Le sport a pris une place croissante dans les relations internationales, confortant la puissance de certains États, et contribuant à l’émergence de nouveaux. À l’échelle locale comme internationale, il a pris une envergure populaire, sociale, politique et économique que les plus optimistes n'auraient pas imaginée. Rapporté aux relations internationales, le sport est à la fois reflet et vecteur des dynamiques géopolitiques mondiales. Car, longtemps resté l’apanage des pays occidentaux, il connaît aujourd’hui un décentrement vers l’Est et voit un nombre croissant d’États et de régions du monde s’en emparer. Ce développement comporte une dimension économique forte, dont les enjeux contribuent également à la « géopolitisation » du sport. Il est regardé, pratiqué et accueilli en grande pompe – presque – partout. Pour ces raisons, et pour les attentes qu’il suscite, il se trouve quotidiennement au cœur de l’attention et des débats. Ainsi, dans un monde globalisé où la scène internationale est de plus en plus occupée et où il est donc très difficile de se faire une place, l’exploit sportif est devenu le meilleur moyen de se faire connaître, de surcroît de façon positive. Les stars mondialisées assurent à leur pays un surcroît de popularité. Loin d’une finalité diplomatique, économique géopolitique et intégrative, le sport est un instrument de valorisation de la « cohésion sociale ». Donc le sport n’est pas seulement un jeu ; il constitue un fait social total. Car en l’analysant dans toutes ses composantes ludiques, sociales, économiques, politiques, culturelles, technologiques, on peut mieux déchiffrer nos sociétés contemporaines, mieux identifier les valeurs fondamentales, les contradictions qui façonnent notre monde et mieux les comprendre. Sokhna Dia Fall, Maître en Relations Internationales.