C'est dans ta nature

C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !

  1. 3d ago

    Fraudeurs, imposteurs, manipulateurs… qui sont les animaux qui trichent?

    La sélection naturelle a favorisé dans le monde animal certains comportements que la morale humaine réprouve. Des oiseaux, des insectes ou des mammifères ont développé au cours de l'évolution des tactiques déloyales pour se nourrir et se reproduire. C'est la stratégie du coucou : pondre dans le nid d'autres oiseaux. Le coucou gris, un oiseau migrateur présent en Afrique durant l'hiver de l'hémisphère nord, et en Europe et en Asie le reste de l'année, pond des œufs de la même couleur que ceux des oiseaux dont il utilise le nid. Ni vu ni connu, le coucou ne s'embarrasse pas à construire un nid, à élever ses petits. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à pratiquer le parasitisme de couvée. Une espèce de bourdon est ainsi appelée le bourdon coucou. Il s'introduit dans le nid de bourdons ordinaires en se frottant d'abord contre les alvéoles, pour s'imprégner de l'odeur de la colonie et passer ainsi inaperçu. Il pond, et s'en va, laissant les ouvrières élever ses larves. Lui aussi se fiche bien des joies de la maternité. À lire aussiLes animaux squatteurs Brouteurs C'est de la triche, mais chez les animaux, il n'est pas question de morale, un concept très humain. C'est la sélection naturelle qui a favorisé ces comportements : tricheurs, usurpateurs, dissimulateurs… et vrais faux séducteurs. Chez une espèce de mouche, le mâle offre une proie cachée dans un cocon, suffisamment gros pour que la copulation se termine avant que la femelle n'ait le temps de défaire entièrement le paquet cadeau. Parce que, bien souvent, il n'y a rien à l'intérieur.   Usurpation d'identité Chez la mouche-scorpion, on s'offre aussi des proies, mais certains mâles se font passer pour des femelles, pour recevoir un cadeau, avant de s'envoler très vite, avec le cadeau bien sûr, qu'il utilisera pour séduire une femelle. Il y a des voleurs, et des imposteurs : en mer, la blennie se fait passer pour un poisson nettoyeur, sauf qu'au lieu d'enlever les parasites, elle mord carrément les nageoires et la peau, sans oublier d'injecter un venin qui décourage la victime de se défendre.  À lire aussiLes poissons vont-ils manquer d'oxygène dans l'océan?  Vol à l'étalage Mention spéciale pour les geais, de la famille des corvidés, parmi les plus intelligentes du monde animal. En Amérique, le geai bleu imite le cri d'un rapace pour faire fuir d'autres oiseaux qui étaient en train de manger, et se faire un festin pour lui tout seul. En Europe, le geai des chênes est connu pour espionner un congénère en train d'enterrer un gland, avant d'aller le récupérer dès que l'autre a le dos tourné. Mais on a vu aussi des geais, se sachant observés, simuler l'enterrement d'un gland, pour mieux tromper l'adversaire.  Le mensonge est dans la nature, les escrocs aussi parfois. Mais les animaux tricheurs ne finissent jamais en prison.  La question de la semaine À lire aussiFace à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux

  2. Sep 26

    Comment les chèvres ont séduit les humains

    Il y a environ 12 000 ans, les humains ont domestiqué un bouquetin, pour les nombreuses ressources qu'offrait l'animal (sa peau, sa viande ou son lait). Les chèvres les plus dociles ont été sélectionnées pour accompagner la sédentarisation de l'espèce humaine.  Et si c'était elle, la meilleure amie de l'Homme ? La chèvre est le deuxième animal domestiqué par les humains, bien après le chien (ou le loup), et à peu près au même moment que le mouton. C'était il y a environ 12 000 ans, au Moyen-Orient, où vivait et vit encore son ancêtre, l'égagre. « C'est un petit bouquetin qui vit dans les montagnes entre l'est de la Turquie et l'ouest de l'Iran. On est en marge du Croissant fertile et on a toujours des populations actuellement », précise François Pompanon, professeur à l'Université Grenoble Alpes. La chèvre était une proie Mais avant d'accompagner la sédentarisation des humains, rendue possible au Néolithique par l'agriculture, la chèvre sauvage était chassée. « L'animal était déjà à l'état sauvage en contact avec l'espèce humaine, simplement parce que c'était une proie pour les humains. Les troupeaux auraient été ensuite gérés à l'état semi-sauvage. Et petit à petit, certains individus auraient été pris à partir de ce stock-là pour commencer à habiter avec les humains. Et on se serait resserré sur des troupeaux de plus en plus contrôlés », poursuit le chercheur au Laboratoire d'Écologie Alpine qui a participé au séquençage à grande échelle du génome de la chèvre. Chassée, puis domestiquée, la chèvre a su séduire Homo sapiens en raison de la grande diversité de ressources qu'elle offrait. La chèvre, à cet égard, est comme le cochon : tout est bon ! « Tout était déjà utilisé, depuis les excréments qui pouvaient être séchés pour faire du combustible, par exemple, jusqu'aux os, aux cornes, aux peaux. La viande était utilisée, ainsi que le lait. C'était une ressource importante, comme ça l'est encore dans de nombreux pays. » La chèvre a conquis le monde, en accompagnant les migrations humaines. Elle s'est adaptée à tous les climats. Il y aurait dans le monde aujourd'hui 1 milliard de chèvres. Grande brouteuse La domestication, c'est de la sélection. Et les humains ont choisi les chèvres les plus dociles : c'est inscrit aujourd'hui dans leurs gènes. « On a un déterminisme génétique de la distance de fuite, précise François Pompanon, spécialiste de la génétique de l'évolution et de la domestication. Pour l'expérimentation, on prend un animal, soit sauvage, soit domestique, on fait s'approcher une personne et on regarde à partir de quelle distance l'animal va fuir. Et on se rend compte, effectivement, que plus on a certains gènes présents chez les animaux domestiques, plus cette distance de fuite va être courte. » Docile, la chèvre a pourtant parfois son petit caractère, comme la chèvre de Monsieur Seguin, qui s'était échappée, pour revenir à la vie sauvage, éprise de liberté – mais la liberté a un prix, celui de se faire dévorer par le loup. « Vous pensez si votre chèvre était heureuse, écrivait Alphonse Daudet dans Les Lettres de mon moulin. Plus de corde, plus de pieu, rien qui l'empêchait de gambader, de brouter à sa guise. » Brouter, elle sait faire, à tel point que les chèvres aujourd'hui sont aussi utilisées pour désherber et lutter contre les incendies. La chèvre a toujours le feu sacré. La question de la semaine

  3. Sep 12

    Pourquoi les animaux voient ce que l'humain ne voit pas?

