Musiques du monde

De Mozart à Billie Eilish en passant par Tinariwen... C’est Le rendez-vous transmusical de RFI présenté par Laurence Aloir, avec des portraits, des reportages, des chroniques, les nouvelles sessions live du grand studio à Issy-les-Moulineaux et la tournée des festivals. Technique/Réalisation : Donatien Cahu. *** Diffusions les samedis et dimanches à 20h10 TU vers toutes cibles. Rediffusions les dimanches et lundis à 01h10 TU vers toutes cibles. Musiques du Monde, ça s’écoute et ça se regarde !

  1. 2D AGO

    SessionLive avec Michelle Blades et Vison Visu

    Du Panama à Paris, en passant par l'Arizona (où Harry...) ; 3 artistes, un solo guitare-voix et un duo accordéon/sax-clarinette, grand choix ! Notre 1ère invitée est Michelle Blades pour Where To ? Artiste aux multiples facettes, Michelle Blades revient avec 'You're The Mother, You're The Man', morceau d’ouverture et premier extrait de son nouvel album Where To? à paraitre l'année prochaine. À la fois intime et universelle, cette chanson compte parmi les plus anciennes du disque. Elle a été écrite en 2018 à Mexico, bien avant que le reste de l’album ne prenne forme en 2023. Née d’un souvenir d’enfance et d’une réflexion sur le rôle de parent solitaire, 'You're The Mother, You're The Man' s’est d’abord imposée comme un mantra poétique adressé à la mère de l’artiste, elle aussi née au Mexique. Musicalement, l’écriture s’est nourrie de deux influences majeures : l’expérimentation des silences comme éléments rythmiques mais aussi l’inspiration de Book of Days de Meredith Monk, dont l’approche vocale et spatiale a profondément marqué Michelle Blades depuis son arrivée en Arizona en 2010. Réinterprétée au moment de l’enregistrement de Where To?, la chanson a pris corps à La Bergerie, dans le sud de la France, au cours de neuf jours d’hiver. Entourée d’Emmanuel Mario (alias Astrobal), Nina Savary, Gaétan Nonchalant et Vincent Guyot, Michelle Blades a enregistré guitare et voix. Gaétan Nonchalant y a ajouté des touches de Rhodes, brisant le caractère répétitif du mantra pour y glisser des éclats de mémoire. Des couches vocales sont ensuite venues s’entrelacer, créant un équilibre subtil entre densité et dépouillement. Le clip, réalisé par Ilan Zerrouki, accompagne ce morceau fondateur. Née au Panama dans une famille de musiciens, Michelle Blades a grandi aux États-Unis avant de développer une esthétique unique, entre expérimentation et sensibilité pop. Après ses débuts DIY en Arizona, elle s’installe à Paris et collabore durant dix ans avec Midnight Special Records, publiant notamment les albums Ataraxia (2015), Premature Love Songs (2017) et Visitor (2019) et l’EP Nombrar las cosas (2020). Exploratrice musicale, elle multiplie aussi les collaborations : bassiste aux côtés de Pomme en tournée, arrangeuse sur le dernier album de Flavien Berger (Plouf!), membre du groupe éphémère La Brume, ou encore chanteuse au sein de La Femme, avec qui elle a parcouru le monde. Avec 'You're The Mother, You're The Man', Michelle Blades ouvre une nouvelle page de son univers artistique, entre héritage personnel, recherche sonore et désir de transmission. Titres interprétés au grand studio : - Dear Friend Live RFI  - You’re the mother, You’re the man ? extrait CD - I Missed the Dance Live RFI. Line Up : Michelle Blades (guitare, voix) Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor. ► Album Where To ? (Escargot Musique / IDOL 2026). Instagram - YouTube.   Puis nous recevons Robin Fincker et Janick Martin pour la sortie de Vison Visu. « Les deux hommes s’assirent vison-visu. Pierrot eut vaguement l’impression d’avoir déjà rencontré ce type-là quelque part. » Raymond Queneau, Pierrot, 1942 Face à face intime et interpellant, Vison Visu réunit l’accordéoniste breton Janick Martin, figure d’une génération de musiciens issus des musiques traditionnelles dont ils réécrivent sans cesse les contours et le saxophoniste et clarinettiste Robin Fincker évoluant depuis une vingtaine d’années sur les scènes de jazz contemporain et musiques improvisées européennes. Musiciens avides de mélodies, fascinés par la formule magique qu’elles peuvent contenir, Vison Visu aspire les airs en profondeur, qu’ils soient d’aujourd’hui ou d’un autre âge, et en déjoue les phrasés conventionnels. Jouant de fractures et de mélismes, de danses et d’improvisations, le duo aux timbres sonnants échange avec passion et intensité. Les deux musiciens se sont rencontrés au sein du quintet Finis Terrae du violoncelliste Vincent Courtois avec lequel Robin Fincker collabore depuis de nombreuses années et ont très rapidement noué une complicité évidente. Suite à une invitation du festival de Jazz à Dissay ils ont élaboré un répertoire faisant cohabiter les compositions originales du duo avec des mélodies venues de Bretagne, d’Ecosse ou du pays Cajun. Véritable croisement des langages traditionnels et contemporains, le duo tisse ainsi un récit où le jeu et la spontanéité se nourrissent de ces mélodies simples au fort pouvoir évocateur. Grâce au soutien du producteur de musique contemporaine Marc Thouvenot (fondateur du label Quicatl), du collectif Le Grand Pas et du studio La Buissonne, le duo s’est vu proposer l’opportunité d’enregistrer son répertoire de manière directe et sans artifices. Installés dans la grande salle du studio, les pièces ont été enregistrées sans coupures, d’un seul jet et en quelques prises seulement permettant au duo de laisser libre cours à son goût de l’imprévu et de la recherche sonore. Mixé par Gérard de Haro et masterisé par Nicolas Baillard à la Buissonne, Vison Visu laisse entendre dans sa musique une expression non-linéaire du passage du temps, faite d’allers-retours de cycles et de jeux de mémoires où le plaisir du jeu et de la narration prévaut sur tout plan préétabli. Titres interprétés au grand studio : - Vison Visu Live RFI - Écoutez la plaisante histoire, extrait de l'album - Al Lann Melen Live RFI. Line Up : Janick Martin (accordéon) et Robin Fincker (sax, clarinette). Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor. ► Album Vison Visu (Le Grand Pas / L’Autre Distribution 2025). Instagram.

