Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

  1. 2D AGO

    La Guinée, premier pays exportateur de bauxite, cherche à peser sur les cours

    La Guinée voudrait peser plus sur le marché mondial de la bauxite, un minerai qui, transformé en alumine, sert ensuite à fabriquer l'aluminium. Le pays en est déjà le premier exportateur, mais il réfléchit maintenant à instaurer un système de contrôle des volumes commercialisés. Cette démarche des autorités guinéennes s'inscrit dans un contexte de baisse des cours. Ils ont été divisés de près de la moitié depuis début 2025, car plus de bauxite a été mise sur le marché qu'en 2024, année où la production avait été perturbée chez plusieurs fournisseurs. La Guinée a elle-même contribué à la baisse des prix enclenchée l'année dernière, puisqu'elle a vu ses exportations grimper de 25% grâce à une demande chinoise plus forte. Cette demande est liée à la fois à l'ouverture de nouvelles raffineries d'alumine et à la décision de l'Indonésie de ne plus exporter de bauxite, pour développer sa propre industrie de transformation.  L'exemple de la RDC et du Zimbabwe L'objectif de la Guinée est de faire remonter les prix en 2026, car « la baisse des prix associée à la hausse des coûts de transport a comprimé les marges des producteurs », explique Jethro Wookey, analyste en chef pour le marché de l'aluminium chez Argus Media. Elle a aussi fait baisser les recettes de l'État.  Reste à déterminer sous quelle forme cette régulation se fera. Ira-t-on vers des quotas stricts comme c'est le cas en RDC pour le cobalt ? La RDC a prouvé qu'il était possible pour un État africain d'avoir un impact sur les cours mondiaux, tout comme le Zimbabwe plus récemment avec ses restrictions sur les exportations du lithium. Cela a sûrement inspiré la Guinée, qui aurait, selon l'agence Bloomberg, déjà commencé à discuter avec le secteur minier, dans lequel sont impliqués des groupes étrangers. La bauxite guinéenne est en effet exploitée en partenariat avec des actionnaires chinois (Hongqiao), singapouriens (Winning International) ou encore australiens (Rio Tinto). À lire aussiLe Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l'export Pression liée à la guerre en Iran D'un point de vue guinéen, le besoin d'agir sur le marché se justifie encore plus depuis le début de la guerre en Iran. Le Golfe est en effet une zone de production d'aluminium. C'est donc une région qui importe de la bauxite et de l'alumine. La guerre fait actuellement baisser les besoins et va créer un excédent sur le marché qui n'était pas prévu. « Il est fort probable qu'on assiste à une baisse des prix due à une diminution de la demande globale », explique Jethro Wookey. Soit l'inverse de ce que cherche la Guinée. Un contrôle sur les volumes exportés permettrait peut-être, dans un premier temps, d'éviter que les prix ne tombent encore plus bas que ce qu'ils sont aujourd'hui. À lire aussiLa Guinée reprend le contrôle du transport de sa bauxite pour maximiser les revenus

