Journal d'Haïti et des Amériques

13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Anne Cantener vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radio, après celui de l’Afrique francophone. Le pays compte six émetteurs pour diffuser RFI en modulation de fréquence. C’est pour cet auditoire que, chaque jour, RFI consacre un reportage, ou une interview, spécifiquement consacré à Haïti. 

  1. 2D AGO

    Au Costa Rica, la crainte d’une dérive autoritaire

    Le Costa Rica vote ce dimanche 1er février 2026 pour élire son futur président parmi les 20 candidats en lice. Laura Fernández est la favorite des sondages. La candidate populiste aux discours xénophobes met en avant le modèle sécuritaire du chef d’État salvadorien Nayib Bukele. Au Costa Rica, un pays historiquement tourné vers des idées progressistes, le basculement politique qui se dessine inquiète notamment aussi les communautés indigènes. L’une de leurs préoccupations : l’utilisation de la foi catholique et évangélique comme élément central des campagnes politiques. Sur ce point, la populiste Laura Fernandez ne déroge pas à la règle. « Elle ne peut pas venir et dire qu’elle veut imposer la religion dans les communautés indigènes, car il faut se rappeler que nous, peuples indigènes, avons aussi nos propres croyances », pointe Isalina, la cheffe de la communauté Huetar.   Les droits humains menacés Dans la capitale, San José, les associations de défense des droits des femmes alertent. Il y a un mois, le gouvernement sortant a promulgué un décret restreignant l’avortement, qu’il entend maintenir si Laura Fernández remporte l’élection. « Une action illégale », dénonce Larissa Arroyo, avocate, auprès de notre correspondante Marie Griffon. « Il a tenté de contourner ce que prévoit le Code pénal par un décret. C’est pourquoi nous devons ne pas perdre de vue que ces atteintes aux droits des femmes et ces reculs s’inscrivent plus généralement dans des attaques contre l’État de droit, la démocratie et les institutions, prévient Larissa Arroyo. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces décisions toucheront avant tout des personnes déjà très vulnérables, en raison de la pauvreté, de leurs discriminations ou des violences qu’elles subissent déjà au quotidien, dans ce pays. » Parmi les personnes les plus vulnérables, figurent également les réfugiés latino-américains – nicaraguayens persécutés par le régime de Daniel Ortega, mais aussi salvadoriens et vénézuéliens. « Le Costa Rica est marqué par une politique xénophobe, qui a d’ailleurs été documentée par les Nations unies, signale Antonio Martínez, président de l’Association interculturelle des droits humains et lui-même réfugié nicaraguayen. Il s’agit d’un régime qui se fonde avant tout sur la notion de sécurité plutôt que sur l’inclusion ou l’accès aux droits. Un régime qui privilégie le contrôle et la surveillance. Il y a beaucoup de craintes bien entendu. Beaucoup de personnes réfugiées et migrantes disent que si Laura Fernández est élue, elles chercheront à migrer vers un autre pays. À solliciter l’asile ailleurs. » Une élection qui peut être marquée par une forte abstention. Il y a quatre ans, elle avait atteint 43%, l’un des niveaux les plus élevés de l’histoire du pays.   Guerre technologique à Minneapolis Aux États-Unis, l’émissaire de Donald Trump à Minneapolis tente de faire retomber la tension. Lors d’une conférence de presse, jeudi 29 octobre 2025, Tom Homan a promis que le nombre d'agents déployés dans la capitale du Minnesota dans le cadre de l’opération anti-immigration Metro Surge allait bientôt baisser. Il a également assuré que l’ICE allait opérer de manière plus intelligente en se concentrant sur les prisons et les centres de détention, comme l’explique notre envoyé spécial à Minneapolis, Vincent Souriau. Cette campagne d’expulsion massive donne lieu à une guerre technologique entre les agents de l’ICE d’un côté, et celles et ceux qui s’opposent à leur opération. Une guerre dans laquelle l'ICE possède des armes de pointe, grâce à une loi passée l'été dernier (2025) qui en a fait l'agence fédérale la mieux financée du pays. Ces instruments, c'est le Washington Post qui les passe en revue. Mais face à la surveillance de masse, la riposte s'organise sur les réseaux sociaux et via les messageries cryptées. C'est Politico qui le raconte. Ces dernières semaines, relève le site d'information, les efforts pour suivre les déplacements des agents de l'ICE se sont intensifiés en ligne, notamment grâce à des sites permettant de signaler les endroits où sont menés les raids. Les autorités ont beau tenté de les bloquer, faire supprimer les sites ou les comptes litigieux, rien n'y fait : de nouveaux réapparaissent sans cesse. Même les cybercriminels - ceux qui rackettent habituellement les internautes avec des rançongiciels - se joignent à la bataille. En divulguant notamment les informations personnelles de centaines de membres de l'ICE et du département de la Sécurité intérieure.   Cuba au bord du gouffre Pendant ce temps, Donald Trump resserre la vis avec Cuba. Le président états-unien a signé hier (30 janvier 2026) un décret qui qualifie le pays de « menace exceptionnelle » et qui annonce des droits de douane contre ceux qui lui fournissent du pétrole. « Cuba, la menace irrévérencieuse », réplique Granma. Pour la voix du régime, il s’agit en réalité pour l'administration Trump d’utiliser la pression comme un outil de déstabilisation. Cuba, qu'El Nacional décrit comme un « Gaza sans les bombardiers ». « Les principaux indicateurs qui mesurent la qualité de vie d’une société se sont érodés de manière alarmante, constate le journal vénézuélien. Les pannes de courant sont quotidiennes. Les transports en commun ne disposent ni d’essence ni de diesel pour se déplacer. La population a diminué et la pyramide des âges s’est inversée. » Mais pour El Nacional, le régime cubain ne peut s'en prendre qu'à lui-même.   Nouveau rebondissement dans la crise politique en Haïti À huit jours de la fin annoncée du mandat du Conseil présidentiel de transition – c'est le 7 février – la crise politique en Haïti prend encore un nouveau tour. C'est à lire dans Le Nouvelliste. Après avoir signé une résolution pour remplacer le Premier ministre, certains conseillers présidentiels cherchent désormais à évincer le président du CPT, Laurent Saint-Cyr. Ils lui reprochent de s'être opposé à la publication de ladite résolution au journal officiel. Sur Alterpresse, le professeur en Sciences politiques Roromme Chantal voit dans cette crise un « coup d'État ». Un coup d'État, écrit-il, qui « ne vise pas à instaurer un nouvel ordre, mais à empêcher qu’un autre ordre ne voie le jour. Il ne produit pas un pouvoir fort, mais un pouvoir verrouillé, dépendant, constamment adossé à des soutiens extérieurs. »

