Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

  1. 22h ago

    À la Une: le rapprochement entre Dakar et Bamako

    « La venue éclair du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Bamako avant-hier n’est pas anodine, pointe Maliweb. C’est la première visite d’un chef d’État de la Cédéao au Mali depuis 2022. Contrairement aux spéculations, cette visite n’avait pas pour objectif de ramener le Mali, le Burkina et le Niger au sein de la Cedeao. » Non, insiste Maliweb, « le président Faye est venu en tant que chef d’État du Sénégal et non en qualité de président en exercice de l’organisation ouest-africaine. Le message est clair, Dakar privilégie le dialogue direct avec l’AES, l’Alliance des États du Sahel. Au cours d’un tête-à-tête au palais de Koulouba, suivi d’une séance de travail élargie aux deux délégations, les deux dirigeants ont abordé des sujets concrets. Au menu, précise le site malien : la sécurisation du corridor Dakar-Bamako, la coopération énergétique et les défis sécuritaires communs au Sahel. L’ambition affichée par les deux capitales est de poser les bases d’une coopération pragmatique entre la Cédéao et l’AES, afin d’éviter une rupture totale entre voisins. » Solidarité… « Bassirou Diomaye Faye était-il en mission pour la Cédéao ou le Sénégal ? », s’interroge Jeune Afrique. Réponse de l’analyste politique sénégalais Abdoulaye Kanté : « Les deux… La présidence de Bassirou Diomaye Faye à la Cedeao est placée sous le signe de la sécurité régionale, précise-t-il. Sa diplomatie repose sur la solidarité africaine et la recherche de solutions régionales face à une menace commune, car la dégradation de la situation sécuritaire au Mali finit par affecter l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. » Sécurité et commerce… « En effet, détaille Jeune Afrique, les enjeux sont multiples pour Dakar. » Enjeu sécuritaire d’abord : « le GSIM, le Groupement de soutien à l’islam et aux musulmans, monte en puissance dans la région de Kayes, multipliant les attaques non loin de la frontière sénégalaise. et l’établissement régulier de blocus par les jihadistes. Ces derniers attaquent des véhicules de transport et de marchandises pour perturber les échanges commerciaux du corridor Dakar-Bamako, d’où provient une partie du carburant entrant au Mali. Si ces assauts mettent à mal l’économie malienne, dont 70 % des importations transitent par le port de Dakar, il en va de même pour le Sénégal qui perd un client stratégique. » Et puis, enjeu diplomatique, pointe encore Jeune Afrique : « S’il n’est plus question pour la Cédéao de réintégrer les pays de l’AES, la visite du président sénégalais illustre néanmoins une volonté de dégel. Alors que leurs aînés se sont montrés plus fermes face aux juntes, cinq ans après l’arrivée des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, la nouvelle vague de dirigeants de l’organisation sous-régionale semble plus pragmatique. Les sanctions économiques imposées dans un premier temps par la Cedeao, puis les tensions diplomatiques, n’ont fait que creuser la fracture. » Modus vivendi Analyse similaire pour Aujourd’hui à Ouagadougou : « La Cédéao sait qu’une coexistence avec les trois pays de l’AES est possible. Et l’AES semble également disposée à ce modus vivendi, pour peu qu’on ne touche pas à ses principes et à ses règles matricielles ! D’où la multiplication des intermédiaires, car si Diomaye Faye, en tant que président de la Cédéao est de fait le médiateur attitré pour parler à l’AES, l’organisation a multiplié les envoyés spéciaux officiels ou tacites, tels le président togolais Faure Gnassingbé ou encore Lansana Kouyaté ex-Premier ministre de Guinée. Booster la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali : rien que le corridor maritime de Dakar dont le principal client est le Mali suffit à justifier ce réchauffement de l’axe Bamako-Dakar et puis contenir et éradiquer le terrorisme est aussi une autre raison de ce déplacement au Mali. » Incendies : l’Algérie aussi Enfin, autre sujet : les incendies ne frappent pas que l’Espagne et la France… Près de 2 000 départs de feu ont été enregistrés en Algérie depuis le début de la vague de chaleur, début juillet, relève Afrik.com. « Six personnes ont péri et plus d’une centaine ont été hospitalisées, alors que les températures approchaient localement les 49 degrés dans plusieurs wilayas du nord. » À ce jour, tous les feux ont été maîtrisés. « Pour la première fois depuis trois semaines, hier aucun départ de feu n’était signalé sur le territoire algérien. » Il aura fallu 20 jours pour venir à bout des incendies. La raison principale, précise Afrik.com : « la faiblesse des moyens aériens avec seulement deux Canadair et quelques AT-802 pour couvrir l’ensemble du nord du pays. »