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  2. 3D AGO

    L'hélium, un gaz rare pénalisé par la fermeture du détroit d'Ormuz

    L'hélium est peut-être la ressource naturelle la plus touchée par la guerre en Iran. Le Qatar fournit un tiers de la production mondiale de ce gaz indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, mais qui sert aussi à l'imagerie médicale ou encore à gonfler les ballons d'anniversaire. Or, depuis les premiers jours de la guerre, le Qatar ne produit et n'exporte plus du tout d'hélium. La production du Qatar a cessé depuis que la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, située dans le pays, celle de Ras Laffan, s'est arrêtée, suite à une attaque iranienne de drone. L'hélium étant un sous-produit du GNL, il n'est plus fabriqué non plus. Il faudra compter « entre 6 et 8 semaines supplémentaires après la reprise de la production pour retrouver le niveau des exportations d'avant-guerre », explique Nicolas Pelissier, président de la start-up 45-8 Energy. Un délai confirmé au Financial Times par le ministre qatarien de l'Énergie. Ce délai prend en compte la relance de la production de GNL, le redémarrage des opérations de séparation chimique et de liquéfaction de l'hélium, ainsi que la remise en service des conteneurs très spécifiques à ce gaz qui sont restés coincés dans le détroit d'Ormuz – purge et remplissage. L'hélium est en effet acheminé dans ce qu'on appelle des ISO conteneurs qui permettent de maintenir le gaz à -269°C, la température à laquelle il reste liquide et peut être transporté. La production qui était déjà chargée, et qui n'a pas pu quitter la région, est considérée comme perdue, car – c'est encore une spécificité de l'hélium – après une quarantaine de jours, le gaz commence à s'éventer. À lire aussiLe dumping russe joue les trouble-fêtes sur le marché de l'hélium Dépendance européenne Parmi ceux qui ont des raisons de s'inquiéter, il y a les acheteurs européens, car l'Europe est dépendante à hauteur de 40% du Qatar. C'est plus que la moyenne mondiale. À très court terme, les principaux utilisateurs sont cependant à l'abri : il y a des stocks souterrains en Allemagne qui pourront répondre à la demande européenne, ou en tout cas à une partie puisqu'ils appartiennent à Air Liquide qui servira, en priorité, ses clients, mais potentiellement d'autres acheteurs aussi. Plusieurs fabricants de puces en Corée du Sud et à Taïwan ont fait savoir qu'ils n'étaient pas en rupture de stocks dans l'immédiat. Si le blocage ne dure que deux à trois mois, l'impact pourrait donc être « relativement contenu », estime Nicolas Pelissier. Si le conflit s'éternise, l'effet sera plus douloureux car aucun industriel ne peut stocker d'importantes quantités d'hélium, en raison des déperditions constatées après 40 jours. Les mieux lotis seront ceux qui ont diversifié leurs fournisseurs ou ceux qui ont accès à une des rares infrastructures souterraines de stockage qui existent dans le monde, telles que celles présentes en Allemagne ou aux États-Unis. À plus long terme, un certain nombre d'investissements pourraient être remis en cause, craint Nicolas Pelissier : les capacités supplémentaires de production qui devaient être mises en service en 2027 et 2028 au Qatar pourraient être retardées, l'hélium n'étant pas la priorité de Qatar Energy. « La guerre pourrait rebattre les termes de la géopolitique de l'hélium dans les prochains mois », résume le président de 45-8 Energy. Le Qatar incontournable Les industriels peuvent difficilement faire sans les exportations du Qatar. Il n'y a pas de substitut à l'hélium. Ce gaz reste incontournable dans les technologies de pointe. Il n'y a pas non plus de sources alternatives suffisantes : 97 % de la production est concentrée entre quatre fournisseurs que sont le Qatar, les États-Unis, l'Algérie et la Russie. Pour les pays qui n'achètent pas d'hélium russe – c'est le cas des membres de l'Union européenne –, il ne reste que deux fournisseurs, et cela ne suffit pas à compenser les volumes qui ne sortent plus du détroit d'Ormuz.  La guerre en Iran confirme l'urgence de diversifier les sources d'approvisionnement. En Europe, le constat a déjà été fait. Les États membres se sont fixé l'objectif de produire 10% des besoins en hélium de l'UE d'ici la fin de la décennie. Un premier projet en Allemagne doit voir le jour fin 2027-début 2028.  L'impact du conflit en cours sur les prix est difficile à évaluer puisque la majeure partie de l'offre est négociée de gré à gré et vendue via des contrats à long terme. L'hélium qui reste disponible sur le marché, pour un achat immédiat, a cependant augmenté d'environ 25%. Cette hausse devrait se poursuivre tant que l'approvisionnement ne sera pas rétabli. À lire aussiHélium: un marché de plus en plus stratégique

