De vive(s) voix

Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine des initiatives en faveur de la francophonie. Une émission consacrée à la langue écrite qui vit, s’adapte, se développe. Mais aussi une émission où la langue parlée, blablatée, tchatchée, déclamée et murmurée aura toute sa place. En compagnie d’historiens, linguistes, traducteurs, artistes… ce nouveau rendez-vous sur RFI sera aussi celui de l’oralité : ce qui est émis, qui est énoncé de vive voix. Théâtre, slam, poésie sonore, contes, traditions orales… Émission présentée par Pascal Paradou, en collaboration avec Cécile Lavolot. Réalisation : Laura Pinto. Et en podcast sur www.rfi.fr. *** Diffusions du lundi au jeudi : à 13h30 TU vers toutes cibles ; 17h30 vers l'Afrique lusophone ; à 21h30 vers l'Afrique haoussa ; du lundi au jeudi à 22h30 vers Malabo/Bata. Le vendredi à 22h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. Et le dimanche à 14h30 vers l'Afrique peul & lusophone & Malabo/Bata. (Heure de Paris = TU + 1 en grille d'hiver).

  1. 3D AGO

    Panafricanisme et luttes militantes au Festival des Langues françaises

    En ce début de printemps, des auteurs de tout le monde francophone se retrouvent à Rouen, au Festival des Langues Françaises. Les textes des artistes Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungbo et de Shade Hardy Garvey Mougondo sont présentés ce soir.  Deux textes très différents mais très complémentaires, présentés ce jeudi 26 mars 2026 : le premier questionne le panafricanisme et se tourne vers un avenir d'une Afrique positive. Le deuxième interroge les pratiques militantes autour des figures emblématiques de Malcolm X et Mohamed Ali. « Stéréotypes »: une Afrique positive qui regarde vers l'avenir Ici, un vendeur de carte SIM. Là, une étudiante plongée dans son mémoire. Plus loin, un mécanicien qui rêve d’ouvrir un garage solaire. Une mère qui élève seule ses enfants. L'auteur béninois, Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungbo, présente son texte « Stéréotypes », qui dresse le portrait de l’Afrique du quotidien, une Afrique actuelle avec des personnages du peuple. Le pays n'est pas explicitement cité mais cela semble se passer au Bénin. « C'est un pays qui a un passé très triste avec la traite négrière mais aujourd'hui, on travaille pour se relever et pour aller plus loin ». L'auteur revendique la dimension politique de son texte « si les politiques tenaient compte des réalités, quelque chose de bien pourrait être fait pour l'épanouissement ». Son texte est une commande. Rédigé dans le cadre du programme L'Afrique qui vient, l'auteur s'emploie à montrer « le regard de l'Afrique sur l'africain, le regard de l'extérieur sur l'Afrique mais aussi le regard de l'extérieur sur l'extérieur ». « Je parle au monde entier. Chacun a sa part de responsabilité dans les stéréotypes que nous avons ». Le texte est actuellement en phase de réécriture.  À travers le personnage de Vignon, il nous raconte que « le passé n'est pas à négliger. Il faut prendre ce qui est du passé, comprendre ce qui n'a pas marché, et prendre de nouvelles décisions pour évoluer ».  C'est en résumé le portrait d’un continent en mouvement, source d’inspiration et d’innovation, marqué par ses paradoxes.  Mohamed X : la rencontre fictive entre deux militants Quant à Shade Hardy Garvey Mougondo, il signe « Mohamed X », un texte consacré à la relation entre deux figures majeures du XXe siècle : Malcolm X, militant des droits civiques assassiné en 1965, et Mohamed Ali, considéré comme le plus grand boxeur de tous les temps, disparu en 2016. Ce n’est pas la première fois que l’auteur congolais s’empare de figures historiques. L’un de ses précédents spectacles était consacré à Patrice Lumumba, à l’homme et au père qu’il était. Pour ce texte, c'est la biographie écrite par Ilyasha Shabazz, la troisième fille de Malcolm X, devenue orpheline de père à trois ans. « Je voulais faire un texte percutant, quelque chose qui donne des coups de poings. J'ai pensé à Mohamed Ali ! », précise l'auteur.  Si le texte raconte une rencontre fictive entre les deux protagonistes en 1962, ces deux militants se sont - dans la vraie vie- côtoyés, rapprochés, aimés puis fâchés. D’un côté Mohamed Ali, icône du ring, de l’autre Malcolm X, voix radicale du peuple. Leur chemin se croise, entre affection, tensions et confrontation. Frères de combat, le champion de boxe et le leader militant débattent de leurs choix, de leurs renoncements et de la place de l’homme noir dans la société.  Faire entrer le public dans la fabrique du théâtre Ronan Chéneau est le programmateur du Festival des Langues françaises, organisé par le CDN Normandie Rouen. Il nous rappelle que ces textes ne sont « pas des lectures figées mais déjà des gestes de dramaturgie plateau. On laisse entendre la portée dramatique théâtrale et scénique de ces textes ».   Programmation musicale :  L'artiste Prince Balker avec le titre « Je peux pas ».