    49 min
  2. 3D AGO

    #SessionLive La Cafetera Roja (Italie/Fr) + playlist Sophian Fanen

    Du rock politique groenlandais des années 70 aux cafetières rouges fatto in italia, tout est en libre service !   Tous les mois, le critique musical Sophian Fanen, du site Les Jours, sélectionne 5 titres. Pour février, les élus sont :   - Nilza Costa, Oxum, tiré de l'album Cantigas (Brutture Moderne, 2026) - Momoko Gill, No Others, tiré de l'album Momoko (Strut Records, 2026) - Danyl, Ya Habiba, tiré de l'album Zmig (Structure, 2026) - Bobo & Behaja, Parepare, tiré de l'album Aia Haja? (Carton Records, 2026) - Sumé, Piffiit Nutaat, tiré de l'album Sumut (ULO, 1973).   Puis nous recevons La Cafetera Roja pour la sortie de The Path. « Cafetera Roja, muy lindo, multicultural/Loco todo bienvenido/Vamos a los pueblos del mundo/Siempre algo nuevo con el micro en la mano » (« La cafetière rouge, si belle et multiculturelle/Une folie où chacun trouve sa place/Allons vers les villages du monde/Toujours une nouveauté, le micro à la main. ») Ainsi rappent-ils haut et fort leur ADN dans ce titre-manifeste La Kfet, qui égrène leurs valeurs en forme d’inventaire à la Prévert. Car la voici à nouveau, cette vieille cafetière écarlate si familière, trônant depuis six albums au beau milieu de la table, ce brasero pour réchauffer les coeurs, ce totem surgi d’un claquement de doigts : « À nos débuts dans les années 2000, on jouait dans les rues de Barcelone. À l’orée d’une scène plus sérieuse, nous avons choisi au débotté, la ‘Cafetera roja’, l’objet qui se trouvait pile en face de nous dans le bar où nous nous trouvions. C’était parfait. Politiquement, la couleur nous allait au poil. Et cet emblème évoque toujours la convivialité, les moments partagés, l’énergie, la chaleur humaine… », rappelle aujourd’hui l’une des fondatrices, la chanteuse et guitariste Aurélia Campione. Titres interprétés au grand studio : - La Vita e Bella Live RFI - La Kfet, extrait de l'album - Hipcosta Live RFI. Line Up : Aurélia Campione (chant /guitare électrique), Anton Dirnberger (chant/keyboards), Vincent Aubrun (guitare électrique /chœur), Fiti « Gines » Rodriguez Guirado (chant/basse), Alexandre Peronny (violoncelle/chœur) et Tom Drevet (batterie/chœur). Son : Mathias Taylor & Benoît Letirant.  ► Album My Path (Green Piste Rd). Site - Instagram - YouTube - Bandcamp.

