Religions du monde

Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.

  1. 50m ago

    Patrimoine religieux et culturel face à la guerre : de Tombouctou à Odessa, comment résister?

    Les guerres sèment la destruction, des vies humaines sont brisées, effacées, mais aussi des lieux de culte, des cités anciennes qui sont la mémoire historique des populations, leurs liens culturels et cultuels ancestraux : des églises, des mosquées, des temples, des musées, des sites archéologiques, des cimetières sont même parfois délibérément ciblés pour effacer cette mémoire, comme ce fut le cas lors de la destruction des mausolées à Tombouctou, au Mali, en 2012 par le groupe Ansar Dine, des sites antiques en Syrie et en Irak par l’organisation de l’État islamique en 2014 et 2015, ou les bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan par les Talibans en 2001. Certaines de ces guerres se déroulent en ce moment même, à Gaza, au Liban, en Ukraine, … parfois depuis de très nombreuses années. Tout récemment, des frappes russes à Kiev en Ukraine ont provoqué des morts dans la capitale et dans d’autres villes ciblées, un incendie a gravement endommagé le toit de la fameuse cathédrale de la Dormition, qui date du XIè siècle, dans le complexe orthodoxe de la Laure des Grottes, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Au sud du Liban, c’est la ville de Tyr qui a été ciblée récemment par des frappes israéliennes. Inscrits eux aussi au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984, ces sites archéologiques antiques qui remontent au IIè ou IIIè siècle, ont subi des dommages dus aux bombardements. L’Unesco a d’ailleurs placé une quarantaine de biens culturels au Liban sous protection renforcée, un plan d’urgence a été présenté le 8 juin 2026, un signal envoyé à la communauté internationale sur la nécessité de protéger ces sites. En revanche, certains patrimoines sont ainsi définitivement perdus.  C’est le patrimoine au sens large qui est en péril dans les guerres : des bâtiments mais aussi des objets, des terres, contaminées par des produits chimiques, ou encore des ressources naturelles pillées qui continuent de nourrir les conflits.   Comment protéger, comment résister ? Les deux commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup ainsi que le commissaire associé Yves Ubelmann d’ICONEM ont proposé un parcours en trois thématiques dans cette exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris: effacer, résister, réparer (et transmettre). Dans cette émission, nous parcourons ces trois espaces, avec des illustrations de lieux détruits parfois reconstitués en films grâce à Iconem, fondée en 2013, spécialisée en numérisation 3D de sites patrimoniaux, qui a travaillé avec l’Unesco. Reportage avec les commissaires Elisabeth Essaïan et Mathilde Leloup, et le commissaire associé Yves Ubelmann, à l’exposition « Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa », à la Cité de l’architecture et du patrimoine, au Trocadéro à Paris (jusqu’au 3/01/2027).   Avec : - Elisabeth Essaïan, architecte, maîtresse de conférences en Théorie et pratique de la conception architecturale urbaine (TPCAU) à l’École nationale supérieure de Paris-Belleville, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Mathilde Leloup, politiste, maîtresse de conférences en Science politique à l’Institut d’Études Européennes (IEE) de l’université Paris 8 et directrice adjointe du laboratoire CRESPPA, commissaire de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Yves Ubelmann, président et fondateur d’ICONEM (Imaging and Computation for Environmental and Monumental Heritage), commissaire associé de l’exposition « Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa » - Julien Bargeton, président de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Extraits de reportages / RFI.   En images

    49 min
  2. Jun 14

    Nicaragua : «Le bâillon, l’exil ou la prison», le régime Ortega-Murillo contre l’Église catholique

