Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

  1. 7h ago

    Pourquoi les États-Unis et le Qatar pressent l'UE d'assouplir son règlement méthane?

    Les États-Unis et le Qatar exhortent l'Union européenne à assouplir son règlement sur le méthane censé entrer en vigueur en 2027. Dans une lettre ouverte à Bruxelles à laquelle se joignent l'Algérie et le Nigeria, tous gros fournisseurs de gaz à l'Europe, ses signataires menacent : ce règlement provoquera une pénurie d'approvisionnement en gaz. Ce courrier a été envoyé juste avant que se réunissent le 26 juin à Luxembourg les ministres européens de l'Énergie. Au menu de cette réunion : les prix de l'énergie, trop élevés et que l'UE cherche à réduire. Tout en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre. Un puissant gaz à effet de serre Or, il se trouve que le méthane qui s'échappe des puits de pétrole et de gaz, mais aussi des gazoducs et des mines de charbon, contribue au réchauffement de la planète de manière beaucoup plus importante encore que le CO2. À lire aussiL'ONU publie la liste des 50 sites les plus émetteurs de méthane, puissant gaz à effet de serre Lutter efficacement contre le réchauffement climatique Pour inciter les producteurs à lutter contre ces fuites, ce règlement européen les obligera donc à mesurer et déclarer les émissions de méthane pour chaque livraison de combustibles fossiles à l'UE. D'ici à 2030, des sanctions pourront être appliquées au-delà d'un certain seuil de méthane. Les industriels du secteur refusent de s'y conformer. Sachant que les champs de pétrole et de gaz de schiste américains sont parmi les plus gros émetteurs de méthane au monde. Ils exigent de modifier ces règles et menacent de limiter leur offre. Au risque de provoquer une flambée des prix. Ce serait une nouvelle crise énergétique ! À lire aussiComment l’Union européenne tente d'imposer ses ambitions environnementales aux pays tiers ? Les députés et les ONG s'alarment Mais la pression vient aussi de l'intérieur. Sept États membres, dont la Roumanie, la Grèce, la Hongrie et la République tchèque, demandent à simplifier la règlementation. Face à ces tensions, la Commission européenne recommande de ne pas appliquer de pénalités pendant trois ans. Cette proposition sera au menu de la réunion des ministres de l’Énergie de l'UE, ce vendredi 26 juin. De quoi alarmer les parlementaires européens et les ONG qui préviennent : sans pénalités fortes, le règlement sera vidé de sa substance. À lire aussiClimat: un rapport universitaire recense 25 fuites majeures de méthane en 2025

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  2. 1d ago

    La Pologne lance le projet de «Vallée du cuivre»

    On s'intéresse aujourd'hui à une « Vallée du cuivre » située dans l'ouest de la Pologne. Un giga-projet minier, qui prévoit jusqu'à 800 000 tonnes de cuivre par an, a été validé par le gouvernement de Donald Tusk. Un investissement stratégique très important pour Varsovie. En quoi consiste ce projet ? Il s'agit de créer tout un écosystème industriel autour de la production de cuivre et d'argent. Cela afin de permettre au géant du cuivre polonais, KGHM Polska Miedz SA, de porter sa production à plus du double de son niveau actuel. L'ambition de devenir un fournisseur essentiel de cuivre Entreprise publique, KGHM produit déjà près de 400 000 tonnes de cuivre par an, ce qui en fait le premier producteur de cuivre de l'Union européenne. Mais loin derrière les champions mondiaux de cuivre que sont le Chili et le Pérou. L'ambition du gouvernement polonais est de faire de son pays un fournisseur essentiel de ce métal d'avenir. À lire aussiLe cuivre porté par l’inquiétude sur l’offre du Chili et du Pérou Le métal stratégique Et ce alors que la demande mondiale de cuivre ne cesse d'augmenter. Dans son étude publiée en début d'année, S&P Global Energy souligne le rôle essentiel du cuivre à l'ère de l'intelligence artificielle. La demande de cuivre devrait passer de 28 millions de tonnes en 2025 à 42 millions de tonnes en 2040. Électrification, numérisation, centres de données ont tous besoin de ce métal stratégique. La Pologne a la possibilité d'accroître ses capacités de production de cuivre et d'argent grâce aux nouvelles mines que prévoit d'ouvrir dans ce pays de l'Europe centrale la société canadienne Lumina Metals Corp. À lire aussiLe cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle Une nouvelle Silicon Valley Lumina est ce que l'on appelle une société minière junior. Encore au stade d'exploration, elle finance ses investissements par des levées de fonds en Bourse, sans avoir encore entamé la production. Lumina est présente en Pologne depuis une quinzaine d'années. Cette entreprise souhaite développer ses projets à proximité des mines et des fonderies existantes de KGHM pour les approvisionner en cuivre extrait de ses gisements. 6,4 milliards de dollars d'investissements seront nécessaires pour réaliser ce projet. Cette « Vallée du cuivre » ferait partie d'un vaste plan gouvernemental réunissant industrie, matières premières, énergie et recherche. Une sorte de Silicon Valley au cœur de l'Europe !

