Ludmilla Dabo présente son nouveau spectacle Musiques en héritage, au Théâtre de la Tempête : une création au carrefour du récit et du concert où chacun raconte sa famille, en chansons. Sur scène, six artistes, comédiennes, musiciens, à l’invitation de Ludmilla Dabo pour parler de leurs musiques préférées ou, plus précisément, raconter les mélodies de l’enfance, les premières chansons entendues ou chantées. «Musiques en héritage» est le nouveau spectacle de Ludmilla Dabo qui a toujours mis la musique au cœur de ses projets depuis une quinzaine d’années. Reprise, featuring, remix… un spectacle collaboratif Parce que la musique est faite pour être partagée, Ludmilla Dabo s’associe à cinq autres artistes (Anthony Capelli, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand et Élise Vigier), qui l’accompagnent et se dévoilent au fil d’une soirée aux airs de veillée autour d’un feu de camp. Elle souligne d’ailleurs un travail mené « en toute collectivité ». En invoquant les sons qui ont bercé leur enfance, ils renouent avec leurs parents, entretiennent le souvenir des proches qui les ont quittés. En quelques révolutions du tourne-disque, le tour est joué ; on peut remonter le temps. Ludmilla Dabo évoque sa mère et ses tantes qui pouvaient danser sur du James Brown et retrouver leurs vingt ans. Pas de nostalgie pour autant : en reprenant les titres que d’autres leur ont fait découvrir, les six interprètes se les réapproprient. Un héritage à partager La musique, c’est le temps qui passe. Les mélodies, comme les années, se suivent sans se ressembler. Louis transmet un air traditionnel breton à ses collaborateurs, air qui lui vient de son grand-père, Kaloune choisit de mettre à l’honneur le maloya et chante en créole réunionnais. Ludmilla Dabo rappelle que le maloya fait aussi partie de notre patrimoine en tant que français, qu’il est la « mémoire d’un territoire » et qu’il fait partie de la musique qu’on reçoit en héritage. Selon la formule employée par Ludmilla Dabo, la musique trace « un chemin », jalonne un parcours individuel ; et souvent, ces chemins se rencontrent. Comme lorsque Gilles Normand, le guitariste, révèle au reste du groupe qu’il a été membre des Poppys quand il était petit garçon. En guise de réponse, la troupe entonne Non, non rien n’a changé, et le public aussi s’y met : la salle se lève, chante, danse, applaudit. La musique nous relie les uns aux autres. Un objectif que Ludmilla Dabo cite dans le programme du spectacle : nous permettre d’« être de concert ensemble ». De mère camerounaise, elle ne parle pas le bassa, mais elle peut le chanter. C’est justement avec un cantique en bassa qu’elle a appris des femmes de sa famille qu’elle commence chaque représentation. Pas de barrière de la langue : tout ce qui peut se dire en musique se passe de traduction. Diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD) en 2010, c’est autour d’elle que David Lescot crée son Portrait de Ludmilla en Nina Simone, un portrait musical où la comédienne revient sur la vie d’une icône du blues. Elle remporte dans ce rôle le prix du Syndicat de la Critique en tant que comédienne de l'année 2021. Elle monte son premier spectacle My Body is a Cage en septembre 2021. Elle écrit, met en scène et joue dans une proposition pour l'événement Vive le Sujet du Festival d’Avignon 2022. Elle est artiste associée à La Comédie de Caen – CDN de Normandie. Invitée : Ludmilla Dabo, comédienne, chanteuse et metteuse en scène française. Son spectacle « Musiques en héritages » est à voir au Théâtre de la Tempête jusqu'au 24 mai 2026. Programmation musicale : l'artiste Aya Nakamura avec le titre Sexy nana.