C'est dans ta nature

C'est dans ta nature, le rendez-vous hebdomadaire de RFI avec la biodiversité. Reportages et infos sur les végétaux et les animaux, leurs comportements, leurs secrets, leurs rôles dans les écosystèmes et dans la mondialisation. Tout ce dont on parle ici, C'est dans ta nature !

  1. 5D AGO

    Comment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris

    Mouettes, goélands et cormorans ont fait de la Seine leur lieu de villégiature hivernale, avant qu'un certain nombre d'entre eux décide de s'y installer à l'année.  On les voit et on les entend. Des milliers de mouettes, qui piaillent ou qui pleurent en bord de Seine, le long de la voie rapide qui traverse Paris, sont posées sur le sable. Ce n'est pourtant pas Paris-Plage, on est alors en plein hiver, au mois de janvier. Le soleil s'est couché et les mouettes se sont rassemblées sur les barges remplies de sable amarrées au quai, qu'elles transforment chaque soir en immenses dortoirs. « Les mouettes sont des oiseaux d'eau douce qui vont se reproduire sur les étangs. Entre le 15 février et le 1er mars tout le monde fout le camp ! Donc à partir de cette période, si vous voyez des oiseaux blancs sur la Seine, il y a neuf chances sur dix que ce soit des goélands, qui sont plus gros d'ailleurs », précise Frédéric Malher, ornithologue à la LPO Île-de-France, la Ligue pour la protection des oiseaux. Les Parisiens (et les touristes) prennent souvent des goélands pour des mouettes, « et dans le film Vos gueules les mouettes !, ce qu'on entend, ce sont des goélands, pas des mouettes ! » À lire aussiLes oiseaux de la Seine à Paris : une étonnante biodiversité Goélands parisiens En cet après-midi du mois de mars 2026, Frédéric Malher nous a donné rendez-vous en bord de Seine, face à Notre-Dame à la pointe de l'île de la Cité, où des goélands, reconnaissables à leur bec jaune, se reposent au soleil de cette fin d'hiver. « Ce sont des espèces essentiellement marines qui, en hiver, se répartissent un peu n'importe où, et en particulier remontent les fleuves. Cela faisait très longtemps qu'on en voyait en hiver à Paris. Puis, comme un certain nombre d'espèces, ils se sont aperçus que finalement, la ville, c'était quand même bien sympathique. Il y a à manger toute l'année, en général des poubelles et des fins de marché, et éventuellement des poissons dans l'eau. Et puis, les humains leur foutent la paix. Ils ont beau avoir un paysage touristique que le monde entier nous envie, là, ils n'en ont rien à faire ! » En contrebas du quai, sur la Seine boueuse, un couple de canards colverts barbote au gré des vaguelettes. Un cormoran, ce grand oiseau marin au plumage noir et au long bec crochu apparaît. « C'est un jeune cormoran qui vient de plonger ! », remarque Frédéric Malher. L'oiseau disparaît une dizaine de secondes avant de ressortir un peu plus loin, un poisson dans le bec. Le grand cormoran est un oiseau migrateur. Il vient d'Europe du Nord et passe l'hiver à Paris, où on compte un millier d'individus. Certains restent même à l'année parce que la pêche est bonne. « Le cormoran est un grand pêcheur qui a la particularité d'avoir un plumage qui se mouille, à la différence de la plupart des autres oiseaux, explique Frédéric Malher. Quand on fait tomber de l'eau sur le dos d'un oiseau, l'eau ruisselle. Évidemment, il ne faut pas y aller au jet d'eau ! C'est en particulier très utile pour les canards qui flottent, parce qu'en plus, cela leur procure une couche d'air qui les maintient au chaud. Mais ça les empêche de plonger, ils remonteraient comme un bouchon. » À lire aussiL'observation des oiseaux, une science participative en développement actif Plongée sous-marine Le cormoran, lui, n'a pas ce problème et peut plonger « jusqu'à dix ou vingt mètres assez facilement, poursuit Frédéric Malher. Après, il va aller se poser et prendre la posture classique avec laquelle on représente souvent les cormorans, les ailes écartées qu'ils remuent éventuellement.Tiens, ça y est, il s'envole, il en a assez ! », s'interrompt l'ornithologue alors que le son d'un battement d'ailes bien spécifique s'élève de la Seine : celui d'un cormoran qui redouble d'efforts pour faire décoller de l'eau ses quelques trois kilos.  Écarter les ailes au repos, « on a longtemps pensé qu'il faisait ça pour se sécher, ce qui est sûrement vrai au moment où il sort de l'eau. Puis on s'est aperçu que pour avoir cette position-là, les muscles travaillent, donc ils se réchauffent. Cela a donc une double utilité ». Sur la dalle qui leur sert de reposoir, au-dessus du Mémorial des martyrs de la déportation, goélands et cormorans continuent de prendre le soleil. Un héron les a rejoints. La Seine est un paradis. À lire aussiÀ Paris, avec l'amélioration de la qualité de la Seine, des moules refont leur apparition

