100 % création

Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles. 

  1. 6d ago

    Hawa Sangaré, glamour, mode et mission sociale par 100% Création-le Mag

    Quand la mode devient un support d'activités pour permettre à des femmes de s'insérer par l'emploi. C’est que propose Hawa Sangaré qui a lancé un atelier d'insertion à Paris et la marque « Hawa Paris » qui incarne une vision de la mode durable, éthique et inclusive. Après des études en psychologie clinique, la Franco-malienne Hawa Sangaré se voit proposer un poste pour accompagner des personnes en difficulté. Elle va ainsi travailler pendant une douzaine d’années dans ce milieu de l'insertion sociale, pour soutenir des hommes, des femmes, des jeunes en difficulté et des anciens prisonniers. Au fil de son expérience professionnelle, Hawa Sangaré note que de nombreuses femmes restent sur le carreau, éloignées de l'emploi, isolées socialement, des réfugiées souvent des mamans solo : « J'ai eu envie de donner des clés d'émancipation à ces femmes-là. Quand je suis tombée sur un article sur la loi anti-gaspillage vestimentaire qui visait à empêcher les marques de luxe de brûler leurs fins de stocks. Je me suis dit, la mode va être le support d’activité qui va me permettre d'accompagner ces femmes ». Du travail pour se réparer C’est en 2021 qu’est lancé « Hawa au féminin », un atelier textile d’insertion qui s’inscrit dans une démarche de mode solidaire et éco-responsable. Quel est le processus de formation pour ceux ou celles qui viennent dans son atelier ? Les explications d’Hawa Sangaré : « Elles sont envoyées par des structures comme France Travail, des centres d’hébergement, ou bien encore des associations. Quand elles arrivent chez moi, elles ont besoin de se poser. Et le lieu de travail leur offre un cadre bienveillant qui va les aider à se restructurer, avec des chefs d'atelier qui vont transmettre tout leur savoir-faire ». Pour le matériel, Hawa Sangaré demande à des grandes maisons de couture de lui confier ses fins de stocks. La Maison Balmain fait partie des premiers à lui faire confiance et à comprendre sa démarche. Balmain adhère au projet et lui envoie des stocks de tissus pour réaliser sa première collection pour la marque « Hawa Paris ». En plus des collections, l’atelier propose aussi des services confection et broderie. Pour Hawa Sangaré, le vêtement est un outil de communication, car il permet de reprendre confiance en soi. Le travail va permettre à ces femmes d’accéder à l'autonomie. Et Hawa Sangaré de rappeler : « Le parcours d'insertion dure de 6 à 24 mois, même si de nombreuses difficultés persistent. Ces femmes aiment venir travailler. Le fait main artisanal permet vraiment de se réparer. Et puis qui dit travail, dit salaire et donc la possibilité de se loger. » Même si Hawa est la créatrice de la marque, c’est en réalité une marque collective. Si la clientèle vient au départ, par curiosité. Elle revient pour la qualité de la confection, la qualité des tissus et pour l'identité très forte du projet. Les premiers défilés ont eu lieu à Paris, et puis en Afrique du Sud ou bien encore en Chine.     Pour en savoir plus : Atelier textile d’insertion.