    49 min
  3. FEB 15

    #SessionLive Jesse Harris + Quentin Dujardin

    L'un chante, l'autre pas. Mais les 2 musiciens jouent de la guitare. Jesse Harris et Quentin Dujardin se succèdent dans la #SessionLive.  Notre premier invité est le songwriter américain Jesse Harris pour le nouvel album If You Believed in Me Bright Eyes, Lana Del Rey ou encore John Zorn, Jesse Harris est l’un des songwriters les plus respectés de sa génération. Après plus de vingt albums, il ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre avec If You Believed In Me, son tout premier album enregistré avec un orchestre symphonique, sous la houlette de l'arrangeur et chef d'orchestre brésilien Maycon Ananias. La trajectoire de Jesse Harris est tissée d’aventures musicales hors du commun. Songwriter avant tout, ses chansons voyagent depuis plus de vingt ans, portées par certaines des voix les plus marquantes de la scène internationale. Révélé au monde entier en 2003 lorsque «Don’t Know Why»,sa chanson interprétée par Norah Jones, reçoit le Grammy de la chanson de l’année, il s’impose comme un auteur-compositeur prolifique et recherché. Depuis, il a publié une vingtaine d’albums en son nom et collaboré avec des artistes aussi divers que Willie Nelson, Emmylou Harris, CatPower, Feist, les Black Keys, Lana Del Rey, Smokey Robinson, Bright Eyes, John Zorn ou encore Maya Hawke. Malgré cette richesse, un territoire restait inexploré : celui de l’orchestre symphonique. L’étincelle vient à l’automne 2024. Son ami brésilien Maycon Ananias, arrangeur de cordes, l’appelle depuis Tallinn où il travaille sur une célébration des 95 ans d'Arvo Pärt, «si jamais tu as besoin d'un orchestre»... Suite à la radio 📻 Titres interprétés au grand studio : - I’m not sure Live RFI - Having A Ball Feat. Norah Jones, extrait de l'album - Where’s your shadow Live RFI. Line Up : Jesse Harris (guitare/voix). + Claire Simon (traduction). Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album If You believed in me (Artwork Records/ Pias 2025). Site - Instagram - Bandcamp.   Puis nous recevons le guitariste et compositeur belge Quentin Dujardin pour la sortie de Saison Orange Quentin Dujardin nous revient avec de nouvelles mélodies imparables et une énergie de feu portée par une génération de musiciens que l'on ne présente plus : Didier Laloy, Nicolas Fiszman & Manu Katché. Produit par Lee Townsend (Bill Frisell), ce nouvel album Saison Orange est dédié à cette guitare discrète dont les cordes nylon dessinent des espaces infinis.  Le guitariste confirme aussi son attirance pour les envolées lyriques comme en atteste notamment l'invité de ce disque, le trompettiste norvégien, Mathias Eick. Pour clôturer ce disque, une reprise dépouillée du titre L'Enfer de Stromae. Saison Orange nous parle de cette «cinquième saison», celle dont la nature se pare entre l’hiver et le printemps ; celle de ces champs pesticidés autour de son village et rendus orangés sous l’effet de l’homme pour assurer l’illusion d’une meilleure survie. Titres interprétés au grand studio :  - Saison orange Live RFI - La Croisière, extrait de l'album - L'Enfer (Stromae) Live RFI. Line Up : Quentin Dujardin (guitare nylon), Didier Laloy (accordéon diatonique), Nicolas Fiszman (basse électrique). Son : Benoit Letirant, Mathias Taylor. ► Album Saison Orange (Agua Music 2025). Site - Instagram - YouTube.

