L'Afrique en marche

L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne envie d’aller plus loin !   Diffusion : dimanche à  5h47, 7h47 et 12h50 TU.

  1. Sep 23

    Au Gabon, les femmes de Nkokloa cultivent leurs champs avec l'OIF

    Soutenir des initiatives locales pour améliorer durablement les conditions de vie des femmes est la philosophie du fonds de l’Organisation internationale pour la francophonie (OIF) baptisé « La Francophonie avec Elles ». Ainsi au Gabon quatre projets sont soutenus à hauteur de 300 000 euros pour près de 250 femmes, axés sur l’agriculture durable et l’entrepreneuriat avec des moyens concrets en formations, matériel et accompagnement d’ONG locales. Au Gabon, entre le champ et la coopérative, Béatrice et ses camarades agricultrices ne manquent pas d'ouvrage dans la région de Bitam, au nord du pays. Avec une trentaine d'autres paysannes, elles cultivent plus et mieux leur manioc et leurs bananes plantains depuis que l'OIF leur est venue en aide avec un fonds spécialement conçu pour elles. « C'est un programme d'autonomisation économique des femmes, explique Michèle Balourd-Quidal, cheffe de l'unité égalité femmes-hommes à l'Organisation internationale de la Francophonie à Paris. Elles ont souvent des activités déjà informelles, mais elles n'ont pas forcément les moyens financiers, l'accès aux opportunités économiques notamment, comme l'accès à la terre pour pouvoir développer leurs propres activités et tirer un revenu. Donc le fonds "La francophonie avec Elles", depuis 2020, entre 2020 et 2025, c'est 354 projets qui ont été soutenus dans 36 pays bénéficiaires, pour un total de 20 millions d'euros. Et cela concerne plus de 99 000 femmes dans l'espace francophone. En Afrique centrale, "La francophonie avec Elles", c'est 80 projets bénéficiaires, 19 000 femmes bénéficiaires, cinq millions qui sont affectés au projet et dans les secteurs d'activité, l'agriculture pour 44 %, la transformation de produits à 38 %, les biens et services à 18 %. » Cadette. Gladys et Béatrice, du groupement de femmes du village de Nkokloa, sont ravies d'avoir pu bénéficier de ce programme. Gladys a 29 ans. Elle est mère de quatre enfants. Ex-commerçante, elle s'est formée avec une ONG locale à la science de la culture, du manioc et du plantain. « Maintenant, avec l'argent de la récolte, je peux inscrire mes enfants à l'école » « C'est quand l'OIF est venue avec le projet que j'ai commencé à cultiver. Avant, on avait l'habitude de planter à la façon du village. J'aidais ma mère dans ses champs, donc à la façon du village. C'est grâce au projet que j'ai plus appris comment il faut faire ça techniquement. Mais maintenant, je sais déjà que quand je plante les boutures, je dois prendre un mètre d'écart. Maintenant, je connais déjà comment multiplier les rejets de bananes : avec un seul rejet de banane vont sortir plusieurs plants. Du coup, on a plus de plants à planter. Cela a beaucoup changé parce qu'avant l'arrivée de l'OIF, quelqu'un comme moi ne pouvait pas inscrire ses enfants à l'école. Mais maintenant, avec l'argent que je récolte du champ, j'ai déjà de l'argent pour inscrire mes enfants à l'école. On paye quand même 2 000 à l'inscription. On paye la tenue, les fournitures aussi. Les fournitures sont chères ici et les livres aussi. C'est pas du gâteau ! » Le groupement de femmes de Nkokloa cultive dix hectares de champs. Béatrice et ses camarades ont bénéficié de conseils techniques ainsi que de dons en matériel. « On avait toujours dans nos champs le manioc, tout le temps en train de pourrir. Donc, avec l'appui de l'OIF et l'étude qu'ils ont eu à nous faire, c'est plus beau et gros aussi. Tu vois les gros tubercules, quand on arrache, tu vois le manioc. On nous a apporté les outils de travail, les bottes, les brouettes, les pioches, les daba, les machettes ou les arrosoirs. » Le fond de l'OIF « Francophonie avec Elles » est soutenu par différents partenaires donateurs, parmi lesquels le groupe TotalÉnergies. Les appels à projets pour bénéficier du soutien financier et technique se font chaque année au mois de janvier.