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  3. 2d ago

    Foie gras: la Chine accélère sa production et commence à concurrencer la France

    Portée par une forte hausse de la consommation intérieure, la production chinoise de foie gras progresse rapidement. Désormais deuxième producteur mondial derrière la France, le pays cherche aussi à se développer à l'export, suscitant l'inquiétude de la filière française. La Chine pourrait bientôt devenir un acteur incontournable du marché mondial du foie gras. Dans le pays, la demande a fortement augmenté ces dernières années. Longtemps considéré comme un produit de luxe, le foie gras est désormais consommé plus largement, notamment comme accompagnement de plats populaires tels que le riz sauté. Cette évolution stimule les investissements des producteurs locaux. L'entreprise Changhao Biotechnology prévoit ainsi une production de 500 tonnes cette année, contre 300 tonnes l'an dernier. De son côté, Jilin Zhengfang Agriculture devrait atteindre 1 500 tonnes par an. Grâce à cette montée en puissance rapide et à des coûts de production compétitifs, la Chine est devenue le deuxième producteur mondial avec 14 000 tonnes produites l'an dernier. Elle talonne désormais la France, qui conserve pour l'instant sa place de numéro un. Une concurrence qui s'étend à l'export La filière française du foie gras a retrouvé des couleurs l'an dernier après plusieurs années marquées par les épidémies de grippe aviaire. Mais la stratégie de vaccination contre la grippe aviaire a conduit certains pays à fermer leurs marchés aux produits français. C'est notamment le cas du Japon depuis 2023, alors qu'il représentait auparavant près d'un quart des exportations françaises. Jusqu'ici focalisés sur leur marché intérieur, les producteurs chinois cherchent désormais à se développer à l'international. Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Europe : plusieurs entreprises prospectent de nouveaux débouchés. Le foie gras chinois est « une menace que voit poindre la filière française », selon son président Fabien Chevalier. Pour autant, l'offensive chinoise à l'export reste encore limitée. Moins de 5 % de la production du pays ont été exportés l'an dernier et les exigences sanitaires demeurent strictes. Mais les premiers contrats se multiplient. Jilin Zhengfang Agriculture prépare notamment des exportations vers l'Asie du Sud-Est et l'Europe, tandis que d'autres producteurs ciblent le Japon ou la Russie. Des zones délaissées par les producteurs français. À lire aussiAprès trois années difficiles, la filière française du foie gras se relève

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  4. 3d ago

    Fruits et légumes: l'Arménie se tourne vers l'Union européenne après les restrictions russes

    Confrontée aux restrictions commerciales imposées par Moscou, l'Arménie cherche de nouveaux débouchés pour ses fruits, légumes et fleurs. L'Union européenne a annoncé des aides financières et des mesures destinées à faciliter l'accès de ces produits à son marché. Les fruits à pépins, pommes de terre, aubergines et fruits secs arméniens ne peuvent plus entrer sur le territoire russe depuis le 3 juin 2026. Ces restrictions constituent la dernière salve de mesures décidées par Moscou avant les élections législatives. Une pression économique qui n'a toutefois pas empêché la victoire, quelques jours plus tard, du parti du Premier ministre Nikol Pachinian, favorable à un rapprochement avec l'Union européenne. Pour Erevan, l'enjeu est désormais de trouver de nouveaux débouchés pour des productions privées de leur principal marché. Le gouvernement arménien a ainsi annoncé près de 4,5 millions d'euros d'aides aux exportateurs. Une dizaine de jours plus tard, l'Union européenne a renchéri avec un soutien immédiat de 34 millions d'euros et la mise en place de mesures douanières destinées à compenser les restrictions imposées par la Russie. Le défi du transport vers l'Europe Les produits concernés représentent environ 420 millions d'euros d'échanges par an. Mais le principal défi pour l'Arménie reste la logistique. Pays enclavé, elle doit faire transiter ses marchandises par la Géorgie puis par la mer Noire pour rejoindre les marchés européens. Un acheminement plus long et plus coûteux qu'un transport routier direct vers la Russie. Les aides arméniennes et européennes visent notamment à réduire ce surcoût logistique. L'arrivée de ces productions sur le marché européen ne devrait toutefois pas bouleverser les équilibres du secteur. Avec environ deux millions de tonnes de fruits et légumes produites chaque année, l'Arménie reste loin derrière les grands producteurs européens que sont l'Italie, l'Espagne ou la Pologne. À titre de comparaison, l'Union européenne produit près de 60 millions de tonnes de fruits et légumes par an. Pour Erevan, l'objectif est avant tout de diversifier ses débouchés commerciaux. Depuis le début du mois de juin, plusieurs centaines de tonnes de légumes de serre et de fraises, ainsi que près de deux millions de fleurs, ont déjà été exportées. Les principaux marchés de destination sont la Géorgie, les Émirats arabes unis, l'Ukraine, mais aussi la France.

