Bienvenue dans le Game

Bienvenue dans le Game vous parle de tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander sur les jeux vidéo, le e-sport, les consoles, les plateformes… Dernières nouveautés, astuces, stratégies, et bien plus encore, Jennifer Lufau propose chaque dimanche une plongée immersive dans l’actualité du gaming. Diffusion : dimanche 07h20 TU.

  1. 5d ago

    L'été gaming de RFI: plongée dans le multiverse de «Fading Echo»

    La rédaction recommande Fading Echo, un jeu vidéo français sorti cet été et développé par le studio Emeteria et édité par New Tales. Amaury Beyris, directeur créatif du projet nous a raconté les ambitions derrière cette nouvelle pépite. Fading Echo est un jeu d’action et d’aventure à la troisième personne qui mêle combats, puzzles et phases de plates-formes. On y incarne One, une jeune légende avec des pouvoirs qui lui permettent, entre autres, de se transformer en goutte d'eau. Voilà, ça paraît fou, mais c’est bien la mécanique principale du jeu : alterner entre sa forme humaine et liquide pour se déplacer et combattre, le tout avec dynamisme et une direction artistique bien colorée. Il va falloir jouer au jeu pour en comprendre tout le lore, mais en gros, le monde dans Fading Echo est un multiverse, c’est-à-dire qu’il est constitué de multiples mondes qui sont interconnectés les uns avec les autres et dont certaines personnes qu'on appelle des légendes, avaient la capacité, il y a longtemps, de pouvoir voyager entre ces divers mondes. Les passages vers ces mondes s'étaient soudainement fermés, jusqu’au début du jeu où un événement majeur va déclencher leur réouverture et révéler les pouvoirs que l’héroïne One avait enfouis en elle. Amaury Beyris explique : L'histoire de One va être celle d'une jeune légende qui se découvre et qui va être à la fois en quête de son passé, essayer de comprendre ce qu'il y a, ce qu'on lui a caché dans le monde dans lequel elle vit, mais aussi les divers univers dont elle n'avait pas connaissance jusqu'à présent. Mais aussi, d'avoir un contrôle sur son avenir en partant explorer ces divers mondes et en développant sa maîtrise de l'éther et de la magie associée. Et tout ça dans le but de sauver son propre monde.  - Amaury Beyris Imaginez une héroïne mate de peau, aux cheveux bleus sous forme de liquide comme son pouvoir, qui explore ces mondes et se bat d’ailleurs contre un antagoniste. Vous l’avez entendu dans ce dernier extrait et peut-être même avez-vous reconnu la voix de Matthew Mercer, acteur et comédien de doublage qui a notamment prêté sa voix à des héros comme Leon dans Resident Evil ou encore Cassidy dans Overwatch. Et ce n’est pas tout, le jeu a vu grand avec un casting de superstars. One est jouée par Samantha Béart qui a donné de la voix dans Baldur's Gate 3, mais aussi Laura Bailey que vous pouvez retrouver dans The Last of Us Part II ou encore Uncharted : The Lost Legacy. Si tout cela vous intrigue, vous pouvez retrouver Fading Echo sur Steam, PS5, Xbox Series et bien sûr Nintendo Switch !