    Au Nicaragua, l’Église catholique a été mise au ban par le régime du président Daniel Ortega et de sa femme, Rosario Murillo, vice-présidente depuis 2017. Depuis la répression sanglante d’avril 2018 contre des manifestants, de nombreux prêtres, des évêques, des religieux, des religieuses ont eux aussi été sévèrement réprimés, arrêtés, torturés, emprisonnés puis, pour certains, expulsés, car trop critiques envers régime Ortega-Murillo.  Le nonce apostolique, représentant du Vatican à Managua la capitale, a même été expulsé en 2022, et la nonciature fermée en mars 2023. Depuis mars 2026, le gouvernement Ortega-Murillo interdit les ordinations de prêtres et de diacres dans quatre diocèses. Des processions lors de la Semaine Sainte sont interdites. Un rapport de 2025 publié par l’avocate nicaraguayenne Martha Patricia Molina parle même d’une église persécutée. Daniel Ortega, ce révolutionnaire du FSLN, le Front Sandiniste de Libération Nationale qui, en juillet 1979 avec ses guérilleros, était venu à bout de la dictature dynastique sanglante du général Somoza, par une révolution populaire, est lui-même devenu un dictateur contre sa propre population. Le Nicaragua est un pays de l’isthme centraméricain, situé entre la mer des Caraïbes à l’est et l’océan Pacifique à l’ouest, bordé au nord par le Honduras et au sud par le Costa Rica, où vivent aujourd’hui plus d’un million de réfugiés et de travailleurs nicaraguayens. En avril 2018, un mouvement de contestation contre des réformes de la sécurité sociale s’est étendu aux revendications des étudiants et de toute l’opposition contre le régime dictatorial de Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo. Mais la répression très violente du régime Ortega a fait des centaines de morts et des milliers de blessés, et de nombreux prisonniers politiques, dont des membres de l’Église catholique qui s’étaient rangés du côté des manifestants. C’est la liberté religieuse qui est directement menacée au Nicaragua, dénoncent ces prêtres. Parfois des arrestations se déroulent même à l’intérieur des églises. Certains comme Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa, ont été emprisonnés, puis expulsés, en exil forcé (à Rome pour lui), et parfois déchus de leur nationalité. Parmi eux, Rafael Aragón, frère dominicain espagnol qui vivait depuis plus de 40 ans au Nicaragua, depuis les débuts du sandinisme à la fin des années 1970, jusqu’à 2022, lorsque les portes du pays lui ont été fermées. Depuis le Costa Rica, il continue d’animer la Radio Veritas avec un message pour les Nicaraguayens. Gabriel Putoy, enseignant dans une école catholique salésienne à Masaya et Monimbó au Nicaragua, syndicaliste, avait pris part aux manifestations en 2018. Emprisonné, puis expulsé de son pays, lui aussi a été déchu de sa nationalité et vit en exil au Costa Rica. Tous deux, invités dans Religions du Monde, sont venus en Europe en mai-juin 2026 accompagnés par des associations, pour faire entendre leur voix sur la situation au Nicaragua, en espérant que l’Église catholique les écoute : « Nous voulons briser le cercle du silence autour du Nicaragua et en particulier avec l'Église du Nicaragua, qui est une Église persécutée, les dirigeants du Nicaragua veulent mettre fin au leadership de l'Église ». « Nous, en tant que catholiques, nous avons dit que l'Église ne peut pas être l'Église du silence ! Silencieuse face à l'injustice, face à la violence des violations des droits de l'homme, face aux crimes contre l'humanité, face aux déplacements forcés. »

    49 min
  3. Jun 7

    «Chrétiens en quête de puissance»: comment le camp Trump utilise la religion pour sa politique?