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  5. 4d ago

    Déblocage du détroit d'Ormuz: pourquoi les prix du gaz ne vont pas baisser comme ceux du pétrole?

    À l'annonce d'un accord permettant la réouverture du détroit d'Ormuz, les prix du gaz en Europe ont reculé sur les marchés. Mais une baisse significative prendra du temps, selon de nombreux analystes, et il ne faut pas s'attendre à un retour rapide aux prix d'avant-guerre. Au-delà de la question de la solidité du protocole d'accord entre Washington et Téhéran, et du temps qu'il faudra pour fluidifier le trafic dans le détroit d'Ormuz, la guerre a perturbé durablement aussi bien la production que les chaînes d'approvisionnement d'une partie du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour ce qui est de la production, face aux attaques iraniennes, le Qatar avait suspendu dès le mois de mars la liquéfaction de son gaz. Et il est aujourd'hui impossible de prédire quand le pays reviendra à des niveaux normaux de production. La semaine dernière, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a ainsi estimé qu'il n'était pas possible de « redémarrer les usines de liquéfaction pour les réarrêter » et qu'il s'agissait d'une « question complexe ». Autrement dit, le Qatar a besoin d'un certain nombre d'assurances avant de relancer sa production. Actuellement, 20% du commerce mondial de GNL dépend d'Ormuz, principalement via le Qatar, et il n'existe pas d'alternative pour contourner le détroit. Les chaînes logistiques sont beaucoup plus complexes que pour le marché pétrolier. Faire baisser les prix du gaz, pas la priorité de Washington Au-delà de la question de la relance de la production, les marchés ont intégré que le gaz n'était pas la priorité de Donald Trump. Selon Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques, « le président américain a martelé depuis le début de son deuxième mandat qu'il souhaitait un pétrole à 50 dollars le baril, et les marchés ont été contraints d'intégrer cette volonté américaine ». C'est tout le contraire pour le GNL, que les États-Unis n'importent qu'en très faibles quantités. Selon Thierry Bros, l'Iran pourrait même être tenté de compliquer les exportations de gaz vers l'Asie et l'Europe, comme levier diplomatique sur certains pays, tout en ménageant Washington. Ce qui pourrait mécaniquement faire augmenter les prix du GNL produit aux États-Unis. Car dans le sillage de la guerre en Ukraine, le pays est devenu ces dernières années le principal fournisseur de l'Europe. Selon le Conseil de l'Union européenne, les États-Unis représentaient près de 58% des importations européennes de GNL en 2025. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien» Une demande qui s'annonce élevée pour l'hiver 2026-2027 Après avoir dépassé 45 €/MWh (mégawattheure de gaz) fin mai, le contrat de référence du gaz européen (Dutch TTF) est revenu autour de 41 €/MWh mi-juin. Mais les prix ne devraient pas retrouver leurs niveaux d'avant-guerre, également en raison de la forte demande pour l'hiver prochain. À la fin de l'hiver dernier, les stocks sont tombés très bas, l'Europe étant rentrée dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes. Les Européens s'apprêtent donc à stocker du gaz pour l'hiver prochain alors que la demande est déjà soutenue par l'Asie qui a connu plusieurs épisodes de canicule qui ont augmenté la demande gazière asiatique.

