DÉCOUVREZ L’ÉPISODEDans ce 44ᵉ épisode de notre série Parcours de Coach®, le coach et superviseur Arnaud TONNELÉ bouscule les évidences du coaching pour réhabiliter théorie, collectif et pensée critique, et invite les coachs à investir un territoire plus vaste : la transformation des organisations. Citation Pour Arnaud : « On est dans un métier où le coach est son propre outil. Donc, bien sûr, il y a des techniques, des outils, etc. Mais d’abord, on accompagne nos clients avec ce qui nous sommes. » Du conseil au coaching : quand les questions deviennent plus puissantes que les réponsesArnaud TONNELÉ n’avait pas prévu de devenir coach. Ses premières enquêtes de climat social lui révèlent que dirigeants et collaborateurs peuvent vivre des réalités radicalement différentes au sein d’une même organisation. De la sociologie des organisations au conseil, puis à Danone, un déplacement s’opère progressivement : il découvre que les questions peuvent avoir un pouvoir transformateur supérieur aux réponses. Le coaching apparaît alors moins comme une méthode supplémentaire que comme un changement de posture. La théorie comme accélérateur de pratiqueÀ rebours d’une époque fascinée par les méthodes rapides et les solutions clés en main, Arnaud défend les grands corpus théoriques. Sociologie des organisations, Palo Alto, systémique, sociodynamique, analyse transactionnelle : une théorie naît pour lui de l’observation répétée du réel, puis retourne au réel pour être éprouvée. Sans cette grille de lecture, le coach risque de singulariser chaque situation et de perdre en puissance d’action. Maîtriser la théorie ne ralentit donc pas le praticien : cela lui permet d’aller plus vite et plus finement. Le coach est son propre outilTechniques et méthodes comptent, mais elles ne suffisent pas. Pour Arnaud, le coach accompagne d’abord avec ce qu’il est. Lectures, rencontres, conversations, supervision, intervision, sport, montagne ou travail thérapeutique participent au façonnage de cet outil. Se développer comme coach suppose alors de se confronter à l’altérité et à des visions du monde capables de faire vaciller ses propres évidences. Il n’existe pas une voie unique pour entretenir cet outil : chacun doit trouver son cocktail. Du héros individuel à la puissance du collectifNotre culture continue, selon lui, à regarder l’organisation à travers le prisme de l’individu : on recrute, forme, évalue et licencie des individus. Pourtant, juxtaposer des personnes brillantes ne produit pas nécessairement un collectif brillant. Une équipe développe des qualités émergentes qui excèdent la somme de ses membres. Derrière la difficulté à investir réellement le collectif se cache parfois une raison moins avouable : un collectif puissant peut inquiéter un manager soucieux de garder la main. Une équipe s’entretient avant de tomber en panneArnaud transpose au collectif une évidence venue de l’industrie : mieux vaut la maintenance préventive que le curatif. Les organisations consacrent pourtant parfois zéro temps et zéro euro à l’entretien de la cohésion, des relations, de l’alignement, des valeurs, de l’envie ou de l’efficience, puis sollicitent un coach lorsque la situation est devenue critique. Son constat est simple : une équipe ne fonctionne pas toute seule. Ne pas l’entretenir finit par produire silos, lenteur, absentéisme, défaut de coopération et difficultés de déploiement. Team building ou team coaching : passer un bon moment ne suffit pasUn dîner, un voyage ou une activité ludique peuvent créer de la convivialité. Mais si les rôles, les responsabilités, la vision, la décision ou les tensions restent hors champ, le lundi matin l’équipe retrouve les mêmes difficultés. Pour Arnaud, la cohésion se construit d’abord par le travail : discuter, confronter, décider, parfois s’engueuler, dans un cadre à la fois suffisamment sécurisant et suffisamment ouvert. Le coach d’équipe accompagne ce travail plutôt qu’il n’organise simplement un moment agréable. Détox managériale : résister aux idées séduisantesAgilité, innovation, leadership, transformation, OKR : Arnaud observe avec perplexité la succession des nouveaux packagings managériaux. Non parce que tout serait à rejeter, mais parce que le marché du management a besoin de fabriquer de la nouveauté. Face aux mots d’ordre, il revendique le droit de revenir aux sujets réels et aux pratiques qui fonctionnent. Son antidote : penser contre les évidences, retrouver quelque chose de l’enfant libre capable de demander pourquoi le roi est nu quand tout le monde admire son costume. L’échec ne devient formateur que si on le travailleArnaud ne cherche pas à fabriquer l’image d’un praticien infaillible. Il reconnaît avoir exploré de nombreux ratages et pointe un danger majeur : transformer