Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

  1. 1d ago

    L'Allemagne et le Canada signent un accord sur le gaz naturel liquéfié (GNL)

    Le Canada a conclu un accord pour fournir à l'Allemagne du gaz naturel liquéfié (GNL) provenant d'une usine qui devrait voir le jour sur la côte ouest canadienne. Cet accord est un atout pour le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui souhaite doubler les exportations du pays vers les marchés non-américains. C'est aussi une bonne nouvelle pour l'Europe. Alors que les Européens cherchent activement un approvisionnement en gaz pour remplacer les livraisons en provenance de Russie et du Moyen-Orient, les autres pays en font autant – comme l'Inde qui a réduit d'un tiers ses importations de pétrole russe et se tourne vers l'Amérique latine et l'Afrique pour les compenser. Ainsi, les routes du commerce mondial d'hydrocarbures sont en train de se redessiner. Dans ce contexte, le Canada souhaite apparaître comme un partenaire fiable qui n'utilisera pas l'énergie comme moyen de pression sur d'autres pays. Et ce alors que son GNL coûte plus cher. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022 Le nouveau terminal de liquéfaction Compte tenu du coût élevé de la construction des infrastructures nécessaires, le gaz naturel canadien coûte en effet plus cher que celui de ses concurrents. Mais cela pourrait changer. Le Canada possède d'énormes réserves de gaz naturel. Cependant, l'écrasante majorité de sa production doit transiter via les États-Unis par un gazoduc car, jusqu'à récemment, le pays ne disposait d'aucune installation d'exportation de GNL sur sa côte ouest. L'été dernier, en partenariat avec le groupe anglo-néerlandais Shell Plc, la construction d'un nouveau terminal de liquéfaction a été achevée. Il s'agit de la première phase du projet LNG Canada.  Berlin va acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an L'accord avec l'Allemagne fait partie de ce projet. Berlin s'est engagé à acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an au Canada. Cela équivaut à la consommation de l'électricité de la ville de New York pendant plus d'un mois. Le gaz proviendrait de l'usine Ksi Lisims, un projet de construction situé plus au nord, près de la frontière avec l’Alaska. À terme, cette usine devrait produire jusqu'à 12 millions de tonnes de GNL par an. Grâce à ce vaste projet, Ottawa compte doubler ses exportations de GNL vers les marchés non-américains. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l’accélération de la demande en gaz algérien»

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  2. 2d ago

    La Chine découvre un immense champ de gaz de schiste

    La Chine annonce la découverte d’un immense champ de gaz de schiste ultraprofond dans le bassin du Sichuan. Pékin évoque plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées, une avancée présentée comme stratégique pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Mais derrière cette annonce spectaculaire, de nombreuses inconnues demeurent sur le calendrier réel d’exploitation et l’impact concret de cette découverte. De notre correspondante à Pékin, Le nouveau champ gazier découvert par Sinopec se situe dans le bassin du Sichuan, à plus de 4 500 mètres de profondeur. Les autorités chinoises parlent d’un champ de gaz de schiste « ultra-profond », avec plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. Ce gisement représente environ la moitié de la consommation annuelle de gaz de la Chine. Pékin met en avant une avancée technologique importante : le schiste exploité ici remonte au Cambrien, une formation vieille de plus de 500 millions d’années, présentée comme l’une des plus anciennes formations de schiste exploitées à grande échelle au monde. Mais à ce stade, aucun calendrier précis de commercialisation n’a encore été annoncé, et la découverte d’un gisement ne signifie pas automatiquement une exploitation rapide. À lire aussiGazoduc «Force de Sibérie 2 »: des progrès mais toujours pas d’accord entre la Russie et la Chine Une exploitation complexe et coûteuse L’exploitation de ce type de gaz reste particulièrement difficile. À ces profondeurs, les forages doivent résister à des températures et des pressions très élevées, tandis que les caractéristiques géologiques du réservoir restent difficiles à maîtriser. Le gaz de schiste chinois est aussi plus compliqué à exploiter que celui des États-Unis, souvent situé plus profondément et dans des zones géologiques plus complexes. Résultat : les coûts de production sont élevés et la rentabilité dépend largement des prix mondiaux du gaz. Même avec des réserves importantes sur le papier, plusieurs années pourraient donc être nécessaires avant une production industrielle à grande échelle. À lire aussiLa tension sur le marché du gaz dope la vente de charbon Un enjeu stratégique pour Pékin Cette annonce intervient alors que la Chine cherche à renforcer sa sécurité énergétique. Le pays reste le premier importateur mondial de gaz naturel et dépend encore fortement des importations de gaz naturel liquéfié et des gazoducs venant notamment de Russie et d’Asie centrale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités commerciales croissantes, Pékin cherche depuis plusieurs années à sécuriser davantage ses approvisionnements énergétiques. À ce stade, difficile donc d’évaluer l’impact réel de cette découverte sur le marché mondial. Mais la Chine cherche aussi à envoyer un signal politique et technologique : celui d’un pays capable de développer des technologies d’extraction toujours plus complexes pour consolider son autonomie stratégique sur le long terme. À écouter dans C'est pas du ventLa ruée vers les énergies fossiles continue...