    49 min
  4. FEB 14

    Une soirée avec le plus barré des producteurs de musique : Francis Falceto

    Depuis 1996, le producteur français Francis Falceto a ouvert au monde les musiques éthiopiennes avec la collection Éthiopiques (Buda Musqiue). Qui n'a pas été surpris en entendant la musique de Mulatu Astatqé dans un film de Jim Jarmush ? L'éclosion de groupes entre folk et rock expérimental, chanter en amharique. Le seul responsable : Francis Falceto ! Une soixantaine de voyages en Éthiopie plus trad, Éthiopiques affiche 2 volumes de musique ! À l'occasion de la sortie des volumes 31 et 32 de la collection Éthiopiques, Francis Falceto est notre invité. Francis Falceto programme différentes musiques du monde au Confort Moderne de Poitiers lorsqu'il fait la découverte en 1984 des 33 tours de Mahmoud Ahmed grâce à Bernard Gallodé. Il entreprend alors en 1985 un voyage en Éthiopie (via Moscou en raison du régime du Derg) pour rencontrer Mahmoud Ahmed, puis, en 1986, réédite sur le label bruxellois Crammed Discs l'album d'éthio-jazz Erè Mèla Mèla (1975) du chanteur et musicien éthiopien. Après le succès en Europe et aux États-Unis du disque, il décide de créer en 1996 la collection « Éthiopiques » avec l'éditeur Buda Musique afin d'exhumer et faire redécouvrir l'ensemble des succès des artistes de la musique éthiopienne de la période 1950-1975, la plupart produits par Amha Eshèté pour le label Amha Records et Ali Abdella Kaifa pour Kaifa Records.   Éthiopiques 31- Muluken C’est Muluken qui a inauguré les éthiopiques, voilà vingt ans et plus, avec Hédètch alu, face B de son premier 45 tours (AE 440, publié par Amha Eshèté en février 1972). Trahissant l’extrême jeunesse du chanteur (il n’avait alors pas 18 ans), sa voix séraphique a trompé plus d’un auditeur qui pensait avoir affaire à des accents féminins. Il n’a pas 22 ans lorsqu’il publie en 1976 son dernier vinyle sur Kaifa Records (KF 39LP), et l’un des derniers publiés en Éthiopie avant que la cassette ne devienne le médium roi de la diffusion musicale. Éthiopie 1976. Depuis un an déjà, les cassettes laminent inexorablement le marché des disques vinyles. L’album 33 tours de Muluken Mellesse [ሙሉቀን፡መለሰ፡ Muluqèn Mèllèssè / Muluqän Mälläsä], KF 39, qu’Ali Abdella Kaifa – Ali Tango ! – produit cette année-là sur son label Kaifa Records est historique à plus d’un titre. Il est l’un des derniers vinyles publié en Éthiopie, mais surtout le chef-d’œuvre absolu de l’Ethiopian Groove – et son chant du cygne. Il laisse à la postérité une idée claire du niveau de sophistication et de maîtrise qu’avait atteint la musique moderne éthiopienne avant qu’elle ne soit écrabouillée sous la botte militaro-stalinienne du Derg – le sigle qui résume la sanglante révolution en cours depuis 1974. ► Album Éthiopiques 31 - Muluken (Éthiopiques / Buda Musique 2025).   Éthiopiques 32 – NALBANDIAN l’Éthiopien - Either / Orchestra feat. Ethiopian Guests L’Éthiopie est ici au milieu des années 1950, au début des années 1960, à la veille de l’éclosion, ou plutôt de l’explosion du Swinging Addis. Rock’n Roll, Rhythm and Blues, Soul et Twist n’ont pas encore fait irruption et l’on baigne dans l’atmosphère big band d’après-guerre dont In the mood de Glenn Miller figura durablement l’hymne planétaire, à parité avec la vogue latine à la même époque. Mais la joie de vivre d’après-guerre est déjà là, avec la paix retrouvée après la terrible invasion italo-fasciste (1935-1941). Le redéploiement de la musique moderne fait pleinement partie de la reconstruction. C’est d’abord la génération des jeunes parents des baby boomers qui savoure cette résurrection, avant que ces derniers ne prennent le relais en électrisant définitivement la bande son de la fin de règne impérial. Ce sont des apatrides d’origine arménienne, Kevork Nalbandian, et surtout son neveu Nersès, qui vont contribuer à révolutionner la musique éthiopienne moderne. Il faut le souligner avec force, le grand parrain historique de cette musique est un émigrant arménien, profondément éthiopianisé, Nersès Nalbandian – Moussié Nersès –, Nalbandian l’Éthiopien. Orgie de cuivres, discipline bien comprise, innovations sans relâche et pédagogie révolutionnaire feront le reste, dès 1955. Ces étrangers qui composeront deux hymnes nationaux éthiopiens et un hymne continental (rien moins que l’hymne de l’O.U.A – Organisation de l’Unité Africaine), sont aussi et surtout la véritable origine de ce qui deviendra le Swinging Addis des années 1960. Nersès se verra conférer la nationalité éthiopienne en 1957 pour services rendus aux musiques d’Éthiopie. Avec le concours primordial des Bostoniens de l’Either / Orchestra, cet enregistrement représente le chaînon moderniste initial qui manquait jusqu’à présent dans les éthiopiques. ► Album Éthiopiques 32 – NALBANDIAN l’Éthiopien (Ethiopiques / Buda Musique 2025). Culture Prime YouTube  Catalogue Ethiopiques Buda Musique.