  2. 6d ago

    Manuel Mathieu, l’artiste pluridisciplinaire qui édite le parfum

    Peintre, sculpteur, poète et créateur de parfum né en Haïti, Manuel Mathieu fait de l’art un espace d’équilibre, de paix intérieure et de dialogue entre visible et invisible. Son œuvre, véritable voyage intérieur, invite à ressentir, réfléchir et partager. Tel un chaman moderne, il crée des formes qui touchent l’âme tout en laissant à chacun la liberté de leur interprétation. Installé à Montréal après une enfance en Haïti, Manuel Mathieu refuse les étiquettes trop étroites. Il peint, sculpte, réalise des films et crée aussi des parfums. Mais là encore, il nuance : « J’ai de la difficulté à me présenter comme parfumeur. Je pense que je suis plus quelqu’un qui édite le parfum ».   Pour lui, le parfum n’est pas un simple produit de cosmétique, mais un prolongement naturel de sa démarche artistique. « J’ai ajouté le parfum, c’est particulier quand même », affirme-t-il. Particulier, parce que le parfum, comme l’abstraction en peinture, agit dans un registre invisible : « Je pense que la peinture et l’abstraction opèrent dans l’invisible parce qu’elles opèrent à l’intérieur de nous. Ce que l’œuvre nous fait, c’est quelque chose de très invisible », ajoute-t-il. Le parfum, une émotion démocratique  Ce lien entre art et parfum n’est pas qu’une intuition poétique. Manuel Mathieu en fait un véritable manifeste. Il voit dans l’olfactif une forme de justice sensible : « Je me suis aussi intéressé à la parfumerie parce que c’est très démocratique : on ne peut pas convaincre quelqu’un d’aimer une odeur ».   Là où une œuvre d’art peut être prise dans un discours, une hiérarchie de savoirs, le parfum court-circuite l’intellect : « Ce que je trouve dommage d’ailleurs dans l’intellectualisation du milieu de l’art, parce que ça crée une forme de hiérarchie inutile. Tandis que je pense qu’une œuvre nous parle ou elle ne nous parle pas », déclare à ce propos Manuel Mathieu. Le rapport à l’odeur reste radicalement intime, irréductible à l’argumentation, poursuit-il : « On est vraiment dans un rapport très intime, très honnête aussi. Et ça, ça me parle beaucoup ».   Pour Manuel Mathieu, la parfumerie est ainsi un terrain idéal pour explorer ce « monde qui est très personnel et qu’on ne voit pas, mais qu’on ressent beaucoup », le même monde que l’art abstrait. En travaillant avec le nez qui traduit ses idées en compositions olfactives, il revendique une position d’éditeur plutôt que de technicien, un rôle de passeur de sens.   Une pratique conceptuelle habitée par l’équilibre  Si Manuel Mathieu multiplie les médiums - peinture, sculpture, vidéo, cinéma, parfum -, c’est par nécessité conceptuelle. Celui-ci se définit volontiers comme « un artiste plus conceptuel qu’expressionniste », que ce soit lorsqu’il travaille sur l’histoire, notamment la dictature en Haïti, sur la spiritualité, ou sur son propre accident. Chaque projet devient une recherche sur la manière dont les images, les formes et les sensations apparaissent et s’organisent.   Le cœur de son métier, affirme-t-il, n’est pas l’exécution matérielle : « Ce qui est le plus important dans mon travail, c’est de réfléchir, d’avoir de bonnes idées, je pense que c’est un exercice beaucoup plus épuisant et exigeant que de peindre ». Les œuvres ne sont alors qu’« un résidu de ma pensée. Créer un objet qui a une valeur spirituelle, qui existe à l’extérieur de nous et qui est capable de survivre sans nous ».   Cet exigeant travail intérieur lui apporte pourtant une forme de sérénité : « Je pense que le travail d’artiste que je fais m’amène un certain équilibre, une certaine paix. Je n’ai pas trouvé autre chose dans ma vie qui me permettait de l’atteindre ». L’art, pour Manuel Mathieu, est tout simplement « une manière d’exister ». À travers la peinture comme à travers le parfum, il cherche à étendre notre capacité à ressentir, à penser et à partager ce monde invisible qui nous relie.  Abonnez-vous à « 100% création »  « 100% création » est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast Castbox Deezer Google Podcast Podcast Addict Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS.   Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté.  Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI.

  3. Aug 9

    Imane Ayissi, la Grande couture africaine par 100% Création-le Mag

    Qui dit Mode… dit élégance, passion, collections, Fashion Week et haute couture parisienne, la mode est intemporelle et n’a pas de de frontières. De Yaoundé à Paris, rencontre avec Imane Ayissi, un grand couturier au parcours atypique. Danseur, mannequin, écrivain, designer… Originaire du Cameroun, Imane Ayssi a intégré la culture africaine dans ses collections dès ses débuts à Paris. Sa marque de fabrique, ce sont les tissus africains traditionnels : les cotons, que ce soit le kenté du Ghana, les boubous anciens du Cameroun ou du Niger, le kita ivoirien, ou bien encore le Faso Danfani du Burkina Faso. Mais pas seulement, Imane Ayissi utilise également d’autres matières, comme le coton japonais, les soies italiennes ou bien encore les dentelles de Calais. Danse et mode Une passion pour la mode qui lui vient de ses racines familiales, sa mère notamment une ancienne miss Cameroun, mais également de la danse comme il l’aime à le rappeler : « la danse et la mode vont de pair parce que la danse c’est le mouvement. Le corps a besoin d'être enveloppé avec de l'étoffe. Les formes, les couleurs, les volumes, les longueurs, et quand on a compris comment le vêtement fonctionne avec le corps, tout prend sens ». Pour cet autodidacte, il n’a pas été facile de s’intégrer dans l’industrie de la mode. Et pourtant, aujourd’hui, Imane Ayissi est le premier créateur de mode d'Afrique subsaharienne à avoir intégré le calendrier officiel de la haute couture parisienne en 2020.   La richesse créative de l’Afrique Les collections d’Imane Ayissi font, désormais, partie de l'histoire mondiale de la mode. Il a été notamment célébré dans la remarquable exposition « Africa Fashion », qui s’est tenue cette année au musée des Arts Premiers au Quai Branly à Paris. Une exposition qui a mis en lumière la richesse, la diversité et la puissance créative du continent africain. Déjà en 2025, les collections d’Imane Ayissi ont été sélectionnées pour une exposition solo baptisée « From Africa to the World » et organisée à l'Université Scad Fash d'Atlanta aux États-Unis. La preuve que la mode d’Imane Ayissi a désormais toute sa place sur la scène mondiale.