  2. 1d ago

    À la Une: Félix Tshisekedi va-t-il briguer un troisième mandat en RDC?

    « Fini le suspense ! », s’exclame le site de Radio Okapi à Kinshasa : « La loi portant organisation du referendum en RDC a été déclarée hier conforme à la constitution par la Cour constitutionnelle ». « Derrière cette décision, pointe Le Journal de Kinshasa, se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l’opposition, cette loi pourrait (en effet) ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l’État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions ». « Au pouvoir depuis 2019 en RDC, rappelle Jeune Afrique, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise stipule actuellement que le nombre et la durée des mandats du président ne peuvent faire l’objet d’aucune révision ». Mais, « lors d’une rare conférence de presse début mai, Félix Tshisekedi avait assuré qu’il n’avait "pas sollicité de troisième mandat" tout en déclarant : "si le peuple souhaite que j’aie un troisième mandat, j’accepterai" ». L’opposition vent debout Alors une première étape a été franchie… « Le président Félix Tshisekedi a désormais les coudées franches pour promulguer la loi référendaire, déjà adoptée par l’Assemblée nationale et validée par le Sénat », relève Afrik.com. Et l’opposition est donc vent debout : « pour elle, promulguer la loi référendaire pourrait ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui, à son tour, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro et de briguer un troisième mandat. Cette éventualité, poursuit Afrik.com, n’est même pas envisageable du point de vue de l’opposition. C’est la raison pour laquelle elle se mobilise depuis plusieurs semaines pour faire échec à toute velléité de révision constitutionnelle. Pour l’instant, le gouvernement congolais n’a rien dit qui puisse justifier la méfiance de l’opposition. Mais Félix Tshisekedi lui-même avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu’il ne cracherait pas sur un troisième mandat si la proposition lui était faite par le peuple ». L’Église catholique aussi… Pour sa part, l’Église catholique, très influente en RDC, se prononce également contre tout changement constitutionnel. En effet, précise le site Afrique XXI : « La Cenco, la Conférence épiscopale du Congo, qui rassemble les évêques de toutes les provinces, a publié une sentence sans appel sur les projets de changement de Constitution du président. Les prélats congolais ont assuré avec fermeté qu’"ils ne voyaient ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de modifier la Constitution". Un désaveu alors que cette modification doit lui permettre de briguer un troisième mandat. En exprimant leur veto, les prélats catholiques ont fait preuve de constance, relève encore Afrique XXI : nul n’a oublié les nombreuses manifestations inspirées par les Églises en 2018 et visant à dissuader le président sortant Joseph Kabila de se représenter au terme de son deuxième mandat, qui, selon la Constitution, devait être le dernier. À l’époque, sous la pression de la rue, mais aussi face à la réprobation internationale et aux menaces de sanctions, Joseph Kabila s’était incliné, non sans regrets ». Un dialogue ? Quel dialogue ? En tout cas, le débat sur la Constitution pourrait être abordé lors du dialogue politique qui pourrait voir le jour dans les prochaines semaines… Cela fait beaucoup de conditionnels… En effet, relève Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d’organiser un dialogue politique, dont tous les contours restent à définir, notamment sur son caractère réellement inclusif (faut-il rassembler tous les protagonistes de la crise congolaise, dont l’ancien président Kabila ?). (…) Sur les thématiques de ce dialogue, on observe une différence de vues, pointe le site, entre le gouvernement, centré sur la cohésion nationale contre l’agression rwandaise, et l’opposition, vent debout contre le changement de la Constitution. Le chef de l’État aurait la volonté d’aborder "toutes les questions d’intérêt national". Le débat sur la Constitution ne serait donc pas tabou. (…) Reste, remarque enfin Afrikarabia, à éviter les pièges de ce type d’exercice dont les pouvoirs en place se servent pour affaiblir les oppositions en proposant un énième partage du pouvoir ».

