Journal d'Haïti et des Amériques

13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Anne Cantener vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radio, après celui de l’Afrique francophone. Le pays compte six émetteurs pour diffuser RFI en modulation de fréquence. C’est pour cet auditoire que, chaque jour, RFI consacre un reportage, ou une interview, spécifiquement consacré à Haïti. 

  1. 13H AGO

    Sur les réseaux sociaux, des enfants enrôlés dans les groupes armés en Colombie

    Dix ans après la signature de l’accord de paix avec les FARC, des enfants continuent d'être enrôlés de force dans des groupes armés en Colombie. Les nouvelles négociations engagées, il y a quatre ans, (2022) n’ont pas permis d’enrayer l'influence de ces groupes dans le pays. Selon l’International Crisis Group, au moins 620 enfants ont été recrutés en 2024. Les départements de la côte Pacifique, notamment le Cauca — une région où vivent de nombreux peuples autochtones et communautés afrodescendantes — sont particulièrement touchés. Dans le nord du Cauca, un enfant est recruté environ tous les deux jours. Les plus jeunes ont à peine dix ans. Ces données proviennent de statistiques collectées par des organisations autochtones entre 2019 et 2025, et elles sont en forte progression. Pour l’Unicef, elles sont très probablement sous-estimées : de nombreuses familles préfèrent se taire, soit par crainte de représailles, soit parce qu’elles approuvent l’enrôlement, qui peut représenter une source de revenus dans ces territoires délaissés par l’État. Les recrutements forcés restent rares : les groupes armés jouent sur la séduction et la vulnérabilité économique. Une leader sociale, qui souhaite garder l’anonymat, l’explique ainsi à Marine de La Moissonnière : « La plupart du temps, les groupes armés proposent de l'argent aux enfants pour aider leurs parents d'un point de vue financier ou pour faire des travaux dans leur logement. Ils viennent parfois à la sortie des établissements scolaires avec des objets de valeur. Sur les réseaux sociaux, ils offrent de l'argent ou des soins esthétiques, comme par exemple une épilation des sourcils, une coupe de cheveux ou des soins dentaires. »   Des enfants enrôlés via TikTok TikTok est devenu la plateforme la plus utilisée pour attirer les mineurs. Sur fond de musiques populaires, avec des émojis comme le ninja — symbole de clandestinité — les vidéos exhibent téléphones dernier cri, motos, argent et jeunes femmes. Une mise en scène qui promet une vie facile et pleine d’aventures, loin de la réalité extrêmement dangereuse dans laquelle ces enfants sont plongés. Les groupes criminels participent à des affrontements meurtriers et sont impliqués dans de nombreux trafics, notamment celui de la cocaïne. Un prêtre du Cauca, lui aussi anonyme pour raisons de sécurité, décrit leur rôle sur le terrain : « Ces mineurs armés sont considérés comme des combattants comme les autres. Les groupes armés les utilisent aussi comme boucliers humains pour se protéger en cas d'attaques de l'armée. Ils sont alors en première ligne. Mais tous ne prennent pas les armes car l'objectif de ces groupes armés, c'est de gagner du terrain au sein des communautés. Certains mineurs ont pour mission de recruter d'autres enfants. Ils sont également présents dans les écoles et les quartiers où ils jouent le rôle de guetteurs, de messagers ou d'informateurs », explique-t-il. À ces tâches, s’ajoute — surtout pour les filles — l’exploitation sexuelle. Pour empêcher la récupération des mineurs par leurs familles ou les autorités locales, certains enfants sont transférés dans d’autres régions du pays, parfois à des milliers de kilomètres. Ceux qui tentent de s’échapper sont exécutés, alerte l’International Crisis Group.   Haïti : les habitants des Gonaïves partagés sur l'organisation d'élections Après plus de dix ans d’attente, les autorités haïtiennes s’apprêtent à organiser des élections nationales en août 2026 (avec un second tour prévu à la fin de l'année), dans l’espoir d’offrir au pays un président légitimement élu, ce qui n'est plus arrivé depuis l’assassinat de Jovenel Moïse à son domicile, le 7 juillet 2021. Cependant, l’insécurité reste un obstacle majeur : de nombreuses communes et axes routiers demeurent sous le contrôle des gangs, alimentant l’inquiétude de la population. Et ce qui inquiète davantage les Haïtiens, notamment dans la ville des Gonaïves, c'est que certains leaders politiques (comme l'ancien sénateur Youri Latortue) sous sanctions onusiennes, canadiennes et européennes pour des liens présumés avec les mêmes gangs qui paralysent le pays pourront participer au scrutin. Pierre Robert Auguste, président de l’Association des entrepreneurs de l’Artibonite, doute fortement que ces élections puissent apporter un véritable changement dans le pays, surtout avec des candidats accusés de collusion avec les gangs. Il accuse la communauté internationale d’imposer au gouvernement haïtien l’organisation des élections malgré la situation actuelle. «Ce n’est pas parce que le Blanc (je fais référence à la communauté internationale), demande qu’il y ait des élections, qu’il faut en organiser. [...] Aujourd’hui, on veut faire des élections simplement pour sauver les apparences, mais je crois que c’est dangereux. [...] Un certain nombre de dirigeants politiques sont accusés d’avoir armé les gangs. Qui sont-ils ? Est-ce qu’ils ont été désarmés ?», déclare-t-il à Ronel Paul de RFI. Pourtant, selon Maître Énock Géné Génélus, ancien commissaire du gouvernement des Gonaïves, «il faut à la fois le retour de la sécurité, et le retour des élections. Sans sécurité, la société disparaîtra ; sans élections, toutes les institutions de l’État disparaîtront. Ces deux choses sont indissociables. Dans la période que nous vivons, l’État doit prendre ses responsabilités pour rétablir la sécurité et organiser des élections afin de rendre les institutions de l’État fonctionnelles. Parce qu’il est inacceptable que depuis l'époque avant même l’assassinat de Jovenel Moïse, les autorités n’aient jamais organisé d’élections, ni pour renouveler le tiers du Sénat ni les législateurs. C’est un mal qui détruit la société et dont il faut se débarrasser», dit-il. Port-au-Prince: la justice parallèle du gang de Krisla à Carrefour Dans la commune de Carrefour, au sud-ouest de la capitale, les habitants doivent cohabiter avec le gang dirigé par Krisla. Ayibopost évoque un « système de contrôle implacable », mêlant extorsion, justice parallèle et détention illégale. Sur le plan économique, les habitants et commerçants sont taxés à chaque transaction, au point qu’un produit acheté à Port-au-Prince peut être revendu au double de son prix à Carrefour, témoigne un résident auprès du site d'information. Le média indépendant haïtien détaille également l’existence de « prisons » privées. Une femme témoigne aussi avoir été battue et violée avec sa cousine en mars 2025, pendant plusieurs jours, par des membres du gang après une simple dispute de voisinage.   Cuba : les forces de l'ordre resserrent leur contrôle sur l'île après des manifestations À bord d’Air Force One, Donald Trump a affirmé dimanche (15 mars 2026) que « Cuba souhaite conclure un accord » avec les États-Unis. Si le président américain est resté vague, La Havane a bien confirmé vendredi l’existence de discussions et a commencé à libérer certains prisonniers politiques, 19 à ce stade sur les 51 promis, d'après l'ONG Prisoners Defenders, citée par CiberCuba. Dans le pays, la pression populaire augmente face aux coupures de courant récurrentes, aggravées par le blocus énergétique américain mais aussi par le manque d’entretien des centrales cubaines. Dans la nuit de vendredi à samedi, des manifestants ont vandalisé et tenté d’incendier un local du Parti communiste à Morón, dans le centre de l’île. De quoi faire dire à la revue indépendante El Estornudo que le castrisme est un «malade en phase terminale». La presse officielle, de son côté, parle d'actes de «vandalisme».  Selon 14ymedio, les autorités cherchent désormais à étouffer la contestation en renforçant l'emprise des forces de l'ordre sur les habitants. Le média assure que sa directrice, la journaliste Yoani Sánchez, a été empêchée de quitter son domicile dimanche par un homme masqué, membre des forces de sécurité. Venezuela : un ex-dirigeant de Chevron informateur de la CIA ? Après l’enlèvement de Nicolás Maduro à Caracas, le 3 janvier 2026, par les États-Unis, The Wall Street Journal affirme qu’un ancien haut responsable de Chevron, Ali Moshiri, a servi d’informateur à la CIA, l'agence de renseignement extérieur états-unienne. Iranien, formé aux États-Unis, ce dernier a travaillé pour Chevron au Venezuela jusqu’en 2024. Selon le quotidien économique, il a affirmé aux services de renseignement américains que María Corina Machado n’était pas une candidate satisfaisante pour remplacer le président Nicolás Maduro, car elle ne bénéficierait selon lui ni du soutien des forces de sécurité, ni d’un contrôle suffisant du secteur pétrolier. Toujours, selon le quotidien économique, Ali Moshiri aurait recommandé de confier le pouvoir à Delcy Rodríguez, l'actuelle président par intérim du pays. Dans le journal de La 1ère... En Martinique et en Guadeloupe, plusieurs communes ont désigné leurs maires dès le premier tour des élections municipales, explique Edwige Saint-Thomas, d'Outre-mer La 1ère.