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  2. 3D AGO

    La triste fin du Conseil présidentiel provisoire haïtien

    En Haïti, la transition politique touche à sa fin puisqu'en théorie, le Conseil présidentiel provisoire doit quitter ses fonctions le 7 février 2026. Ses derniers jours de mandat qui auraient dû être « une apothéose », sont en réalité « une hécatombe », estime Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste « Les membres du CPT voulaient faire mieux que leurs prédécesseurs. Mais tout s'est mal passé entre eux. Ils ne s'entendent plus depuis longtemps », analyse le journaliste. « Ils veulent rester au pouvoir. Ils essaient de changer les règles du jeu en cours de route. » Pèsent aussi sur eux des accusations de différentes natures, notamment de complicité avec les gangs. « Des accusations qui n'ont jamais eu de suites judiciaires. Mais cela a suffi leur donner mauvaise réputation », explique encore Frantz Duval. Cette semaine, Washington a sanctionné deux nouveaux membres du CPT ainsi qu'un ministre. Désormais, cinq des sept membres du Conseil présidentiel de transition sont interdits de séjour aux États-Unis, précise Le Nouvelliste. Hier, (28 janvier 2026) Marco Rubio a annoncé que son pays comptait « adopter une posture militaire » face aux gangs. « On ne sait pas ce que cela veut dire concrètement. Mais c'est un pas de plus dans l'implication des États-Unis dans la crise haïtienne », décrypte le journaliste. Enfin, le journal fait sa Une sur la directrice du collège Canapé-Vert, désemparée alors son établissement pourrait fermer. « Le terrain sur lequel est situé l'école, lui appartient à elle et à son mari. Mais on cherche à l'expulser », détaille Frantz Duval. Le Nouvelliste a choisi de reproduire la lettre qu'elle a adressée aux autorités et aux Haïtiens parce que « son cri a un sens. Ce n'est pas la seule tentative de spoliation à laquelle on assiste à Port-au-Prince et aux alentours » , justifie le rédacteur en chef.   Des entreprises au service d'ICE Avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le budget de la police anti-immigration était de 10 milliards de dollars. Aujourd'hui, il est de 85 milliards de dollars. « Il y a donc à la clé de juteux contrats à remporter », explique Nathanaël Vittrant du service Économie de RFI qui détaille quelles sont les entreprises qui offrent leurs services à Ice : Palantir, Microsoft, Amazon ou bien encore le fleuron de la tech française, Cap Gemini. Comme l'a révélé l'Observatoire des multinationales, la compagnie a signé un contrat de 4,8 millions de dollars pour fournir un service de « skip tracing » : c'est de l'analyse des données dans le but explicite de traquer une personne, en l'occurrence ceux identifiés par ICE comme des individus expulsables. France 2 a poursuivi l'enquête et montré que ce contrat prévoit une clause de résultat : autrement dit, plus Cap Gemini contribuera à faire expulser des migrants, plus elle sera rémunérée, le montant pouvant monter jusqu'à 365 millions de dollars. Embarrassé le patron de Cap Gemini a déclaré que le conseil d'administration du groupe allait « examiner » ce contrat.   Transition rugueuse au Chili Au Chili, le nouveau président José Antonio Kast prendra ses fonctions dans un peu plus d'un mois, le 11 mars. D'ici là, le pays connaît une période de transition entre deux gouvernements, transition marquée par quelques frictions. Dernière polémique en date relevée par La Tercera : le gouvernement sortant serait en train de nommer des fonctionnaires à tour de bras, et surtout à des postes-clé. C'est en tout cas ce qu'affirme le futur ministre de l'Intérieur, Claudio Alvarado. Lors d'une interview à la radio Bio-Bio, il a même accusé l'équipe de Gabriel Boric de « pistonner des gens » dans des ministères. Dans les colonnes de La Tercera, le président du Parti républicain, le parti de José Antonio Kast, rappelle ce qu'il considère être « la » règle de base « d'une transition adéquate », à savoir que les fonctionnaires occupant des postes stratégiques doivent démissionner pour laisser la place à la nouvelle administration. Une mise en garde inutile, rétorque l'équipe sortante. Une consigne « claire » a bien été donnée aux titulaires des postes-clé. Ils quitteront tous leurs fonctions le 11 mars, assure le camp de Gabriel Boric, comme le raconte El Mercurio. Le gouvernement actuel dénonce une polémique inutile autour d'un « soi-disant favoritisme qui n'existe pas dans les faits ». Quant aux nominations de fonctionnaires, il y en a bien mais au niveau des municipalités, et dans les secteurs de l'éducation et de la santé, affirme une ministre, selon La Tercera.   Argentine : la Banque centrale au cœur d'un scandale de corruption Comme souvent dans ce pays, ce sont des enregistrements audio qui ont révélé le scandale. Des enregistrements publiés par les médias argentins. On y entend notamment deux hommes d'affaires raconter comment des fonctionnaires de la Banque centrale argentine les ont aidés à contourner le « cepo », ces restrictions imposées sur l'achat ou la vente de dollars sous la présidence du kirchneriste Alberto Fernandez. En 2022 et 2023, les deux hommes achetaient des dollars au taux officiel et les revendaient plus cher au marché noir, décrypte Ambito Financiero, dégageant ainsi des bénéfices considérables. Le journal El Dia rappelle que l'écart entre le taux officiel et le taux du blue pouvait atteindre les 200%. Sur ces enregistrements, « ils parlent de millions de dollars avec la même désinvolture que s'ils comptaient des bonbons », ironise La Nacion. Pour l'instant, cinq fonctionnaires qui sont toujours en poste, font l'objet d'investigations, précise le journal. « Mais la justice enquête désormais pour savoir si davantage de personnes sont impliquées et jusqu'où remontent les complicités ». La Banque centrale argentine a aussi ouvert une enquête en interne, ajoute Ambito Financiero.   Au Mexique, des fonctionnaires vendaient de faux certificats de naissance L'affaire a éclaté après une alerte en provenance de Houston, au Texas, raconte le site cubain 14yMedio. Le Consul mexicain sur place s'est étonné de recevoir autant de personnes affirmant être mexicaines, produisant des certificats de naissance du pays tout en disant être nées à Cuba. « Les documents sont légaux en apparence », détaille le journal en ligne. « Ils figurent bien dans les bases de données du pays. » Mais en les observant bien, on peut remarquer des petits détails qui ne vont pas, explique 14yMedio. Ces migrants cubains ont payé jusqu'à 4.000 dollars pour obtenir ces faux papiers. À l'origine de ce juteux trafic : des fonctionnaires de l'État-civil de plusieurs villes du Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, mais aussi des membres de la Commission mexicaine d'aides aux migrants et de l'Institut national des migrations, précise une ONG au site d'informations. « Tout cela n'est pas nouveau », décrypte Angeles Mariscal, journaliste basée au Chiapas, interrogée par 14yMedio. « Des autorités locales, provinciales et nationales fournissent des certificats de naissance, de résidence ou des permis de transit [aux migrants]. Tout est faux. C'est un grand business », explique-t-elle.   Équateur : l'interminable lutte des victimes de Texaco-Chevron Notre dossier du jour nous emmène en Équateur où s'est produit un nouveau rebondissement dans une affaire de pollution qui date de plusieurs décennies. L'entreprise Chevron avait été condamnée pour avoir déversé des milliers de barils de résidus d'hydrocarbures dans le pays. Mais un tribunal des Pays-Bas en a décidé autrement et le groupe a finalement été exempté de toute responsabilité. Les juges sont même allés plus loin en imposant des indemnités à l'État équatorien pour les frais de justice. C'est donc un revers important pour les habitants des régions concernées qui se battent depuis très longtemps, comme nous l'explique Raphaël Moran du service Environnement de RFI.   Le journal de la 1ère Un nouvel espace en ligne consacré à la pollution au chlordécone est disponible depuis hier, (28 janvier 2026) dans les Antilles françaises.