  3. 2d ago

    À la Une: Paul Biya, une absence qui interroge

    « 50 jours, c’est trop ! », s’exclame Le Messager en première page. « Parti du Cameroun le 7 juin dernier en compagnie de son épouse, pour un séjour privé en Europe, Paul Biya a déjà passé 50 jours hors du territoire national, déplore le quotidien de Douala, laissant un pays en panne, un gouvernement impotent et le peuple souverain dans le stress et l’incertitude du lendemain ». « Durant cette période de 50 jours, précise pour sa part le site Actu Cameroun, l’activité de la présidence de la République s’est limitée à la signature de quelques décrets militaires et à l’envoi de télégrammes officiels. Cette absence prolongée génère une forte attente politique à Yaoundé, rythmée par des rumeurs, de faux décrets circulant sur les réseaux sociaux et des appels de l’opposition à clarifier la situation ». Vacance du pouvoir ? En effet, précise Actu Cameroun, « plusieurs figures de l’opposition et intellectuels dénoncent une paralysie ou une gestion dématérialisée de l’État. Le député d’opposition Jean-Michel Nintcheu a officiellement appelé le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir présidentiel. Une position partagée par certains juristes (…). Face aux critiques, les autorités rejettent fermement l’idée d’un vide institutionnel et affirment que le président continue d’étudier les dossiers et de donner des directives ». Enfin, pointe encore le site camerounais, « bien qu’une rumeur récurrente évoque un délai fatidique de 45 jours d’absence pour acter une destitution, les analystes rappellent que la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite de temps concernant les séjours du président à l’étranger ». À noter ce chiffre donné par Le Journal du Cameroun : « En 43 ans au pouvoir, Paul Biya aurait passé environ 2 600 jours à l’étranger, soit près de 7 ans… ». C’est « le record absolu des séjours privés des chefs d’État africains hors de leurs pays ». Malaise ? Alors, où se trouve Paul Biya ? En Suisse… Le président camerounais, 93 ans, y séjourne très souvent, notamment pour des soins médicaux. Et ce serait encore le cas, d’après Jeune Afrique : « le chef de l’État camerounais a été admis dans une clinique privée suisse, croit savoir le site panafricain, quelques semaines après avoir fait un malaise au palais présidentiel, lors de la réception donnée à l’occasion de la fête nationale, le 20 mai. Une version démentie par la présidence ». En tout cas, poursuit Jeune Afrique, « ces derniers jours, tout semblait indiquer un retour imminent de Paul Biya à Yaoundé. La présidence avait engagé les préparatifs habituels  : dispositif sécuritaire, organisation logistique, coordination des équipes. Plusieurs membres de la délégation se tenaient prêts à quitter la Suisse. Mais le départ a été reporté au dernier moment, relançant les rumeurs sur l’état de santé du chef de l’État, certains évoquant même sa disparition ». Là encore, démenti formel des autorités : « "Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher le décès du chef de l’État ?", a balayé Samuel Mvondo Ayolo, contacté par Jeune Afrique. Celui qui fut ambassadeur à Paris assure que Paul Biya est en "très bonne santé", qu’il "n’a jamais été hospitalisé" et qu’il a encore récemment convié ses proches "à déjeuner dans un restaurant d’Évian", en France ». La question de la succession… Quoi qu’il en soit, cette absence du chef de l’État interroge… et pose la question de l’après. « Dans un régime où les arbitrages essentiels remontent au sommet, l’absence prolongée du chef peut encourager les ambitions et accélérer les luttes de clans », relève Afrik.com. Et « la question de l’après-Biya ne dépend plus seulement de rumeurs sur sa santé, avec un président de 93 ans absent depuis sept semaines, une vice-présidence constitutionnelle non pourvue, un gouvernement toujours attendu plusieurs mois après le début du nouveau mandat et un parti contraint de démontrer qu’il peut fonctionner sans son chef dans la salle. Que Paul Biya rentre demain ou dans un mois, conclut Afrik.com, la question de l’organisation de sa succession est désormais installée au cœur du débat public camerounais (…). »