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  2. FEB 28

    Au Salon de l'agriculture, un salon de beauté pour chiens de berger

    Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026. Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase.  Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle. Démêlant pour cheveux Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring.  Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi. Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils.  Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle.  Deux testicules sinon rien Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents ​​​​​​​–​​​​​​​ parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ​​​​​​​! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... » « Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens ​​​​​​​!, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ​​​​​​​! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « ​​​​​​​Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « ​​​​​​​Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... » La question de la semaine

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  3. FEB 21

    L'alcool, une histoire de plantes et d'animaux

    L'alcool est dans la nature. Des végétaux produisent naturellement de l'éthanol dont raffolent certaines espèces : des singes, des oiseaux ou des chauves-souris.  Il n’y a rien de plus naturel que l’alcool. L’éthanol, son nom scientifique, est apparu sur Terre il y a une centaine de millions d’années, quand les plantes ont produit des fleurs, et donc des fruits, qui finissent par pourrir : ils fermentent, un processus chimique mêlant sucre et levure. L'humain n'a pas le monopole de l'alcool, mais chez les autres animaux, on mange de l’alcool plutôt qu’on en boit. C’est le cas des singes, qui seraient tombés dedans il y a 10 millions d’années, lors d’une longue période de sécheresse, contraints de se rabattre sur des fruits pourris tombés au sol, des fruits fermentés. L'alcool tue en volant Le chimpanzé, notre cousin le plus proche, consomme chaque jour en fruits l’équivalent d’une pinte de bière. Une expérience menée sur d’autres singes, des vervets, a aussi montré leur penchant pour l’alcool. Ils avaient le choix entre un verre de jus de fruit et un verre d’éthanol ; seulement 15 % ont choisi le jus de fruit. Certains animaux consomment avec modération. Une chauve-souris africaine choisit des fruits à faible teneur en alcool, 1 % au maximum, sans doute pour éviter de voler en état d’ivresse. Ce qui n’est pas le cas d’une espèce d’oiseau d’Amérique, le jaseur. Il ne tient pas l’alcool, percute régulièrement des obstacles, et certains en meurent. Parfois l’alcool tue en volant. Un drame lié à l'alcool a eu lieu en Inde quand un éléphant a tué quatre personnes dans leur sommeil, en les écrasant, attiré par un stock d’alcool frelaté. Mais vu le poids de l’éléphant, peu de risque qu’il s’enivre : il lui faudrait boire au moins 40 litres d’alcool, soit manger près de 1 500 fruits fermentés. Source d'énergie Un autre animal tient très bien l’alcool, malgré son petit poids, à peine 50 grammes. Il s’agit du ptilocerque, un mammifère d’Indonésie de la taille d’un rat. Il peut absorber l’équivalent de neuf verres de bière, sans le moindre signe d’ébriété. Mais les animaux recherchent-ils l’ivresse comme les humains ? Plutôt de l’énergie, et l’alcool est particulièrement calorique. Une espèce de mouche ferait, elle, exception. Les femelles alcoolisées ont tendance à multiplier les partenaires sexuels – l’alcool désinhibe. Alors que les mâles rejetés par leur partenaire font le plein d’éthanol – on boit pour oublier.  La question de la semaine À lire aussiPourquoi le frelon oriental tient-il si bien l’alcool?