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  3. 3d ago

    Agrumes: l'Afrique du Sud détrône l'Espagne et devient le premier exportateur mondial

    C'est après la banane la catégorie de fruits la plus commercialisée au monde, les agrumes : orange, clémentine, mandarine, citron, pamplemousse… En 2025, l'Afrique du Sud a détrôné l'Espagne pour devenir le premier exportateur mondial.  En 2025, l'Afrique du Sud a exporté plus de 3 millions de tonnes d'agrumes, un chiffre en hausse de près de 30 % en un an. Une réussite qui repose d'abord sur une production dynamique. Le pays bénéficie d'un climat favorable et varié qui offre des agrumes réputés sur les marchés mondiaux. Autre atout : une filière très organisée, soutenue par les autorités. Pretoria travaille en effet depuis des années à doper les exportations en ouvrant de nouveaux marchés et en allégeant certaines contraintes sanitaires.  "C'est une filière qui figure parmi les modèles au niveau de l'exportation d’agrumes, et même sur l'ensemble des arbres fruitiers, analyse Eric Imbert chercheur en économie au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (le CIRAD). Les organisations sont très professionnelles et actives : de la recherche variétale en passant par la production, de l'export au contrôle sanitaire" Enfin, il y a un effet calendrier : entre juin et septembre, ce sont les producteurs de l'hémisphère sud qui alimentent les marchés mondiaux. Le reste de l'année, l'hémisphère nord prend le relais. Or quand le Nord produit moins – comme c'est le cas ces dernières années –, cela fait les affaires des pays comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiL'Afrique du Sud signe un nouveau record dans ses exportations agricoles, agrumes en tête L'Espagne, leader historique des agrumes, reléguée à la deuxième place L'Espagne subit de plein fouet les effets du changement climatique. Sécheresse, pluies printanières, températures élevées et épisodes de grêle, la saison 2025/2026 a encore été compliquée. Résultat, la production d'oranges, le principal agrume du pays, a chuté de 6 % sur la période, son plus bas niveau depuis 16 ans. Au-delà du climat, l'Espagne fait aussi face à des défis plus structurels : vieillissement des vergers et abandon de certaines exploitations. Moins de production, cela signifie mécaniquement moins d'exportations.  Ainsi, pour la deuxième fois en 20 ans, l'Espagne est passée l'année dernière sous la barre des trois millions de tonnes d'agrumes exportés (2,98 millions de tonnes). À lire aussiEn Espagne, le congé climatique est-il une réponse aux catastrophes naturelles qui se multiplient? L'Afrique du Sud peut-elle garder sa place de numéro un ? Le principal risque vient aujourd'hui du Moyen-Orient, qui représente près d'un cinquième des exportations sud-africaines d'agrumes. Les tensions géopolitiques perturbent à la fois la demande et le transport maritime. Le fret coûte plus cher, les délais de livraison s'allongent et c’est en bout de chaîne les exportateurs qui absorbent les surcoûts logistiques. À cela s'ajoutent des coûts de production en hausse pour les agriculteurs sud-africains sur les engrais ou le carburant. Fin mars, le gouvernement sud-africain a bien tenté d'amortir le choc avec des aides sur le carburant, mais les effets de la crise au Moyen-Orient risquent de peser durablement sur la filière. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

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  4. 3d ago

    De New Delhi à la Californie: l'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur l'énergie

