Revue de presse internationale

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

  1. 8H AGO

    À la Une: la démocratie française est-elle en péril?

    Une question qui pourrait paraître totalement impensable, surréaliste, mais qui est bien au cœur des commentaires de la presse française ce matin. Hier, les événements se sont précipités dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, ce militant nationaliste de 23 ans battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Depuis plusieurs heures, elles étaient identifiées et surveillées par toute la police lyonnaise, relate Le Parisien. Neuf personnes ont été interpellées en fin de journée et six d’entre elles sont soupçonnées d’être en lien direct avec les faits ». Et parmi les interpellés, relève Le Monde, « figurent deux collaborateurs du député La France insoumise Raphaël Arnault. Et plusieurs des suspects font l’objet d’une fiche S pour radicalisation politique, en raison de leur appartenance au groupe antifasciste la Jeune Garde ». Résultat : le parti LFI, la France insoumise, « dans la tourmente », s’exclame le journal. LFI : « un rapport douteux avec la démocratie » Et Le Figaro de tirer à boulets rouges sur le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon : « La violence qui a tué Quentin Deranque n’est pas résiduelle. Elle est permanente, souhaitée, soutenue par son clan pour conduire le pays au chaos, s’exclame le quotidien de droite. La stratégie de la tension théorisée par Jean-Luc Mélenchon est politique quand elle hystérise les débats jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Elle est physique quand elle se traduit par des opérations coup-de-poing, comme à Lyon. Elle est antisémite quand elle favorise les appels à l’intifada dans Paris ou quand elle laisse Rima Hassan cracher sa haine du sionisme dans les universités. (…) La France insoumise entretient un rapport douteux avec la démocratie, fulmine encore Le Figaro. Et l’indécence est totale lorsqu’on entend son "Lider Maximo" inverser la charge de l’accusation pour se placer en victime et faire de sa formation un mouvement persécuté ». « Le pire est à craindre »  Libération s’alarme : « La politique française au bord du précipice », constate le quotidien de gauche. « Le pire est à craindre pour l’avenir de la démocratie », poursuit-il. « La minute consensuelle de silence hier dans l’hémicycle n’est qu’un indécent trompe-l’œil alors que cette violence, telle une gangrène, menace notre vie politique ». « LFI est dans la tourmente », affirme également Libération. « En attendant de savoir s’ils seront judiciairement dévastateurs, les liens assumés entre LFI et les mouvements d’ultragauche sont politiquement signifiants. Ils disaient, avant le drame de Lyon, quelque chose de la nature politique du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Ils deviendront probablement impossibles à assumer pour une formation qui se dit progressiste, humaniste et assure refuser toute violence ». « Impasses mortifères » On revient au Monde qui s’inquiète également : « À un mois des élections municipales, à quatorze mois d’un scrutin présidentiel sur lequel plane la menace d’un succès de l’extrême droite, alors que l’exécutif est paralysé par la perte de sa majorité et que le Parlement offre trop souvent un spectacle de désordre, le drame de Lyon assombrit un peu plus le paysage politique et renforce la nécessité d’un sursaut démocratique. La rhétorique du "eux ou nous", la stratégie du chaos, encouragée par la brutalité des réseaux sociaux et l’immédiateté de l’information auprès d’une opinion publique émiettée, sont des impasses mortifères. Recourir à la violence, conclut Le Monde, c’est faire le jeu de ceux qui veulent abattre la démocratie, un idéal précisément conçu pour sortir les sociétés de la violence ». « Dangereuse mécanique » Enfin, ce commentaire à lire dans La Croix de la philosophe et psychanalyste Hélène L’Heuillet, autrice de Tu haïras ton prochain comme toi-même : « Quels que soient ses engagements politiques, à 23 ans, on ne doit surtout pas mourir, affirme la philosophe. J’ai pensé immédiatement à la mort de Clément Méric, ce militant d’extrême gauche décédé en 2013. Et mon autre réaction est l’inquiétude face à ce jeu de miroirs qui peut sembler sans fin et à ce qu’il porte en lui de risques de guerre civile. Inquiétude aussi pour notre débat politique, qui se trouve ainsi focalisé sur les extrêmes à la veille d’une échéance politique majeure. (…) Il est clair, conclut Hélène L’Heuillet, que la complaisance de La France insoumise envers l’antisémitisme, ou les discours de l’extrême droite contre les étrangers, peut enclencher cette dangereuse mécanique. Ce risque exige responsabilité et sang-froid de la part des gouvernants qui doivent jouer le rôle de tiers et avant tout calmer le jeu ».