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  4. FEB 14

    La Saint-Valentin des plantes, fidèles ou polyamoureuses

    Si les végétaux offrent des fleurs pour séduire, ce sont leurs propres fleurs, pour attirer les pollinisateurs. Certains ne jurent que par la fidélité quand d'autres pratiquent l'amour libre.  C'est le massacre de la Saint-Valentin. Deux cents millions de roses sont coupées en quelques jours chaque année dans le monde juste pour la fête des amoureux. Des fleurs mortes pour célébrer l'amour...  Oui, ça sent la rose, mais aussi les pesticides.  La Saint-Valentin des plantes, dans leur milieu naturel, a un tout autre parfum. Les plantes aussi offrent des fleurs, mais ce sont leurs fleurs (leurs couleurs, leurs parfums et leur nectar), pas à d'autres plantes mais à des insectes, en général, qui jouent les entremetteurs, pour qu'il y ait pollinisation. Un triangle amoureux, où la séduction ne sert qu'à la reproduction.  Figue féconde Certaines plantes sont particulièrement fidèles ; elles dépendent d'une seule espèce pour se reproduire. C'est le cas du figuier, un symbole de fécondité dans l'Antiquité, à cause de la sève blanche qui s'écoule quand on coupe une figue – pas besoin de faire un dessin... Depuis la nuit des temps, le figuier a fait alliance avec une espèce unique pour être fécondé : une guêpe. Elle entre dans la figue pour y pondre ses œufs et transporte ainsi le pollen. La plante et l'animal ont co-évolué pendant des millions d'années. Résultat : pas de guêpe, pas de figue, et sans figue, pas de guêpe non plus. C'est l'amour exclusif, mais c'est l'amour du risque : une seule guêpe vous manque et tout est dépeuplé. L'amour à l'aveugle Mais la plupart des plantes pratiquent le polyamour, multiplient les contacts pour multiplier leurs chances de se reproduire. La fleur de colza, par exemple, est pollinisée par plus de cent espèces d'insectes.   Il y a aussi des plantes qui font l'amour à l'aveugle : les plantes anémophiles qui sèment à tout vent, tels les conifères. Comme un amoureux sur Tinder qui fait répondre à tous. À ce jeu de l'amour et surtout du hasard, sur des millions de graines, il y en aura bien une pour qui ça va matcher.  Enfin, des plantes n'ont besoin de personne et pratiquent l'autofécondation. C'est le cas des céréales, le blé ou le riz. Certes, ce n'est pas terrible pour la diversité génétique, mais pas de déception amoureuse, ni rupture, ni jalousie. On n'est parfois jamais si bien servi que par soi-même. La question de la semaine

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  5. FEB 7 · BONUS

    Des insectes nettoyeurs au service de l'humanité

    Des mouches, des vers ou des scarabées sont de véritables agents de ménage en se nourrissant de nos déchets. Vous en avez assez de faire le ménage ? Voici l'armée silencieuse, ou presque, des petites mains qui nous débarrassent des déchets. Ici, ce sont plutôt les petites bouches de petites mouches : la mouche soldat noire pond ses œufs dans les poubelles et le compost. Elle valorise nos déchets et les transforment en engrais.  Mouches cicatrisantes Les mouches nettoient aussi les plaies, depuis l'Antiquité, quand il n'y avait pas d'antibiotiques. On appelle ça l'asticothérapie, pratiquée aussi à Diên Biên Phu par l'armée française à court de médicaments. Les larves, pour se nourrir, détruisent les tissus infectés, et leurs sécrétions ont une action antiseptique. Aujourd'hui, en France ou aux États-Unis, les asticots sont officiellement reconnus comme des médicaments. Main-d'œuvre immigrée Au milieu du XXe siècle, l'Australie a dû faire appel à des champions du nettoyage, parce qu'il n'y avait, dans l'immense territoire, aucun insecte capable de décomposer les bouses des vaches importées. Les insectes coprophages présents sur place se contentaient des petites crottes des kangourous. À cause des bouses de vache – 300 millions par an –, plus d'un million d'hectares de pâturages étaient ainsi perdus chaque année. L'Australie a donc fait venir des bousiers, ces petits scarabées célèbres pour rouler des boules de bouse dont ils se régalent. Mais aujourd'hui, les vermifuges qu'on donne au bétail menacent les populations de bousiers. Nourriture plastique Face à la pollution plastique qu'il génère, l'humain aurait pu avoir un allié : le ver de cire, la chenille d'un papillon qui peut vivre plus d'un an nourrie uniquement de polyéthylène. Lors d'une expérience, une soixantaine de larves ont mis une semaine à dévorer un sac plastique. Pas mal, mais ce ne sera pas suffisant vu l'ampleur de la tâche et les 400 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année. On ne peut pas toujours compter sur les autres animaux.  La question de la semaine