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  3. 4D AGO

    La viande de chameau, un marché en croissance en Afrique de l'Ouest

    La viande de chameau est de plus en plus plébiscitée, dans les pays arides et semi-arides, où elle est historiquement consommée. Sa consommation se développe aussi dans d’autres régions, notamment en Afrique de l'Ouest.  Actuellement, on ne compte que 42 millions de têtes de chameaux, soit moins de 1% du cheptel de viande rouge mondial. Le marché reste bien plus petit que celui du bœuf ou du poulet, mais il se développe vite. Selon Bernard Faye, chercheur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), la production de viande de chameau a augmenté de 6 à 7% par an depuis les années 2000, pour atteindre, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), en 2024, quelques 661 000 tonnes. Ces données sont peu précises, car les chameaux sont surtout vendus vivants, transportés par voie terrestre depuis la corne de l'Afrique ou le Sahel. Une partie n'est donc pas déclarée. Nouveaux débouchés Cette marchandise, transportée par voie terrestre, passe par des zones risquées. Une première route historique part des pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger…) vers l'Algérie et la Libye, tandis qu'une seconde part de la corne de l'Afrique. Les pays qui exportent le plus sont le Soudan, l'Éthiopie et la Somalie, principalement vers l'Égypte et la péninsule arabique.  Du fait des risques sécuritaires au Sahel, ces dernières années, les commerçants sahéliens « se tournent vers de nouveaux pays », explique Bernard Faye, comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Nigeria, ou encore le Sénégal, qui ne consommaient pas de viande de chameau il y a encore 10 ou 15 ans. Ces pays côtiers font augmenter la demande, attirés par une viande rouge moins chère que le bœuf, et jouissant d'une bonne réputation nutritive, et même selon certains de vertus aphrodisiaques. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe Un marché d'avenir  Le chameau est un animal qui supporte des températures très élevées et qui est facile à nourrir. Il s'agit donc d'une viande intéressante dans un contexte de changement climatique, rappelle Marc Debets, président d'Apexagri. De plus, la filière a une vraie marge de progression pour les prochaines années. Actuellement, les pays où sont élevées les bêtes manquent cruellement d'infrastructures, notamment pour l'abattage. Or, si ces pays parviennent à transformer le bétail en carcasses, ils seront en capacité de dégager plus de valeur. À condition d'investir, la viande de chameau est donc considérée comme un marché d'avenir, en Afrique comme dans le Golfe. À lire aussiMaroc: la filière dromadaire en crise face au changement climatique

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  4. 5D AGO

    Le Tchad confirme son potentiel de production de gomme arabique

    Le conflit qui oppose l’armée régulière aux forces paramilitaires soudanaises s'est intensifié ces derniers mois et continue d'avoir un impact sur l'économie du pays, en particulier sur le commerce de la gomme arabique, un ingrédient clé dans les boissons gazeuses et les chewing-gums dont le Soudan est le premier exportateur mondial.   Près de trois ans après le début de la guerre, la filière est toujours en pleine recomposition. Tous les acteurs ont dû s'adapter, que ce soit les collecteurs de gomme, les négociants et les importateurs. Trois ans après, il est difficile de savoir comment la filière locale s'est vraiment réorganisée et quel est l'état des stocks dans le pays. Les importateurs et notamment les deux premiers acheteurs mondiaux, les Français Nexira et Alland & Robert, reconnaissent avoir dû faire face à des moments difficiles, mais continuent à travailler avec leurs fournisseurs historiques et à faire sortir l'essentiel de leurs achats de gomme via Port-Soudan. L'éclatement du conflit a fait grimper les prix durablement : en trois ans ils ont augmenté de plus de 50 %, voire 100 % pour certaines qualités, confie un de nos interlocuteurs. Les données douanières rapportées par le service de diffusion d'informations agricoles N'Kalo montrent, pour 2025, une baisse de plus de 20 % des exportations soudanaises – soit 56 000 tonnes. Le chiffre est indicatif, car des quantités de gomme soudanaise transitent de manière informelle via d'autres pays, et changent d'origine. À lire aussiGomme arabique, la résilience soudanaise après un plus d'un an de guerre Consolidation de la filière au Tchad Face aux difficultés du secteur soudanais, une partie de la demande des industriels s'est reportée sur le Tchad. Les exportations ont augmenté de plus de 40 % l'année dernière, soit environ 30 000 tonnes, selon N'Kalo. Elles sont en forte progression aussi bien vers l'Europe que vers l'Inde et les États-Unis, les trois bassins d'importation.  Même s'il n'est pas exclu que de la gomme soudanaise traverse la frontière, les chiffres reflètent avant tout une hausse de la production tchadienne selon la direction de Nexira. Le pays a toujours eu un bon potentiel de production, mais la collecte a longtemps souffert du manque d'infrastructures, à commencer par des routes. La guerre au Soudan et la hausse des prix qu'elle a engendrée ont donné un coup d'accélérateur à la structuration de la filière tchadienne. Les prix ont été incitatifs pour ceux qui ramassent la gomme et les acheteurs intermédiaires qui ont investi dans des entrepôts de stockage, mais aussi dans des programmes d'appui aux producteurs. « La hausse des infrastructures est impressionnante », témoigne Charles Alland, PDG d'Alland & Robert, de retour du Tchad et persuadé que le pays peut encore faire plus en termes de production. La direction de Nexira confirme le potentiel important du Tchad, où la société s'est investie depuis plusieurs années dans un projet de plantation d'acacias en partenariat avec l'ONG Sos Sahel. Producteurs de plus en plus nombreux Les acacias poussent dans toute la bande sahélienne. Sans surprise, on assiste donc à une remontée de la production dans les pays qui ont déjà une histoire avec la gomme, c'est le cas de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali. Les acheteurs ont un œil aussi sur le Soudan du Sud, le Niger, et sur le Kenya, un nouveau venu dans le secteur.  Alland & Robert se fournit désormais au nord du Kenya, où l'industriel explique avoir soutenu l'émergence d'une filière de A à Z. Un investissement qui a permis à la société d'acheter plusieurs centaines de tonnes de gomme en 2025. Depuis le début de la crise au Soudan, les importateurs français ne cachent pas leur volonté d'identifier et d'établir de nouveaux partenariats avec des fournisseurs alternatifs, même si leur politique numéro 1, disent-ils, reste de maintenir la filière soudanaise, qui fait vivre des millions de personnes. À lire aussiAu Kenya, la collecte de la gomme arabique s’organise

