Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

  1. 12h ago

    L'administration Trump souhaite interdire les exportations de diesel pendant 90 jours

    La guerre au Moyen-Orient et les attaques de drones ukrainiens contre les infrastructures pétrolières russes font grimper les prix du diesel à des niveaux record. Afin de les faire baisser pour les ménages et les entreprises américaines, la Maison Blanche a trouvé une parade : une interdiction totale des exportations de gazole pendant 90 jours. Est-ce une bonne idée ? Le plan du président, qui serait encore en cours d'élaboration, selon le journal Politico, provoque déjà des divergences au sein de l'administration Trump et suscite les réticences des dirigeants de l'industrie du raffinage. Interdire les exportations de gazole serait, selon eux, une très mauvaise idée. Une interdiction d'exporter ferait grimper les prix pour les Américains À court terme, les livraisons destinées initialement à l'Europe et à l'Asie pourraient éventuellement être réinjectées dans les réseaux de distribution américains. Plus d'offres sur le marché intérieur baisserait mécaniquement les prix. Mais à long terme, cela ne ferait qu'aggraver les choses. Les raffineries seraient obligées de ralentir leur cadence et de produire moins de carburant, faute de débouchés à l'exportation. Ce qui de nouveau ferait flamber les prix. Jeudi, le prix du diesel à la pompe aux États-Unis a atteint 6,53 dollars le gallon, selon l'Association américaine des automobilistes (AAA), alors qu'il était de 3,76 dollars avant la guerre, fin février. À lire aussiPourquoi la reconstitution des réserves américaines de pétrole sera difficile ? Dans certaines régions des États-Unis, notamment dans les États agricoles, des producteurs de soja ou de maïs souffrent de l'explosion des prix du diesel. Ils et elles exploitent des machines agricoles pour récolter et transporter leurs cultures. Une restriction totale des exportations de diesel s'adresserait donc à cet électorat rural, traditionnellement attaché au Parti républicain, mais à présent inquiet et plein de colère. Certains parlementaires républicains ont d'ailleurs réclamé cette interdiction ces derniers jours.  L'Europe redoute un nouveau choc Une telle restriction constituerait un nouveau choc pour l'Europe. En août, les États-Unis ont fourni la moitié des importations de diesel importé par l'Union européenne. La conséquence directe de la décision des États membres d'interdire les livraisons de pétrole russe sur le continent à partir de 2027. La menace d'un embargo américain a fait bondir le prix à la pompe du gazole à 2,23 euros le litre en moyenne contre 2,16 euros une semaine plus tôt. À lire aussiAllemagne: face à la hausse des prix du gazole, la colère des automobilistes

  2. 1d ago

    Pourquoi, malgré une correction à la baisse, le marché de l'argent se maintient à des niveaux élevés?

    Après avoir atteint les sommets en début d'année, les cours d'argent sont en baisse. Le prix du métal blanc oscille actuellement autour de 66 dollars l'once, loin de son pic historique de 124 dollars l'once, fin janvier. Cette situation est-elle amenée à durer ?  Selon les experts, la baisse actuelle des cours de l'argent n'est qu'une correction générale du marché. L'ensemble des métaux précieux, comme l'or, la platine ou le palladium, est entré dans cette phase de correction. Toutefois, malgré cette baisse, le métal blanc conserve presque la moitié de sa hausse précédente. La demande industrielle tire le marché de l'argent Plus de la moitié de l'argent extrait dans le monde est destiné à l'industrie. Du photovoltaïque à l'automobile, en passant par les équipements électroniques, les industriels utilisent ce composant en raison de sa conductivité exceptionnelle, de sa résistance et de sa fiabilité. C'est donc la demande industrielle qui tire ce marché. Un marché beaucoup plus volatile que celui de l'or. Et soumis, à présent, à des tendances contraires. La pression des taux La hausse des taux de la Réserve fédérale américaine freine l'économie. Les obligations américaines sont toutefois mieux rémunérées et le dollar se raffermit. « Comme d'autres métaux précieux, l'argent est fortement dépendant du marché des changes. Conserver un argent métal dans un coffre devient dans ces conditions moins attractif. D'où cette baisse des cours depuis janvier », explique Marc Dagher, fondateur de DT Expert, un cabinet de conseils en investissement boursier. L'offre reste déficitaire En parallèle, la demande industrielle, portée par l'électrification de nombreux secteurs, reste très forte. Problème : l'offre d'argent disponible sur le marché est déficitaire. Depuis environ six ans, la production minière actuelle ne suffit pas à couvrir les besoins. Et contrairement à l'or, l'argent industriel est très peu recyclé. Résultat : une partie de la production mondiale d'argent est absorbée, alors que les stocks s'épuisent. Cette situation maintient les prix à des niveaux hauts. Le cuivre pourrait remplacer l'argent Certains fabricants cherchent à remplacer l'argent, notamment par le cuivre. Cet été, le géant chinois du photovoltaïque Longi a supprimé totalement l'argent de ses panneaux solaires. En revanche, d’autres secteurs prennent progressivement le relais : centres de données liés à l’intelligence artificielle, électronique, automobile ou aérien. Selon notre expert, les cours de l'argent pourraient à long terme repartir à la hausse. À lire aussiL'argent atteint des niveaux historiques et confirme sa super forme en 2025