  2. Aug 7

    L'été gaming de RFI: «Looking for Fael», un escape game dans un appartement

    Cette semaine, pour L'été gaming de RFI, on découvre ensemble un jeu d'évasion français : Looking for Fael, qui est sorti le 16 juillet 2026. La rédaction a rencontré David William, game designer et fondateur du studio Swing Swing Submarine qui en est à l'origine, et nous a raconté les coulisses de ce jeu né à Angoulême. Looking for Fael est un jeu vidéo d'exploration et de réflexion similaire à un escape game où l'on incarne un personnage qui entre dans l'appartement de Fael et dont la mission est de le retrouver, puisque ce dernier s'y serait mystérieusement perdu. Il s'agit de ce qu'on appelle un « walking simulator », c'est-à-dire que le principe du jeu est de marcher avec une vue à la première personne, d'explorer des pièces et de résoudre des énigmes pour avancer. William David m'a expliqué l'origine de ce concept original, made in Angoulême : « Au début, c'était juste une idée de gameplay, c'est-à-dire le fait d'explorer une suite d'appartements qui crée une espèce de labyrinthe dont on ne sait pas très bien si c'est de la science-fiction, du fantastique, comment ces appartements se sont créés… C'est en développant le personnage de Fael, qui est fait d'obsessions et de choses qui nous habitent tous à différents niveaux dans l'équipe, qu'on a voulu créer ce tout cohérent entre un gameplay, des idées d'énigmes et un monde. Le personnage de Fael incarne finalement tous ces thèmes. » Je me suis laissée porter par ce concept et j'ai été très agréablement surprise par Looking for Fael car au départ, on découvre un appartement assez vide avec des cartons qui traînent. Puis, lorsqu'on ouvre de nouvelles portes, les décors sont totalement différents, alors que l'appartement conserve sa structure. « Je me suis basé sur un appartement que j'avais eu en colocation quand j'habitais encore à Montpellier. Au-delà de l'aspect personnel ou nostalgique, il était bien pratique parce qu'il nous permettait de mettre facilement des pièces les unes en face des autres, ou les pièces de différents appartements les unes à côté des autres, pour qu'il y ait une vraie connexion entre ces pièces », poursuit William David. Grande fan de « walking simulator » du même genre comme l'incontournable The Stanley Parable, j'ai apprécié les mécaniques du jeu pour naviguer dans l'appartement, mais aussi les énigmes à résoudre sur une espèce de Game Boy qui, dans le jeu, s'appelle la « Game Leaf », qui complexifie les règles du jeu de Tetris. Mais pour que Looking For Fael devienne mémorable, il va devoir proposer une histoire à la hauteur de son concept, et si je suis encore au début du jeu, j'ai bien compris que son histoire, pour le moment très mystérieuse, est aussi prometteuse. Looking for Fael a été co-créé avec le studio La Poule Noire, un autre studio d'Angoulême, et édité par Arte, disponible sur Steam, PS5, Nintendo Switch et Xbox Series. À lire aussiL'été gaming de RFI: «Go North», le nouveau jeu nigérian relaxant et labyrinthique

  3. Aug 1

    L'été gaming de RFI: «Go North», le nouveau jeu nigérian relaxant et labyrinthique

    Si vous ne savez pas à quoi jouer cet été, la rédaction vous conseille des jeux qui vont non seulement vous amuser, mais aussi vous surprendre. C’est donc parti pour l’été Gaming de RFI ! Pour cette première recommandation, nous partons en direction du Nigeria pour découvrir Go North, un jeu dit « cosy » donc « chaleureux » en français et qui est fraîchement sorti cette semaine. Dans la bande-annonce de Go North, pas de voix, pas de chant, pas de dialogues, juste de l’émerveillement. Go North est un jeu d’exploration aux décors magnifiques avec une vue à la troisième personne, très contemplatif, où chaque détour de couloir réserve son lot de poésie, d'histoires à découvrir et de personnages intrigants.  L'histoire de Go North J’ai eu la chance de rencontrer le créateur du jeu Tade Ajiboye lorsqu’il a présenté le jeu en Finlande durant l’événement Games First, on l’écoute. Bonjour, je suis Tade Ajiboye, développeur indépendant et créateur solo du jeu "Go North". Dans "Go North", tout tourne autour de l'exploration de labyrinthes. Vous y incarnez Dara, une jeune fille qui cherche à faire exaucer son vœu par le Dieu des Labyrinthes. Mais pour réussir à l'atteindre, vous devrez traverser une multitude de labyrinthes tous plus uniques et magnifiques les uns que les autres, dénicher et utiliser des objets magiques, mais aussi résoudre des quêtes secondaires très originales. Tade Ajiboye est ce qu’on appelle un solo dev, c’est-à-dire qu’il a créé son jeu quasiment tout seul depuis le Nigéria. Et vous avez le droit d’applaudir, parce que chaque jeu vidéo d’une telle qualité qui sort est un petit miracle. S’il vient d’Afrique, encore plus. Et s’il a été conçu par une seule personne, c’est un véritable exploit ! Cela veut dire qu'il a tout pensé lui-même : les décors, les personnages, la musique et les mécanismes du jeu. Tade a travaillé plus de deux ans sur ce projet, et souhaitait simplement faire un jeu d’une beauté relaxante et immersive similaire à un autre jeu assez connu : Gris. Le premier jeu « cosy » nigérian Fermez les yeux et imaginez-vous dans Go North. Vous courez ou glissez sur un hoverboard avec votre grand sac à dos. Vous explorez des labyrinthes sur terre, mais aussi dans les airs, entouré de papillons et de créatures fantastiques qui vous veulent du bien. Votre objectif : résoudre des énigmes, collecter des objets et bien sûr trouver la sortie. C'est exactement pour ce côté à la fois relaxant et intriguant que je vous recommande Go North cet été sur PC via Steam et sur Xbox Series, et très prochainement sur Nintendo Switch. À lire aussiL'été gaming de RFI: six jeux relaxants ou à jouer à plusieurs À lire aussiL'été gaming (et cosy) de RFI: «Alba : A Wildlife Adventure» et «Chants of Sennaar» À lire aussiLe jeu vidéo mis à l'honneur au Forum Création Africa à Lagos À lire aussiL'été Gaming de RFI : Plongée dans les jeux Dordogne et Jusant À lire aussiL'été Gaming de RFI: cinq bonnes raisons de jouer à «Thirsty Suitors»