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  3. 4D AGO

    Le désespoir des commerçants du marché Cluny de Cap-Haïtien

    En Haïti, le marché couvert Cluny a été ravagé par un incendie le week-end dernier. Aucune victime n'est à déplorer, mais plus des trois-quarts de ce symbole historique de l'architecture locale de Cap-Haïtien, construit en 1890, ont été détruits. La majeure partie de la structure du marché a été endommagée ainsi que plus d'une centaine de boutiques et une trentaine de dépôts. Certains petits commerçants qui travaillaient sur place, ont tout perdu. Il ne leur reste plus que leurs prêts à rembourser à la banque et aucun moyen de subsistance pour faire vivre leurs familles. Ils ont confié leur désespoir à Ronel Paul et Love-Marckendy Paul. Les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête et comptent profiter de ce drame pour réaménager la ville. Cap-Haïtien a été placée en état d'urgence environnementale.   La collision de Washington n'aurait jamais dû avoir lieu Cet accident survenu l'an dernier (2025), entre un avion et un hélicoptère de l'armée, le pire que l'aviation américaine ait connu au cours des 20 dernières années, souligne Politico, a fait 67 morts et pour le site en ligne, c'est une « catastrophe que presque tout le monde avait vue venir ». Cet accident « était évitable à 100% », conclut ainsi l'enquête menée pendant un an par l'Agence américaine de sécurité des transports, la NTSB. Hier, (27 janvier 2026), à l'avant-veille du premier anniversaire du drame, sa présidente a vivement critiqué le régulateur de l'aviation civile, la FAA, accusée d'avoir ignoré les mises en garde dela NTSB au sujet de l'aéroport Ronald-Reagan, détaille le Washington Post. La FAA accusée également de trop s'appuyer sur la navigation à vue. Une méthode qui consiste à confier aux pilotes la responsabilité de s'assurer visuellement qu'un autre appareil n'est pas sur leur trajectoire.   Les États-Unis ont-ils exigé du Mexique qu'il n'envoie plus de pétrole à Cuba ? Selon l'agence Bloomberg, un bateau aurait dû partir à la mi-janvier (2026) pour arriver à Cuba ces jours-ci. Mais cet envoi ne figure plus à l'agenda de l'entreprise publique Pemex. La presse mexicaine se demande si ces livraisons vont reprendre ou pas. Elle a, donc, interrogé la présidente. Réponse de Claudia Sheibaum : « Dans tous les cas, nous vous tiendrons au courant ». Une phrase prononcée sur un ton sec, précise La Jornada. Quant à la raison de l'annulation de cette cargaison, là aussi, c'est le flou. La cheffe de l'État s'est contentée d'affirmer que le Mexique prenait ses décisions de manière souveraine et que le pays continuerait de se montrer « solidaire » de Cuba. L'île qui connaît une grave crise énergétique, est privée par les États-Unis, du pétrole vénézuélien. Washington fait-il désormais pression sur le Mexique aussi ? La question reste sans réponse. Des experts du secteur énergétique consultés par le site Sipse, estiment, toutefois que Pemex a simplement modifié sa stratégie en matière d'exportations et choisi de donner la priorité à des marchés stratégiques.   Cuba : la difficile reconstruction après le passage de Melissa Sur les 106 500 logements endommagés, seuls 15 000 ont été réparés, nous apprend Granma. Si, pour le journal du parti communiste, c'est bien, le site 14yMedio, lui, juge que c'est trop peu. « Des dizaines de milliers de familles attendent toujours une solution définitive des mois après le désastre », se désole le journal qui regrette que le gouvernement fournisse à toutes les victimes la même quantité de matériaux de construction. Du coup, ceux qui ont une grande maison, se retrouvent avec un toit à moitié réparé. Le gouvernement pensait avoir trouvé la solution en transformant en logements des containers en métal dans lesquels arrivent sur l'île des équipements comme ceux des pacs photovoltaïques. Problème : ils ne sont pas suffisamment isolés face à la chaleur et à l'humidité. Et puis ils coûtent cher. Trop cher « dans un pays où le salaire moyen est d'à peine 18 dollars par mois », explique le site d'informations.   Les habitants d'un petit village argentin tentent de résister à l'avancée d'une dune Les habitants de Bahia Creek, « un paradis caché de Patagonie » situé au bord de la mer, comme le décrit le journal Infobae qui nous raconte cette histoire. Sept habitants l'hiver, 800 l'été qui luttent pour ne pas être enterrés par le sable. Déjà plusieurs maisons ont disparu. Photo impressionnante à voir sur le site du quotidien. Dans cette station balnéaire, le vent a changé de sens, il y a quelques années, et la dune s'est mise à se déplacer vers les habitations, et plus vers la mer. Face à l'inaction des pouvoirs publics, depuis quelques mois, les habitants de Bahia Creek cherchent des solutions : ils ont commencé par mouiller le sable pour l'empêcher de se déplacer grâce à un système solaire d'irrigation, puis ils ont fait pousser de la végétation, des conifères puis des roseaux. Comme ils l'ont expliqué à Infobae, ils espèrent aujourd'hui que cette « muraille naturelle » les sauvera de la dispartition.   L'air de Los Angeles empli de métaux lourds Un an après les feux de forêt de Los Angeles, on mesure mieux les conséquences de ces incendies sur les populations. Des conséquences majeures et durables, explique Jeanne Richard du service Environnement de RFI. Ces feux qui ont frappé une zone urbaine, ont entraîné une pollution aux métaux lourds. « Des vieilles tuyauteries, de la plomberie, des appareils électroniques comme des téléviseurs, des réfrigérateurs ou des batteries de voitures électriques, ont brûlé et dégagé ces polluants inhabituels et très dangereux pour la santé », explique la journaliste. Or, « ces pollutions nouvelles ne sont pas reconnues par les assureurs et les autorités », souligne François Tissot,  chercheur français, installé dans la ville d’Altadena dans la banlieue nord de Los Angeles. Ces incendies ont également eu un impact sur la biodiversité environnante. Le climat dans cette région est méditerranéen. On retrouve, donc, autour de Los Angeles une sorte de maquis, une végétation qui normalement n’est pas détruite par les feux de forêt, explique Jon Keeley, chercheur à l’Institut d’études géologiques des États-Unis. « Les espèces présentes dans ce maquis ont co-évolué avec les feux. Elles ont développé la capacité à reprendre depuis la base brûlée ou de produire des graines qui ont besoin des feux pour germer. La chaleur casse la coque autour de la graine qui peut alors germer. Sinon, ce sont les molécules même de la fumée qui déclenche la germination. » Il y a ainsi des fleurs sauvages qui ne poussent qu’après un incendie. Les graines dans le sol peuvent rester dormantes des dizaines d’années. Mais c'est ce qui se passe dans des conditions normales. « Quand les feux sont trop fréquents, quand il y en a tous les 10 ans par exemple, ça peut vraiment avoir un impact négatif. Parce que les plantes ont besoin de temps pour grandir et produire les graines qui vont s’accumuler dans le sol. Cela peut prendre 15 à 25 ans au minimum », précise Jon Keeley. Résultat : les espèces locales finissent par disparaître. Pour la nature et pour la santé des habitants, il faut limiter le réchauffement climatique et les activités humaines qui favorisent ces feux.   Le journal de la 1ère La Guadeloupe cherche toujours des moyens de se débarrasser des algues sargasses, notamment en les maintenant à distance avec des barrages anti-algues.