  2. Sep 18

    Une startup tunisienne qui vise le zéro polluant dans l'industrie textile

    L’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde. Elle génère 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et près de 20 % de la pollution de l'eau potable. Les pays du Maghreb comme le Maroc ou la Tunisie font partie de ceux fortement impactés par cette pollution du fait de la fabrication de prêt-à-porter en grande quantité. Aussi, c’est pour limiter la pollution de l’eau qu’en Tunisie la start-up Pigment Oco a mis au point un procédé qui limite l’usage de l’eau dans la teinture. C'est en juin dernier, lors du salon Vivatech à Paris, qu'Amal Chebbi a présenté l'invention de sa startup Pigment Oco. Cette startup tunisienne fondée en 2024 propose de changer la donne dans la teinture textile en éliminant l'eau et les produits chimiques. « Qu'est-ce qu'on fait exactement ? On offre un procédé de coloration des fibres de coton, qui élimine l'utilisation de l'eau complètement et qui élimine aussi les rejets chimiques. La teinture textile consomme énormément d'eau. Pour teindre un kilogramme de coton, il faut entre 100 litres et 140 litres d'eau, explique-t-elle. Pour nous, en Tunisie, on a pas mal de secteurs de textiles stratégiques. On vit un stress hydrique. Donc la problématique était locale et on a la même problématique partout dans le monde actuellement, malheureusement. On a donc trouvé une nouvelle façon de faire, c'est d'éliminer l'utilisation de l'eau complètement dans le procédé de teinture ». L'industrie textile à travers le monde consomme 1 900 milliards de litres d'eau par an, une eau souvent rejetée en mer et chargée de produits toxiques. Les risques sanitaires et environnementaux sont énormes, souligne Amal Chebbi. À lire aussiQuestion d'environnement - Achète-t-on trop de vêtements? Un danger global pour le Sud « C'est un danger global. On commence par la Tunisie notamment, mais en fait la teinture consomme énormément d'eau et aussi cette eau usée, elle est pleine de toxines, de métaux lourds qui vont être rejetés dans les rivières et dans les océans, pourrir les sols, nos mers, notre eau, notre nappe hydrique, en Tunisie, en Méditerranée et le Sud global, notamment l'Asie, déplore Amal Chebbi. Parce que le gros marché par rapport à la coloration des fibres, c'est l'Inde, c'est la Chine, le Pakistan, le Bangladesh. Donc on a la même problématique : arrêter d'utiliser l'eau complètement. Ça m'apparaît vraiment comme révolutionnaire ». La solution de Pigment Oco permet donc d'avoir zéro rejet d'eau ou de liquides polluants, une économie d'un tiers en matière d'usage de colorant et supprime les fixateurs chimiques qui provoquent souvent des maladies chez les travailleurs textiles. La start-up a bénéficié d'un programme de soutien des autorités tunisiennes pour un montant de 42 000 euros, 140 000 dinars. HEC Paris et l'organisation Women's Forum ont également servi d'incubateur à la startup. « Pour nous, on cherche toujours des projets à impact, un impact social, environnemental. Et ce qui est bien dans le projet Pigment Oco, c'est que l'argument d'impact, il est immédiatement lisible, souligne Flavio Conesa, responsable initiative au sein du Women's Forum for the Economy and Society. On voit que la teinture textile, ça consomme à peu près 1 900 milliards de litres par an, et c'est 20 % de la pollution industrielle mondiale de l'eau et 80 % des colorants du marché. Ils sont toxiques et non biodégradables. Donc nous, à notre niveau, quand on est en jury de sélection, aucun juré n'a besoin d'une expertise sectorielle pour comprendre la valeur d'un procédé qui va supprimer l'eau et les produits chimiques dans l'étape de coloration des textiles. Le projet Pigment Oco coche tous les critères de Women for good, c'est-à-dire un projet qui est porté par une femme, un projet d'impact et un projet qui aussi est viable sur l'aspect financier et qui, au-delà de ça, ramène une innovation technologique qui peut vraiment bénéficier, avoir un impact bénéfique pour tous ». Pigment Oco continue de développer son procédé entre Paris et Tunis et cherche des projets pilotes avec des usines textiles qui décideront avec cette solution de relever un défi environnemental et industriel. À écouter dans 8 milliards de voisinsMode : pourquoi s’intéresser à la teinture textile?

  3. Aug 3

    SmartFin, une appli ivoirienne qui développe le sens de l'économie et de l'épargne