  4. 3d ago

    À la Une: trois ans de calvaire pour Mohamed Bazoum

    « Voilà maintenant trois ans que Mohamed Bazoum et son épouse, Hadiza, ne sont pas sortis à l’air libre, constate Le Monde Afrique. Trois ans qu’ils sont enfermés entre quatre murs à Niamey, la capitale du Niger, sans même une promenade quotidienne comme y ont droit les détenus de droit commun. Depuis qu’il a été renversé par le chef de sa propre garde rapprochée, le général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, l’ex-président nigérien est séquestré dans l’enceinte du palais présidentiel. (…) Sous surveillance permanente de gardes armés, précise le journal, le couple est détenu dans un appartement de son ancienne résidence, composé d’une chambre, d’une salle de bains et d’un petit salon, desservis par un couloir de quelques mètres où faire quelques pas. Il a interdiction d’en sortir. Même aérer leur est impossible : toutes les fenêtres ont été verrouillées. Leurs seules visites sont celles de leur médecin personnel, une à deux fois par semaine. (…) Moins de trois semaines après l’avoir renversé, les putschistes avaient accusé Mohamed Bazoum de "complot d’attentat à la sécurité et à l’autorité de l’État" et de "haute trahison", rappelle Le Monde Afrique. (…) La Cour d’État, une nouvelle juridiction créée par la junte, a levé son immunité présidentielle en juin 2024, ouvrant la voie à son éventuel procès. Mais depuis, rien. Mohamed Bazoum n’a jamais été formellement inculpé et ses avocats, dont un lui a rendu une unique visite en 2024, n’ont jamais eu accès au dossier ». Récents signaux positifs ? Alors, au cours de ces trois ans, plusieurs chefs d’État ont tenté d’obtenir la remise en liberté de Mohamed Bazoum : le Français Emmanuel Macron, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Congolais Denis Sassou Nguesso ou encore, l’ancien président béninois Patrice Talon. Le Qatar, le Maroc, l’Algérie ou encore l’Union européenne ont tenté également de jouer les bons offices. Sans résultat… Depuis ces derniers jours, relève encore Le Monde Afrique, « certains proches de Mohamed Bazoum espèrent sa libération. Ils évoquent ainsi de récents "signaux positifs", telles les visites de son grand frère aux autorités nigériennes le mois dernier. "La junte est totalement imprévisible", estime un ancien collaborateur du président détenu. Tout est possible avec ces gens. D’autant plus que le général Tiani est acculé. Il ne tient le pouvoir qu’à Niamey. Tout le reste du pays part en lambeaux. Libérer Bazoum, affirme-t-il encore, pourrait lui permettre de redorer un peu son blason, tant en interne qu’auprès des étrangers" ». « L’arbitraire ne doit pas devenir la norme » Et à l’occasion de ce troisième anniversaire de la détention de Mohamed Bazoum, les tribunes fleurissent dans la presse du continent. Mamadou Kiari Liman-Tinguiri, ancien ambassadeur du Niger aux États-Unis, s’indigne dans les colonnes de Jeune Afrique : « Au Niger, l’arbitraire ne doit pas devenir la norme, écrit-il, et le président Bazoum doit être libéré. (…) De même qu’Hamadou Adamou Souley, l’ancien ministre de l’Intérieur, le journaliste Moussa Tchangari, infatigable défenseur des droits humains, et toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur proximité réelle ou supposée avec l’ancien régime. Nous ne nous tairons pas tant qu’ils ne seront pas libres ». « Le choix de l’apaisement » ? Autre tribune publiée par Ledjely en Guinée : « Libérer Mohamed Bazoum et son épouse ne constituerait pas un aveu de faiblesse, peut-on y lire. Ce serait, au contraire, une démonstration de sagesse politique et une décision de haute portée morale. Rien de ce qui est entrepris dans l’amertume et le bras de fer perpétuel ne résiste à l’épreuve du temps. Faire le choix de l’apaisement en accordant la liberté au couple présidentiel offrirait au Niger l’opportunité de refermer une fracture douloureuse et de renvoyer au monde l’image d’une nation souveraine, sûre de sa force et respectueuse de la dignité humaine ». « À quand la fin de ce calvaire ? », s’interroge enfin le site Financial Afrik. « Il s’avère indispensable, affirme-t-il, de passer des condamnations de principe à des mesures coercitives. L’Union européenne doit faire plus qu’adopter des résolutions. De même que l’Union africaine, dont on peut déplorer l’apathie, voire le silence assumé. Après des protestations timides dans les jours qui avaient suivi le coup d’État, elle semble plutôt avoir privilégié la voie de la normalisation avec la junte au pouvoir. Ses principes, ses valeurs, ses chartes attendront ».