    49 min
  5. FEB 8

    #SessionLive Barbara Forstner + Marc Nammour & Loïc Lantoine

    Amour, famille, maman solo, des rêves abimés, Paris, New York, Armentières, tout le monde descend ! Nos premiers invités sont Marc Nammour et Loïc Lantoine C’est l’histoire de plein d’histoires. Une ronde de personnages d’horizons multiples. Une série d’incarnations poétiques. Des fragments intimes d’hommes et de femmes portés au plateau. Onze portraits crachés à la première personne qui vont tour à tour se succéder. Voici le petit film intérieur de leurs pensées. Voici l’instantané de leurs états d’âme. Onze battements de monde présentés comme autant de miroirs de notre étrange condition. Pour la #SessionLive, Loïc et Marc se penchent sur les cas de Dylan, Bintou et Rebecca. Titres interprétés au grand studio : Rebecca Live RFI Il n’est vraiment pas pratique à attacher ce siège bébé. Par respect du public, tout terme grossier a été retiré. Mais putain, elle en a dit des gros mots Rebecca. Parce que c’est à Rebecca qu’on s’attache maintenant. Elle est une jeune maman, seule, qui s’agrippe à la vie comme à son fils. Elle s’agrippe parce que tout semble fuir autour d’elle, surtout les bonhommes. Son Papa est passé d’Haïti à Tahiti en passant par Paris, un aventurier, un cavaleur, un connard qu’elle n’a pas vraiment connu. Ahhh, ça démarre mal… Elle a cru une fois en l’amour qui ne l’a pas reconnue et depuis, elle élève seule son fils. Ahhh, ça démarre mal… Elle enchaîne les débrouilles, les boulots, une fois elle a signé un contrat en dur, un vrai, un CDI, Centre de Documentation et d’Information je crois… mais très vite, le boss s’est paraît-il barré avec la caisse. Ahhh, ça démarre mal…. Alors il faut bien vivre. Rebecca enchaîne les boulots précaires et s’est montée un petit trafic. Mais elle, elle touche pas à ces machins de drogues dures, c’est une limite. C’est malhonnête et ça fait mal au nez. Elle n’en est certes pas fière mais vous pouvez la juger, rien n’y fera. Rebecca est dure, comme sa vie. Il est vingt heures et trente, elle installe son fils, son sang, sa vie, à l’arrière de la voiture et part pour sa petite tournée. Ahhh… ça démarre pas…. Bintou Live RFI Bintou est complètement lessivée. Il est vingt heures et trente et elle se met péniblement au lit. Elle a mal partout et la nausée ce soir reprend de plus belle. Le doc lui avait bien dit que ça allait être pénible, qu’il allait falloir s’accrocher et que le moral jouait beaucoup dans sa guérison. Elle sait que ça va être long mais Bintou n’a pas l’intention de se laisser faire. Trente-cinq ans c’est beaucoup trop jeune. Après la stupeur et la désolation à l’annonce de la mauvaise nouvelle, elle suit à présent le protocole médical rigoureusement. Avant d’éteindre la lumière, elle regarde comme tous soirs le dessin d’une de ses nièces qu’elle a accroché au mur où il est écrit : « Tata Bintou t’es la plus forte, j’ai hâte de te revoir cet été. Je pense à toi tous les jours. Gros gros bisous. Hawa ». Elle a dû lire ce mot des centaines de fois depuis le début du traitement. Comme un mantra. Et heureusement qu’elle est bien entourée Bintou. Elle a au moins cette chance. Elle en a pris de la force. Elle en reçoit de l’amour. Après cinq mois de baston, elle s’est fait à l’idée de se transformer en amazone… et quitte à en devenir une, elle sera une amazone avec grave de style…  Dylan Live RFI Le problème avec Dylan, c’est que ça s’écrit comme ça se prononce mais pas toujours… Entendons-nous bien ! Ça s’écrit comme ça devrait se prononcer mais parfois ça dérape. Et au vu, enfin à l’écoute, du conditionnel qui vient de passer, vous avez deviné, lui c’est Djylan. Ça se fait beaucoup dans le nord où il a grandi. Ça donne un petit peu de peps au prénom et qui sommes-nous pour juger ! Il est vingt heures et trente et Djylan, il est parti fumer, un peu en cachette, c’est plus chouette. Il y a un étang pas loin. Djylan il est pas très vieux, il a pas fait sa majorité, il a plus trop de boutons et puis ça l’inquiète pas. Ce qui l’inquiète, c’est autre chose, c’est le monde et ce qu’il s’agirait d’en faire. Mais trop souvent, il s’agit de ce qu’on lui dit, hurle, impose qu’il s’agirait d’en faire. Lui, il voudrait avoir dans les mains un avenir malléable et doux (hop, je le mets comme ça, c’est joli) mais les autres ont sorti les moules et ils sont durs. On lui invente des devoirs et des interdictions. On lui réclame de l’ambition. Mais pour Djylan, l’ambition c’est jamais que du rêve abîmé et lui en rêves, il est plutôt pas mal. Alors des fois, sa tête pourrait exploser. Il crie, un peu, non, fort ! Un coup à shooter dans des rats musqués… mais c’est risqué ! Line Up : Marc Nammour (rap) & Loïc Lantoine (rap). Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor. ► Album Portraits crachés  Instagram Nammour - Instagram Lantoine.   Puis nous recevons Barbara Forstner pour la sortie de Long Long Gone Franco-américaine, Barbara Forstner a passé douze ans à New York avant de poser ses valises en France. De son parcours transatlantique, elle garde une passion pour la scène folk et country américaine, qu’elle mêle à une écriture sensible et habitée. Après un premier EP avec son groupe October Baby (The End, paru en juin 2024) et un album remarqué, Nowhere at All, sorti en novembre de la même année, la chanteuse revient aujourd’hui avec son premier album solo, Long Long Gone. Ses morceaux, au climat très cinématographique, invitent à pénétrer son univers. Élevée dans un environnement artistique, Barbara a grandi bercée par les disques de ses parents : Bob Dylan, Sixto Rodriguez et Tom Waits du côté de son père ; Barry White, Al Green ou Simple Minds du côté de sa mère. Très tôt, elle forge son propre panthéon musical, allant de Nick Drake à Cat Power, de Feist à Big Thief.  Chaque titre de Long Long Gone a été capté en une seule prise, pour préserver la vérité de l’instant. Elle soigne aussi l’aspect visuel de son univers, créant elle-même ses visuels à partir de dessins, photographies et collages graphiques. Enregistré en juin 2025 à Paris avec son ami ingénieur du son Léo Aubry, Long Long Gone se présente comme un disque acoustique, brut et vulnérable. Barbara y aborde l’amitié, l’amour, la famille, mais aussi la beauté fragile et la mélancolie du monde. Écrit entre New York et Paris, l’album explore l’amour perdu, les amitiés qui s’érodent, la vie à l’étranger et les rencontres éphémères.  Titres interprétés au grand studio : - To see the World (en duo) Live RFI - Building a Home, extrait de l'album - East Coast (en solo) Live RFI. Line Up : Barbara Forstner (chant, guitare) William Peyrieux (guitare). Son : Benoît Letirant. ► Album Long Long Gone (Raws Prod).  Instagram - YouTube.