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  2. 1D AGO

    À la Une: la fracture transatlantique

    Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine vient d’achever sa tournée en Europe. Dernière étape : la Hongrie. Nous allons y venir. Tout d’abord, la presse européenne fait le point après le discours samedi du secrétaire d’État américain lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Le Temps à Genève s’interroge : « Le lien transatlantique peut-il renaître comme au "bon vieux temps"? L’Otan est-elle préservée ? L’intervention de Marco Rubio à Munich a été accueillie avec soulagement par une salle debout pour l’applaudir. Un an après le discours coup-de-poing de J. D. Vance devant ce même cénacle, c’était le signal attendu pour s’accrocher à l’espoir que tout n’était pas perdu entre l’Europe et les États-Unis ».  « Eh bien raté ! », s’exclame le quotidien suisse : « Pour ceux – heureusement majoritaires – qui ont bien tendu l’oreille, la prise de parole du secrétaire d’État américain a résonné comme un second "traitement de choc", dans la droite ligne de celle de J. D. Vance. Il a en réalité enfoncé le clou en prônant la restauration d’une "civilisation occidentale" décidément rance ». Qui plus est, souligne encore Le Temps, « Marco Rubio a fait faux bond aux Européens qui se réunissaient avec les Ukrainiens pour évoquer la paix. Façon de mieux signifier que ce conflit se réglera entre Washington et Moscou, l’Europe étant réduite à un rôle non plus de partenaire mais de vassale ». Dynamiter les institutions européennes… « Certes, constate également Le Monde à Paris, l’hommage rendu par le représentant de l’administration américaine à la fraternité des champs de bataille sur lesquels Américains et Européens ont souvent combattu côte à côte ne pouvait déplaire. Il a tranché avec le dédain exprimé par Donald Trump à l’égard des pays qui avaient épaulé les États-Unis après le 11-Septembre. Sur l’essentiel, cependant, note Le Monde, le discours de Marco Rubio s’est inscrit dans le fil de la stratégie de sécurité nationale exposée en décembre 2025, qui vise le dynamitage des institutions européennes. Son absence à une réunion sur l’Ukraine, qu’il s’est même abstenu de mentionner dans son intervention, ne pouvait être justifiée par un problème d’agenda. Elle a confirmé que cette guerre dont Washington se montre incapable de désigner le responsable, Vladimir Poutine, constitue toujours le révélateur d’une fracture transatlantique dont les États-Unis sont les seuls responsables par leur volte-face ». Les Européens d’accord sur l’essentiel ? « Ne nous leurrons pas », lance le député européen Bernard Guetta dans une tribune à lire dans Libération. « Le président américain n’a pas renoncé à défaire l’Union européenne ». Mais pour leur part, les Européens étaient d’accord « sur l’essentiel » à Munich, constate l’ex-chroniqueur international. « Britanniques compris, tous partagent une même volonté d’être au plus vite en capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les frontières de l’Europe. Quant à la pérennité de l’Alliance, tous savent qu’au bout du compte, ce sont des États-Unis, et non pas d’eux, qu’elle dépendra et qu’en attendant, leur tâche est d’œuvrer à leur défense commune ». Le « modèle » hongrois… Enfin, « si certains ont encore besoin d’explications, un simple coup d’œil à l’itinéraire de Marco Rubio suffit ». C’est ce que relève le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Le secrétaire d’État américain aurait pu se rendre à Bruxelles ou à Paris après la conférence sur la sécurité ». Non !, constate le quotidien allemand. Il a préféré aller rendre visite à « deux figures de proue de la démocratie illibérale, deux critiques notoires de l’Union européenne : dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico, et hier lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, auquel Rubio a ouvertement offert son soutien pour sa campagne (pour les législatives de début avril) ». En effet, pointe le Süddeutsche Zeitung, « la Hongrie d’Orbán incarne le type d’Europe que Trump envisage. Elle s’isole des migrants, méprise des organisations comme l’UE et promeut une vision du monde blanche et chrétienne centrée sur l’identité et l’État-nation. Lorsque Rubio a déclaré que les gouvernements européens devaient défendre la "civilisation occidentale", il avait clairement en tête une vision du monde très proche de celle d’Orbán ».