    Gérer ses revenus, économiser et même investir dans des produits d'épargne grâce à une seule application, c'est ce que propose à Abidjan la startup SmartFin depuis 2022.  Dans une Côte d'Ivoire où la classe moyenne augmente avec des revenus parfois conséquents, il est apparu pertinent à Colombe Djirebo de créer un outil de gestion et d'éducation financière. C'est ainsi qu'après avoir travaillé dans le domaine de la gestion de patrimoine en France, elle décide de retourner en Côte d'Ivoire pour créer, en 2022, SmartFin, une application et un site web où les salariés peuvent s'exercer et s'améliorer dans la gestion de leurs revenus. « SmartFin, c'est une fintech spécialisée dans la gestion de patrimoine », nous explique la cofondatrice de la start-up. « Donc, on les aide à pouvoir gérer leurs dépenses, faire un budget, épargner et investir, donc à développer un patrimoine. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire, on a 30 % de fonctionnaires surendettés parce que les gens, justement, ne savent pas comment gérer l'argent dans le quotidien. Ils savent gagner de l'argent, ils ne savent pas comment le gérer. On a aujourd'hui des personnes en Côte d'Ivoire qui vont, par exemple, prendre des crédits bancaires pour des urgences de famille, pour faire la fête, pour offrir des cadeaux, par exemple. Et ils vont se retrouver malheureusement dans des situations où, une fois que le crédit passe, ils n'arrivent plus à faire face à leurs charges. C'est juste des notions liées au bon crédit, au mauvais crédit par exemple. Le bon sens financier n'est pas très élevé en Côte d'Ivoire. Le niveau d'éducation financière est hyper bas, donc ça crée encore plus le besoin. » Niveau d'éducation financière hyper bas Un besoin que tâche de combler l'application conçue par Colombe. SmartFin propose par exemple des challenges comme le dépôt mensuel d'une somme déterminée et bloquée pendant un an, afin de générer un pécule qui, entre-temps, aura été rémunéré, comme l'explique Colombe Djirebo. « C'est-à-dire que, par exemple, là, on a un marathon qui s'appelle "gbèssè". En Côte d'Ivoire, cela signifie 500 francs en langage nouchi. Dans ce challenge-là, chaque semaine, il faut pouvoir épargner 500 francs de plus que la semaine précédente. Le but, c'est d'avoir 689 000 FCFA à la fin de l'année, on va dire à peu près 1 200 €. C'est rémunéré à un taux de 4 %. En fait, là, on recherche surtout la discipline financière. Tous les mois, je me donne une certaine discipline pour pouvoir commencer à épargner. On est en partenariat avec ADEC, qui est une microfinance ivoirienne qui a un agrément, donc ce sont eux qui gèrent les fonds. Ce sont eux qui rémunèrent parce que nous, on n'a pas la possibilité de rémunérer. » SmartFin faisait partie de la délégation ivoirienne présente au dernier salon VivaTech de Paris, une start-up qui, selon le ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, représente le virage que doit prendre la fintech ivoirienne. « En tout cas, en ce qui concerne la démarche, c'est véritablement ce type de démarche que je souhaite pour les start-ups ivoiriennes. Partir d'une idée sur la base de son expérience personnelle et de son savoir. Ensuite, lorsqu'il y a des opportunités de financement qu'on obtient, on continue de croître et d'investir dans l'affaire. Et je suis convaincu que c'est ce qui peut faire impact parce qu'elle s'adresse au fond à une masse importante de la population ivoirienne en termes d'éducation financière. Et, c'est bien ainsi ! » À lire aussiL’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up L'épargne, une compétence à développer Parmi les 20 000 utilisateurs réguliers de l'application en Côte d'Ivoire, il y a Larissa Koidio. Elle est sociologue et patronne elle-même d'une société de conseil en coaching de 2SC Transform-action. « Je me suis rendu compte que l'épargne, ce n’est pas forcément parce qu'on gagne beaucoup qu'on sait épargner. Je me suis retrouvée dans des entreprises où la femme de ménage épargnait plus que l'informaticien ou le comptable. Les comptables, des personnes seniors dans leurs titres, recouraient à l'épargne du petit personnel pour pouvoir se dépanner. Donc, on comprend que l'épargne, c'est une attitude, c'est une compétence à développer. Donc, j'ai décidé en tout cas d'appliquer l'épargne comme attitude. Et je pense que plus les Ivoiriens feront, mieux ils se comporteront. » Pour le moment, l'application s'adresse à un public essentiellement ivoirien. Mais, le projet de SmartFin à terme, c'est de s'étendre plus largement à l'Afrique de l'Ouest.