    Aux États-Unis, des courants pentecôtistes et charismatiques sont de plus en plus présents à la Maison Blanche. Le président Donald Trump les utilise à des fins politiques, même si l’ensemble de ces mouvements ne représente pas uniquement des nationalistes chrétiens. Comment ces mouvements pentecôtistes et charismatiques contemporains façonnent-ils le paysage religieux et politique mondial ? Dans son livre Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, décrypte de l’intérieur ces courants et leur portée.  « Lorsque je parle du pentecôtisme, du fondamentalisme ou de la droite chrétienne, je le fais non seulement en tant que chercheur, mais aussi comme quelqu’un qui a vécu au cœur de ces univers. Je sais à quel point ces croyances peuvent sembler cohérentes et fascinantes de l’intérieur, comment on y trouve une logique interne indubitable lorsqu’on sélectionne une clef unique de lecture pour unifier le sens de nos existences, aussi chaotiques soient-elles… et d’autant plus lorsqu’elles sont chaotiques, précisément !... » André Gagné interroge cette relation entre foi, pouvoir et société dans ce mouvement pentecôtiste et charismatique qui s’est développé aux États-Unis et dans d’autres pays du monde, des imbrications qui peuvent entraîner des conséquences géopolitiques, notamment avec le conflit au Moyen-Orient. Invités : - André Gagné, professeur à l’université Concordia à Montréal, au Canada, ancien pasteur évangélique, auteur de Chrétiens en quête de puissance, présence globale et politique des pentecôtismes (Éd. Labor et Fides – 2026), et de Ces évangéliques derrière Trump (Éd. Labor et Fides – 2023) - Marion Muller-Colard, théologienne protestante, écrivaine et directrice des éditions Labor et Fides.

    49 min
  4. May 31

    Hajj, Omra, pèlerinage à La Mecque, à travers le regard de Lilia Bensedrine

    Le grand pèlerinage à La Mecque est l’un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi, la prière, l’aumône et le jeûne du mois de ramadan. Chaque année, près de deux millions de musulmans qui en ont les moyens financiers et les capacités physiques se rendent dans la ville sainte, lieu de naissance du Prophète Mahomet, pour accomplir le hajj, le grand pèlerinage sacré. Cette année 2026, le hajj s’est déroulé du 25 au 30 mai. La Mecque, cité devenue sacrée pour les musulmans, représente le lieu où est né le Prophète Mahomet autour de l’année 570. C’est aussi non loin de La Mecque, dans une grotte où le Prophète avait l’habitude de se retirer, que lui serait apparu l’ange Gabriel et que le Coran lui aurait été révélé. La Mecque est aussi la ville d’où Mahomet a été forcé de s’exiler avec ses partisans, pour se réfugier à Médine, alors que les Mecquois, gardiens de la Kaaba, étaient à l’époque hostiles à son message de rompre avec le polythéisme. Cette période, la fuite de Mahomet à Médine marquera le début de l’Hégire et du calendrier lunaire musulman. C’est finalement en 630 que Mahomet conquiert la ville de La Mecque. Et en mars 632, son pèlerinage d’adieu serait le premier et le dernier hajj du Prophète à La Mecque. On dit qu’il aurait détruit les 360 idoles autour de la Kaaba, cet immense cube haut de 14 mètres, considéré comme la « maison de Dieu » et qui renferme la pierre noire, désormais devenu le lieu le plus sacré de l’islam. Tout au long de l’année, on fait aussi la Omra, le petit pèlerinage. Dans cette émission, nous entendrons le témoignage d’une femme qui a effectué la Omra à La Mecque : Lilia Bensedrine, Franco-Tunisienne, nous fait part de son pèlerinage et de son chemin intérieur, elle décrypte pour nous toute la symbolique des lieux et des gestes effectués.   Invitée : Lilia Bensedrine, juriste, titulaire d’un Master en islamologie, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et interconvictionnel – O.I.N.G du Conseil de l’Europe et directrice du Festival Sacrées Journées de Strasbourg.