    30 min
  2. 3D AGO

    Les ramifications de l'affaire Epstein en Haïti

    Comme tous les mois, Anne Cantener s'entretient avec un journaliste d'Ayibopost. Ce vendredi, Wethzer Piercin détaille l'enquête menée par le site à partir des documents liés à l'affaire Epstein. Les noms de plusieurs personnalités haïtiennes y apparaissent. Depuis quelques mois, Ayibopost épluche les documents liés à l'affaire Epstein et parmi les Haïtiens qui y figurent, l'un des noms qui revient le plus est celui d'Unik Ernest. « Les archives de la justice américaine relatives au dossier, consultées par AyiboPost, révèlent des rencontres privées entre Unik Ernest et le prédateur sexuel, des financements accordés par Epstein pour la construction d’une école au quartier de Bel-Air en Haïti, des fêtes privées et des présences communes à d’autres événements mondains », peut-on lire sur le site. D'autres Haïtiens sont aussi mentionnés dans ces documents, explique Wethzer Piercin, comme par exemple Michael Karl Geilenfeld, propriétaire d’un orphelinat en Haïti, condamné à 210 ans de prison pour des agressions sexuelles sur des enfants. Ou bien encore la mannequin Petra Nemkova, nommée « ambassadrice de bonne volonté » en 2012, par le président Michel Martelly après le tremblement de terre. Pour l'instant, on ne sait pas si les Haïtiens cités dans les « Epstein files » ont commis des actes répréhensibles. Ayibopost poursuit son enquête pour tenter d'éclaircir la nature exacte de leurs liens avec le pédocriminel.   En Haïti, la classe politique se presse pour prendre part aux prochaines élections Pas moins de 320 partis se sont inscrits, nous apprend Le Nouvelliste. Hier (jeudi 12 mars 2026), c'était le dernier jour pour s'enregistrer. Les leaders politiques sont venus en nombre et accompagnés de leurs supporters et de groupes de rara. L'ambiance était bonne devant les locaux du Conseil électoral, raconte le journal. Prochaine étape désormais : la publication du nom des partis retenus. Ce sera le 26 mars 2026, dans 15 jours. Le premier tour des législatives et de la présidentielle est prévu le 30 août. Pas sûr que ce processus électoral aboutisse tant que la situation sécuritaire est compliquée en Haïti, reconnaît le Nouvelliste. Mais les acteurs politiques du pays sont « unanimes sur une position : les élections doivent être organisées cette année pour une rupture avec la transition et un retour à l'ordre constitutionnel », explique le journal.   Jovenel Moïse est mort d'une balle dans le cœur C'est ce qu'a indiqué, à la cour, le médecin qui a effectué son autopsie, indique le Miami Herald. Il était entendu hier, (12 mars 2026) dans le cadre du procès de quatre hommes accusés d'avoir participé à l'assassinat de l'ancien président. Procès qui se tient à Miami depuis le début de la semaine. Son corps était criblé de balles, a également expliqué le médecin légiste. Jovenel Moïse a notamment reçu une balle dans la tête tirée à bout portant alors qu'il était déjà mort, a précisé Jean Armel Demorcy qui témoigne aujourd'hui encore et va devoir à nouveau répondre aux questions de la défense qui conteste son rapport, poursuit le Miami Herald.   Au Chili, José Antonio Kast ne perd pas de temps Investi mercredi (11 mars 2026), le président d'extrême droite a annoncé ses premières mesures. Le soir même, il signait six décrets, rapporte BioBio Chile. Trois d'entre eux visent directement à renforcer la sécurité à la frontière nord du pays, « l'une des principales promesses de campagne » de José Antonio Kast, précise la radio sur son site. Dès lundi 16 ou mardi 17 mars 2026, des tranchées commenceront à être creusées. Un poste de coordinateur du contrôle migratoire dans le nord a été créé. Et le président pourrait se rendre sur place dans les prochains jours, affirme BioBio Chile. Autre promesse que José Antonio Kast compte bien tenir : la grâce des policiers et des militaires condamnés pour la répression des manifestations de 2019. « Avec mon équipe, nous y travaillons déjà », a-t-il expliqué hier, (12 mars) à la chaîne Canal 13. José Antonio Kast compte bien faire usage de son pouvoir de grâce. Mais ce ne sera pas une grâce générale, contrairement à ce qu'il avait promis pendant la campagne, précise La Tercera. Ce sera du « cas par cas » pour « ceux qui ont défendu la patrie », a précisé le nouveau président.   Le Chili va discuter avec les États-Unis au sujet des minerais critiques et des terres rares du pays Les deux pays ont signé une déclaration conjointe, hier (jeudi 12 mars), seulement une « déclaration d'intention », souligne La Tercera. Ils « se sont mis d'accord pour lancer des consultations d'ici 15 jours en vue de trouver un accord », poursuit le journal qui décrypte : « En langage diplomatique, les consultations, ce sont des conversations qui précèdent l'ouverture d'une négociation formelle. » Washington espérait mieux, écrit La Tercera : « un pacte plus contraignant ». La délégation étasunienne était même venue avec un projet de mémorandum semblable à ceux signés le mois dernier (février 2026) par plusieurs pays latinoaméricains et les États-Unis. Alors pourquoi le Chili a joué la carte de la prudence ? C'est pour ne pas froisser son autre allié stratégique, la Chine, « contre qui, en réalité, est dirigée l'offensive étasunienne », explique La Tercera.   Le voyage de Delcy Rodriguez en Colombie annulé Ce devait être sa première sortie à l'étranger. Mais finalement, Delcy Rodriguez ne se rendra pas en Colombie ce vendredi (13 mars 2026). On ne sait pas pourquoi la réunion entre la présidente vénézuélienne et son homologue colombien a été annulé à la dernière minute. Les autorités ont simplement parlé d'un « cas de force majeure » sans donner plus de détails, explique Tal Cual. Certains médias parlent de menaces sécuritaires alors que la rencontre devrait avoir lieu à la frontière entre les deux pays, dans une zone où des groupes armés, comme l'ELN, sont actifs. En tout cas, l'invitation de Gustavo Petro tient toujours, précise La Opinion, mais aucune nouvelle date n'a été fixée.   