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  3. 2D AGO

    À la Une: la France secouée par la violence politique

    « La violence politique jusqu’au meurtre. (…) La violence politique à son paroxysme », s’exclame Libération. L’indignation est générale dans le monde politique et médiatique après la mort de ce jeune de 23 ans, Quentin, militant d’extrême droite, battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Les circonstances exactes de ce meurtre ne sont pas encore totalement établies, pointe Libération, mais tout indique qu’il est le résultat d’une rixe entre deux bandes rivales, l’une d’extrême droite, l’autre d’extrême gauche, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon. (…) Ce qui est sûr, relève le quotidien de gauche, c’est que le climat insupportable d’outrance et d’intolérance dans lequel baigne depuis un certain temps la politique française ne peut qu’engendrer ce genre de drame en échauffant des esprits trop simples, de quelque bord qu’ils soient. (…) À un mois des élections municipales et près d’un an de la présidentielle, il faut garder à l’esprit, à chaque seconde, que la violence politique peut conduire à tuer. » « Un martyr de la liberté d’expression » Le Figaro dénonce pour sa part ce qu’il appelle « les fascistes de l’antifascisme » : « un “totalitarisme antifasciste“ était là à Lyon jeudi soir dans sa forme la plus sauvage, mais il plane dans l’atmosphère depuis trop longtemps comme un conformisme vénéneux, affirme le quotidien de droite. Une génération entière formée à déshumaniser tout ce qui s’approcherait de près ou de loin de “l’extrême droite“, un personnel politique qui par couardise donne le change, un clergé médiatique qui forge les anathèmes et à la fin, un gamin venu paisiblement protéger une banderole contre “l’islamo-gauchisme dans nos facs“ qui meurt sous un déchaînement de coups. (…) Quentin dans cette histoire n’est pas “un militant“ pris dans une “rixe“, dénonce encore Le Figaro, mais un martyr de la liberté d’expression que l’extrême gauche, aidée par trop de complices, veut remplacer par son hideuse loi de la meute. » Polarisation et radicalisation « Mourir pour un engagement politique, quel qu’il soit, l’idée est insupportable », soupire La Croix. « On est encore loin des affrontements minutieusement préparés dans les années 70 et 80 entre skins et antifas. Mais déjà, en 2013, la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric sous les coups de militants de l’ultra-droite avait réveillé la crainte des violences partisanes. Hier comme aujourd’hui, le prix à payer pour ces jeunes et leurs proches est trop élevé, pointe encore le quotidien catholique. À quelques semaines des élections municipales et à l’aune d’une élection présidentielle qui s’annonce sous haute tension, la polarisation des positionnements idéologiques et la radicalisation des discours ne doivent pas faire le lit d’une violence politique dévastatrice. Il appartient à chacun, politiques et citoyens, de garder un cap de responsabilité. » Gisèle Pélicot : Et la joie de vivre À la Une également Et la joie de vivre : c’est le titre du livre choc de Gisèle Pélicot qui sort demain. Sortie mondiale dans pas moins de 22 langues. C’est sans doute le livre le plus attendu de l’année. Depuis le procès historique d’Avignon, Gisèle Pélicot est devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles. Et la presse du monde entier publie des extraits de son ouvrage : du Times à Londres, au Frankfurter Allgemeine, au Devoir à Montréal, en passant le New York Times. Le New York Times qui publie également une interview exclusive de Gisèle Pelicot, la première pour le continent américain. Commentaire du journal : « Alors que le monde entier est encore sous le choc des révélations liées à l’affaire Epstein, Gisèle Pelicot est devenue une source d’inspiration pour les victimes d’agressions sexuelles et une figure emblématique du féminisme. »  Enfin ces mots de Lulu Garcia-Navarro, la journaliste du New York Times, qui s’est entretenue trois heures durant avec Gisèle Pelicot : « Elle possède une grande force intérieure. Elle était prête à parler. Elle est ouverte, éloquente et émouvante. Elle a écrit ce livre pour être utile aux autres, “pour leur montrer qu’il est possible de surmonter des épreuves terribles“. En un mot, Gisèle Pelicot est extraordinaire. »