  4. Jul 24

    Japan Expo 2026: les jeux présentés pour les 25 ans du salon

    C’est le rendez-vous incontournable des fans de pop culture japonaise. Et vous le savez peut-être : la France est le deuxième pays le plus consommateur de mangas au monde, juste derrière le Japon. C’est d’ailleurs pour ça que la Japan Expo est née : fêter les mangas, la gastronomie, la musique, mais aussi… le jeu vidéo ! Et pour cette édition 2026, la programmation était particulièrement dense.  La Japan Expo a vu les choses en grand pour fêter ses propres anniversaires, mais aussi ceux des géants du secteur. Et c’est là qu’on réalise que le jeu vidéo a ses propres classiques. À commencer par la saga mythique « Persona », également connue sous le nom de Shin Megami Tensei : Persona, qui est une série de jeux vidéo de rôle développée par le studio Atlus où l’on incarne des lycéens, on explore des donjons et surtout, on invoque des Persona, qui sont les représentations matérielles de notre véritable personnalité. La saga Persona a célébré ses 30 ans à la Japan Expo avec une exposition de 120 m², présentant l’évolution graphique de ses jeux à travers le temps. Le salon a même fait venir des figures clés du studio Atlus comme Shigenori Soejima. Un immense cadeau pour une communauté qui compte plus de 30 millions de joueurs dans le monde.  Du côté des sorties de jeu Le développeur Cygames est venu révéler Granblue Fantasy : Relink – Endless Ragnarok, sorti le tout premier jour du salon sur Steam, PS5 et Switch 2 ! Granblue Fantasy ne date pas d’hier, la licence est née en 2014 au Japon et depuis mars 2026, les joueurs du monde entier peuvent rejoindre l’aventure. Dans le nouvel opus Relink, vous découvrirez des combats dynamiques et un mode coopératif en ligne, mais surtout un monde fantaisiste immersif et des personnages captivants. J’ai eu la chance de les voir en chair et en os, puisque l’équipe a fait venir depuis le Japon les cosplayers officiels, ces personnes dont le métier est d’incarner ces personnages fictifs. Et je peux vous dire que le moment était impressionnant de charisme.  Autre événement mémorable du salon : l’anniversaire de Ankama Le fleuron français derrière les succès mondiaux Dofus et Wakfu ! Ankama a fêté ses 25 ans en intégrant une véritable convention au cœur de la Japan Expo. Résultat : 4 000 m² entièrement dédiés à leur univers, avec des quêtes et des défis pour les visiteurs.  Enfin, que serait le jeu vidéo moderne sans Sega ? Pour les 35 ans de Sonic, l’association de préservation du patrimoine MO5 a installé une expo entièrement jouable sur des consoles d’époque. C’est sans doute ce qui m’a le plus marqué : voir réunis petits et grands autour d'un hérisson bleu trentenaire, à une époque où le jeu vidéo physique disparaît peu à peu. Au fond, pour préserver notre mémoire vidéoludique… On a plus que jamais besoin de lieux comme la Japan Expo, non ? À lire aussiJapan expo, un événement vidéoludique devenu incontournable

  5. Jul 18

    «Bring Back Valko»: une pétition réclame le retour d'un héros dans «Love and Deepspace»