  4. Aug 8

    Ana Silva, artiste angolaise, brode les fragilités du monde avec les rebuts

    Entre le Portugal et l’Angola, Ana Silva invente un langage où se croisent peinture, sculpture, installation et broderie. Nourrie par ses allers-retours entre l’Afrique et l’Europe, elle transforme textiles usagés et sacs plastiques en œuvres poétiques qui dénoncent la pollution textile et interrogent nos modes de vie. Elle place la broderie au cœur d’un récit puissant sur la mémoire, l’identité et la voix des femmes africaines, faisant de chaque pièce un geste d’engagement et d’espoir. Je ne me vois pas faire autre chose. C’est vraiment une passion.  Pour cette artiste angolaise, la création n’est ni un métier ni un choix rationnel, mais une nécessité vitale. Longtemps installée au Portugal, elle revient en Angola après une maternité « très, très compliquée » et une période de perte de repères : « Entre la naissance de ma fille et mon travail, j’étais complètement perdue. Je ne savais pas qui j’étais comme artiste. »  C’est en arpentant les marchés africains qu’elle retrouve son chemin. Les étals de fripes, les couleurs, mais aussi la violence sociale et écologique des vêtements usés envoyés par l’Occident deviennent le point de départ d’une œuvre engagée. « La majorité de ces habits qu’on vend en Afrique, c’est la poubelle », constate-t-elle, dénonçant une pollution textile qui touche « la mer, le sol », mais aussi l’économie locale, empêchée de développer sa propre industrie.  Transformer les déchets textiles en art Face à ces montagnes de tissus inutilisés, l’artiste décide de « récupérer des pièces pour créer des œuvres ». Nappes, petits objets de cuisine, tissus improbables : tout ce qui n’a plus de valeur marchande devient matière première artistique. Ses installations monumentales, conçues à partir de ces rebuts, renvoient en Europe une image forte des circuits de consommation et de leurs conséquences en Afrique.  Très tôt fascinée par le textile, elle commence à travailler des sacs plastiques tissés, colorés, omniprésents sur les marchés. La peinture n’adhérant pas sur cette matière, elle invente un langage textile : « J’ai décidé de broder, d’abord dessiner avec la machine et broder dessus. » Sa première pièce brodée date de 2021, réalisée à partir de ces sacs « en plastique tissé ».  La broderie, elle l’a d’abord apprise avec sa grand-mère, dans une tradition plutôt d’influence portugaise, faite de dentelle et de crochet. Mais son geste s’affirme surtout à la machine, une technique majoritairement masculine en Afrique : « Ce sont surtout les hommes qui travaillent avec la machine, ils font des boubous. Ce n’était pas normal pour eux que je travaille avec cette machine. » Aujourd’hui, elle collabore avec plusieurs brodeurs, venus « en majorité du Congo », qui lui ont « appris énormément ».  Une voix de femme africaine entre société et poésie  Si son travail part de l’intime, il est profondément social : « C’est ma vie, c’est moi et mes émotions que je passe à travers mon travail », dit-elle, tout en racontant « des situations qui sont choquantes » autour d’elle. Ses œuvres naissent de photos prises au téléphone dans les marchés, les rues, les scènes ordinaires : « Toutes mes œuvres, c’est des photos que je fais. (…) Après, je raconte une histoire. » Elle imprime, peint, coud, brode, et laisse volontairement du vide dans ses grands formats pour offrir « de la respiration » au regard. Son engagement est aussi féministe. Elle insiste sur la fragilité de la place des femmes en Angola : « La femme est mise dans une position qui n'est pas importante. (…) C’est un élément très fragile dans la société. » Pourtant, ce sont elles qui « tiennent la famille et les enfants ». En tant que femme africaine artiste, elle revendique une position de modèle : « C’est très important comme femme africaine d’être là où je suis maintenant, surtout dans une position où je peux montrer qu’on est capables de le faire. »  Reconnu d’abord à l’étranger, son travail commence seulement à être compris dans son propre pays : « En Angola, ils ne comprennent pas trop mon travail. Quand tu sors de la peinture classique, les gens ont du mal. » Entre Lisbonne et l’Angola, entre marchés populaires et galeries parisiennes ou brésiliennes, elle continue de vivre, selon ses mots, « dans une boule créative en permanence », créant « pour moi surtout », mais aussi « pour envoyer un message » : un message de beauté, de vigilance et de solidarité envers celles et ceux que la société ne voit pas. À lire aussiComment le soulier devient un bijou de résilience par Abdel Louaguef d'Adiviar Abonnez-vous à 100% création  100% création est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast Castbox Deezer Google Podcast Podcast Addict Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS.   Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté  Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram 100% Création Facebook 100% Création-RFI