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  6. Jun 18

    Les tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export

    La campagne de blé français 2025-2026 touche à sa fin et l'Algérie devrait de nouveau bouder le blé tricolore. La fermeture du marché algérien depuis 2024 force la filière à se tourner vers de nouveaux marchés d'export. Cette année encore, l'Algérie devrait se passer du blé français. Une reprise des importations dans le sillage du début de réchauffement diplomatique en cours entre Paris et Alger pourrait être actée, mais sur des quantités très limitées. L'an dernier, les ventes de blé tendre vers l'Algérie ont été nulles selon les chiffres de France Agrimer, contre une moyenne d'environ deux millions de tonnes par an entre 2020 et 2024. Cette année, les producteurs français espèrent de nouveau exporter en quantité vers le Maroc. Le pays avait accru ses achats d'environ 27% en 2025 en raison d'une sécheresse précoce, mais le Maroc s'attend à une excellente récolte cette année, estimée à 9 millions de tonnes. Rabat pourrait même interrompre ses importations de blé tendre cet été. À écouter aussiLe Maroc pourrait doubler sa production céréalière par rapport à l'année dernière L'Afrique subsaharienne, un marché en croissance ? Comme sur ces dernières années, la Côte d'Ivoire reste la destination phare pour les exportations françaises de céréales. Plus de 540 000 tonnes importées l'an dernier, pour une valeur de 153 millions d'euros contre 140 millions d'euros en 2024. Le Sénégal et la Mauritanie sont également des partenaires réguliers. Or, comme le souligne Maxence Devillers, analyste chez Argus Media, les dynamiques démographiques et les habitudes alimentaires pourraient être plus porteuses à l'avenir pour le marché d'exportation français en Afrique subsaharienne plutôt qu'en Afrique du Nord. À écouter aussiEn Tunisie, les acteurs de l'agro-alimentaire veulent accélérer les échanges intra-africains La filière française du blé se tourne de plus en plus vers l'alimentation animale   Depuis un an et demi, la filière peut compter sur le secteur de l'alimentation animale en Europe pour absorber une partie de sa production. Le blé est désormais plus concurrentiel face au maïs devenant trop cher et trop sensible aux canicules à répétition. Le blé français est de plus en plus exporté pour les élevages vers l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Europe du Nord. Les exportations devraient même s'équilibrer pour la première fois entre les exportations hors Europe et les exportations intraeuropéennes. Ce qui serait une première.

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  7. Jun 17

    Les mines de cobalt et de nickel cubaines convoitées par les États-Unis

    La pression américaine s’accroît sur les ressources minières cubaines. La compagnie minière canadienne Sherritt, qui extrait du nickel et du cobalt à Cuba depuis les années 1990, a annoncé en mai dernier la suspension de ses activités sur l’île en raison des nouvelles sanctions de Washington. Une société américaine, appartenant à un ancien conseiller de Donald Trump, s’est positionnée pour un possible rachat. L’entreprise canadienne Sherritt International a annoncé négocier la vente majoritaire de ses actions à Gillon Capital, un groupe d'investissement américain appartenant à la famille de Ray Washburne, ancien conseiller de Donald Trump. Ces négociations interviennent quelques semaines après l'annonce par Sherritt International de la suspension de ses activités à Cuba, où elle produit en coopération avec une société publique cubaine des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et de nickel. C’est justement ce partenariat avec l'État cubain qui a conduit à des sanctions de la part du gouvernement américain. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé que l’entreprise « exploitait les ressources naturelles de Cuba au profit du régime ». À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le nickel et le cobalt cubains ne représentent que 6 à 7 % des réserves mondiales Comme le souligne le cabinet Project Blue, Cuba est un producteur relativement modeste de nickel et de cobalt. En 2025, Cuba représentait environ 1 % de l’offre mondiale de nickel primaire et de produits intermédiaires de cobalt, tandis que l’Indonésie fournissait plus de 65 % du nickel primaire mondial et la République démocratique du Congo environ 68 % de l’offre mondiale de cobalt. Mais Washington ne dispose pas de capacité d’extraction et de raffinage et dépend exclusivement des importations. Pour ce qui est du nickel, le Canada est le principal fournisseur, représentant plus de 65% des importations totales l’an dernier. Les États-Unis ont donc un besoin urgent de diversifier leurs approvisionnements et Cuba est située juste en face des côtes de la Floride. À écouter aussiLes quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension Assurer les approvisionnements face à une demande croissante Un des secteurs les plus porteurs est celui des batteries, notamment à destination des véhicules électriques. La demande de nickel dans le secteur devrait croître à un taux annuel de 8 % entre 2025 et 2036, selon les chiffres du cabinet Project Blue. C’est encore plus parlant pour le cobalt : 70 % de la demande mondiale de cobalt est portée par le secteur des batteries. Autre secteur porteur : celui des superalliages pour l'aérospatiale et la défense.