    29 min
  2. 4D AGO

    Festival des Langues Françaises, Aline César et Israël Nzila racontent des blessures de l’histoire

    Pour la huitième édition, le Festival des Langues Françaises à Rouen propose de découvrir une quinzaine de nouveaux autrices et auteurs...et autant de manières de dire le monde. Durant quatre jours, ce festival met à l'honneur des textes, parmi lesquels ceux d'Aline César et d'Israël Nzila, lauréat du Prix Théâtre 2025. Ces textes sont lus devant des spectatrices et spectateurs, une première étape primordiale avant la mise en scène.  Reconnaissance : Damas de Aline César entre fiction et réalité Avec Reconnaissance : Damas, l'autrice Aline César raconte l'histoire d'une jeune femme abandonnée par ses parents, placée à la DDASS et à la recherche de ses origines entre les deux rives de la Méditerranée « Une autofiction entre fiction et réalité » sur le mode de l'enquête avec des choses réelles et d'autres qui sont fictionnées nous précise l'autrice. D'abord convaincue de ses origines algériennes, elle va découvrir qu'elle a également des origines syriennes. Elle va s'interroger sur l'histoire collective et se questionner sur les relations complexes qu'entretiennent ces trois pays, une histoire méconnue...  Son texte sera lu à Rouen devant un public : « C'est une étape de travail très importante. On confronte le texte aux spectateurs et aux spectatrices avec un propos aussi intime, quel est le ressenti du public ? » Elle a, elle même, mis en lecture son texte.  « Clipping » d'Israël Nzila, les traumatismes de la guerre « Clipping » est un mot technique qui évoque une distorsion sonore, une saturation des sons lorsqu'on dépasse le volume normal. Le texte « Clipping » d'Israël Nzila joue sur cette notion de distorsion et explore les traumatismes de la guerre. Le texte qui a remporté le Prix RFI Théâtre raconte l'histoire de Do, une femme dont l'enfance a été saccagée par la guerre. En errance sur un marché de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, elle affirme avoir perdu son bébé dans la foule mais est-ce la réalité ou une hallucination ? Est-elle folle ?  Israël Nzila a grandi à Lubumbashi. La guerre, il ne l'a vécue que de loin mais en a ressenti toutes les conséquences avec l'instabilité économique et les conflits politiques qui en ont découlé. Cette mise en espace de son texte lui permet d'éprouver les « souffles que j'ai mis dans les mots. Je voulais nommer cette violence avec la langue. La langue porte une histoire qui influence nos mentalités.»  « Le théâtre, c'est l'intimité partagée » C'est Anne-Sophie Pochet, metteuse en scène qui a effectué ce défrichage du texte « Clipping ». Ce n'est plus tout à fait une lecture ni tout à fait un spectacle. « C'est une specture : on est à mi-chemin entre spectacle et lecture », nous explique-t-elle. Pour elle, l'enjeu était de faire entendre au public la nature du texte et sa qualité littéraire, et faire resonner sa théâtralité. Invités :  - Israël Nzila, auteur congolais, lauréat du Prix RFI Théâtre 2025 pour sa pièce Clipping. Son texte sera lu au festival à Avignon le 15 juillet 2026 dans le cycle « Ça va, ça va le monde ! ». - Aline César, autrice, metteuse en scène, historienne de formation et chargée de cours à l'institut d'Études Théâtrales de Paris III « relier le passé à la lumière du présent ». - Anne-Sophie Pauchet, metteuse en scène et comédienne.  Le Festival des Langues françaises à Rouen jusqu'au samedi 28 mars 2026. Programmation musicale : l'artiste congolaise Céline Banza avec le titre « Fille parfaite ». Elle a été lauréate du Prix Découvertes en 2019.