  5. Aug 2

    Comment Alexandre Helwani recrée les odeurs du passé par 100% Création-le Mag

    Un voyage au cœur de la mémoire olfactive, c’est ce que nous propose Alexandre Helwani, un spécialiste de l’histoire du parfum qui ressuscite les odeurs du passé et les réinvente. Né à Orléans, le Franco-Syrien Alexandre Helwani a grandi entre la France et Dubaï. Après des études de théâtre, un passage à La Sorbonne et un apprentissage auprès de parfumeurs orientaux, il approfondit son intérêt pour les fragrances lors de nombreux voyages à l’étranger, ainsi qu’à travers ses rencontres avec des artisans. Mieux qu’une image ou un son, l’odeur peut nous donner accès au passé. Il se met, alors, au défi de retrouver des recettes anciennes, souvent oubliées ou méconnues, ayant traversé les siècles. Sur les traces d’Ulysse Avec patience et rigueur, Alexandre Helwani va explorer traités, livres anciens, manuscrits et archives pour identifier à quoi ressemblaient les odeurs de nos ancêtres. Il est aujourd’hui en mesure de ressusciter des odeurs historiques comme le parfum de l’Odyssée ou celui du Cantique des Cantiques. «Un groupe d’artistes a refait le voyage d'Ulysse, le héros de l'Odyssée d'Homère. Sur chaque lieu, ils ont récolté les graines des plantes qui sont mentionnées dans l'Odyssée », explique Alexandre Helwani. « Ils sont venus me voir et m’ont demandé de faire un bouquet de senteurs avec les 44 plantes de l'Odyssée. » Un lien entre passé et présent Il a, ensuite, élaboré un nouveau parfum à partir des 22 plantes du jardin des Cantiques des Cantiques. Ce poème nuptial de la Bible datant de 3 000 ans, et attribué au roi Salomon qui fait dialoguer deux fiancés, dans un jardin de fleurs et de fruits. Pour Alexandre Helwani, reconstituer ces odeurs du passé s’inscrit dans une démarche artistique et spirituelle : Et d’expliquer : « Le parfum est une porte vers l’invisible, un langage symbolique capable de transmettre des émotions, voire une expérience sensorielle reliant passé et présent ».