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  4. 5D AGO

    Haïti, toujours dans l'impasse politique

    À l'approche de la fin de la transition, le 7 février 2026, Haïti fait face à un blocage politique. La semaine dernière, 5 des 7 membres du CPT ont voté la destitution du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Mais depuis, « cette résolution est bloquée par le président du CPT qui refuse de la signer et de la publier au Journal officiel », explique Gotson Pierre, directeur de l'agence Alterpresse. Laurent Saint-Cyr s'est également affiché aux côtés d'Alix Didier Fils-Aimé et de la police, ce lundi 26 janvier 2026. « Ils ont notamment visité ensemble le grand quartier général des forces armées haïtiennes », souligne le journaliste d'Alterpresse. Le Premier ministre peut aussi compter sur l'appui des États-Unis qui continuent de maintenir la pression sur les autorités du pays. Le secrétaire d'État Marco Rubio a répété que son administration le soutenait.   Altepresse revient, par ailleurs, sur l'incendie qui a dévasté le marché historique Cluny à Cap Haïtien, dans la nuit de samedi à dimanche dernier (25 janvier 2026). Les autorités ont promis de venir en aide aux sinistrés rapidement. « Beaucoup d'étals ont été détruits », raconte Gotson Pierre. « Une équipe gouvernementale s'est rendue dans le nord du pays pour évaluer les dégâts. »   Nouvel épisode dans la guerre commerciale entre l'Équateur et la Colombie Lundi (26 janvier 2026), Quito a décidé d'augmenter de 900% la redevance que paye Bogota pour utiliser l'un de ses oléoducs. Désormais pour utiliser le SOTE, le système d'oléoduc transéquatorien, la Colombie devra payer 30 dollars par baril, contre 3 dollars jusqu'à présent. Plus de 10.000 barils de pétrole colombien emprutent, chaque jour, cet oléoduc pour faire le trajet qui va du sud de la Colombie jusqu'à la côte pacifique d'où ce pétrole est exporté précise El Tiempo. Pour El Espectador, c'est donc une « nouvelle escalade dans la dispute (...) commerciale et diplomatique » qui a éclaté la semaine dernière quand Daniel Noboa a décidé de taxer les importations colombiennes à 30%. Raison de la colère du président équatorien : la situation à la frontière entre les deux pays. Quito juge que Bogota n'en fait pas assez pour lutter contre les différents trafics illégaux, notamment le narcotrafic, explique le journal Vanguardia. La Colombie a riposté en augmentant, à son tour, les droits de douane sur une vingtaine de produits équatoriens et en suspendant les livraisons en électricité à son voisin, rappelle El Espectador. Une rencontre est prévue entre les autorités des deux pays, souligne Vanguardia, mais la Colombie et l'Équateur n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une date.   La production de pétrole argentin en hausse En décembre, le pays a produit 868 712 barils par jour. Un « record historique », souligne le journal Rio Negro, dû en grande partie au gisement de pétrole et de gaz de schiste de Vaca muerta. « Alors que l'activité économique - la production, la consommation et les exportations - enregistre un recul, le ministre de l'Économie (...) s'est réjoui cette semaine » de cet exploit pétrolier, « l'un des rares indicateurs positifs ». « Pour une fois que la Patagonie compte pour le gouvernement », ironise Rio Negro. Une allusion au fait que contrairement à son homologue chilien, Gabriel Boric, et au au futur président du pays voisin, José Antonio Kast, Javier Milei, lui, ne s'est pas rendu sur place alors que la Patagonie chilienne et argentine est en proie à de violents incendies depuis plusieurs jours. Le journal argentin décrypte cet intérêt soudain : si le gouvernement met en avant cette région, reçoit les gouverneurs de Rio Negro et de Neuquen, c'est parce que, écrit Rio Negro, il cherche des soutiens pour faire voter sa réforme du travail.   Une délégation du Congrès étasunien à Ushuaïa Cette visite qui n'était pas prévue, provoque un scandale, explique Pagina 12 qui dénonce « l'opacité entourant les motifs » de ce voyage. Ces membres du Congrès, qui sont arrivés dimanche, n'avaient pas été invités par les autorités locales et n'ont d'ailleurs pas souhaité les rencontrer, raconte le quotidien. D'après l'ambassade américaine en Argentine, cette délégation d'élus républicains et démocrates a fait le déplacement jusqu'au bout du monde, à bord d'un avion de l'armée de l'air étasuienne, juste pour parler de la dégradation des milieux naturels, du traitement des métaux rares et de la recherche en santé publique. Pourquoi, alors, ont-ils navigué au large du port d'Ushuaïa, interroge le journal ? Pourquoi sont-ils allés observer le port placé sous tutelle administrative pour un an par Buenos Aires pour de supposées irrégularités de gestion ? Une sénatrice de la Terre de feu, la province où se situe Ushuaïa, a demandé des explications au gouvernement de Javier Milei. Cristina Lopez veut notamment savoir s'il compte laisser des puissances étrangères participer ou s'ingérer dans la gestion d'infrastructures stratégiques de la province, ou même les contrôler. Une question légitime, estime Pagina 12 qui affirme que les membres de cette délégation étaient, en réalité, là pour observer l'avancée de deux projets majeurs financés par la Chine : une usine de transformation de gaz naturel et une centrale thermoélectrique. Pagina 12 s'inquiète de possibles visées géostratégiques américaines sur l'Atlantique sud. Une hypothèse crédible, insiste le journal, alors que Javier Milei et Donald Trump sont de plus en plus proches, que ce dernier ne cesse de répéter qu'il veut annexer le Groenland et alors qu'Ushuaia est la porte d'entrée naturelle de l'Antarctique et un passage transocéanique.   Les déplacés du Sinaloa survivent dans une décharge de Culiacan Depuis plus d'un an, l'État de Sinaloa dans le nord-ouest du Mexique, est secoué par des violences à cause d'une guerre entre cartels de la drogue. On déplore des milliers de morts, autant de disparus et des déplacés toujours plus nombreux. Beaucoup se sont installés en périphérie de la capitale de l'État, Culiacan, où ils vivent sans aucune aide du gouvernement, en travaillant comme recycleurs de déchets. C'est la seule source de revenus possibles. Reportage de Gwendolina Duval.