    29 min
  3. 5D AGO

    Cinquante nuances de Victor Hugo : traduire, adapter ou abréger les Misérables

    Dans cette enquête, l'autrice Typhaine Samoyault déploie le destin éditorial des Misérables, de Victor Hugo, publié en 1862 et devenu un classique...  Les Misérables, roman fleuve de Victor Hugo a été publié en 1862. Devenu un classique de la littérature malgré ses 2 500 pages, ce roman social et historique a été dès sa parution adapté, réécrit, traduit, abrégé de nombreuses fois. Il a également fait l'objet de nombreuses adaptations cinéma ou télé : près d'une cinquantaine. Il y a même eu une comédie musicale.  Réécrire les classiques : une fausse question ? Typhaine Samoyault a lu les Misérables trois fois mais n'a jamais lu la même version ! Dans Toutes sortes de Misérables, elle révèle comment ce roman est devenu l'un des plus réappropriés du monde et interroge : « Faut-il réécrire les classiques ? » Est-ce, en fait, une fausse question ?  Des personnages qui se sont affranchis du roman  Le roman social et historique de Victor Hugo est devenu un classique et ses personnages Cosette, Gavroche, Jean Valjean et autres Thénardier, des icônes de la culture populaire. Leurs noms sont même devenus des expressions ! « Les personnages sont des personnages qui se sont affranchis du texte pour devenir des familiers comme s’ils appartenaient à la réalité, comme s'ils prenaient leur autonomie : c'est la force des grandes œuvres ! » Adaptations et traductions : faire usage des classiques Mais, selon Typhaine Samoyault, si ce roman est devenu un classique ce n'est pas uniquement dû à sa qualité littéraire, c'est aussi grâce à la profusion d’adaptations et de traductions. Dès 1884, il existe déjà même une version adaptée à la jeunesse. « Victor Hugo voulait une réception populaire de son texte. Il a voulu qu'il y ait des éditions bon marché et accessibles de son texte » Ce roman traduit dans toutes les langues, en Chine ou en Russie, ce sont des versions différentes car le texte est adapté. « La langue change le texte : on ne produit jamais de traduction miroir, c'est aussi une occasion pour les traducteurs de proposer une version abrégée. » Une œuvre vivante, c'est une œuvre changeante  Pour Typhaine Samoyault, un classique constamment est reprise. « Il n'y a pas de contre-exemple. Une œuvre qui n'est plus adaptée aux époques ou autres cultures ne peuvent pas des classiques. On garde la mémoire orale de cette littérature ». La littérature doit donc être en mouvement car cela fait vivre les livres, car il ne s’agit pas seulement de les conserver, il faut les faire circuler, les transformer, les réinventer. « Il ne faut pas avoir peur des réécritures, ce n'est pas un phénomène récent ». L'autrice rappelle que de nombreux classiques ont été expurgés de leurs références religieuses lors de la séparation de l'Église et de l'État par exemple...  Invitée : Typhaine Samoyault, directrice d'études de l'EHESS, directrice du Centre de recherches sur les arts et le langage. Elle est aussi romancière et traductrice. Son essai Toutes sortes de Misérables est publié aux éditions du Seuil.  Programmation musicale : L'artiste NeS avec le titre Le bruit et le silence.

    29 min
  4. 6D AGO

    Parler tel que l'on est : faut-il réformer la grammaire ?

    Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui opposerait la sauvegarde d'une langue grammaticalement pure à son relâchement.  Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé « Les régularités qu'on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative ».  Une insécurité linguistique :  Si certains se croient en insécurité linguistique, c'est parce qu'en France, on pense selon Anne Abeillé qu'il y a un bon et un mauvais usage de la langue. « On est en faute car on oublie de mettre «ne» dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l'usage de la langue a changé. » Des règles de grammaire « zombies »  Anne Abeillé n’hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de « règles zombies » : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l'emploi de «malgré que», une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu’André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux !  « La langue française ne s'appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s'enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd'hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence » Selon la linguiste, ce « bon usage » viendrait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ».  Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site « Dire ou ne pas dire » mis en ligne depuis 2011-2012 par l'Académie française et sur lequel des conseils sur le « bon ou le mauvais usage » peuvent être donnés...   Invitée : Anne Abeillé, linguiste et grammairienne. Professeur à l'Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.e.s. Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu’il se parle aujourd'hui y compris le français parlé hors de France.  Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert.    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Égypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l’Université Senghor d’Alexandrie.  Avec Ribio Nzeza Bunketi Buse, directeur du département Culture de l’Université Senghor.     Programmation musicale : Le groupe québécois Bibi club avec le titre George Sand.

    29 min
  5. MAR 19

    Lire et traduire en langues africaines : quelles difficultés, quels freins ?

    Pourquoi si peu de textes écrits en et traduits en langues africaines ? Si beaucoup de grands prix littéraires africains ont écrit en français, des écrivains comme Boris Boubacar Diop amorcent une dynamique en décidant d'écrire en wolof après avoir écrit en français...      La langue malagasy : une langue qui ne heurte pas  Michèle Rakotoson, écrivaine et traductrice. Elle est née de deux parents intellectuels, francophones. Elle écrit en français et en malagasy. Elle a récemment traduit Le journal d'Anne Franck (Ny Diarin'i Anne Frank) en malagasy. Ce journal est un best-seller qui est celui d’une jeune fille juive allemande exilé aux Pays-Bas qui va vivre cachée pendant deux ans avec sa famille avant d’être arrêtée et déportée par les Nazis. Elle mourra en 1945 dans les camps à l’âge de 15 ans. Je voulais faire connaitre ce livre à la communauté malgache car c'est un livre qui est vraiment d'actualité, c'est un livre optimiste malgré le thème. Il aborde la résilience.  Pour l'autrice, la traduction a été difficile car la langue malagasy est une langue collective dans laquelle on n'utilise pas «je». C'est aussi « qui ne heurte pas, qui ne va pas direct au but ». Par exemple dans la version en français, Anne Franck regarde son sexe dans un miroir, et ça, en malgache, cela ne se dit pas ! Il a fallu trouver un détournement !  Pour Michèle Rakotoson, il manque des outils pour faire connaître la langue malagasy. « Des maisons d'édition, des structures pour les faire entendre ». Faire exister les langues africaines Xavier Garnier, professeur de Littérature africaine à la Sorbonne nouvelle. Auteur de Quels lieux pour les littératures en langues africaines ? publié chez Khartala. Il traduit également depuis le swahili. « Il y a une grande tradition poétique swahilie qui remonte à plusieurs siècles, une littérature orale et écrite en caractères arabes ». Il existe un corpus de textes très important. Julius Nyerere, président de la Tanzanie dans les années 60-70, a beaucoup soutenu la littérature en swahili et a lui même traduit en swahili deux pièces de Shakespeare (Le Marchand de Venise et Jules César). Il existe malheureusement assez peu de traductions d'œuvres françaises vers le swahili.  Aujourd'hui, des auteurs comme Boris Boubacar Diop écrivent directement en wolof, après avoir écrit en français.    « L'oralité précède la scripturalité » Charles Binam Bikoï du Cerdotola (Centre International de Recherche et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines), un organisme panafricain basé au Cameroun créé dans les années 70. Charles Binam Bikoï a également traduit depuis Le prince de la grande rivière, une épopée mythique tirée de la tradition orale du Sud-est du Cameroun. Il a d'abord reconstitué et transcrit le texte de l'oral à l'écrit, puis l'a traduit du douala vers le français. Ce travail lui a pris une quinzaine d'années. À partir des textes oraux, on peut produire des textes universels, nous explique le chercheur.  Il rappelle que les écrits des auteurs africains qui écrivent en français sont complètement déconnectés des peuples. Les grands prix littéraires africains qui sont attribués à des auteurs qui écrivent en français, « c'est bien pour la francophonie mais ça ne dit rien sur la vérité des littératures africaines ». Programmation musicale : L'artiste Gildaa avec le titre Pensées diluviennes.