  6. Aug 1

    Comment le soulier devient un bijou de résilience par Abdel Louaguef d'Adiviar

    Aujourd’hui, résilience, passion et créativité avec Abdel Louaguef, fondateur de la maison Adiviar, une marque de souliers ornés d'or pur 24 carats, fabriqués artisanalement en Italie et inspirés par l'élégance française. Abdel Louaguef est un créateur de souliers qui rend hommage à la force de sa mère face à la maladie et à toutes les femmes qui ont traversé les mêmes épreuves de vie. Il sait transformer les blessures en souliers bijoux disponibles exclusivement à Paris.   Vous savez, quand on aime quelque chose, on l’aime toute sa vie. Une passion, on ne peut pas la choisir.  Pour Abdel Louaguef, créateur de la maison Adiviar, cette passion est née loin des écoles de mode et au cœur des grands magasins parisiens. Sans moyens pour intégrer une grande école, il se forme sur le terrain : hôtellerie, restauration, puis conseil de vente. À 21 ans, il entre comme intérimaire aux Galeries Lafayette Haussmann et découvre l’univers du luxe. « Quand on rentre dans un grand magasin, on est submergé par l’histoire du monument, par les clients internationaux, par les maisons de haute couture. » Chez Versace Couture, puis Dolce & Gabbana, il apprend les codes de la mode et affine son regard. Huit années chez Christian Dior, comme ambassadeur du soulier, forgent définitivement son goût du détail et du service sur mesure : « Le soulier, c’est un bijou. C’est un accessoire qui accompagne la femme. » Une marque née d’un combat : rendre hommage à sa mère Derrière Adiviar, il y a une histoire profondément intime. Abdel Louaguef crée sa maison pour honorer sa mère, qui a traversé l’abandon, le divorce, la maladie et un cancer du sein particulièrement violent. « C’est là que je me suis rendu compte, beaucoup plus rapidement que prévu, que rien n’est acquis dans la vie. » Il vit les allers-retours à l’hôpital Tenon, arrête de travailler, puis se reconstruit après son décès. Les mots de sa mère deviennent son moteur : « Tu vas continuer, tu vas te battre. Ce n’est que le début. » Adiviar porte ce combat : « La création d’Adiviar, c’est vraiment pour toutes ces femmes qui ont la même histoire, qui traversent la même histoire, qui ont une histoire personnelle aussi. » Ses souliers‑bijoux sont pensés pour la résilience des femmes : « Je fais des souliers pour que les femmes se réapproprient leur histoire et soient fières de leur combat. » De l’or des monuments parisiens aux pieds des femmes Chaque modèle puise dans l’imaginaire parisien. L’or des monuments, Opéra, pont Alexandre III, Bastille, devient une matière à porter. « Je me suis dit : tu as toujours eu un rêve de faire porter de l’or aux pieds de ta maman pour tout ce qu’elle a subi. L’or, c’est un héritage qui se transmet. » Abdel Louaguef élève le soulier au rang de joaillerie grâce à un travail artisanal : feuilles d’or 24 carats posées à la main, comme sur les monuments, pour laisser apparaître les imperfections de la matière. Il associe cuir de veau grainé, dentelle de Calais, « une seconde peau, de la sensualité », et des symboles forts comme la fleur de lys ou la pièce de Napoléon. Les couleurs portent, elles aussi, un sens : « Le noir avec la dentelle pour faire ressortir la peau de la femme, la sensualité, l’élégance ; le doré, le champagne pour la douceur ; le vert, la couleur de la renaissance. » Une exclusivité responsable La production se fait en Italie, « berceau du soulier », dans une manufacture familiale, en petites séries et sur mesure du 35 au 42, pour toucher le plus de femmes possible tout en préservant l’exclusivité. « Ce que je voulais, c’est créer de l’intemporalité, des pièces que l’on peut garder, préserver et porter à nouveau. » L’engagement est aussi écologique : packaging italien 100 % écologique, process contrôlés dans l’Union européenne et une attention portée aux matières nobles.   Abonnez-vous à « 100% création » 100% création est disponible à l’écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast, Castbox, Deezer, Google Podcast, Podcast Addict, Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS.   Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté.   Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook.

  7. Jul 25

    La mode et les voyages inspirés de Léna Torino chez Fragonard [4/4]