Haïti : souffler grâce au rara À peine le carnaval terminé fin février, Haïti vibre désormais au rythme du rara. Avec le défilé des bandes à pied, ces groupes musicaux de rue utilisent des instruments traditionnels comme le tambour, les vaccines, ces trompettes en bambou cylindriques, de différentes longueurs et formes, entraînant la population dans une ambiance festive et décontractée. Un moment d’insouciance qui offre une véritable thérapie à tous les Haïtiens, parce que contrairement au carnaval qui ne se tient que dans les grandes villes, le rara est un événement culturel d'ampleur national, notamment dans les campagnes. Dossier signé Ronel Paul avec Kervens Février auprès des bandes de rara aux Gonaïves.   Le journal de la 1ère L’association martiniquaise de parents et d'enfants aveugles et mal-voyants manifeste ce vendredi matin (13 mars 2026), dans les rues de Fort-de-France.

    30 min
  3. 4D AGO

    Chili : le nouveau président promet des «barrières physiques» aux frontières du pays

    Pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) l'extrême-droite revient au pouvoir au Chili. Ce mercredi 11 mars 2026, le nouveau président José Antonio Kast a prêté serment et promulgué plusieurs décrets visant à d'après lui à lutter contre l'immigration clandestine. À peine investi, José Antonio Kast a signé six décrets mercredi soir (11 mars 2026), dont trois sont destinés à freiner l’immigration irrégulière dans le nord du Chili. Le nouveau président d'extrême-droite a ordonné au chef des armées de « construire des barrières physiques », pour stopper l’entrée de migrants. C’était l’une des promesses de sa campagne dans un pays où plus de 300 000 personnes étrangères seraient sans-papier. Avec son gouvernement « d’urgence », José Antonio Kast veut aussi s’attaquer à l’insécurité et au crime organisé ainsi qu’à la relance de l’économie, précise la correspondante de RFI à Santiago, Naïla Derroisné. « Un gouvernement d’urgence ce n’est pas un slogan. C’est de l’ordre là où il y a du chaos. C’est de l’apaisement là où il y a de la douleur. C’est de la fermeté là où il y a de l’impunité », a assuré celui qui prend la suite du jeune président sortant de gauche Gabriel Boric. Le nouvel occupant du palais de la Moneda a aussi annoncé un audit total de tous les ministères pour évaluer la situation dans laquelle le gouvernement précédent a laissé les comptes. « On nous remet un pays en plus mauvais état que ce que nous pouvions imaginer. Un pays avec des finances publiques amoindries. Un pays où le crime organisé et le narcotrafic ont progressé. Un pays où les familles se sentent abandonnées par l’État. Dire que nous avons reçu un pays en mauvais état n’est pas une excuse. On le dit car le Chili mérite de savoir la vérité. Car quand on occulte le diagnostic, les traitements échouent » a déclaré José Antonio Kast.   L'administration Trump tente à nouveau de supprimer le TPS pour les Haïtiens L’administration Trump a demandé à la Cour suprême de mettre fin aux protections légales temporaires (TPS) dont bénéficient plus de 350 000 Haïtiens aux États-Unis, rapporte Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. « La semaine dernière, une cour fédérale d’appel a statué en faveur des plaignants haïtiens qui ont poursuivi le Département de la Sécurité intérieure (DHS), l’accusant d’avoir agi par animosité raciale et nationale en cherchant à mettre fin à ces protections », précise le quotidien haïtien.    Vives réactions en Haïti face à la composition du nouveau gouvernement «Les réseaux sociaux se sont enflammés après la présentation du nouveau cabinet ministériel» dirigé par le Premier ministre par intérim Alix Didier Fils-Aimé, écrit aussi Le Nouvelliste. L’intégrité et la compétence de certains ministres sont mises en question, certains étant «cités dans des rapports de l’Unité de lutte contre la corruption», précise encore Frantz Duval.   Cuba : Sixième jour de protestation à La Havane Des concerts de casseroles ont à nouveau retenti cette nuit dans plusieurs quartiers de La Havane, pour la sixième soirée consécutive, rapporte le média indépendant Cibercuba. Dans la capitale, le courant est coupé plus de douze heures par jour. En province, les habitants passent parfois plusieurs jours d'affilée sans électricité, en raison du manque d’entretien des centrales électriques et du blocage, par les États‑Unis, des approvisionnements en pétrole. La journaliste Yoani Sánchez, fondatrice du média indépendant 14ymedio, a filmé des rues presque désertes dans la capitale. Le grand escalier de l’université de La Havane est vide, après une manifestation étudiante lundi et car les cours en présentiel sont suspendus faute d’électricité. Sur les images diffusées par le site d'information sur les réseaux sociaux, on voit aussi des arrêts de bus où plus personne n’attend, faute d’argent et de carburant.   Au Venezuela, le piège de la rente pétrolière La hausse des prix du pétrole due à la guerre au Proche‑Orient pourrait sembler bénéfique pour le Venezuela, détenteur des plus grandes réserves mondiales selon l’OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole). Sa production a progressé de 10% en février, même si elle demeure inférieure à ses niveaux historiques. Mais l’économiste Víctor Álvarez, dans l'édition Amérique Latine d'El País, nuance cet optimisme. « Quand les prix du pétrole augmentent, nous nous enivrons de ce festin et de l’abondance », mais « nous ne nous préparons pas aux temps de vaches maigres », avertit cet ancien ministre d'Hugo Chávez. Il plaide pour la création d’un fonds souverain destiné à stabiliser les revenus pétroliers et financer des projets de long terme, afin de réduire la dépendance chronique du pays envers l’or noir. Dans le journal de La 1ère... En Martinique, les autorités veulent « mieux anticiper » les épidémies de maladies transmises par les moustiques, explique Benoît Ferrand, d'Outre Mer La 1ère.

