On se lève et on se casse

On se lève et on se casse

L'émission féministe des casseuses d'ambiance de Radio Campus Paris, à écouter un mardi sur quatre à 20h.

  1. JAN 27

    Inceste d'Etat : comment la justice française criminalise les mères qui protègent leurs enfants ?

    Chaque année en France, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, le plus souvent dans le cadre familial. Pourtant, près de trois quarts des affaires sont classées sans suite, et seuls 1 % des cas d’inceste aboutissent à une condamnation, selon la CIIVISE. Dans cet épisode d’On se lève et on se casse, nous recevons la journaliste Romane Brisard, autrice de Inceste d’État (éditions Stock). Depuis 2021, elle a enquêté sur plus d’une centaine de dossiers d’enfants victimes d’inceste et de mères accusées à tort, souvent poursuivies ou privées de garde après avoir tenté de protéger leurs enfants. Au fil de la discussion, Romane Brisard décrit comment les défaillances de la police, de la justice et de la protection de l’enfance produisent une impunité massive, mais aussi une inversion de la culpabilité : les enfants deviennent suspects, et les mères protectrices sont criminalisées. Enquêtes bâclées, auditions mal menées, disparition des preuves, usage persistant de la notion d’« aliénation parentale » ou encore dogme du maintien du lien paternel : l’émission démonte les mécanismes institutionnels qui rendent ces violences presque impossibles à juger. Une conversation indispensable pour comprendre pourquoi l’inceste n’est pas seulement un crime individuel, mais un fait politique, et comment celles qui tentent de protéger leurs enfants se retrouvent parfois seules face à l’État.

  2. 12/16/2025

    Pourquoi les femmes ne gagnent jamais au travail ?

    Particulièrement depuis les années 1970, le travail est présenté aux femmes comme l'endroit idéal pour atteindre l'émancipation, l'épanouissement. Un lieu neutre, rationnel, où les logiques patriarcales seraient, sinon absentes, au moins atténuées.  Pourtant, le lieu de travail quel qu'il soit, est encore et toujours très structuré par le sexisme et les discriminations. Dans cet épisode d'On se lève et on se casse, Pauline reçoit la journaliste et coach Lucille Quillet, autrice de l'essai Les Méritantes, Comment le monde du travail trahit les femmes (éd. Les Liens qui libèrent). Avec elle, elle essaye de déconstruire les mécanisme d'un monde professionnel pensé par et pour les hommes, avant tout.  Pourquoi les femmes sont-elles moins payées, moins promues, plus précaires ? Pourquoi leur travail est-il sans cesse minimisé, dévalorisé ? Comment le sexisme s'incarne-t-il dans nos carrière, dans nos évaluations, dans nos salaires, dans nos promotions ?  A travers un angle féministe du travail, Lucille Quillet questionne ce système qui se prétend juste et qui reproduit massivement les inégalités de genre, de classe et d'origine sociale. Notre chroniqueuse Ce mois-ci, notre chroniqueuse Chloé Perrot (Dynamythe) commence à se pencher vers les contes anciens. Cette fois-ci, elle nous offre une relecture féministe de la Reine des neiges ... et pas celle de Disney! Le conte d'Andersen, sur deux amies d'enfances, dont l'un se fait enlever par la Reine des neiges. On se lève et on se casse est une émission féministe mensuelle diffusée sur Radio Campus Paris (93.9 FM). Chaque mois, Pauline reçoit des chercheuses, artistes, autrices et actrices engagées pour penser les discriminations de genre et les moyens d’y résister.