  3. 1d ago

    La Chine, premier producteur mondial de caviar

    En quelques années, la Chine est devenue le premier producteur mondial de caviar. À Yidu, dans la province centrale du Hubei, cette industrie s’est développée en faisant sortir les élevages d’esturgeons de la rivière. Les cages polluantes ont disparu et d’anciens pêcheurs ont été reconvertis. Plus d’un pot de caviar sur deux produits dans le monde vient désormais de Chine : près de 437 tonnes en 2025, soit 54 % de la production mondiale. Yidu est l’un des principaux centres de cette industrie. Plus de 10 000 boîtes sont envoyées chaque jour vers une vingtaine de pays et régions, notamment en Europe et au Moyen-Orient. L’entreprise locale affirme que la ville représente à elle seule près de 30 % du marché mondial. Dans la « vallée des Esturgeons », plus d’un million de poissons sont répartis dans un millier de bassins. Le nouveau centre de transformation, ouvert en octobre dernier, peut produire jusqu’à 120 tonnes de caviar par an. Produire plus vite à moindre coût La Chine est parvenue à produire autant de caviar en raccourcissant d’abord le temps nécessaire à son élevage. Une femelle esturgeon met normalement plus de dix ans à produire les œufs utilisés pour le caviar. À Yidu, des croisements entre différentes espèces ont permis de ramener cette attente à sept ou huit ans. Des chercheurs chinois ont aussi mis au point une méthode permettant de distinguer plus tôt les femelles des mâles. Jusqu’alors, les éleveurs pouvaient attendre jusqu'à dix ans avant de découvrir qu’un poisson ne produirait jamais d’œufs. Avec cette production à grande échelle, les prix ont baissé : dans certains supermarchés chinois, on trouve aujourd’hui des boîtes à moins de 200 yuans, environ 24 euros. Des élevages sortis de la rivière Les autorités locales présentent également cette industrie comme une réussite écologique. Dans les années 1990, la rivière Qingjiang était couverte de cages d’élevage. Les restes de nourriture et les déjections des poissons étaient rejetés directement dans l’eau, qui s’était fortement dégradée. Le retrait des cages a commencé en 2016. Deux ans plus tard ouvrait le premier atelier d’élevage terrestre. Aujourd’hui, 200 000 panneaux solaires fournissent la moitié de l’électricité du site et l’eau prélevée dans la rivière est traitée avant d’y être rejetée. Le passage à l’élevage terrestre a aussi donné du travail à d’anciens pêcheurs. L’entreprise compte plus de 70 emplois permanents et environ 200 emplois saisonniers. Des chiffres avancés par l’entreprise et les autorités locales. À lire aussiTrois expatriés français produisent le caviar à Madagascar

  4. 3d ago

    La pénurie discrète d'huile de moteur, cette autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient

    L'huile de moteur, appelée aussi l'huile de vidange, est un produit indispensable pour faire rouler votre voiture. Mais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la pénurie d'huile de moteur guette l'industrie automobile. Des garagistes au Japon aux stations-service des supermarchés américains, en passant par les constructeurs automobiles européens, tous les acteurs du secteur constatent des problèmes d'approvisionnement en huiles de moteur synthétiques. Produit de raffinage du pétrole brut auquel on ajoute des additifs, l'huile de moteur est en rupture de stocks. Certaines enseignes aux États-Unis ont même commencé à rationner leurs ventes aux particuliers. Les perturbations ont commencé en mars dernier, après une attaque iranienne contre l'usine de Shell au Qatar, un important site de production d'huile de base, le composant principal du lubrifiant moteur. Les stocks constitués en Europe et aux États-Unis ont permis d'absorber ce premier choc. Mais depuis, les entrepôts se sont vidés et les prix ont commencé à flamber. Exemple : aux États-Unis, le prix d'huiles de base a presque quadruplé par rapport aux niveaux d'avant le conflit.  Des approvisionnements alternatifs La Corée du Sud figure parmi les principaux exportateurs de ces huiles de base. Mais le pays est lui-même, sous pression, en raison des perturbations liées aux expéditions de pétrole brut depuis le Golfe. Faute de pouvoir compter sur leurs fournisseurs habituels, certains constructeurs automobiles, comme Stellantis et Toyota, ont autorisé des produits de substitution. Des solutions de fortune, pas idéales à long terme et qui augmentent la consommation de carburant. Ces alternatives permettent aux ateliers d'entretien de continuer à travailler malgré le manque d'huile synthétique sur le marché, mais ne règlent pas le problème de fond. En attendant, les automobilistes subissent des retards pour les vidanges de moteurs. Et les vidanges sont de plus en plus chères. Pas d'amélioration avant plusieurs mois  Composant discret, mais indispensable pour la bonne santé du véhicule, le marché mondial de l'huile de moteur est estimé à 44,03 milliards de dollars en 2026, et pourrait atteindre 58,51 milliards de dollars d'ici 2035, selon Global Growth Insight. L'incertitude persiste, toutefois, car même en cas de réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, les fabricants ne pourront pas reconstituer leurs stocks avant plusieurs mois. La pénurie d'huile de moteur risque de perdurer jusqu'en 2027. À lire aussiLes pays européens réactivent leurs boucliers face à la hausse des prix du carburant

  5. 4d ago

    Les prix du riz brisé au plus haut portés la demande en Chine et aux Philippines

    Les prix du riz sont au plus haut depuis février 2025, portés par l'augmentation des coûts de l'énergie, notamment celui du transport. Cela s'explique aussi par l'influence de l'Inde, le premier exportateur mondial, qui devrait voir sa production baisser. La récolte du géant indien devrait atteindre son plus bas niveau depuis vingt ans. Ce ne sont que des projections, mais ce recul est estimé à 10 millions de tonnes par le président de l'association indienne des exportateurs, soit 6% de moins. Pour retrouver une baisse aussi forte, il faut remonter à 2009-2010, une saison marquée par une sécheresse hors norme, liée au phénomène El Niño. Et en 2026, la perturbation climatique est montrée du doigt une nouvelle fois : depuis le début de la mousson, en juin, l'Inde a enregistré une diminution de 15% des précipitations en moyenne. Dans certaines régions rizicoles, le déficit hydrique atteint plus de 40%. Or, moins d'eau pendant la période de maturation des plants, cela veut dire des rendements qui baissent. Ces aléas météo s'ajoutent à des surfaces en diminution de 4% pour le riz semé juste avant l'été, selon les données gouvernementales. D'immenses stocks indiens L'Inde devrait tout de même produire plus de 144 millions de tonnes de riz, selon les projections. Ce qui compte et ce qui rassure aussi, c'est que le pays a des stocks considérables qui dépassent largement les objectifs fixés par l'État. Les réserves indiennes sont donc suffisantes pour que les exportations se maintiennent. Le Pakistan, le Vietnam et la Thaïlande ont, eux aussi, de quoi approvisionner le marché. Il n'y a donc pas de risque de pénurie à court terme.  Plus de concurrence pour le riz brisé S'il n'y a pas de tension sur l'offre, les besoins restent importants en Asie, donc si risque il y a, il concerne les prix qui sont effectivement en train de grimper. Parmi les pays qui sont en demande, il y a les Philippines qui pourraient importer cette année 50% de plus que l'année dernière, et notamment du riz brisé, une qualité moins chère que celle composée de grains entiers. La Chine est également très présente sur le marché des brisures, qu'elle utilise pour l'alimentation animale, et « il n'y a pas de raison que le pays ralentisse ses achats », explique un négociant. Cela pourrait donc devenir un peu plus compliqué pour le Sénégal, premier pays consommateur de riz brisé en Afrique. Si le Sénégal trouve moins de riz en Chine ou au Pakistan, il pourra se fournir chez d'autres producteurs d'Amérique latine tels que le Brésil, l'Argentine ou encore l'Uruguay. Les prix détermineront le choix de l'origine, le riz brisé est la variété qui connaît actuellement la plus forte hausse.  À écouter aussiDe l’Asie à l'Afrique, les défis du marché mondial du riz