    30 min
  4. 5D AGO

    En Haïti, parole aux femmes victimes de viols

    À Port-au-Prince, les gangs dominent par la violence et la peur. Justine Fontaine et Achim Lippold, du service International de RFI, se sont rendus dans la capitale haïtienne où ils ont rencontré des femmes victimes de viols commis par ces groupes criminels. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il tend à s’aggraver. S’il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur le nombre de viols commis en Haïti, le travail des associations haïtiennes ou des organisations internationales permet d’avoir des estimations. Médecins sans frontières a ainsi publié, il y a quelques semaines, un rapport à partir des cas recensés dans une de ses cliniques spécialisées à Port-au-Prince, un centre qu'elle considère comme un baromètre de la situation. « Entre 2022 et 2025, les cas ont triplé, rapporte Diana Manilla Arroyo, cheffe de mission de MSF en Haïti. Cela coïncide avec le début de la crise déclenchée par l’assassinat du président Jovenel Moïse et les affrontements entre groupes armés, et ceux avec l’État. » Impunité Une autre raison qui pousse les survivantes de viol à garder le silence, c'est l'impunité, explique Justine Fontaine, du service International de RFI. Et quand malgré tous ces obstacles les survivantes portent plainte, il est rare que ça aboutisse. En 2022, le Bureau des avocats internationaux en Haïti avait comptabilisé seulement dix plaintes de violences sexuelles ayant abouti à un procès, sur plus de 500 dossiers que ses avocates avaient pris en charge. Mais un procès ne signifie pas forcément condamnation. Et lorsqu’il y a condamnation, elle n’est pas nécessairement à la hauteur des faits. Il y a quelques mois, un cas de viol sur mineur de moins de 15 ans qui, normalement, est passible de la perpétuité en Haïti avait donné lieu à une peine de seulement cinq ans de prison. Se pose aussi la question des grossesses non désirées. Les organisations de défense des droits des femmes manquent de moyens, notamment depuis la fermeture de l'agence de développement américaine, l'Usaid, par Donald Trump l'an dernier (2025). Certaines associations ont dû fermer des centres d'hébergement ou licencier du personnel. Il y a aussi eu une baisse des moyens pour la contraception. Le Chili change de président Au Chili, c’est aujourd’hui que se tient l’investiture du président élu Jose Antonio Kast.  La Tercera se penche sur le bilan du chef de l’État sortant Gabriel Boric. Pour le quotidien, il est loin d’être glorieux. Sur le plan politique, le quotidien retient que la principale réalisation de Gabriel Boric, la réforme des retraites, n'a pu aboutir qu'après avoir été en partie vidée de sa substance. Autre point noir : sa formation de gauche quitte le pouvoir après avoir subi la plus grosse défaite électorale depuis 1990, avec seulement 42% des voix lors de la présidentielle. Sur le plan économique, c'est encore pire, relève La Tercera, Avec la deuxième croissance, la plus faible depuis le retour de la démocratie, il y a 36 ans. Mais aussi avec un déficit structurel record pour une période sans crise. Ce qui fait dire à José Antonio Kast que le pays « tombe en ruines ». Mais le nouveau président le promet : le « Chili est de retour ». Sauf que les défis qui l'attendent sont nombreux. Proceso, au Mexique, en dresse la liste. Une économie à redresser, un sentiment d'insécurité à apaiser, avec un Chili qui oscille entre la première et la troisième place mondiale en termes de perception de l'insécurité depuis 2024. Sur la scène internationale, Jose Antonio Kast va devoir aussi ménager la chèvre et le chou : contenter Donald Trump qui veut lutter contre l'influence chinoise en Amérique latine sans contrarier Pékin. Et pour Proceso, ça semble déjà mal parti : Xi Jinping a décidé d'envoyer son ministre du Logement pour représenter la Chine à la cérémonie d'investiture. Pour celle de Lula, c'est le vice-président chinois qui avait été envoyé. À lire aussiChili: fin d'une transition compliquée entre le président de gauche Boric et son successeur d’extrême droite Des disparus de la dictature identifiés en Argentine En Argentine, douze disparus de la dictature ont été identifiés. Leurs restes avaient été retrouvés sur le terrain d'une ancienne caserne baptisée La Perla qui, entre 1976 et 1978, a servi de centre de détention, de torture et d'extermination. Entre 2 200 et 2 500 personnes y ont été enfermées. La plupart n'ont jamais été retrouvées. « Quelques jours avant le 50è anniversaire du début de la dictature, l'identification des douze victimes montre que la vérité – qu'elle soit niée ou enterrée – finit toujours par être révélée », écrit Pagina12. Aux États-Unis, le New York Times explique comment Donald Trump et ses conseillers ont mal évalué la réplique de Téhéran à l'offensive israélo-états-unienne, persuadés qu'elle serait similaire à celle de juin 2025 lors de la guerre des Douze jours, et parce qu'ils étaient focalisés sur l'opération de décapitation du régime iranien. Mais maintenant que les prix du pétrole augmentent, et alors que les États-Unis épuisent des munitions qui coûtent cher, le New York Times indique que l'administration Trump recherche urgemment des solutions pour sortir du conflit. Un conflit qui, pour les vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan, a comme un air de déjà-vu. C'est à lire dans Politico. Keegan Evans, pilote d'hélicoptère en Irak, se demande aujourd’hui à quoi peut bien servir ce conflit. Maggie Seymour, elle, dénonce une opération qui « consiste à agir sans réfléchir». Et pour cette ancienne Marines, ça n'a rien d'inédit. À écouter aussiEn Argentine, le démantèlement silencieux de la mémoire de la dictature