  4. Jul 13

    Terra Biga, une tontine 3.0 pour le Burkina Faso

    Vous connaissez sans doute les plateformes de dons ou de financement participatif comme Leetchi ou Ulule… Au Burkina Faso, le créateur d’une jeune start-up a mis en place en 2024 un équivalent africain, « Terra Biga », qui permet de soutenir des projets et même de faire des économies par des achats groupés. Participer par des dons à des projets utiles à la société, réduire ses coûts de consommation avec des achats groupés de kits scolaires ou bien de groupes électrogènes, c'est la double fonction vertueuse de la plateforme burkinabè Terra Biga. Batiana Nacro, l'inventeur de cette application, était il y a quelques jours au salon VivaTech de Paris pour présenter son concept : « Terra Biga, c'est une plateforme de collaboration financière. Ça permet aux communautés qui ont des projets communs de facilement se connecter et de financer leurs projets elles-mêmes. C'est un principe de tontine. C'est comment utiliser le digital pour transformer effectivement le concept de tontine en quelque chose de plus robuste. Donc, ça s'adresse surtout aux populations locales. On a collaboré avec le Programme des Nations unies pour le développement au Burkina Faso et l'architecte Francis Kéré pour la réalisation d'une maternité dans l'est du Burkina Faso. C'est assez modeste comme investissement : 40 millions de francs CFA, soit à peu près 60 000 € pour la réalisation du projet. » Une nouvelle maternité dans la commune de Tikba est donc en cours de financement sur dons privés. La start-up, elle, se rémunère en prélevant une commission de 6 % sur les sommes collectées, explique Batiana Nacro : « On est autour de 6 % ou soit sur des frais de dossier des fois qui sont de 10 000, 20 000 francs pour qu'on puisse mettre un projet sur notre plateforme. » À lire aussiL’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up « Transformer la "tontine" en quelque chose de plus robuste » « Qu'est-ce qui nous garantit que l'argent qu'on vous donnera, puisque c'est du don, sera bien alloué au projet du cabinet ? » lui demande-t-on. « C'est vrai que c'est un point qui est très important. Et nous, on travaille vraiment avec des organismes qui sont reconnus au Burkina Faso. On n'a pas ouvert la plateforme à n'importe quel projet. C'est pour ça qu'on a commencé à travailler avec le programme des Nations unies pour le développement, pour être en mesure de cibler des projets qui sont sûrs et qui auront un suivi, parce que le Pnud est engagé derrière. Donc, on ne prend pas des projets d'individus qui disent : "Bon, moi, j'ai envie de soutenir les femmes de tel village, donnez-moi de l'argent, on va le faire." Non, ça ne marche pas. On ne travaille qu'avec des structures et c'est pour ça qu'on est plus aujourd'hui dans une approche B2B. Au-delà du financement participatif, crowdfunding, vous pouvez aussi acheter des produits en gros en vous connectant avec d'autres personnes de la communauté. Un village, des agriculteurs qui achètent les mêmes engrais chaque année, mais de façon séparée, et bien, on est en mesure de les regrouper pour qu'ils achètent en gros. On mutualise ainsi les intérêts. » Batiana Nacro a bénéficié de l'aide de l'opérateur téléphonique Orange au sein des Orange Digital Center, qui accompagnent par du soutien financier et managérial les jeunes pousses de la tech burkinabè. Asma Ennaifer est responsable du pôle Orange Digital Afrique : « Terra Biga, nous l'avons découverte grâce au Poesam, le prix Orange de l'entrepreneur social. C'est un concours qui récompense les innovations à fort impact social. Donc, nous travaillons aujourd'hui avec cette start-up parce que sa solution, on aimerait l'intégrer dans Max it et développer de nouveaux services avec Orange Money et la Fondation Orange. Max it, c'est la "super-app" d'Orange. Elle a aujourd'hui 25 millions de clients. Et, quand on met en avant une start-up sur la super-app, on lui ouvre déjà un marché de 25 millions de clients. » « On mutualise ainsi les intérêts » Quand une start-up fait appel à une autre start-up : la Sénégalaise Aïssatou Fall veut développer, elle, à Dakar, une application appelée « BPM », une billetterie en ligne pour toutes sortes d'événements culturels. Elle a besoin d'un coup de pouce financier de 9 000 euros. C'est donc naturellement qu'elle a fait appel à Terra Biga pour compléter son budget : « Pourquoi Terra Biga ? Parce que je voulais déjà utiliser une plateforme africaine, explique Aicha Fall. J'ai eu la chance d'aller au Burkina, j'ai eu la chance de m'asseoir avec Batiana Nacro et de voir en fait que c'est quelqu'un qui voulait vraiment aider la population africaine dans son ensemble. Je me suis dit : "Si je dois faire une campagne de crowdfunding, ce sera avec Terra Biga." » Depuis deux ans, Terra Biga a permis la construction d'un lycée et d'un forage au Burkina Faso. Le projet de billetterie sénégalais, l'hôpital de Francis Kéré et une campagne de distribution de serviettes hygiéniques attendent, eux, les généreux donateurs pour prendre vie sur terrabiga.com. À lire aussiLa Banque africaine de développement veut mieux mobiliser l'argent africain

  5. Jun 29

    Maroc: trois mamans pharmaciennes inventent une application multifonctions pour femmes enceintes