    Notre série estivale consacrée à la maison Fragonard, qui fête ses 100 ans, prend fin avec Léna Torino, responsable du pôle mode. Si la maison est célèbre pour ses parfums, elle rayonne aussi dans la mode et la décoration intérieure. Créative et engagée, Léna Torino raconte sa vision du prêt-à-porter et ses voyages à la recherche d'artisans, de motifs et d'inspirations.  Née à Grasse et élevée à Vence, dans le sud de la France, Léna Torino grandit dans l'ombre parfumée de Fragonard. Grâce à Hélène Costa, tante de son père, elle découvre très tôt l'artisanat de la maison : « Fragonard, je l'ai découvert à travers ses yeux. » Entre savons, bijoux et sa première blouse indienne en broderie chicane, l'univers de la marque s'installe durablement dans son imaginaire d'enfant. Un séjour à Paris chez Agnès Webster, à 14 ans, marque un tournant. La capitale est « une vraie révélation, un vrai coup de cœur » et la complicité avec Agnès est immédiate : « Déjà, à ce moment-là, toutes les deux, on a compris qu'on s'entendait bien. » Le véritable basculement vers Fragonard survient lors de son année de césure, dans les bureaux de création à Paris, aux côtés d'Agnès et du directeur artistique Jean Huègues, à la tête de la création de Fragonard. C'est à ce moment-là qu'elle réalise « qu'on avait une alchimie incroyable tous les trois », raconte-t-elle. Le trio fonctionne immédiatement : « Mon œil se portait sur les mêmes choses, je prenais énormément de plaisir à graviter autour des deux et à les voir escalader tous les deux avec une idée qui naissait et une espèce d'effet ping-pong. » Malgré sa jeunesse, elle trouve naturellement sa place dans ces échanges créatifs : « Je n'avais aucun mal à prendre part à la conversation du haut de mes 20 ans... Je me sentais très à l'aise. » Elle parle d'une « évidence, un coup de cœur professionnel, c'est-à-dire du travail et des personnes ». Voyager, collecter, créer : un studio nourri par le monde  Aujourd'hui, Léna Torino pilote la création maison et prêt-à-porter autour de thèmes annuels, souvent inspirés d'un voyage : « En général, on se fixe des thèmes par an, un thème d'inspiration qui, en général, naît d'un voyage. » De ces périples naissent tableaux d'inspiration, collections et histoires visuelles.   Souvent, l'idée de départ vient d'Agnès : « Elle a un flair incroyable. Elle va nous parler de voyages qui, avant, n'intéressaient personne, de pays, de cultures diverses, et la plupart du temps, on est complètement conquis par son idée. » Une équipe de cinq graphistes-illustratrices travaille alors à partir de planches d'inspiration, dans une première phase de carte blanche : « Cela va être de la création pure, principalement à la main, des idées lancées sur le papier. »   L'Inde tient une place particulière : « On voyage en Inde deux fois par an, avec Agnès, à la recherche de nouvelles matières, de nouvelles techniques, de nouveaux terrains de jeu. » Elle y admire notamment « une technique indienne incroyable, on sait qu'il y a une patte particulière », et les sérigraphies à la main, où « une couleur va un petit peu déborder sur une autre ».   Tradition, fantaisie et transmission  Pour Léna Torino, la création est devenue centrale dans sa vie : « Maintenant, ça représente mon travail. J'ai l'impression de passer toutes mes journées à créer. » Hypersensible, très visuelle, tactile, elle dit que sa sensibilité « passe dans la création, les objets, les belles choses, les textures, les matières ».   Son travail s'inscrit dans une histoire forte : « La famille est inscrite dans l'ADN de l'entreprise. On est tous très émotifs comme on peut l'être dans une famille. » Elle veut contribuer à faire connaître Fragonard « sans la dénaturer, sans l'abîmer », persuadée que les valeurs patrimoniales, familiales et ancrées dans le sud de la France ont aujourd'hui « une carte à jouer ». « On est très libre dans notre création et à la sortie, ça se ressent », insiste-t-elle. Ce sont des produits quasiment uniques, avec du savoir-faire. Pour elle, Fragonard, c'est avant tout « de la fantaisie et du bonheur, une marque qui transmet des bonnes ondes ».   Entre voyages, artisanat, engagements caritatifs en Inde et attachement aux racines familiales, Léna Torino incarne ainsi une nouvelle génération Fragonard : libre, sensible, et résolument tournée vers une création toujours en mouvement. Abonnez-vous à 100% création : 100% création est disponible à l'écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast, Castbox, Deezer, Google Podcast, Podcast Addict, Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS.   Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté. Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook

  8. Jul 18

    Fragonard, 100 ans de parfum: le regard d'Agnès Webster [3/4]