    La vision des animaux est-elle en noir et blanc, comme on le croit souvent ? Voient-ils le monde différemment des humains ? À quoi leur sert la vue ? Vous pensez que l'herbe est verte et que le ciel est bleu (sauf en cas de sécheresse ou de pic de pollution) ? C'est vrai, pour vous, mais pas pour tout le monde. L'humain distingue trois couleurs principales, le jaune, le rouge et le bleu, les couleurs primaires. Mais le chien, par exemple, ne voit pas le rouge. Beaucoup de carnivores repèrent surtout les mouvements et font davantage confiance à leur ouïe et leur odorat. Les pigeons, à l'inverse, qui sont souvent méprisés, possèdent l'une des visions les plus élaborées parmi tous les animaux : ils distinguent des millions de couleurs.  Vision nocturne La vision, chez un animal, a deux fonctions principales. Elle sert d'abord à repérer les proies. Le serpent a deux paires d'yeux, et l'une agit comme une caméra thermique pour distinguer sa cible même dans le noir total. Le chat chasse la nuit et dans l'obscurité il voit six fois mieux que nous, humains. Les insectes, et notamment les abeilles, distinguent les rayons ultraviolets ; elles voient ce qu'on ne voit pas, les signaux fluorescents des fleurs qui leur indiquent où se trouvent le nectar et le pollen. Un regard d'aigle Mention spéciale aux rapaces, aux yeux disproportionnés, comme si nous, humains, avions des yeux de la taille d'une orange. La rétine du faucon pèlerin, qui détient déjà le record de vitesse (350 km/h en piqué), contient 50 fois plus de cellules que la nôtre, ce qui lui permet de distinguer, à 18 mètres de haut, un objet de 2 millimètres seulement. Il voit aussi les ultraviolets et détecte ainsi les traces d'urine d'une souris dans les champs.  Des yeux de côté Mais voir permet aussi de repérer les prédateurs. Il ne s'agit pas de fixer un seul point (la proie) mais d'avoir la vision la plus large possible. Les yeux sont bien en face des trous, mais les trous sont sur les côtés. C'est le cas du cheval, du mouton, ou du lapin qui possède un champ de vision de 360 degrés. En revanche, ils ne voient rien de près. Ils ne voient pas l'herbe (verte) qu'ils broutent dans le pré. La question de la semaine À lire aussiBiodiversité: plus de la moitié des oiseaux migrateurs en déclin, selon un rapport de l'ONG BirdLife

  4. Aug 15

    Journée mondiale du chat noir: pourquoi certains animaux nous rendent-ils superstitieux?

    Corbeaux, hyènes ou araignées... depuis des siècles, de nombreuses superstitions sont liées aux animaux, au risque d'entraîner des dégâts sur la biodiversité lorsqu'elles sont négatives. Une journée rien que pour lui. Tous les 17 août, les chats noirs ont droit à leur journée mondiale, comme n'importe quelle espèce menacée tel l'éléphant (chaque 12 août) ou l'orang-outan (tous les 19 août). S'ils ne sont pas à proprement parler menacés d'extinction, les chats noirs - accusés de porter malheur ou d'être le diable incarné - subissent toutefois une forme de discrimination parmi toute la gente féline. Une superstition qui remonte au Moyen-Âge... « On raconte que les sorcières s'entouraient de chats noirs parce que c'était le symbole de Satan. Elles empruntaient la physionomie de l'animal pour se rendre à leur sabbat [les réunions de sorcières]. Pendant le Moyen-Âge, il y a eu de nombreuses chasses aux sorcières, mais aussi des chasses aux animaux », raconte Denise Crolle-Terzaghi, auteur de l'ouvrage Les animaux fabuleux, légendes et superstitions, paru aux éditions Rustica. Mise à l'index papale La chasse aux hérétiques et aux chats noirs : des milliers, voire des millions, de chats noirs ont été massacrés en Europe après la publication d'une bulle papale, un texte du pape Grégoire IX, qui associait le chat noir à Satan. Et 800 ans après, les chats noirs restent des mal-aimés : dans les refuges pour animaux, personne ne veut les adopter. Mais tout est question de culture : en Angleterre ou en Asie, le chat peut aussi porter bonheur. « En Chine et au Japon, il y a le chat qui bouge sa petite patte et qu'on doit absolument avoir dans sa maison », poursuit Denise Crolle-Terzaghi.  Au-delà du chat noir, la couleur noire fait l'objet de superstitions : le noir étant la couleur de la mort, malheur aux animaux noirs... « Le corbeau, s'il volait pas loin d'une maison, annonçait la mort, rappelle Denise Crolle-Terzaghi. La chauve-souris, noire elle aussi, qu'on ne voit que la nuit, on la clouait sur les portes. C'est une pratique bien sûr cruelle, qui servait soi-disant de protection magique contre les mauvais sorts », ajoute-t-elle.  Charognards et sorcières Nombreux sont les animaux à faire l'objet de superstitions négatives, comme tous les charognards, pourtant fort utiles pour nettoyer la nature : les vautours, ou les hyènes associées aux sorcières dans certains coins d'Afrique. Mais dans une région d'Éthiopie, la hyène est au contraire réputée éloigner les mauvais esprits. Oui, des animaux portent aussi bonheur, sur tous les continents, comme le gecko, la coccinelle ou l'araignée mais seulement le soir. « “Araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir !” : c'est un petit dicton qu'on entend encore aujourd'hui. Quand on voyait une araignée qui courrait ou qui filait, cela voulait dire qu'on allait avoir de l'argent ». « L'argent ne fait pas le bonheur », dit un autre dicton. Mais le bonheur est dans la nature, et ce n'est pas une superstition ! La question de la semaine