    29 min
  6. MAR 18

    Semaine de la francophonie : l’arabe, une langue qui raconte aussi la France

    Vive la francophonie, en cette semaine dédiée à la langue française par le monde, la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts lance une saison dédiée à la langue arabe ou plus précisément à « Nos langues arabes ». Paradoxe ou clin d’œil, provocation, pourraient dire certains, quoi qu’il en soit, belle programmation avec une exposition, des tables rondes, des rencontres et des spectacles. Avec Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française Et Ralph Doumit, écrivain libanais, en résidence à la Cité internationale de la Langue française dans le cadre de cette saison « Nos langues arabes ». Il faut absolument comprendre l'arabe pour comprendre le monde, écrivait Rabelais. Avant de faire du français la langue du royaume en 1539, François 1er fonde en 1530 le Collège royal (futur Collège de France). Il y défendait l’enseignement de plusieurs langues : le français, mais aussi le latin, le grec, l’hébreu, pour l’étude de la Bible, et l’arabe, indispensable alors pour accéder à la philosophie et aux sciences. Cinq siècles plus tard, l’arabe, plus précisément le berbère plutôt que l’arabe maghrébin, est la deuxième langue parlée en France et la Cité lui fait hospitalité. Pour Paul Rondin, directeur de la Cité internationale de la Langue française, l’objectif de cette saison n’est pas politique, mais plutôt de montrer que les langues vivent en accueillant d’autres langues, et que le français est lui‑même largement métissé d’arabe. La programmation met en valeur la diversité des arabes (littéral, dialectes, oralités), notamment à travers des résidences d’artistes, des traductions (comme Molière en arabe et en arabe tunisien), des œuvres d’art et un spectacle : la plus importante épopée orale arabe, L’épopée de Bani Hilal, donnée pour la première fois en France. Regards d’écrivains Ralph Doumit est bilingue, voire trilingue, mais choisit d’écrire en français. Dans son pays, au Liban, le plurilinguisme est profondément ancré : les enfants apprennent dès l’enfance le français, l’anglais et l’arabe à l’école et passent spontanément d’une langue à l’autre dans la vie quotidienne. Depuis son arrivée à la Cité, il constate le plaisir d’entendre des personnes venues du monde entier et de partager cette diversité linguistique. Pour lui, cette richesse donne tout son sens aux projets développés au sein de la Cité. Nos langues arabes, du 24 janvier au 30 août 2026, à la Cité internationale de la Langue française – Château de Villers-Cotterêts.

    29 min
  7. MAR 17

    Les souffleurs commandos poétiques célèbrent l'amour dans «Combustions»

    Dans leur nouveau spectacle Combustions, le collectif Les souffleurs commandos poétiques nous embarque dans un flot de sentiments et de mots.  Le collectif des Souffleurs, fondé en 2001 par le comédien Olivier Comte, est une troupe unique en son genre. Aujourd’hui, elle rassemble 29 comédiens français et 38 comédiens du théâtre Kasé à Tokyo, créant un pont artistique entre la France et le Japon. Le collectif dispose de plusieurs lieux emblématiques : un espace à Aubervilliers, un centre à Tokyo, ainsi qu’un décor insolite niché dans les « Alpes japonaises ». Ralentir le monde  Leur ambition est de « transformer le monde » en le ralentissant, mais aussi de « partager un moment avec la littérature ». Ils se définissent comme des souffleurs, des passeurs d’émotions qui « soufflent l'âme » et « injectent de la poésie dans les territoires, les vies et les oreilles ». Leur outil, ce sont les « rossignols », de longues cannes creuses en bois, qu'ils utilisent pour murmurer des mots à l’oreille des passants, offrant une expérience intime et poétique. Ils exécutent des performances qui ne se déroulent pas systématiquement en salle, mais aussi beaucoup à l'extérieur, en régions. « On écrit sur mesure, c'est toujours totalement différent. On se rend souvent dans les cafés, qui sont l'espace public n°2. » Combustions : parler d'amour dans un monde en déglingue  Dans leur nouveau spectacle Combustions, en chansons et en poèmes, Les souffleurs clament l'amour, la passion, le désir, mais aussi le sexe et l'amour charnel.  Mais pourquoi parler d'amour alors que le monde est en incendie généralisé ? Pour ralentir le monde, ne suffit-il pas juste d'être en avance d'une seconde sur le monde. Des lettres qui embrasent Ils puisent dans les correspondances et lettres de Rimbaud, Arthur Miller, Édith Piaf, Victor Hugo ou encore Virginia Woolf. « La lettre donne accès à une littérature particulière car elle n'est pas destinée à être lue par tout le monde, surtout quand il s'agit d'une lettre d'amour. Cette littérature qui crie le manque est brûlante », explique Julia Loyez.  On y entend aussi la correspondance de Victoria, femme ukrainienne exilée en France, et de son mari, Pablo resté sur le front en Ukraine. Des mots qui traversent la guerre.  Invités : Olivier Comte et Julia Loyez, directeurs artistiques de la compagnie des Souffleurs commandos poétiques.  À voir au Théâtre de l'épée de bois à la Cartoucherie jusqu'au 29 mars. Programmation musicale : l'artiste Anaïs Rosso avec le titre « Les colombes ».