    49 min
  6. FEB 7

    #SessionLive Vincent Peirani & Zaza Fournier

    Comment guérir du grand vacarme avec un accordéon, un clavier, une batterie, un sax, une basse, une voix ? La première #SessionLive est pour l'accordéoniste français Vincent Peirani avec l'album Living Being IV : Time Reflections. Après avoir parcouru les scènes du monde entier et multiplié les projets en co-leader ces dernières années, dont Les Egarés avec Ballaké Sissoko, Vincent Segal et Emile Parisien, l'incontournable Vincent Peirani est enfin de retour avec son groupe historique, 7 ans après la parution de l'encensé Night Walker. Dans ce Living Being IV : Time Reflections, l’accordéoniste le plus cool de France nous plonge dans une réflexion sur la complexité du temps et du rythme de la vie. Né dans le contexte particulier des premiers mois de la pandémie de Covid, ce nouveau répertoire représente une pause artistique, un moment de méditation pour Vincent Peirani sur l’impact du temps sur nos vies et notre perception du monde. Time Reflections se déploie comme une mosaïque vivante, mêlant pulsations contemporaines (pop, dub), échos de danses traditionnelles et musique baroque. Titres joués au grand studio : - Physical Attraction Live RFI - Nach E Vlado, extrait de l'album - Better Days Live RFI. Line Up : Vincent Peirani (accordéon), Emile Parisien (sax), Julien Herné (basse), Tony Paeleman (piano) et Martin Wangermée (batterie). Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Living Being IV : Time Reflections (ACT). Site - Instagram - YouTube - Bandcamp.   Puis nous recevons Zaza Fournier pour l'album Fièvre Humaine #SessionLive n°2 Comme la tentative d’une réconciliation entre le grand incendie du dehors et la petite flamme de l’intime. Comment faire cohabiter la violence sous nos fenêtres avec nos chemins individuels ? Comment faire avec l’infiniment grand de l’absurdité du monde dans l’infiniment petit de nos vies ? Pour écrire, Zaza Fournier a été guidée par l’idée de la transe, de l’abandon à la musique et au rythme : ici, la musique sauve, la musique est libératrice ; comme un endroit où déposer ce que le monde fait de nous : des êtres agités, violentés, impuissants et pourtant vivants. Les claviers, joués par Pierre-François Blanchard, sont au centre de l’écriture de l’album, comme autant d’extensions du piano qui est celui sur lequel ont été composées toutes les chansons au départ. Des claviers, une pulse, une voix. Une écriture pop, aux accents parfois lyriques, emportée par des textures synthétiques. La musique se veut dense, intranquille, entêtante et physique. Avec la volonté de voir se déployer des évocations puissantes, des images, des sensations parfois presque cinématographiques. C’est un album qui depuis l’ombre, cherche à accéder à une forme de clarté, celle du cœur, des corps qui ont faim de vivre, un disque qui se déploie dans la nuit pour attraper les rais de lumières où qu’ils se trouvent. Titres joués au grand studio : - Incendie Live RFI - Cœur Oiseau Live RFI.                Line Up : Camille «Zaza» Fournier (chant/claviers), Mathieu Penot (batterie/clavier) et Pierre-François Blanchard (piano/claviers).  Son : Mathias Taylor, Anouk Bodenan. ► Album Fièvre Humaine (Astrales). Instagram - YouTube - Facebook.