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  4. 4D AGO

    À la Une: la contre-attaque des dirigeants européens à la Conférence de Munich

    Cette conférence abondamment commentée ce matin par la presse européenne. « À Munich, Emmanuel Macron répond à J.D. Vance en appelant à la fierté européenne », titre La Croix. Le quotidien français parle « d’un discours en forme de réponse point par point au vice-président américain, qui avait agoni le Vieux Continent de reproches un an plus tôt dans le même cénacle ».  « Un an après l’attaque de J.D. Vance, Macron appelle à prendre l’Europe en "exemple", plutôt que la "critiquer" », annonce de son côté Libération, citant le président français : « Je pense que l’Europe est intrinsèquement forte et qu’elle peut être encore renforcée pour être un meilleur ami pour nos alliés, notamment les États-Unis », a déclaré Emmanuel Macron.   À Londres, le Guardian, lui, a retenu cette déclaration du chancelier allemand Friedrich Merz : « Les États-Unis ne sont pas assez puissants pour agir seuls. Ils ont atteint les limites de leur pouvoir et ont peut-être déjà perdu leur rôle de leader mondial ». Enfin le quotidien allemand Die Welt reprend les propos du gouverneur démocrate de Californie. Gavin Newsom, lui aussi présent à Munich, qui « a prôné la patience. » « Donald Trump n’est qu’un homme de passage », a-t-il dit, « dans trois ans, il ne sera plus là ». Noms, adresses électroniques et numéros de téléphone Aux États-Unis, l’ICE, la police de l’immigration, est une nouvelle fois au cœur des débats. « Le Département de la sécurité intérieure, explique le New York Times, a envoyé à plusieurs sociétés, notamment Google et Meta, des assignations à comparaître pour obtenir des informations sur les comptes qui suivent ou commentent les activités de l’ICE ». Autrement dit, précise le quotidien américain : « le département de la Sécurité intérieure intensifie ses efforts pour identifier les Américains qui s’opposent à l’ICE, en adressant aux entreprises technologiques des demandes exigeant les noms, adresses électroniques, numéros de téléphone et autres données d’identification associés aux comptes de médias sociaux, qui suivent ou critiquent l’ICE ». Selon le New York Times, « Google, Reddit, Discord et Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), ont ainsi reçu des centaines de citations à comparaître » et « ont accédé à certaines demandes », c'est en tout cas ce qu'affirment les autorités américaines. Commentaire de Steve Loney, avocat principal de l’Union américaine pour les libertés civiles de Pennsylvanie : « le gouvernement s’arroge davantage de libertés qu’auparavant ». « La fréquence et l’impunité (de ses demandes) est sans précédent ».  « La page est tournée » L’Orient-Le Jour s'est rendu au Salon du livre de Damas. « Avec 500 éditeurs de 236 pays », annonce le quotidien libanais, « la première édition post-Assad est un succès pour le gouvernement de transition, tout autant qu’une vitrine de son projet national ». « Pendant des décennies, rappelle L'Orient-Le Jour, sous le régime Assad, le Salon International du Livre de Damas était la vitrine d’une propagande politique omniprésente ». Qu’en est-il aujourd’hui ? « La page est bel et bien tournée », explique L'Orient-le Jour, qui cite un libraire selon lequel « on peut vendre ce qu’on veut, il n’y a aucun contrôle des livres ». Mais ce n’est peut-être pas aussi simple, selon le quotidien libanais, qui a certes pu consulter « une petite sélection d’Harry Potter, Georges Orwell ou encore des mangas », mais qui a aussi constaté « certaines limites », « les titres considérés comme portant atteinte à la paix civile et aux valeurs syriennes, ou louant l’ancien dictateur sont prohibés ».   Mais surtout « l’offre islamique domine clairement », allant jusqu’aux « penseurs ayant inspiré al-Qaïda ou encore les Frères musulmans ». Toutefois, L'Orient-Le Jour ne boude pas son plaisir, et parle d’un « succès indéniable », « pour cette foire qui n’a rien à envier aux grands salons internationaux ». Une foire dans laquelle, nous dit-on, « se croisent familles avec poussettes, bandes de copines hilares et barbus rigoristes ».