  6. Sep 17

    La production européenne de pommes de terre perd 7 millions de tonnes

    Les agriculteurs français de pomme de terre avaient déjà tiré la sonnette d'alarme au mois d'août, les estimations provisoires confirment que la baisse de la production touche l'essentiel de la récolte européenne. Un constat qui est le résultat de la diminution des surfaces cultivées et d'une baisse des rendements liée au manque d'eau.  Pour comprendre ce qui se joue cette année, il faut remonter à 2025, année excédentaire, ayant entraîné une chute des prix. Les agriculteurs ont donc décidé de cultiver moins en 2026 : les surfaces ont baissé de plus de 13,7 % – soit une baisse de 82 700 ha, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG). Les agriculteurs n'avaient pas anticipé qu'ils perdraient une partie de leur production. Les canicules répétées ont desséché les champs et fait chuter les rendements. En France, ils ont ainsi baissé en moyenne de plus de 8 tonnes par ha par rapport à 2025, selon des prélèvements effectués par l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), et le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). En un an, la filière est passée d'un extrême à l'autre, d'une année européenne exceptionnelle, avec plus de 27 millions de tonnes de pommes de terre – en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas essentiellement, les quatre principaux producteurs – à une récolte qui devrait à peine dépasser 20 millions de tonnes, une des plus faibles de ces dernières années. À lire aussiLes prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025 Hausse des prix sur une partie des volumes seulement La baisse de la production ne pourra pas être compensée par les prix, même s'ils ont effectivement beaucoup augmenté en quelques mois. Car la hausse s'applique sur ce qu'on appelle le marché libre, qui concerne seulement une petite partie de la récolte. Dans le secteur de la frite par exemple, seulement 10 à 15 % des volumes sont commercialisés par ce biais. Le reste se négocie via des contrats annuels. C'est-à-dire que les pommes de terre récoltées aujourd'hui et pré-vendues l'ont été à des prix fixés grosso modo en janvier. L'année s'annonce donc très compliquée pour les producteurs français, belges, allemands et hollandais, qui ne vont pas totalement profiter de la hausse des prix, certains risquent de ne même pas avoir assez de volumes pour honorer leurs contrats. À lire aussiLa patate donne la frite partout dans le monde S'adapter à la réalité de la production Les acheteurs devront s'adapter cette année à la réalité de la production. Cette saison, les volumes seront plus faibles et les tubercules plus petits et moins longs. Les industriels qui ont des cahiers des charges très précis devront donc faire preuve de flexibilité pour composer avec ces nouveaux calibres, s'ils veulent continuer à faire tourner leurs usines. Les frites de 2027 seront certainement plus petites, et peut-être un peu plus chères, mais si augmentation il y a, elle ne devrait être que de quelques centimes par kilo, confie un acteur de la filière. À lire aussiFrance: la sécheresse provoque une crise historique de la pomme de terre

  7. Sep 16

    Pourquoi le Kenya souhaite interdire les exportations de minerais non transformés?