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  5. 6D AGO

    Pourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran?

    Alors que les matières premières énergétiques ont flambé, les cours des céréales ont beaucoup moins réagi au blocage du détroit d'Ormuz. C'est notamment le cas de ceux du blé. Les cours de la céréale du pain s'étaient envolés au début de la guerre en Ukraine. En 2022, la guerre en Iran n'a pas du tout eu le même impact. La perturbation des flux maritimes en mer Noire dans les premiers mois de la guerre en 2022 avait touché un hub céréalier, l'Ukraine et la Russie étant des exportateurs majeurs. La guerre en Iran touche, elle, un hub énergétique et les pays du Golfe sont des importateurs de céréales. Le conflit ne prive pas le marché mondial de matières premières agricoles. L'effet sur les prix ne peut donc pas être le même. C'est d'autant plus vrai que les fondamentaux, c'est-à-dire l'offre et la demande en céréales, ne sont pas tendus en ce moment. Sur un an, les prix du blé ont même baissé dans les principaux pays, sauf aux États-Unis où la demande est assez forte et en Australie, note FranceAgriMer, la cellule de veille du ministère français de l’Agriculture. Un autre facteur contient les prix du blé : les stocks mondiaux sont à leur plus haut niveau en cinq ans. L'influence des prix du pétrole Les prix restent tout de même influencés par la hausse du pétrole, « la corrélation est assez bonne », relève Arthur Portier, consultant chez Argus Media France. Moins fort et moins vite, les prix suivent donc et ont augmenté de 5 à 8 % environ depuis le début de la guerre en Iran. Ils devraient continuer à monter, si le pétrole poursuit sur sa lancée.  Pour l'instant, la hausse est en tout cas trop faible pour les agriculteurs qui doivent composer avec une augmentation soudaine très forte du prix du carburant et des engrais. En quelques jours, l'écart s'est creusé entre le prix de vente des céréales et les coûts de production et fragilise la santé financière des exploitations. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Des importateurs pour l'instant approvisionnés À ce stade, l'arrêt des importations de céréales par le détroit d'Ormuz n'est pas problématique pour les pays du Golfe. Pour l'instant, le gros des achats saisonniers a déjà été réalisé, explique Arthur Portier : sur cette campagne 2025/2026, l'Arabie saoudite, qui est le principal importateur, a acheté un peu plus de quatre millions de tonnes de blé et autant de maïs.  « La possibilité de réorienter les flux d’importation vers des ports situés hors du Golfe, en particulier sur la mer Rouge, comme Jeddah ou King Abdullah pour l’Arabie saoudite » pourrait contribuer à éviter une pénurie à court terme, relève FranceAgriMer. Les autres pays sont aussi couverts, d'autant que cette période de l'année ne correspond pas à un pic de la demande : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Irak et Iran ont acheté au total environ 20 millions de tonnes de grains – blé, maïs et orge confondus – pour 2025/2026. À court terme, leur approvisionnement est assuré. Tout dépendra ensuite de la durée du conflit. Le Brésil, un des fournisseurs de maïs de ces pays, devrait trouver sans problème d'autres acheteurs, grâce à une demande particulièrement forte au Mexique et au Japon, relève l'expert d'Argus Media. L'Australie, la Russie, ou encore la Turquie, qui exportent dans la zone, devront réorienter certains de leurs volumes, mais cela n'annonce pas pour autant un déséquilibre du marché.  À lire aussiDIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Israël dit avoir encore «des milliers de cibles» à frapper en Iran