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  5. 5D AGO

    À la Une: Donald Trump balaie la lutte contre le changement climatique

    « L’administration Trump prive le pouvoir de lutter contre le changement climatique », titre le New York Times. Le quotidien américain explique comment on en est arrivé là : « L’Agence américaine de protection de l’environnement rejette désormais le constat scientifique fondamental selon lequel les gaz à effets de serre menacent la vie et le bien-être humains ». Concrètement, ajoute le New York Times, cela veut dire que l’on se dirige « vers la suppression des limites imposées au dioxyde de carbone, au méthane et à quatre autres gaz à effet de serre qui, selon les scientifiques, alimentent les vagues de chaleur, les sécheresses, les feux de forêts et autres phénomènes météo-ro-logiques extrêmes ». Le Washington Post, de son côté, rappelle que le président américain a, (il y a déjà un certain temps), qualifié le changement climatique de « canular » et « d’escroquerie ». Mais pour le Washington Post, l’annonce faite hier « marque surtout l’aboutissement d’années d’efforts déployés par les groupes conservateurs et industriels pour saper le fondement même des réglementations fédérales limitant les gaz à effet de serre ».  Mauvais coup porté à la santé La presse européenne ne décolère pas non plus. C’est le cas du Guardian, à Londres, qui remarque que la décision de révoquer « le fondement scientifique sur le changement climatique, est qualifié par certains de « cadeau fait aux "milliardaires pollueurs" au détriment de la santé des américains ». À ce sujet, le Guardian, cite Barack Obama. Sur les réseaux sociaux, l’ancien président américain a estimé que l’abrogation de la loi sur le climat, aurait des conséquences néfastes : « nous serons moins en sécurité et en moins bonne santé, tout cela pour que l’industrie des combustibles fossiles puisse gagner encore plus d’argent ». À Paris, le Monde n’est pas plus tendre et titre : « Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre (…) le président américain nie les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens ».  43 600 euros pour un an de scolarité Libération publie une enquête sur les lycées français à l’étranger. Une enquête qui montre du doigt les établissements privés estampillés « homologués par l’État français ». « Outils de soft power par excellence », poursuit Libération, « les lycées français sont le premier poste de dépenses du Quai d’Orsay, en diplomatie culturelle ». Or, « il manque près de 60 millions d’euros pour boucler le budget 2026 ». Une hausse des frais de scolarité est prévue, ce qui a suscité la colère des parents d’élèves, qui avec certains parlementaires de l’étranger accusent Emmanuel Macron "d’avoir donné des ailes au secteur privé lucratif au point que l’opérateur public se sabote de l’intérieur". » Le quotidien français cite Mathilde Ollivier, sénatrice écologiste des Français établis hors de France, qui s’agace, elle, des moyens mis à disposition des établissements dits « partenaires » que « personne n’est capable de chiffrer ». Enfin, Libération donne l’exemple du Lycée français de New York. Établissement privé qui est peut-être (nous dit-on) « l’exemple le plus caricatural du réseau de l’enseignement français à l’étranger ». Parmi les anciens élèves, on trouve « les enfants de Donald Trump, Madonna ou Dominique de Villepin, l’ancien premier ministre français. Coût d’une année scolaire : 43 600 euros, hors frais de dossier et cantine ».

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  6. 6D AGO

    À la Une: l’Europe va-t-elle se réveiller ?