    La rédaction revient sur l’ingérence des fans, ou comment une minorité bruyante chinoise a réussi à annuler l’intégration d’un personnage très attendu dans Love and Deepspace, au point qu’une autre partie de la communauté lance une pétition pour réclamer son retour. Valko, qui devait être le sixième personnage masculin et intérêt amoureux de Love and Deepspace, a été annulé, ce qui a créé une forte inquiétude auprès des joueuses. Comment en arrive-t-on là pour un jeu de romance qui rassemble plus de 50 millions de joueuses en Chine et dans le monde ? Eh bien à cause des nombreuses insultes dirigées contre le personnage, mais aussi des menaces de mort à l’encontre des développeurs parce que Valko aurait la peau trop foncée comparée aux autres personnages. Pourtant, il n’est pas si différent des autres personnages. On vous laissera apprécier de vous-même si vous aimez les loups-garous musclés et roux. Mais des biais culturels entrent aussi en jeu. Pour certaines joueuses chinoises, Valko n’est pas assez masculin en raison de sa carrure musclée et de ses mâchoires carrées. Alors qu’en Occident, il serait plutôt considéré comme viril. À lire aussiLove and Deepspace: quand le jeu vidéo néglige ses joueuses noires En réalité, le personnage est devenu un bouc émissaire pour des fans chinoises qui cherchent à forcer les développeurs Infold à régler les problèmes actuels du jeu. On leur reproche de sortir ce personnage beaucoup trop tôt alors que le jeu contient des bugs, qu’on attend plus de contenu sur son histoire, qu’il y a aussi des problèmes techniques à régler avant de s’attaquer à la sortie d’un nouveau personnage. Les rumeurs disent également que le gouvernement chinois serait impliqué, et que cela expliquerait la décision aussi soudaine d'Infold, mais à ce stade, c’est de la spéculation. Suite aux menaces, Infold, qui avait pourtant montré les images du personnage sur ses réseaux sociaux, les a finalement toutes retirées et, pire encore, a annoncé qu’il n’y aurait plus jamais de nouveau personnage dans Love and Deepspace. Ce qui est quand même le comble pour un jeu de romance qui est justement censé se nourrir de nouveaux personnages. Une décision drastique totalement inattendue du côté des fans internationales qui se sentent négligées puisque les développeurs écoutent systématiquement leurs joueuses chinoises. Le plus désolant dans tout ça, c’est bien sûr l’immense déception des travailleurs chez Infold qui ont certainement passé des mois, voire des années, à créer Valko et son histoire, tout comme les comédiens qui lui ont prêté leur voix. Inévitablement, la disparition de Valko a des conséquences. Love and Deepspace subit actuellement un boycott et a perdu des centaines de milliers d’abonnés sur ses réseaux sociaux, mais surtout, une pétition ainsi que le hashtag #BringBackValko (« Ramenez Valko » en français) ont été lancés, jusqu’à recueillir près de 250 000 signatures réclamant le retour du héros.  Du côté d'Infold, pas de commentaires sur un retour possible, même uniquement dédié aux fans internationales. À lire aussi«Love and Deepspace»: le jeu mobile à la conquête du public féminin

  6. Jul 11

    Le club français Gentle Mates lance l'Esports World Cup à Paris

    La plus grande compétition de jeux vidéo a commencé jeudi dernier à Paris, avec une conférence de presse qui a rassemblé les organisateurs de cette édition unique, ainsi qu’une cérémonie d’ouverture en grandes pompes. Comment s’organisent les équipes participantes à ce genre de tournois ? Entretien avec Marceau Lambert, directeur général de Gentle Mates nous a raconté. Après une cérémonie d’ouverture qui a rassemblé les concerts de grands artistes comme Aya Nakamura, Theodora ou encore DJ Snake, toutes des pointures françaises, l’Esports World Cup a démarré avec ce qu’on appelle un showmatch, c’est-à-dire un match organisé par des équipes professionnelles dans le seul but de divertir le public. Le premier showmatch a mis en duel les influenceurs Inoxtag et Squeezie, deux des créateurs de contenu jeux vidéo qui se sont affrontés sur le jeu vidéo Valorant. C’est justement autour de ce dernier que s'est créée l’une des équipes esport les plus suivies en France. Un trio puissant pour rendre l'esport accessible Squeezie, deuxième youtubeur le plus suivi en France, a plus de 20 millions d’abonnés et après avoir lancé des concepts inédits comme le GP Explorer, une course évènementielle de Formule 4 réunissant des personnalités d'Internet et des rappeurs, le créateur s’est naturellement attaqué à l’esport en créant sa propre équipe Gentle Mates. Fondé en 2023, Gentle Mates fait désormais partie des clubs français incontournables, aux côtés de Vitality ou encore de la Karmine Corp. Le club se spécialise dans des jeux comme Call of Duty ou encore Counter Strike et bien sûr Valorant. Squeezie ne s‘est pas lancé seul dans cette aventure, il s’est entouré d’autres créateurs dont Gotaga et Brawks. L’idée de créer un nouveau club est venue de l’envie de partager leur expérience et de promouvoir l’esport comme une discipline sérieuse et rassembleuse. Un club qui veut porter les couleurs de la France Pour l’Esports World Cup, leur directeur général Marceau Lambert m’a confié que c’était une chance de pouvoir jouer à domicile, sans contraintes de décalage horaire et avec le soutien de leur communauté jeune et locale. Leur ambition : aller aussi loin que possible pour faire rayonner la France.  Et au-delà de la compétition, Gentle Mates a construit une véritable industrie avec des produits dérivés autour de vêtements dédiés au sport, aux couleurs du club. De quoi galvaniser les millions d’abonnés cumulés qui suivent les trois créateurs, Squeezie, Gotaga et Brawks. Mais sauront-ils porter leurs équipes jusqu’en finale ? C’est une affaire à suivre, l’Esports World Cup continue jusqu’au 23 août et vous pourrez compter sur moi pour vous en donner des nouvelles.   À lire aussiNeia, 16 ans et l'ambition de devenir la meilleure joueuse de «Tekken» À lire aussiQuand l’e-sport devient synonyme d’espoir en Afrique francophone