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  6. JAN 31

    Près de 27 ans après la marée noire, l'Erika continue de tuer des oiseaux marins

    Des oiseaux ont été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, et le coupable a été identifié : du fioul du pétrolier Erika, naufragé fin 1999 et affrété par Total, qui continue de s'échapper. Le pétrole est l'ennemi des oiseaux de mer.  En mer, on fait parfois de mauvaises rencontres. Comme une flaque de pétrole, flasque et gluante. Une quinzaine d'oiseaux marins ont ainsi été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, dans l'ouest de la France, souillés par le mazout de l'Erika, plus de 26 ans après que le pétrolier affrété par Total s'est coupé en deux, le 12 décembre 1999. Entre 150 000 et 300 000 oiseaux avaient été tués à l'époque par la marée noire. Mais il y a aussi le Tanio, un autre pétrolier naufragé il y a 46 ans, toujours au large de la Bretagne. « Le Tanio est un bateau très connu de nous, ornithologues, et à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), parce que chaque année, ou quasi chaque hiver, le bateau libère des nappes de fioul, et les oiseaux se souillent dans ces nappes, raconte Cédric Marteau, le directeur de la LPO. Ce qui est nouveau, aujourd'hui, c'est l'Erika. On a pour la première fois retrouvé sur des oiseaux marins des traces de ce fioul Erika. » Peu de chances de survie pour un oiseau souillé Les oiseaux marins et le pétrole, issu des marées noires ou des dégazages, ne font évidemment pas bon ménage. « Ils vivent à 100% en mer à part pour se reproduire, ce qui est très différent des oiseaux côtiers, explique Cédric Marteau. Et donc, ils s'alimentent en mer, ils dorment en mer, ils se posent sur l'eau et ils sont souillés. » Les chances de survie sont alors très minces. « À partir du moment où les oiseaux ont ingéré du fioul, en se nourrissant ou en voulant se nettoyer, on considère qu'il est très difficile de les sauver, poursuit Cédric Marteau. Il suffit parfois qu'il n'y ait que quelques plumes pour que l'oiseau soit simplement handicapé, n'arrive plus à vivre seul et donc vienne s'échouer. » À cause du pétrole, les plumes ne sont plus imperméables, et pour un oiseau de mer, c'est quand même un problème.  Les oiseaux marins parmi les espèces les plus menacées Les oiseaux marins sont le deuxième groupe d'oiseaux le plus menacé au monde, à cause des marées noires, des dégazages mais aussi de la pêche, juste après les perruches et les perroquets en raison de la déforestation. Et on risque de perdre les oiseaux marins à tout jamais, parce qu'il est impossible de mettre en place des programmes de réintroduction. « La spécificité de ces oiseaux marins, c'est qu'évidemment, on ne peut pas les élever, souligne Cédric Marteau, de la LPO. Parfois, avec des oiseaux terrestres, on peut espérer les faire se reproduire, et quand les conditions s'améliorent, les réintroduire dans leur milieu. Les oiseaux marins, c'est impossible. Si on perd une espèce ou si une espèce d'oiseau marin est en danger, on ne peut malheureusement rien faire. » À lire aussiFrance: 27 ans après le naufrage de l'Erika, du fioul identifié sur des oiseaux en Bretagne La question de la semaine