  3. 10/29/2025

    Amour et argent : comment le patriarcat se cache dans les finances d'un couple

    Il est souvent dit avec légèreté que l'amour et l'argent ne font pas ménage, ou encore, et c'est encore plus connu, que "quand on aime, on ne compte pas". Pourtant, dans la majorité des couples, qu'ils soient hétéros ou queer, l'argent est un fil rouge, et il structure la relation, parfois de manière silencieuse.  Qui paie quoi ? Qui fait les courses ? Qui achète l'appartement ou la voiture ? Qui renonce à sa carrière pour "le bien de sa famille" ? Derrière le mythe du grand amour, se cachent encore des inégalités économiques bien réelles.Alors comment faire pour atteindre une égalité et une transparence saine sur les questions financières dans son couple ?  Dans cet épisode, Marie-Lahya Simon, autrice du livre Ils vécurent heureux... et prirent un compte commun, publié aux éditions Eyrolles, et créatrice du compte Instagram @apartsegales explore avec nous ce tabou : celui des finances dans le couple. Dans cet ouvrage, elle nous donne aussi toutes les techniques qu'elle a trouvé dans sa propre expérience. On parle d’éducation genrée à la finance, de dépendance économique, de charge mentale, du piège du “compte commun”, mais aussi de féminisme économique et des nouvelles façons d’aimer sans se ruiner, ni se soumettre. Un échange pour comprendre pourquoi le privé est politique, jusque dans nos relevés bancaires.  Les chroniques du mois Dans cet épisode, Alice nous emmène en Pologne sur les traces de la poétesse Wisława Szymborska, prix Nobel de littérature, pour explorer une autre manière de parler de la vie, de la mort et de l’ironie du quotidien. Et Chloé, elle, revisite un conte russe : Le pêcheur et le poisson d’or. Une lecture féministe et sensible d’un récit ancien, où la soif de liberté d’une femme devient prétexte à réflexion sur le désir, l’ambition et la place qu’on laisse ou non aux femmes dans nos imaginaires.

  4. 10/07/2025

    Quand la mémoire et l'humour deviennent une arme politique, avec Aïda Amara

    🎙️Avec l'autrice et journaliste Aïda Amara Comment se reconstruire après les attentats du 13 novembre 2015, quand on découvre que son visage, son prénom, sa simple apparence parfois suffisent à susciter la méfiance ? Comment raconter le racisme sans s’y enfermer, et faire de la mémoire une force plutôt qu’un fardeau ? Dans cet épisode, nous recevons Aïda Amara, journaliste et autrice de Avec ma tête d’Arabe (aux éditions Hors d’Atteinte). Elle y raconte son expérience du 13 novembre 2015, en tant que victime, qui a bouleversé sa vie. Un choc qui a aussi ravivé ses questionnements concernant sa place dans ce pays à l'histoire coloniale encore trop mise sous le tapis, et l’histoire de sa famille marquée aussi par la colonisation de l’Algérie par la France. Ensemble, nous parlons de famille, de racines, de féminisme du quotidien, et de reconstruction : de ce que c’est que grandir et travailler en France quand on est une femme racisée, de l’humour comme une arme contre la bêtise, et de la nécessité de nommer le racisme pour mieux le combattre. Aïda Amara revient sur son parcours, sur la fatigue d’être “la caution diversité”, mais aussi sur la liberté d’écrire depuis sa propre place. À travers ce livre et cet échange, il s’agit moins de raconter une blessure que de reprendre la parole, pour soi, pour les autres, et contre le silence. ✏️ Les chroniques : Chloé Perrot revient sur Médée, naissance d’une sorcière (éditions Talents Hauts), son premier roman inspiré de la figure mythologique qu’elle revisite à travers un regard féministe. Le roman, c'est Médée, naissance d'une sorcière, aux éditions Talents Hauts. Alice Jehan nous parle de Toni Morrison, prix Nobel de littérature et autrice majeure des luttes afro-féministes. 🎵 Dans cet épisode, on diffuse le morceau Blessings de Naïka, chanteuse franco-haïtienne. Cette émission est présentée par Pauline Linard-Cazanave, avec à la réalisation Gabrielle Bayer. 📻 On se lève et on se casse, l’émission féministe des casseur.euses d’ambiance sur Radio Campus Paris, 93.9 FM.