  5. Aug 8

    Éloge de la lenteur chez des animaux: pourquoi ce handicap est un avantage

    Tortue, escargot ou paresseux… Certaines espèces ne se déplacent que de quelques centimètres à l'heure. Il s'agit d'une adaptation à une nourriture pauvre ou à des conditions extrêmes. Mais ces animaux risquent d'être rattrapés par le climat qui change à toute vitesse. C'est la glorieuse incertitude du sport, même dans la nature. « Il laisse la tortue aller son train de sénateur / Elle part et se hâte avec lenteur », écrit Jean de La Fontaine dans sa fable Le Lièvre et la Tortue. Face au lièvre bondissant, la tortue remporte la course, alors qu'elle n'était pas favorite, handicapée par la maison, la protection, qu'elle porte sur son dos. Une tortue se déplace en moyenne à 300 mètres à l'heure, voire à 1 km/h quand elle sprinte… L'escargot, qui porte aussi sa coquille, est encore plus lent : pour faire 1 kilomètre, il lui faut une centaine de jours en moyenne. Chez les mammifères, l'animal le moins rapide est le paresseux, en Amérique latine : 0,5 km/h en vitesse de pointe. Si bien que la mousse pousse sur ses poils. Et quand il s'accouple, ça peut durer 48 heures ! À écouter dans Autour de la questionQue nous enseignent les tortues marines ? La vitesse, de l'énergie dépensée Comme chez le paresseux, le métabolisme du koala, sa capacité à transformer en énergie les aliments qu'il ingurgite, est aussi très lent. Lui aussi vit dans les arbres et lui aussi se nourrit exclusivement de feuilles, pas très caloriques et très longues à digérer. Il faut donc s'économiser parce que la vitesse, c'est de l'énergie dépensée.  Ralentir pour vivre mieux : les humains appellent ça la slow attitude. Chez les animaux, la lenteur est un avantage évolutif, notamment face aux prédateurs. Presque immobile, on est presque invisible. On ne fait pas de bruit, on n'émet pas non plus d'odeurs.  Le climat change plus vite En mer, l'étoile de mer, malgré ses milliers de petits pieds sous ses branches, n'avance que de quelques centimètres par minute, mais c'est suffisant pour attraper des proies encore plus lentes comme les oursins. Le requin du Groenland se déplace à moins de 1 km/h pour s'économiser dans l'eau glacée. Il est lent et vieillit lentement : il peut vivre jusqu'à 400 ans.  Mais la lenteur risque d'être un handicap face au changement climatique. Face aux flammes d'un incendie, on n'a pas le temps de fuir. Et quand se déplacer prend autant de temps, pas facile d'aller coloniser de nouveaux territoires plus cléments, alors que le climat, lui, change à toute vitesse.  La question de la semaine À lire aussiDes millions de victimes: pourquoi les animaux paient-ils un lourd tribut lors des incendies?