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  7. JAN 24

    Des animaux pas si bêtes

    Des chevaux, une vache et des corbeaux ont fait l'actualité cette semaine en raison de leur intelligence et de leurs capacités cognitives. Nos amis les bêtes n'ont jamais aussi mal porté leur surnom. La preuve en trois informations publiées cette semaine et qui révèlent, ou rappellent, les facultés cognitives parfois étonnantes du monde animal. Les chevaux, la sueur et la peur Les chevaux sentent la peur, au sens propre, si on peut dire : notre transpiration dégage une odeur différente selon que l'on a peur ou que l'on est joyeux, et les équidés sont capables de la ressentir, selon une étude scientifique française publiée ce 14 janvier. Les chercheurs ont soumis aux naseaux de chevaux des tampons imbibés de sueur humaine récupérés après le visionnage d'un film d'horreur. Les chevaux ont détecté l'odeur de la peur, en témoigne alors leur comportement : plus nerveux, le cœur qui bat plus fort... Une contagion émotionnelle, une communication chimique qui restent encore à expliquer.  La vache et le bâton On reste à la ferme et c'est un grand meuh, ou un grand oui, pour Veronika, une brune autrichienne, la vache la plus célèbre au monde depuis la publication cette semaine d'une étude scientifique dont elle est l'héroïne. Veronika est le premier bovin à utiliser un outil. En l'occurrence, un bâton, pour se gratter le dos. La scientifique autrichienne venue observer le phénomène lui a alors donné un balai, et là, nouvelle surprise, Veronika a utilisé la brosse pour se gratter le dos, et le manche, au bout arrondi, pour se gratter le ventre. Un même outil pour deux fonctions : seuls les singes et les humains en sont capables. Dans un regard bovin, quoiqu'en disent les mauvaises langues, il y a de l'intelligence. Veronika rejoint ainsi le club VIP des animaux capables d'utiliser des outils – une centaine d'espèces ont ainsi été observées. Comme les chimpanzés, qui peuvent utiliser une quarantaine d'outils, par exemple une pierre pour casser des noix. Les corbeaux, eux, posent des noix sur la route et attendent que les roues des voitures viennent les briser. Les corbeaux anti-Trump Les corvidés sont sans doute les animaux les plus intelligents après les singes et, aux États-Unis, un militant anti-Trump fait le buzz sur les réseaux sociaux en dressant des corbeaux à attaquer les fameuses casquettes rouges MAGA portées par les partisans de Donald Trump. Plusieurs mois d'entraînement ont été nécessaires pour que les corbeaux détectent les casquettes rouges et les enlèvent d'un coup de bec pour aller déguster la nourriture cachée dessous. Les corbeaux ne font pas de politique, c'est juste l'appel du ventre. Mais voilà qui promet un drôle de remake du film d'Alfred Hitchcock, The Birds (Les Oiseaux), lors d'un prochain meeting de Donald Trump. La question de la semaine À écouter dans Autour de la questionSommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux?

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  8. JAN 17

    Les animaux qui puent: sentir fort pour se sentir fort

    Dans le monde animal, certaines espèces émettent une odeur nauséabonde pour faire fuir leurs prédateurs. Et c'est efficace. Attention, ça va puer. Le putois n'est pas très agréable à entendre, et pas très agréable à sentir non plus. Le petit mammifère au corps allongé doit son nom à sa réputation olfactive. Le putois pue, enfin pas tout le temps, seulement quand il est stressé. Une odeur putride, qui lui sert à marquer son territoire et à faire fuir les prédateurs, une odeur issue de ses glandes anales. « Casse-toi, je pue ! », ce que dit aussi la moufette face à un prédateur. L'animal à la fourrure noire, où se dessine un V en blanc, lève la queue et balance jusqu'à cinq ou six mètres un liquide visqueux qu'on peut sentir jusqu'à un kilomètre. Ça pue, et cela brûle. Une arme chimique, une arme de dissuasion massive, utilisée seulement en dernier recours parce qu'il faut du temps pour la produire. Le geste et l'odeur L'opossum, lui, joint le geste à l'odeur. Il pratique la thanatose : il fait le mort face à un prédateur. Et pour rendre la mise en scène encore plus crédible, son corps dégage une odeur de putréfaction. Les prédateurs font demi-tour. Une odeur pour faire fuir, mais aussi pour séduire. C'est le cas du chevrotain porte-musc – oui, le musc utilisé en parfumerie et en médecine traditionnelle. Les sept espèces de porte-musc présentes en Asie ont été tellement chassées par l'Homme pour leur odeur qu'elles sont aujourd'hui menacées d'extinction. Poisson pourri Mais il n'y a pas que les mammifères qui puent. Prenez le fulmar, un oiseau marin. Si on s'approche trop près du nid, il vomit, et ça sent le poisson pourri. Chez les insectes, il y a la punaise, et son nom là non plus ne doit rien au hasard. Chaque punaise a son propre parfum, unique, comme une empreinte digitale. C'est pour protéger ses petits que la punaise pue. Elle asperge ses œufs d'une substance odorante qui peut être paralysante. Parfois dans la nature, il faut sentir fort pour se sentir fort.

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