    Eh bien, « c’est le moment », s’exclame le Guardian à Londres. « Emmanuel Macron l’a dit simplement – ​​et sans détour (en début de semaine). Face à un "monde en désarroi" et à un double défi potentiellement existentiel posé par les États-Unis et la Chine, il a déclaré : "L’Europe doit devenir une puissance". » Et le quotidien britannique de relever que « deux événements clés pourraient donner un aperçu de la manière dont cette priorité pourrait se traduire en actes. Ce jeudi, dans un château du XVIe siècle situé dans la campagne belge, les dirigeants européens discuteront de mesures urgentes pour relancer l’économie européenne et la rendre plus compétitive. Et demain vendredi et durant le week-end, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, les mêmes dirigeants européens se joindront à d’autres leaders mondiaux, des responsables militaires et des experts pour débattre de la sécurité et de la défense européennes, ainsi que de l’avenir de la relation transatlantique. » Un moment Alden Biesen ? « C’est un moment pivot, dans un monde de titans », s’exclame Le Soir à Bruxelles. « Le 2 février dernier à Louvain, Mario Draghi, ex-président de la Banque centrale européenne, appelait à nouveau l’Europe à se prendre en main, invoquant à titre de recette le moment "Groenland"(…). » Alors, s’interroge le quotidien belge : « Y aura-t-il ce jeudi un moment “Alden Biesen“, du nom de ce château limbourgeois qui accueille le conseil informel de l’Union européenne ? La menace directe à laquelle l’Europe doit cette fois répondre n’est pas territoriale façon Groenland, mais économique et industrielle, et donc aussi, c’est vrai, existentielle. Avec d’un côté les États-Unis et de l’autre la Chine, se profile un avenir où l’Europe risque d’être subordonnée, divisée et désindustrialisée, et dès lors incapable de préserver ses valeurs. Ces mises en garde ont pour but, conclut Le Soir, de secouer les Européens : la défaite n’est pas une fatalité, à condition d’agir. » Protection et investissements Pour Le Monde à Paris, « si l’Europe veut survivre à la fois économiquement et politiquement, c’est bien conjointement dans deux directions – protection et investissement – qu’elle doit urgemment innover. La révolution technologique chinoise est issue du plan "Made in China 2025", adopté en 2015, qui visait explicitement le développement de secteurs prioritaires. Il est temps pour l’UE de surmonter ses divisions, martèle également Le Monde, afin de définir à son tour des mesures de protection de ses secteurs stratégiques et une politique industrielle s’appuyant sur un plan d’investissement commun et un renforcement de son système scolaire et universitaire. Ces impératifs ne sont pas nouveaux. La situation géopolitique et l’évolution des rapports de force économiques les rendent vitaux. » Soutenir l’Ukraine ! Demain, vendredi, la conférence de Munich, donc, sur la sécurité… « Les Européens au défi de riposter à Donald Trump et Vladimir Poutine », titre Le Temps à Genève. (…) Objectif principal : apporter une réponse commune au lâchage des Etats-Unis face à la menace persistante de la Russie (en Ukraine). » Alors, est-ce la solution ? « Pour contrer Donald Trump, les Européens sont tentés de reparler à Vladimir Poutine », constate Le Figaro à Paris. Mais « qui pour discuter avec le maître du Kremlin ? », s’interroge le journal. « Le choix des émissaires anime les discussions dans les coulisses des capitales européennes, sur fond de rivalité pour le leadership européen. » Et puis, prévient Le Figaro, « si la question d’une reprise des pourparlers avec le président russe est légitime, a fortiori en cas de lâchage de l’Europe par Trump, elle gagnerait à être adossée à certaines conditions. Que Poutine, par exemple, soit prêt à un cessez-le-feu. Mais elle gagnerait surtout à être menée en position de force, c’est-à-dire par une Europe unie, prête à déployer ses muscles et à offrir de fortes garanties de sécurité à l’Ukraine. » Le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine entériné hier par le parlement européen pourrait être un premier pas en ce sens. Il y aura ensuite une négociation finale avec le Conseil, au plus tard début mars. Ces étapes franchies, la Commission pourra effectuer le premier versement début avril. Objectif pour l’Ukraine : acheter des armes, et de préférence en Europe.