  5. 6d ago

    À la Une: les arguments de Macky Sall pour devenir secrétaire général de l'ONU

    C’était hier à New York : les six candidats (dont Macky Sall) au poste de secrétaire général de l’ONU étaient auditionnés, lors d’un débat public télévisé. Débat dont la presse sénégalaise se fait écho. SenePlus, notamment, nous explique que l’ancien président sénégalais a choisi « le registre de l’expérience de chef d’État et de médiateur continental ». « Interrogé sur l’attitude à adopter face à un membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU qui violerait la Charte, Macky Sall a évoqué sa rencontre avec Vladimir Poutine, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, rencontre doublée d’un déplacement à Kiev pour illustrer sa capacité à maintenir un contact permanent avec toutes les parties », poursuit SenePlus. Dakaractu, de son côté, cite une autre des déclarations de Macky Sall : « Si l’ONU devait être un orgue, je crois avoir la capacité de donner une belle partition, au nom des peuples que nous représentons ». Quant au journal en ligne Senego, il souligne que « l’ancien président sénégalais a promis d’agir rapidement pour restaurer la confiance, renforcer l’efficacité de l’ONU et engager les réformes jugées nécessaires ».  Échec cuisant On apprend aussi que l’équipe de campagne de Macky Sall chercherait à joindre Donald Trump. C’est ce qu’annonce Dakar Matin. Selon le journal, « l’ancien chef de l’État sénégalais s’active en coulisses pour faire pousser ses chances. Sa team de campagne cherche à tout prix à entrer en contact avec l’administration de Donald Trump ». Mais « sans succès ». « Le mythe du réseautage huilé de l’ancien président au sein de la Maison Blanche s’effondrerait-il ? » s’interroge Dakar Matin, qui ne donne pas cher des chances de Macky Sall d’accéder au poste de secrétaire général de l’ONU. En effet, souligne Dakar Matin, « Macky Sall qui vit reclus dans sa résidence cossue de Marrakech, n’est pas le favori de Washington, et encore moins un proche de l’administration Trump ». « L’entreprise de séduction », lancée par l’équipe de Macky Sall, « s’est soldée par un échec cuisant », selon Dakar Matin. Le journal sénégalais assure en effet que, selon ses sources, « il n’y a eu aucun retour à ses nombreuses sollicitations ».  Immense défi En RDC, les dernières déclarations de l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au sujet des minerais de la République démocratique du Congo, sont particulièrement remarquées et critiquées. C’est à la Une du Journal de Kinshasa : « Les mots d’Antonio Guterres à New York ont résonné avec une intensité particulière à des milliers de kilomètres de là. Le plaidoyer de Guterres relance la colère contre l’inaction internationale. » « Son message est clair », explique le Journal de Kinshasa, « il faut couper les groupes armés et les réseaux criminels de leurs sources de financement ». Mais en RDC, remarque le journal congolais, « ce nouvel appel soulève une question devenue presque incontournable : combien de fois la communauté internationale dénoncera-t-elle le problème, avant de passer réellement à l’action ? Car depuis des années, Kinshasa alerte sur le pillage de ses ressources minières. Des alertes répétées, des rapports, des condamnations diplomatiques… mais sur le terrain, la violence persiste et les minerais continuent d’alimenter un commerce opaque ». En quels termes, précisément, le secrétaire général de l’ONU s’était-il exprimé ? « Nous devons, avait-il dit, priver les groupes armés et les réseaux criminels des revenus qui attisent les conflits qui n’ont que trop duré », rappelle le Journal de Kinshasa, qui n’est pas très optimiste, soulignant que « le défi est immense, le commerce des minerais dépassant largement les frontières de la RDC, et impliquant des groupes armés, des réseaux criminels, des négociants, des entreprises et des chaînes internationales d’approvisionnement ».   « Derrière les discours prononcés dans les grandes salles de New York, conclut le Journal de Kinshasa, une question continue de hanter la RDC : « quand ses richesses naturelles cesseront-elles d’être le carburant des conflits pour devenir enfin le moteur de son développement ? »