    29 min
  8. MAR 16

    Et si les États-Unis parlaient français ? Une histoire oubliée de la francophonie en Amérique

    Dans cet ouvrage, le linguiste Mario Periard propose un itinéraire inédit à travers les États-Unis, en suivant les traces des francophones qui ont été parmi les premiers à fouler le sol américain. L'auteur Mario Periard en appelle à la mémoire plurielle des Américains ! Le pays se présente comme un pays anglosaxon, anglophone et pourtant il y a eu avant l'arrivée des Anglo-Américains, des autochtones mais aussi des Hispaniques et des Francophones!   La francité : dimension occultée de l’identité américaine L'auteur suggère que dans notre imaginaire, on a tous des héros américains en tête, mais on a oublié les héros francophones qui ont aussi façonné l'histoire des États-Unis. « Les francophones sont encombrants dans le récit de l'Histoire des États-Unis ». Revenir aux racines francophones des USA, c’est forcément parler de la Louisiane qui était jusqu'en 1803, une colonie française. À l'époque, c'était un très grand territoire. Lorsque cet État a été acheté à la France par les États-Unis, le pays a doublé sa superficie.  On découvre aussi des héros oubliés comme Homer Plessy qui, avant soixante ans avant Rosa Parks, s'est levé contre les lois de ségrégation raciale en vigueur dans le pays, une histoire invisibilisée. « La Louisiane est un microcosme de ce qu'aurait pu devenir les États-Unis », précise Mario Periard. Un livre d'histoire et de voyage  Mario Periard a beaucoup voyagé pour constituer cet ouvrage. Il voulait témoigner de la francité de tous les États du pays. Et dans chacun d'eux, il a trouvé trace de la francophonie. Il a donc fait un livre en cinquante chapitres avec des influences plus ou moins grandes dans chaque État.  En Californie, par exemple, il y a eu les premiers vignobles avec un certain Monsieur... Vigne !  On trouve aussi des fleurs de lys sur le blason de l'Alabama qui fut un des berceaux de l'Amérique française. La ville de Mobile a été fondée par des Français bien avant la Nouvelle-Orléans. « Au niveau national, les Américains ne reconnaissent pas cette empreinte française mais au niveau local, les gens en sont fiers ! » De nombreuses villes ont d'ailleurs des noms français « Paris » ,« Belleville », « Montpellier » et la baie de New-York aurait pu s'appeler la baie de Sainte-Marguerite !  Aujourd'hui, subsistent encore beaucoup de vocabulaires français dans la langue anglaise : «butte», «prairie», «cash». Il y aurait environ 30% de mots français ou d'origine française dans la langue anglaise. Et un peu plus d'un million d'apprenants du français aux États-Unis.    Invité : Mario Periard, linguiste québécois. Son ouvrage L'Amérique française, De l’Alabama au Wyoming: les racines francophones des États-Unis a été publié aux éditions Favre. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Genève, en Suisse pour parler de la 40è édition du Salon du Livre de Genève qui aura lieu du 18 au 22 mars 2026..    Programmation musicale : L'artiste Makala avec le titre Loketo.

    29 min

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