    Malgré des avancées dans les négociations, la guerre entre l'Iran et les États-Unis plonge toujours le commerce mondial dans la tourmente. L'Inde est l'un des pays qui en subit le plus les conséquences, notamment à travers des difficultés d'approvisionnement en gaz de cuisine. Des perturbations qui ont des conséquences à 13 000 kilomètres de là, en Californie. L'Inde est très dépendante du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour son économie. C'est d'ailleurs le principal combustible utilisé dans la cuisson. Environ 60 % de ce gaz est importé de l'étranger, dont 90 % provenait du Moyen-Orient avant la guerre. Mais avec le blocage du détroit d'Ormuz et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, New Delhi a dû revoir sa copie. En mars, pour éviter la pénurie, le gouvernement a publié un décret ordonnant aux raffineurs indiens de maximiser la production de gaz de pétrole liquéfié. Pour augmenter leur production, ces raffineurs n'ont eu d'autre choix que de réduire drastiquement celle d'alkalyte, une sorte de carburant issu d'un procédé chimique complexe, qui aboutit à une essence très pure, dépolluée de plusieurs matières dangereuses, comme le benzène. Reliance Industries, entreprise indienne qui exploite la plus grande raffinerie du monde, fait tourner son unité d'alkylation au strict minimum. Ainsi, d'après le cabinet Kpler, les exportations totales d'alkylates indiennes ont chuté à 33 000 barils par jour. Soit leur plus bas niveau en trois ans. À lire aussiFermetures, rationnements: en Inde, le blocage du détroit d'Ormuz provoque des pénuries de gaz Risque de pénurie en Californie ? Or, à 13 000 kilomètres de là, sur la côte ouest américaine, la Californie est très gourmande en alkylate. C'est un additif très pur, dont la combustion est un peu moins polluante. Il est donc très recherché dans cet État où les normes environnementales sont plus strictes que dans le reste des États-Unis. L'American Fuel & Petrochemical Manufacturers va même plus loin : sans alkylate, la Californie ne peut pas produire son carburant dit « propre ». La Commission de l'énergie de Californie se veut toutefois rassurante : l'État dispose de stocks suffisants et il n'y a pas de pénurie à prévoir. Mais tout de même, la baisse des exportations indiennes signifie moins d'offre, alors que la demande, elle, ne faiblit pas. Résultat : les prix augmentent dans le Golden State. En moyenne, les Californiens paient plus de 6 dollars le gallon (1,36 euro le litre), contre 4,50 dollars le gallon pour la majorité des Américains. À lire aussiPétrole : la crise profitera-t-elle aux producteurs africains?

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  5. 5d ago

    L'Indonésie reprend le contrôle sur ses exportations de ressources stratégiques

    La guerre au Moyen-Orient incite certains pays à vouloir reprendre la main sur leurs exportations. C'est le cas de l'Indonésie, qui a annoncé une réforme drastique visant à contrôler ses exportations de ressources stratégiques. Une décision qui laisse planer un climat d'incertitude sur le commerce mondial. C'est une décision qui inquiète les acteurs du commerce international. Grand pays exportateur, l'Indonésie représente à elle seule près de la moitié des échanges mondiaux de charbon thermique, utilisé pour produire de l'électricité et de la chaleur. Dans le contexte actuel de la guerre au Moyen-Orient, avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, l'Asie pourra difficilement se passer de cette ressource essentielle. Le Japon et la Corée du Sud se tournent, quant à eux, vers le charbon pour combler le déficit laissé par les pénuries de gaz naturel liquéfié. L'Indonésie est également le premier exportateur mondial d'huile de palme et le premier producteur de nickel, un composant essentiel à la fabrication de batteries électriques, dont les prix ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Le pays approvisionne principalement la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Japon. Des conséquences sur les prix et les échanges Le fonds souverain indonésien, qui chapeaute la société d'État, a affirmé qu'il honorerait les contrats d'exportation existants, tout en se réservant le droit de renégocier les prix déjà fixés. Cette mesure, qui s'inscrit dans la volonté du pays de renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles et d'accroître les recettes publiques, pourrait ainsi renchérir les coûts et potentiellement perturber certaines expéditions à court terme. Un monopole d'exportation contrôlé par l'État peut aussi réduire la concurrence et l'efficacité du marché, décourageant potentiellement l'investissement privé dans le pays, Les marchés, eux, ont assez mal réagi à cette annonce. À la Bourse de Jakarta, le géant de la production d'huile de palme, le Singapourien First Resources, a plongé de 13%. Les investisseurs craignent que les producteurs ne doivent sacrifier une partie de leur marge et perdent leur capacité à négocier les prix en vendant par l'intermédiaire de l'État indonésien. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne

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  6. May 21

    Le cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle

    Le prix du cuivre atteint des sommets. Le métal rouge a dépassé les 14 000 dollars la tonne, proche de son record historique. En cause : la demande explosive des centres de données liés à l'intelligence artificielle, mais aussi les tensions sur l'approvisionnement en soufre, indispensable à son extraction. Le cuivre n'a jamais été aussi convoité. Indispensable à la transition énergétique (réseaux, voitures électriques, éoliennes), il est aussi devenu crucial pour le développement de l'intelligence artificielle. Les centres de données, extrêmement gourmands en câbles et infrastructures électriques, font bondir la demande mondiale. Résultat : le cours du cuivre a déjà progressé de 13 % depuis le début de l'année. Mais l'IA n'explique pas tout. La hausse des dépenses militaires des pays de l'Otan, avec des objectifs de défense pouvant atteindre 5% du PIB, alimente aussi les besoins en cuivre à long terme. Or, l'industrie minière peine à suivre : il faut souvent entre 10 et 20 ans pour ouvrir une nouvelle mine. Et plusieurs grands producteurs sont sous pression. À lire aussiLes prix du cuivre en augmentation de près de 25% cette année Le difficile approvisionnement du soufre fragilise le secteur En Indonésie, la gigantesque mine de Grasberg, l'une des plus importantes au monde, a été touchée par de fortes intempéries. Elle ne devrait retrouver sa pleine capacité qu'en 2028. Au Chili, premier producteur mondial de cuivre, la production devrait encore reculer cette année. Le pays fait face à une baisse de la teneur des minerais, à des coûts d'extraction plus élevés, mais aussi à des tensions sur l'eau dans les régions minières. Autre sujet d'inquiétude : le soufre en provenance du Moyen-Orient. L'acide sulfurique, produit à partir du soufre, est indispensable pour extraire le cuivre du minerai. Or, son approvisionnement est aujourd'hui fragilisé. La baisse de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient – dont le soufre est un sous-produit – réduit les volumes disponibles. Et les tensions autour du détroit d'Ormuz perturbent le commerce maritime de cette matière première stratégique. La région représente à elle seule un quart de la production mondiale de soufre et près de la moitié du commerce maritime d'acide sulfurique. Conséquence : plusieurs pays importateurs font face à des difficultés d'approvisionnement, aggravées par les restrictions à l'exportation imposées par la Chine. Car Pékin reste le principal moteur de la consommation mondiale de cuivre. Et la Chine accélère aussi ses investissements miniers, notamment en République démocratique du Congo, où un projet pourrait produire jusqu'à 500 000 tonnes de cuivre par an – de quoi en faire l'une des plus grandes mines au monde. À lire aussiLes prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient

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  7. May 21

    Malgré une baisse de la demande, le platine reste proche de son plus haut niveau historique

    Le platine est un métal blanc parmi les plus rares au monde. Il sert à faire des bijoux et il est très utilisé dans l'industrie, notamment automobile. La demande de platine diminue en ce début d'année, et pourtant, à 2 000 dollars de l’once, les cours sont proches de leur plus haut historique. Même si la demande en platine a baissé de presque 10 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier, elle reste largement supérieure à l'offre. Les industriels du secteur s'attendent à ce que, pour la quatrième année consécutive, le monde consomme significativement plus de platine qu'il n'en produit. L'Afrique du Sud, qui représente à elle seule près des trois quarts de la production de platine raffiné, a pourtant vu sa production augmenter de 40 % début 2026. Mais c'est une augmentation en trompe-l'œil qui cache mal un simple retour à la normale après les pluies diluviennes et l'effondrement d'un barrage en février 2025 qui avaient fortement perturbé l'activité minière dans la région de Limpopo, au nord du pays. D'autant qu'à l'inverse, la production a fortement baissé au Zimbabwe et en Russie et reste stable aux États-Unis. À lire aussiAnglo American se sépare de ses mines de platine en Afrique du Sud Forte augmentation du recyclage et baisse de la demande de la joaillerie L’offre est soutenue par le recyclage qui représente désormais près d'un quart du platine mis sur le marché chaque année. Les industriels s'attendent à une progression de presque 10 % en 2026. L'industrie automobile est particulièrement consommatrice : le platine est un composant essentiel des catalyseurs qui servent à filtrer les émissions des véhicules diesel et essence. Les véhicules 100 % électriques n'en ont donc pas besoin, mais les véhicules hybrides qui représentent une part croissante du marché. De manière générale, la demande de platine à usage industriel continue d'augmenter fortement. En revanche, la demande pour le platine à destination de la joaillerie recule de 12 %. Une chute significative alors que le secteur représente un quart de la demande mondiale en platine. Le platine, un produit d’investissement moins intéressant   La baisse de la demande s’explique aussi par le blocage du détroit d’Ormuz. Le platine est utilisé par l'industrie pétrolière dans le processus de raffinage qui permet de transformer le pétrole brut en essence ou en kérosène. Alors que les infrastructures de la région ont été frappées, la demande en platine venue du Golfe a brutalement chuté. Une baisse à relativiser, l’industrie pétrolière ne représentant que 2 % de la demande en platine. En revanche, le conflit au Moyen-Orient a eu des conséquences plus indirectes sur le cours du platine : en raison de la flambée du pétrole et donc de l'inflation, les investisseurs s’attendent à une augmentation des taux d'intérêt qui rend moins intéressants les placements dans les métaux précieux, comme l'or ou… le platine. Et cela commence déjà à se voir dans les portefeuilles des traders et des fonds d'investissement : la demande pour le platine en tant que produit d'investissement a chuté de moitié début 2026. Toutes ces incertitudes et ces tendances contradictoires expliquent que le platine se négocie aujourd'hui autour de 2 000 dollars de l'once, en recul par rapport au pic historique de janvier, mais encore deux fois plus cher que les cours début 2025. À lire aussiPétrole: pourquoi un baril à 250 dollars devient crédible