  6. Jul 23

    À la Une: l’épidémie d’Ebola dépasse les 1000 morts en RDC et en Ouganda

    1 001 morts confirmés selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé communiqué hier mercredi : 999 en RDC, deux en Ouganda. Les autorités ougandaises ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malades, mais le pays « doit encore attendre un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus », précise Sene.News. En RDC, « un nouvel espoir naît en Ituri », épicentre de l’épidémie dans le pays, grâce à « deux essais cliniques prometteurs », écrit le Journal de Kinshasa. Pour le moment, aucun vaccin ni traitement ne permet de combattre la souche Bundibugyo, responsable de la 17e épidémie d’Ebola en RDC. « Le premier essai, baptisé Partner, cible les personnes déjà infectées. Les chercheurs veulent démontrer l’efficacité d’une molécule antivirale expérimentale, précise le média congolais. Elle pourrait réduire les complications et limiter les décès. » Le second essai, Ebopep, « cible les personnes contacts à haut risque. Ce protocole prévoit l’administration de médicaments aux personnes exposées à un cas confirmé. L’objectif consiste à empêcher le développement de la maladie. » La société civile mobilisée En Ituri, les organisations de la société civile veulent se mobiliser davantage pour lutter contre l’épidémie. « Le faible engagement des communautés reste l’un des principaux obstacles à la riposte » contre Ebola, selon Radio Okapi. « Certaines personnes continuent de nier l’existence de la maladie ou hésitent à collaborer avec les équipes de santé, ce qui favorise la propagation du virus. » Les organisations de la société civile de l’Ituri étaient réunies hier à Bunia, elles ont présenté « un plan de sensibilisation de trois mois » et seront appuyées par les équipes de riposte contre l’épidémie. Mais pour lutter contre Ebola, il faut des moyens. Les coupes engagées par les pays occidentaux dans l’aide publique au développement et le financement de la santé mondiale, ont des conséquences concrètes, dénonce un collectif dans une tribune au Monde. « On se prive des moyens essentiels pour agir vite, ce sont des tests, des véhicules, des formations, des stations de lavage des mains, des stocks de protection, des réseaux de confiance, écrivent-ils. (…) Face à Ebola, la question est bien sûr médicale, mais elle est aussi politique. Nous avons un choix à faire : attendre que les crises deviennent visibles, coûteuses et incontrôlables ; ou se donner les moyens financiers pour empêcher qu’une flambée locale ne devienne une menace régionale et internationale. » Les signataires appellent donc les Occidentaux à débloquer des moyens pour stopper cette épidémie. Chaos au Soudan Dans la presse également, le Soudan où les négociations pour obtenir une trêve s’enlisent. « La proposition de cessez-le-feu portée par le diplomate américain Massad Boulos se heurte aux conditions strictes imposées par le général Abdel Fattah al-Burhan », à la tête des forces armées soudanaises, écrit Afrik Soir. Depuis trois ans, la guerre entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide du général Hemedti, a plongé le pays dans le chaos. Depuis plusieurs semaines, « les initiatives diplomatiques se multiplient » mais elles se heurtent aux « lignes rouges » fixées par le chef de l’armée soudanaise. Et notamment « la place de l’armée dans l’avenir politique du pays. » Pour le média burkinabé Le Pays, c’est cette situation qui a poussé Washington à prendre de nouvelles sanctions contre Khartoum. « Mais tout porte à croire qu’il en faudra plus pour faire plier al-Burhan, écrit le journal (…). Il faut craindre que les sanctions prises contre Khartoum ne contribuent à radicaliser l’armée soudanaise qui se dit si proche du but », met en garde Le Pays dans son éditorial.