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  5. 6D AGO

    En Haïti, les attentes n’ont pas changé à l’approche du 7 février

    La situation politique est confuse en Haïti, où une majorité des membres du Conseil présidentiel de transition ont demandé, la semaine dernière, le départ du Premier ministre. La tension règne au sein de l'exécutif haïtien, entre des membres d'un conseil censés quitter leurs fonctions dans moins de deux semaines maintenant et un chef du gouvernement soutenu avec force par les États-Unis. La fin de la transition est prévue le 7 février et le bilan n'est pas glorieux, même si la police revendique quelques progrès contre les gangs dans le centre-ville de Port-au-Prince récemment. Notre correspondant Peterson Luxama est allé rencontrer des habitants pour recueillir leur sentiment sur ce conseil de transition et sur l'éventualité de prolonger son mandat étant donné que les élections n'ont pas encore eu lieu.   Mensonge et autoritarisme Aux États-Unis, la peur et la colère sont toujours vives à Minneapolis après la mort d’Alex Pretti, tué par un agent de l’immigration. Ce nouveau drame fait, bien sûr, la Une de la presse, qui dénonce les mensonges éhontés de l'administration Trump et qui crie de plus en plus fort à l’autoritarisme. C'est le cas du Devoir, au Canada. « Dans la montée d’un État autoritaire, écrit-il, il y a la logique du mensonge et de l’anarchie. Il y a également la "novlangue", le détournement des mots. On parle de "forces de l’ordre", de "terrorisme", de "chaos", de "police des frontières". En réalité, les forces de l’ordre sèment le chaos ; les terroristes (s’ils existent) ne sont pas forcément ceux qu’on pense ; quant à la police des frontières… elle frappe au cœur des villes. » Le mensonge, c'est aussi ce que dénonce le New York Times, qui en appelle au Congrès. Car le Congrès peut tenir des audiences et exiger des réponses. Le vote du budget lui permet également de réclamer des comptes à l'administration. Pour le New York Times, l'examen du financement du département de la sécurité intérieure lui offre ainsi l'occasion rêvée de contrôler l'action de l'ICE. À lire aussiÉtats-Unis: les événements de Minneapolis augmentent le risque de paralysie budgétaire Désapprobation dans le camp républicain Un budget que des élus démocrates menacent désormais de bloquer. Plusieurs sénateurs se sont exprimés à ce sujet. Mais ils ne sont pas les seuls à dénoncer l'action de la police de l'immigration. Des voix commencent aussi à s'élever au sein du parti républicain. Ce week-end, les sénateurs de Louisiane, d'Alaska et de Caroline du Nord ont ainsi appelé à une enquête indépendante sur cette dernière fusillade à Minneapolis. Et c'est sans compter tous ceux qui expriment leur inquiétude en privé, à neuf mois des élections de mi-mandat. Car l'électorat états-unien est largement divisé sur le sujet, y compris l'électorat républicain. C'est ce que montre un sondage de Politico : 49% des électeurs jugent la campagne d'expulsion trop agressive. Et parmi ceux qui ont voté pour Donald Trump en 2024, ils sont plus d'un tiers à désapprouver la manière dont elle est mise en œuvre. Une campagne qui est aussi menée dans le Maine, où une centaine de personnes ont déjà été arrêtée depuis la semaine dernière par ces mêmes agents lourdement armés et aux visages masqués. Tant et si bien que la peur commence à gagner les habitants. C'est encore Le Devoir qui le raconte. Ici, comme dans le Minnesota, la violence d'État vise les gens ayant la peau foncée et un accent venu d'ailleurs. Et comme dans le Minnesota, la résistance s'organise. Elle s'organise notamment dans les églises. Dans l’église congrégationnelle unie de Cumberland, par exemple, où un feuillet rédigé en huit langues explique comment lutter contre les patrouilles de l'ICE. L'église livre aussi des repas à celles et ceux qui se terrent chez eux par crainte d'être arrêtés, et dispense à leurs enfants des cours à domicile. Ici, comme dans le Minnesota, les élus exigent le départ de l'ICE. Mais comme dans le Minnesota, la police de l'immigration est bien partie pour rester. À lire aussiÉtats-Unis: face à la colère, Trump envoie le responsable de sa politique anti-immigration à Minneapolis En Équateur, le secteur de la santé à l’agonie En Équateur, le système de santé se dégrade de plus en plus. Ce délabrement n'est pas nouveau, mais il atteint des niveaux jamais vus. Le pays a, par exemple, été profondément choqué de voir un hôpital remettre le corps d'une enfant à sa famille dans un carton. La situation est telle que pour montrer leur volonté d'agir, les autorités ont placé le ministère de la Santé sous tutelle de la vice-présidente. Mais le système reste corrompu, usé, en déliquescence totale. Notre correspondant Eric Samson est allé rencontrer des patients.