    100% Création poursuit sa série estivale avec la Maison Fragonard, qui fête son centenaire en 2026. Toujours familiale, la maison est aujourd'hui portée par la quatrième génération. Dans cet épisode, nous avons rendez-vous avec Agnès Webster, présidente de Fragonard. Elle fait dialoguer patrimoine et innovation et incarne une maison où modernité, passion et créativité se mêlent à chaque instant. Mon grand challenge est que cette marque ne ressemble à aucune autre. Faire de Fragonard une maison à part entière, habitée par une histoire familiale, portée par des équipes soudées, nourrie de collections culturelles et d'un féminisme assumé. Une maison de parfum qui devient art de vivre, création permanente et récit intime ouvert sur le monde. C'est mon moteur.  Présidente de la Maison Fragonard, Agnès Webster revendique une identité multiple, à la croisée de l'histoire familiale et de son rôle de dirigeante. Née à Cannes et bercée dès l'enfance par l'univers de Fragonard, elle ne se destinait pas à rejoindre l'entreprise familiale. Après des études de droit et de philosophie, elle débute sa carrière à Paris, dans une agence de publicité. C'est son père, troisième génération à la tête de la maison, qui vient la chercher : « Tu sais, tu travailles pour quelqu'un d'autre. Cette maison Fragonard, c'est quand même une affaire de famille. » Partie pour « un an à Grasse », elle y restera finalement... toute une vie professionnelle. De l'obligation familiale au moteur créatif d'une maison Longtemps, Agnès Webster se donne des « périodes de test » pour vérifier qu'elle est à sa place : « Je ne me sentais pas le courage d'abandonner une aussi belle entreprise alors qu'il y avait tellement de potentiel et de choses à faire. » Elle traverse des années d'apprentissage exigeantes dans un univers encore peu ouvert aux femmes. « C'était une époque où c'était moins facile pour une femme de faire sa place dans l'entreprise. Les hommes qui dirigeaient autour de mon père ne m'attendaient pas, voire n'avaient aucune envie de me voir arriver », confie-t-elle. Cette persévérance la conduit à construire, avec sa sœur Françoise, un modèle singulier. « Je me vis comme le chef d'orchestre », dit-elle. Son rôle : la création et la communication. « Fragonard est une marque que l'on a envie d'avoir chez nous, dans nos maisons, et qu'on l'ait dans toutes les pièces de la maison : dans la salle de bain avec la parfumerie, dans la cuisine avec les assiettes, dans le salon avec des coussins, sur le lit avec des oreillers, et ça a fini dans le placard avec des vêtements. Tout ça étant un style de vie, un art de vivre. » Création permanente et dialogue avec le patrimoine Chez Agnès Webster, la création est omniprésente : « Je dirais qu'elle est immense, parce que moi, je ne vis que pour cela. J'ai sans arrêt le cerveau qui réfléchit à ce dont j'ai envie de nouveau, de différent, de créatif. » Ses nuits écourtées deviennent un laboratoire d'idées : « La nuit, je pense beaucoup, je lis beaucoup, je scrolle... Je me raconte des histoires que j'écris de façon à revenir le lendemain matin sans les avoir oubliées. » Pour la parfumerie, tout commence par les mots : « Mes idées partent principalement des mots, donc des noms. C'est assez rarement une fragrance, c'est toujours une histoire. » La création chez Fragonard est indissociable du patrimoine : musées, collections de flacons, de tableaux, de costumes provençaux. « Cette création se nourrit des collections », résume-t-elle. Avec sa mère et ses sœurs, elle a bâti un ensemble culturel unique : « C'est cet équilibre entre collections que nous vendons et collections que nous montrons qui fait une vraie particularité de la maison Fragonard. » Une maison de parfum portée par les équipes Si Agnès Webster revendique une direction « au feeling », sans business plan, elle souligne que la force de Fragonard repose avant tout sur les personnes qui y travaillent : « Une entreprise familiale comme la nôtre se construit principalement sur des hommes et des femmes. Nous avons des équipes très soudées, très formidables et qui nous suivent, que ce soit dans les musées, dans les usines... Tous les gens qui travaillent chez Fragonard sont les maillons de cette histoire familiale. » Entre fidélité à la tradition, féminisme assumé, goût des voyages et passion pour la culture, Agnès Webster trace ainsi une ligne singulière, celle d'une maison de parfum qui est aussi une maison de création, profondément personnelle et résolument ouverte sur le monde. Abonnez-vous à 100% création : 100% création est disponible à l'écoute sur toutes les plateformes de podcasts : PURE RADIO, Apple Podcast, Castbox, Deezer, Google Podcast, Podcast Addict, Spotify ou toute autre plateforme via le flux RSS.   Si vous aimez ce podcast, donnez-lui 5 étoiles et postez un commentaire sur ces applications pour qu'il soit visible et donc encore plus écouté. Retrouvez-nous aussi sur nos réseaux sociaux : Instagram / Facebook

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