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  6. MAR 12

    Les rendements du coton sénégalais parmi les meilleurs d'Afrique de l’Ouest

    Au Sénégal, le coton a le vent en poupe depuis deux ans avec une production qui a presque doublé et des niveaux de rendements parmi les meilleurs en Afrique de l’Ouest. De notre correspondante à Dakar,  Le Sénégal revient de loin. Après des années de baisse de production depuis le record de 52 000 tonnes de coton produit en 2007, le pays remonte enfin la pente, avec des chiffres encourageants depuis deux ans : de 15 000 tonnes pour la saison dernière, la production va passer à 25 000 tonnes cette année, avec des taux de rendement qui s’améliorent eux aussi puisqu'ils devraient passer de 800 kg par hectare pour la saison 2024-2025 à un peu plus de 1,2 tonne cette année. Un rendement équivalent, voire supérieur, à celui des gros producteurs africains de coton que sont le Bénin et la Côte d’Ivoire. La recette de ce succès ? Une bonne pluviométrie ces deux dernières années, mais aussi une plus grande rigueur dans le choix des producteurs et dans l’encadrement de leur travail par la Sodefitex, l’entreprise historique, véritable pilier de la filière cotonnière au Sénégal, qui s’était rendue au Cameroun en 2023 pour s’inspirer de leur méthode de travail avec les cotonculteurs. À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Soutien de l’État à la filière cotonnière À ces facteurs, il faut ajouter une politique de soutien à la filière. Une enveloppe de 3 milliards de FCFA a été accordée par l’État à la Sodefitex pour la saison 2025-2026, ce qui a permis de participer à l’achat des intrants, cruciaux mais particulièrement chers, et de subventionner le prix d’achat aux cotonculteurs à hauteur de 80 FCFA par kilo. Au lieu des 270 FCFA payés par la Sodefitex, les producteurs touchent 350 FCFA par kilo vendu. Ces bons résultats devraient se poursuivre l’année prochaine avec l’objectif d’atteindre 35 000 tonnes de production et 70 000 tonnes en 2035. Mais si la filière cotonnière renaît de ses cendres, le problème de sa transformation et de sa vente à l’étranger reste entier. Avec un cours mondial de l’or blanc historiquement bas, l’ensemble de la production sénégalaise est pour l’heure toujours stockée dans des hangars dans l’attente douloureuse que le prix d’achat à l’export remonte. À lire aussiFace à un contexte mondial défavorable, le coton africain en lutte pour sa survie

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  7. MAR 11

    La guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe

    Parmi les flux commerciaux qui sont affectés par la guerre en Iran, il y a les exportations de bétail vivant et de viande en carcasse. L'Australie, qui exporte aussi bien des ovins que des morceaux de bœuf haut de gamme, fait partie des pays les plus touchés.  Même si le marché du bétail vivant est secondaire dans le monde, par rapport à celui de la viande en carcasse, c'est un marché qui compte pour le Moyen-Orient, souligne Jean-Paul Simier, expert de la filière viande. Surtout en cette période de ramadan, où les pays musulmans préparent la fête de l'Aïd. Ce commerce-là concerne essentiellement des moutons d'Australie, avec un acheteur principal : l'Arabie saoudite. Difficile, à ce stade, de savoir si un ou plusieurs navires bétaillers sont en attente dans la région.  L'association environnementale Robin des Bois assure qu'il y aurait plus de 70 000 vaches, moutons et chèvres bloqués, à la fois dans le Golfe persique et en mer Rouge. Un chiffre global, que nous n'avons pas réussi à recouper. Exportateurs de carcasses préoccupés Les exportateurs australiens de carcasses sont aussi directement touchés. Plusieurs entreprises du secteur s'inquiètent. C'est le cas de WA Meat Marketing Co-operative (WAMMCO), qui gère des abattoirs en Australie-Occidentale et en Nouvelle-Galles du Sud et qui exporte, quand tout va bien, environ 20% de sa production vers le Moyen-Orient. Cette structure a suspendu ses livraisons face à un risque à l'entrée du détroit d'Ormuz jugé trop important. Les exportateurs de Tasmanie, au sud-est de l'Australie, témoignent de situations similaires. Selon le media ABC, Tasmanian Quality Meats (TQM), qui envoie chaque semaine 4 000 agneaux vers le Moyen-Orient, se voit contraint de rapatrier ses cargaisons envoyées au port de Melbourne pour être exportées. Sa seule issue : transformer les produits frais en produits congelés. Sachant qu'ils seront vendus à un prix bien inférieur. Inquiétude au sein de la filière bœuf Le commerce australien de bœuf certifié halal pour le Moyen-Orient est aussi perturbé. Le principal acheteur est là encore l'Arabie saoudite, avec 13 300 tonnes de bœuf congelé achetées en 2025 selon Argus Media. Dubaï est aussi devenu la principale plateforme régionale pour le bœuf australien haut de gamme, en vertu d'un accord de partenariat économique signé avec les Émirats arabes unis, fin 2024, qui a permis la suppression des droits de douane sur la viande rouge australienne. Les contraintes sur le bœuf sont les mêmes que pour les ovins : le bœuf réfrigéré transporté par avion peut difficilement être conservé plus d'une semaine dans les frigos des centres régionaux de distribution, souligne Argus Media. Le bœuf congelé acheminé en conteneur peut être stocké plus longtemps, mais certains exportateurs préfèrent ne pas prendre le risque en raison du manque total de visibilité sur ce qui se passera dans les prochains jours. Quitte à perdre des parts de marché à moyen terme, au profit d'autres fournisseurs sud-américains, qui sont de plus en plus présents sur les marchés du Golfe, comme le souligne le cabinet de conseil et d'analyse de prix.