  6. Aug 1

    Les pins, des arbres résineux hautement inflammables mais aussi résistants

    Pourquoi les pins brûlent-ils ? Et pourquoi certains ont besoin du feu pour se reproduire ? Comment ces conifères se protègent-ils de la sécheresse mais aussi du froid ? Découvrez les secrets de ces arbres parmi les plus anciens sur Terre. Il suffit d'une étincelle, parfois, pour qu'un pin prenne feu, comme on l'a vu ces derniers jours dans le sud-ouest de la France, dans les Landes et en Gironde. Les pins sont un véritable combustible, en particulier à cause de leur résine, hautement inflammable, qui est en fait un médicament. « Cette résine est prête à s'écouler en cas de blessure ; elle bouche le trou. C'est un moyen de se défendre pour éviter l'entrée des pathogènes. La résine contient des substances hautement inflammables qui, au moment de l'incendie, vont produire de surcroît des substances volatiles qui vont augmenter l'inflammabilité de l'arbre », explique Catherine Lenne, enseignante chercheuse à l'université de Clermont-Ferrand et au laboratoire PIAF (Physique et physiologie intégratives de l'arbre en environnement fluctuant). À lire aussiFaut-il vraiment replanter des arbres après un incendie? Besoin du feu Les pins ont un rapport ambivalent au feu, puisque certaines espèces en Méditerranée, comme le pin d'Alep, ont besoin du feu pour se reproduire. « Il faut que l'arbre voie périodiquement le feu pour pouvoir libérer les graines de ses cônes, poursuit Catherine Lenne. Le pin disparaît, mais sa banque de graines contenues dans les cônes peut germer sur le sol, qui est enrichi par les cendres des arbres qui viennent de disparaître. » Des aiguilles pour ne pas transpirer… Les pins sont parmi les plus vieux arbres. Apparus sur Terre il y a 300 millions d'années, il y a deux fois plus longtemps que les feuillus. Ce sont leurs feuilles, leurs aiguilles, qui les rendent particulièrement résistants à la sécheresse. « Les aiguilles sont des feuilles très étroites, elles ont donc des surfaces d'évaporation assez faibles, précise Catherine Lenne. Les stomates, les bouches d'aération qui sont sur toutes les feuilles de n'importe quel arbre, sont enfouis sur les aiguilles dans des espèces de puits qui les protègent de l'air sec. » ... ou pour ne pas geler Ces aiguilles permettent aussi de résister au froid. Mais certains pins ont un truc en plus. « Les pins qui sont très résistants au froid sont des arbres capables de produire des antigels, donc des petites substances sucrées qui sont injectées dans les tuyaux de l'eau et qui vont en fait abaisser les points de congélation de l'eau », explique encore Catherine Lenne. Finalement, les pins, c'est une histoire sans fin. La question de la semaine À lire aussiIncendies en France: la monoculture de pins, «une épée de Damoclès» pour les forêts