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  6. JAN 23

    Minneapolis: une journée «ville morte»

    Une journée « ville morte » ce vendredi (23 janvier 2026) dans le Minnesota. Les habitants sont appelés à rester chez eux pour protester contre la présence d'ICE, la police de l'immigration. La colère ne retombe pas dans cette ville du Minnesota, alors que le vice-président américain JD Vance s’y est rendu hier jeudi (22 janvier 2026). Il a appelé à « faire retomber la température », après s'être entretenu avec plusieurs agents d'ICE, mais aussi des entrepreneurs. Les opérations de la police de l'immigration ainsi que les manifestations qui secouent la ville commencent à avoir de sérieux impacts sur l'économie locale. Nous en avons parlé avec Mike Logan, le directeur de la Chambre régionale de commerce de Minneapolis. JD Vance plus conciliant Les journaux, de leur côté, reviennent ce matin sur le discours du vice-président JD Vance à Minnesota. Pour le magazine Politico, JD Vance adopte un ton plus conciliant face au malaise croissant autour des méthodes de l’ICE. Le vice-président a prôné l’empathie à l’égard des manifestants et reconnu que les policiers de l’ICE pouvaient commettre des erreurs. Selon lui, l’essentiel des tensions et des affrontements découlerait de malentendus qui pourraient être dissipés si les élus locaux — et leurs forces de police — coopéraient avec le gouvernement fédéral.  JD Vance a reconnu aussi que les vidéos circulant sur les réseaux sociaux pouvaient inquiéter de nombreux Américains, tout en soulignant qu’elles ne racontaient souvent pas toute l’histoire. D’après Politico, le déplacement de JD Vance à Minneapolis intervient au moment où les républicains peinent à s’accorder sur un message clair pour expliquer les méthodes de l’ICE à une opinion publique qui est de plus en plus anxieuse face à la présence d’agents fédéraux armés qui patrouillent dans les quartiers. Dans une interview au journal conservateur Washington Examiner, JD Vance a déclaré que l’administration Trump sanctionnera policiers qui commettent des erreurs dans l’exercice de leurs fonctions, mais seulement lorsque ces sanctions seront jugées « justifiées ». Jusqu’à présent, en tout cas, la mort de Renee Good, tué par un agent de l’ICE il y a presque 3 semaines, n’a fait objet d’aucune enquête. Haïti, un pays touché par toutes les formes d’insécurité À la violence des gangs armés, s’ajoute une crise alimentaire qui ne cesse de s’aggraver. La situation est alarmante, alerte Rein Paulson, directeur des urgences de la FAO, actuellement en visite à Port-au-Prince. L’agriculture, pourtant pilier de l’économie haïtienne — près de 20% du PIB —, est aujourd’hui à bout de souffle : faible productivité, manque d’intrants, infrastructures défaillantes, et surtout une insécurité persistante à Port-au-Prince, dans le Centre et dans plusieurs autres régions du pays. Résultat : près de 5,9 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, pourraient basculer dans une insécurité alimentaire sévère d’ici la mi-année 2026, sans mesures urgentes. Pour y faire face, la FAO estime avoir besoin de 65 millions de dollars afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables. Rein Paulson répond aux questions de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Une famille haïtienne décimée par une attaque aux drones explosifs à Port-au-Prince La presse locale revient sur les civils tués par les opérations anti-gang de la police nationale. À Bel Air, quartier de Port-au-Prince sous contrôle de gangs, une opération policière appuyée par des drones explosifs a coûté la vie à plusieurs membres d’une même famille. C’est à lire dans AyiboPost. Le journal en ligne s’appuie sur le témoigne d’un Haïtien de 28 ans installé aux États-Unis. Il raconte comment sa petite sœur de 13 ans, ses deux frères et son père ont été tués lors d’une explosion de drone le jour même où la famille devait quitter le quartier. Selon des organisations de défense des droits humains citées par Ayibipost, les opérations menées entre le 1er et le 11 janvier à Bel Air, Saint-Martin et La Saline ont fait plus de cinquante morts parmi les civils et provoqué des déplacements massifs de population. Journal de la 1ère 14 millions d’euros : c’est la somme qui aurait été perdue par l’Ordre des avocats de la Martinique.