  7. Jul 22

    À la Une, au Mali, Mbareck Ag Akli, figure clef de la rébellion indépendantiste

    Le magazine Jeune Afrique propose un portrait du chef d’état-major du Front de libération de l’Azawad, « Mbareck Ag Akli, le "ministre de la Défense" du FLA qu’Africa Corps a cru avoir tué », titre le magazine qui a pu « entrer en contact avec lui le 16 juillet ». Il continue de mener des opérations dans le nord du Mali, aux côtés des jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Africa Corps, les mercenaires russes alliés de Bamako, avait fait état le 5 juillet de sa mort après des combats dans la zone d’Anéfis, mais « moins d’une semaine plus tard, l’homme apparaissait dans une vidéo de propagande […] haranguant ses troupes, leur assurant bravache que la victoire était à portée de main », malgré la perte d’Anéfis, reprise par les Forces armées maliennes. Allié du Jnim « Cette "résurrection" de Mbareck Ag Akli est le nouvel épisode dans la bataille des récits qui se joue parallèlement à la guerre qui oppose les FAMa et leurs alliés russes d’Africa Corps à la coalition que forment les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, écrit Jeune Afrique. Il a mis en lumière la figure de celui qui se présente désormais comme le "ministre de la Défense" du FLA. » « Déserteur de l’armée malienne, vétéran de la rébellion indépendantiste du nord du Mali, il occupe une place centrale dans l’organigramme du FLA », poursuit le magazine et assume « sans complexe » l’alliance avec la branche sahélienne d’al-Qaïda. « Pour moi, tous les habitants de ce territoire sont, à un moment ou à un autre, contraints de s’engager dans la lutte, car notre seul problème est celui qui nous oppose à l’État malien, à son armée et aux mercenaires russes qu’il emploie », explique-t-il à Jeune Afrique. « Nous n’avons aucune difficulté à cohabiter les uns avec les autres », assure-t-il, reconnaissant simplement des « différends d’ordre politique » avec ses nouveaux alliés. L’AES veut accueillir la CAN Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont officiellement candidats pour accueillir la CAN en 2032. « Les trois pays de l’AES, l’Alliance des États du Sahel, ont officiellement obtenu la validation de leur déclaration d’intérêt par la CAF », écrit Afrik.com. « La reconnaissance de la déclaration d’intérêt ne garantit pas l’attribution de la compétition, précise le média en ligne. Les trois fédérations devront désormais élaborer un dossier technique solide, démontrer la capacité de leurs infrastructures à accueillir un tournoi continental et convaincre les instances africaines de la viabilité de leur projet. » Cette candidature commune marque « une nouvelle étape dans la coopération entre les trois États membres de l’AES, qui entendent désormais porter ensemble de grands projets sportifs continentaux », analyse Sene.News. Le format envisagé par l’AES ne serait pas une première sur le continent : « en 2027, la CAN doit déjà réunir trois pays organisateurs, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, un précédent qui pourrait servir de référence au dossier sahélien », indique La Nouvelle Tribune qui précise qu’aucune date n’a encore été fixée pour l’attribution définitive de l’édition 2032. Une nouvelle espèce de singe En RDC, une nouvelle espèce de singe identifiée dans le parc national de la Lomami. Ce « petit primate au pelage noir et aux lèvres rose-orangé aura longtemps échappé aux radars de la science, écrit le Monde Afrique. Connu localement sous le nom de "likweli", il vient d’être reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de singe », le Colobus congoensis de son nom scientifique. Une découverte rare, indique le journal, « c’est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe identifiée en Afrique au cours des 75 dernières années. » Mais elle pourrait déjà être classée comme « espèce en danger ». En cause : « la chasse, la petite taille de sa population » et son habitat « touché par le changement climatique ».