  7. Jun 27

    Représentations LGBT+: l’histoire des fiertés dans le jeu vidéo

    L'annonce d'un nouveau personnage féminin dans la saga God of War suscite de nombreuses réactions au sein de la communauté. En cette fin juin, mois des Fiertés, focus sur l’histoire et l’évolution des personnages LGBT+ dans les jeux vidéo. Le prétexte parfait pour aborder ce sujet est la cérémonie des Gayming Awards, qui s’est tenue aux États-Unis le 8 juin dernier. Les Gayming Awards sont un événement américain qui récompense les jeux les plus inclusifs de l’année. Parmi les nommés figuraient le jeu de drague Date Everything !, mais aussi les très attendus Hades II et Lost Records. C’est finalement South of Midnight, un titre particulièrement apprécié, qui a raflé le prix prestigieux de Jeu de l’année. Ce palmarès illustre le chemin immense parcouru par l’industrie du jeu vidéo. Car le tout premier exemple historique de représentation LGBT+ remonte à 1989 avec Caper in the Castro, un jeu d’aventure textuel développé quasiment en secret par une créatrice transgenre pour sensibiliser à l’épidémie du VIH. À l’époque, ces disquettes circulaient très discrètement. Comment est-on passé de cette clandestinité aux immenses blockbusters d’aujourd’hui ? Principalement grâce aux revendications des joueurs, qui ont influencé un simulateur de vie que tout le monde connaît : Les Sims. Dès le premier opus en l’an 2000, le jeu intégrait les relations amoureuses entre personnages de même genre. Un choix avant-gardiste qui a permis à des millions de personnes de se projeter. Aujourd’hui, ces personnages sont au cœur des plus grands scénarios. On pense évidemment à Ellie, l’héroïne de la saga The Last of Us, dont l’homosexualité fait partie intégrante de son identité et de sa force dans un monde post-apocalyptique. Pourtant, l’arrivée de ces personnages suscite encore parfois de vives réactions sur les réseaux sociaux. Il est vrai qu’une frange de la communauté rejette toujours cette représentation. Mais la grande nouveauté, c’est que les développeurs sont plus enclins que jamais à créer des personnages LGBT+. Des géants comme Riot Games célèbrent chaque année le mois des Fiertés à travers des contenus dédiés, reconnaissant qu’une immense partie des joueurs apprécie et revendique cette visibilité. Pendant longtemps, le manque de représentation queer a poussé les fans à faire du « ship », c’est-à-dire imaginer des romances fictives et écrire des fanfictions. C’est ce qui s’est passé pour Vi et Caitlyn, deux héroïnes de League of Legends. Adorées par la communauté, leur romance a finalement été officiellement et magnifiquement intégrée par les créateurs dans la série phénomène Arcane. Pour prolonger ce mois des fiertés dans le monde réel, notez un rendez-vous français : le Gaymer Festival aura lieu à Lyon du 16 au 19 juillet prochain. La preuve que, des disquettes cachées des années 1980 aux salons d’aujourd’hui, la diversité a définitivement gagné sa place dans le cœur des joueurs. À lire aussi«Jim Queen» de Marco Nguyen et Nicolas Athané : une comédie queer contre l'homophobie

  8. Jun 19

    «God of War Laufey»: pourquoi est-il si difficile d'incarner une femme dans les jeux vidéo?