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  8. Jun 16

    L’Argentine rafle les premiers quotas d’exportation de l’accord UE-Mercosur

    En quelques semaines, l’Argentine a atteint à elle seule le quota total d'exportation de poudre d’œufs vers l'Union européenne prévu par l'accord de libre-échange avec le Mercosur pour 2026. Une démonstration de la puissance agricole argentine qui fait grincer des dents son voisin brésilien. Les Argentins viennent de remporter coup sur coup plusieurs victoires sur le marché d’exportation du Mercosur avec l’Union européenne. L’accord commercial a commencé à être appliqué provisoirement le 1ᵉʳ mai. Ce qui signifie l'ouverture de premiers quotas d'exportations exemptés totalement ou partiellement de droits de douane. L’Argentine a raflé en moins de quinze jours les 333 tonnes de poudre d’œuf prévues par l’Union européenne, soit l’intégralité du premier quota. Le gouvernement argentin a également annoncé le premier envoi de miel exempté de droits de douane et a exporté 40% du quota total de riz.  À lire aussiL'accord controversé entre l'Union européenne et le Mercosur entre partiellement en vigueur L'Argentine a été la plus rapide car, en l'état, il n'existe pas de part fixe prévue pour chaque pays : Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. C’est donc le premier arrivé, le premier servi. Or, les filières d'exportation argentines sont déjà très structurées. L'Argentine attendait depuis longtemps cet accord de libre-échange, d'autant que les exportations argentines vers l’Europe ont représenté en 2025 à peine 9 % des exportations totales du pays.  Comme le rappelle le chercheur Olivier Antoine, auteur de l'ouvrage Géopolitique du soja : « L’Argentine était déjà très bien positionnée sur l’export. Pour eux, l’ouverture des quotas d'exportation est un effet d’aubaine. Ils peuvent augmenter leurs ventes. Ils sont sur un marché qu’ils connaissent. On leur dit juste que tel jour, telle date, telle heure on leur met en place des quotas pour qu’ils puissent vendre plus, ils n’ont rien d’autre à faire. » Un succès qui fait grincer des dents le Brésil  Le Brésil comptait sur ces exportations dans l’agroalimentaire avec notamment une filière volaille très puissante et qui produit plus que son voisin. Brasilia est le premier pays producteur du Mercosur et tente ces dernières années de prendre un virage qualitatif. « Le Brésil diversifie de plus en plus sa production. Les Brésiliens ont compris qu’il était beaucoup plus intéressant de vendre du bœuf et du poulet que du soja et du maïs. C'est la montée en valeur qui les intéresse. Ils ne s’attendaient pas à ce que les Argentins soient aussi offensifs sur les marchés », estime le chercheur Olivier Antoine. À cela s'ajoutent les tensions entre les deux gouvernements, entre la gauche au pouvoir à Brasilia et l’extrême droite à Buenos Aires. Il est possible que le Brésil demande à ce que les règles de l'accord avec l'Union européenne soient modifiées.  À lire aussiAccord UE-Mercosur : dans le cône Sud, face aux réserves des écologistes, la satisfaction des agro-industriels La question des normes au centre de la compétition L’Argentine tire son épingle du jeu face au Brésil sur sa connaissance des normes sanitaires et des standards d’importation de l’Union européenne. Un héritage notamment des « quotas Hilton », mis en place à la fin des années 1970 et permettant l’exportation vers l’Europe de viande bovine haut de gamme, avec des droits de douane réduits. En mai dernier, le Brésil a lui été épinglé par un comité d'experts des États membres de l’Union européenne pour son utilisation d'antimicrobiens dans l'élevage. Le 3 septembre prochain, le Brésil sera suspendu de la liste des pays autorisés à exporter certains produits animaux vers l'Union européenne, sauf si d’ici là le Brésil démontre sa conformité avec les exigences européennes. À écouter aussiFrance : les éleveurs bovins en colère contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur

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