Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026. Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase. Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle. Démêlant pour cheveux Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring. Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi. Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils. Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle. Deux testicules sinon rien Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents – parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... » « Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens !, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... » La question de la semaine