    49 min
  5. May 24

    Qu’est-ce que le chiisme ? Des successeurs de Ali au chiisme contemporain

    Qu’est-ce que le chiisme ou plutôt que sont les chiismes, dont les fidèles représentent environ 10% des musulmans à travers le monde ? À partir de quand se constitue cette branche de l’islam ? Pour quelles raisons ? Quelles sont les particularités du chiisme ? Ses principales branches ? Les différences avec le sunnisme ? Les principaux centres religieux ? Dans cette émission, nous allons beaucoup insister sur le chiisme duodécimain, majoritaire jusqu’à aujourd’hui, notamment en Iran, en Irak, au Liban ou encore à Bahrein. Le chiisme duodécimain qui, à partir du XVIè siècle, devient religion d’État en Iran.   Invités : - Mohammad Ali Amir-Moezzi, directeur d’études émérite à l’École pratique des Hautes études (EPHE) et président du Conseil scientifique de l’Institut français d’islamologie, islamologue et iranologue spécialiste du chiisme, auteur de nombreux ouvrages dont « Le Coran silencieux et le Coran parlant » (CNRS éditions 2020), «  La preuve de Dieu. La mystique shi’ite à travers l’œuvre de Kulaynî, IXe-Xe siècle » (Éd. du Cerf, 2019), il a co-dirigé en 2019 « Le Coran des historiens » (Éd. du Cerf) et en 2025 « Le Mahomet des historiens » (Éd. du Cerf) - Sabrina Mervin, spécialiste du chiisme contemporain, directrice de recherches émérites au Centre National de Recherches Scientifiques (CNRS), auteure de « Histoire de l’islam, fondements et doctrines » (Éd. Flammarion, 2016), « Najaf, portrait of a holy city » (Éd. ITHACA, 2017) avec Robert Gleave et Géraldine Chatelard. Reportage au centre culturel chiite imam Al Khoei près de Paris.

    49 min
  6. May 10

    «Le Mahomet des historiens»: que sait-on du Prophète de l’islam?

    Que sait-on du Prophète de l’islam Muhammad, Mahomet dans sa forme francisée ? Sa biographie factuelle pourrait tenir en une page, mais la profusion des écrits sur sa vie rend impossible une seule histoire. Le Mahomet des historiens, un ouvrage colossal de 2 000 pages, présente une grande pluralité des récits sur Mahomet, avec toutes ses contradictions.   Qui était le Prophète Mahomet ? Comment dresser un portrait du prophète de l’islam tant les sources sont nombreuses et contradictoires ou complémentaires ? C’est une enquête passionnante que nous propose un ouvrage colossal de plus de 2 000 pages, Le Mahomet des historiens, paru aux éditions du Cerf, qui réunit 50 spécialistes de l’islam dans le monde et offre des regards croisés sur le fondateur de l’islam. Un ouvrage qui présente la très grande diversité de l’islam dans sa manière de représenter le Prophète. Religions du Monde reçoit les deux historiens qui ont supervisé cet ouvrage : Invité en studio : Mohammad Ali Amir-Moezzi, directeur d’études émérite à l’EPHE où il a occupé la chaire en islamologie, président du Conseil scientifique de l’Institut français d’islamologie, islamologue et iranologue spécialiste du chiisme, qui travaille depuis plus de 40 ans sur les origines de l’islam, a publié de nombreux ouvrages dont Le Coran silencieux et le Coran parlant (CNRS Éditions 2020), La Preuve de Dieu. La mystique shi’ite à travers l’œuvre de Kulaynî, IXᵉ-Xᵉ siècle (Éditions du Cerf, 2019) et avait déjà codirigé en 2019 Le Coran des historiens (Éditions du Cerf). En duplex depuis ICI Nantes : John Tolan, historien franco-américain spécialiste des contacts culturels et religieux entre les mondes arabe et latin au Moyen Âge, professeur d’histoire à l’université de Nantes. Ses travaux portent en particulier sur la manière dont les chrétiens européens ont perçu et représenté l'islam et son prophète à travers les siècles. Il a publié Mahomet l’Européen ou encore Nouvelle histoire de l’islam. Il dirige également le programme européen The European Qur'an, qui étudie l'influence du texte sacré de l'islam dans l'histoire européenne entre 1150 et 1850. Ce programme a abouti à la publication du Coran européen (Hermann, 2025).

    49 min

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