  8. Jul 21

    À la Une, le Sénégal soutient la candidature de Macky Sall à l’ONU

    L’ex-président sénégalais a reçu le soutien de Dakar à sa candidature pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères l’a annoncé dans un communiqué, rapporte Senego. L’ex-chef d’État a été reçu vendredi par le président Bassirou Diomaye Faye pour échanger sur sa candidature. « Cette annonce marque un tournant dans le parcours de Macky Sall vers le secrétariat général de l’ONU, estime Dakar actu. Sa candidature, jusque-là portée par le Burundi sans soutien officiel du Sénégal, bénéficie désormais pleinement de l’appareil diplomatique sénégalais, à quelques jours de sa nouvelle audition prévue le 23 juillet à New York. » Selon Le Monde Afrique, les deux hommes ne s’étaient pas vus depuis le jour de la passation de pouvoir le 2 avril 2024. Après sa défaite à l’élection présidentielle, Macky Sall avait aussitôt « quitté le Sénégal avec sa famille pour s’installer au Maroc. » Mais pour « le Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko, le geste d’ouverture du président Faye à l’égard de leur ancien ennemi commun constitue un nouvel affront », écrit le quotidien français qui rappelle que « la rupture est consommée » entre les deux hommes depuis que le président a « limogé son ancien mentor, de son poste de premier ministre. » Le Pastef reproche à Macky Sall « son bilan en matière de droits humains et sa responsabilité présumée dans la dette cachée qui continue de peser sur les marges de manœuvre budgétaires de l’État », écrit Sahel Tribune. Alors, « pourquoi maintenant », s’interroge le média en ligne. À cause du calendrier électoral sénégalais. « Bassirou Diomaye Faye doit affronter, dans les prochains mois, des échéances électorales majeures, les élections locales prévues en janvier 2027, et d’éventuelles législatives s’il choisissait de dissoudre l’Assemblée nationale. » Le choix opéré par le président sénégalais est susceptible de lui « ouvrir, demain, les portes d’un rapprochement avec l’Alliance pour la République, le parti de Macky Sall, poursuit Sahel Tribune. Une alliance qui pourrait s’avérer décisive au soir de résultats serrés. » La visite du président gabonais en France Brice Clotaire Oligui Nguema est arrivé hier à Paris pour une visite de trois jours. Un séjour dans un « contexte de reconfiguration des relations entre Paris et son ancien pré-carré », estime L’Union à Libreville. « Le manganèse et l’avenir du camp militaire français au Gabon seront les deux principaux sujets » de cette visite d’État, résume Jeune Afrique. Un protocole d’accord a été signé hier entre l’État gabonais et le groupe français Eramet concernant « la transformation locale du manganèse », rapporte Infos Gabon. « Premier producteur mondial de manganèse, le Gabon possède l’une des ressources stratégiques les plus recherchées de la transition énergétique. Ce minerai est indispensable à la fabrication d’aciers spéciaux mais également aux nouvelles générations de batteries destinées aux véhicules électriques. » Un accord qui s’inscrit dans la volonté affichée par Libreville de stopper les exportations brutes de ce minerai et de développer la transformation locale d’une partie de la production. Gabon Review salue donc « une étape majeure dans le bras de fer engagé depuis plusieurs mois entre le Gabon et le groupe minier français. » « Trois scénarios industriels sont à l’étude pour transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici 2031 », précise Gabon actu. Suspension de la marche en RDC En RDC, la plateforme politique C64 suspend sa marche contre le président Félix Tshisekedi. La manifestation était prévue demain mercredi 22 juillet pour dénoncer le projet du camp présidentiel de modification de la Constitution. « Une décision inattendue, écrit le Journal de Kinshasa, arrachée par l’appel pressant des confessions religieuses, ce qui ouvre une fenêtre de tir pour un dialogue national. » Vendredi, le président congolais s’était engagé à convoquer un dialogue national. Pour la coalition, ce signal a permis un « geste d’apaisement », mais leur « détermination à défendre l’ordre constitutionnel reste intacte », affirme le média congolais. Et un ultimatum a été fixé au 15 août.

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

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