    30 min
  5. 6D AGO

    Guerre en Iran : Donald Trump pris au piège de l'inflation

    Aux États-Unis, le prix des carburants a augmenté à cause de la guerre au Proche-Orient. D'après le président américain, c'est « un petit prix à payer » et cela ne devrait pas durer. Mais au moment de faire le plein, certains se plaignent, y compris parmi les électeurs de Donald Trump. Notre correspondant aux États-Unis, Vincent Souriau s'est rendu dans une station-service de Westminster, petite ville située dans un comté républicain de l'État du Maryland. Si le prix à la pompe augmente aux États-Unis, bientôt toute l'économie américaine sera touchée, met en garde le New York Times. Les experts interrogés par le journal, décrivent un effet boule de neige. La hausse du prix du carburant va se répercuter sur les prix de la nourriture et des marchandises transportées par camions, notamment les colis Amazon, explique Mark Zandi, économiste chez Moody’s Analytics. Hausse également du prix des fruits et des légumes importés. Une augmentation d'autant plus importante que le Golfe Persique est l'un principal fournisseur d'engrais au monde, explique le New York Times. Les agriculteurs américains seront également touchés alors que les semis de printemps commencent partout dans le pays. Les prix des billets d'avion devraient, eux-aussi, augmenter. Les Américains pourraient donc se retrouver privés de vacances de printemps et d'été. Les entreprises pourraient ne plus embaucher dans un premier temps, puis licencier, poursuit le New York Times. La volatilité des marchés boursiers pourrait menacer l'épargne-retraite. Bref, plus la guerre dure, plus l'économie américaine, dans son ensemble, risque de souffrir. Or, le coût de la vie sera l'un des enjeux majeurs des mid-terms de novembre. Le prix de l'essence a toujours été très important pour les Américains et les hommes politiques le savent, analyse le New York Times qui rappelle que Ron Klain, l'ancien chef de cabinet de Joe Biden, consultait le prix à la pompe tous les jours pour évaluer le moral des consommateurs. Le problème, explique Bob McNally, ancien conseiller en énergie du président George W. Bush, au New York Times, c'est que Donald Trump dispose de peu d'outils véritablement efficaces pour faire reculer rapidement le prix des carburants. Limiter les exportations américaines, supprimer certains taxes fédérales, se servir dans les réserves stratégiques de pétrole de pays, autoriser la Russie à vendre son pétrole... Autant de mesures qui n'auront qu'un faible impact de toute façon. La seule vraie solution, c'est que le trafic reprenne dans le détroit d'Ormuz. Pour cela, il faudrait que la guerre s'arrête. Mais Donald Trump ne sait pas comment faire, estime Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, car le président ne sait pas exactement pourquoi il a lancé cette guerre. Alors le journaliste l'invite à cesser les attaques, à laisser passer le fameux jour d'après. Ce jour-là, le régime iranien se vantera d'avoir gagné. Mais le surlendemain, Thomas Friedman prédit « un débat explosif et des luttes intestines au sein de l'élite dirigeante de Téhéran ». Le peuple, des commerçants et des réformateurs au sein du régime vont demander des comptes à leurs dirigeants. « Nous avons perdu nos économies, notre économie (...), une grande partie de nos armées et l'amitié de nos voisins » et vous nous parlez de victoire ? Voilà ce qu'ils leur diront, estime le journaliste qui insiste : « le régime iranien ne tombera que par le haut ».   L'histoire de trois frères arrêtés par ICE suscite une polémique Joshua, 12 ans, Caleb, 14 ans et Antonio, 18 ans, ainsi que leurs parents ont été libérés hier (lundi 9 mars 2026), après 15 jours de détention, nous apprend The Texas Tribune. La particularité de cette fratrie, c'est que Caleb et Antonio sont « deux jeunes musiciens mariachis prometteurs », explique CNN. La famille, originaire du Mexique, a été arrêtée lors d'un rdv de routine auprès des services d'immigration. Pour qu'ils soient relâchés, il aura fallu, entre autres, l'intervention d'une élue républicaine, la représentante du Texas Monica de la Cruz qui, il y a neuf mois à peine, avaient invité Caleb, Antonio et le groupe de musique de leur lycée au Congrès, à Washington, pour les féliciter d'avoir remporté un concours de mariachis, raconte The Texas Tribune. Il y a moins d'un an, « ces deux jeunes hommes étaient jugés dignes de se produire au Capitole. Ils ne constituaient aucune menace pour la sécurité nationale », souligne Joaquin Castro, représentant démocrate du Texas, qui critique l'hypocrise de l'administration Trump.   Venezuela : la réforme du code minier voulu par les États-Unis avance L'Assemblée nationale a approuvé le texte hier soir (lundi 9 mars) sans les voix de l'opposition qui, comme l'explique Tal Cual, a refusé de se prononcer car elle n'a pas pu lire le projet de loi, ni l'étudier correctement. Le document n'a été déposé qu'une heure avant le vote, précise le journal en ligne. Officiellement, cette réforme vise à moderniser le code minier afin d'attirer de nouveaux investisseurs, en particulier étrangers. Un second vote doit avoir lieu à l'Assemblée, cette fois article par article. Mais on ne sait pas encore quand ce sera.   Haïti : « l'absence de stratégie diplomatique du gouvernement marginalise le pays » Comme tous les mardis, nous faisons le point sur l'actualité en Haïti avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse. Il évoque le rôle des drones dans la lutte contre les gangs qui font de très nombreuses victimes civiles selon Human Rights Watch ; l'absence d'Haïti au sommet sur la sécurité organisé, ce week-end, par les États-Unis à Miami ; et enfin, les conditions d'incarcération, très mauvaises dans le pays, même dans les centres les plus modernes, comme celui de Morne Casse, dans le nord-est à Fort liberté.   Mexique : comment vivre dans une zone sismique Notre dossier du jour nous emmène au Mexique, pays où le risque de séismes est parmi les plus élevés de la planète. Les plus meurtriers remontent à 2017 et 1985. Mais, les Mexicains ne les ont pas oubliés, d'autant que d'autres tremblements de terre bien plus légers se produisent chaque jour, à Mexico par exemple. Alors les habitants s'adaptent. La capitale mexicaine a même créé un système d'alerte pionnier en cas de séisme fort, pour mieux vivre ce risque, ce phénomène difficile à prévoir. Reportage de Gwendolina Duval.   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, la Chambre Régionale des Comptes pointe du doigt une prise en charge « défaillante » de la santé mentale.

