore Frantz Duval. Cette semaine, Washington a sanctionné deux nouveaux membres du CPT ainsi qu'un ministre. Désormais, cinq des sept membres du Conseil présidentiel de transition sont interdits de séjour aux États-Unis, précise Le Nouvelliste. Hier, (28 janvier 2026) Marco Rubio a annoncé que son pays comptait « adopter une posture militaire » face aux gangs. « On ne sait pas ce que cela veut dire concrètement. Mais c'est un pas de plus dans l'implication des États-Unis dans la crise haïtienne », décrypte le journaliste. Enfin, le journal fait sa Une sur la directrice du collège Canapé-Vert, désemparée alors son établissement pourrait fermer. « Le terrain sur lequel est situé l'école, lui appartient à elle et à son mari. Mais on cherche à l'expulser », détaille Frantz Duval. Le Nouvelliste a choisi de reproduire la lettre qu'elle a adressée aux autorités et aux Haïtiens parce que « son cri a un sens. Ce n'est pas la seule tentative de spoliation à laquelle on assiste à Port-au-Prince et aux alentours » , justifie le rédacteur en chef. Des entreprises au service d'ICE Avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le budget de la police anti-immigration était de 10 milliards de dollars. Aujourd'hui, il est de 85 milliards de dollars. « Il y a donc à la clé de juteux contrats à remporter », explique Nathanaël Vittrant du service Économie de RFI qui détaille quelles sont les entreprises qui offrent leurs services à Ice : Palantir, Microsoft, Amazon ou bien encore le fleuron de la tech française, Cap Gemini. Comme l'a révélé l'Observatoire des multinationales, la compagnie a signé un contrat de 4,8 millions de dollars pour fournir un service de « skip tracing » : c'est de l'analyse des données dans le but explicite de traquer une personne, en l'occurrence ceux identifiés par ICE comme des individus expulsables. France 2 a poursuivi l'enquête et montré que ce contrat prévoit une clause de résultat : autrement dit, plus Cap Gemini contribuera à faire expulser des migrants, plus elle sera rémunérée, le montant pouvant monter jusqu'à 365 millions de dollars. Embarrassé le patron de Cap Gemini a déclaré que le conseil d'administration du groupe allait « examiner » ce contrat. Transition rugueuse au Chili Au Chili, le nouveau président José Antonio Kast prendra ses fonctions dans un peu plus d'un mois, le 11 mars. D'ici là, le pays connaît une période de transition entre deux gouvernements, transition marquée par quelques frictions. Dernière polémique en date relevée par La Tercera : le gouvernement sortant serait en train de nommer des fonctionnaires à tour de bras, et surtout à des postes-clé. C'est en tout cas ce qu'affirme le futur ministre de l'Intérieur, Claudio Alvarado. Lors d'une interview à la radio Bio-Bio, il a même accusé l'équipe de Gabriel Boric de « pistonner des gens » dans des ministères. Dans les colonnes de La Tercera, le président du Parti républicain, le parti de José Antonio Kast, rappelle ce qu'il considère être « la » règle de base « d'une transition adéquate », à savoir que les fonctionnaires occupant des postes stratégiques doivent démissionner pour laisser la place à la nouvelle administration. Une mise en garde inutile, rétorque l'équipe sortante. Une consigne « claire » a bien été donnée aux titulaires des postes-clé. Ils quitteront tous leurs fonctions le 11 mars, assure le camp de Gabriel Boric, comme le raconte El Mercurio. Le gouvernement actuel dénonce une polémique inutile autour d'un « soi-disant favoritisme qui n'existe pas dans les faits ». Quant aux nominations de fonctionnaires, il y en a bien mais au niveau des municipalités, et dans les secteurs de l'éducation et de la santé, affirme une ministre, selon La Tercera. Argentine : la Banque centrale au cœur d'un scandale de corruption Comme souvent dans ce pays, ce sont des enregistrements audio qui ont révélé le scandale. Des enregistrements publiés par les médias argentins. On y entend notamment deux hommes d'affaires raconter comment des fonctionnaires de la Banque centrale argentine les ont aidés à contourner le « cepo », ces restrictions imposées sur l'achat ou la vente de dollars sous la présidence du kirchneriste Alberto Fernandez. En 2022 et 2023, les deux hommes achetaient des dollars au taux officiel et les revendaient plus cher au marché noir, décrypte Ambito Financiero, dégageant ainsi des bénéfices considérables. Le journal El Dia rappelle que l'écart entre le taux officiel et le taux du blue pouvait atteindre les 200%. Sur ces enregistrements, « ils parlent de millions de dollars avec la même désinvolture que s'ils comptaient des bonbons », ironise La Nacion. Pour l'instant, cinq fonctionnaires qui sont toujours en poste, font l'objet d'investigations, précise le journal. « Mais la justice enquête désormais pour savoir si davantage de personnes sont impliquées et jusqu'où remontent les complicités ». La Banque centrale argentine a aussi ouvert une enquête en interne, ajoute Ambito Financiero. Au Mexique, des fonctionnaires vendaient de faux certificats de naissance L'affaire a éclaté après une alerte en provenance de Houston, au Texas, raconte le site cubain 14yMedio. Le Consul mexicain sur place s'est étonné de recevoir autant de personnes affirmant être mexicaines, produisant des certificats de naissance du pays tout en disant être nées à Cuba. « Les documents sont légaux en apparence », détaille le journal en ligne. « Ils figurent bien dans les bases de données du pays. » Mais en les observant bien, on peut remarquer des petits détails qui ne vont pas, explique 14yMedio. Ces migrants cubains ont payé jusqu'à 4.000 dollars pour obtenir ces faux papiers. À l'origine de ce juteux trafic : des fonctionnaires de l'État-civil de plusieurs villes du Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, mais aussi des membres de la Commission mexicaine d'aides aux migrants et de l'Institut national des migrations, précise une ONG au site d'informations. « Tout cela n'est pas nouveau », décrypte Angeles Mariscal, journaliste basée au Chiapas, interrogée par 14yMedio. « Des autorités locales, provinciales et nationales fournissent des certificats de naissance, de résidence ou des permis de transit [aux migrants]. Tout est faux. C'est un grand business », explique-t-elle. Équateur : l'interminable lutte des victimes de Texaco-Chevron Notre dossier du jour nous emmène en Équateur où s'est produit un nouveau rebondissement dans une affaire de pollution qui date de plusieurs décennies. L'entreprise Chevron avait été condamnée pour avoir déversé des milliers de barils de résidus d'hydrocarbures dans le pays. Mais un tribunal des Pays-Bas en a décidé autrement et le groupe a finalement été exempté de toute responsabilité. Les juges sont même allés plus loin en imposant des indemnités à l'État équatorien pour les frais de justice. C'est donc un revers important pour les habitants des régions concernées qui se battent depuis très longtemps, comme nous l'explique Raphaël Moran du service Environnement de RFI. Le journal de la 1ère Un nouvel espace en ligne consacré à la pollution au chlordécone est disponible depuis hier, (28 janvier 2026) dans les Antilles françaises.