    MamaBox est une application marocaine inventée par trois pharmaciennes de Rabat. Face aux innombrables questions que leur posaient les femmes enceintes ou jeunes mamans, les trois amies ont décidé de créer leur start-up pour donner – via un numéro vert WhatsApp – les meilleurs conseils en la matière. Une application gratuite qui, tout de suite, a rencontré un très gros succès. Insomnie, fièvre, allaitement, spleen post-accouchement… C'est pour apporter des réponses objectives et pertinentes aux questions que se posent les jeunes mamans que Fatine, Hanae et Loubna, trois consœurs pharmaciennes de Rabat, ont décidé de créer une application et un numéro WhatsApp gratuit pour répondre aux inquiétudes des mères marocaines. Hanae Bouayad est l’une des cofondatrices de Mama Box. « En fait, on ne manque pas d'informations. Aujourd'hui, on en a beaucoup. La problématique se pose sur la qualité de l'information qu'on reçoit et sur le temps qu'on met à trouver les bonnes réponses. Et une maman n'a pas toujours le temps. Ou un papa d'ailleurs, parce que même les papas sont parfaitement inclus dans notre programme. Les questions les plus fréquentes, les plus récurrentes portent sur les coliques, le sommeil de bébé et l'allaitement. C'est-à-dire : un bébé quand il ne dort pas le soir, qu'il a des gaz… On est là, on ne sait pas quoi faire et les mamans veulent soulager leur enfant qui n'arrive pas à dormir. Où trouver des solutions concrètes pour essayer de les aider ? Donc les coliques, l'allaitement maternel et le sommeil de bébé sont les trois principales préoccupations. Vient après le fameux baby-blues dont on ne parle peut-être pas assez et qu'on ne détecte pas assez vite d'ailleurs aussi. Donc cette santé materno-infantile, c'est la santé mentale et très importante parce que c'est ce qui permet aussi à la maman, après, de poursuivre sa vie de façon sereine ». Réponse à toutes les questions récurrentes des mamans Lors d’une démonstration au salon VivaTech de Paris, Fatine Labraimi nous fait une démonstration de son numéro vert WhatsApp gratuit, le +212 615 16 40 51, et pose une question à l'IA du numéro : « Quelle est la fréquence d'allaitement que je devrais faire pour un bébé de trois mois ? » Quelques secondes, la réponse tombe avec une voix synthétisée : « À cet âge, l'allaitement se fait généralement à la demande de votre petit trésor. Les bébés allaités ont besoin de téter fréquemment, souvent entre huit et douze fois par jour, y compris la nuit. Plus votre bébé tète, plus votre corps produira de lait. » Fatine Labraimi, cofondatrice de Mama Box, vante les vertus de leur invention. « Par exemple, un bébé qui n'a pas fait son rot. Pour une maman, c'est une source d'inquiétude et nous, on l'accompagne, on la rassure avec une information fiable. Fiable parce qu'on utilise les sources du ministère de la Santé et de l'OMS. Donc ce n'est pas comme les autres IA. C'est une réponse validée par des professionnels de la santé, par le ministère de la Santé. C'est un numéro WhatsApp que la maman peut utiliser en vocal. Comme ça toutes les mamans peuvent l'utiliser, même celles qui ne savent pas lire et écrire. Elles interrogent en laissant un vocal en français, en arabe ou même en amazigh. L'IA répond en vocal aussi. On l'a entraînée pour qu'elle puisse répondre à des questions comme par exemple "tagmate", qui veut dire l'emmaillotage. Elle va savoir ce que c'est. Elle va pouvoir accompagner les mamans dans tous leurs besoins. Et on a aussi des trackers qui lui permettent de suivre avec elle le calendrier vaccinal, l'allaitement, les contractions du bébé, etc. Et quand on découvre que la maman a besoin d'un véritable accompagnement médical, on la met directement en contact avec des médecins qui peuvent lui parler en darija et en téléconsultation ». À lire aussiAu salon VivaTech, les start-up africaines se cherchent une place dans la compétition mondiale L'ami nocturne à qui poser une question Parmi les 40 000 personnes qui ont utilisé l'application, il y a Hadjar Belkasmi, maman d'un premier bébé et enceinte du second. « Honnêtement, sur ce sujet de la maternité, je trouve qu'il y a autant d'avis que de personnes sur tous les sujets, que ce soit l'allaitement ou pas l'allaitement, l'accouchement par voie basse, l'accouchement par césarienne. Je trouve qu'avoir un outil pareil dans sa poche est quelque chose qui est très, très rassurant pour une future maman, surtout pour une première grossesse. Mais avoir un outil qui accompagne, c'est beaucoup plus rassurant qu'avoir tout un village autour de soi avec chacun qui donne son avis différent. C'est un peu l'ami, l'ami nocturne à qui on pose toutes les questions qui nous passent par la tête ». Le projet des trois associées de la start-up de Rabat est d'étendre leurs solutions aux douze régions du pays, par des partenariats avec les centres de santé publics ou privés, afin de donner les meilleurs conseils possibles aux 680 000 mamans qui accouchent chaque année au Maroc.