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  8. May 19

    Quels seront les prix du coton africain de la prochaine saison?

    L'approche des semis de coton sur le continent africain va de pair avec l'annonce des prix payés au producteur. Dans les pays concernés, les discussions sont dans leur dernière ligne droite, mais l'équation s'annonce particulièrement compliquée cette année.   L'enjeu est de trouver le meilleur équilibre pour satisfaire l'attente des cotonculteurs mais aussi celle des sociétés chargées de l'égrenage, qui leur achètent le coton qui sera ensuite exporté, sous forme de fibres, au prix du marché mondial. Dans les pays francophones du continent, les prix payés aux producteurs sont généralement fixés pour toute la saison. Cette année, ils étaient compris entre 300 et 350 FCFA le kilo de coton graine en Afrique de l'Ouest et 280 FCFA au Cameroun. Un prix stable ou en légère hausse selon les pays, par rapport à l'année précédente, mais trop élevé par rapport au cours mondial. Résultat, la campagne a été difficile et le coton africain a eu du mal à se vendre, avec de multiples conséquences pour tous les acteurs de la filière. À lire aussiLe coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre Coton et engrais, deux prix à équilibrer Un ou deux pays ont déjà fait savoir, sans l'officialiser, qu'ils allaient annoncer un maintien des prix, mais ailleurs il ne faut pas exclure une baisse, explique Youssouf Djimé Sidibé, secrétaire permanent de l'Association des producteurs de coton africain (l'APROCA). L'impact de ce prix pour les producteurs dépendra beaucoup de celui des engrais. Les cotonculteurs seront en effet plus enclins à accepter un prix en baisse s'il s'accompagne d'une diminution des coûts de production, sachant que les engrais sont avancés par les sociétés cotonnières, et ensuite remboursés sur la vente de la récolte. Or le contexte actuel est plutôt à une flambée du prix des intrants, que seule une subvention gouvernementale pourrait atténuer. La prochaine récolte se joue en ce moment, résume un spécialiste de la filière. Un acteur de la filière coton camerounaise confirme : « Si le prix garanti aux producteurs n'est pas au moins équivalent à celui de l'an dernier, ils risquent de se décourager avant même le début des semis car ils ne peuvent pas se permettre de produire à perte. » À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Impact de la hausse des cours La hausse des cours mondiaux ces dernières semaines peut-elle avoir un impact sur les prix payés au producteur ? Ces prix élaborés pour l'année sont le résultat d'une formule mathématique qui est à peu près similaire dans tous les pays : elle dépend de la santé financière des sociétés cotonnières, du cours du dollar et de la moyenne des cours mondiaux calculée sur plusieurs mois. Or les cours mondiaux n'ont augmenté de manière significative que depuis peu. Un peu tard, pour avoir une véritable influence sur les prix. L'impact est surtout psychologique : un producteur voyant les cours mondiaux orientés à la hausse depuis plusieurs semaines aura peut-être du mal à accepter qu'on lui propose moins que l'année dernière pour acheter son coton. À lire aussiLes acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

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