    L'annonce d'un nouveau personnage féminin dans la saga God of War suscite de nombreuses réactions au sein de la communauté. L'annonce de God of War Laufey a provoqué une grande vague de colère chez certains joueurs, furieux à l'idée d'incarner une femme et répétant en boucle sur les réseaux que le jeu ne s'appelle pas « Goddess of War » (« la déesse de la guerre » en français). Certains sont allés très loin dans le sexisme : des joueurs ont carrément créé des « mods », c'est-à-dire des modifications numériques du jeu, pour mettre en scène l'héroïne en train de faire la vaisselle ou le linge, plutôt que de combattre des monstres. Voici quelques commentaires reçus à l'annonce du jeu : « Une femme en perso principal, c'est à chier, c'est avec une meuf, God of War sans Kratos n'est pas God of War… Et voilà, même les jeux, c'est devenu féministe. » C'est d'une violence assez inouïe. Pourquoi le fait de devoir simplement incarner une femme pose-t-il un tel problème à ces hommes ? Parce qu'au-delà de la misogynie, il y a une vraie panique identitaire. Pour une frange de joueurs masculins, blancs et hétérosexuels, pour une part d'entre eux, le jeu vidéo a toujours été un espace sécurisé où ils étaient systématiquement représentés à l'écran. Voir des femmes et des minorités prendre le premier rôle est vécu comme une menace, la peur de perdre leur place privilégiée. Sauf quand les personnages féminins sont hypersexualisées, à l'instar de l'héroïne du jeu Stellar Blade. Là, elles ont toute leur place !  Pourtant, les femmes jouent des personnages masculins depuis des décennies. Elles n'arrivent pas non plus par opportunisme dans le jeu vidéo. Elles y sont actives depuis le premier jour. Dans les années 1980, ce sont elles qui assemblaient les cartouches de la console NES dans les usines Nintendo. Côté création, on leur doit des fondations majeures : c'est une ingénieure américaine, Carol Shaw, qui a programmé le classique jeu River Raid en 1982, et une autre créatrice américaine, Roberta Williams, qui a révolutionné le jeu d'aventure narratif avec King's Quest. Ce rejet d'une héroïne principale ne date d'ailleurs pas d'hier. L'histoire du jeu vidéo s'est déjà heurtée à ce genre de réactions... En 1986, le jeu culte Metroid proposait d'incarner un chasseur de primes en armure high-tech, sans mentionner son genre. Ce n'est qu'à la toute fin du jeu que l'on découvrait que sous l'armure se cachait une femme au nom de Samus Aran. Déjà, à l'époque, certains hommes avaient protesté, mais c'était un coup de communication extrêmement malin de la part des développeurs pour piéger les préjugés. Quarante ans plus tard, les choses n'ont pas tant évolué. Les femmes ou les minorités n'ont le droit de prendre le premier rôle que lorsque la franchise a fait ses preuves et que le risque financier a disparu. Ciri devient centrale après le succès de Geralt de Riv dans The Witcher. Laufey obtient son jeu après que Kratos a rapporté des milliards de dollars. Et Ghost of Yōtei, porté par une héroïne, arrive uniquement parce que Ghost of Tsushima a été un carton planétaire. En gros, la diversité à gros budget reste un luxe de fin de parcours, après que le public a été sécurisé. Finalement, incarner des personnages qui représentent la moitié de l'humanité ne devrait pas être considéré comme un exploit ou une prise de risque commerciale. C'est simplement une base. Le jour où l'arrivée d'une femme à la tête d'un grand jeu sera considérée comme un choix artistique ordinaire et que l'on cessera de l'imaginer ou de la représenter avec de la vaisselle à la main, l'industrie du jeu vidéo aura enfin gagné sa maturité. Mais avant ça, c'est toute une société qui doit évoluer.

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Bienvenue dans le Game vous parle de tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander sur les jeux vidéo, le e-sport, les consoles, les plateformes… Dernières nouveautés, astuces, stratégies, et bien plus encore, Jennifer Lufau propose chaque dimanche une plongée immersive dans l’actualité du gaming. Diffusion : dimanche 07h20 TU.

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