    Nairobi a pour projet d'interdire ses exportations de minerais bruts pour développer leur transformation sur place et en tirer davantage de valeur. L'interdiction concernerait notamment l'or, dont ce pays est, pour l'heure, un tout petit producteur. Le Kenya ne produit que 350 kg à 560 kg de métal jaune par an. Mais la découverte fin 2025 d'un gros gisement à Ikolomani, dans la région aurifère de Kakamega, suscite des espoirs. Ce sont les mineurs artisanaux et non réglementés qui fournissent l'essentiel de la production kenyane. Le gouvernement du pays se voit ainsi privé de 9 millions de dollars de redevances potentielles. Pour mieux contrôler ce marché et créer de l'emploi, le président kenyan, William Ruto, a annoncé l'implantation de trois raffineries d’or dans la région de Kakamega et aux alentours de Nairobi, la capitale du pays. C'est la Banque centrale du Kenya qui sera prioritaire pour ces achats d'or. À lire aussiL’or d’Ikolomani: la découverte d’un gisement record au Kenya suscite espoir et inquiétudes Transformer sur le sol kenyan L'interdiction d'exportation porte aussi sur d'autres minerais non raffinés. Que ce soit la soude, le pétrole, le lithium, le cobalt ou d'autres métaux rares, le chef de l'État kenyan l'affirme : son pays transformera sur place toutes les ressources de son sous-sol. Ces annonces interviennent alors que le gouvernement kenyan a récemment retiré sa concession à la filiale du groupe indien Tata Chemicals, le plus gros producteur de soude du continent. Le différend portait justement sur la transformation locale. De cette souveraineté minière, le président kenyan a fait une condition dans les négociations avec les grands groupes. Et ce alors que les Américains et les Chinois se pressent aux portes du pays avec l'objectif de remporter l'exploitation du gisement de Mrima Hill. Celui-ci contient du niobium, utilisé comme élément d'alliage de l'acier inoxydable pour les réacteurs nucléaires, les canalisations ou encore les missiles. À lire aussiKenya: cinq villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares Le Kenya emboîte le pas à d'autres pays africains Le Kenya rejoint ainsi d'autres pays africains qui cherchent à mieux contrôler leurs ressources naturelles. Le Ghana, premier producteur d'or en Afrique, a interdit l'exportation d'or artisanal depuis le 1ᵉʳ septembre. La Guinée cherche, elle aussi, à encadrer sa production aurifère. Au Mozambique, le nouveau code minier impose désormais une participation d'État dans tous les projets d'extraction. Et le Zimbabwe interdit l'exportation du lithium brut. Au Kenya, les déclarations d'intention du président Ruto risquent cependant de se heurter à la réalité économique : le sous-sol kenyan, riche de plus de 900 minerais, est très convoité, mais largement inexploité. À lire aussiAu Ghana, une ambition de raffiner localement l’or avec ses limites

  8. Sep 15

    La Chine se tourne vers le soja états-unien

    La Chine a acheté environ un million de tonnes de soja états-unien la semaine dernière. Ces commandes interviennent peu de temps avant la visite annoncée de Xi Jinping à Washington. Elles portent les achats chinois à près de la moitié des 25 millions de tonnes que Pékin se serait engagé à commander chaque année aux États-Unis jusqu’en 2028. S'agit-il d'un geste politique ou d'une simple nécessité économique ? De notre correspondante à Pékin, La Chine se tourne vers le soja états-unien, d’abord parce que le calendrier s’y prête, selon Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. La saison durant laquelle le Brésil domine les exportations touche à sa fin, tandis que la récolte américaine arrive sur le marché. L’écart de prix entre les deux origines s’est également resserré : le soja états-unien, jugé trop cher il y a encore quelques mois, redevient compétitif. Enfin, les stocks brésiliens diminuent. Le Brésil dispose de peu de marge pour augmenter fortement ses ventes à la Chine d’ici janvier, car il doit aussi approvisionner d’autres clients et ses propres usines de transformation. Pékin sécurise donc ses besoins en jouant de nouveau sur ses deux grands fournisseurs. À lire aussiPlus de soja et moins de maïs, le choix des agriculteurs états-uniens Un choix pas uniquement commercial Le calendrier politique compte aussi. Ces commandes concrétisent les engagements pris lors des négociations sino-américaines et envoient un signal positif avant la visite de Xi Jinping. Pékin s’est engagé, selon la Maison Blanche, à acheter 25 millions de tonnes de soja américain par an jusqu’en 2028. Gautier Le Molgat y voit donc à la fois un achat opportuniste et un mouvement plus profond : la Chine devrait acheter davantage de matières premières états-uniennes cette année. Mais le soja reste frappé d’un droit de douane chinois supplémentaire de 10 %. Sa suppression pourrait ramener sur le marché les transformateurs privés chinois, aujourd’hui largement absents. À lire aussiChine: le commerce extérieur chinois au beau fixe, les ventes vers les États-Unis progressent encore La Chine reste déterminante pour le marché mondial du soja La Chine devrait importer 115 millions de tonnes lors de la prochaine campagne, sur environ 190 millions échangés dans le monde. Elle absorbe donc près de 60 % des importations mondiales. Ses nouvelles commandes ont déjà contribué à pousser le soja de Chicago autour de 13,50 dollars le boisseau. Mais ce retour vers les États-Unis ne constitue pas encore un basculement stratégique : le Brésil reste son premier fournisseur. La vraie question, souligne Gautier Le Molgat, sera de savoir si Pékin maintiendra ce rythme après l’arrivée de la prochaine récolte brésilienne. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?

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