    49 min
  7. FEB 1

    #SessionLive Natalia M. King et ALA.NI

    Brooklyn/Botswana/Ariège x Paris/Londres/Kingston, à vos marques ! (Rediffusion) Notre 1ère invitée est l'artiste américaine Natalia M. King pour la sortie de son 8ème album Afroblues. Natalia M. King est une chanteuse, compositrice et guitariste américaine qui fusionne blues, jazz, soul et folk. Voix puissante du blues et du jazz modernes, elle captive par ses interprétations émouvantes. En 2025, elle franchit une nouvelle étape avec AfroBlues, un album mêlant pop dansante, afrobeat et sonorités blues. Son premier extrait, «Dumela», rend hommage à son voyage au Botswana, à sa terre rouge et à son peuple, capturant la beauté et la sagesse de ce lieu à travers sa musique. AfroBlues sera une fusion audacieuse des genres, réunissant les rythmes contagieux de l’afrobeat, des éléments de danse électronique et le soupçon de blues qui a défini sa carrière. Ce virage musical représente l'évolution continue de Natalia M. King en tant qu'artiste ne craignant pas d'expérimenter de nouveaux sons et styles. L'album est une exploration du rythme, de l'énergie et de la fusion culturelle, autour des thèmes de l’autonomisation, de la joie et de la résilience qui sont au cœur de l'album. Grâce à sa capacité à mélanger divers éléments musicaux, AfroBlues promet d'être un ajout unique et passionnant à sa discographie. À propos du premier single «Dumela» : Il existe un petit «Royaume-Uni» qui borde l'Afrique du Sud de Nelson Mandela. Une merveilleuse opportunité, par le biais de l'amour, m'y a transportée au printemps 2024 dans le merveilleux pays africain du Botswana. Les paysages, les odeurs et les sons m'ont rappelé des souvenirs oubliés. «Dumela», qui signifie bonjour en setswana (ou tswana), est mon hommage à cette mémoire oubliée et aux belles âmes que j'ai rencontrées là-bas. Je remercie les pluies et la terre rouge qui m'ont inspirée... Dumela Botswana ! Dumela Afrique ! Merci pour votre sagesse et nous nous reverrons. Natalia M. King Titres interprétés au grand studio - Dumela Live RFI - Lost & Everywhere, extrait de l'album - I Love A Woman Live RFI. Line Up : Natalia M. King (voix, guitare), Vince Laurent (batterie) & Damien Argentieri (claviers & moog). Son : Mathias Taylor & Jérémie Besset ► Album AfroBlues (Natalia M. King / Modulor 2025). Instagram - Facebook - YouTube.    Puis nous recevons l'artiste britannique ALA.NI pour la sortie de Sunshine Music Lorsque ALA.NI a commencé à écrire Sunshine Music, son troisième album, l’hiver parisien de 2023 battait son plein, avec un froid mordant. Composant sous des couches de couettes dans son appartement de l’Opéra, elle puisait sa chaleur non pas dans son environnement, mais dans les souvenirs du soleil des Caraïbes qu’elle venait de quitter. Ce qui devait être un voyage de deux semaines en décembre 2020 s’est transformé en deux ans et demi entre la Barbade, la Grenade — où ses parents avaient grandi — puis la Jamaïque, un long séjour qui lui a offert un nouveau sentiment d’identité. «Vivre en Jamaïque, c’était la première fois que j’habitais dans un pays à majorité noire», dit-elle. «Les Jamaïcains sont très eux-mêmes, sans s’excuser. J’ai choisi de vivre à Paris, et je me sens plus moi-même, plus expressive et plus à l’aise ici qu’à Londres, et davantage appréciée et reconnue en tant qu’artiste aussi. Mais il y a des microagressions et des microracismes auxquels nous devons faire face chaque jour en tant que personnes de couleur. Quand je suis sortie de cet environnement, je me suis dit : «M***e, c’est ça que je gérais tout ce temps.» J’avançais simplement en acceptant certains comportements négatifs comme un acte de survie mentale.» En Jamaïque, elle a collaboré avec Sly Dunbar, l’un des batteurs légendaires de l’île, le sortant presque de sa retraite pour une session improvisée. Sunshine Music vibre du souvenir de cette chaleur : une tapisserie d’influences mêlant calypso, jazz, bossa nova et le grand répertoire d’après-guerre, le tout tissé par la voix et la sensibilité singulières d’ALA.NI. Tout au long de l’album, des styles familiers sont honorés sans pastiche : la langueur du reggae, le souffle d’un rythme bossa nova, la diction nette du théâtre musical. Titres interprétés au grand studio - Seaweed Live RFI - Tief, extrait de l'album - This is Why Live RFI.  Line Up : Ala.ni (chant), Thomas Naïm (guitare) Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant ► Album Sunshine Music (No Format 2025). Instagram - Bandcamp - YT  Concert 9 février 2026, Théâtre Athénée Louis Jouvet, Paris.

