Aujourd’hui, je suis avec Amandine Quétel, que j’ai rencontrée à la Rencontre FLE de Barcelone organisée par les Éditions Maison des Langues (EMDL). Amandine Quétel a été enseignante de FLE et est actuellement formatrice de formateurs, notamment pour TV5 MONDE et les EMDL. Elle nous parle de l’utilisation des vidéos en classe de FLE. Quelques liens utiles La page FB d’Amandine Quétel : https://www.facebook.com/amandinequetelFLE/ Bombay TV : http://www.bombay-tv.net Allociné : http://www.allocine.fr Mon article sur l’utilisation des images des la vidéo, en particulier avec un extrait du film Nikita utilisé en classe : https://culture-fle.de/temps-du-passe-video-fle/ Transcription de l’interview Bonjour Amandine ! Bonjour Marianne ! Merci d’être là ! De rien, avec plaisir. Est-ce que vous pourriez vous présenter pour nos auditeurs ? Oui, donc je suis Amandine Quétel. Actuellement, je suis formatrice de formateurs et auteure, autrice, de manuels de FLE avec les éditions Maisons des Langues et donc formatrice de formateurs de manière indépendante, en free-lance. Je travaille beaucoup avec les éditions Maisons des langues, également avec TV5 MONDE et par moi-même, je réponds à des demandes d’institutions qui souhaitent former leurs professeurs, voilà. D’accord. Comment est-ce que vous êtes passée de professeur de FLE à formatrice de formateurs ? Alors, en fait… Je suis en train de réfléchir mais j’ai toujours eu des postes à la fois de professeur et de coordinatrice pédagogique. Et du coup dans mes fonctions, selon les institutions, j’ai eu l’occasion de travailler avec des professeurs de FLE qui n’avaient pas eu accès à la même formation que moi. C’est-à-dire que moi, j’ai un Master FLE d’une université française, de l’université de Nantes, qui était une bonne formation, très complète. Dans un de mes premiers postes, j’ai travaillé à l’Alliance Française de Sainte-Lucie, une petite île des Caraïbes, et les professeurs de FLE locaux n’avaient pas du tout eu accès à cette formation. Ils avaient un niveau plus ou moins de Bac+2 avec très peu de didactique dans leurs études ; un très bon niveau de français, ça, il n’y avait pas de problème, mais c’est vrai qu’au niveau de la pédagogie, de la didactique, de la connaissance du monde du FLE, par exemple des niveaux du CECR, c’est vrai qu’ils n’avaient pas du tout la même connaissance que moi. Donc la direction de l’Alliance française m’a très rapidement demandé de faire de petits ateliers pour partager un peu ces connaissances, et eux partageaient avec moi plutôt leur connaissance du terrain, parce qu’ils connaissaient bien leurs élèves, etc. Donc c’était intéressant, parce que ça a été très rapidement des échanges plus que des formations vraiment magistrales. Et ensuite, quelques années plus tard, lorsque j’étais en poste à l’institut français de Bilbao, j’ai eu la chance de pouvoir faire une formation pour devenir formatrice labellisée par TV5MONDE. J’ai suivi une vingtaine d’heures de formation par quelqu’un de TV5 MONDE pour faire de nous des formateurs « officiels » de TV5 MONDE. Ça a été super intéressant aussi pour apprendre à vraiment construire une formation, ce que j’avais fait de manière un peu intuitive jusqu’à maintenant, construire une formation complète en prenant en compte et les besoins de l’institution et des professeurs qui ne sont pas toujours exactement les mêmes. Et puis du coup, voilà à partir de ce moment-là, j’ai commencé à faire pas mal de formations pour TV5 MONDE, surtout en Espagne au départ, et puis maintenant un peu partout dans le monde, pour TV5 MONDE et pour d’autres, pour qui veut bien en fait. D’accord, et ces formations que vous proposez pour TV5 MONDE elles tournent aussi autour de la vidéo, ou c’est quelque chose de différent ? Oui, oui, bien sûr. En fait le principe de la formation, c’est d’apprendre à utiliser toutes les ressources proposées par le site TV5 MONDE, donc c’est essentiellement des vidéos, même s’il y a aussi quelques articles, il y a quelques chansons sans vidéos, il y en a très peu, mais il y en a, il y a quelques textes littéraires aussi, mais c’est vrai que l’essentiel des fiches pédagogiques sur TV5 MONDE sont basées sur des documents audiovisuels. Donc, c’est vrai que c’est quelque chose qui m’intéressait déjà auparavant mais, voilà, qui m’a questionnée et j’ai dû faire des recherches au niveau de tout ce qui est audiovisuel en classe, audiovisuel dans l’apprentissage, dans l’enseignement d’une langue, donc, en fait, une grosse partie de la formation est consacrée à pourquoi et comment utiliser le document audiovisuel en classe. D’accord. Et vous, vous en êtes arrivée comment à utiliser la vidéo en classe de français