  5. 06/17/2025

    La rando solo féministe, ou refuser de rester à sa place

    Pourquoi est-ce qu’on nous dit toujours qu’il faut être prudentes, mais aussi qu’il faut savoir lâcher prise ? Pourquoi marcher seule quand on est une femme reste un acte radical ? Et surtout : pourquoi est-ce qu’on a encore si peur de nos propres désirs de solitude, de liberté et d’air pur ? Ce mois-ci, On se lève et on se casse prend la tangente, met les pieds dans la boue, et parle randonnée, autonomie et féminisme avec Marie Albert, journaliste indépendante, militante écoféministe et autrice de Rando Solo, le guide féministe, publié chez Gallimard. Dans ce guide comme dans cet épisode, elle défend l’idée que marcher seule, c’est bien plus qu’un loisir : c’est une manière de se réapproprier son corps, son territoire, ses choix, et de désapprendre la peur. Avec elle, on parle de sentiers, d’émancipation, de solitude choisie, et du bonheur de poser sa tente très loin du regard des autres. Nos chroniqueuses Dans cet épisode, Chloé, notre experte en mythologie, relit pour nous le mythe de Psyché. Contrairement à Ulysse, Psyché ne conquiert rien : elle se transforme. Une héroïne voyageuse, patiente, curieuse, qui devient déesse après une errance semée d’épreuves. Une chronique sur les récits qui nous façonnent, les itinéraires en spirale, et ce que ça veut dire de voyager sans carte ni épée. Alice, elle, nous fait découvrir Nadine Gordimer, autrice sud-africaine et prix Nobel de littérature en 1991. Elle nous parle de Vivre à présent, roman testament sur l’après-Apartheid, les désillusions démocratiques, et les tensions intimes d’un couple mixte engagé. Une chronique politique et sensible sur l’héritage des luttes et les contradictions du réel. Dans cet épisode, vous entendrez le morceau classique Fast Car de Tracy Chapman, et Me & My dog de Boygenius, des morceaux pour vous faire voyager, justement.  Cet épisode est présenté par Pauline Linard-Cazanave.

  6. 05/18/2025

    Le procès Pélicot, ou comment vivre avec les hommes ?

    Le procès Pélicot, ou comment vivre avec les hommes ? 🎙️ Avec la philosophe Manon Garcia Comment vivre avec les hommes après le procès Pélicot ? Après avoir entendu, vu, lu tant de récits de violences sexuelles et d'impunités ? Dans cet épisode, nous recevons la philosophe féministe Manon Garcia, autrice de Vivre avec les hommes – Réflexions sur le procès Pélicot (éditions Flammarion, Climats). Ensemble, nous analysons ce procès hors norme, aussi appelé procès de Mazan, au prisme de la justice, du patriarcat, de l'hétérosexualité comme système politique et des responsabilités masculines. Avec recul et lucidité, Manon Garcia déconstruit les discours d'innocence, d’ignorance ou de confusion invoqués par les accusés, et propose de penser autrement les violences sexuelles : non pas à travers des figures monstrueuses, mais comme le résultat d'une culture de l'irresponsabilité et de la banalisation du viol. L’échange revient sur la fonction ambivalente des vidéos au procès, sur le rôle du langage judiciaire, sur la place laissée aux émotions dans le récit des violences, et sur ce que l’on fait, collectivement, de cette horreur une fois dite. Peut-on encore aimer les hommes ? Et surtout, les hommes peuvent-ils vraiment aimer les femmes ? ✏️ Les chroniques : Queen Alice Jehan revient sur le parcours de Nelly Sachs, poétesse allemande et survivante de la Shoah, lauréate du prix Nobel de littérature. Queen Chloé Perrot nous emmène du côté de l’Iliade avec une relecture féministe de la figure de Briséis, esclave et butin de guerre, pour interroger ce que les mythes antiques nous disent encore de la domination masculine (les chroniques sont disponibles sur son site). 📻 Un épisode à écouter pour penser autrement la justice, la violence, et la possibilité, ou non, de vivre avec les hommes. 🎵Dans cet épisode, on diffuse le morceau de la fantastique Marguerite, candidate de la douzième saison de Star Academy, et intitulé Les filles, les meufs, sorti en avril 2025. Cette émission est présentée par Pauline Linard-Cazanave, et réalisée par Gabrielle Bayer.