    49 min
  8. JAN 31

    Visa For Music, reportage à Rabat

    12ème édition du festival Visa For Music au Maroc, reportage de Marjorie Bertin. Créé en 2014, Visa For Music est le premier festival et marché de la musique d’Afrique et du Moyen-Orient, qui se tient chaque année sur 4 jours en novembre à Rabat au Maroc, à l’initiative d’ANYA Culture, structure d’ingénierie culturelle marocaine, et Atlas Azawan, association pour la promotion de la Culture et du Patrimoine. Cet évènement dédié à la promotion de la diversité musicale mondiale, avec un accent particulier sur l’Afrique et le Moyen-Orient, constitue une plateforme cruciale pour les artistes, les professionnels de la musique et les acteurs des Industries Créatives et culturelles (ICC). Il offre un espace propice à la réunion, à l’échange d’idées et à la création de collaborations fructueuses. C’est donc à Rabat que s’est tenue, du 19 au 22 novembre 2025, la 12ème édition du festival Visa For Music. Marjorie Bertin a posé ses valises sur l’esplanade du Théâtre Mohammed V, jeté une oreille du côté du site antique du Chellah, transformé en berceau de l’électro (La Louuve et Aziz Konkrite) et s’est intéressée d’un peu plus près à la diaspora marocaine : Nashwa (Maroc/Belgique et le groupe AZA (Maroc/Usa). Ils seront nos invités, sans oublier Mr le Directeur Brahim El Mazned. Artistes invités : - Nashwa, avec le producteur et percussionniste Alix Pilot qui a fait de la Belgique sa nouvelle patrie et la chanteuse Ghizlane Melih - Aza, emmené par Fattah Abbou, musique amazigh de Californie - Omar and the Eastern Power, la formation est basée à Séoul, en Corée du Sud. Elle est née de l’amitié entre le Marocain Omar Benassila avec un Égyptien et trois musiciens coréens, passionnés de musique gnaoua. - Site VFM  - Nashwa à lire sur RFI Musique  - Nashwa bandcamp - Clip Nashwa  - Instagram Fattah Abbou_AZA  - AZA facebook  - Instagram Omar & The Eastern Power  - Omar Bandcamp.

    48 min

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About

De Mozart à Billie Eilish en passant par Tinariwen... C’est Le rendez-vous transmusical de RFI présenté par Laurence Aloir, avec des portraits, des reportages, des chroniques, les nouvelles sessions live du grand studio à Issy-les-Moulineaux et la tournée des festivals. Technique/Réalisation : Donatien Cahu. *** Diffusions les samedis et dimanches à 20h10 TU vers toutes cibles. Rediffusions les dimanches et lundis à 01h10 TU vers toutes cibles. Musiques du Monde, ça s’écoute et ça se regarde !

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