    30 min
  6. MAR 9

    Haïti : Port-au-Prince dans la peur des kidnappings

    La commune de Delmas est devenue, pour de nombreux habitants, l’un des épicentres des enlèvements contre rançon. Entre octobre 2025 et février 2026, les cas se sont multipliés, installant un climat de peur permanent. Ce vendredi matin (6 mars 2026), le calme règne à Delmas 75. Les véhicules sont rares et filent à vive allure. Quelques marchands installent déjà leurs petits commerces sur les trottoirs. Mais derrière cette apparente normalité, dans les cœurs, la peur s’installe. À la base : le phénomène du kidnapping. Magdala, 24 ans, est assise calmement sur une place publique de la zone. L’enlèvement récent d’une jeune fille de son quartier la scandalise. « Ce n’est pas normal qu’en tant que jeune, on vive dans un pays où l’on n’arrête pas d’enlever des personnes, parfois pour les violer (…) Une jeune fille qui aurait pu être utile à sa famille… soit elle est violée, soit elle est tuée par la suite. Ce pays est devenu invivable », dénonce-t-elle au micro de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Entreprise florissante pour les malfrats, drame sans nom pour les familles, le kidnapping prend de l’ampleur. « Pour moi, le kidnapping est le moyen le plus rapide de décapitaliser une famille, parce qu’on exige de la victime le paiement d’une rançon, des sommes que la plupart des familles n’ont pas accumulées durant des décennies. À une certaine époque, on pouvait attribuer les enlèvements uniquement aux bandits et aux groupes de gangs armés organisés. Mais aujourd’hui, il y a même des agents des forces de l’ordre, censés nous protéger, qui seraient impliqués dans des réseaux de kidnapping », avance Josué Estinvil, habitant de Delmas. De graves séquelles Le kidnapping frappe à la porte de tous. Jeunes ou adultes, femmes ou filles, aucune catégorie n’est épargnée. Une situation dénoncée par les organisations de défense des droits humains. « D’octobre 2025 à février 2026, nous avons constaté dans la commune de Delmas une hausse des cas d’enlèvements suivis de séquestrations contre rançon, rapporte Marie Rosy Auguste Ducenat, responsable de programmes au sein du Réseau national de défense des droits humains. Il s'agit d'un phénomène qui laisse des séquelles graves, des séquelles énormes chez les victimes, particulièrement chez les femmes et les filles qui sont souvent violées ou qui sont menacées d'être violées. Elles nous affirment par la suite se sentir souillées même si elles n’ont pas effectivement subi de viol. » Aujourd’hui, dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, notamment dans la commune de Delmas, la peur dicte les déplacements, modifie les habitudes et fragilise davantage un tissu social déjà éprouvé.   Des législatives dans le calme en Colombie La Colombie a voté hier (8 mars 2026) pour renouveler la Chambre basse et le Sénat. Des élections législatives tests à trois mois de la présidentielle, marquées par une forte progression de la coalition de gauche du chef de l'État sortant Gustavo Petro. El Espectador estime que ces élections ont été un succès pour les institutions colombiennes. Le processus a certes été entaché par des accusations de fraudes, de corruption, de la violence, mais El Espectador préfère retenir que la polarisation et les tensions n'ont pas empêché l'élection d'un Congrès diversifié, représentant l'ensemble du spectre politique. D'autant qu'avec 21 millions de Colombiens qui se sont déplacés aux urnes, la participation est la plus élevée depuis 1990. C'est ce que souligne La Silla Vacia. El Tiempo juge de son côté que ce scrutin est l'illustration d'« une démocratie solide ». « Démocratie, nom féminin », titre enfin El Colombiano. Car hasard du calendrier, ces élections législatives se sont tenues le même jour que la journée internationale des droits des femmes. Et il s'avère qu'hier, (8 mars 2026) 40% des candidats au Congrès étaient des candidates. Un progrès. Mais El Colombiano estime que c'est encore trop peu, alors que les femmes représentent 51% de la population colombienne. Dans le New York Times, vous pourrez lire comment un décret présidentiel sur le glyphosate signé le mois dernier (février 2026) protège aussi la production d'une arme extrêmement controversée. Ça se passe cette fois aux États-Unis. Le glyphosate, c'est ce désherbant accusé d'être cancérigène. Il est fabriqué par l'entreprise allemande Bayer. Et il est notamment composé de phosphore blanc, un produit également fabriqué par Bayer qui sert aussi pour produire les munitions incendiaires de l'armée états-unienne. Et qu'Israël est accusée de l'avoir utilisé contre des civils à Gaza et au Liban en 2023.   Concerts de casseroles à La Havane À Cuba, où les coupures de courant se multiplient en raison du blocus énergétique imposé par les États-Unis. Ce qui provoque la colère d'une partie de la population. La contestation enfle à La Havane malgré une forte présence policière, notamment dans les quartiers de Regla et Guanabacoa. C'est que rapporte 14ymedio. Ces manifestations contre le pouvoir s'accompagnent de feux de déchets. « Un geste significatif, écrit 14ymedio, car les déchets qui inondent la ville reflètent la misère dans laquelle vit la population ». En Bolivie, les zones de recharges hydriques, souvent situées en montagne, sont essentielles, car elles fournissent de l’eau aux communautés proches mais également aux villes et villages alentour. En échange de la protection de ces zones, les habitants des zones rurales reçoivent de l’aide pour améliorer leur accès à l’eau ou pour développer des activités économiques respectueuses de l’environnement. Reportage au nord de la capitale La Paz, par notre correspondant Nils Sabin.

