Les Classiques de l'économie

Une notion de base de l’économie expliquée par Natacha Valla du lundi au vendredi, à 6h20. Pour ne rater aucun épisode des Classiques de l'économie, n'hésitez pas à vous abonner. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

  1. 7h ago

    Forfaits mobiles : quand la concurrence fait baisser les prix, mais entrave les investissements

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson, experte en économie des télécommunications, pour décrypter les enjeux du marché des forfaits mobiles en France et en Europe. Alors que le rachat de SFR par ses trois principaux concurrents, Orange, Bouygues Télécom et Free, est en cours de négociation, les deux invités se penchent sur les implications d'un passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français. Elle explique que la concurrence dans la téléphonie mobile ne se résume pas seulement au nombre d'acteurs, mais dépend surtout de la menace crédible qu'un nouvel entrant vienne bousculer les pratiques en place. L'arrivée fracassante de Free Mobile en 2012, avec des offres à prix cassés, a en effet permis une forte baisse des tarifs pour les consommateurs français. Cependant, ce modèle de concurrence par les prix a également des conséquences sur la capacité des opérateurs à investir dans les infrastructures, notamment pour le déploiement de la 5G ou le renforcement de la cybersécurité. Comparant la situation française à celle des États-Unis, Nathalie Janson souligne que si les forfaits américains sont plus chers en moyenne, ils incluent souvent davantage de services. En Europe, la priorité a été donnée à la baisse des prix au détriment des investissements, ce qui fragilise la rentabilité des opérateurs. Face à ce dilemme, les autorités de la concurrence européennes sont confrontées à un défi de taille : autoriser des fusions nationales pour permettre aux opérateurs de dégager davantage de moyens pour investir, tout en veillant à préserver une concurrence saine au niveau continental. Car c'est bien à l'échelle européenne que les opérateurs doivent pouvoir se développer pour devenir des champions capables d'investir massivement dans les réseaux du futur. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  2. 3d ago

    Philippe Chalmin, l'œil aiguisé qui voit tout des matières premières

    Plongez au cœur des enjeux mondiaux des matières premières avec Philippe Chalmin, économiste et historien réputé. Cet épisode vous emmène dans les coulisses du rapport annuel incontournable du Cyclope, véritable observatoire de la mondialisation. Diplômé d'HEC et agrégé d'histoire, Philippe Chalmin est un économiste atypique qui allie une vision à long terme et une expertise pointue des marchés des matières premières. Depuis 1986, il pilote la publication du rapport du Cyclope, un ouvrage de référence qui décrypte les tendances et les enjeux de ces marchés essentiels à l'économie mondiale. Au-delà des simples chiffres et graphiques, Philippe Chalmin nous montre comment les matières premières sont devenues un enjeu stratégique de souveraineté pour les États. Alors que la mondialisation semble s'essouffler, l'économiste nous explique comment les circuits d'approvisionnement en énergie, en métaux critiques ou en denrées alimentaires sont désormais scrutés et contrôlés par les puissances mondiales. Véritable pédagogue, Philippe Chalmin nous rappelle que les prix des matières premières ne sont pas seulement le fruit de l'offre et de la demande, mais reflètent aussi les rapports de force géopolitiques, les innovations technologiques et les tensions sur les chaînes logistiques. Une vision holistique qui permet de mieux comprendre les soubresauts de l'économie mondiale. Entrez dans les coulisses de ce rapport d'exception et découvrez comment les matières premières racontent le monde d'aujourd'hui. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  3. 5d ago

    Qu'est-ce que le verdissement de la politique monétaire de la Banque de France ?

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore le concept fascinant du « verdissement » de la politique monétaire. Alors que la Banque de France vient d'accueillir un nouveau gouverneur, Emmanuel Moulin, ce dernier s'est engagé à poursuivre l'intégration des enjeux climatiques et de la finance durable dans la conduite de la politique monétaire. Mais concrètement, qu'est-ce que cela signifie ? Elle explique que la Banque centrale européenne ne finance pas directement des projets verts, mais qu'elle peut modifier la façon dont elle achète des obligations ou accepte des titres en garantie, en favorisant les entreprises les plus vertueuses sur le plan environnemental. Ainsi, un actif « brun », c'est-à-dire exposé à des risques climatiques élevés, pourrait être valorisé avec une décote plus importante auprès de la Banque centrale. Cette stratégie de verdissement contraste avec l'approche plus prudente de la Réserve fédérale américaine, qui refuse de devenir un « climate policymaker » et préfère se concentrer sur la surveillance des risques climatiques pour le système bancaire, sans utiliser la politique monétaire pour orienter l'économie. La Banque de France, quant à elle, est présentée comme un acteur pionnier dans ce domaine. Elle a notamment contribué à la création du Network for Greening the Financial System, un réseau rassemblant plus de 160 institutions financières engagées dans la transition écologique. De plus, elle développe un indicateur climat dans la cotation des entreprises, afin d'évaluer leur exposition aux risques climatiques et la qualité de leur trajectoire de transition. Cependant, cette stratégie de verdissement de la politique monétaire soulève des questions légitimes. Certains craignent en effet un glissement du mandat de la Banque centrale, qui pourrait être tentée d'arbitrer entre secteurs verts et bruns, s'écartant ainsi de son objectif principal de stabilité des prix. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  4. 6d ago