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  7. FEB 11

    À la Une: le monde occidental trop frileux face à la Chine

    « Un dernier clou a été enfoncé lundi sur le cercueil des libertés qui, longtemps, ont fait de Hong Kong un territoire à part dans le monde chinois, soupire Le Monde à Paris. Nommés par des autorités à la botte de Pékin, les juges ont retenu une peine particulièrement lourde, de vingt ans de prison, contre le militant prodémocratie et ancien magnat de la presse Jimmy Lai. (…) Hong Kong est stable, parce qu’elle est bâillonnée, et Xi Jinping y a gagné son pari d’une mise au pas impitoyable, déplore encore Le Monde. Le Monde qui regrette aussi les réactions pour le moins frileuses du monde occidental : « la situation n’a pas dissuadé le Premier ministre britannique, Keir Starmer, de se rendre à Pékin et à Shanghai à la fin janvier, alors que Donald Trump pourrait effectuer une visite en avril ». Justement, le Guardian à Londres dénonce la trop grande prudence des autorités britanniques sur cette affaire. « La Grande-Bretagne pourrait adopter une position plus ferme, estime le quotidien britannique. Cela ne garantirait pas la libération de Jimmy Lai, ni n’obligerait la Grande-Bretagne à rompre tout dialogue avec la Chine. Mais si un citoyen britannique peut être déclaré emprisonné illégalement et que la réaction se limite à des appels privés à la clémence, une limite a été franchie – et d’autres ne manqueront pas de le remarquer ». Oubliés les dissidents ! En effet, triste constat, pointe le New York Times : « la défense des dissidents n’est plus une cause publique dans le monde occidental. Il y a 40 ou 50 ans, le monde libre portait une grande importance à des figures comme Soljenitsyne et Sakharov en Union soviétique, ou Havel et Wałęsa dans les pays du bloc de l’est. En 2007 encore, George W. Bush participait à une conférence de dissidents à Prague, soulignant ainsi leur rôle crucial dans une politique étrangère américaine qui ne se contentait pas de belles paroles en faveur des sociétés libres ». Cette époque est désormais révolue… « En 2009, rappelle le New York Times, Hillary Clinton affirmait que les problèmes de droits de l’homme en Chine ne sauraient interférer avec la crise économique mondiale, la crise climatique et les crises sécuritaires. Autrement dit, il y a des affaires plus importantes à régler que les droits de l’Homme ». Et, de nos jours, souligne encore le journal, « sous Trump, la politique américaine est devenue encore plus opportuniste et immorale ». Et pourtant, déplore le quotidien américain, « ce dont Jimmy Lai a besoin, ce n’est pas de la clémence d’un État totalitaire. C’est d’une campagne internationale en sa faveur, menée par des personnes de bonne volonté qui comprennent que c’est chez les dissidents comme lui que réside la défense de la liberté humaine, sa noblesse et sa nécessité, face à des ennemis impitoyables ». Comment l’Europe peut se passer des États-Unis… Enfin toujours dans le cadre de ce monde fragmenté, à lire dans Libération à Paris ce dossier intitulé : « Europe, comment se passer des États-Unis. (…) La brutalité de Donald Trump a fait comprendre au Vieux Continent qu’il devait s’émanciper du parrain américain, pointe le journal. Face à cette situation préoccupante, l’Union européenne n’a plus de temps à perdre pour prendre son indépendance ». Et elle a les atouts pour le faire, affirme Libération : « l’Union européenne est la deuxième ou troisième puissance économique du monde après les États-Unis et au coude-à-coude avec la Chine, une puissance monétaire avec l’euro, et même la première puissance commerciale de la planète. Il serait temps qu’elle le réalise. Ses récents accords de libre-échange avec l’Amérique latine puis avec l’Inde, lui ouvrent de très gros marchés, aptes à compenser, au moins en partie, la potentielle perte du marché américain ». Toutefois, tempère Libération, « si l’on regarde le verre à moitié vide, la situation actuelle est préoccupante : l’Europe n’est pas prête à s’autogérer, elle reste dépendante des États-Unis dans de très nombreux domaines, et non des moindres, le numérique plus particulièrement, mais aussi la défense, les matières premières critiques ou les systèmes de paiement. Elle peut se défaire de ce fil à la patte mais il lui faudra au moins trois à quatre ans pour y parvenir. Et ce, si la situation politique n’empire pas, prévient Libération, c’est-à-dire si l’extrême droite ne rafle pas le pouvoir en France, en Allemagne ou dans d’autres pays clés de l’Union ».