    30 min
  7. MAR 6

    La hausse du salaire minimum, enjeu des législatives colombiennes

    En Colombie, la présidentielle est prévue en mai 2026, mais avant cela, ce dimanche 8 mars, un autre épisode électoral fera figure de galop d'essai pour les partis. Les législatives, mais aussi des primaires pour plusieurs formations politiques se tiennent. L'enjeu qui cristallise toutes les tensions, c'est la situation économique marquée par une violence qui progresse sans cesse. En ce début d'année 2026, une mesure enflamme les débats : la hausse historique du salaire minimum de 23,7%. Notre correspondante à Medellín, Najet Benrabaa, a suivi une manifestation dans les rues de la ville à laquelle participaient des manifestants venus de toute la Colombie.   Une ONG alerte sur les persécutions politiques au Salvador L'ONG Cristosal qui a elle-même dû fuir le pays, en juillet 2025, à cause de menaces et d'intimidations de la part du gouvernement, a publié hier (jeudi 5 mars), une enquête dont se fait l'écho La Prensa grafica et qui démontre que « la criminalisation des voix critiques est utilisée comme outil de répression ». Des défenseurs des droits humains, des militants de la cause environnementale, des syndicalistes, des représentants des peuples autochtones, des personnalités politiques, des journalistes, des juges ou bien encore des fonctionnaires... Depuis l'arrivée au pouvoir de Nayib Bukele, en 2019, au moins 245 personnes ont été victimes de persécutions politiques, relève El Faro, autre journal salvadorien en exil. L'exil, mais aussi l'autocensure, et dans le pire des cas, la mort, voilà les conséquences de « l'usage systématique du pouvoir punitif de l'État pour réduire au silence l'opposition au Salvador », écrit Cristosal.   Des prisonniers politiques au Salvador Dans les trois-quarts des cas recensés par l'ONG, les victimes ont dû faire face à des poursuites judiciaires. « 86 personnes sont actuellement détenues et seules 7 ont été condamnés lors de procès similiaires à ceux qui ont lieu au Nicaragua et au Venezuela », précise Cristosal dans son rapport. Il s'agit là de l'échelon ultime dans l'appareil répressif mis sur pied par Nayib Bukele, insiste El Faro. Le premier niveau de pression, c'est le harcèlement, les intimidations et les menaces. Puis on passe sur le terrain judiciaire, mais avec des poursuites pour des délits tel que l'enrichissement illicite ou pour des fautes éthiques. Enfin, les poursuites pour crimes devant un tribunal. Et parfois ces pressions s'exercent sur les proches de la personne ciblée par le gouvernement, explique encore Cristosal. Le fameux modèle Bukele que tant de dirigeants dans la région cite en exemple, a « pour règle fondamentale la concentration du pouvoir et l'élimination de tout contrepoids », juge El Faro.   Un système pénitentiaire corrompu Le dernier numéro d'El Faro est sorti le 1er mars 2026. À lire, notamment, une interview de l'homme d'affaires salvadorien Catalino Miranda. Interview réalisée en mai 2023, dans un hôpital privé où l'homme séjournait alors qu'il allait parfaitement bien et alors qu'il était censé être en prison. Un traitement de faveur que Catalino Miranda a obtenu en payant 35.000 dollars à l'administration pénitentiaire, par l'intermédiaire d'un trafiquant de drogue. « Le système pénitentiaire de [Nayib Bukele] qui vend ses prisons comme un modèle à imiter est un système corrompu », dénonce une fois encore El Faro. En prison, on paye pour tout : recevoir du courrier, des visites... Et le prix dépend de ses ressources. Alors pourquoi le journal a-t-il attendu près de trois ans pour sortir cet entretien ? C'est parce que Catalino Miranda avait posé une condition à ses confessions. « S'ils me tuent, vous pourrez tout publier ». « Il ne dit pas "si je meurs", il dit "s'ils me tuent" et il fait référence à un système pour faire pression et torturer psychologiquement les prisonniers », écrit El Faro. Catalino Miranda est mort d'un cancer, le 29 septembre 2025.   Affaire Epstein: publication de rapports du FBI concernant des allégations contre D. Trump Le ministère américain de la Justice a publié hier (jeudi 5 mars) de nouveaux documents dans l'affaire Epstein dans lesquels le nom de Donald Trump apparaît. Comme le raconte le New York Times, ce sont des documents du FBI, des notes dactylographiées qui relatent les quatre « entretiens menés par le FBI en 2019 avec une femme qui affirme avoir été agressée sexuellement par Donald Trump et Jeffrey Epstein ». Les faits se seraient produits dans les années 80, alors qu'elle était adolescente. Des accusations non corroborées comme beaucoup d'autres dans les documents de l'affaire Epstein, souligne le New York Times.   Petite révolution au Venezuela Mercredi 4 mars 2026, à Caracas, les portes du palais présidentiel se sont ouvertes à la presse indépendante, rapporte Tal Cual qui était de la partie. Cela n'a pas été facile : « Il a fallu que l'ambassade des États-Unis insiste pour que la visite du ministre américain de l'Intérieur bénéficie de la plus grande couverture médiatique possible », raconte le journal en ligne. « La dernière fois qu'un journaliste de Tal Cual a pénétré dans le palais de Miraflores, aucun des membres actuels de la rédaction n'était en poste. Certains d'entre nous n'avaient même pas encore fini leurs études. C'était il y a 15 ans », ironise Tal Cual. Alors même si la presse n'a pas pu poser de questions après la déclaration conjointe de Delcy Rodriguez et du ministre étasunien, Tal Cual espère que cela se reproduira et que désormais les autorités vénézuéliennes accorderont des interviews à tous les médias.   En Haïti, le secteur du sel à l'arrêt L'agriculture est un secteur en déperdition en Haïti à cause de l'instabilité politique persistante et des violences perpétrées par les gangs. Un chiffre qui l'illustre, c'est celui de l’insécurité alimentaire aiguë qui touche plus d’un habitant sur deux, selon l’ONU, soit près de 6 millions de personnes. Ceux qui pâtissent aussi de cette situation, ce sont les producteurs dans le secteur du sel, par exemple. Le département de l’Artibonite assure à lui seul plus de 70% de la production annuelle. Les trois principales zones de production sont Grande-Saline, Anse-Rouge et Gonaïves. Sauf qu'en raison de l'insécurité, de nombreuses familles se retrouvent totalement démunies, comme nous l'explique Ronel Paul. Les routes étant trop dangereuses ou bloqués par les gangs, les acheteurs se font rares. Les producteurs se retrouvent contraints d'écouler leur production sur les marchés locaux plus petits ou de constituer des stocks. Conséquence : ils ont du mal à payer leurs employés. Ce secteur au fort potentiel économique, se sent abandonné des autorités.   Le journal de la 1ère En Martinique, la campagne sucrière 2026 a commencé.