    La théorie de la valeur : pourquoi une bouteille d’eau peut valoir de l’or

    Aujourd'hui dans les "Classiques de l'économie", Nathalie Janson se penche sur une question fondamentale qui a occupé les économistes pendant des siècles : qu'est-ce qui détermine la valeur d'un bien ? Elle retrace l'évolution de la pensée économique sur cette question. Jusqu'à la révolution marginaliste de la fin du 19e siècle, la théorie dominante était celle de la valeur-travail, selon laquelle la valeur d'un bien était liée à la quantité de travail nécessaire pour le produire. Mais cette théorie montrait rapidement ses limites, comme le souligne Nathalie Janson à travers l'exemple d'un artisan qui passerait des mois à fabriquer une chaise que personne ne voudrait acheter. C'est la révolution marginaliste, portée par des économistes comme Jevons, Menger et Walras, qui va résoudre cette apparente incohérence. Ils montrent que la valeur ne dépend pas du travail incorporé dans le bien, mais de l'utilité que ce bien procure à celui qui le désire au moment où il le désire. Le concept clé est celui d'utilité marginale : ce qui compte, ce n'est pas l'utilité totale de l'eau en général, mais l'utilité de l'unité supplémentaire que l'on consomme, dans des conditions précises. Cela explique pourquoi l'eau, pourtant indispensable à la vie, peut être très bon marché en temps normal et devenir très chère en situation de rareté. Le prix n'est pas arbitraire, mais résulte de la rencontre entre des préférences subjectives et des contraintes objectives comme la rareté du bien, son coût de production ou la concurrence. Cette théorie subjective de la valeur a également des implications sur la lecture du rapport entre salaires et profits. Là où la théorie marxiste voyait le profit comme une part prélevée sur le travail du salarié, la théorie marginaliste montre que le salaire dépend de la productivité marginale du travail, tandis que le profit rémunère la prise de risque, l'anticipation, l'investissement et l'innovation. Comme le souligne Nathalie Janson, la valeur n'est donc pas dans les choses, mais dans le signal qu'elle envoie sur les désirs des individus ici et maintenant. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  5. Jun 1

    Modèles bancaires européens et américains : le choix entre stabilité et dynamisme

    Dans cet épisode du podcast "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson explore les différences fondamentales entre les modèles bancaires européen et américain. Elle commence par expliquer les deux principaux modèles à l'œuvre : le modèle « originate-to-hold », où la banque accorde un crédit et le conserve jusqu'à son remboursement, et le modèle « originate-to-distribute », où la banque revend les crédits qu'elle a accordés à des investisseurs sur les marchés financiers. Elle explique que l'évolution des banques américaines vers ce second modèle s'est produite dans les années 1980, face à une concurrence croissante des marchés monétaires qui ont permis aux grandes entreprises et aux ménages de se financer directement sans passer par les banques. Celles-ci ont dû alors trouver de nouvelles sources de revenus, notamment à travers la titrisation, qui consiste à transformer des crédits en titres financiers négociables. Nathalie Janson souligne que ce modèle a permis d'augmenter le volume de crédits accordés, mais peut aussi créer des problèmes d'incitation pour les banques, qui peuvent être tentées de se montrer moins attentives à la qualité des emprunteurs si elles savent qu'elles vont revendre les crédits. C'est l'une des leçons de la crise des subprimes. La professeure compare ensuite les performances des deux modèles. Si le modèle américain est généralement plus rentable, avec un ROE moyen de 12% contre 10% en Europe, le modèle européen est souvent plus stable, reposant sur une relation bancaire de long terme avec le client. Cependant, il est aussi moins agile et plus consommateur de capital. En conclusion, la professeure d'économie souligne que les deux modèles présentent des avantages et des inconvénients : le modèle européen est plus résilient et stable, tandis que le modèle américain accélère le financement de l'économie, au risque parfois de faire des sorties de route. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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  6. May 29

    La vision pionnière de François Quesnay, le médecin derrière les premières représentations d'ensemble de l'économie

    Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson dresse le portrait de François Quesnay, médecin du roi Louis XV. Il n'était pas économiste de profession, et pourtant, cet homme du XVIIIe siècle a eu une intuition remarquable sur le fonctionnement de l'économie. Avec son fameux « tableau économique », il a proposé l'une des premières représentations d'ensemble de l'économie, bien avant les tableaux entrées-sorties et le calcul du PIB. Il a compris que l'économie n'est pas seulement une addition de fortunes individuelles, mais un véritable circuit où la richesse se crée, circule, se distribue, puis revient alimenter la production. Contrairement à l'idée reçue, François Quesnay n'était pas un simple théoricien. Confronté aux difficultés économiques de la France de son époque, il a cherché à comprendre pourquoi un pays aussi vaste et fertile ne s'enrichissait pas davantage. C'est ainsi qu'il a développé la théorie physiocrate, selon laquelle seule l'agriculture produit un « produit net », c'est-à-dire un surplus créateur de richesse réelle. Bien que cette vision soit aujourd'hui dépassée, l'intuition du médecin reste essentielle : il faut distinguer le chiffre d'affaires de la valeur ajoutée, cette richesse nette créée par chaque entreprise. C'est ce concept de valeur ajoutée qui est au cœur de la comptabilité nationale et du calcul du PIB. Au-delà de cette découverte fondamentale, le médecin économiste a aussi eu l'idée révolutionnaire de représenter l'économie comme un système interdépendant, où la dépense des uns devient le revenu des autres dans un flux circulaire. Une vision qui a inspiré de nombreux autres économistes, d'Adam Smith à John Maynard Keynes. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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