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  7. JAN 22

    Haïti : le Premier ministre sur le point de tomber ?

    Le Conseil présidentiel de transition (CPT) tente à nouveau de renverser le gouvernement haïtien. Cette fois-ci, il pourrait réussir, explique Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. « Alors qu'hier (mercredi 21 janvier 2026), Alix Didier Fils-Aimé a échappé à une nouvelle tentative de révocation, il y a eu un revirement ce matin. Cinq des sept membres du CPT se prononcent désormais pour son départ », explique notre confrère. Moins de trois semaines avant la fin de leur mandat, les membres du CPT essayent de changer de Premier ministre et de gouvernement. « Vont-ils y arriver ou être stoppés par les fortes résistances et les mises en garde, notamment venues des États-Unis », s'interroge le rédacteur en chef du Nouvelliste. Mercredi (21 janvier 2026), l'ambassade étasunienne a publié « un communiqué très peu diplomatique pour dire que les membres du CPT n'ont pas été élus et qu'ils ne peuvent pas chasser le Premier ministre et déstabiliser le pays », estime Frantz Duval. En faisant cela, « les États-Unis affirment qu'ils ne reconnaîtront pas le nouveau gouvernement », décrypte le journaliste.   Les abus d'ICE, la police de l'immigration étasunienne Le New York Times et le Washington Post révèlent aujourd'hui que Geraldo Lunas Campos, ce Cubain de 55 ans qui est mort dans une prison pour migrants d'El Paso aux Texas, le 3 janvier 2026, a été tué. C'est ce qu'indique le rapport d'autopsie auquel ont eu accès ces journaux. En cause : une compression de son cou et de son torse qui a provoqué son asphyxie. Si le médecin légiste parle bien d'un homicide, il ne se prononce, en revanche, pas sur une éventuelle culpabilité criminelle, précise le New York Times. « Il s'agit d'une classification des causes du décès, et non d'une décision juridique établissant la culpabilité », insiste le journal. Reste qu'on est bien loin de la version des agents pénitentiaires qui eux continuent de dire que Geraldo Lunas Campos s'est suicidé. ICE est également accusé d'avoir utilisé un enfant de 5 ans comme appât pour arrêter sa famille dans le Minnesota. Comme le raconte le Washington Post, Liam Conejo Ramos a été arrêté avec son père dans l'allée de leur maison, alors qu'ils rentraient de la maternelle. Les agents d'ICE lui ont alors demandé d'aller frapper à la porte pour voir s'il y avait d'autres personnes à l'intérieur. Indignation du rectorat qui a donné une conférence de presse hier. L'enfant et son père sont toujours aux mains d'ICE tout comme 3 autres élèves du même district scolaire. L'un d'entre eux âgé de 17 ans a été arrêté alors qu'il se rendait au lycée, sans que ses parents ne soient là. « Ces événements exacerbent les tensions entre les habitants et les agents de l'ICE, tensions déjà vives suite à la mort de Renée Good », conclut le Washington Post.   Colombie : scandale autour d'un investissement du gouvernement Près de 2 milliards de pesos colombiens, soit près de 400.000 euros pour deux bateaux-ambulances livrés à un hôpital qui ne pourra pas s'en servir. C'est le quotidien El Tiempo qui révèle l'affaire. L'hôpital de Maicao, dans le nord du pays, à la frontière avec le Venezuela, se trouve en effet « en plein désert, sans mer, ni fleuve » naviguable à proximité. « Le port le plus proche se trouve à une heure et demie de route », explique le quotidien qui s'interroge sur « la pertinence, le coût et la plannification d'une décision qui semble déconnectée de la réalité territoriale ». D'autant que dans le département où se trouve Maicao, trois autres hôpitaux auraient pu faire usage de ces bateaux-ambulances, précise El Tiempo. Alors que le système de santé colombien est en pleine crise, avec des hôpitaux, des cliniques et des pharmacies qui attendent toujours de remboursements de la part de l'État, « on se demande qui et surtout comment sont prises les décisions » de dépenser de l'argent public, s'indigne El Tiempo.   Un incident diplomatique évité de justesse grâce à un post-it Cela s'est passé hier (21 janvier 2026) à l'Assemblée nationale française. L'ambassadeur d'Argentine en France doit être auditionné par la commission des Affaires étrangères. Mais comme le raconte La Nacion, juste avant de commencer son intervention, Ian Sielecki se rend compte que derrière lui, se trouve une carte du monde sur laquelle les îles Malouines figurent comme faisant partie du Royaume-Uni. Il refuse, donc, de commencer son exposé. S'en suit un échange un peu tendu avec le président de la Commission des Affaires étrangères. Le jeune diplomate argentin de 34 ans reste « inflexible », précise le journal Clarin, invoque l'Ukraine. L'ambassadeur de ce pays n'accepterait pas de s'exprimer devant une carte montrant Louhansk ou la Crimée comme étant des territoires russes, dit-il. Ian Sielecki demande à ce que la carte soit recouverte. Finalement, une solution est trouvée : un post-it jaune est collé sur les Malouines.   Un fromage brésilien inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité Notre dossier du jour nous emmène au Brésil, dans la région du Minas Gerais, « mines générales » en français, ce qui en dit long sur la richesse du sous-sol. Mais le fer ou le lithium ne sont pas les seuls atouts économiques sur place. Il y a aussi un fromage local inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Cette tradition culinaire se transmet de génération en génération, essentiellement entre femmes. Sarah Cozzolino s’est rendue dans la région de Serro, dans le nord de l’état du Minas.   Le journal de la 1ère En 2025, les algues sargasses ont plus que jamais empoisonné la vie des Martiniquais.