    30 min
  8. MAR 5

    Vers un rapprochement entre Haïti et la République dominicaine ?

    Haïti entretient avec sa voisine des relations houleuses depuis plusieurs années. Mais cela pourrait peut-être changer avec le nouveau gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé. « Cela fait cinq ans que les relations avec la République dominicaine se sont détériorées », rappelle Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. Depuis, plus de visa pour les Haïtiens qui veulent se rendre en République dominicaine. Plus d’avion non plus entre les deux pays. Mais le nouveau gouvernement haïtien, qui a été installé avant-hier, fait des relations avec Saint-Domingue une nécessité stratégique. « On doit donc s’attendre à une inflexion dans ce qui se passe entre les deux pays », estime Frantz Duval. Le Nouvelliste a, par ailleurs, rencontré le nouvel administrateur du Programme des Nations unies pour le développement, Alexander de Croo. « Il a dit que le développement ne peut pas attendre la sécurité. Il faut continuer à faire des efforts, à investir, à penser aux jeunes », retient Frantz Duval. En attendant, en raison de la situation sécuritaire dans le pays, l'Agence fédérale de l'aviation américaine a décidé de prolonger, jusqu'en septembre 2026, l'interdiction pour les compagnies aériennes commerciales de voler vers Port-au-Prince. « Ce n’est pas une bonne nouvelle ni pour le gouvernement ni pour toute la diaspora haïtienne », estime Frantz Duval.   Donald Trump garde les mains libres dans le conflit avec l’Iran Aux États-Unis, le Sénat a rejeté hier (4 mars) un texte obligeant Donald Trump à obtenir le feu vert du Congrès pour mener la guerre contre l'Iran. Et pour le Globe and Mail au Canada, ce rejet illustre deux aspects de la politique états-unienne. Le premier, c'est la réticence du pouvoir législatif à faire contrepoids à l'exécutif en matière de politique étrangère et intérieure. Le second, c'est sa réticence historique à restreindre le pouvoir du président à utiliser l'armée. Car une opération militaire sans l'approbation du Congrès, c'est un grand classique dans l'histoire récente des États-Unis. Le Globe and Mail relève que ça faisait d'ailleurs longtemps qu'on n'avait pas vu une telle tentative à bloquer les pouvoirs militaires présidentiels. La décision de Donald Trump d'attaquer l'Iran a surtout été une question d'instinct. C’est ce qu’il a laissé entendre mardi (3 mars 2026) aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz. « Donald Trump suit son instinct et ses conseillers à la sécurité nationale tentent de suivre le rythme », titre ainsi le New York Times. Des conseillers qui se comptent d'ailleurs sur les doigts d'une main. Littéralement : pour l'Iran, ils étaient cinq autour du président. Aujourd'hui, écrit le New York Times, le Conseil de sécurité nationale est réduit à exécuter les décisions présidentielles. Des décisions contradictoires, voire incohérentes. Avec comme principale conséquence : la difficulté à anticiper ce qui pourrait mal tourner. Ce pessimisme agace le Wall Street Journal. « Cinq jours après le début de la guerre, on pourrait penser, d’après la couverture médiatique et les commentaires, que les États-Unis sont en train de perdre », écrit le quotidien économique, qui poursuit : « Mais maintenant que la guerre est en cours, notre point de vue, peut-être démodé, est que nous devons espérer que les États-Unis remportent un succès tant militaire que stratégique. Et peut-être qu'avant d'anticiper ou d'applaudir l'échec, nous pourrions attendre de voir comment les choses évoluent. »   Une conférence de presse millimétrée En Argentine, le gendarme Nahuel Gallo a donné hier (4 mars 2026) sa première conférence de presse depuis sa libération. Cette première prise de parole après 448 jours dans les geôles vénézuéliennes est à la Une de toute la presse argentine. Et notamment sur le site de Clarin, où il apparait le visage émacié et l'air fatigué. Nahuel Gallo n'a pas voulu détailler les atrocités qu'il a subies. Pas un mot non plus sur le rôle de l'AFA, la Fédération argentine de football qui a obtenu sa libération grâce à des négociations parallèles avec la Fédération vénézuélienne. Ce qui fait dire à Pagina12 qu'il s'agissait là d'une parodie de conférence de presse, que Nahuel Gallo s'est contenté de répéter ce qu'on lui avait demandé de dire. Pendant ce temps, au Venezuela, des prisonniers politiques sont toujours incarcérés malgré l’amnistie générale décrétée, il y a deux semaines. Ce que dénonce TalCual qui consacre un article à la Zone 7, l'un des nombreux centres de détention vénézuéliens. Le président de l'Assemblée nationale avait promis que tous ceux qui y sont enfermés seraient libérés, une fois, la loi d'amnistie approuvée. Mais deux semaines plus tard, des dizaines de familles attendent toujours. « La promesse non tenue de la Zone 7 » : c'est un long article d'analyse à retrouver à la Une de TalCual, le premier d'une série consacrée à la propagande derrière la loi d'amnistie.   Au Brésil, un GR pour un tourisme à faible impact Le Nordeste du Brésil inaugure son premier chemin de grande randonnée. Appelé « chemin de Ibiapaba », l’itinéraire de 185 km relie les États du Piauí et du Ceará à travers les biomes de la caatinga, du cerrado, et de la forêt atlantique. Loin des plages et des grands pôles touristiques du pays, l’itinéraire encourage un tourisme à faible impact, en lien avec les communautés locales. Un reportage de notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.

    30 min

Ratings & Reviews

4.9
out of 5
7 Ratings

About

13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Anne Cantener vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radio, après celui de l’Afrique francophone. Le pays compte six émetteurs pour diffuser RFI en modulation de fréquence. C’est pour cet auditoire que, chaque jour, RFI consacre un reportage, ou une interview, spécifiquement consacré à Haïti. 

More From RFI

You Might Also Like