  6. Jun 25

    Au Sénégal, l'application Ekolbi assiste les enseignants dans la préparation de leurs cours

    Ekolbi est une plateforme de soutien et d’accompagnement des enseignants au Sénégal. Une application qui a moins d’un an d’existence mais qui permet déjà à des milliers d’enseignants de gagner en temps et en efficacité au profit de la pédagogie dispensée aux élèves sénégalais. Les créateurs de cette start-up ont présenté au salon VivaTech à Paris leur invention.  « Alors là, c'est l'écran d'accueil de l'application pour un enseignant du primaire. Il est au CM1 à Rufisque, etc. Son point d'entrée, typiquement, ce serait la planification. En mathématiques, il y a résolution de problèmes où l'enseignant doit faire pour cette semaine-là une séance de questions pour compléter un énoncé… » Sur son ordinateur. Samba Sall, cofondateur d'Ekolbi, fait la démonstration de son application qui permet aux enseignants de respecter le programme pédagogique des classes de primaire ou du secondaire, tout en gagnant en temps et en efficacité.  « L'idée de départ, explique Samba Sall c'est d'adresser un problème qui est majeur dans l'enseignement et dans l'éducation d'une façon générale, à savoir la pénibilité du métier de l'enseignant. Dans des pays en Afrique comme le Sénégal, les enseignants ont des obligations qui sont fortes en termes de pédagogie. Donc, ils doivent respecter des directives dans la préparation de leurs séances de cours. Ils doivent faire des fiches pédagogiques, préparer des remédiations, etc. Et ce sont des tâches qui leur prennent beaucoup de temps, qui sont manuelles et éparses, et avec Ekolbi on permet à ces enseignants d'avoir accès à une plateforme qui leur permet de préparer leurs séances de cours en conformité avec les directives locales et les guides pédagogiques. Par exemple, en géométrie, on doit commencer par une situation-problème et toute cette démarche-là, elle peut être assez complexe à appréhender et à préparer à chaque fois. Pour chaque séance, Ekolbi permet de faciliter tout cela pour que l'enseignant puisse se consacrer, se concentrer sur la partie la plus essentielle à notre avis, qui est la pédagogie en elle-même. À savoir : les élèves, pour qu'ils comprennent réellement ». Sur smartphone, tablette ou ordinateur, le coût d'accès à l'application est de dix mille francs CFA, soit 15 € par an. Aissatou Kounta est la cofondatrice d’Ekolbi. « C'est non seulement un gain de temps, mais justement, cela leur permet de mieux enseigner. Parce qu'il faut savoir que les enseignants ont à peu près 20 fiches à préparer par semaine. Donc, ça prend du temps. Aujourd'hui, le fait qu'ils aient une application qui leur permet de faire ça en moins de temps, le calcul est vite fait, si je puis dire ». Outre les fiches pédagogiques et l'accompagnement des professeurs, l'application permet aussi de synthétiser le carnet de notes et les bulletins de chaque élève.  Sokna Saw est enseignante en CE2 à l'institution scolaire Amina Sow Mbaye de Bambilor : « Ce programme, ça facilite beaucoup le travail des enseignants parce que, avec lui, on arrive à faire des fiches en un rien de temps et des fiches qui suivent vraiment la bonne démarche recommandée par les inspecteurs, surtout en ce qui concerne les mathématiques. C'est très pratique. Il y a beaucoup de volets. Par exemple, cette année, mes bulletins de notes, je les ai faits avec Ekolbi en un rien de temps. Pour le gain, je dirais que ça me permet encore de plus me préparer. Par exemple, quand Ekolbi vous prépare les fiches, ça ne veut pas dire que je vais venir lire machinalement ces fiches devant les élèves. Ce sont des fiches que je m'en vais exploiter. S'il y a quelque chose qui n'est pas clair dans ma tête aussi, cela me laisse plus de temps pour moi d'aller m'éclaircir, pour encore mieux me préparer pour être très performante en classe ».  L'application Ekolbi en est à sa première année d'exercice scolaire, mais ses créateurs revendiquent déjà 15 000 enseignants qui l'utilisent. Une solution que la start-up sénégalaise envisage de décliner avec d'autres programmes scolaires africains.