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  8. MAR 10

    L'aluminium pris dans la tourmente de la guerre au Moyen-Orient

    Comme le pétrole, le gaz ou les céréales, l'aluminium subit les conséquences de la guerre en Iran. Le prix de ce métal a bondi à son plus haut niveau depuis quatre ans en début de semaine. Le Moyen-Orient représente 9% des échanges mondiaux d'aluminium. Or, le blocage de facto du détroit d'Ormuz perturbe à la fois les importations de bauxite et d'alumine nécessaires aux fonderies, et les exportations d'aluminium. Il resterait environ 30 jours de stocks d'alumine dans les fonderies de la région, et six millions de tonnes d'aluminium seraient actuellement bloquées dans la zone, selon le président de l'Association d'aluminium du Canada. En début de semaine dernière, 474 000 tonnes d'alumine étaient en route vers le Golfe Persique ou devaient être chargées à destination de cette région, selon Ben Ayre, analyste principal du secteur des métaux chez Kpler cabinet de suivi des flux maritimes. « À ce jour, 353 000 tonnes sont soit en attente en mer d'Arabie, soit au mouillage au large des côtes indonésiennes ou sri-lankaises », précise l'expert. Quelque 121 000 tonnes restent en revanche toujours sur leur route. Des chargements de bauxite sont aussi signalés au mouillage au large d'Oman, probablement en attente de la réouverture du détroit. Ces problèmes logistiques ont des conséquences directes : la plus grande fonderie en dehors de Chine, à Bahreïn, a interrompu ses livraisons, en attendant de trouver des solutions alternatives de transport, rapporte l'agence Reuters. Une autre au Qatar a annoncé un arrêt progressif de sa production en raison d'une pénurie de gaz naturel. Crainte d'approvisionnement aux États-Unis La peur de manquer inquiète les industriels, et en particulier ceux qui sont aux États-Unis. Le Moyen-Orient a représenté l'année dernière 1/5ème environ de l'approvisionnement du pays. Sans attendre, donc, les industriels se sont mis en quête de fournisseurs alternatifs. Certains acheteurs prospectent en Inde et en Australie. D'autres regardent du côté de la Corée du Sud ou de l'Europe du Nord. La préoccupation des industriels outre-Atlantique est double car ils ont besoin de métal, et si possible à bon prix, car ils sont déjà pénalisés par des droits de douane de 50% qui ont fait grimper les prix localement.  Un marché plus déficitaire que prévu en 2026 ? Dans le contexte actuel, les analystes ne sont pas optimistes. Plusieurs observateurs craignent que le conflit régional aggrave le manque d'aluminium sur le marché. Bank of America, qui estimait que le déficit serait d'un million de tonnes cette année, avance maintenant un chiffre d'1,5 million de tonnes.  Même si les flux devaient être rapidement rétablis, une fonderie qui s'est arrêtée a besoin de plusieurs mois pour tourner à nouveau à plein régime. Ce qui pourrait plaider pour un maintien des prix à un niveau élevé. Signe d'un approvisionnement devenu tendu, les primes qui sont payées par les acheteurs en Europe et aux États-Unis, en plus du cours du métal, ont bondi ces derniers jours, à des niveaux qui n'avaient pas été atteints depuis plusieurs années. La prime européenne a dépassé 430 dollars, et la prime américaine dite Midwest a dépassé les 1 000 dollars la livre.

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