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  8. JAN 21

    Venezuela: 300 millions de pétrodollars américains encaissés

    Le Venezuela vient de toucher un premier chèque en dollars de la part des États-Unis, en échange de la vente de son pétrole. Delcy Rodriguez s'en est félicitée mardi 20 janvier 2026, sur la télévision vénézuélienne : « Sur les premiers 500 millions de dollars, on a déjà encaissé 300 millions. Cela servira à soutenir les revenus de nos travailleurs et travailleuses, à protéger le pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses du Venezuela. » Une partie de cet argent viendra aussi soutenir la monnaie nationale sur le marché des changes. Le pays a cruellement besoin de ces devises car « le bolivar est très affaibli face au dollar et il y a un risque de retour de l'hyperinflation », explique Thomas Posado, maître de conférences à l'Université de Rouen et spécialiste du Venezuela. Mardi 20 janvier 2026, les États-Unis ont arraisonné un nouveau pétrolier dans les Caraïbes. Depuis le mois de décembre, l'administration Trump dit vouloir en finir avec la « flotte fantôme », ces bateaux qui malgré les sanctions, permettaient au Venezuela d'exporter près de 70% de son pétrole vers la Chine. Homayoun Falakshahi, responsable de l'analyse pétrole chez Kpler, qui suit les déplacements des navires pétroliers, constate que les envois d'or noir vers les États-Unis ont doublé. Le pays latino-américain devrait tout de même continuer à fournir la Chine pour rembourser en nature ses dettes auprès de Pékin. Enfin, la Maison Blanche a également autorisé deux grands négociants internationaux en matières premières à commercialiser le pétrole vénézuélien, malgré les sanctions toujours en vigueur. Les retombées pour les Vénézuéliens sont, toutefois, encore très incertaines. La pauvreté reste extrêmement élevée dans le pays.   José Antonio Kast nomme son gouvernement Au Chili, José Antonio Kast a présenté son gouvernement. Le président d'extrême droite qui prendra ses fonctions le 11 mars, a nommé deux anciens avocats d'Augusto Pinochet à des postes-clé : la Justice et les Droits humains pour Fernando Rabat et la Défense pour Fernando Barros « l'un des avocats les plus puissants du pays, selon certains. Le meilleur fiscaliste du Chili, pour d'autres », écrit La Tercera. Son CV est impressionnant, poursuit le quotidien. Outre sa carrière d'avocat, l'homme de 68 ans a aussi occupé de nombreux postes dans des entreprises, a été le conseiller juridique de l'ancien président Sebastian Pinera pour la gestion de ses affaires. Et surtout en 1998, il prend une année sabbatique. Mais les vacances en Europe sont vite oubliées, raconte La Tercera. Augusto Pinochet est arrêté à Londres ; Fernando Barros devient son porte-parole et son avocat. En 2005, il défendra le dictateur accusé de fraude fiscale dans l'affaire Riggs, aux côtés de Fernando Rabat. Fernando Rabat qui « fait aujourd'hui partie du cabinet qui assurait historiquement la défense » d'Augusto Pinochet, pointe El Mostrador pour qui le positionnement idéologique du nouveau ministre de la Justice et des Droits humains est clair : c'est un représentant de la droite la plus dure du monde juridique. Mais Fernando Rabat, comme la majorité des autres membres du nouveau gouvernement, n'appartient à aucun parti politique. El Mercurio a fait le décompte et sur 24 ministres, 16 sont indépendants, ne sont affiliés à aucun parti. C'est un gouvernement technique, estime le journal. Ils sont indépendants mais ils ne sont pas neutres, souligne El Mostrador. Si la plupart des ministres n'ont pas pris leur carte dans un parti, « leurs parcours, leurs réseaux et leurs liens disent clairement quelles sont leurs positions politiques et économiques », poursuit le quotidien. En composant son équipe, José Antonio Kast a souhaité « donner des gages aux marchés et aux milieux d'affaires ». Mais les huit partis politiques qui l'ont soutenu pendant la présidentielle, le prennent mal, souligne la presse chilienne. Le mot « malestar » revient dans beaucoup d'articles. Pour El Mostrador, le risque pour le président, c'est d'être fragilisé politiquement et de ne pas pouvoir gouverner, d'autant qu'il a peut-être perdu un allié. Aucun membre du Parti national libertarien de Johannes Kaiser n'a fait son entrée au gouvernement. Du coup, son attitude au Congrès et ses liens avec l'exécutif interrogent, soulignent plusieurs journaux chiliens.   Le Canada se prépare à une invasion militaire étasunienne L'armée canadienne a imaginé des scénarios et comment y faire face. C'est ce qu'ont raconté deux sources gouvernementales au Globe and Mail. En cas d'offensive depuis le sud, les forces américaines seraient en mesure de neutraliser les principales positions stratégiques canadiennes sur terre et en mer en moins d'une semaine, voire en seulement deux jours. En cause : le faible nombre de soldats canadiens et le manque d'équipements sophistiqués, explique le journal. L'armée prévoit, donc, une riposte de type insurrectionnel, « avec des embuscades, des sabotages, des attaques par drone ». Une stratégie semblable à celle des talibans en Afghanistan, précise encore le Globe and Mail. Pour l'heure, une invasion américaine semble très peu probable. Le gouvernement canadien n'y croit pas, indique le quotidien. Pas plus que de nombreux experts consultés par le journal. Certains d'entre eux estiment, malgré tout, que le Canada doit, sans tarder, investir davantage dans sa défense.   Le journal de la 1ère La compagnie Air Antilles est en cessation de paiement.

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13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Anne Cantener vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radio, après celui de l’Afrique francophone. Le pays compte six émetteurs pour diffuser RFI en modulation de fréquence. C’est pour cet auditoire que, chaque jour, RFI consacre un reportage, ou une interview, spécifiquement consacré à Haïti. 

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