  7. Jun 2

    Au Cameroun, des associations «sang pour sang» unies pour l'hygiène menstruelle

    Chaque mois, des millions de femmes et de filles font face à un défi invisible et souvent passé sous silence : le coût des protections hygiéniques. Sans accès abordable, c’est l'absentéisme scolaire, la perte de productivité au travail et la précarité qui s'aggravent. C'est pourquoi, au Cameroun, plusieurs associations militent pour que toutes les femmes puissent avoir accès à des serviettes hygiéniques et bénéficient de la tolérance et de la bienveillance de leur entourage.  En 2020, à Yaoundé au Cameroun, Caroline Weng et d'autres membres ont créé l'association Elles rayonnent ensemble. Leur crédo est de permettre l'accès aux serviettes hygiéniques pour les femmes et de réduire la précarité menstruelle. Une précarité qui est causée par un accès difficile à des produits de bonne qualité et à un prix raisonnable, ce que regrette Caroline Weng : « On est sur le prix le plus bas actuellement, 700 francs CFA par mois. Et ça, c'est pour celles qui ont un flux, on va dire... pas très abondant. Mais pour les autres, c'est au moins deux fois plus, donc on est à 1 400 francs CFA par mois. On a besoin soit d'antidouleurs, soit d'autres choses. Et donc, on monte facilement à 50 euros par an. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Soit on sacrifie le côté santé et on va juste pouvoir s'offrir des protections menstruelles. Soit on n'a rien de tout ça et on se garnit avec un tissu pagne qu'on met sur nous. Ou bien, on ne va pas travailler ce jour-là parce qu'on a même pas de quoi se garnir et, du coup, parfois, l'employeur peut ne pas être très compréhensif. Il décide de lui "couper" son salaire ou de lui dire : "Écoute ! Si tu dois prendre cinq jours tous les mois ou trois jours, ça ne va pas être possible !" Le cycle de la pauvreté continue. Voilà la réalité vraiment telle qu'elle est en face. »  À lire aussi«Je mets des couches à la place»: face à la précarité menstruelle, certaines femmes sont contraintes au système D Libération de la parole L'association milite pour une TVA moins lourde sur un produit qu'elle considère comme étant de première nécessité. Caroline Weng fait du lobbying également dans les villages, dans les écoles, pour lever les tabous autour de cette question : « Le point qui me paraît le plus important à souligner, c'est vraiment la question de la libération de la parole autour de l'hygiène menstruelle, de la part des femmes et des filles en tout cas. Pour la gent masculine, c'est encore un peu compliqué, même si on a certains alliés. Mais il y a une évolution maintenant, surtout chez la plus jeune génération qui essaie juste de lever le tabou autour. On voit une nette évolution vraiment à ce niveau-là. »  Une amélioration dans une société patriarcale qui passe par la jeunesse, comme l'explique René Nwoes. Son association, Wake Up Ladies, organise des rencontres dans les écoles : « On fait la corrélation entre la bonne gestion de l'hygiène menstruelle et la régularité à l'école. Il s'agit de dire qu'il est important d'accompagner les jeunes filles durant leur période menstruelle, parce que si ce n'est pas fait, elles vont plutôt manquer les cours. Et si une fille manque les cours constamment, elle a moins de chances de pouvoir réussir en fin d'année. Cela progresse vraiment petit à petit, mais on voit le bon bout. »  Serviettes recyclables et coupes menstruelles  Des progrès menés grâce à un programme baptisé Sang pour sang unies pour la dignité. Un programme financé par l'Agence française de développement. Margaux Chinal est chargée de ce programme à l'Agence française de développement.  « Le programme Sang pour sang a effectivement tout un volet dédié à l'appui à des entreprises sociales et solidaires qui produisent des serviettes lavables. On a aussi des entreprises sociales qui ont choisi plutôt la coupe menstruelle. C'est une petite coupe en silicone qui s'insère en fait dans le vagin et qui permet de récupérer le sang menstruel, et on la vide au cours de la journée. Il faut idéalement que les femmes puissent avoir le choix et que ce choix soit fait de manière éclairée. Et pour cela, il faut qu'elles puissent avoir toutes les informations nécessaires sur la bonne utilisation des produits. On va avoir des projets de sensibilisation à l'hygiène et à la santé menstruelle dans les écoles. On va avoir des projets de plaidoyer au niveau des gouvernements. On a des exemples dans certains pays d'organisations qui ont déjà réussi à faire bouger un peu les lignes au niveau législatif. En plus des organisations de la société civile, on a un appui direct à 18 entreprises sociales et solidaires qui produisent des produits d'hygiène menstruelle grâce à ce programme-là », explique Margaux Chinal. En 2025, le projet Sans pour sang, qui est prodigué également au Bénin, en Côte d'Ivoire, en Guinée ou au Nigeria, a permis à 24 000 jeunes d'être sensibilisés à la santé menstruelle. Quelque 75 000 personnes ont bénéficié d'une éducation sur leurs droits, réduisant ainsi les risques sanitaires et améliorant la dignité des femmes. À lire aussi«Les jeunes sont en première ligne face à la précarité hygiénique»: quand se laver devient un luxe

  8. Jun 1

    L'association sénégalaise Kinsiba offre une «Bulle de vie» aux victimes du cancer