  7. Jul 25

    Face à la chaleur et aux canicules, des animaux très ingénieux

    Certaines espèces animales se sont adaptées à des températures élevées. Voici leurs « trucs et astuces » pour rester au frais. Dans la nature, il n'y a pas la clim. Face au soleil écrasant, alors que la chaleur affecte l'ensemble du vivant, les animaux font avec les moyens du bord, qui sont en réalité le fruit de millions d'années d'évolution. L'invention de la ventilation Les termites ont inventé la ventilation. Leur nid, les termitières, est construit autour d'une cheminée centrale avec tout un système de conduits plus ou moins poreux. Au fil de la journée, les termites bouchent et débouchent certaines galeries, un peu comme nous, humains, quand nous fermons les fenêtres la journée pour ne les rouvrir que le soir.  Fermer sa porte, c'est ce que fait l'escargot. En période de sécheresse, il bouche l'entrée de sa coquille avec sa bave et peut survivre ainsi des semaines sans une goutte d'eau.  À coups d'ailes et d'oreilles Face aux ruptures de stock de ventilateurs, faites comme les abeilles. En période de canicule, des centaines d'ouvrières se mettent à l'entrée de la ruche et battent des ailes pour la rafraîchir. L'éléphant, lui, agite ses oreilles, mais ce n'est pas un éventail ; il s'agit de rafraîchir ses nombreux vaisseaux sanguins, ce qui fait baisser la température de tout le corps.  Pipi rafraîchissant Certains animaux pratiquent aussi l'urohydrose : autrement dit, ils se font pipi dessus. Cela n'a rien à voir avec une golden shower, au contraire : uriner sur ses pattes fait baisser la température. C'est ce que font des vautours d'Amérique, les cigognes ou encore les dromadaires. ​Chez le mâle, le pénis (qui mesure tout de même une cinquantaine de centimètres) est dirigé vers l'arrière, de manière à pouvoir atteindre les pattes arrière. Économies de sueur Les camélidés ont d'autres trucs et astuces pour affronter la chaleur du désert : en agissant notamment sur leur transpiration. Nous, humains, suons beaucoup pour maintenir le corps à 37°C, alors que la température corporelle des chameaux peut varier de plusieurs degrés. Ce n'est qu'au-delà de 40°C qu'ils se mettent à transpirer, ce qui leur permet jusque-là d'économiser de l'eau. Mais la chaleur est telle, aujourd'hui, jusqu'à 50°C, que même les dromadaires en souffrent et la mortalité explose.  Câlin naturel On termine avec le koala, qui fait des câlins aux arbres. Il se serre contre le tronc. Rafraîchissant, et tellement mignon. La question de la semaine

  8. Jul 18

    Infanticides dans la nature: les animaux ne sont pas psychopathes

    Lion, singe ou souris : près de la moitié des mammifères peuvent tuer la progéniture d'un autre. Les mâles éliminent la concurrence. Mais les femelles développent des stratégies pour éviter de perdre leurs petits.   Le danger n'est pas au coin de la rue, mais à chaque coin de nature, ou presque. Voici le genre de fait divers qui ne fait pas les gros titres rouge sang des journaux, et pourtant, il y en a tellement : près de la moitié des espèces de mammifères pratiquent l'infanticide et peuvent tuer la progéniture d'un autre. Un phénomène observé surtout chez les carnivores – mais il n'y a rien d'alimentaire – et surtout chez les primates et tous les animaux qui vivent en groupe, sous la coupe d'un mâle dominant. Les tueurs ne sont pour autant pas psychopathes. L'infanticide, dans la nature, n'est pas une anomalie mais une stratégie évolutive. Quand un lion ou un chimpanzé tue les petits d'un rival, il élimine la concurrence. Il s'agit de transmettre ses propres gènes. Un quart des lionceaux qui meurent la la première année sont ainsi victimes d'infanticides. Une femelle qui allaite n'est pas fertile et en la privant de son petit, on la rend très vite disponible à la reproduction.  Les ruses des femelles Mais du point de vue des femelles, la maternité représente un investissement coûteux : pour fabriquer un ovule, il faut bien plus d'énergie qu'un spermatozoïde. Les femelles de certaines espèces ont ainsi développé des stratégies pour éviter les infanticides. Chez les mangoustes – où c'est une femelle qui domine –, les naissances sont synchronisées. Tous les petits naissent en même temps pour éviter la tentation de l'infanticide : dans un terrier partagé, difficile de savoir qui est qui. Chez les bonobos, les femelles multiplient les partenaires. Chaque mâle pensera qu'il peut être le père, et dans le doute, il s'abstiendra. Ce qui a une conséquence inattendue : la sélection génétique passe alors par la taille des testicules, 15% plus gros que ceux des chimpanzés.  Des loups jusqu'aux souris, des phoques jusqu'aux dauphins, l'infanticide n'est pas un crime : c'est dans la loi de la nature. Et jamais un mâle ne tuera son propre petit. Une seule espèce fait exception : l'espèce humaine. La question de la semaine

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