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  8. FEB 10

    À la Une: l'affaire Epstein met Keir Starmer sur la sellette

    L’affaire Epstein n’en finit plus d’éclabousser les grands de ce monde. Keir Starmer, le Premier ministre britannique, est désormais dans une situation bien inconfortable, après la démission de son chef de cabinet et de son directeur de la communication. Tout deux empêtrés dans le scandale sur les liens entre le pédocriminel Jeffrey Epstein et l’ex-ambassadeur britannique à Washington, Peter Mandelson. « Downing Street a immédiatement réagi (après le départ des deux conseillers), pointe Le Monde à Paris, répétant que Keir Starmer n’entendait pas démissionner. Le Premier ministre reste “concentré sur son travail“ et écarte une démission, a répondu son porte-parole ». Reste que « tout est remis en question désormais », s’exclame le Guardian à Londres. « Le mandat de Sir Keir est voué à l’échec », affirme le journal. « La démission de Morgan McSweeney, son chef de cabinet et artisan de son accession au 10 Downing Street, le laisse isolé, sans cap et à la merci d’événements qu’il ne peut maîtriser ». Cette affaire a été la goutte d’eau, affirme encore le Guardian… « Nombreux sont ceux, au sein du Parti travailliste, qui estiment qu’au cours des dix-huit derniers mois, “trop d’erreurs de jugement ont été commises“. (…) Ce gouvernement a désormais perdu la maîtrise du cours des événements, conclut le quotidien britannique. Dans un avenir proche, il est difficile d’imaginer comment il pourrait la reprendre ». Le couperet tombera-t-il début mai ? « Le sol se délite sous les pieds du Premier ministre britannique », renchérit Le Temps à Genève. « Depuis qu’a éclaté le scandale de l’affaire Peter Mandelson, le “prince de l’ombre“ proche du pédocriminel Jeffrey Epstein, la crise de confiance s’intensifie. (…) Au vu de la guerre intestine au Labour, de la mise au jour des lacunes dans la gouvernance du Premier ministre et de la situation économique et sociale très compliquée du Royaume-Uni, les jours de Keir Starmer au 10 Downing Street semblent comptés. Un premier test aura lieu le 26 février lors d’élections locales à Gorton et Denton. Même s’il se passe mal, il est peu probable que le chef travailliste jette l’éponge, ses successeurs potentiels ne s’étant pas encore suffisamment profilés. Le couperet pourrait toutefois tomber, croit savoir Le Temps, au lendemain des élections locales du 7 mai en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. En cas de bérézina, plusieurs figures travaillistes revendiqueront sans doute la tête du Parti et par là même du gouvernement ». Hongkong : l’opposition muselée À la Une également, à Hongkong, l’opposant Jimmy Lai, 78 ans, condamné à 20 ans de prison… Le Times à Londres s’indigne : l’ex-magnat des médias, propriétaire du journal Apple Daily, désormais interdit a été reconnu « coupable de collusion avec des forces étrangères et de publication de contenu séditieux (…), à l’issue d’une audience glaçante de 10 minutes hier ». En fait, « son véritable tort, pointe le journal, a été de froisser le président chinois Xi Jinping par ses critiques acerbes des autorités hongkongaises. (…) La Chine a révélé son vrai visage dans le traitement infligé à l’opposant. Le Royaume-Uni doit désormais soutenir Jimmy Lai et ses collègues emprisonnés, affirme encore le Times, en exerçant une pression internationale pour leur libération ». Interrogé par Libération à Paris, Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Institut français des relations internationales estime « qu’aujourd’hui, il ne peut plus y avoir d’opposition (à Hongkong). (…) Peut-être que Jimmy Lai est la dernière grande figure condamnée, que cette décision est le dernier clou dans le cercueil de la démocratie hongkongaise. (…) La décision du tribunal crée un émoi mondial. Mais je ne pense pas que ça va radicalement changer la position des différents gouvernements dans leur relation à Pékin, affirme encore Marc Julienne. Cette condamnation est une alerte utile pour les pays qui veulent coopérer avec la Chine. Il est probable que les Britanniques, les Américains et les Européens, de manière générale, continuent de faire pression sur les autorités hongkongaises et à Pékin pour demander la libération de Jimmy Lai. Mais une fois que la poussière sera retombée, je doute qu’il y ait un virage à 180 degrés lié à cette condamnation ».

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Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.

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