    Être au soutien des femmes sénégalaises qui ont subi une mastectomie c’est la raison d’être de Kinsiba. Cette association dakaroise procure aux femmes victimes d’un cancer du sein une aide physique et psychologique pour surpasser cet épisode douloureux et souvent traumatisant de leur vie. Au début de notre interview, Dienaba Konaté, la fondatrice de l'association Kinsiba, nous raconte l'histoire d'une jeune Sénégalaise. Une anecdote emblématique, selon elle, de ce que doivent subir certaines femmes victimes d'un cancer.  « Une jeune fille de 24 ans qu'on a accompagnée. Elle avait une tumeur au cerveau. Encore étudiante, au niveau de son école ils prêtaient des ordinateurs pour que les étudiants puissent étudier. Et quand ils ont appris qu'elle était malade, on lui a repris son ordinateur. Sous couvert de : "Tu es malade, t'en auras pas forcément besoin longtemps. On va le donner à quelqu'un qui est mieux portant". Donc la violence de ça, c'est vraiment quelque chose de très difficile ! Quand on dit une personne a le cancer, on voit tout de suite la mort. Mais aujourd'hui, nous, on se positionne comme une alternative ».  Et cette alternative, c'est l'association Kinsiba qui, depuis deux  ans, a offert à plus d'une centaine de femmes des prothèses mammaires après des mastectomies, assorties d'un accompagnement psychologique et d'un coaching. Pour se réinsérer dans la vie sociale et professionnelle comme l’explique  Dienaba Konaté.  Être combatif pour affronter les épreuves de la vie « On travaille essentiellement avec des hôpitaux publics et le centre privé de cancérologie qui est à Ouakam. C'est eux qui nous réorientent les personnes. Si elles se font leur mastectomie, elles se retournent vers le service social qui ensuite nous contacte pour nous dire : "on a telle patiente, elle a un besoin de tant..." Et ensuite nous, on la rencontre, on prend les mesures. Ensuite, en fonction du stock, on remet la prothèse. On a pu collecter des fonds pour offrir plus de 100 prothèses. C'est très difficile de s'en procurer dans le pays parce que ce n'est pas forcément quelque chose de très répandu et pour peu qu'on en trouve, c'est extrêmement cher. En fait, on a lancé un parcours qui s'appelle le parcours "Bulle de vie". C'est un accompagnement sur quatre mois pendant lequel elles ont un accompagnement  psychologique, thérapeutique et en parallèle, elles font de la boxe-thérapie. Ouais ! ( rires ) la boxe, la boxe cela fait souvent sourire mais il faut être combatif pour affronter les épreuves de la vie ! Mais au-delà de ça, ça leur permet d'avoir une rééducation physique post mastectomie, c'est très intéressant ! Et pour celles qu'on a commencé à suivre, il y a effectivement un vrai changement parce que le plus dur, souvent, ce n'est pas la maladie, c'est vraiment de se sentir seul. Et là, le fait de pouvoir partager, de pouvoir "déposer" tout ce qu’elles emmagasinent parce qu’elles ne peuvent pas en parler, bah ça a joué énormément ! »   Fatou Fall, technicienne de 30 ans et mère de deux enfants, a subi une double ablation des seins. Pour elle, le programme « Bulle de vie », conçu par l'association pour se reconstruire physiquement et moralement, a été primordial.  Maman a des seins ! « Ils m'ont offert des prothèses que mes enfants ont beaucoup aimées. Parce que quand je suis rentrée avec les prothèses et que je les ai mises, j'ai une fille de 4 ans, la plus grande, elle me disait "Ah, maman a des seins !". Elle était contente ( rires). Ouais, en fait, ça m'a trop trop émue ! Après, j’ai rejoint l'association pour leur projet "Bulle de vie" et ça aussi, ça m'a beaucoup aidée, vraiment ! Elles nous proposent des séances de coaching et de sport comme la boxe, pour qu'on puisse reprendre confiance en nous. Ça fait du bien pour le corps, mais aussi ça nous permet de dégager les émotions négatives parce qu'on se libère, je peux dire, parce qu'on souffre à l'intérieur. Ça fait mal, comme on dit. Avec le sport, on extériorise. Grâce aux séances de coaching, j'ai pu reprendre confiance en moi, affronter les gens et arrêter d'hésiter à me dire que  je vais me faire rejeter. Bon, ça va, hamdoulillah, maintenant je gère bien ma vie, même si parfois y a des hauts, y a des bas, y a des jours sans et des jours avec... »  Dégager les émotions négatives L'association qui fonctionne sur fonds propres et l'appui de quelques donateurs a permis de prendre en charge 138 femmes atteintes d'un cancer sur Dakar. Le prochain projet est de construire une maison de santé intégrée sur la ville de Diamniadio.

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