langue étrangère ? Il y a eu une raison particulière, un déclic ? Alors, en fait, moi, personnellement, je regarde énormément de films, j’ai toujours regardé beaucoup de films. Avant de savoir que le métier du FLE existait, j’avais envie d’être critique de cinéma. Bon, c’était un rêve d’adolescente mais voilà, j’ai toujours adoré le cinéma. Depuis que les séries comme on les connaît actuellement existent, je regarde énormément de séries. Je suis plein de webséries de petits créateurs de séries sur YouTube par exemple, c’est un média que j’aime déjà, moi, personnellement, beaucoup. Et ensuite, je trouve qu’il apporte beaucoup dans la classe. Donc assez rapidement, dès mes premières années d’enseignement, j’ai été amenée à utiliser des vidéos, et aussi parce que le site de TV5 MONDE, cela fait des années qu’il existe et qu’il propose plein de choses clé en main pour les profs. Donc, c’est vrai que quand on cherche un peu des idées d’activités, des idées de ressources etc., on tombe assez rapidement sur le site de TV5 MONDE. Du coup, si on aime ça, si on a aussi le matériel, parce qu’il faut aussi un peu de matériel pour pouvoir regarder des vidéos en classe, on peut quand même très rapidement être amené à utiliser ce support, et assez facilement, si on suit la fiche pédagogique de TV5 MONDE, c’est toujours assez bien construit et ça donne pas mal d’idées sur comment utiliser ensuite d’autres vidéos qu’on pourra trouver nous-mêmes. Donc c’est assez naturellement que je me suis mise à utiliser des vidéos, parce que de toute façon, c’est un support qui fait partie de ma vie, et encore plus maintenant avec les smartphones etc., on est constamment, enfin, en tout cas moi, je suis constamment en train de regarder des vidéos. Oui, c’est une manière en fait de faire entrer la vie réelle dans la classe de langue. Tout à fait. Parce que, à mon avis, à moins d’enseigner à des générations plus anciennes, vraiment plus anciennes, je pense que tout le monde est confronté à des vidéos tout le temps dans sa vie. Dès qu’on regarde un réseau social, que ce soit Facebook, Instagram ou autre, on tombe sur des vidéos, très rapidement. Donc, c’est vrai que pourquoi ne pas le faire rentrer dans la salle de classe ? Quand on enseigne une langue vivante, je trouve qu’il faut que cela ressemble à la vie réelle, il faut que ça soit la vie réelle. Oui, bien sûr. Est-ce que vous pourriez nous parler un petit peu des avantages de la vidéo en classe de langue ? Donc, on a vu effectivement, faire entrer la vie réelle en classe. Est-ce qu’il y a d’autres avantages à cette utilisation ? Alors à mon avis et je crois que tous les profs seront d’accord, parce que, à chaque fois que je fais des formations sur ce thème, c’est la première raison qui arrive, c’est que ça stimule la motivationdes apprenants… et des profs. Ça, on l’oublie, mais je pense que ça motive, en tout cas moi, ça me motive, de montrer à mes élèves une vidéo qui me plait, qui va leur faire découvrir des nouvelles choses, avec laquelle on va pouvoir aborder des points de langue, de la grammaire, du lexique etc., mais d’une manière différente. Ça peut être plus vivant, ça peut être différent, mais voilà, ça stimule énormément la motivation parce que c’est de l’image et du son, c’est une image qui bouge, ce n’est plus le professeur qui parle, ce n’est plus le livre qu’on a ouvert, donc ça change, ça change de support. En général, on essaie de montrer des vidéos authentiques, donc c’est aussi découvrir la langue telle qu’elle est parlée dans le pays, ça peut être parlé par des jeunes de l’âge des apprenants. On peut utiliser des vidéos sur tous les thèmes donc on va pouvoir choisir des vidéos qui traitent de sujets d’intérêt, je pense notamment aux adolescents : ce n’est pas toujours facile de susciter l’intérêt des adolescents, surtout quand ils n’ont pas forcément choisi d’apprendre le français, donc, si on peut leur montrer que le français, ce n’est pas quelque chose d’ennuyeux, qu’il y a des jeunes Français tout comme eux qui parlent français et que ça peut être utile de parler français. Donc il y a vraiment ce côté motivation. Après, je trouve aussi que la vidéo ça facilite la compréhensionparce que bien sûr, il y a du son, il y a des personnes qui parlent, mais il y a surtout de l’image dans la vidéo et l’image, quel que soit notre niveau de langue, on va pouvoir la comprendre pour la décrire, on va pouvoir l’aborder beaucoup plus facilement que le texte écrit ou le texte parlé. Donc on utilise beaucoup l’image comme un vecteur entre les langues. Je donne toujours l’exemple du dessin d’une pomme, si on montre un dessin d’une pomme, quelle que soit la nationalité des personnes, même s