  7. 03/21/2025

    Apprendre le féminisme en bulles : le boom de la BD féministe

    Pourquoi sommes-nous si nombreuses à apprendre, comprendre ou ressentir des choses grâce aux bandes dessinées féministes ? Pourquoi ce médium semble-t-il si bien se prêter à la transmission d’idées politiques, d’histoires intimes, de récits de violence et d’émancipation ? Ce mois-ci, On se lève et on se casse explore le boom de la BD féministe, et les raisons de son efficacité. Notre invitée l'autrice Erell Hannah vient nous parler de son album Ils abusent grave, publié chez Les Insolentes-Hachette. Dans ce roman graphique plein d'humour et pédagogique, elle fait le tour en détails de dizaines de questions que de nombreuses femmes se sont posées, en s’inspirant d'histoires vraies et de ses  expériences. Avec elle, on parle de justice à deux vitesses, de représentations des psychopathes dans la pop-culture, on se demande pourquoi les hommes ont moins d'empathie que les femmes, si la cellulite est un mythe misogyne, et on parle surtout de la puissance de la BD pour ouvrir des discussions difficiles sur nos expériences de femmes. Le dessin permet-il aux femmes de dire des choses qu’on n’arriverait pas à dire autrement ? Comment l'industrie de la BD accueille-t-elle ce boom de BDs féministes ? Est-ce que la BD répond à un besoin particulier de s'éduquer en plein burn-out informationnel ?  Nos chroniqueuses chéries  Pour ce cinquième épisode, Chloé dans sa chronique Dynamythe nous fait relire un épisode marquant des Métamorphoses d’Ovide : l’histoire de Philomèle et Procnée, deux sœurs victimes et survivantes, qui utilisent le tissage pour s’exprimer, se relier, et se venger. Une chronique sur le symbolique du fil et du dessin, et sororité. Notre chroniqueuse Alice nous fait voyager jusqu’au Chili, pour découvrir Gabriela Mistral, poétesse et éducatrice, première femme latino-américaine et cinquième femme à recevoir le prix Nobel de Littérature en 1945.  Dans cet épisode, vous pourrez entendre le morceau Mes Copines de la chanteuse et compositrice Yoa, multirécompensée aux Victoires de la Musique 2025. Vous pourrez également écouter un extrait de Red Wine Supernova, de notre préférée, la chanteuse américaine Chappell Roan.   Cet épisode est présenté par Pauline Linard-Cazanave, et réalisé par Gabrielle Bayer.

  8. 02/21/2025

    Sortir de la domination adulte-enfant : un enjeu féministe encore peu pensé

    Dans ce quatrième épisode d'On se lève et on se casse, on aborde un sujet qui reste encore dans les marges des luttes féministes : la domination des adultes sur les enfants et la culture de l'inceste.  Cela devrait être un enjeu central. Pourtant, les chiffres, on ne parvient pas à les retenir. Ils devraient pourtant nous faire réagir, et nous faire revoir notre système politique entier :  160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année. Mais quelle attention portons-nous à la voix de ces enfants, qui sont mis dans une position de dominés dont il leur est impossible de sortir avant leur majorité dans la plupart des cas ? Ce sont les chiffres par lesquels le juge Edouard Durand, qui a dirigé les travaux de la Ciivise pendant trois ans avant de s’en voir retirer la charge, commence son tract Gallimard.  Pour parler de l'impensé de la domination des adultes sur les enfants, nous avions avec nous Marion Pollaert, membre du collectif d'ami.e.s qui a publié la thèse à titre posthume de Tal Piterbraut-Merx, aux éditions Blast, intitulée La domination oubliée : politiser les rapports adulte-enfant. Pour compléter cette thématique, nous voulions absolument avoir avec nous Cécile Cée, l'autrice et dessinatrice d'un ouvrage magistral intitulé Ce que Cécile Sait : journal d'une sortie d'inceste, aux éditions Marabout.  Avec nos deux invité.e.s, on s'est donc demandé pourquoi la domination des adultes sur les enfants était encore aujourd'hui un tel angle mort dans le champs des sciences sociales. On s'est notamment demandé aussi comment elle favorisait grandement la culture de l'inceste en France, et en quoi elle est une manifestation du déni collectif.  Nos chroniques du mois Vous retrouverez Chloé, et sa chronique Dynamythe. Cette fois, elle nous offre une relecture féministe de l'histoire de l'Orastie.  Et notre chroniqueuse Alice nous parle dans sa chronique de la quatrième autrice ayant remporté le prix Nobel de littérature depuis sa création : Pearl Buck.  La musique dans cet épisode, c'est le morceau YAFA de l'artiste londonienne Lubany L'émission est présentée par Pauline Linard-Cazanave, et réalisée par Maïwenn.

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L'émission féministe des casseuses d'ambiance de Radio Campus Paris, à écouter un mardi sur quatre à 20h.

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