l’expérience en bibliothèque de solutions reproductibles. Ce qui a fonctionné avec un client peut échouer dans une situation apparemment identique. La question essentielle redevient alors : qu’y a-t-il de neuf ici ? L’échec n’est pas formateur en soi ; il le devient lorsqu’on décide de l’interroger, notamment en supervision, pour mettre des mots sur l’expérience et éclairer ses angles morts. Il propose même d’amener en supervision les coachings réussis afin de comprendre ce qui a effectivement fonctionné. Coaching d’organisation : changer d’objet et changer d’échelleLe coaching d’équipe prend l’équipe pour objet. Le coaching d’organisation vise la transformation. Les deux peuvent se croiser lorsqu’une transformation exige de remettre une équipe de direction à flot, de travailler sa vision, son alignement, sa cohésion ou ses processus de décision. Mais Arnaud invite surtout le coach à sortir de la seule maille individuelle : accompagner un leader peut devenir un moyen d’impacter des ensembles plus vastes. Les enjeux auxquels nos organisations sont confrontées ne pourront, selon lui, être traités uniquement à l’échelle de l’individu. Le territoire de la transformation : un nouvel horizon pour les coachsFace à un marché du coaching individuel, de la formation et de la supervision qu’il décrit comme saturé, Arnaud invite les coachs à regarder vers un autre territoire : celui de la transformation. Le coach d’organisation n’a pas nécessairement à devenir expert du contenu technique apporté par son client. Son travail consiste notamment à comprendre pourquoi le système n’arrive pas à produire la transformation recherchée. C’est là qu’écoute, posture basse, systémique, lecture des interactions et orientation résultat prennent toute leur puissance. Prendre la parole : du privilège à la responsabilité du coachArnaud interroge enfin la discrétion de la profession. Les coachs ont accès quotidiennement au fonctionnement réel des organisations et observent aussi bien leur potentiel d’épanouissement que leur capacité à devenir des environnements profondément destructeurs. Ce privilège d’observation crée, à ses yeux, un devoir : contribuer davantage au débat sur les groupes, les entreprises et les transformations collectives, quitte à s’exposer au désaccord. Pour plus d'informations à propos de Arnaud TONNELÉ, visitez son profil LinkedIn : tinyurl.com/profil-Arnaud-Tonnele Pour commander ses différentes livres auxquels elle fait référence dans cette interview : « 65 outils pour accompagner le changement individuel et collectif » sorti chez Eyrolles en 2011 : tinyurl.com/65-outils« La Bible du team-building, 55 fiches pour développer la performance des équipes » sorti chez Eyrolles en 2015 : tinyurl.com/bible-team-building« Comment réussir à se planter plus vite et plus efficacement – Offrez-vous une cure de détox managériale ! » paru chez Eyrolles en 2020 : tinyurl.com/comment-reussir-planter« Brèves de coach – Transformations, leadership, management. Comment le coaching peut changer le monde » paru chez Enrick B. Editions en 2024 : tinyurl.com/breves-de-coach« Manuel de coaching d'organisation – Accompagner les organisations autrement » sorti chez Eyrolles en 2025 : tinyurl.com/manuel-coaching-orgaPour commander le roman graphique évoqué dans cet épisode intitulé « L'Homme-chevreuil – Sept ans de vie sauvage » de Geoffroy Delorme, Vincent Zabus, Jean-Denis Pendanx sorti aux Arènes BD en avril 2026 : tinyurl.com/lhomme-chevreuil Découvrez ce qu'il a choisi pour faire une première pause à notre entretien (tinyurl.com/Dieu-est-grande) puis la chanson choisie pour clore le second intermède (tinyurl.com/tirade-non-merci) et celle pour incarner symboliquement son propre parcours (tinyurl.com/theme-top-gun). L'entretien s'est déroulé le xxxx (xxx). SUIVEZ-NOUSVous pouvez retrouver nos deux séries de podcasts Un Coach À La Une® (https://tinyurl.com/accesUCALU) et Parcours de Coachs® (https://tinyurl.com/accesPDC) sur le site Le Média des Coachs® (www.lemediadescoachs.com), sur toutes les plateformes d'écoute (Apple Podcast, Spotify, Deezer, Amazon Music) et sur la plupart des applications dédiées aux podcasts. Pour écouter cet épisode sur une plateforme d'écoute : tinyurl.com/EcoutezPDC-44 Rejoignez notre chaîne YouTube pour accéder à l'ensemble de nos productions : https://tinyurl.com/lemediadescoachs SOUTENEZ-NOUSCet épisode a été réalisé par David Eugène Marion, fondateur du Média des Coachs®, du cabinet YUPÏKAY et producteur de podcasts dédiés aux thématiques de l'accompagnement, aux sujets institutionnels et sociétaux. Pour toute collaboration, interview ou projet éditorial, vous pouvez le contacter via : son profil LinkedIn : www.linkedin.com/in/davideugenemarionle site du Média des Coachs® : www.lem